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Damien Séguin rachète l’IMOCA Maître CoQ

Photo JL Carli

Damien Seguin et Groupe APICIL repartent pour nouveau Vendée Globe avec l’envie de positionner encore davantage le curseur sur la performance. Ils ont racheté Maître Coq, le monocoque 60’ de Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe.

Pour porter cette ambition, ils recherchent un co-partenaire. Si sportivement, le premier Vendée Globe de Damien a été une véritable réussite, le message porté autour du monde pour l’inclusion a aussi résonné très fort. Ce Vendée Globe 2024 agira encore comme porte-voix pour cet engagement mutuel de Damien et du Groupe APICIL qui mèneront donc aussi une course pour l’inclusion autour du monde.

Pour répondre aux nouvelles ambitions sportives, le marin a choisi d’acquérir un bateau doté de foils, capable de jouer aux avant-postes. Après une étude approfondie du marché des IMOCA ces derniers mois, Damien et son Team ont finalement opté pour un bateau qui a largement fait ses preuves sur le dernier Vendée Globe en montrant toute sa quintessence : Maître Coq, le monocoque 60’ de Yannick Bestaven, vainqueur du dernier Vendée Globe. Convaincu du potentiel de ce bateau, le triple médaillé paralympique ne tarit pas d’éloges à son sujet et nous explique les raisons de ce choix : « Si je retourne sur le Vendée Globe, c’est aussi et surtout parce que je veux faire encore mieux. Avec cette deuxième campagne Vendée Globe, avec le Groupe APICIL, nous misons sur des ambitions sportives à la hausse et pour cela il est nécessaire de naviguer rapidement sur un foiler afin d’appréhender au mieux ces nouveaux bateaux. Le Vendée Globe 2024 se joue dès maintenant car il est important d’arriver sur la ligne de départ en étant bien préparé. Nous avons donc choisi de faire l’acquisition d’un foiler pour respecter un budget maitrisé. Il n’était pas question de se lancer dans une construction car c’était trop onéreux. Notre choix s’est porté vers Maître Coq pour plusieurs raisons. D’abord il correspondait à notre capacité à investir sur un nouveau bateau sur le plan budgétaire. D’autre part, il a gagné le Vendée Globe et ça n’est pas rien. Sur le plan technique, il fait partie de la première génération de bateaux à foils qui ont vécu deux Vendée Globe et qui sont déjà fiabilisés. Sur cette deuxième campagne, je veux maximiser le temps de navigation car j’ai vu que c’était une des clés de la réussite. Sa coque est une bonne plateforme, on va pouvoir faire évoluer ce bateau pour gagner en performance sans que cela génère de gros temps d’immobilisation » explique Damien Seguin.

De son côté, le Groupe APICIL se dit pleinement enthousiaste de cet acquisition et impatient d’écrire cette nouvelle histoire, comme l’explique Philippe Barret, Directeur général du Groupe APICIL : « La question de l’objectif sportif est nouvelle pour le Groupe APICIL. Nous nous sommes engagés avec Damien avant tout pour nous faire connaître, raconter une histoire et porter notre message sur l’inclusion. Finalement, nous avons été très agréablement surpris de nous prendre au jeu de la compétition et de voir Damien s’épanouir dans ce contexte. Damien est un compétiteur et nous comprenons qu’il a besoin d’objectifs sportifs pour avancer. Nous avons convenu avec Damien de viser un Top 5 pour le prochain Vendée Globe, nous savons qu’il en est pleinement capable. Nous sommes heureux de l’accompagner pour cela car notre message sera encore plus partagé s’il est associé à une performance. Pour cela, il faut que Damien puisse bénéficier d’un bateau plus récent. C’est lui qui était à la manœuvre sur ce point car nous ne sommes pas des techniciens de la course au large. Le projet grandit, nous continuons de soutenir Damien mais nous souhaitons maitriser nos investissements et pour cela, nous cherchons actuellement le co-partenaire qui pourra nous accompagner dans cette course pour l’inclusion. Nous avons une belle histoire à poursuivre et une nouvelle page à écrire à travers un projet collectif et porteur de sens ».

