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Premier jour du spi … dans la pétole

Championnat du Monde Mumm 30
DR

Au programme ce matin, vent faible, voire inexistant (moins de 1 nœud) de secteur Nord-Est à Sud-Est. Les 500 bateaux sont néanmoins sortis ce matin pour rejoindre la baie de Quiberon, le coefficient de marée les obligeant à quitter le port à l’heure prévue. L’attente sur l’eau a duré près de trois heures.
«Les prévisions changent trois fois par jour. Cela va tellement vite que c’est extrêmement compliqué de réaliser une prévision à peu près fiable, même à court terme» poursuit Gilles Bricout, le monsieur météo de la Société nautique de la Trinité-sur-Mer.
Samedi, la météo devrait mieux se prêter au jeu de la régate. De quoi réaliser plusieurs courses dans la journée. « Pas plus de trois et peut être moins, confie Christophe Gaumont. Nous préférons lancer deux belles courses qu’en faire courir trois tordues… ».
A 12 heures 30, Jean-Paul Vallégant, le président du comité de course du rond C qui rassemble les IRC 1, IRC 2, IRC 3 et IRC 4, les « gros » bateaux de la flotte, a pu lancer toutes ses procédures de départ dans cinq à six nœuds de vent. La flotte est partie pour le parcours côtier « numéro 2 » des instructions de course. Un parcours de 20 milles emmenant la flotte devant Houat, la Sud Méaban , avant de la ramener vers le bateau comité.
Sur les Ronds A et B, Christophe Gaumont et Bernard Richomme ont attendu que le vent rentre pour envoyer les premières manches des monotypes et des petits IRC.
A 14 heures, toutes les zones de course ont touché de l’air. Sur le Rond A dernier servi, Bernard Richomme a pu donner son premier départ pour les IRC 5 et les First Class 8. Ils ont couru sur un parcours « super banane » dans un vent très léger de 3 à 4 nœuds.

Un plateau varié et relevé
Pas moins de dix séries engagées sur le Spi Ouest France Bouygues Telecom s’affrontent en baie de Quiberon. Petit état des forces en présence:

Monotypes :
52 J 80 et une trentaine de First class 8 vont se disputer la victoire. L’équipe de France militaire ainsi que Benoît Charon semble idéalement placés pour truster les premières places.
IRC 1 :
Catégorie reine où les favoris sont pléthores. Stéph  ane Nevé sur le Sinergia 40 Paprec Recyclage semble de nouveau affûté pour l’emporter mais il faudra compter sur le nordiste Gery Trentesaux, l’ancien figariste, à la barre de son First 44,7. D’autres matchs passionnants sont annoncés notamment le duel entre les IMX 45 et les Swan 45.
IRC 2 :
50 engagés dans cette classe. Mais un trio infernal risque de monopoliser l’attention. Le First 34,7 TBS mené par Pierre Follenfant, l’A 35 de Cyril Legloahec et Erwan Dubois sur son JPK 1100 devront cependant se méfier d’adversaires qui ne se laisseront pas distancer si facilement.
IRC 3  et 4 :
Le rochelais Philippe Massu fait figure de favori ainsi que Jean-Michel Carpentier dans des classes marquées par la domination des JPK 960 et la participation record des First 31,7.
IRC 5 :
Avis aux nostalgiques des premiers « Spi ». Dans cette classe, on court au nom du souvenir.
A suivre : Jean-François Nouel sur le Super Arlequin Hakuna Matata, Jean-Michel Viant sur le Super Challenger Ginko et le Nicholson 33 Iromiguy barré par Jean-Yves Château.
Open 7,50 :
La classe des « stars ». En effet, le public pourra sur cette série croiser de grands noms de la voile. Thomas Coville, Franck Cammas, Yann Eliès ou Marc Guillemot notamment seront présents sur le plan d’eau, ce qui augure quelques belles joutes en perspective.
Grand Surprise :
46 inscrits cette année dans cette série en plein essor. Parmi eux, de nombreux régatiers amateurs qui devront se méfier d’un équipage exclusivement féminin de très haut niveau mené par Claire Leroy, nominée parmi l  es quatre meilleures régatières de l’année 2005 par l’ISAF.
Mumm 30 :
Les prétendants à la victoire au Tour de France à la voile seront presque tous là avec en tête de la flotte Pierre-Loïc Berthet, le champion du Monde, qui tiendra, sans aucun doute, à faire honneur à son rang.

