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Vendée Globe. Les 24 heures de Miranda sans électronique

Photo envoyée depuis le bateau Campagne de France pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 14 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Miranda Merron)

Miranda Meron peut enfin souffler après 24 heures difficiles à vivre. 24 heures sans dormir. 24 heures de labeur. 24 heures au fond du bateau. 24 heures à ne se nourrir que de miettes. Mais 24 heures couronnées de succès pour Miranda, confrontée hier à l’un de ses pires cauchemars, une panne électronique en pleine mer.

L’un de ses pilotes automatiques, outil absolument indispensable pour barrer dans la durée un voilier de course moderne, est tombé en rideau dès le deuxième jour de course. Mettant un moment la course entre parenthèse, Miranda s’est attelée à chercher la panne, puis à réparer. Cri de victoire hier soir à la nuit tombée, quand le pilote récalcitrant s’est finalement remis au travail. Miranda venait de surmonter l’un des écueil les plus redoutée de son tour du monde. La course a depuis repris ses droits, avec cependant un péage conséquent à débourser. Toute à ses réparations névralgiques et vitales, Miranda s’est fait littéralement happée par une vaste zone totalement déventée. Sa compatriote PIP Hare, longtemps derrière elle, l’a débordée et s est envolée avec les derniers miasmes de la dépression secondaire. Bilan ; plus de 130 milles de retard sur Medallia. Miranda ne devrait pas être concernée par la tempête tropicale Theta qui a secoué la tête de la flotte. Elle se relance ce matin dans un vent d’Ouest Nord Ouest intéressant pour faire route directe sous l’archipel des Açores qui sera débordé ce matin. Son nouveau compagnon de route est le Finlandais Ari Huusela lui aussi et comme Miranda à bord d’un plan Owen Clarke lancé un an après Campagne de France en 2007.

“C’est une magnifique nuit étoilée. J’ai 3 à 4 neuds de vent, rafales à…5!  (Mesure faite en tête de mât à 30 mètres au dessus du niveau de l’eau, donc moins venté sur le pont!) Il y a pourtant une amélioration. Etre empétolée sur l’océan ne signifie pas mer plate. Le bateau roule sur la houle, faisant claquer les voiles d’un bord sur l’autre, ce qui n’est bon ni pour elles ni pour le gréement. Ma plus grande peur sur un bateau, à part le feu et les éclairs, est de devoir être confrontée à la magie noire de l’életricité ou des problèmes électroniques. Sur Campagne de France, j’ai le luxe de pouvoir basculer du pilote automatique B&G aux pilotes NKE en fonction des conditions. Vue la distance à parcourir, c’est une bonne chose d’avoir deux pilotes automatiques performants. J’ai ainsi été très perturbée quand le pilote NKE a arrêté de fonctionner dès le deuxième jour de course. 

Cependant, d’une mauvaise chose vient une bonne, et les petits airs m’ont apporté le temps idéal pour résoudre un certain nombre de problèmes, et particulièrement,  de réparer ce pilote NKE. Les aides techniques extérieures étant autorisées, David de Chez NKE a fait un super boulot en m’aidant à établir un diagnostique, qui s’est avéré être un interrupteur défaillant, et m’a aidé à le résoudre en procédant par élimination. J’ai dû utiliser un voltamètre, et rétablir quelques circuits, chose que je ne dois faire qu’une fois tous les dix ans. Whattsapp via satellite est extraordinairement utile. Résoudre ce problème a été pour moi une victoire. J’e ai terminé juste avant le coucher du soleil. »

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Vendée Globe. Pip Hare dans sa course

Photo envoyée depuis le bateau Medallia pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 13 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Pip Hare)

La britannique a été très inspirée par les livres d’Isabelle Autissier dont elle rêve de suivre les traces. Elle vit aujourd’hui son rêve.

” J’ai appréhendé la journée d’hier, vendredi 13 et même si je suis une personne complètement non superstitieuse, il y a juste quelque chose à propos de ce jour et de cette date ensemble (peut-être la mention répétée que quelque chose de mauvais va se passer du vendredi 13 de toute ma vie) qui me fait souhaiter que la journée se termine plus vite que les autres. Il y avait une bonne brise et Medallia filait.

