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Transat Jacques Vabre. Passage de Waypoint

Photo du bord envoyée par Actual Ultim 3, skippers Yves Le Blevec and Anthony Marchand, pendant la Transat Jacques Vabre 2021, le 15 Novembre 2021. - Actual Ultim 3

Ce mercredi, les premiers Ultime et Ocean Fifty atteignent leur point de passage obligatoire respectif, Trindade et Fernando de Noronha, pour amorcer leur remontée vers la Martinique. Ce sera le cas d’ici quelques jours pour les Imoca et les Class40, qui pointeront à leur tour leur étrave vers Fort-de-France. Mais cette dernière ligne droite n’est pas sans embûche, sur aucun des parcours. Décryptage des passages-clés de la deuxième moitié de la course, avec Christian Dumard, consultant météo.

Ultime : un sprint final dans les Caraïbes ?

Ca y est, le premier Ultime a contourné le waypoint sud de leur parcours, situé 20 milles au nord de l’île de Trindade ! Le Maxi Edmond de Rothschild entame maintenant sa remontée dans du vent de travers, un bord de vitesse pour ces machines qui seront lancées à vive allure. Tout l’enjeu sera donc sur le dernier tronçon. En effet, après le passage des îles San Pedro et San Paulo situées au niveau de l’équateur, les maxi-trimarans mettront le clignotant à gauche, direction la Martinique. 

“A partir de ce moment là, leur objectif sera de gagner le plus dans l’ouest pour ne pas avoir à recouper une seconde fois le Pot-au-noir. Deux choses joueront alors. Tout d’abord, le vent annoncé sera irrégulier en force et en direction. Les équipages devront à nouveau se prêter au jeu des empannages où le choix du timing sera crucial”, analyse Christian Dumard, consultant météo de la course. 

Ensuite, les prévisions annoncent des vents très faibles sur l’arrivée. Les bateaux de derrière auront donc l’opportunité de recoller sur le devant de la flotte. L’avance de 300 milles du duo Cammas-Caudrelier est conséquente, mais leur vitesse impressionnante fait que le moindre ralentissement pourrait être pénalisant car permettrait aux concurrents de réduire très rapidement cet écart. 


Ocean Fifty : une histoire de compromis 

Les premières étraves sortent du Pot-au-noir, annonçant le début d’une course de vitesse pour les 50 pieds. “Il faudra aller vite, dans un vent qui reste irrégulier, sur un seul bord jusqu’à Fernando de Noronha, et à partir de là, l’enjeu sera similaire à celui des Ultime. Ils devront bien jouer avec les bascules de vent en venant se coller le long de la zone interdite”, explique Christian. “Tout le défi sera de réussir à empanner en phase avec ces bascules. Du fait de la contrainte de la zone interdite au nord du Brésil, s’ils ne réussissent pas à gérer cela, ils pourraient se retrouver déphasés par rapport aux oscillations du vent et perdre du terrain.”

Tout sera donc une histoire de compromis entre coller la zone d’un côté et bien exploiter les variations du vent de l’autre. Pour cela, les marins devront connaître parfaitement les butées et réussir à se situer dans l’évolution permanente des conditions.  

Imoca : gare au Pot-au-noir

Pour les monocoques de 60 pieds, les choses s’annoncent plus complexes. En effet, les premiers sont désormais dans le Pot-au-noir et les poursuivants pourraient rencontrer un passage plus complexe dans deux ou trois jours. Aussi les enjeux pour la flotte des Imoca divergent. “D’un côté, les premiers devront gérer la sortie de la zone de convergence intertropicale, qu’ils sont actuellement en train de traverser de manière assez inédite puisqu’ils tentent un passage très à l’est, puis ils retrouveront les mêmes problématiques que les Ocean Fifty. 

Pour le second groupe de la flotte, les choses devraient être plus compliquées puisque le Pot-au-noir pourraient se refermer sur eux”, détaille Christian Dumard. Ce n’est pas tout blanc ou tout noir, il y a beaucoup de stratégie à faire car ce n’est pas évident qu’ils pourront passer sur la même trace que ceux de devant.

Class40 : Sal à manger avant la traversée

Pour les Class40, la question est au passage du Cap Vert, et plus particulièrement celui de l’île de Sal, que la flotte doit laisser à tribord. Les skippers doivent-ils passer près des côtes ou s’en éloigner ? L’heure est au casse-tête. 

Pour l’instant, les équipages se trouvent bloqués le long des côtes africaines du fait d’une zone sans vent localisée sur les îles du Cap Vert et due à une ancienne petite dépression tropicale. Les duos vont chercher la brise le long des côtes africaines, résultat d’une petite dépression thermique créée par le réchauffement du désert, et pourraient donc bien suivre la route empruntée par les Imoca au sud des îles cap-verdiennes, en jouant entre les dévents, avant de rejoindre le régime d’alizés. “Il faut prendre en compte la faiblesses des alizés. Pour avoir du vent, il leur faudra descendre très sud et décider d’un passage ou non au ras des côtes.

“Ce sera donc une histoire de compromis entre faire plus de distance avec plus de vent ou faire une route plus courte dans un peu moins de vent” dit Christian. “De plus, il se pourrait que le vent se renforce dans une dizaine de jours ce qui favoriserait alors le retour des bateaux de derrière.” Aussi, beaucoup de questions sont en suspens et des resserrements sont à prévoir dans le classement.

Les classements de 18h

Ultime
1. Maxi Edmond de Rothschild 
2. Banque Populaire XI
3. SVR – Lazartigue

Ocean Fifty 
1. Primonial 
2. Koesio 
3. Solidaires en Peloton – ARSEP 

Imoca 
1. LinkedOut
2. Charal 
3. Apivia

Class40 
1. Redman 
2. Volvo
3. Edenred

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Mixte offshore. Pierre Leboucher et Sophie Faguet remportent le Tour d’Italie

Sophie Faguet et Pierre Leboucher ont remporté la 1ere édition du Tour d’Italie, de Venise à Gênes, après 8 jours de navigation sans escale et sans assistance en Figaro Bénéteau 3. Sophie et Pierre ont rencontré toutes sortes de conditions avec 48 dernières heures musclées ! Ils ont franchit la ligne d’arrivée à Gênes après 8j 8h 27m 23s de navigation devant Team Softway (Pam Lee-Adreaa Fornaro) et Team Venezia Salone Nautico (Cecilia Zorzi-Alessandro Torresani).

