Sodebo Ultim´ remis à l´eau à Lorient

Sodebo Ultim mise à l`eau
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Les analyses très pointues des deux experts mandatés pour radiographier le bateau et le mât ont rapidement rassuré l’équipe technique, l’intégrité structurelle du bateau était intacte. La reconstruction des deux parties manquantes – 13 mètres de coque centrale et 10 mètres de flotteur tribord – a pris du temps : il a été nécessaire de reconstituer des moules complets, ce qui représente un travail titanesque. « Une fracture ouverte, explique le skipper, ça fait mal ! Et les modes de construction modernes sont complexes sur un prototype de course comme celui-ci. Il ne s’agit pas d’un échange standard d’une pièce endommagée ! »

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Puisqu’elles avaient donné entière satisfaction au skipper, les caractéristiques hydro et aérodynamiques des coques n’ont pas été modifiées. L’équipe navigante a tout de même profité des semaines de chantier pour optimiser systématiquement la plateforme. Ainsi, les angles de tir des cadènes ont-ils été changés, afin de diminuer ou supprimer certaines frictions.

Il y a deux ans, quand ils ont récupéré la structure de Geronimo, Thomas et son équipe ont adopté une démarche différente de celle que l’on suit lorsqu’on part d’une feuille blanche pour concevoir un bateau entièrement nouveau. Il est rapidement apparu que Sodebo Ultim’ avait un comportement très sain et peu volage, avec des mouvements précis et souples, même à des vitesses extrêmes. Le nouvel enjeu consistait donc à optimiser ses performances. Et pour cela, à lui permettre de sortir au maximum de l’eau. D’où l’implantation de deux nouveaux foils, dotés à l’extrémité de ce qu’on appelle en aéronautique des winglets. Ces ailettes angulées, telles qu’on peut les observer à l’extrémité des ailes des avions de ligne, réduisent la trainée induite par la portance. Thomas Coville ne cache pas son impatience à l’idée de découvrir le comportement du bateau équipé de ces minuscules pièces, en théorie capables de soulever son géant au dessus de l’eau.

Le cockpit de Sodebo Ultim’ a fait l’objet d’une intense réflexion. Ensemble, le design team a dû relever le défi de gagner en aérodynamique sans ajouter de poids. S’ils ont ouvert le cockpit, c’est pour mieux le protéger. Le team n’a pas hésité à faire des propositions d’assises pour le barreur, problématique toujours délicate pour un coureur au large. En outre, ils ont cherché à faciliter les manœuvres tant dans la rapidité de l’exécution que dans la gestion de l’effort nécessaire à cet exercice.

Au programme de Sodebo Ultim’ en 2015, la Transat Jacques Vabre. Pour cette transatlantique qui se court en double, le skipper de Sodebo sera accompagné du navigateur Jean-Luc Nélias dont ce sera la quatrième participation.