Au moment où le soleil s’est levé, la brise est tombée. J’ai décidé d’utiliser ce temps pour faire de la maintenance sur le bateau, enlever mes polaires, prendre enfin une douche.

J’ai sorti mon kit de gréement pour faire quelques travaux sur le pont. Notamment pour mettre une nouvelle gaine de protection sur la drisse du J3 qui s’est abîmée en seulement cinq jours de navigation. J’ai également remarqué que des élastiques d’attache de la GV se sont cassés.

Je déteste grimper sur le gréement en mer, c’est absolument terrifiant et j’espérais secrètement que je n’aurais pas à le faire pendant la Vendée, certainement pas la première semaine. Mais je me suis concentré, j’ai conclu un accord interne pour que si j’avais vraiment peur à mi-chemin, je pourrais descendre et ne pas m’en soucier. J’ai envoyé un message à Joff pour lui faire savoir que j’étais en train de monter puis je suis monté. Rapidement.

Au moment où j’étais à la deuxième série d’épandeurs, mes mains tremblaient, ma respiration était rapide, ma bouche était sèche mais putain de merde je l’ai fait. Pendant tout le temps où Medallia naviguait doucement, je lui parlais, je le pressais de rester stable, de ne pas trop bouger, juste de continuer à naviguer. Le décent était meilleur que ce à quoi je m’attendais, j’ai fait un peu de pratique avec mon appareil d’escalade, donc le choc de la première fois que vous relâchez le frein et commencez à tomber n’était pas si grave, mais j’étais heureux d’arriver sur le pont.

J’ai tremblé pendant environ une demi-heure après.

Pendant ce soir, la brise est lentement montée et j’essaie de rester dedans et de sauter sur le dos de la dépression tropicale thêta pour utiliser les vents plus forts pour me conduire au sud. Quand je vois la place de M. Le Cam – chapeau bas!

Demain, je vais devoir m’efforcer de prendre quelques kilomètres sous le vent pour m’assurer que mon positionnement est correct.

Il y a beaucoup de choses à retenir pour le moment, des listes de tâches, des engagements médiatiques, alors j’ai pris des notes pour moi-même sur la cloison devant le poste informatique. Ici, je peux clairement voir les dernières fois où je vérifie la quille et les gouvernails (doit être fait tous les deux jours) et ma liste de tâches est griffonnée en bas à côté de l’endroit où j’ai mis mon pouf pour dormir.

Je ne peux pas croire qu’aujourd’hui soit le dernier jour d’une semaine complète. Hou la la! Et tout cela est arrivé. Que diable va-t-il se passer ensuite?

Pip sur Medallia

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Vendée Globe. Images du bord – Jour 6

Les images de la nuit qui en disent long sur le passage non loin de la tempête Theta.

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Vendée Globe. Sébastien Destremau ou le silence de la mer

Photo envoyée depuis le bateau Merci pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 13 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Sebastien Destremau)

Sébastien Destremau ne fait jamais rien comme les autres. L’auteur de Seul au monde nous envoie cette vidéo où il ne dit mot. Cela nous rappelle l’interview que nous avions fait avec lui après son Vendée Globe et publié dans Skippers au large.

Il ne faut pas se tromper sur ce que c’est le Vendée Globe. Les gens font une erreur de jugement. Quand je vois la communication qui a été faite par l’organisation, la ligne éditoriale avant, pendant et après le Vendée Globe, c’était la course à tous les niveaux, entre les 1e et 2d et les suivants. Mais c’est loin de n’être que cela et c’est dommage de ne montrer que ça….J’ai compris après pourquoi. Le Vendée Globe est tellement plus qu’une course, tellement plus une aventure. Si ce n’était qu’une course cela n’intéresserait que 20% du public. Mais le côté course est attaqué par le public qui ne s’intéresse au Vendée Globe que par son coté aventure. Or c’est le côté course qui va permettre de claquer des millions d’euros dans des projets. Le VG, la direction de course et les coureurs ont intérêt à protéger le côté course. On le voit sur le classement des vidéos les plus vus. Certes, il y a eu des images spectaculaires de Thomson et Armel aux Kerguelen, mais les 10 meilleures vidéos ne sont pas des vidéos qui concernent que la course….” extrait de Skippers au large.