A défaut de pouvoir faire la Transat Jacques Vabre en IMOCA en vue de porter un projet Vendée Globe sur lequel il travaille, Pierre Leboucher a emmené Sophie Faguet à Venise en Italie, non pas pour une escapade romantique, mais pour participer au premier Tour d’Italie. Une épreuve de course au large en double mixte sur des Figaros Bénéteau 3 que la société SSI EVents a louer pour 3 ans.

Je pensais que l’épreuve durerait 5 jours. On en a mis 8 finalement et c’était assez intense les dernières 48h. Je n’ai jamais rencontré de telles conditions en Figaro. Le bateau fourni par l’organisation heureusement a bien tenu. Les conditions météos bougent beaucoup en Méditerranée. Je suis assez content de ce que l’on a pu produire. On a eu 2 jours pour préparer le bateau, mettre de l’informatique à bord. J’avais amené un peu de matériel de spare qui nous a bien servi. On a eu quelques fuites sur les trappes de foils, une poulie de genak qui a cassé. On s’est pris très fort en vent. On avait pas de petit spi sur le bateau seulement un grand spi. Quand c’est monté à 40 ans, on a mis le genak. C’est monté à 50 nds; On a cassé les bouts de foils avec toute la charge du bateau à plus de 20 nds. On a affalé et on resté sous GV 1 ris et génois et là c’est monté à 55 nds. Le bateau se couchait sous vent arrière dans la nuit. On ne voyait rien. C’était assez chaud. ON a tout affalé et mis le tourmentin et c’est monté à 60 nds on a réussi a aller à 15,9 nds. La bateau a tenu. C’était rassurant. Je n’en avais jamais fait dans ces conditions.
C’est la course la plus longue en Méditerrané en terme de distance avec 1500 mn. On a fait un super binôme. Coté sécurité c’était un peu juste pour les organisateurs. Il nous manquait une pharmacie à bord. Sur le parcours on avait des restrictions de laisser 1 milles de distance avec les plateformes pétrolières et on ne pouvait pas se rapprocher des cotes à moins de 2 milles. On ne pouvait pas s’abriter au cas où. Le plateau était composé d’italiens, d’espagnols, d’autrichiens. C’était intéressant. Le niveau n’est pas celui de la Solitaire. On le voit avec els écarts. Ils ont tous bien navigué au début mais avec la fatigue, les fichiers météos qui changent, ils moins bien navigué après. C’est une belle épreuve après la saison.

Pierre Leboucher et Sophie Faguet inscrivent leurs nom sur la première édition du Tour d’Italie.

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Transat Jacques Vabre. « Une météo non conventionnelle »… sur la route du Pot au Noir

Avec un peu plus de 3 300 milles (6 110km) encore à parcourir jusqu’à l’arrivée à Fort de France en Martinique (via Fernando de Noronha), les leaders Thomas Ruyant et Morgan Lagravière (LinkedOut) se battent sans relâche avec Charlie Dalin et Paul Meilhat (APIVIA) ainsi qu’avec Jérémie Beyou et Christopher Pratt (CHARAL).

Vient ensuite Initiatives-Cœur, avec près de 60 milles d’écart et pointé en quatrième position, puis 11th Hour Racing Team-Mālama et ARKEA PAPREC ayant moins de quatre milles de d’écart, et respectivement en cinquième et sixième position. Le retardataire de la flotte IMOCA se nomme EBAC (Antoine Cornic et Jean-Charles Luro) et il pointe à 760 milles au nord de LinkedOut.

Les premiers équipages naviguent au portant dans des conditions légères sous un ciel ensoleillé mais avec un tableau météorologique loin d’être simple. Après être restés très à l’est le long des côtes mauritaniennes et sénégalaises, pour bénéficier des meilleures conditions de vent, ils doivent maintenant regagner dans l’ouest, tout en s’alignant pour la fameuse traversée du Pot au Noir.
Mais le terrible Pot au Noir se fait menaçant, en s’étendant et en se contractant au sud, laissant entrevoir la possibilité que la flotte se comprime dans les prochains jours, permettant ainsi aux bateaux un peu plus en arrière, menés par Prysmian Group (Giancarlo Pedote et Martin Le Pape) – 273 milles derrière le leader – de combler leur retard.

A bord de 11th Hour Racing Team-Mālama, l’Américain Charlie Enright – joint par téléphone aujourd’hui – savoure cette course au coude à coude dans l’Atlantique. Il voit d’un bon œil le Pot au Noir alors que celui-ci se rapproche. “Nous sommes des marins particulièrement affamés et compétitifs, notre mantra des derniers jours a été – aller là, aller là, aller là … Maintenant, il s’agit de rester proche, proche, proche… et le Pot au Noir est un monde d’opportunités pour nous,” confie-t-il.
Devant eux, Morgan Lagravière sur LinkedOut explique que cette Transat Jacques Vabre ressemble plus à un immense grand prix côtier qu’à un marathon transocéanique. “Cela ressemble plus à une Solitaire du Figaro qu’à une transat dans la mesure où nous avons une proximité avec APIVIA et Charal qui est particulièrement intense”, témoigne-t-il, entre deux réglages sur le pont.
“On régate quasiment à vue depuis plusieurs jours. Cela génère de l’intensité tant dans la manière de mener les bateaux que dans la façon s’affiner la stratégie. C’est vrai que c’est un exercice que l’on n’a pas forcément sur des longs bords de transatlantique. Cela a aussi un impact sur le rythme à bord car le niveau de jeu est beaucoup plus haut.”

Charlie Enright confie lui que leur duel avec Sébastien Simon et Yann Eliès sur ARKEA PAPREC est très amusant. “Ouais, ouais, ces gars-là”, lance-t-il. “Nous n’avons pas arrêté de les voir ces derniers jours et à chaque fois qu’ils nous ont lâchés, nous sommes revenus. Il y a eu de bons ‘chambrages’ à la VHF… c’était assez drôle”.
Cette course a permis à Charlie et Pascal de mettre le tout nouveau Mālama à l’épreuve. Le skipper américain affirme qu’ils ont réussi à faire face à diverses casses ou pannes mais le bateau est maintenant stable et fonctionne bien, tandis qu’ils apprennent sans arrêt sur la vitesse de leur nouveau plan Verdier.