En attendant c’est bel et bien sur son actuel IMOCA que Damien naviguera cette saison. Le skipper et son co-skipper – dont le nom sera dévoilé prochainement – participeront à plusieurs courses (Rolex Fastnet, Défi Azimut) avant de prendre le 7 novembre prochain le départ de la Transat Jacques Vabre. Ce sera la dernière course de Damien Seguin à bord de son monocoque 60’ désormais basé à Lorient La Base.

Team Germany remporte The Race Europe en IMOCA

Le classement général de la classe IMOCA s’est jouée sur une photo-finish pour la deuxième place de la course côtière entre Team Germany de Robert Stanjek et LinkedOut de Thomas Ruyant.

Offshore Team Germany a mené sur les deux premières bouées du parcours en forme de triangle, mais est tombé en deuxième position avant le bord de vent arrière derrière l’équipe américaine 11th Hour Racing Team après un virement de bord mal exécuté autour de la deuxième marque du parcours.

À l’approche de l’arrivée, le bateau allemand était menacé par l’avancée rapide de LinkedOut – une équipe qu’il devait battre pour éviter d’être relégué à la troisième place du classement général mais l’équipe Offshore Team Germany s’est accrochée pour remporter la course et le général.

« Je suis super heureux. J’ai préparé cette équipe pendant quatre ou cinq ans et je suis tellement heureux que nous ayons réussi à faire si bien », a déclaré Stanjek à quai après la course. « Mon idée de constituer une équipe performante pour The Ocean Race était de combiner des marins olympiques avec des marins expérimentés au large et c’est ce que nous avons exécuté et cela s’est avéré être un succès. On se renforce chaque jour, il n’y a pas d’ego à bord, tout le monde est à l’écoute et c’est une bonne ambiance d’apprentissage. Je suis très fier de l’équipe.« Nous avons appris des tas de choses sur le bateau, sur le profil de la course, comment gérer le système de veille à bord, les communications ; c’est bien plus qu’une simple victoire, nous ramenons beaucoup de leçons à la maison avec nous.

Benjamin Dutreux : « Je suis dans un premier temps très heureux d’avoir vécu cette aventure humaine avec cet équipage. C’était incroyable. J’ai aussi découvert The Ocean Race et maintenant j’en suis accroc. La victoire c’était la cerise sur le gâteau. La fin était incroyable. Il y a toujours un gagnant et des perdants mais je pense qu’avec 11TH Hour et LinkedOut,  on a tous apprécié le match sur cette dernière course, ça nous a tenu tous à notre meilleur niveau.
Notre objectif c’était de préparer l’équipe pour The Ocean Race et au final ça a était que du plus. Ils m’ont appelé pour mon expérience en IMOCA et on a appris tellement au fur et à mesure. A bord il y a un gros mixte des cultures. On a chacun apporté notre pierre à l’édifice. Ce que j’espère maintenant c’est qu’on arrivera aussi à être au départ de The Ocean Race Europe en espérant amener un nouveau bateau l’année prochaine. En tout cas on est très motivé. »

La victoire du 11th Hour Racing Team aujourd’hui lui a permis de se hisser à la deuxième place du général de la classe IMOCA, un point devant l’équipage français sur LinkedOut qui a chuté à la troisième place du général.

“Nous avons montré beaucoup de combat aujourd’hui et cela montre beaucoup de choses sur ce groupe”, a déclaré le skipper Charlie Enright. « Je suis fier de ce que nous avons fait.

IMOCA
1. Offshore Team Germany — 16 points
2. 11th Hour Racing Team — 15 points
3. LinkedOut — 14 points
4. CORUM L’ Epargne — 7 points
5. Bureau Vallée — 5 points

La Mirpuri Foundation Racing Team gagne The Ocean Race Europe en VO65

Genova Coastal Race. The Ocean Race Europe, June 2021

Menée par le skipper français Yoann Richomme, l’équipe portugaise en VO65 partait naviguer aujourd’hui avec un point d’avance au classement sur son premier dauphin AkzoNobel, et trois sur Sailing Poland. Poursuivant la bataille serrée ayant commencé il y a trois semaines, il aura fallu attendre la toute fin de The Ocean Race Europe pour connaître le vainqueur ce samedi.

Avec des vents légers prévus aujourd’hui, la tenue de la course restait incertaine… ce qui aurait officialisé la victoire de la Mirpuri Foundation Racing Team par défaut. Mais malgré un départ reporté, la course a bien eu lieu, et s’est conclue par une victoire pour l’équipe.

