Route du Rhum. Francis Joyon 4e : “J’ai appris à naviguer sans winch !”

Francis Joyon et son trimaran Idec Sport termine 4è de cette Route du Rhum après 8 jours, 13 heures, 41 minutes et 40 secondes de course. Il devance Yves Le Blévec à l’issue d’une course engagée.

S’il ne réalise pas le doublé après son triomphe de 2018, Francis Joyon a certainement de nouveau déjoué tous les pronostiques, qui plaçaient les 5 maxi trimarans « volants » devant les étraves de son vénérable IDEC SPORT lancé en 2006. Il a une nouvelle fois devancé le foiler Actual d’Yves le Blévec au terme d’une magnifique empoignade transatlantique. Ce trimaran aux mains de François Gabart et sous le nom de Macif avait déjà été son implacable adversaire lors de l’édition 2018 de l’épreuve. Les maxi trimarans nouvelle génération, dessinés pour voler ont tenu toutes leurs promesses dans les conditions certes musclées mais maniables de la course.

Je suis étonné qu’il y ait du monde pour un 4ème. Il y a eu beaucoup plus de manœuvres que d’habitude. C’était un peu l’enfer. Je suis vraiment fatigué avec Yves au contact. On a beaucoup régaté contre ce bateau. Pour les 3 premiers, on en pouvait pas faire grand chose. On a pris les front beaucoup plus durement que les premiers. J’ai encore appris plein de choses sur le bateau. C’est la première édition dont le départ a été retardé.

Francis et IDEC SPORT auraient peut-être eu la possibilité de jouer une autre partition si le départ du dimanche 6 novembre avait été maintenu. Reporté pour cause de très gros temps, l’épreuve s’est déroulée sous un jour propice aux bateaux volants, ne laissant aucune chance réelle à Francis de l’emporter. C’est le jeu. Le skipper de Lochmariaquer peut légitimement se satisfaire d’avoir une nouvelle fois rempli ses objectifs, naviguer « propre », au mieux des capacités de son extraordinaire bateau, triple vainqueur de la Route du Rhum. Son temps de course est d’ailleurs meilleur de plus d’une journée que celui réalisé sur ce même bateau par Franck Cammas en 2010. Francis conclut sa course en prenant le meilleur sur Yves Le Blévec, grâce à d’excellents choix tactiques, notamment lors des dernières 48 heures, et en tirant la quintessence d’un voilier qu’il connait sur le bout des doigts. A 66 ans, son enthousiasme et sa fraicheur, sa capacité à maitriser un géant des mers et à performer continuent d’impressionner.

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