Est-ce que cette vidéo arrivera au top du classement du Vendée Globe, l’avenir le dira.


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Vendée Globe. Vers les alizés

Photo envoyée depuis le bateau Hugo Boss pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 13 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Alex Thomson)

Alex Thomson mène la flotte qui se dirige vers l’ouest pour éviter une dorsale qui leur barre la route. Hugo Boss tient ce matin les meilleurs vitesses avec un Jean Le Cam incroyable qui tient le rythme. La flotte s’étale sur plus de 800 milles alors que Jérémie Beyou devrait arriver ce matin aux Sables.

Alex Thomson a décrit sa nuit agitée après avoir fleurté non loin du centre de la dépression où des rafales à 60 nœuds on fait lever des creux de plus de 6 mètres. « Ce n’est pas un endroit où il faut être et même si on essaye toujours d’être performant, c’est surtout de la survie dans ces conditions » confie t-il entre deux sonneries d’alarme. Avant de s’inquiéter : « Est-ce que Jean est en train de me rattraper ? Mon Dieu, Jean est incroyable, incroyable ! Etre là où il est, à 61 ans et avec ce bateau, c’est remarquable, tout simplement brillant ! »

Une bonne partie de la flotte peut aujourd’hui renvoyer de la toile pour accélérer avant d’empanner et toucher les alizés mais DMG Mori et MACSF sont au coeur de la dépression et doivent faire le dos rond.

A l’arrière, en revanche, c’est un tout autre scénario. A 500 milles des leaders, dans le Nord-Est des Açores, Miranda Merron, Ari Huusela, Armel Tripon, Alexia Barrier et Clément Giraud ne naviguent plus dans le même système météo. Ils n’ont pas pris le train de Thêta et se retrouvent coincés dans une zone de calmes. Campagne de France n’avait parcouru que 70 milles ces dernières 24 heures, soit moins de 3 nœuds de moyenne !

Armel Tripon qui avait fait demi-tour le 11 novembre avant de se raviser, est dans cette situation. Pourtant, le skipper de l’Occitane en Provence relativise : il a réussi à grimper au mât hier pour résoudre une partie de ses problèmes de drisse et puis cette nuit sans lune lui offre le spectacle magnifique d’un ciel piqué de milliers d’étoiles. « C’est splendide ! On a de la chance d’être là, il faut savoir profiter de ces moments »

Jérémie Beyou est quant à lui en approche des Sables d’Olonne. Il est attendu au ponton de Port Olonna vers 12h40.

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Vendée Globe. Une nouveau départ avec Alex comme boss ?

Flottille 35F de la @MarineNationale il y a quelques jours dans le Golfe de Gascogne. Visage souriant avec des yeux en forme de cœur © Marine nationale / Défense

Dernier épreuve de la semaine, la tempête Thêta a joué a chamboule tout avec la flotte des IMOCA qui s’étale sur plus de 620 milles entre Alex Thomson et Sébastien Destremau (31e).

Premier hors-d’œuvre de ce Vendée, comme l’a décrit Kito de Pavant, cette tempête a dévoilé un peu de l’humain de chaque skipper engagé sur ce Vendée Globe qui reste avant tout une aventure forte, unique. On est dans le bain avec eux. Une fois passée la course reprend ses droits. La dépasser au plus vite, c’est l’assurance de filer vers le Sud et de creuser l’écart, comme « une espèce de catapulte », dixit Burton. Et dans la flotte, tout le monde l’a compris. Alex Thomson le premier qui devait être le boss ce soir, tout sourire, lui qui a à peine dormi depuis le départ.