Après un départ frénétique lors duquel le bateau Racing For The Planet fut le seul à couper la ligne sans être rappelé, l’équipage a vite bénéficié d’une avance qui les a maintenus hors de pression jusqu’au passage de la ligne d’arrivée.

Tout se déroulait parfaitement bien à bord, jusqu’au passage de la marque au vent, où l’équipage a hissé le spinnaker (A4) avant que l’amure ne se détache, ralentissant fortement le bateau tandis que Sailing Poland revenait rapidement par-derrière. Cela nous aura offert une arrivée aussi tactique à gérer que serrée sur la ligne. La Mirpuri Foundation Racing Team a fini par l’emporter, inscrivant trois points au classement pour figer sa victoire au général sur The Ocean Race Europe.

Désignée dès le départ comme l’équipe à battre, la Mirpuri Foundation Racing Team a réalisé une performance impressionnante. Elle a mené très tôt lors de la première étape au départ de Lorient, avant de se faire dépasser à quelques milles de l’arrivée devant son QG de Cascais, au Portugal, dans des vents très faibles. Ce fut la seule étape non remportée par la Mirpuri Foundation Racing Team.

Après avoir signé sa première victoire sur la régate côtière de Cascais à l’occasion du Mirpuri Foundation Sailing Trophy, l’équipe a ensuite entamé une superbe remontée, qui les aura vu récolter le maximum de points sur chacune des épreuves, avec des victoires sur la seconde et la troisième étape.

L’équipe termine la course avec 21 points, quatre points devant Sailing Poland et AkzoNobel, deuxièmes ex-aequo.

Genova Coastal Race. The Ocean Race Europe, June 2021

Yoann Richomme, Skipper de la Mirpuri Foundation Racing Team déclare : “On a fait le boulot, mission accomplie ! C’était une course serrée. Nous avons pris un bon départ, tous les bateaux autour de nous étaient trop tôt sur la ligne, donc on a mené dès le début. Je pense qu’on aime bien se rendre la vie un peu plus compliquée. Nous avons perdu la voile en voulant hisser, et j’ai tout de suite pensé qu’on se ferait rattraper par d’autres bateaux, mais nous avons réussi à remettre la voile en l’air, avant de remporter la course. C’est un très beau projet. Je l’ai vraiment adoré. J’ai adoré l’équipage. Je suis très fier de ce que nous avons réalisé ensemble, et je suis heureux pour la Mirpuri Foundation.”

Paulo Mirpuri, Fondateur de la Mirpuri Foundation déclare : “C’est un jour de fierté pour nous. Depuis le début de ce projet, le dévouement et la passion de chaque membre de l’équipe a été particulier. En tant que fondation, nous souhaitions monter une équipe capable de remporter cette course, et ce sont les qualités individuelles, l’instinct et l’endurance qui ont mené l’équipage à la victoire de manière impressionnante. Une victoire pour Racing For The Planet amplifie la portée de notre message – Stop au changement climatique – autour du monde, et il faut célébrer cela.”

VO65
1. Mirpuri Foundation Racing Team — 21 points
2. Voile Pologne — 17 points
3. AkzoNobel Ocean Racing — 17 points
4. Team Childhood I — 12 points
5. The Austrian Ocean Race Project — 10 points
6. Viva México — 9 points
7. AmberSail-2 — 9 points

Webserie The Sailing Squad – Episode 2 dompter la bête

Le Deuxième épisode de The Sailing Squad avec Shirley Robertson qui doit former de jeunes talents.

  1. France: Marie Barrué / 25 years old / World Cup Medemblik champion – Laser radial
  2. Switzerland: Amanda Anastassov / 21  years old / Youth World champion – Nacra 15
  3. Spain: Cristina Pujol / 28  years old / 5 times Spanish National Champion Laser Radial and qualified for Tokyo 2021 
  4. Switzerland: Maxime Bachelin / 23 years old / Youth European Champion – 49er
  5. Switzerland : Nicolas Rolaz / 22 years old / Europa Cup Champion – Laser Radial

L’équipe a rencontré Jean Le Cam parrain du Bol d’Or.

La 5ème édition des Journées nationales des Sauveteurs en Mer aura lieu le week-end des 26 et 27 juin.

