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Comment suivre le départ ?

Illustration SMA, skipper Paul Meilhat (FRA) at pontoons during prestart of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France on October 28th, 2016 - Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendée Globe Illustration de SMA, skipper Paul Meilhat (FRA), aux pontons du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne le 28 Octobre 2016 - Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendée Globe

Le départ du Vendée Globe sera donné dimanche à 13h02. La ville des Sables d’Olonne sera tournée entièrement vers ce moment magique de la sortie du chenal pour accompagner les skippers. Pour suivre en direct ce départ une couverture médiatique importante sera faite.

A TERRE
Pour le public présent sur le site de Port-Olona, rendez-vous sur le village du Vendée Globe pour assister au départ des marins (à noter que les pontons ne seront plus accessibles au public à partir de vendredi 4 novembre, 20 heures). 
Dès 8h50, Didac Costa (One Planet One Ocean) sera le premier à larguer les amarres. Puis, toutes les 4 minutes un nouveau concurrent appareillera. Vincent Riou (PRB) sera le dernier à larguer les amarres à 10h42. Le chenal et la plage du remblai seront ensuite les lieux privilégiés pour assister à la parade des bateaux.

DISPOSITIF TV DÉPART
Un dispositif exceptionnel, à terre et en mer, permettra de suivre le départ du Vendée Globe dans les meilleures conditions. Une réalisation multi-caméras (3 caméras hélico, 2 cameras sur l’eau, 2 cameras à terre et 5 caméras embarquées à bord des bateaux), permettra de suivre le départ de la course sous tous les angles, y compris depuis les bateaux de cinq skippers : Paul Meilhat, Thomas Ruyant, Sébastien Josse, Fabrice Amedeo et Vincent Riou.

Couverture TV en France et à l’international
Le direct du départ sera retransmis en direct sur toutes les chaînes nationales françaises avec des « Spéciales Vendée Globe » sur France TV, TF1/LCI, BFM TV/ BFM Sport, I-Télé, Infosport+, L’Equipe.
A noter une couverture internationale exceptionnelle et la présence sur site de nombreuses équipes de télévision étrangères.

Quelques chiffres TV à l’international :
– 190 Pays couverts pour l’ensemble des programmes du Vendée Globe
– 87 chaînes TV (vs 65 chaines en 2012-2013)
– 33 chaînes TV diffuseront le Direct Départ dans 147 Pays (vs 18 Chaines TV en 2012-2013) dont 9 chaînes françaises et 24 chaînes internationales : Premier Sports (Grande-Bretagne + Irlande), Mediaset Premium (Italie), AMC (Hongrie-Slovaquie-République Tchèque), ERA TV (Macédoine), TV Maritim Norge (Norvège), Canal + (Pologne), Sportklub (Pologne), Ocean TV (Russie-Ukraine-Kazakhstan-Moldavie-Biélorussie), Sportklub (Serbie-Macédoine-Monténégro-Slovénie-Croatie-Bosnie), SRG (Suisse) – Plateforme Web, NTV Sport (Turquie), Sport TV (Turquie), Fox Europe (Turquie-Chypre-Grèce-Malte-Israël), Eurosport Player (53 Pays d’Europe), Supersport (52 pays d’Afrique), Startimes (20 pays d’Afrique), OSN (23 pays du Moyen-Orient), TV Asahi (Japon), LeTV (Chine), Mai TV (Fidji), Sky TV (Nouvelle Zélande), Nautical Channel (52 Pays Monde, dont 29 en Europe), France 24 (Monde).

France TV
– France 3 Pays de Loire, Bretagne et Normandie, proposeront un streaming dès 8h50 sur leur site internet.
– De 9h30 à 11h30 France 3 Pays de Loire, Bretagne, Normandie, seront en direct.
– A 12h50 France 3 National proposera une émission spéciale départ de 26′, présentée par Virginie Charbonneau, Anthony Brulez et François Gabart.
– L’émission STADE 2 sera diffusée en direct des Sables d’Olonne à 17h00.

LCI, La Chaîne Info met en place un dispositif en direct pour le départ, qui commencera par un plateau de 8h à 14h en direct des Sables d’Olonne avec Louis Bodin et Yann Hovine.

LA CHAÎNE L’EQUIPE
La chaîne TV du Quotidien L’Equipe diffusera également le direct de départ, entre 12h00 à 14h00.

i-Télé sera en direct pour le départ toute la journée du dimanche

INFOSPORT+ suivra le départ en direct.

BFM TV – BFM Sports seront également en live pour le départ, avec notamment une émission spéciale Vendée Globe de 9h00 à 11h00 pour la sortie du chenal et à partir de 12h00 pour suivre le départ.

RADIOS
Toutes les grandes radio nationales, France INFO, EUROPE 1, RMC, RTL seront en direct pour suivre le départ du Vendée Globe.
A noter la présence de Michel Desjoyaux en direct sur RMC.

SITE OFFICIEL, APPLI ET RÉSEAUX SOCIAUX
Suivez le départ en direct de 8h45 à 11h00, puis de 12h30 à 13h30 sur le site officiel www.vendeeglobe.org, avec Pascal Bidégorry et Pierre-Louis Castelli pour les commentaires. Depuis le départ des pontons, la sortie du chenal, puis le coup d’envoi du 8e Vendée Globe et les premières minutes de course. Ce direct sera diffusé également sur l’appli mobile Vendée Globe, Facebook LIVE, les chaines Dailymotion (en langues française et anglaise) et Youtube (en langue anglaise).

