Vendée Globe. La course incroyable de Louis Burton

LES SABLES D’OLONNE, FRANCE - 28 JANVIER: Bureau Vallee 2, skipper Louis Burton (FRA), est photographié lors de son arrivée dans la course du Vendee Globe, le 28 Janvier 2021. (Photo Yvan Zedda/Alea)

Louis Burton est le deuxième a franchir la ligne d’arrivée à 00h45 soit 4 heures 9 minutes et 24 secondes derrière Charlie Dalin, premier à avoir bouclé la boucle dans le port vendéen. Une course incroyable du maloin qui n’a jamais rien lâché.

Le skipper de Bureau Vallée 2 fini avec un bateau « ruiné » après de nombreuses avaries dont 2 incendies. Il aura fait preuve d’une détermination exceptionnelle pour surmonter nombre d’ennuis techniques et monter en tête de mât à trois reprises le long de l’île Macquarie dans le Pacifique Sud. Sa place de deuxième sur la ligne d’arrivée résonne comme une victoire contre l’adversité. Son classement final devrait tomber après l’arrivée de Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) au petit matin.

Au milieu de la nuit, Bureau Vallée 2 est apparu sur une grosse houle, accompagné par la pleine lune et rejoint par les feux des bateaux accompagnateurs. L’IMOCA toutes voiles dehors glissait à belle allure. A son bord, un skipper hilare d’être de retour aux Sables d’Olonne…

La course de Louis

A 35 ans, le Malouin participait à son 3e Vendée Globe sous les couleurs de Bureau Vallée 2, fidèle partenaire depuis 10 ans. Louis, à bord de l’IMOCA vainqueur de la grande boucle en 2016 aux mains d’Amel Le Cléac’h, affichait clairement son ambition sur la ligne de départ le 8 novembre dernier : le top 5. Avec un bateau bien né et inchangé, et fort d’une immense envie de bien faire, Louis montre d’emblée son impatience d’en découdre en doublant la ligne 2 secondes trop tôt et écope d’une pénalité de 5h. Les dépressions hivernales cueillent la flotte dans le golfe de Gascogne, et les ennuis techniques débutent. À bord de Bureau Vallée 2 : fuite d’un vérin de quille et cloison avant fissurée. Louis répare sans broncher avant la grosse dépression Thêta et file plein sud du côté le plus musclé de la tempête, pied au plancher. En 48 heures, Louis Burton passe de la 14e place à la 6e au grand large des côtes marocaines. Le ton est donné : il va falloir compter sur lui ! 6e à l’équateur, Bureau Vallée 2 est poussé dans l’option sud pour contourner l’anticyclone tentaculaire de Sainte-Hélène. 3e au cap de Bonne-Espérance, et après les premières flèches d’un Indien qui met à terre quatre concurrents (Kevin Escoffier, Sébastien Simon, Sam Davies et Fabrice Amedeo), Louis Burton prend la place de 2e derrière Charlie Dalin, le 4 décembre.

Le poison des avaries jusqu’à Macquarie

« Je vais essayer de faire le maximum de vitesse, me dire que les autres ont probablement des soucis aussi, je m’accroche ! », confiait Louis à la vacation du matin le 6 décembre après 48 heures de galères de pilote automatique qui ont engendré la casse du chariot de grand-voile en haut du mât. S’ensuivent des jours sombres à tenter de coller au wagon de tête, sous voilure réduite accroché à la barre. Le 20 décembre, l’épisode Macquarie restera dans les annales du Vendée Globe : Burton se laisse glisser le long de la côte sous le vent de cette île recensée au patrimoine mondial de l’Unesco, ultra préservée. À trois reprises, le skipper monte au mât pour enfin réussir à réparer son chariot de grand-voile cassé en tête de l’espar. Il repart en 11e position et rien ne pourra alors plus l’arrêter. Sixième au cap Horn, 3e au grand large des côtes brésiliennes, il double l’équateur en première position le 16 janvier devant Charlie Dalin et Boris Herrmann. Louis Burton, pas du genre à « sucer la roue », joue son va-tout en cow-boy solitaire sur la remontée de l’Atlantique Nord, déterminé plus que jamais à faire de cette édition de la grande boucle planétaire, SON Vendée Globe. Cette place de 2e sur la ligne d’arrivée démontre plus que tout que le mental et la volonté font partie intégrante du succès sur l’Everest des mers en solitaire.