À l’occasion du Mille SNSM, l’association lance un challenge pour tous : un défi fédérateur pour petits et grands afin de sensibiliser le grand public à la cause du sauvetage en mer et collecter des dons.

Les Sauveteurs en Mer appellent aux dons chaque année et rappellent que leur activité repose à près de 80% sur la générosité du public. Ce coup de projecteur est donc vital pour la SNSM/ Vacanciers, plaisanciers, pêcheurs, pratiquants d’activités nautiques, résidents… nombreux sont ceux qui fréquentent la mer et le littoral. Et même si beaucoup pensent qu’ils n’auront jamais besoin de faire appel aux Sauveteurs en Mer, ils ont pourtant été 30 000 à être secourus en 2020 de la plage au large !

Pour participer et soutenir l’action des Sauveteurs en Mer, c’est facile !

Je télécharge l’application Strava et crée mon profil gratuitement.
Dans «Groupes», je rejoins le challenge Mille SNSM. Dans «Enregistrer», je choisis mon activité physique (course, marche, nage, vélo, etc…) et lance l’enregistrement de mon parcours. Une fois mon challenge terminé, je transforme mes kilomètres parcourus en dons pour la SNSM.
Je me rends sur la page: https://don.snsm.org/millesnsm et j’encourage mes proches à soutenir l’association.

Notre objectif : collecter 1 € pour chaque kilomètre parcouru au profit des Sauveteurs en Mer.

Je partage mon succès sur les réseaux sociaux avec le hashtag #MilleSNSM2021, en mentionnant @sauveteurs_en_mer..

Dans le cadre du challenge, les participants seront également invités à suivre des tracés proposés en exclusivité par la SNSM ou à faire preuve de créativité en créant leurs propres dessins !

Mini Fastnet. Gaël Ledoux et Julien Pulvé vainqueurs en série

Gaël Ledoux, accompagné par Julien Pulvé, ami de longue date, vient potentiellement de décrocher une belle première victoire en série à bord de Haltoflame/ilots.site (Pogo 3, N°886) sur la Mini Fastnet 2021. En coupant la ligne à 12h28 aujourd’hui, le duo, toujours ra pide et bien inspiré, s’impose après une navigation menée de bout en bout aux avant-postes face à 61 autres
concurrents dans sa catégorie. Avec l’aide de son co-skipper, et après un début de saison encourageant qui l’a vu monter progressivement en puissance, Gaël Ledoux voit sa persévérance couronnée de succès.

Après un départ dans le petit temps, le duo d’Haltoflame/ilots.site a su tirer profit des conditions avantageuses pour son bateau tout au long des 465 milles du parcours modifié à travers le golfe de Gascogne. Le talent des deux co-skippers a fait le reste pou r contrôler le groupe de tête et revenir toujours et encore en première position, pour creuser l’écart dans les derniers bords en
baie de Douarnenez, où la victoire sur cette grande classique du circuit Mini 6.50 ne pouvait plus leur échapper.
Gaël Ledoux signe en double une victoire pleine de promesses pour la suite de le saison, avec en ligne de mire la Mini Transat, dont il prendra le départ en solitaire, le 26 septembre prochain aux Sables d’O lonne. Il démontre qu’il c ompte à bord de son Pogo Haltoflame/ilots.site, préparé aux petits oignons, parmi les plus solides outsiders pour le s places d’honneur sur la grande transatlantique des petites bateaux, réputée pour forger et révéler les meilleurs talents du large. Discret, Gaël Ledoux n’en est pas moins un marin c omplet, polyvalent et besogneux.

Issu de la filière olympique roc helaise (où il a rencontré son ami Julien Pulvé), ce compétiteur-né s’est d’abord illustré en 420, puis en Tornado, avant de devenir professionnel du nautisme, boat captain de multicoques géants, tacticien sur un yacht classique et accessoirement préparateur de bateaux de nombre de ses concurrents en Mini !

Depuis quelques années déjà « la Mini » le fait rêver. Un, deux, trois coups de pouce pour accompagner son indéfectible motivation, et le voilà sur son « Pogo 3 » numéro 886, qualifié, prêt à traverser et à en découdre, sous le regard amusé de ses deux petites filles de trois et un ans ! Skipper du pôle course au large de Lorient, Gaël comptera à coup sûr parmi les concurrents à surveiller de près sur la Mini Transat 2021. Quant à Julien Pulvé (responsable du Pôle Mini 6,50 de La Rochelle), il sera, lui aussi très attendu sur la proc haine Transat Jacques Vabre, qu’il disputera en double avec Ian Lipinski en Class 40.