 

PRÉCAUTIONS EN MER
En plus d’être suivi à terre par des milliers de personnes, le départ du Vendée Globe sera vécu au plus près, en mer.
Attention, le chenal et le port seront interdits à la navigation de 8h à 12h. Une information grand public sera diffusée sur le Canal 01 des VHF Marine pour suivre les procédures de départ, cela à partir de 08h30.
Pour les plaisanciers qui souhaitent assister au départ en mer, rendez-vous sur le canal VHF 1 pour toutes les infos et consignes utiles (et double veille sur le 16). Une fois sur le plan d’eau, les plaisanciers devront respecter la zone de sécurité mise en place par la Direction de Course, matérialisée par des bouées tétraédriques rouges.

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Thomas Coville à Brest en Standby

Training for the maxi tri SODEBO, skipper Thomas Coville, prior to his solo circumnavigation record attempt, off Belle Ile, on october 12, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Le trimaran SODEBO Ultim de 32 mètres est amarré au Port du Château à Brest dans l’attente de la bonne fenêtre météo.

Dès que les conditions météo sembleront favorables, le skipper de SODEBO ULTIM’ s’élancera pour la 5ème fois à l’assaut du temps absolu du tour du monde en solitaire avec comme objectif de faire tomber le record magnifique que Francis Joyon détient depuis 2008.

C’est sans doute le défi le plus ultime aujourd’hui. A 47 ans et après des centaines de milles parcourus sur toutes les mers du monde, Thomas Coville va tenter de tourner en solitaire autour de la planète en moins de 57 jours, 13 heures et 34 minutes.

Plus récent que l’ancien IDEC sur lequel Francis Joyon a établi le temps de référence actuel, SODEBO ULTIM’ affiche sur le papier des vitesses supérieures.

Derrière l’ordinateur pour guider Sodebo Ultim’ tout au long de ce défi, un quatuor de cadors de la météo et du routage qui connaissent bien le skipper et c’est important. Aux manettes, on retrouve donc Jean-Luc Nélias qui sera entouré de Thierry Douillard, Thierry Briend et de Samantha Davies, qui a participé au routage de Sodebo Ultim’ lors de The Transat.

Entretien avec Thomas Coville…
Descendre sous les 57 jours de Francis Joyon.
« J’ai bouclé deux fois ce tour du monde en solitaire, une fois en 59 jours et la deuxième fois en 60 jours, et j’ai dû renoncer deux fois. Ce tour du monde en trimaran, nous sommes trois à l’avoir tenté et réalisé sans escale en mode record (NDLR / Ellen MacArthur, Francis Joyon et Thomas Coville). Cette année, je vais chercher à descendre en dessous des 57 jours pour établir le 5ème temps tout confondu (record autour du monde à la voile en équipage et en solitaire).»

Sodebo Ultim’, un bateau taillé pour ce record
« Sodebo Ultim’ a été conçu pour ce record et profite de toute la nouvelle technologie. Même si ce n’est pas une assurance tout risque, il doit pouvoir permettre de s’extraire de l’aléatoire météo. Sodebo Ultim’ est 10 à 15% plus rapide que mon ancien bateau. Je serai donc mieux armé. Avec ce bateau, on est dans le bon timing cette année pour tenter de battre ce record. On a un peu la pression de saisir cette opportunité et d’obtenir ce résultat. Après, il y aura d’autres bateaux de nouvelle génération qui sont là pour la relève…»

Record vs course ?
Un record, ça peut être tellement difficile à battre et il peut se passer plusieurs années avant de le faire évoluer. Pendant 10 ans, le sauteur à la perche, Serge Bubka a détenu le record des 6,14m. Quand tu arrives à battre un record, c’est magique. Tu as l’impression de faire quelque chose d’unique. Le record donne une perspective historique. C’est ce que je vais chercher. »

La spécificité d’un record : se battre contre le chrono et compter sur la météo
« Quand tu étudies le parcours, bien évidemment on peut l’améliorer et Sodebo Ultim’ a été conçu pour ce record. Deux jours soit 48 heures, c’est l’avance ou le retard que l’on peut avoir. Cette année, je vise les 55 jours. Tout se jouera à la jonction entre l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud. Cette jonction est capitale au moment de la remontée dans l’hémisphère nord. Il faut espérer être dans le bon train.
J’ai vécu cette expérience en 2013 lors de ma dernière tentative. Pendant la remontée de l’Atlantique après le Cap Horn, j’étais en avance sur Francis Joyon jusqu’au Brésil. Mais je n’avais pas assez de marge et je suis arrivé avec deux jours de retard.
Grosso modo, si tu n’as pas deux jours d’avance en arrivant en Atlantique Nord, c’est risqué et tu subis l’aléatoire de la météo. On l’a vu l’an dernier, Spindrift a manqué le record de deux jours et Idec de quatre jours alors qu’ils étaient dans le timing au début. »

Les routages tournent à plein régime
« On fait tourner les routages avec les différents scénarios. Nous regardons surtout le passage de l’Equateur et l’entrée dans l’Atlantique Sud. Je suis impatient de partir, je n’ai pas envie d’attendre trop longtemps… J’ai hâte de voir ce que cela donne.

En climatologie, les tentatives qui fonctionnent sont celles qui partent mi-novembre. Il faut être synchro entre les glaces dans le Sud et le retour dans l’hémisphère Nord. Le bateau est prêt. Avec l’équipe, nous sommes tous en astreinte pour réagir dès qu’une fenêtre se profile. »

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Jérémie Beyou part pour la gagne

© Eloi Stichelbaut / Maitre Coq

La pression va commencer à monter pour Jérémie Beyou comme pour les autres concurrents au fur à mesure que le départ approche. Sommeil, alimentation, avitaillement, le skipper de l’IMOCA 60’ Maître CoQ n’a rien laissé au hasard.

