Route du Rhum. Jérémie Beyou complète le podium en Imoca

Jérémie Beyou (Charal), troisième IMOCA de La Route du Rhum-Destination Guadeloupe 2022 Alexis Courcoux / #RDR2022

Charal 2 a tenu toutes ses promesses. Jérémie Beyou bien que troisième en Imoca sur cette Route du Rhum a pu prendre la mesure de son nouvel bateau.

Lundi 21 novembre à 06h15 55′ locale (11h15 55′ heure de Paris), Jérémie Beyou a franchi en troisième position la ligne d’arrivée à Pointe-à-Pitre de la douzième édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Son temps de course est de 11 jours, 21 heures et 55 secondes. Le skipper de Charal a effectué les 3 542 milles du parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre à la vitesse de 12.43 nœuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en réalité parcouru 4 330.57 milles à la vitesse moyenne de 15.19 nœuds (sur l’eau). Il est arrivé à Pointe-à-Pitre 3h 24mn et 30’ après le vainqueur Thomas Ruyant (LinkedOut).

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Le skipper de Charal revient sur l’intensité incroyable de La Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Une course qui a eu des airs de Solitaire du Figaro mais sur 11 jours ! Jérémie est plus que satisfait de cette 3e place et d’avoir amené son bateau neuf en Guadeloupe.

« C’était quelque chose cette Route du Rhum ! Je ne sais plus bien quand j’ai dormi la dernière fois. J’ai essayé de dormir hier après-midi mais je n’ai pas réussi. Quand tu es trop fatigué, tu n’y arrives plus, tu es sur les nerfs. Le bateau est tellement demandant, que tu ne pas dormir, ni manger, ni ranger le bateau. Thomas (Ruyant) était super énervé ! Je l’ai vu partir, il a fait un énorme push, c’est impressionnant à voir car j’étais quand même dessus. Il arrive à partir fort, il sort une copie monstrueuse. “

Intensité de tous les instants

” Je ne pas vraiment été surpris par l’intensité de la course. Avec Charlie (Dalin) et Thomas (Ruyant), cela fait pas mal de temps qu’on se met sur la tête, mais sur des petites distances. On savait que cela allait se finir comme ça sur la Route du Rhum. Le degré d’intensité est maximal, on ne pas faire pire. Ça ressemble vraiment à La Solitaire, mais ce sont des machines qui envoient du stress. C’est super beau, c’est de la compétition à l’état pur. “

Thomas, au-dessus du lot

” Je n’ai pas été bon pendant un jour ou deux, là où Thomas a mis les gaz. Il a trouvé le bon filet dans les grains, moi, j’avais la tête dans mon bateau à trouver la bonne carbu’. Maintenant, c’est l’effet de la course, j’ai un peu de remords, je suis compétiteur. Thomas a été carrément un cran au-dessus, il n’y a pas de débat. Mon objectif était de naviguer et de l’amener de l’autre côté, le résultat est delà de nos espérances. Tout est un peu dur, parce que le bateau est neuf. Charal 1, je le connaissais sur le bout des doigts, on voit ce que fais Justine rapidement sur ce bateau. La carène, les foils, on a cherché la puissance pour aller vite. Ça envoie des bateaux encore plus violents. La pratique rejoint la théorie, il n’y a pas de surprise.
Il y a quatre ans on n’a pas duré deux jours, donc c’est une grande satisfaction. Techniquement, c’est top d’avoir le bateau ici et d’avoir tiré dessus. On a eu des grains à 35 nœuds, c’était limite avec un bateau neuf. Mais une fois que tu l’as fait tu es rassuré pour la suite. Le bateau a de l’aisance au portant dans la brise, mais la monnaie de la pièce, c’est qu’il faut trouver les petits réglages dans toutes les transitions, notamment dans le medium. J’ai hâte d’aller faire un tour du monde avec dans des conditions de vent fort au portant.
 “


Mis à l’eau le 11 juillet 2022, la nouvelle machine de Jérémie Beyou signée de l’architecte Sam Manuard (étrave ronde, safrans en V inversés) a été rapidement prise en main par son skipper. En faisant appel à Franck Cammas, Jérémie Beyou et son team ont souhaité améliorer encore les performances, gagner de quoi grimper une à une les marches sur le podium. Résultat : Charal, dès le départ de Saint-Malo et tout au long de la course, n’a jamais quitté les avant-postes, à l’attaque de Charlie Dalin (Apivia) et de Thomas Ruyant (LinkedOut), prenant même à plusieurs reprises la deuxième position au pointage. Dans l’histoire de la classe IMOCA très peu de bateaux dessinés et construits après un Vendée Globe ont terminé la Route du Rhum. Jérémie Beyou défie les pronostics et s’octroie même cette 3e place sur cette 12e Route du Rhum – Destination Guadeloupe ! Le triple vainqueur de La Solitaire du Figaro, bosseur et déterminé, compétiteur acharné avouait ce matin pouvoir encore jouer quelque chose : « Je suis bien revenu sur Charlie Dalin. J’ai aussi pris mes distances avec Kevin Escoffier. J’espère que ça suffira pour rester devant lui sur la ligne d’arrivée. On verra sur le tour de la Guadeloupe s’il y a quelque chose à jouer. » Jetant toutes ses forces dans ces ultimes milles, Jérémie est parvenu à recoller au tableau arrière de Charlie Dalin sur le tour de La Guadeloupe. Charal termine 3e, 3h et 24 minutes derrière Apivia. Une superbe place sur le podium d’une Route du Rhum – Destination Guadeloupe des plus engagées par les conditions météorologiques difficiles et un plateau de coureurs de haute voltige.