Benjamin Dutreux: “4 jours très intenses avec un super travail d’équipe”

The finish of Leg 3 of The Ocean Race Europe from Alicante, Spain into Genova, Italy.

« Cela a été 4 jours très intenses avec un super travail d’équipe. On s’est battu jusqu’au bout car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer en Méditerranée. On aurait pu rester bloqués avant la ligne…
Première victoire sur le circuit IMOCA, première victoire d’étape avec une équipe européenne, cela représente bien la Classe IMOCA et je suis hyper content d’être là.
3 étapes de large et trois vainqueur différents, le jeu est très ouvert en IMOCA, c’est dingue et il y a pour tout le monde et ça c’est génial.
On a eu des conditions météo qui permettaient de faire parler notre bateau qui est le seul à dérive droite. On a exploité les atouts de notre bateau. On a joué notre route et notre course l’esprit libre.
On sait que nous n’avons pas les mêmes caractéristiques techniques entre les bateaux de la flotte et donc qu’il ne faut pas forcément aller au même endroit sur l’eau et cela s’est bien passé.
Des étapes comme celle-ci qui sont difficiles où on passe l’humain à fond et que les personnes commencent à être très fatigués, cela créé des liens. Même s’il y a différentes cultures et différents langages, on commence à être une belle équipe soudée.
Ça discute beaucoup à bord, on a réussi à se surpasser, à prendre soin les uns des autres car finalement c’était très intense dans cette pétole. »

Giraglia. Victoire du Maxi Arca SGR en temps réel

The 100-ft Italian Maxi ARCA SGR, the first yacht to round the Giraglia rock during the 68th edition fo the race. Arca SGR rounds the Giraglia rock off north Corsica. Photo: ROLEX / Studio Borlenghi

Depuis le départ de Sanremo, en Italie, hier à midi, une rude compétition pour les honneurs de la ligne de maxi yachts se joue dans la Rolex Giraglia, la quatrième épreuve du Mediterranean Maxi Offshore Challenge de l’International Maxi Association.

Dans la nuit, alors que les équipages se frayaient un chemin vers le rocher de la Giraglia, toute la flotte était soumise à une météo compliquée météorologique avec le vent faiblissant à l’ouest du nord de la Corse. Après un départ lent, alors qu’ils étaient troisièmes à la marque météo derrière Magic Carpet et Leopard, l’Arca SGR de 100 pieds avait finalement pris l’avantage à la marque côtière au large de Vintimille. En tant que maxi la plus rapide de la flotte (sur la base de sa cote IRC de 1,847), elle a ensuite mené pour le reste de la course malgré le Wallycento Magic Carpet de Sir Lindsay Owen-Jones lui mordant constamment les talons.

Le passage vers le rocher de Giraglia fut difficile. Faisant le tour de la Giraglia, Arca SGR a vu le vent virer davantage au sud-est et monter à 20-25 nœuds permettant à l’ancien vainqueur des honneurs de la ligne Rolex Sydney Hobart 2003 d’atteindre des vitesses de 20-22 nœuds.
« C’était très rapide au portant après Giraglia », a déclaré Furio Benussi, skipper d’Arca SGR. « Nous sommes allés parfois à 22-23 nœuds, ce qui était vraiment bien. ” Arco SGR est arrivé à 14:08:10 CEST, suivi de Magic Carpet Cubed à 14:23:55.

Je suis très heureux parce que ce bateau et cet équipage sont incroyables“, a déclaré Benussi, une fois l’Arca SGR amarré au club house du Yacht Club Italiano à Gênes. « Tout le monde était vraiment fort. Pour nous, c’était important d’être ici en première place avec ce bateau. Gagner les honneurs en ligne est parfait pour nous. Cette victoire vient sur le dos du maxi de Benussi qui a remporté les honneurs de la ligne dans le récent 151 Miglia-Trofeo Cetilar.