Sam Davies et Nicolas Lunven (avec le T-shirt de Sam), Initiatives-Coeur

“Nous sommes vraiment partis sur cette course sans aucune attente et nous avons eu plutôt une bonne sortie de la Manche et un passage rapide de Ouessant”, raconte-t-il. “Nous sommes toujours en train d’apprendre du bateau, le maniement des voiles, l’ergonomie, tout ce genre de choses et, en ce qui concerne les performances, nous ne faisons qu’effleurer la surface, donc chaque nouvelle configuration de navigation est une découverte.”
Revenons sur LinkedOut qui s’avère être un bateau puissant et compétitif malgré ses foils plus petits que ceux d’APIVIA. Morgan Lagravière témoigne d’une situation météorologique “non conventionnelle”, à l’approche du Pot au Noir. “Ce n’est vraiment pas facile et c’est le cas depuis le début”, poursuit-il. “Nous avons souvent de bonnes surprises, avec un peu plus de vent que sur les fichiers. On arrive à tirer la quintessence du bateau donc c’est très agréable. C’est pareil pour tout le monde alors on essaie de faire au mieux.”

Le marin originaire de l’Ile de la Réunion, n’a rien lâché en ce qui concerne le Pot au Noir et l’endroit où ils comptent le traverser. “L’approche est différente des autres années”, résume-t-il. “Nous connaîtrons vraiment la situation une fois que nous aurons traversé. Ce sont des choses qui évoluent jusqu’à la dernière minute”.
Charlie Enright garde lui bien en tête ce qu’il s’est passé lors de la dernière Transat Jacques Vabre en 2019, lorsque Jérémie Beyou et Christopher Pratt sur Charal sont entrés dans le Pot au Noir très en avance puis se sont arrêtés, permettant aux poursuivants de les contourner. “Nous avons vu Charal entrer dans le Pot au Noir avec 200 milles d’avance puis s’arrêter, alors tout le monde a compris qu’il ne fallait pas aller là ! – N’importe où sauf là !” dit-il en riant.
Sur Initiatives-Cœur, la Britannique Sam Davies et le Français Nicolas Lunven continuent d’impressionner aux commandes de leur ancien IMOCA rouge et blanc. Ils ne sont pas seulement confrontés à la course, mais aussi à un problème vestimentaire, comme Sam l’a révélé dans son dernier message du bord. En effet, il s’avère que Nico a tout bonnement oublié ses T-shirts à terre !
Il a dit … « Sam ? », « oui », « J’ai oublié mes T-Shirts… » raconte-t-elle dans son message. « Pour une fois, je crois que j’ai pris assez T-shirts, je lui ai proposé la solution suivante : Je partage mes T-shirts avec lui et il va porter mes vêtements ‘femme’ en taille 10 (ou 12 s’il a de la chance) pour les prochains 11 jours… Et il va faire la lessive ! »
Ed Gorman (traduit de l’Anglais)

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Transat Jacques Vabre. Le Maxi Edmond de Rothschild toujours devant

Photo du bord envoyée par Imoca Initiatives Coeur, skippers Samantha Davies and Nicolas Lunven, pendant la Transat Jacques Vabre 2021, le 15 Novembre 2021. - Initiatives Coeur

Franck Cammas et Charles Caudrelier continuent d’emmener la flotte vers le sud et s’envolent à nouveau. Le passage du pot au noir en ultime a couté cher à SVR-Lazartigue resté englué dans les calmes quand le Maxi Banque Populaire et Actual trouvaient le bon chemin plus à l’Ouest. Ce matin les vitesses sont remontées.

En Ocean Fifty, Primonial est rentré dans le pot et voit ses concurrents Koesio et Arsep revenir sur lui à toute vitesse. Rien n’est joué. En Imoca, la domination d’Apivia est du passé. Un groupe de 6 bateaux s’est détaché et naviguent de concert au large du Cap Vert chacun cherchant la bonne trajectoire dans un couloir de vent étroit pour faire la différence les prochaines heures.

En Class40, Redman se détache un peu mais Edenred et Banque du Léman ne sont pas loin.


Après neuf jours de course, les premières étraves sont entrées dans l’hémisphère sud. Toujours menés par le Maxi Edmond de Rothschild, les Ultimes retrouvent des vitesses à la hauteur de leurs performances habituelles, alors que les Ocean Fifty ralentissent à mesure de leur entrée dans la zone de convergence intertropicale. Côté monocoques, les flottes se livrent à une véritable bataille. Le suspense est à son comble…

Ultime : dans l’hémisphère Sud
Depuis hier soir, les maxi trimarans sortent de la bataille aux réglages qu’ils menaient dans la Zone de Convergence Intertropicale depuis deux jours. Les quatre Ultimes en tête retrouvent peu à peu des vitesses moyennes plus hautes. C’est le Maxi Edmond de Rothschild qui s’est échappé le premier, après être entré en tête dans le Pot-au-noir avec une avance de près de 300 milles le jour d’avant. Banque Populaire XI, SVR – Lazartigue et Actual Ultim 3 évoluent dans son sillage, avec encore un peu moins de vent. Ces latitudes, synonymes de conditions erratiques, n’ont pas été clémentes avec les duos en tête de la Transat Jacques Vabre. “Nous avons eu un Pot-au-noir difficile qui s’est bien étendu dans la longueur. Nous avons eu un premier nuage compliqué haut en latitude avec un vent qui est passé de l’est à l’ouest pendant 36 heures, puis la journée d’hier a été marquée par l’absence totale de vent. Ça n’était pas simple, nous avons presque perdu beaucoup de terrain sur nos concurrents.” Expliquait François Gabart ce matin. Un passage au Sud qui sonne comme une délivrance pour les équipages qui filent désormais au près direction Fernando de Noronha, marque de parcours à contourner.

Imoca : jeu de marquage
La flotte des 60 pieds continue de glisser vers le sud, et désormais même vers l’ouest. En effet, après une longue descente le long des côtes africaines dans le but d’aller chercher une dépression thermique, le groupe de tête a empanné et commence un long bord de tribord en direction de la porte d’entrée du Pot-au-noir. Les conditions sont plus légères, forçant les duos à sans cesse être concentrés sur les réglages de voiles, de foils, le matossage. Les prochains milles s’annoncent donc encore sportifs à bord ! De plus, la tête de flotte, qui tient encore après plus d’une semaine de course dans 80 milles, s’amuse à un vrai jeu de marquage de gain au fil des empannages. Chacun tente de réduire l’écart latéral pour ainsi réduire les risques de perdre du terrain sur les poursuivants, modifiant alors le classement en permanence !