Présent depuis mi-octobre aux Sables d’Olonne, Jérémie Beyou s’apprête à vivre une dernière semaine pendant laquelle l’effervescence autour de la course, en même temps, que la pression, va monter crescendo. Pour avoir déjà vécu deux départs, le skipper de Maître CoQ sait très bien à quoi s’attendre et il s’est préparé en conséquence, puisqu’il a prévu de rentrer peu à peu dans sa bulle pour être fin prêt dimanche 6 novembre lorsque sera donné le départ de la huitième édition du Vendée Globe. D’un coup, il passera alors de centaine de milliers de personnes autour de lui à une solitude qui sera son quotidien pendant près de trois mois. « Je n’ai pas l’appréhension de la solitude sur la durée, même si je n’ai jamais passé autant de temps seul, explique-t-il. L’appréhension vient plus des tous premiers jours de course. Je suis conscient qu’après les trois semaines de pause aux Sables, il faut tout de suite être dans le match, bien gérer l’entame du Vendée Globe qui est très importante. Donc je suis vraiment concentré sur les premiers gestes, les premières manœuvres, les premiers choix tactiques, je suis focalisé sur le rythme que je vais mettre d’entrée. La durée, ça viendra tout seul. »

Jérémie Beyou le reconnaît aisément : en mode compétition, il a du mal à se résoudre à dormir et à s’alimenter régulièrement. « Un bilan établi en 2014 avec Virginie Auffret, la nutritionniste qui me suit, a montré que je me mettais facilement en carence parce que j’étais happé par la compétition. Or, se priver des éléments essentiels nutritifs induit des pertes de performances mentales et physiques, je ne peux pas me le permettre sur le Vendée Globe », commente le skipper de Maître CoQ. Du coup, plutôt que de le forcer à manger, ce qu’il aura par exemple sans doute du mal à faire lors des premiers jours de course, sa nutritionniste lui a préconisé des produits de compensation pour éviter qu’il se retrouve « à la rue ». Cela va de compléments alimentaires à des pâtes de fruits en passant par des noisettes ou des gels nutritifs qu’il a facilement à portée de main dans le cockpit ou à la table à cartes. « J’aime bien avoir un plat de lasagnes pour tenir les 24-36 premières heures », explique aussi Jérémie qui, lors des premiers jours, aura également à disposition des fruits frais.

Après quoi, il passera à une alimentation plus régulière, à raison de trois sacs quotidiens minutieusement préparés en amont avec son équipe. « J’emmène 85 jours de nourriture, j’ai essayé de faire light, il n’y a rien de superflu, hormis la petite bouteille de champagne Castelnau pour l’équateur et le Cap Horn, et le rôti de chapon aux cèpes Maître CoQ pour les fêtes… » Côté sommeil, pas vraiment de règle, si ce n’est de dormir environ 5 heures par 24 heures, souvent par tranches de 20 minutes, la plupart du temps face à la table à cartes dans le siège spécialement conçu pour lui pour ce Vendée Globe. Dans ce domaine, le skipper de Maître CoQ a appris à s’auto-gérer et n’éprouve pas le besoin d’avoir une minuterie ou une alarme.

Chasse au poids oblige, Jérémie Beyou n’emmène à bord que ce qui est strictement nécessaire. Une trousse médicale et un sac de survie d’une dizaine de kilos chacun, un sac de sécurité de 25 kilos, 65 kilos de matériel de spare (rechange), avec notamment deux hydro-générateurs, un dessalinisateur, deux bouteilles de camping gaz et un pilote automatique. Les deux sacs de vêtements pèsent 30 kilos en tout, comprenant une centaine de produits adaptés à toutes les conditions qu’il rencontrera au cours de son tour du monde. Rien d’autre dans la valise ? Le skipper de Maître CoQ, peu superstitieux, n’est pas du genre « grigris », il a cependant fait une petite entorse à la règle pour ce Vendée Globe : « En octobre, je suis allé dans la classe de CM1 de mon deuxième garçon, Jacques, ils m’ont fait un magnifique cahier relié dans lequel ils ont collé des dessins, si bien que je l’ai embarqué, j’aurai plaisir à regarder tous les dessins quand je serai en mer. »

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Entretien avec Thomas Coville

Training for the maxi tri SODEBO, skipper Thomas Coville, prior to his solo circumnavigation record attempt, off Belle Ile, on october 12, 2016 - Photo Jean-Marie Liot / DPPI / SODEBO

Thomas Coville est en standby avec son Sodebo Ultim’ pour une 5e tentative de record autour du monde en solitaire, le seul temps de référence qu’il n’a jamais accroché à son palmarès. Un objectif majeur qui servira aussi de galop d’essai en vue de cette fameuse course planétaire en Ultime, prévue en 2019. Rencontre.

 

En tenant un rythme infernal avec François Gabart sur The Transat, vous semblez avoir encore repoussé les limites sur ces trimarans de 30 m.
Oui, on disait la même chose en 2007 quand, avec Francis Joyon, nous avons fait construire nos trimarans de 30 m après les Orma. Partir autour du monde sur ces bateaux une fois et demie plus puissants que les Orma ne semblait pas raisonnable. En fait c’est l’inverse. Naviguer en Orma en solo était vraiment chaud. Aujourd’hui, nos bateaux nous permettent d’accéder à des vitesses très élevées en étant finalement beaucoup plus en sécurité. La largeur nous assure une vraie stabilité. Je me sens beaucoup plus à l’aise aujourd’hui à bord de Sodebo Ultim’ qu’en Orma, ou même sur l’ancien Sodebo qui est devenu l’Actual d’Yves Le Blevec.