Finissant deuxième sur l’eau, mais largement devant Arca SGR en temps corrigé IRC, Sir Lindsay Owen-Jones était satisfait du résultat de son « cruiser familial ». C’était le premier événement du Wallycento en 20 mois, bien qu’il ait utilisé Magic Carpet Cubed pour les vacances au cours de cette période. “Nous étions si près de battre un pur coureur – l’un des 100 pieds les plus rapides au monde”, a-t-il déclaré. «C’était presque une grande chose. Ils ont très bien navigué, donc chapeau bas. Nous n’avons pas de gros regrets. Leur bateau est juste un peu plus rapide que le nôtre. C’était donc une bonne journée et nous étions tous tellement heureux de revenir sur l’eau.

Compétiteur régulier, Owen-Jones compare la course Rolex Giraglia à une démangeaison qu’il doit gratter même si la course est souvent légère. À propos de la course de cette année, il a déclaré : « C’était plein de très gros changements que vous ne pouviez pas prévoir. Alors que sur toute la zone, c’était à l’est, nous avons soudainement à minuit eu un vent d’ouest, donc certains des marqueurs arrière nous ont un peu rattrapés. Même quand il fait très léger, il y a généralement un peu de vent en haut du gréement pour que vous puissiez en tirer parti. Je ne pense pas que nous ayons jamais chuté en dessous d’environ 5 nœuds de vitesse du bateau.

Le célèbre navigateur néerlandais de Magic Carpet Cubed, Marcel van Triest, a déclaré que la zone lumineuse située à 30 milles de la Giraglia était en fait un mini système. « Cela s’est calmé et nous avons travaillé vers le nord – ce n’était pas un trou de vent, il y avait un ‘tourbillon complet’. Cela les a vus [Arca SGR] monter et pendant longtemps, ils faisaient 12 nœuds alors que nous allions à 5 nœuds et ils étaient dans le nord-ouest. Cependant, tout a été pardonné après avoir contourné le Rocher alors que le vent montait à plus de 20 nœuds, permettant au 100 pieds bleus d’atteindre des vitesses similaires.

Leopard était troisième à 15:32:17 CEST après avoir reculé au milieu de la petite dépression.

«Nous avons eu une assez belle course, a dit le tacticien et double médaillé olympique Mitch Booth. « Nous avons été très impressionnés par la façon dont le bateau s’est déroulé et l’équipe a fait un excellent travail. Nous nous sommes retrouvés coincés au milieu d’un trou – ce grand vide au milieu de tout. Le vent semblait venir de toutes parts à un moment donné… Mais le reste de la course s’est très bien passé pour nous. Nous l’avons beaucoup apprécié.

Booth a estimé qu’ils avaient bien navigué le premier bord de portant le long des côtes italienne et française jusqu’à ce qu’ils arrivent à la marque de virage au large de la Rade d’Agay. “Nous étions toujours en contact avec eux tous les deux et nous avons failli nous écraser avec Magic Carpet en entrant dans cette marque… Il y a eu un peu de feux d’artifice alors… Du jour au lendemain, nous avons pensé que nous avions bien navigué et nous sommes revenus très près à eux, mais alors ils ont échappé à l’air léger mieux que nous.

En général, Booth s’est dit satisfait de son résultat étant donné que Magic Carpet Cubed est “le maître de cette course” et que les Italiens [Arca SGR] “sont les spécialistes de l’air léger. Nous ne pouvons pas nous attendre à égaler ces gars-là dans ces conditions. Mais nous étions très contents du bateau. Pour Joost [Schuijff, le nouveau propriétaire de Leopard] c’était sa première vraie course au large. Il l’a vraiment apprécié – nous n’avons pas pu le faire descendre du volant !

D’autres maxi arrivées sont attendues ce soir tandis que demain un vainqueur de la classe maxi sous IRC devrait émerger.

The Ocean Race Europe. Offshore Team Germany vainqueur IMOCA de la 3e étape

La Méditerranée aura été capricieuse et longue pour les IMOCA. C’est finalement Team Germany le seul bateau à dérive qui l’emporte suite à une option proche des côtes.

Ces 578 milles de course n’étaient pas des plus faciles en raison de vents légers variables et parfois inexistants, mais l’équipage allemand a récolté rapidement les bénéfices d’une option Nord fructueuse. Robert Stanjek, accompagné de l’une des révélations du Vendée Globe, Benjamin Dutreux, a saisi l’opportunité de passer au Nord des Baléares afin d’aller chercher la brise le long des côtes espagnoles puis françaises, une stratégie qui s’est avérée payante.