Ocean Fifty : concours de gain au programme
La flotte des 50 pieds est joueuse. Les sept équipages s’affrontent, à tour de rôle, souvent en duel de vitesse. C’est à leur tour d’aborder le Pot-au-noir et les options ne sont pas aussi tranchées qu’en Ultime. “Nous faisons du plein sud pour aller se positionner par rapport à une ligne tropicale. Nous avons déjà un repère de choses que l’on veut éviter sur la route, donc c’est plutôt déjà orienté.” Expliquait Thibault Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton – ARSEP) à la vacation. Primonial conserve sa première place, alors que Koesio et Solidaires en Peloton – ARSEP, dans son tableau arrière, réduisent l’écart. Plus à l’est, CGA – 1001 Sourires et Arkema 4 semblent avoir pris une autre décision en optant pour une route plus directe, mais plus incertaine du fait de l’épaisseur du Pot-au-noir dans cette zone. Si les conditions leur permettent une traversée rapide, cela pourrait à nouveau bousculer l’ordre du classement. En attendant, les nerfs des duos sont à nouveau mis sur le banc de test. “Nous avons le sentiment d’être mal servis, car Primonial file devant alors même que nous suivons une route météo et géographique similaire. C’est aussi ça tout le charme de la voile. Nous avons fait la moitié de la route, il en reste à venir !”.

Class40 : énième ralentissement en vue
Après une très belle négociation du passage des Canaries par le groupe de tête, les 40 pieds voient les milles défiler sous les étraves et glissent le long des côtes. Les empannages continuent de rythmer la course d’une flotte très regroupée et les conditions météorologiques à venir ne feront qu’accentuer la tendance. Les premiers devraient être ralentis alors que les poursuivants continueront de toucher du vent, comme l’expliquait Benoit Hantzberg (Volvo) ce matin. “Les prochains jours s’annoncent plus mous. Il y aura beaucoup d’empannages à faire pour arriver près du Cap Vert. Cela sera similaire à ce que nous avions le long du Portugal. C’est aussi pour cela que nous faisons ces régates, pas forcément que pour les longs bords de vitesse !”

Classement de 8h00
Ultime

  1. Maxi Edmond de Rothschild
  2. Banque Populaire XI
  3. SVR – Lazartigue

Ocean Fifty

  1. Primonial
  2. Koesio
  3. Solidaires en Peloton – ARSEP

Imoca

  1. LinkedOut
  2. Apivia
  3. Charal

Class40

  1. Redman
  2. Banque du Léman
  3. Edenred
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Mini-Transat. Hugo Dhallenne, premier Série : « J’ai donné, donné, donné jusqu’au bout »

Ce dimanche 14 novembre à 14h32, Hugo Dhallenne a franchi la ligne d’arrivée de la deuxième étape de la Mini Transat EuroChef, bouclant ainsi les 2 700 milles théoriques du parcours entre Santa Cruz de La Palma et Saint-François en première position chez les bateaux de Série. Le Malouin, deuxième à l’issue du premier acte à 1h52 du leader Melwin Fink, a fait preuve d’une remarquable maîtrise mais aussi et surtout d’un niveau d’engagement physique et mental hors-normes. Après un départ en demi-teinte puis une option à l’ouest avant de changer son fusil d’épaule et de repartir plein sud en retraversant toute la flotte, le skipper du Maxi 6.50 aux couleurs du Yacht Club de Saint-Lunaire est parvenu à tenir des cadences complètement infernales. Un rythme de navigation effréné qui lui a permis d’effectuer une incroyable « remontada » et de finalement l’emporter avec panache pour, en prime, décrocher la victoire au classement général (avant jury).

Après un début de course mitigé, vous êtes parvenu à vous imposer et, par ricochet, à vous offrir la victoire au classement général (sauf réclamations) chez les Série dans cette 23e Mini Transat EuroChef. Que ressentez-vous ?
« J’ai bien donné. Je n’ai pas trop dormi depuis 48 heures et je suis très content d’arriver. Au début, on est parti à l’ouest avec une bonne bande, dont une très grosse partie des leaders au classement général après la première étape. On a joué un peu tactique et on s’est bien battu mais quand on s’est rendu-compte que ça passait au sud, ça a été un peu la douche froide. Il a fallu rester fort dans la tête. Pour ma part, j’avoue que j’ai bien craqué puis j’ai décidé de traverser la piste pour aller au sud. Le hic c’est qu’une fois que j’y suis arrivé, les alizés ont littéralement disparu. Ça a de nouveau été la douche froide mais je me suis accroché. J’ai donné, donné et donné jusqu’au bout.

Pourquoi avoir privilégié l’option ouest au départ ?
« En fait on jouait une courbure dans une dorsale avec dans l’idée de récupérer de bons angles de descente pour rejoindre la Guadeloupe mais les choses ne se sont pas passées comme on l’espérait. En plus, pour replonger au sud, ça a précisément été compliqué parce qu’on n’avait pas des angles de progression favorables. J’ai accusé le coup puis j’ai arrêté d’écouter les classements. Je n’ai plus écouté que la météo et je suis allé au sud à fond. Je crois que j’ai fait des milles ! (Rires) »

Vous avez tenu des cadences infernales, en reprenant entre 10 et 20 milles par jour, et même parfois plus, à tous vos adversaires. Comment fait-on pour aller vite et tout le temps ?
« J’ai dormi par tranche de 20 minutes entre 10h et 14h chaque jour, c’est-à-dire au moment de la journée où il faisait le plus chaud. Lors des deux derniers jours, j’ai seulement dormi deux fois 30 minutes. Je ne me suis vraiment pas ménagé mais je n’ai aussi aucun regret. J’ai eu des doutes mais j’ai réussi à trouver les ressources. Lorsque j’ai craqué quand j’ai vu que les alizés profonds n’étaient pas là, je me suis vite remobilisé. J’ai dormi, j’ai mangé et puis c’est reparti. J’ai commencé à tendre l’oreille pour entendre les pointages. A un moment, j’ai entendu que j’étais à 70 milles du leader. Je me suis dit « oh, oh ! ». J’ai alors remis du gaz et c’était reparti. Ça n’a pas été facile car sur la Mini, on ne sait pas où sont les concurrents. On essaie de se placer où on sent que c’est le mieux. Lorsque j’ai repassé Albi (Alberto Riva, ndlr), je me suis dit que c’était cool parce que c’est quelqu’un de très rapide. Tout s’est bien enchaîné mais comme je l’ai dit, j’ai beaucoup donné. »