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L´analyse de Roland Jourdain

Veolia R Jourdain JL Nellias
DR

La météo ?
Roland Jourdain : « Je pense que nous sommes sortis du trou de vent. Là, nous bénéficions d’un vent stable de 5 – 6 nœuds de Sud Ouest. Cette nuit, ça a tourné dans tous les sens, nous avons changé de voiles et d’amure (position et réglage des voiles par rapport au vent, ndr) plusieurs fois. Il y avait même de l’orage. Mais je pense que le plus dur est passé. »

Le moral ?
Roland Jourdain : « Nous avons bien géré la course depuis le début en enchaînant beaucoup de petites siestes. La journée d’hier a été un peu plus difficile : nous étions contents d’être en tête le matin, et nous avons vu arriver tout le monde sur nous, c’est un peu dur pour les nerfs. Finalement, la flotte est restée bloquée.  
Nous essayons de rester zen. A nous deux, il y en a toujours un pour rappeler à l’autre telle ou telle course au schéma similaire, ça aide à prendre du recul. »

Après Madère ?
Roland Jourdain : « Il semblerait qu’il y ait un peu de vent, mais rien de très fort ni franchement établi. Se serait plutôt du vent portant (vent soufflant de l’arrière, ndr) faible. Nous ne prévoyons donc pas de nous arrêter à Madère pour prendre de l’eau mais nous avons déjà commencé à nous rationner en nourriture – et c’est dur ! – et nous récupérons l’eau de pluie. »

Content d’être en course en Figaro  ?
Roland Jourdain : « C’est génial ! La régate au contact est passionnante, on s’éclate vraiment. C’est une bagarre tactique et technique de haut niveau. Les deux premiers jours sous spi  furent du pur plaisir ! »

L’équipage Veolia pointait en 7ème position ce vendredi matin à 86 milles de Madère. Le duo Roland Jourdain / Jean-Luc Nélias estime passer la marque de parcours obligatoire au large de Porto Santo (Archipel de Madère, au large du Maroc) vers 3 – 4 heures du matin, demain, samedi. 

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Geronimo continue sa progression vers le sud

Geronimo 2005
DR

Avant de partir Larry Rosenfeld estimait que : « aller de San-Francisco à Yokohama, c’est prendre l’autoroute à contresens. » Jusque hier, la route empruntée par Geronimo était pourtant plus proche du chemin de traverse que de la Route 66. Pas d’air sur la ligne, une mer cassante pour s’éloigner des côtes californiennes, les débuts de ce parcours entre San Francisco et Yokohama n’auront donc pas été de tout repos pour l’équipage de Geronimo. Un mal nécessaire selon les propres termes d’Olivier de Kersauson : « Ce n’est jamais simple de sortir des côtes californiennes. À cause du relief et du désert, les dépressions restent souvent bloquées le long des côtes. Je savais que le début du parcours allait être difficile. La mer était dégueulasse avec une houle de quatre à cinq mètres sur une fréquence très courte qui nous a obligés à être extrêmement vigilants. Maintenant, nous sommes sortis de cette zone nous allons normalement pouvoir profiter d’une fenêtre météo qui ne se représentera pas avant 15 jours. » Pour rejoindre Yokohama et le Japon, Geronimo plonge pour le moment vers le Sud pour trouver des vents et des courants portants. « La voie directe n’est pas envisageable, » nous précise le skipper du maxi trimaran qui, aidé du routeur américain Larry Rosenfeld, détermine la route à suivre. « Larry connaît bien le Pacifique et dispose d’informations assez complètes. Malgré l’étendue de la zone à couvrir, le Pacifique est un zone relativement bien surveillée et les informations que Larry obtient son globalement très fiables. » Ce matin, après un peu plus de 36 heures de course, Geronimo progressait à une vitesse moyenne de 20 noeuds toujours dans une option très au Sud de la ligne directe afin d’éviter les nombreuses dépressions creuses et rapides situées plus au Nord tout en profitant d’un flux d’est à partir de 30° nord.

