Selection du Figaro 3 à foils par VPLP

On vous en parle dans le dernier Course au Large actuellement en kiosque. La Classe Figaro, après avoir adopté le monotype en 1989 (Figaro-Bénéteau 1), puis changé de monture en 2003 (Figaro-Bénéteau 2), se penche sur un nouveau support plus rapide mais surtout plus fun. Président de la classe depuis de trois saisons, Yannig Livory nous a expliqué le planning de décision qui vise à présenter ce monotype version 3 dès 2018.

L’Assemblée Générale Extraordinaire de la classe Figaro Bénéteau s’est tenue cet après-midi à Concarneau pour sélectionner le cabinet d’architecte qui dessinera le prochain Figaro Bénéteau III. Trois cabinets étaient en compétition avec des projets très différents : VPLP, Finot-Conq ( associés pour l’occasion à l’architecte naval Sam Manuard) et Mer Forte. C’est le monotype dessiné par le cabinet VLPL qui a été retenu avec un bateau à foils. Cette décision des adhérents doit maintenant être entérinée par le comité de pilotage qui se réunit jeudi prochain.

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Le Président de la classe, Yannig Livory : « les trois cabinets d’architecte ont chacun présenté leur projet. Puis on a fait une réunion à huis clos pour se poser les bonnes questions et avoir des compléments d’informations et que la commission nouveau monotype de la classe Figaro Bénéteau puisse exposer son avis. Suite à ça, on a mis un système de vote en place afin que les adhérents votent. Au final, le choix s’est porté sur le projet VPLP.

La prochaine étape, c’est d’entériner ce choix par le comité de pilotage qui se réunit jeudi prochain ».

Retour sur la nouvelle philosophie voulue par la Classe
« Nous avons décidé à l’Assemblée Générale de décembre 2014, de nous pencher sur un nouveau monotype à partir d’un questionnaire établi en janvier de la même année. Nous avons cherché à nous projeter pour savoir quels étaient les fondamentaux à conserver non seulement au niveau du support mais aussi pour les courses et le calendrier. L’Assemblée Générale Extraordinaire de Bordeaux avant La Solitaire 2015 a entériné la collaboration avec le chantier Bénéteau et la date de mise en service de ce nouveau monotype : 2019. Parce que cela donne le temps de la réflexion et de la mise au point, de la construction de cinquante unités, mais aussi parce que ce seront les cinquante ans de La Solitaire… Et on peut espérer comme en 2003, que d’anciens Figaristes reviennent se tester ! »

La Classe Figaro a donc commencé à travailler sur ce changement de bateau avec des études de faisabilité avec le constructeur depuis décembre 2015 en collaboration avec Mer Forte (la structure R&D dirigée par Michel Desjoyeaux) pour mettre à plat les contraintes réglementaires en cours (catégorie de navigation, couple de redressement, poids…). En parallèle, la commission monotype sous la houlette de Yoann Richomme a établi un cahier des charges des besoins : un bateau de large qui puisse traverser l’Atlantique, un bateau de solitaire adapté à la diversité des épreuves actuelles, mais aussi un bateau qui pourrait adopter une quille basculante, des foils, des DSS…

Concilier innovations et coût
« Est-il possible d’intégrer des innovations ? Avec quelles contraintes et quel coût ? On sait que ce nouveau monotype va mesurer entre 9,15 m et 9,75m, mais il y a des impératifs de gabarit routier pour le transport. Est-ce bienvenu de pouvoir le déquiller facilement et comment ? Nous avons aussi créé un comité de pilotage (avec un organisateur, un responsable du chantier Bénéteau et deux coureurs) qui travaille sur la globalité du projet pour tenir un planning, pour définir le processus du choix de l’architecte et de la construction, pour donner un cadre de financement viable. Fin janvier, nous avons ainsi défini la méthodologie de travail pour la consultation des architectes, pour la réception des appels à candidatures : dans un premier temps, nous allons établir une short-list des concepteurs susceptibles de dessiner ce monotype et avant le printemps prochain, ces cabinets d’architectes proposeront leur projet en fonction du cahier des charges. »

Le chantier Bénéteau est d’ors et déjà retenu par sa capacité de production, par son historique avec les deux précédents monotypes, par l’efficacité de son SAV, par sa solidité de financement, parce que c’est aussi l’axe stratégique du chantier vendéen. L’un des critères impose un architecte français et au printemps, la décision du support sera prise pour qu’un premier prototype soit présenté en décembre 2017 et navigue dès début 2018. L’enveloppe budgétaire sera comprise entre 150 000 € (le prix d’un Figaro Bénéteau 2 neuf) et 200 000 € TTC prêt à naviguer, l’idée étant que le choix de ce nouveau monotype perdure une dizaine d’années.

« Ce n’est pas si simple qu’on pourrait l’imaginer : il faut choisir un bateau pour dans trois ans qui puisse rester attractif pendant dix saisons ! Nous voulons privilégier l’aspect technologique au sein d’une monotypie, un voilier plus rapide et plus fun. On connaît l’intérêt d’une quille basculante, mais cela pose des problèmes d’étanchéité, mais aussi de résistance structurelle si le bateau touche un caillou… On pense sérieusement à adopter un spinnaker asymétrique qui offre plus de champ tactique, mais on se cale sur le même circuit qu’actuellement : Transat Ag2r, La Solitaire Bompard-Le Figaro, les Grands Prix. On garde le même esprit mais avec une nouvelle philosophie de bateau. »

Cette nouvelle philosophie s’appuie sur le fait qu’un bateau plus rapide permet d’aller plus loin pour un même temps de course, mais en contrepartie, les écarts entre les premiers et les derniers devraient augmenter sensiblement. Un monotype plus vivant, plus nerveux offre aussi plus d’opportunité de trajectoires : les régates en Open 7,50 impose de réfléchir plus sur les choix des bords au portant qu’un J-80 qui peut se permettre de descendre quasiment vent arrière… Et dans le premier cas, les écarts à l’arrivée peut être conséquents quand la flotte reste très compacte dans le deuxième cas…