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez franchi la ligne d’arrivée ?
« Tant que la ligne n’est pas passée on sait qu’il peut encore tout se passer surtout qu’on ne sait absolument pas où sont les autres. Les 24 dernières heures ont été assez compliquées, avec pas mal de grains dans tous les sens mais aussi pas mal de sargasses. Je n’ai donc pas été très rapide. J’ai vraiment eu peur que les autres bénéficient de conditions plus favorables et qu’ils reviennent. »

Que retiendrez-vous de votre transat ?
« Qu’il faut être fort dans la tête ! C‘est vraiment essentiel parce qu’on n’a aucune info. La météo est sur 48 heures. On ne sait pas où on va. Il faut vraiment être solide, garder le cap et continuer à avancer, quoi qu’il se passe. »

La suite ?
« J’aimerais bien faire du Figaro si je trouve des sous. »

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Transat Jacques Vabre. Déjà une semaine de course

Le départ canon du Havre dimanche dernier est déjà loin pour les 79 concurrents. Deux ont abandonnés suite à un démâtage. Les autres ont du se confronter aux soubresauts météos d’une langueur monotone. Puis tour à tour les différents classes ont pu enfin reprendre leurs souffles. Les Ultim d’abord, emmenés par un Maxi Edmond de Rothschild capable d’accélérer quand il veut. On regrettera d’être privé d’un beau duel avec Sodebo. En Ocean Fifty où la stratégie de routage a été prépondérante. A ce jeu Primonial a été excellent. En IMOCA, la domination d’Apivia a été un temps arrêté. Sans doute un problème technique que l’équipe a veillé a bien cacher. LinkedOut et Charal n’en demandaient pas tant. Mais on notera la performance de Sam Davies et Nico Lunven complètement dans le match depuis le début. Enfin en Class40, cette semaine nous donnera peut-être une idée sur le potentiel leader de la flotte tant celle-ci est restée groupée. Passionnant à suivre.

Il y a une semaine, 79 bateaux prenaient le départ de cette inédite Transat Jacques Vabre. Une semaine où les quatre classes ont fait route commune, avant que les chemins ne se séparent. Les Ultimes continuent vers le sud pour virer Trindade et Martin Vaz, quand les OceanFifty se recalent à l’ouest pour passer le Cap Vert. Soumis au même parcours, les Imocas, eux, longent l’Afrique et décident d’une stratégie à l’est pour négocier ces îles. Plus étendue, la flotte des quarante pieds progressent le long des côtes portugaises et marocaines, suivent les alizés et font route directe, vers la Martinique.

Ocean Fifty, une flotte groupée
Comme sur une régate côtière, la flotte des Ocean Fifty navigue particulièrement groupée. Ils empannent et se recalent les uns par rapport aux autres pour faire une trajectoire sud sud-ouest et approcher le Cap Vert. Les chasseurs restent cependant vigilants à ne pas « laisser les copains s’échapper par l’avant ». Les courants et effets de site de ces îles offrent plusieurs possibilités, et ce n’est pas vers un choix extrême que se tourneront Sam Goodchild et Aymeric Chappellier (Leyton), en quatrième position, car « nous n’allons pas tout risquer pour rattraper les autres. » nous disaient-ils ce matin à la vacation.

Class40, « les conditions se sont bien calmées »
C’est au 190° que les Class40 mettent le cap. Les Canaries laissent autant d’options qu’elles comportent d’îles. L’idée est de savoir de quel effet de site ils vont profiter. Il est certain qu’une fois la décision actée, « les dés sont jetés », comme l’affirmait ce matin Antoine Carpentier (Redman) 3e, satisfait des performances de son Mach40 dans des conditions portantes. Le duo leader profitait de conditions plus calmes pour justement analyser « pourquoi nos routes sont si différentes avec celles de nos concurrents ». Le Class40 Volvo est parti très à l’ouest de la flotte, position qui pourrait s’avérer intéressante sur le long terme. Si le duo arrive à pénétrer le petit couloir de vent existant juste à son sud, il en ressortira avantagé et sera donc plus offensif. Il ne faudrait pas que le vent mollisse trop pour autant, auquel cas les scows perdraient l’avantage.

IMOCA, empannages synchronisés
Le quatuor de tête, inchangé depuis hier, se livre à une belle bagarre aux avant postes. S’ils donnent l’impression de marquer leurs concurrents, Christopher Pratt et Jérémie Beyou (Charal), deuxièmes,nous confirment que les trajectoires se ressemblent dues à une analyse similaire des fichiers météo. Les choix stratégiques sont semblables, mais pas moins profitables. A bord de Charal, « le fait d’être au contact nous permet aussi de progresser et nous essayons d’en tirer la quintessence. » La route des monocoques de 60 pieds leur permet de glisser le long de l’Afrique dans 13 nœuds de vent en moyenne. Rien n’est encore acté quant au passage du Cap Vert, les skippers attendent les derniers fichiers météos pour affiner leur stratégie. En attendant, ils s’appuient sur les OceanFifty qui leur éclairent la route.

Ultimes, vont-il avoir du Pot ?
Les voilà arrivés dans le redouté Pot-au-noir. Le Maxi Edmond de Rothschild ouvre le bal, suivi à 330 milles par le trimaran le plus récent de la flotte SVR Lazartigue. Le classement ici s’est installé depuis le Cap Vert, et 700 milles séparent le leader du dernier suiveur. Franck Cammas et Charles Caudrelier creusent l’écart avec leurs adversaires et semblent mettre de l’ouest dans leur route pour entrer dans le Pot-au-noir.

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Transat Jacques Vabre. Casse mécanique réparée à bord du Maxi Edmond de Rothschild

Photo du bord envoyée par Ultim Maxi Edmond de Rothschild, skippers Franck Cammas and Charles Caudrelier, pendant la Transat Jacques Vabre 2021, le 12 Novembre 2021. - Maxi Edmond de Rothschild

Le Maxi Edmond de Rothschild domine cette Transat en Ultime depuis le départ avec toujours un léger plus en vitesse. Avec plus de 132 milles d’avance sur leur plus proche poursuivant et 235 milles sur le troisième à la mi-journée, Charles Caudrelier et Franck Cammas sont parvenus à accroitre leur avance en tête de course avant d’attaquer dès demain l’un des passages redoutés de cette Transat Jacques Vabre : le Pot-au-Noir ! Et pourtant, la nuit de notre duo à bord du Maxi Edmond de Rothschild n’a pas été de tout repos, car entrecoupée par une mission bricolage en pleine nuit noire. Cette nouvelle journée de mer, la septième, sera consacrée à faire avancer le maxi-trimaran aux cinq flèches vers le Sud tout en ajustant sa trajectoire vers le point d’entrée choisi pour aborder la Zone de Convergence Inter-Tropicale.