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Carnet de Bord

CarnetDeBordAg2rBrossard
DR

Bientôt une semaine de course sur cette 8ème édition de la Transat AG2R et rien n’est joué. Alors que les premiers jours ont été musclés, le manque de vent entraîne maintenant un regroupement des bateaux en tête de course. La valse des leaders risquent de continuer pendant encore un bon moment. Point sur la situation depuis le bateau Brossard avec Fred Duthil, ce matin à 7 heures.

« Cette nuit, c’était très mou, avec un vent erradique qui n’arrêtait pas de changer en direction et en force, on avait 4-5 nœuds pas plus ! Du coup on est resté à la barre et aux réglages comme la nuit dernière. Une position pas facile car il faut être sans cesse sur le coup.

Ce matin, le vent est 140-130°, au Sud Est donc, c’est ce qui était annoncé. Pour le moment l’option a l’Est s’avère la moins mauvaise puisque le vent adonne ! Maintenant d’ici demain, il va y avoir une bascule à l’Ouest donc on va se retrouver en dessous à nouveau. Logiquement, c’est le peloton à l’Ouest qui devrait passer devant.

On a retouché un peu de vent depuis ½ heure, ça monte doucement. On est sur la route, au près. Nous avons environ 10 nœuds de vent et on commence à ouvrir les voiles ! C’est bon signe.

Il reste une centaine de milles avant Porto Santo, on devrait y arriver d’ici demain dans la soirée ou en milieu de nuit. Je ne me risquerai pas à faire des pronostics.

Nous gardons le moral, cette première portion de course est incroyable. Je pense qu’il va y avoir un retour à la case départ assez rapidement ». Fred Duthil

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Regroupement de la flotte sur l´AG2R

Yannick Bestaven - Aquarelle.com
DR

La valse des leaders continue sur cette 8e Transat AG2R, dont les 26 équipages encore en lice sont en proie depuis 24 heures au manque de vent. Au large du Maroc, le peloton de tête d’hier avec le Bostik de Charles Caudrelier et Nicolas Bérenger, le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias et le Groupe Bel de Kito de Pavant et Pietro D’Ali bute dans une bulle sans vent. A la vacation de 5h ce matin, Nicolas Bérenger raconte « une mer glacis, avec un gros grain devant dans lequel on ne sait pas ce qui va se passer». On dirait un Pot au noir des mauvais jours…
Du coup, légèrement décalés dans l’est par rapport au gros de la flotte, Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com) sont passés en tête au pointage de 4h. Mais ne fanfaronnent pas pour autant, car comme dit joliment Ronan Guérin : « on est en tête avec zéro mille d’avance ».
Sous les nuages, entre les grains, on joue à chasse risée pour atteindre poussivement au final des moyennes comprises entre 4 et 5 nœuds, presque trois fois moins rapides que pendant la furie des trois premiers jours de course. Et Saint-Barth’ est encore à 2775 milles… Les bateaux légèrement attardés en ont profité pour recoller et les positions aux classement pourraient bien encore jouer au yoyo au moins toute cette journée de vendredi.
L’espoir ? La dépression peu active qui génère cette panne de vent devrait se décaler lentement vers l’est et des vents de 5 à 10 nœuds pourraient s’établir par l’ouest.

Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Ronan Guérin (Aquarelle.com), leader : “On est premiers avec zéro mille d’avance ! Maintenant c’est sur qu’il vaut mieux être ici que derrière. On navigue dans des conditions de pétole, sous des grains, c’est un peu mou l’histoire ! Mais on réussit tout de même à avancer sur l’objectif de Porto Santo et ce matin on est accompagnés de dauphins. A part ça, on navigue un peu comme on joue à la console de jeux : avec la télécommande du pilote automatique, on cherche le meilleur angle au degré près. Mais le plus compliqué reste à venir : il n’y a pas d’alizés établis après Madère donc la route directe vers Saint-Barth’, c’est fichu ! Il y aura des dépressions, de la pétole, un peu de tout !
 
Nicolas Bérenger (Bostik), 3e à 0,6 milles :  « Depuis 24 heures, c’est la cata complète, on est dans la pétole… La mer est glacis, on a un énorme grain devant nous et je ne sais pas ce qui va se passer. On butte dans une bulle et ça tasse par l’arrière  (les bateaux de derrière reviennent, ndr). On a Veolia à droite et Groupe Bel à gauche et ce sera la loterie pour voir qui sortira le premier. Ce serait injuste que ce ne soit pas un de nous trois qui passe premier à Madère, car c’est nous qui naviguons le mieux depuis le début, je trouve. »

Les leaders à 4h00
1 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 2775,3 milles de l’arrivée
2 – Kito de Pavant/Pietro D’Ali (Groupe Bel) à 0,5 milles du premier
3 – Charles Caudrelier/Nicolas Bérenger (Bostik) à 0,6 milles de l’arrivée

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Encalminés

Gildas Morvan - Cercle Vert
DR

« Il y a un mur devant nous ». Le mot est de Gwen Riou, (Suzuki Automobiles). Il résume brutalement la situation : panne d’énergie motrice. Vent quasi inexistant ou si faible qu’on ne sait plus quelles voiles choisir pour tenter d’avancer encore un peu. Au classement de 16h ce jeudi, un coup d’œil aux moyennes de vitesse confine à la cruauté : à peine plus de 3 nœuds pour la majorité des 26 Figaro Bénéteau encore en course. Oubliées les moyennes supérieures à 10 nœuds. En équation terrestre, ils avancent à 5km/h, alors qu’il reste plus de 5200 kilomètres à courir (2823 milles pour le leader)…

Le leader, c’est encore Bostik justement. Décidément très régulier aux avants postes, le monocoque de Charles Caudrelier et Nicolas Bérenger, a repris l’avantage sur le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nelias et sur le Cercle Vert de Gildas Morvan et Erwan Tabarly pour… 0,5 milles, soit 900 mètres. A la vacation de ce midi, derrière la voix de Roland Jourdain alors en tête, on entend le bruit caractéristique des voiles qui claquent en cherchant d’où vient le vent… « On n’a pas la tête déformée par la vitesse, c’est sûr !» rigole Bilou, « en fait on n’avance pas et je ne sais pas combien de temps ça va durer ».

On avait raison hier d’annoncer qu’aucun écart n’était décisif. C’est encore davantage le cas aujourd’hui, puisque ceux de l’arrière, qui ont bénéficié de vent établi plus longtemps, en ont profité pour refaire une grande partie de leur retard. Ce soir, sur une flotte de 26 bateaux, 18 se tiennent en moins de 9 milles d’écart !

« Style pot-au-noir »

«Depuis la nuit dernière, on a des conditions style pot-au-noir», résume Alexia Barrier (Roxy), « il y a des grains un peu dans tous les sens, de la pétole. Nous sommes à côté de Brit Air et Siemens et c’est la loterie sous les nuages pour les uns et les autres ». Ca s’en va et ça revient. A chasse risée, un coup on gagne, un coup on perd…. « Tiens, Cercle Vert a un poil plus d’air que nous, ils sont en train de nous passer », raconte Roland Jourdain. A bord du bateau concerné, Erwan Tabarly acquiesce : « on a touché une risée, 5 nœuds de vent ». Pas de quoi s’enflammer.