On pourrait pourtant penser l’inverse…
Oui, de l’extérieur, quand on voit ces maxi trimarans à quai, on peut se dire que nous sommes partis dans la démesure. Il est vrai que cela demande des équipes techniques rôdées et des bateaux très bien conçus, où il n’y a pas d’embrouilles. Le moindre grain de sable peut tout enrayer et engendrer des situations dangereuses. Mais lors des transats effectuées récemment, je ne me suis pas mis dans ce cas de figure. Le bateau est très sain. Quand les manœuvres se déroulent proprement c’est très agréable. Je me sens dans le bon timing grâce à l’expérience acquise auparavant. Or, ce qui est difficile à mettre au point dans une carrière d’athlète, c’est justement le timing dans lequel tu vas être par rapport à l’évolution de ton sport, à l’évolution technique. Le circuit des Ultime se met en place et on commence à avoir de l’expérience avec Sodebo pour pouvoir maîtriser ce type de bateau. Mon trimaran enchaîne les transatlantiques, ce qui prouve sa fiabilité.

Sur la route du retour de The Transat, tu as battu le record des 24 heures, devenant le premier marin de l’histoire à passer la barre des 700 milles en solo (715 milles contre 668 pour Francis Joyon, l’ancien détenteur du record)…
À la base, je voulais tenter d’améliorer le record de l’Atlantique nord. Mais le timing était un peu serré pour le standby à New York. Je suis parti en faisant une route un peu sud qui échappait aux glaces, et surtout me mettait sur une rampe devant une tempête tropicale. Cela m’obligeait à faire 600 milles de plus que l’orthodromie, ce qui ne permettait pas de battre le record de l’Atlantique. Mon routeur, Jean-Luc Nélias, a alors eu l’intelligence de tracer une ligne droite pour tenter de se rabattre sur le record des 24 heures. Nous avons saisi l’opportunité. Cette dépression tropicale générait des vents de 25 à 40 nds, avec un peu trop de mer pour faire le temps idéal. Pour autant, la dépression se déplaçait pratiquement à ma vitesse. J’ai donc réussi à garder le même angle pendant presque 1 000 milles. Sur ces 1 000 milles, j’en ai parcouru 715 en 24 heures. C’était jouissif de rester ainsi en avant du même système dépressionnaire. J’étais assez toilé, avec des angles ouverts, à environ 135 à 140° du vent. C’était intense et il y a eu quelques plantés virils. Cette belle perf’ fait du bien, pour moi et pour toute l’équipe. C’est de bon augure pour le record du tour du monde que nous allons tenter cet hiver. Pousser le bateau de telle manière permet aussi de savoir jusqu’où on peut aller en termes d’engagement.

Tu n’étais déjà pas passé loin de ce record pendant The Transat, avec 673 milles parcourus en 24 heures.
Oui, et c’est la preuve que nous tournons régulièrement autour de ces vitesses. Ce bateau, quand il est lancé en mode compétition, va très vite. Dans le petit temps, on s’est fait « déboîter » par François. Mais dans la brise et sur une mer formée, Sodebo se défend bien et reste très sain.

 

Certes. Mais tu dois quand même parfois te faire peur, à ces vitesses ?
Au début, tu es dans le cockpit et tu t’organises pour avoir de quoi manger et boire autour de toi. Tu ne restes pas trop loin des écoutes et de la barre, avec la télécommande du pilote dans la main. Tu es super concentré sur les instruments. Puis au bout de quelques heures, tu vois que ça déroule, tu t’habitues à la vitesse, au bruit. Tu vois que le bateau se comporte bien, même dans les rafales et les accélérations. Tu rentres alors un peu à l’intérieur, tu t’autorises une première sieste et tu vas à la table à la carte. De temps en temps, tu as une poussée d’adrénaline car pour tenir 29,9 nds de moyenne, il y a des moments où tu es à 36-37 nds. Mais ça se gère. J’aurais été plus tendu nerveusement si j’avais fait le parcours à 90° du vent, car aux allures de reaching, le bateau est plus aérien.

Sodebo Ultim’ est entré en chantier cet été, avant la tentative de record autour du monde. En quoi cela a-t-il consisté ?
Nous avons fait une maintenance globale du gréement courant, de l’accastillage, etc. L’idée était de repartir avec des balles neuves. Un tour du monde, c’est l’enchaînement de 9 transats. D’où l’importance de prendre le départ avec du matériel neuf. Nous avons apporté des optimisations au niveau de l’énergie. Cet aspect ne se gère forcément pas de la même manière pour un tour du monde que pour une transatlantique. Nous avons par ailleurs faire rentrer deux nouvelles voiles adaptées à ce parcours.

Ce sera ta 5e tentative de record autour du monde en solitaire. Qu’est-ce qui te pousse à y retourner une nouvelle fois ?
C’est l’attitude normale d’un athlète. Je suis pugnace, travailleur. Ce record est une manière pour moi d’aller au bout d’une démarche. Quand Armel Le Cléac’h est arrivé victorieux de The Transat à New York, nous avons pris le temps de discuter. Il m’a dit, avec les larmes aux yeux : « J’espère que tu auras la même émotion que moi car ça fait dix ans que j’attendais une victoire en Imoca, et elle est arrivée. » Je suis dans la même dynamique. Dans ma carrière, j’ai battu tous les records en solitaire : les 24 heures, l’Atlantique nord, la Route de la Découverte, la Méditerranée. Le seul que je n’ai pas accroché est le plus difficile à atteindre : le tour du monde. Il n’y a que des gens d’exception comme Francis Joyon pour réussir dès la première tentative. J’ai sûrement besoin de plus de travail pour y arriver.