La fameuse dépression tropicale commençait à se combler, progressivement, en se déplaçant lentement vers l’Est. Les premiers à l’aborder en début de journée ont donc eu les conditions les plus rudes. C’est Alex Thomson qui s’est rapproché le plus de son centre à bord de HUGO BOSS. « Il s’agit de la route la plus engagée, la plus proche de la trajectoire optimum avec un vent de travers de 20 à 25 nœuds », soulignait dans la matinée Christian Dumard, le météorologue du Vendée Globe.
À 35 milles du Britannique, Jean Le Cam et son IMOCA à dérives droites étaient toujours là. Le « Roi Jean » qui dispute son 5e Vendée Globe, savourait lors des vacations : « On est quand même à 4 jours de course, et je suis dans les temps des ‘foilers’. Papi fait de la résistance ! » Le marin de Yes We Cam! prévoyait de sortir de la dépression vers 21h. Le duo Thomson-Le Cam s’est fait rejoindre par un troisième homme : Nicolas Troussel. À bord de CORUM L’Épargne, lui aussi a pris une trajectoire plus proche du centre de la dépression.

Un trio en embuscade
Derrière, Thomas Ruyant (LinkedOut), Charlie Dalin (Apivia) et Kevin Escoffier (PRB) ont fait preuve de prudence. En début de journée, ils ont décidé de se décaler à l’Ouest pour s’éloigner de la route optimale et éviter des conditions trop éprouvantes. « Je veux rester maître de mon destin », confiait d’ailleurs Kevin Escoffier alors qu’il naviguait par 30 à 35 nœuds. En milieu d’après-midi, le vent était moins fort (20 nœuds de moyenne) la mer légèrement moins formée que pour Alex Thomson et Jean Le Cam.

Derrière les leaders, l’écart se creuse
« Thêta aspire bien le premier tiers de la flotte, mais le fait qu’elle ne s’active plus au Nord va bloquer le reste des concurrents », souligne Jacques Caraës, le directeur de course. Ainsi, pour les skippers suivant Alan Roura (La Fabrique, 18e à 15h), il va falloir s’armer de patience avec des vents moins forts, ne facilitant pas la transition vers l’alizé. « Le jeu va se refermer, on va voir accélérer les bateaux à foils », confirme Benjamin Dutreux (OMIA – Water Family)
Les écarts commencent déjà à être conséquents : à 15h, on comptait déjà plus de 620 milles de retard pour Sébastien Destremau (31e) par rapport à Alex Thomson.

Les « messieurs bricolage »
« Le Vendée Globe, c’est une emmerde par jour », disait Michel Desjoyeaux. Et les skippers l’expérimentent au quotidien. Nicolas Troussel (CORUM L’Épargne) assure « passer plus de temps à réparer qu’à naviguer ». Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) a profité de la proximité avec les Açores pour monter en haut du mât sans parvenir à résoudre complétement le problème (girouettes endommagées). Maxime Sorel a constaté des problèmes de pilotes automatiques. Enfin, Louis Burton a transformé le pont de Bureau Vallée 2 en « atelier de composite » pour réparer une fissure sur une cloison. « J’appréhende la prochaine fois qu’on va refaire du près dans une mer formée », explique-t-il à l’unisson des autres skippers.

Armel Tripon, le retour

Pour le moment les favoris sont là. Charlie Dalin sur Apivia, Thomas Ruyant sur LinkedOut et Alex Thomson confirment leur statut. La bonne surprise vient de Nicolas Troussel sur Corum L’Epargne dont le bateau semble aller vite et il navigue intelligemment. Le skipper reste prudent pour ménager sa monture. Sébastien Simon sur Arkea Paprec a mis du temps pour être dans la course. Il semble avoir retrouver la niak. S’il a un souci d’aérien, il va pouvoir réparer. Il peut revenir. Derrière, Armel Tripon sur l’Occitane ne s’avoue pas vaincue. Il peut très bien revenir d’ici le Cap.