« On se détend un peu ce matin. Ça glisse tout seul et on avance un peu plus vite que les autres donc c’est reposant, tranquillisant », confiait Charles Caudrelier ce samedi matin avant de revenir sur le rythme des premiers jours de course : « Ça fait déjà six jours que nous sommes partis et le temps est passé à une vitesse dingue car nous n’avons pas arrêté de manœuvrer et de bosser à faire avancer le Maxi. Nous n’avons pas vraiment sorti la tête du guidon. Il fallait tout le temps régler, aller vite et penser à la stratégie à venir. Notre cellule routage a fait un super boulot et pour nous, pour l’instant, ils n’ont pas fait une erreur ! Cela nous a permis de creuser l’écart petit à petit avec nos concurrents malgré nos petits pépins techniques. »

Peu avant minuit, les skippers du Maxi Edmond de Rothschild ont contacté leur équipe à terre pour les informer d’une casse mécanique. Impossible de démarrer le moteur et d’effectuer la charge batteries requise. En effet, en course, la propulsion du moteur est bloquée mais ce dernier sert à entraîner les alternateurs pour recharger les batteries et produire l’énergie nécessaire à tout l’électronique embarqué. « Comme d’habitude quand on démarre le moteur c’est que l’on n’a plus d’énergie… », explique d’emblée Charles Caudrelier. Comprenez par-là qu’une fois la casse identifiée le temps était compté pour la résoudre sous peine de « black-out » tant redouté par les marins au large.
« On a bien cru que nous allions devoir faire escale… mais l’équipe a réagi super vite et a été pertinente comme d’habitude ! Nous sommes passés en mode économie d’énergie à bord en coupant tous les systèmes qui pouvaient l’être, Franck a barré et moi j’ai fait deux heures de mécanique en bas. Finalement, miracle ! Une seule des trois vis qui tenaient la pièce était cassée et j’ai pu réparer », détaillait le skipper soulagé d’avoir pu gérer cette situation aussi rapidement. En conclusion, plus de peur que de mal et quelques heures de sommeil de perdues : « Ces nuits-là sont toujours un peu épuisantes car elles cassent le rythme que nous avons mis en place. Ni Franck ni moi n’avons pu nous reposer pendant 6 ou 7h… mais heureusement la deuxième partie de nuit a été bien meilleure. »

« La lumière est magnifique au large du Cap-Vert ! », la carte postale matinale envoyée par Charles Caudrelier révèle pourtant les stigmates d’une nuit agitée à bord du Maxi Edmond de Rothschild. Mais le problème étant résolu et derrière eux, les deux marins savourent ce moment de glisse et les milles ajoutés à leur matelas d’avance au cours des dernières heures. Ils se projettent aussi sur la suite du programme, avec une météo qui s’annonce une nouvelle fois compliquée à décrypter. « Quand on est devant en abordant le Pot-au-Noir, on a beaucoup plus de chance de se faire rattraper… mais c’est le jeu ! » concluait Franck Cammas depuis le cockpit du géant aux cinq flèches.

Positions du samedi 13 novembre à 13h

  1. Maxi Edmond de Rothschild (F. Cammas / C. Caudrelier) à 5 516 milles de l’arrivée
  2. SVR – Lazartigue (F. Gabart / T. Laperche) + 132,8 milles
  3. Banque Populaire XI (A. Le Cléac’h / K. Escoffier) + 235,3 milles
  4. Actual (Y. Le Blevec / A. Marchand) + 240,7 milles
  5. Sodebo (T. Coville / T.Rouxel) + 484,1 milles
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Transat Jacques Vabre. Entre le pot au noir et les îles

Photo du bord envoyée par Class 40 Credit Mutuel, skippers Ian Lipinski and Julien Pulve, pendant la Transat Jacques Vabre 2021, le 11 Novembre 2021. - Credit Mutuel

On ne s’ennuie pas sur cette édition avec des classements qui évolue régulièrement dans toutes les classes. 3300 milles séparent ce soir les premiers Ultimes des derniers Class40. Si les premiers équipages de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre cogitent sur le meilleur point d’entrée dans le Pot-au-noir qu’ils devraient atteindre demain, les derniers se retrouvent à nouveau bloqués dans cette cellule anticyclonique qui les fait souffrir depuis les premiers jours. Après six jours de course, les premiers signes d’usure apparaissent à bord des bateaux et la fatigue met les marins à rude épreuve.

Imoca : chaud devant
Ça bombarde vers le sud et c’est le nouveau plan Verdier 11th Hour Racing Team – Mālama, mis à l’eau en août dernier, qui fut le plus rapide de la flotte ces dernières 24 heures avec près de 427 milles parcourus. L’écart se réduit en tête de flotte et des matchs se dessinent à tous les étages. Ils sont désormais six à se battre aux avant-postes (LinkedOut, Charal, Apivia, Initiatives-Coeur, Arkea-Paprec, 11th Hour Racing Team – Mālama) à l’approche des Canaries, dont le passage s’annonce déterminant. Joint à la vacation ce matin, Charlie Dalin (Apivia) nous explique. “Nous allons décider où nous allons passer en fonction des dernières prévisions météo. Ce n’est pas forcément simple car il y a les dévents à gérer, des zones de vent faibles, des accélérations, des bandes dans lesquelles nous n’avons pas le droit de naviguer, du trafic, il faudra prendre en compte tout cela dans nos choix.” Un programme bien chargé donc pour les marins qui travaillent d’arrache pied sur leurs machines pour ne pas laisser s’échapper l’opportunité de s’échapper par devant pour les uns, de rattraper les premiers pour les autres.

Ocean Fifty : le jeu des îles
Les passages des îles sont une partie cruciale de cette descente vers l’équateur. L’option prise par Koesio à Madère avait permis au 50 pieds violet de s’échapper et prendre une avance de plus de 50 milles sur ses concurrents. A ce jeu, c’est Primonial qui fut vainqueur aux Canaries avec le choix de faire un long bord de tribord dans l’ouest avant d’empanner direction le sud, évitant ainsi le dévent des îles espagnoles qui s’étend actuellement sur plus de 100 milles. “Nous sommes contents du décalage latéral. Erwan (Le Roux – Koesio) a pris un risque entre les îles que nous comptons bien exploiter avec Primonial ! Ils ont eu de la réussite quand nous nous en avons eu moins avant Madère, les écarts étaient impressionnants et flippants ! Mais le jeu des îles se réouvre !” explique Thibault Vauchel-Camus dans un mot du bord envoyé cette nuit.” Le décalage est ou ouest pourrait être décisif pour aller chercher le point d’entrée du Pot-au-noir.” ajoute-t-il.