Le duo que vous formez, toi et ton bateau, semble en tout cas taillé pour battre les 57 jours de Joyon.
Je suis très bien préparé, mais je l’étais aussi les autres fois. Après, il y a les aléas météo, techniques. La voile est un sport mécanique. Tu peux mettre toutes les chances de ton côté et quand même échouer…

Au même moment sera donné le départ du Vendée Globe, course à laquelle tu as déjà participé (6e en 2000-2001). On pourrait te revoir sur cette épreuve un jour ?
J’ai tout fait pour qu’on mette en place un Vendée Globe en multicoque qui aura lieu en 2019. J’avoue être plus attiré par ce défi, qui correspond finalement à l’ADN du Vendée Globe lors de sa première édition, en 1989. À l’époque, on ne savait pas si c’était possible. Ce côté pionnier me plaît bien. Au fil des éditions, le Vendée Globe est devenu une régate, une compétition de très haut niveau entre des bateaux et des marins très affûtés. Aujourd’hui on ne se pose pas la question de savoir si c’est faisable, on se demande qui va gagner. En multicoque, l’engagement que tu mets en solo est tout autre, particulièrement autour de la planète.

Tu es donc d’accord avec Yann Eliès, qui nous disait : « Les prochains grands aventuriers seront les marins qui partiront en 2019 pour le tour du monde en solitaire en Ultime. » (Course Au Large n° 69)
Je suis complètement dans cet état d’esprit, et ce n’est pas un jugement de valeur. Le prochain Vendée Globe m’intéresse beaucoup car, pour la première fois, un bateau qui n’est pas de la dernière génération pourrait l’emporter. Avec des projets financièrement un peu moins importants que les grosses écuries, des marins comme Vincent Riou et Jérémie Beyou peuvent rivaliser grâce à leur expérience, leur motivation et leurs choix techniques.

En 2019, tu seras donc au départ de la course autour du monde en Ultime. Dans cette optique, as-tu prévu de largement optimiser ton Sodebo ?
Oui, mais il est encore trop tôt pour en parler de manière précise. L’expérience de l’hiver prochain va encore alimenter la réflexion sur les évolutions que nous pourrions apporter sur Sodebo.

Ne crains-tu pas la concurrence de Macif, mais aussi de Gitana et Banque Pop’ qui préparent des engins ultramodernes ?
Si, bien sûr. Les budgets engagés sont conséquents et les trimarans qui sortiront seront, sur le papier, plus performants que le nôtre. C’est justement ce qui nous pousse à penser aux optimisations permettant de rester dans le match. La mise au point des bateaux sera importante. Il faudra être prêt le jour J, pas avant et pas après. Quand tu vois la révolution qu’il y a eu en trois ans dans notre sport, bien malin serait celui qui pourrait dire si ces deux bateaux seront encore au goût du jour dans trois ans… Est-ce que des nouveaux appendices qui sortiront dans quelques années ne seront pas plus décisifs que de construire des nouveaux bateaux aujourd’hui ? La voile est un sport mécanique très empirique. Je navigue en Ultime car j’estime qu’en fonction des routes et des courses, chacun a son expérience à faire valoir.

Envisages-tu cette course autour du monde comme un aboutissement ?
Non, ce n’est pas un aboutissement car, sinon, je serais inquiet pour la suite ! Ce tour du monde en 2019 sera très complémentaire avec le programme de records, particulièrement celui autour du monde. L’un nourrit l’autre, et le programme est cohérent. Les records ont un côté unique. Or, dans le sport, et dans la vie en général, j’aime dégager la singularité des gens. Mais je suis un compétiteur et j’ai aussi besoin de la confrontation avec les autres. L’idéal est donc de concilier les deux exercices.

Entretien complet dans Course au Large n°70

 

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Kito de Pavant : “j’ai besoin de boucler ce tour du monde”

© Vincent Curutchet / DPPI / Vendée Globe

C’est ton troisième projet Vendée Globe, un projet 100% Sud que tu construis depuis 3 ans. Peux-tu nous le présenter ?
” On a construit une jolie histoire avec deux partenaires principaux, Bastide Médical à Nîmes, et Groupe HBF à Toulouse avec sa marque Otio. Et puis ce sont plus de 40 partenaires Made in Midi qui nous ont rejoints autour de ce joli projet avec toute la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. Finalement on ramène toute la Méditerranée sur les océans. On a récupéré un très bon bateau, l’ancien IMOCA de Jean-Pierre Dick. Depuis un an on travaille sur Bastide Otio pour le rendre plus fiable, plus performant et plus cohérent avec ma façon de naviguer. Je suis devenu copain avec ce bateau, je prends du plaisir à naviguer dessus, il est à la fois performant et sage. Ce sont de bonnes qualités pour faire le Vendée Globe. Surtout la sagesse ! ”

Difficile de retrouver l’envie et l’énergie de repartir sur un nouveau projet ?
” En 2012 quand je me suis retrouvé avec le bateau cassé au Portugal je me suis dit que je n’aurais pas la chance d’y retourner. Je sais à quel point c’est difficile d’être au départ du Vendée Globe, quelle énergie il faut pour être là. Ces deux échecs ont été lourds à porter. Le Vendée Globe on n’y va pas tout seul, on embarque beaucoup de monde, des partenaires, une équipe, du public, des gens qui nous aiment et qui ont envie que ça se passe bien. Et quand ça se passe mal on est un peu seul à porter tout ce désespoir. C’est vrai que c’était difficile. ”

Qu’est ce qui t’a décidé ?
” A un moment il faut rebondir ! J’avais envie de faire du bateau, de traverser les océans, d’être sur l’eau. S’il y a un truc important pour un marin c’est d’être sur l’eau, d’être sur un joli bateau et de raconter des jolies histoires.
Quand l’opportunité s’est présentée, je me suis posé la question de savoir si j’avais envie d’y retourner, de remonter un projet avec les risques que ça suppose. Il n’y a pas plus de probabilités que ça se passe bien ou que ça se passe mal. Finalement c’est l’enthousiasme des gens qui m’ont toujours soutenu qui m’a persuadé que c’était encore possible. Et ce qui est certain c’est que j’avais toujours envie. J’ai toujours envie d’y retourner parce que cette histoire n’est pas terminée. J’ai besoin de la terminer. ”