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Vendée Globe. Vidéo Armel Tripon répare , L’Occitane à nouveau dans la course

Armel Tripon a réglé son problème de hook après s’est hissé en pleine mer dans le mât de L’Occitane en Provence. Il peut repartir à l’attaque même s’il a concédé 500 mn par rapport aux leaders. Il reste dans la course qui ne fait que commencer.

Armel Tripon a du monter à 15 mètres d’altitude jusqu’à l’ancrage de son J3 pour réparer. Une opération jamais facile. Il a ainsi pu remettre en place une voile qui sécurise son gréement et éviter à son mât de se tordre vers l’arrière. Opération périlleuse réussie : maintenant il peut de nouveau utiliser toute sa grand-voile et établir des voiles d’avant qui vont en tête de mât, autrement dit naviguer normalement. Il a envoyé le spi.

« Je viens d’aller faire un tour en altitude et je confirme que l’homme descend du singe ! La mer bougeait beaucoup, je me suis fait brinquebaler dans tous les sens pendant une heure : à 15 mètres de haut je m’accrochais comme un chimpanzé autour d’un arbre. Au point que je viens d’en redescendre complètement tétanisé, tous les muscles en vrac. Je n’ai pas trop de bobos j’avais mis des genouillères, des protections… Mais j’ai réussi, je viens de renvoyer toute ma grand-voile et le grand spi. Même si la réparation n’est pas tout à fait finie, je peux de nouveau naviguer normalement et ça, c’est une victoire. Je suis content !»

« La course continue ! »

Armel Tripon n’a jamais perdu le moral malgré l’avarie qui le prive de la bataille en tête de course, mais on le sent regonflé à bloc avec cette réparation réussie. Et tant pis s’il ne va pas recoller tout de suite à la tête de course, puisqu’ils ont maintenant un système météo d’écart. « Je m’attends à avoir peut-être 1000 milles de retard au Pot au Noir, car les bateaux de devant vont partir avec la fameuse dépression Theta, pendant que moi je vais peut-être mettre 24 heures à me sortir de la zone de vents faibles. Mais je le savais, c’est la dure loi du sport et quand je pense à Jérémie (Beyou, qui a fait demi-tour vers Les Sables-d’Olonne) je n’ai pas le droit de me plaindre. La route est très longue,  il y aura des opportunités… et la course continue, c’est l’essentiel ! »

Pour bien comprendre l’opération, ce qui a été fait et pourquoi – ainsi que ce qu’il reste à faire dans l’idéal – voici le résumé des étapes successives de ce fait de course.

  1. L’avarie : le Hook (crochet) de J3 a cédé alors que les bateaux filaient vers un front, au large du Portugal. Cette voile dont l’étai joue un rôle structurel dans le gréement est tombée sur le pont. L’Occitane en Provence ne pouvait donc plus naviguer avec des voiles en tête de mât sans risquer de démâter !  Armel a fait demi-tour pour préserver le bateau puis il a envisagé de trouver un mouillage en Espagne pour y tenter une réparation.
  2. Le même jour, et après réflexion, une solution de réparation en mer a été choisie ! Armel a alors repris son cap sur la route du Vendée Globe, par prudence, sous voilure réduite et donc à vitesse relativement faible pour ne pas risquer de démâter dans une rafale, ou un départ en survitesse. Privé de ce « J3 », le mât peut partir en arrière à tout moment… Stressant !
  3. Première ascension au mât réussie ! C’est l’étape très importante d’aujourd’hui, vendredi 13 novembre. Armel Tripon est parvenu à établir de nouveau une voile qui retient à présent le mât du bateau en l’empêchant de partir vers l’arrière (ce qui était la fonction du J3 cassé). Armel peut de nouveau naviguer normalement et renvoyer de la voile jusqu’en tête de mât. Et c’est ce qu’il fait immédiatement : grand-voile haute et grand spi pour s’extraire d’une zone de vents faibles (8 nœuds de vent sur zone au moment de la réparation aujourd’hui).
Hook de J3 cassé
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Vendée Globe. Lettre de Clarisse : J’ai peur !