Ultime : cap sur le Pot-au-noir
Le tandem Charles Caudrelier / Franck Cammas file bon train toujours bâbord amures cap au sud vers la zone de convergence intertropicale dans laquelle ils devraient rentrer au fur et à mesure à partir de demain. Aussi, le programme du jour pour les quatre duos de tête sera de trouver le meilleur point d’entrée dans cette zone synonyme d’instabilité. Derrière, Thomas Coville et Thomas Rouxel ont repris leur course hier et accusent un retard de 480 milles sur les leaders. Les deux marins, évidemment marqués et frustrés par cet incident, racontaient. “Nous avons eu envie de continuer, donc nous sommes repartis et quelques heures après nous étions à 30 nœuds dans les alizés. Nous sommes évidemment frustrés, mais super contents. Frustrés car nous sommes des compétiteurs, mais nous nous sommes vite dit que nous avions beaucoup de chance de faire cette transat, nous devions aussi continuer pour toute l’équipe qui a œuvré pour cela et pour tous ceux qui nous soutiennent. Nous sommes poussés par quelque chose qui nous dépasse, au-delà du métier ou de la compétition.” Une course pour l’instant entre parenthèses pour Sodebo Ultim 3, mais la route jusqu’à Fort-de-France est encore longue.

Class40 : Retour du vent
Les premiers 40 pieds glissent enfin vers le sud dans les alizés portugais. La flotte des 40 pieds n’osait même plus l’espérer tant les conditions jouaient avec leurs nerfs depuis le départ. Dans un message reçu depuis Banque du Léman, le duo nous explique la situation. “Certains bateaux sont revenus ou reviennent très fort de derrière aussi ! Le vent devrait gentiment commencer à se calmer bientôt, ça fera aussi du bien de retrouver des bateaux un peu plus vivables, je sens qu’il va y avoir des grosses siestes à bord ces prochains jours car nous sommes beaucoup à avoir entamé un peu les réserves !” Les conditions qu’ils ont dues affronter ces six derniers jours étaient épuisantes et le retour du vent signe le début d’un rythme plus stable à bord. Plus au nord, alors qu’ils étaient nombreux à s’être décalés dans l’ouest de la dorsale, ils ne sont plus que deux. Serenis Consulting et E. Leclerc Ville-la-Grand n’ont pas pu prêter de la porte de passage dans la dorsale pour rejoindre les vents portants et se trouvent donc à nouveau englués et pourraient ne pas rejoindre le peloton de suite.

CLASSEMENT 13 NOVEMBRE – 08h

CLASS40

  1. La Manche #EvidenceNautique – Distance arrivée 3424,5
    2.Redman – Distance arrivée 3428,26
  2. Edenred – Distance arrivée 3432,12

OCEAN FIFTY

  1. Primonial – Distance arrivée 3882,16
  2. Koesio – Distance arrivée 3888,86
  3. Leyton – Distance arrivée 3954,36

IMOCA

  1. LinkedOut – Distance arrivée 4242,04
  2. Charal – Distance arrivée 4266,96
  3. Apivia – Distance arrivée 4267,72

ULTIMES

  1. Maxi Edmond de Rothschild – Distance arrivée 5634,8
  2. SVR – Lazartigue – Distance arrivée 5735,35
  3. Actual Ultim 3 – Distance arrivée 5785,37

VIRTUAL REGATTA
CLASS40 – 1. Solaris31_FullSave
OCEAN FIFTY – 1. Mijn Vlakke Land
IMOCA – 1. Freizh Volante TPN
ULTIME – 1. PassTaga

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Départ de Blue Observer, l’ancien Hadrien de VDH part en mission

Eric Defert part sur l’ancien bateu de VDH pour une mission de 3 mois sous la coordination d’OceanOPS* (centre international de l’Organisation Météorologique Mondiale et de la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO). Le voilier français Blue Observer va déployer une centaine de flotteurs profilants Argo pour le compte des États-Unis, du Canada et de l’Europe (France, Allemagne, Pays-Bas sur cette mission).

Ces déploiements contribueront à maintenir la distribution optimale des flotteurs existants dans l’Atlantique. Cette mission inédite est financée par la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et son partenaire Woods Hole Oceanographic Institution, par le programme Argo du Canada et par l’infrastructure européenne de recherche Euro-Argo. Cette dernière coordonne depuis l’Ifremer à Brest, la contribution européenne au programme Argo (composée de 12 pays européens) dont l’objectif est de maintenir 25% du réseau de flotteurs Argo. L’appareillage est prévu à Brest le dimanche 14 novembre prochain. La durée de la mission est estimée à 3 mois, soit environ 99 jours de mer. L’équipage débutera par une transatlantique, en direction de Woods Hole (Massachusetts-États-Unis), où il chargera 80 flotteurs de plus, puis poursuivra sa route en Atlantique sud en direction de l’île de Sainte-Hélène, au large de la Namibie, et le tout à la voile ! Il est également prévu sur cette expédition des prélèvements d’aérosols en haute mer pour le compte de l’Université de Laval (Canada) et l’Institut de Chimie de Clermont-Ferrand.

En mars 2021, Blue Observer a racheté un voilier mythique, l’ex Adrien. Basé à la Rochelle et en vente depuis plusieurs années, ce bateau de légende est un plan Vaton dessiné pour VDH et construit au chantier Gamelin en 2002. Il fut ensuite rebaptisé L’Oréal puis Tahia avec la navigatrice Maud Fontenoy et sa fondation.

En avril dernier, le voilier a été convoyé jusqu’à Brest, son nouveau port d’attache, au programme, 6 mois de travaux pour la rénovation complète du voilier en aluminium : révision du gréement, sortie d’eau, hydrogommage, peintures, création d’un laboratoire dédié aux scientifiques embarqués, travaux d’aménagement intérieur nécessaires pour accueillir un équipage de 6/7 personnes, composé de marins, ingénieurs, scientifiques et mediaman. Les travaux ont été réalisés avec les entreprises du territoire.

Blue Observer peut s’appuyer sur un bateau fiable pour mener à bien ses missions océanographiques
décarbonées. Les équipements, le matériel, les innovations technologiques, l’appareillage sur mesure mis
en place et validés par les scientifiques, en font à ce jour une plateforme unique et optimale sur le marché
international.