Ils ont ainsi pu distancer les quatre autres IMOCA, qui avaient choisi de passer eux au sud d’Ibiza et de Majorque et, bien que l’écart ait fondu dans les dernières heures de course, les Allemands s’adjugent une belle victoire confortable, devant l’équipage de Thomas Ruyant (LinkedOut) et celui de Charlie Enright (11th Hour Racing Team).

“Je suis très content du travail fourni par l’équipe jusqu’à présent et quel que soit le résultat, c’est un événement important pour nous. Maintenant, nous avons deux jours pour nous reposer avant de retourner sur l’eau et il va falloir trouver le bouton ‘reset’ pour attaquer la course de samedi, parfaitement concentrés,” déclare Robert Stanjek ravi à son arrivée sur le quai de Gênes.

Offshore Team Germany partira sur la course côtière avec 14 points, soit juste un point d’avance sur LinkedOut et deux points sur 11th Hour Racing Team. La course de samedi se jouera de nouveau dans du petit temps et mettra en jeu 3 points pour le vainqueur (puis 2 points et 1 point pour les suivants).

Nous avons demandé au marin allemand de décrire le chemin parcouru depuis Alicante. “Nous n’avions pas l’intention de nous séparer de la flotte comme cela car nous savons que la gestion des risques (liés à la météo) en Méditerranée à cette époque de l’année est un peu difficile”, raconte-t-il.

© Sailing Energy / The Ocean Race Europe

“En fait, nous avons eu une approche assez conservatrice, mais tous nos routages nous amenaient au nord des Baléares, donc nous étions assez confiants dans l’idée de remonter la côte espagnole vers le nord. Puis, tout d’un coup, nous avons trouvé un bon couloir de vent, avec une bonne pression et, en l’espace de quatre ou cinq heures, nous nous sommes détachés du reste de la flotte IMOCA. A partir de ce moment-là, nous étions conscients que nous faisions deux courses différentes – ils avaient leur course et nous, la nôtre.”

Robert Stanjek affirme que même si son IMOCA, conçu par Owen Clark en 2011, avait pris pas mal d’avance, en tirant notamment vers Hyères, cela n’a jamais été facile. “Il s’est finalement avéré que nous avions la meilleure route mais c’était assez stressant sur la fin avec tous les trous de vent. Nous avons finalement réussi et c’était une super course”, poursuit-il.

La performance de cet équipage, qui comprend également la Britannique Annie Lush et l’Allemand Phillip Kasüske, en a surpris plus d’un, étant donné que c’est la première course de Robert Stanjek en IMOCA. Il n’est pas issu du circuit Figaro, mais de la voile olympique, du Star, et estime que cette combinaison de talents et d’expériences – Annie Lush était également un marin olympique avant de participer deux fois à The Ocean Race – donne à l’équipe des atouts uniques.

“Je suis très heureux de participer ici à ma première course en IMOCA, ” confie Robert Stanjek. “Ma philosophie d’équipe a toujours été de combiner des talents olympiques, avec toute la précision que cela implique, avec l’expérience de marins de large et je pense avoir très bien réussi. On voit bien que l’on arrive à aller dans le détail. Chacun met de bonnes idées sur la table et nous n’avons pas d’égos dans l’équipe. Tout le monde écoute tout le monde et c’est une hiérarchie très horizontale.”

Benjamin Dutreux aime beaucoup ce nouvel exercice de The Ocean Race Europe et de l’équipage en IMOCA. Il affirme que cette dernière étape de large a été des plus intenses et que le team a dû se battre jusqu’au bout. “Trois étapes de large et trois vainqueurs différents, le jeu est très ouvert en IMOCA”, lance-t-il. “C’est fou et il y en a pour tout le monde, c’est génial”.

© Felix Diemer / Offshore Team Germany

© Amory Ross / 11th Hour Racing Team

“Nous avons eu des conditions météorologiques qui nous ont permis de montrer les forces de notre bateau et cela nous a permis d’être bien dans le match. Nous savons que nous n’avons pas les mêmes caractéristiques de bateau (que les autres), et que nous ne devons pas nécessairement aller au même endroit sur l’eau. Nous avons fait notre course et cela a payé,” ajoute-t-il.

