Route du Rhum. Jérémie Beyou : “L’écart est rattrapable, c’est loin d’être fini !

A 1000 milles de l’arrivée, Jérémie Beyou sur son nouvel Imoca Charal 2 évolue à la 3e place et sait qu’il peut encore se passer plein de choses.

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Le week-end dernier et en début de semaine, le skipper a pourtant eu à résister à des conditions particulièrement virulentes. « Ce sont des conditions que j’avais déjà rencontré mais jamais avec ce bateau puisqu’on l’a mis à l’eau l’été dernier, explique-t-il. Forcément, il y a toujours des doutes, de l’appréhension à ‘tirer dessus’. Lors des passages de front, j’ai vraiment essayé de faire attention, d’avoir une attitude protectrice ». Jérémie reconnaît « de petites frayeurs », ces moments où « tu te demandes si ça ne va pas casser ».

« Ce sont des bateaux qui vont très vite avec beaucoup de charge, on est toujours à la limite ». Pourtant, le breton a tenu bon et a pu atteindre les alizés, ces vents porteurs qui mènent vers les Antilles. Les alizés promettent toujours un grand coup d’accélérateur sauf lorsqu’ils sont mal établis. Ce qui a été le cas ces dernières heures : il faut donc composer avec des variations de vent, des grains, des zones de ‘molles’. Une phase périlleuse, d’autant que tout compte à l’heure où les cinq premiers se tiennent dans un rayon de moins de 80 milles.

« Ce n’est pas une situation évidente, confiait Jérémie ce vendredi midi. C’est très instable pour trouver le bon flux, pour garder des vitesses constantes ». Jeudi vers midi, il s’est « fait coincer » par un énorme grain. Conséquence : Charlie Dalin (APIVIA) et Thomas Ruyant (LinkedOut) ont pris 20 milles d’avance.

Jérémie n’est pas du genre à manier la langue de bois. « C’est pas de chance de m’être fait coincer dans ce grain hier, ça m’a mis un coup de pompe ». Après une nuit où il a pu dormir un peu, il est reparti d’attaque. Et ça se voit : le skipper de Charal 2 a repris 20 milles sur les deux premiers en bataillant sans relâche aux côtés de Kevin Escoffier (Holcim-PRB) et Paul Meilhat (Biotherm). En somme, Jérémie est loin d’avoir relâché la pression, bien au contraire.

« L’écart est rattrapable, c’est loin d’être fini », prévient-il. On pense notamment au tour de la Guadeloupe qui est toujours très piégeux et peut bouleverser la hiérarchie. Jérémie conclut, comme une promesse : « il peut encore se passer plein de choses ! »