Dans quel état d’esprit es-tu à l’approche du départ ?
” Je suis assez serein à l’approche de ce Vendée Globe. C’est mon 3e essai et le plus important. J’ai besoin de me prouver à moi même que je suis capable de boucler un tour du monde. C’est ma dernière occasion, je commence à prendre un peu d’âge. J’ai beaucoup d’expérience, j’ai fait beaucoup de choses dans ma vie. Mais la seule chose que je n’ai pas encore réussi à accomplir, c’est ce tour du monde. Il n’est jamais trop tard pour bien faire ! ”

Tout le monde a bien noté que cette année, tu la boucles ! Tu as aussi un objectif sportif ?
” Je ne me fixe pas d’objectif sportif parce que je veux finir. Je veux trouver moi-même pendant la course la bonne position des curseurs entre vitesse, stabilité, sécurité, option météo… Il y en a beaucoup sur ces bateaux qui peuvent aller très vite mais le Vendée Globe est un parcours au long cours. Il faut aller loin et j’ai envie de terminer. Pas d’exigence sportive, je veux simplement faire le tour. Alors je me connais un peu, c’est peut-être le piège, je suis un compétiteur, je n’aime pas être lent ni être derrière. Je travaille là-dessus, je sais qu’il y aura des bateaux plus rapides, notamment au début du parcours, sur la descente de l’Atlantique. Il va falloir que je sois patient et fidèle à ma philosophie pour finir ce tour du monde, le plus rapidement possible bien sûr, et on verra le résultat à l’arrivée fin janvier début février. “

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6 candidats encore en lice pour le Challenge Espoir Bretagne – CMB

@DR

C’est la période des sélections et celle du Challenge Espoir Bretagne – CMB qui permet à un jeune marin d’intégrer une filière d’excellence sportive et professionnelle avec à la clef la mise à disposition d’un Figaro Bénéteau 2, d’un budget de fonctionnement et d’un salaire.

Cette année, 15 jeunes âgés de 18 à 25 ans ont candidaté pour prendre la barre du Figaro ESPOIR aux couleurs de la région et de la banque mutualiste en 2017. Ce vendredi 28 octobre, le jury composé de représentants du Crédit Mutuel de Bretagne, de la région Bretagne, du Président et des techniciens du Pôle Finistère Course au Large et de Sébastien Simon, le skipper Performance de la Filière a retenu six d’entre eux.

Les prochaines étapes de la sélection seront :
– Du 14 au 18 novembre 2016 une évaluation technique et sportive.
– Du 28 novembre au 2 décembre 2016, la finale en solitaire

Les 6 sélectionnés : Loïs Berrehar (23 ans, Carnac), Clément Commagnac (21 ans, Matignon), Erwan Le Draoulec (20 ans, Hennebont), Pierre Rhimbault (24 ans, La Rochelle), Pieter Tack (22 ans, Belgique) et Gautier Thomas (24 ans, Douarnenez).

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Challenge d’Automne: Trophée Den Ran

@ CNT

Les conditions ont été idéales pour le Trophée Den Ran, deuxième week-end du Challenge d’Automne de la Société Nautique de la Trinité-sur-Mer. Deux jours sous un soleil radieux, avec une mer belle et un vent de secteur ENE à 8/10 noeuds, tout était réuni pour que les 41 équipages au départ prennent un maximum de plaisir.

Samedi, le Comité de Course a lancé les IRC 1, 2, 3, 4, les Osiris Habitables et les Diam 24 OD sur deux parcours construits, tandis que les IRC Double naviguaient dans la baie de Quiberon sur un parcours côtier d’environ 18 milles qui a été très apprécié. Dimanche, les IRC 1, 2 et Double ont parcouru une vingtaine de milles dans la baie de Quiberon pendant que les autres catégories se confrontaient sur deux parcours techniques.

Trophée Den Ran
Pour sa première édition, le Trophée Den Ran a été remporté par François Moriceau sur MARY, qui a gagné toutes les manches du week-end dans la catégorie IRC 3.
Gwen Servettaz, gérante Den Ran, est ravie de remettre ce nouveau trophée à François: “François est un marin aguerri, tout à fait représentatif des coureurs en IRC. Il a un beau palmarès dont une victoire au Spi Ouest-France, deux podiums à l’Armen Race et une sixième place à la dernière édition de la Transquadra. Le Trophée Den Ran sera remis en jeu l’année prochaine mais nous sommes enchantés de pouvoir apposer le nom de François en premier sur cette liste qui va s’allonger au fil des années.”
Concernant le Challenge d’Automne, Gwen ajoute: “Nous sommes ravis et honorés de participer en tant que professionnels aux régates organisées par la SNT. Notre boutique de cordage, gréement, accastillage et conseil est installée au niveau de la darse Nord depuis bientôt un an, auparavant nous étions installés chez Charlie Capelle. Olivier [Servettaz, gérant de la boutique, ndlr] travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de la course au large, et aujourd’hui nous souhaitons aussi nous ouvrir vers le grand public et les bateaux de régate locaux. Olivier a travaillé sur les plus grands bateaux, tels que Sodebo, et nous tenions aujourd’hui à rendre hommage à notre ami Guo Chan, qui était un mec exceptionnel. Nous l’avons beaucoup côtoyé depuis deux ans puisque Olivier s’est occupé du refit d’IDEC quand Guo l’a racheté, c’était un grand marin.”

Résultats
Chez les IRC 1 et 2, JC Nicoleau sur CODIAM, un Grand Soleil 43, remporte les trois manches et se place donc sur la plus haute marche du podium devant Jacques Pelletier QUALICONSULT et Antoine Croyère sur son A35 HEY JOE. A noter la belle performance de Jean-Yves Le Goff (REALAX) dimanche sur le parcours côtier.