Clarisse Cremer s'entrainant à bord de Banque Populaire X, pour le Vendee Globe. (Photo Yvan ZEDA).

Hello, Vous me conjuguerez « Faire le dos rond » à toutes les personnes :
Je fais le dos rond
Tu fais le dos rond
Il/elle fait le dos rond…
Bref vous aurez compris, j’ai peur, que dis-je, je flippe grave, à l’approche de la dépression qui approche et je réfléchis donc depuis quelque temps à la stratégie à adopter. Je n’ai pas encore connu d’avarie sévère mais j’ai eu mon lot de petites merdouilles bien agaçantes et parfois énergivores (tout du moins en stress provoqué pour la bizuth que je suis) et je sens bien que chaque gros coup de vent hypothèque un peu la santé du bateau.

À l’heure où j’écris c’est mon hydrogénérateur bâbord qui s’est fait arracher de son support il y a 2h, rien de très grave puisque j’en ai un deuxième et que j’ai une belle réserve de gasoil, mais une fois de plus, c’était un petit coup de stress et surtout cette fois-ci la, fin d’une jolie lignée de siestes bienfaisantes qui ne faisait que commencer. Je souhaiterais ménager ma monture (et mes nerfs) et je cherche tout à la fois à ralentir un peu et à faire de l’ouest (souvent on fait l’un ou l’autre, je me lance dans les deux ambitions). Je suis prête à aller visiter l’Atlantique un peu plus longtemps pourvu que Théta me laisse tranquille…Ça fait tout drôle quand on a l’esprit de compétition de faire un bord un peu à l’envers de la piste comme je suis en train de le faire, de mettre la course de côté, je n’arrête pas d’être tentée d’empanner depuis un bout de temps maintenant, écrire me fait donc gagner quelques minutes vers l’ouest ! De toute façon je n’arrive plus à dormir, mon hydrogénérateur m’a fait monter le palpitant.

Amis routeurs et météorologues chevronnés, vous pourrez lire entre les lignes de ce message qu’il faut être indulgent sur l’analyse de ma trajectoire, j’ai mis sur le haut du panier une carte mystère : « ne pas se faire défoncer »

La bise et bonne nuit ! Clarisse »

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Vendée Globe. Alex Thomson fonce dans le dur

Hugo Boss is taking the start of the Vendee Globe sailing race in les Sables d’Olonne, France, on November 8, 2020. (Photo by Jean-Marie Liot / Alea)

La trajectoire d’Alex Thomson n’étonne personne. Il fonce dans le dur de la dépression sans chercher à la contourner comme les autres. Trop heureux d’être en tête du Vendée Globe dont il se félicitait hier, son Hugo Boss lui donne des ailes.

S’il passe sans encombre, il pourrait prendre un bel avantage sur LinkedOut, Apivia, PRB et CORUM, les seuls bateaux à même de pouvoir rivaliser en vitesse avec lui. C’est peut-être l’expérience qui parle après cinq Vendée Globe, il faut savoir y aller comme a l’air également de le dire Michel Desjoyeaux. Il y a une question de motivation, d’envie. En face il y aussi l’approche prudente comme Kevin Escoffier, pour qui le proverbe “qui veut aller loin ménage sa monture” prend tout son sens.

Victime d’une sérieuse avarie lors la Transat Jacques Vabre l’année dernière, Alex Thomson a considérablement renforcé son bateau, partageant même avec la classe IMOCA dont il est vice-président, les enseignements structurels. Son IMOCA Hugo Boss construit au chantier Carrington sur PLAN VPLP résistera t-il aux efforts que lui fait subir Alex. On le saura dès ce soir après le passage du front. Alex lui ne se pose pas de questions avec 40-45 nds et un empannage à faire à 16h à l’ouest de la dépression.

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Vendée Globe. Images du bord – Jour 5

Les skippers en approche de la tempête ont réduit progressivement la voilure à l’image de Yannick Bestaven sur Maitre CoQ ou Kevin Escoffier sur PRB.
Mise à jour au fur à mesure de la journée

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