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Mini-Transat. Pierre Le Roy remporte la deuxième étape et la Mini-Transat

Pierre Le Roy remporte la deuxième étape en proto de la Mini-Transat et cette édition de la Mini-Transat. Il est arrivé ce vendredi à 14h02 avec une grosse dizaine d’heures d’avance sur son poursuivant le plus proche. Troisième à l’issue de premier acte à seulement 1h09 du leader Tanguy Bouroullec, le skipper de TeamWork a fait preuve de panache et de détermination lors de ce deuxième acte en optant pour une trajectoire extrême au sud. Un choix stratégique à la fois audacieux et engagé qui lui a permis aujourd’hui de décrocher une belle victoire d’étape mais aussi la première place au classement général (avant jury). Un succès qu’il dédie à son père. Ses déclarations à chaud.

La bagarre se poursuit à tous les étages au sein de la flotte de la 23e Mini Transat EuroChef. Chez les Proto, Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre devrait boucler à son tour les 2 700 milles de la seconde étape entre Santa Cruz de La Palma et Saint-François dans la soirée (en milieu de nuit heure de Paris) avec, dans son sillage la triplette Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo) – Sébastien Pebelier (787 – Décosail) – Irina Gracheva (800 – Path) dans un ordre qui pourrait encore évoluer. Chez les Série, le match n’en finit plus de s’intensifier même si Hugo Dhallenne (979 – YC Saint Lunaire), qui continue sa folle remontée et pointe désormais dans le trio de tête, est en train de frapper fort… et sans doute de s’assurer la victoire finale.

Vous réalisez le doublé étape – épreuve. Il y a-t-il des moments où vous avez douté ?

« J’ai stressé pendant quatre jours. J’étais convaincu de mon option au sud. J’étais convaincu, et à juste titre, que mes adversaires étaient au nord. J’imaginais que j’allais les aligner tous au fur et à mesure derrière moi mais tant qu’ils ne se recalaient pas, je ne pouvais pas savoir dans quelle mesure ils restaient dangereux. Jusqu’au bout j’ai craint de voir le spi rouge de Fabio (Muzzolini) apparaître au dernier moment, comme lors de la première étape. Je ne voulais pas que ça se reproduise. Je me suis donné comme un fou jusqu’au bout. Même la dernière nuit, j’ai tartiné tout ce que je pouvais. Il n’y avait pas de doute ! Je voulais gagner ! »

En quittant les Canaries, vous étiez trois quasiment à égalité. On savait que cette deuxième étape serait déterminante…

« On avait beaucoup parlé du match en Proto. Il était très attendu. Je suis content parce que ça ne s’est pas joué sur des questions de vitesse. Ça s’est joué sur des choix météo. J’avais mon plan bien en tête. Je me suis basé là-dessus. Je me suis fait confiance. Au départ de La Palma, je m’étais dit que soit je gagnais la course avec panache, soit je cherchais à faire « safe » en m’alignant derrière les trois autres, ce qui n’aurait servi à rien. »

Descendre jusqu’à 12° Nord a considérablement rallongé votre route. C’était un choix hardi mais aussi très engageant. Ça n’a pas dû être si simple à assumer ?

« Je me suis dit que je ne pouvais pas naviguer en jouant la carte de la sécurité. Je ne voulais pas arriver en Guadeloupe en me disant qu’en fait je savais ce qu’il fallait faire et que ne l’avais pas fait. Je ne savais pas où étaient les autres mais j’ai poussé fort au sud. J’ai vraiment attaqué. Ça n’a effectivement pas été si facile, physiquement et psychologiquement. En étant très bas en latitude, j’ai pris plus de sargasses que les autres. J’ai passé 48 heures à me battre contre ces algues. Je n’ai pas dormi pour les enlever, un coup des safrans, un coup de la quille. Je n’ai fait que ça. Je me suis mis dans un état… En bateau, je ne m’étais jamais fait mal comme ça. Je me suis fait mal comme jamais. »

Au départ des Sables d’Olonne vous aviez indiqué espérer devenir un meilleur marin en faisait cette Mini Transat. Est-ce le cas ?

« Je ne sais pas mais je suis satisfait de ce que j’ai fait. Je vais parler d’un truc personnel. Je ne le fais jamais d’habitude mais là ça me tient à cœur. Il y deux ans, lors de ma première participation à la course (il avait terminé 5e en Série, ndlr), il y avait mon père à l’arrivée. L’année dernière, je lui ai dit que lorsqu’il serait remis de sa maladie, on irait ensemble faire un tour sur le bateau. Il est parti la semaine où j’ai eu la coque. J’ai pensé à lui tout le long, comme jamais avant. Cette victoire, elle est pour lui. Les ressources que j’ai eues sont venues de là. Tout ce que j’ai donné c’était pour lui rendre hommage. »

On imagine que c’est d’autant plus de fierté pour vous…

« C’est en tous les cas comme ça que je voulais que ça se passe. En étant solide sur l’aspect météo et en ne lâchant jamais rien. Je me suis fait mal mais c’est comme ça que je voulais gagner. Je suis content de la manière dont j’ai navigué. Être en mer, j’adore ça. Je ne fais que ça depuis deux ans et j’adore ça. J’espère vraiment continuer à naviguer par la suite. Je suis dingue de la course au large. »

Justement, quelles sont vos envies à présent ?

« J’aimerais bien faire du bateau plus gros avec des ordinateurs à bord pour pouvoir affiner les routages. Ce que l’on fait sur les Mini est un peu artisanal, même si c’est très bien pour apprendre. J’ai plein d’envies. La Route du Rhum, ce serait incroyable, le Vendée Globe plus encore même si c’est une grande marche à franchir. Ce sont des sujets dont je vais discuter avec mes partenaires. J’en profite pour les remercier de m’avoir suivi, d’avoir cru en moi. Je vais essayer de goupiller ça l’année prochaine pour essayer de continuer à naviguer. Je suis tellement bien en mer ! »

Un mot sur votre bateau ?

« Il est incroyable. David Raison a créé un truc remarquable. Le bateau plane en permanence. Dans 15-16 nœuds de vent, il ne fait que voler. Je veux vraiment rendre hommage à son architecte mais aussi à tous les gens qui ont participé à son assemblage. Je pense à ces artisans qui ont des savoir-faire incroyables mais aussi à Cédric Faron qui m’a aidé à tout fusionner. TeamWork n’a été mis à l’eau qu’en février dernier et je m’y suis hyper attaché. C’est une belle histoire écrite ensemble »

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