François Moriceau se classe donc premier chez les IRC 3 sur son JPK 10.10, devant B. Rousselin (DELNIC) et JY Catrou (BAROUF) qui ont pourtant tout donné pour le déloger de sa place de leader.
En IRC 4, les cartes ont été beaucoup plus distribuées et c’est finalement E. Lebeau (SOUEZHADENN) qui remporte le deuxième Challenge d’Automne dans sa catégorie, après deux victoires dimanche. Il devance G. Le Barazer sur un X 302 FRASQUITA, et G. Robert sur ARMORIQUE DIFFUSION, son quater toner.
La bataille a été rude entre les Sun Fast 3200 et les A 35 pendant les deux parcours côtiers des IRC Double. Les cinq premiers sont dans un mouchoir de poche, mais c’est Olivier Lunven (POUR FERDINAND – Sun Fast 3200) qui s’adjuge la victoire, suivi de M. Lucet (DIDGERI TWO – A 35) à égalité de points. D. Poiraud (FASTOCH – Sun Fast 3200) ferme la marche de justesse devant J. Cruse (CREW’S CONTROL – A 35) et P. Hamon (CHARLINE), premier JPK 10.10 de la catégorie.
Dans la catégorie Osiris Habitable, c’est la régularité qui a fait la différence. Mathieu Leys en OPEN 7.50 (QUALICONFORT ISOLATION) clôture ce week-end en beauté, devant le MACH 6.5 de Mathieu Jones (ALTERNATIVE SAILING) et le J 105 Miss J de F. Guillemot.
F. Huguier (NOTRE DIAM DES FLOTS) s’est senti un peu seul en Diam 24 OD, espérons que le long week-end du 11 novembre où de nombreuses festivités sont prévues, sera l’occasion pour que les frileux viennent participer à ces régates tant sportives que conviviales!

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Le Congrès annuel de l’IRC suscite l’Intérêt général

Flotte Commodores Cup Jour 2
Flotte Commodores Cup Jour 2

Quarante délégués de quinze pays se sont retrouvés sur l’Ile de Wight à Cowes, haut lieu du Yachting britannique, pour le Congrès annuel des associations de propriétaires de l’IRC (Spinlock International Rating Certificate). Le weekend était organisé par le RORC Rating Office au Clubhouse du RORC à Cowes et au Royal Yacht Squadron, avec des représentants venus du monde entier, Australie, États-Unis, Europe, Japon et Asie du Sud-Est. Les débats étaient orientés vers les aspects techniques de la Règle IRC, copropriété du RORC au Royaume-Uni et de l’UNCL en France, l’organisation des courses, les mesures et la gestion des certificats.

Évolutions techniques en 2017

Simplifier le rating du gréement arrière

Alors que la conception des bateaux de courses emprunte des voies plus complexes et variées, la philosophie de l’IRC est de préserver une Règle aussi simple que possible, de protéger les flottes existantes et d’essayer de maîtriser les coûts autant que faire se peut. Basé sur ces principes, l’une des modifications à noter pour 2017 sera l’évolution du traitement du gréement arrière. Ces dernières années, il est apparu que les définitions des pataras, bastaques hautes et basses ne convenaient plus à toutes les configurations de gréement moderne. En 2017, l’IRC ne distinguera plus entre ces différents types d’équipement mais comptera uniquement le nombre total d’étais du gréement arrière, ce qui simplifiera la demande de certificat pour les propriétaires.

Inverser une tendance indésirable

Une seconde modification pour 2017 concerne une tendance récente à déplacer le plomb du bulbe vers le voile de quille. Le Comité Technique IRC considère que cette tendance n’est pas saine pour notre sport ; aussi sera-t-il demandé, pour certains types de quille, de déclarer la masse de plomb présente dans le voile de quille. Les membres du Congrès ont validé ces deux modifications qui entreront en vigueur le 1er janvier 2017.

Plus de détails sur les évolutions techniques évoquées ci-dessus et le texte de la Règle IRC 2017 et ses définitions sur www.ircrating.org

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Le Sun Fast 3600 élu bateau IRC de l’année

Constitué de journalistes et de membres du Bureau de l’UNCL, le jury du bateau IRC de l’année devait cette année trouver un successeur au Sun Fast 3200 de 2014 et au JPK 10.80 de 2015.

Rude tâche car cette saison les podiums se sont partagés entre une dizaine de types de bateaux, aussi bien en Manche, Atlantique et Méditerranée que sur les côtes anglaises, italiennes ou plus lointaines. Après quelques échanges, une majorité s’est portée sur le Sun Fast 3600 qui n’est certes pas un « bateau de l’année » mais qui est maintenant largement distribué en Europe et dans l’Hémisphère Sud.

Pour rester sur les côtes de l’Hexagone, le Sun Fast 3600 s’est particulièrement distingué en Méditerranée où TIP a trusté les premières places, notamment à la SNIM, à la Semaine de Porquerolles, à la Giraglia et a remporté le Championnat Méditerranée Équipage IRC-UNCL 2016 en IRC3. Son confrère Euro-Voiles a lui sévi en équipage réduit, avec une seconde place au Championnat Méditerranée en Double et une entrée dans le Top 10 du Championnat Solo (Euro-Voiles est aussi sur le podium du Championnat Équipage). En Italie, Lunatika a collectionné, en duo, les premières places à la Roma per Due, à la Roma Giraglia et à la Lunga Bolina. Nous souhaitons beaucoup de nouveaux succès au Sun Fast 3600 pour 2017.

Le jury a aussi fait part de son coup de cœur pour Teasing Machine d’Éric de Turckheim , un bolide sur plan Nivelt qui a collectionné les premières places au Tour d’Irlande, à Sydney Hobart, à la Commodores’ Cup … et dont le palmarès vient de s’enrichir d’une première place en Classe IRC4 à la Rolex Middle Sea Race. Teasing Machine est le premier et le seul A 13 jamais construit par Archambault. L’outillage est désormais la propriété de BG Race à St-Malo. Eric et son équipage ont fait un gros travail d’optimisation sur le bateau et sur les voiles depuis son lancement en 2014. Bravo à eux.