Le solitaire, neuvième du tour du monde cet hiver, est très impressionné par la façon dont l’équipe a géré l’effort. “Sur des étapes comme celle-ci, on touche vraiment à le paramètre humain, lorsque nous commençons à être très fatigués”, confie-t-il. “Quand on est en solitaire, on n’échange pas d’informations et on a tendance à tout mettre sur soi. Parfois, nous n’étions pas d’accord et c’est là que chacun revient à son rôle ; le mien était de dire ‘on va là, on fait ça’. Et ce n’est pas toujours évident mais on s’en est bien sorti !”

Philip Kasüske vient lui du Finn (olympisme) et il apprécie énormément ce qui est sa première expérience de course au large. “C’est très intéressant”, déclare-t-il. “J’apprends beaucoup de choses. La vie à bord sur ces quatre derniers jours a été assez incroyable. Vous vous mettez dans un bon rythme, même avec le peu de sommeil que vous avez. J’ai eu l’impression de vivre une grande aventure plutôt que de faire une course. C’était une expérience formidable, très différente des courses côtières que j’ai pu faire auparavant.”

Quel que soit le résultat samedi, les débuts de l’équipe allemande sont déjà remarquables. Celle-ci souhaite maintenant se concentrer sur une participation à la Transat Jacques Vabre, Robert Stanjek faisant équipe avec un autre marin, dont le nom n’a pas encore été annoncé, avant de se concentrer sur The Ocean Race l’année prochaine. Pour le tour du monde, le bateau qu’ils ont baptisé « Einstein » – celui qui a sa propre façon de se déplacer dans le temps et l’espace (!) – sera équipé de foils.

“Notre principal objectif est d’être sur la ligne de départ de The Ocean Race”, confirme Robert Stanjek. “Et donc, bien sûr, nous allons mettre des foils sur le bateau. Nous avons attendu exprès pendant un moment car nous voulions attendre le résultat du Vendée Globe, mais il est temps cet hiver de mettre des foils sur le bateau.”

Ed Gorman

The Ocean Race Europe. Victoire de Yoann Richomme et de la Mirpuri Foundation sur la 3e étape

The finish of Leg 3 of The Ocean Race Europe from Alicante, Spain into Genova, Italy.

L’équipe du VO65 Mirpuri Foundation skippé par Yoann Richomme a su parfaitement jouer la fin de cette dernière étape en faisant le bon bord à 45 milles de l’arrivée. L’équipage – presque français – a réussi à revenir à hauteur du VO65 Sailing Poland qui menait depuis le départ avant de le dépasser après être allé cherché au large un supplément d’air. Superbe finish. Le classement final se jouera sur le parcours inshore à Gènes…

Citation de Yoann Richomme à l’arrivée à Gênes : « Les derniers moments de l’étape étaient extrêmement tendus à partir du moment où nous avons quitté la côte italienne. Un groupe de bateaux s’est enfoncé dans le Golfe de Gênes alors que nous sommes restés plus au large.  On savait qu’il y avait un risque dans notre option de ne pas suivre les autres et on se demandait quand notre option allait payer. Et puis on y croyait tellement, c’était pour nous d’une évidence totale. Le vent est rentré plus fort que prévu et nous nous sommes dans une situation plus favorable que ce que nous avions envisagé. On essayait de finir 2ème car Sailing Poland avait 10 milles d’avance et on pensait que ce serait difficile d’aller les chercher. Au final, le scénario s’est bien développé pour nous.

Les conditions de cette étape entre Alicante et Gênes étaient compliquées avec peu de vent. J’ai l’impression d’avoir régater pendant deux semaines ! L’équipage est resté très calme tout du long. Avec Nicolas Lunven (navigateur), on a essayé de trouver les bons endroits où naviguer en faisant la trajectoire la plus efficace tout en gardant un contrôle sur nos adversaires. A la fin ça a payé mais ce n’était pas évident.

Samedi aura lieu l’épreuve de côtier. Le vent n’est généralement pas très établi à Gênes donc ça devrait être compliqué. On a deux jours pour se reposer. Il va falloir être bien concentrés sur notre plan et ne pas faire d’erreur. Je pense qu’il faudra remporter ce côtier pour remporter l’évènement ! »

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