Le jury de journalistes :

Patrice Carpentier (Seahorse Magazine)
François Xavier de Crécy (Voile Magazine)
Didier Ravon (Voiles et voiliers)
Ludovic Sorlot (Course au Large)

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Comment gagner le Vendée Globe Virtuel ?

On ne présente plus le jeu Virtual Regatta qui vous permet vous aussi de faire le Vendée Globe. 210 000 bateaux ont réussi à terminer la course lors de la dernière édition. De nombreuses améliorations ont été apportées au jeu. Explications avec son fondateur, Philippe Guigné.

L’évolution importante concerne l’immersion dans le jeu. « On s’est rendu compte que les joueurs se projetaient dans le Vendée Globe et certains vivaient intensément les choses. Cela se matérialise par tous ces joueurs qui ne franchissent pas la ligne volontairement pour aller ramener leur bateau chez eux. La 3D va leur permettre d’aller plus loin. On est capable de récupérer toutes les infos de l’environnement dans lequel est le bateau – nébulosité, hauteur des vagues… –, donc on va pouvoir mettre le bateau dans sa configuration de navigation théorique. Les images 3D seront assez réalistes. » Pour autant, on ne pourra pas piloter son bateau en temps réel, Virtuel Regatta étant un jeu de management et non de simulation comme Virtual Skipper.

ordi-3dIl y a tout un tas de fonctionnalités qui vont également sortir. Notamment des Achievments, sorte de récompenses qui sont données quand on franchit des étapes. « On va loguer tout un tas d’expériences sur le joueur, et notamment ses milles nautiques parcourus. Les milles seront logués sur le compte. Cela permettra de gagner des récompenses. »

L’évolution majeure porte sur le moteur jeu. Depuis toujours, le jeu prend en compte un vent qui est fixé sur des périodes de 12 heures. Il y a un côté facilitateur pour la navigation, mais en même temps, on sait que cela n’existe pas dans la réalité. « C’est le point le plus grave de la simulation sur lequel on avait arbitré il y a quelques années, mais aujourd’hui, on se dit que ce n’est pas bien de faire ça. On a donc décidé d’interpoler totalement le vent dans le temps. À partir de ce Vendée Globe, le vent va évoluer en permanence. On va récupérer les fichiers de la NOA en les retravaillant et en les lissant, de manière à faire une interpolation totale dans le temps. Le vent va donc désormais évoluer en permanence, comme dans le monde réel. Du coup, on va donner aux joueurs le régulateur d’allure, qui avant était payant. »

ordi-2dCe régulateur d’allure, c’est un cap fixé par rapport à l’angle du vent. Par exemple, on veut naviguer à 45° du vent : si le vent change, le bateau changera de cap en maintenant l’angle avec le vent. Avec la mise à jour permanente du vent, le risque devient important de voir son bateau partir dans une direction opposée en cas de changement brutal de système météo. « On pense que les joueurs vont jouer de manière plus naturelle, comme on navigue dans le monde réel. »

Faudra-t-il être au taquet en permanence sur le jeu ? « Non, je pense que cela va être une manière nouvelle de faire. On va naviguer au régulateur d’allure, on aura moins de précision et les performances seront moins bonnes. Ce qu’on veut, c’est lutter contre les robots, les joueurs qui veulent trop utiliser de technologies. On veut rendre le jeu au grand public. Je veux qu’un mec normal puisse gagner Virtual Regatta. Je ne veux pas que ce soit un informaticien ou un type qui va développer des routeurs, des algorithmes. Je veux mettre en échec les robots. »

Est-ce ce qu’il s’est passé sur la dernière édition ? « Non, Lilian n’utilisait pas de routeur. Après, il y a des routeurs qui sont développés pour Virtual Regatta. Il y a plein de personnes qui, autour de Virtual Regatta, développent des services. Certains sont supers pour la communauté, d’autres tuent un peu le jeu avec une approche pas très saine. Nos données seront maintenant cryptées. Avec ces programmes, il y avait beaucoup de joueurs qui arrivaient à gagner il y a cinq ans. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. S’il n’y a pas d’aléas dans la météo, ils vont gagner. Si le routage s’avère parfaitement juste, les mathématiques vont l’emporter sur l’intuition humaine. C’est cela que l’on veut empêcher. »

Mais en étant plus proche de la réalité, les routeurs comme Adrena vont-ils pouvoir être plus efficaces en fonctionnant normalement ? « On va recompiler les fichiers météo de la NOA pour qu’ils soient lissés sur toute la longueur, en rajoutant quelques variables. À chaque fois que l’on va se connecter, on aura un vent rafraîchi toutes les 10 min. Comme dans le monde réel. » Cela va multiplier le nombre de connexions ? « Je pense que cela va changer la manière de jouer. Celui qui a gagné le dernier Vendée, il se mettait à la table à la carte 2 heures le matin et il faisait sa stratégie sur les 24 heures qui venaient ; il faisait sa programmation et il y revenait 12 heures après. Dans la journée, il ne se reconnectait pas. »

Vous êtes prêt pour la surchauffe du départ ? « En termes de performance et de fiabilité, on est passé sur Amazon, avec des serveurs “scalables” si l’audience monte, pour faire face. On pourra répliquer les machines en temps réel à la volée. C’est un chantier complexe qu’on a terminé il y a six mois pour le tester dans tous les sens. On est prêt ! »

La rédaction de Course Au Large fera la course sous le bateau Magcourseaularge. Suivez-nous ! Il y a 4 ans notre bateau avait terminé 463è. Nous essaierons de faire mieux cette année.

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