Jeanne Grégoire (Banque Populaire) fait contre mauvaise fortune, mot d’algèbre: « il n’y a plus que 180 milles pour Porto Santo, mais on va peut-être mettre autant de temps pour l’atteindre que celui qu’il nous a fallu pour venir ici » (880 milles parcourus, NDR). « Autour de nous, tout le monde a changé cent fois de jeux de voiles et au final, il n’y en n’a pas un plus performant que l’autre ». Sous spi pour les uns, sous génois pour d’autres, chacun cherche son salut en priant sa bonne étoile.

Après ? « La dépression peu active se forme entre les Açores et Madère et les concurrents en subissent les effets », annonce Louis Bodin, le météorologue de la course. « Le vent qui tournera au secteur Est ne dépassera guère 5 nœuds La nuit prochaine s’annonce donc très délicate ». Et la nuit prochaine.

Demain vendredi, cette même dépression peu active engendrera des vents toujours très faibles. « Il est possible que le vent revienne par l’ouest pour s’établir plus régulièrement ensuite de secteur nord à nord-ouest, 5 à 10 nœuds, mais je parle au conditionnel », poursuit Louis Bodin. Traduction brutale : bien malin qui pourrait dire quand les premiers arriveront à Porto Santo. Et s’ils pourront en ressortir facilement car « après, ça parait bien aléatoire aussi » soupire Jeanne Grégoire.
Après les longs runs de vitesse, place à la guerre des nerfs et aux micro-réglages. En veille sur le pont à l’affût du moindre souffle. Au menu de la flotte ce soir, c’est nuit câline nuit d’échine.

Ils ont dit :

Adrien Monsempes (Port Olona) : « Très belle journée, ça se passe très bien. On a encore 10 nœuds de vent. Le début de course a été très très rapide, on a eu un peu de mal à rentrer dedans et à suivre le rythme mais depuis, on essaie de rattraper et on va essayer de profiter du fait que ça mollit devant. Ce sera pour tout le monde pareil mais on va tenter de profiter de la journée. On a un peu de mal à réaliser, c’est notre première traversée »

Damien Seguin (Des pieds et des mains), papa d’un petit Etann depuis avant-hier : « C’est vraiment génial ! J’ai pu recevoir une photo du petit et sa maman, c’était la séquence émotion ! Après les deux jours difficiles du départ, ça m’a donné du soleil, regonflé le moral à bloc.. C’est un peu dur de se concentrer sur le moment avec une nouvelle pareille, mais on a rebordé les voiles et on est reparti. Ça donne envie d’arriver encore plus vite en Guadeloupe (c’est l’émotion ! la course va bien à Saint Barth’ NDR) pour les retrouver. C’est ce qu’on fait, sous spi très serré, à encore 8, 9 nœuds. »

Alexia Barrier (Roxy) : « On a des conditions style pot-au-noir merdique. Faut prendre patience… Il y a des grains un peu dans tous les sens, de la pétole. On est à côté de Siemens et Brit Air et c’est un peu la loterie sous les nuages pour les uns et les autres mais au final il n’y a pas trop de changements. Pour ma première course en Figaro, j’ai un bon prof : elle est cool, patiente, on a fait quelques bêtises sous spi au début mais maintenant ça va. On s’est calées sur une ou deux heures de barre suivant l’état de fatigue et on manœuvre à deux, d’ailleurs j’entends qu’il faut que j’y aille… à bientôt ! »


Yannick Bestaven (Aquarelle.com) : « A l’est c’était pas trop mal ces dernières heures, j’ai vu ce matin qu’on avait repris 20 milles sur le premier. On a encore de l’air, au reaching sous génois. Ce matin on a eu un petit arrêt-buffet mais pas trop long et on est repartis. On a sorti les shorts. Les nuits sont tranquilles bien reposés, on va arriver à Porto Santo en forme pour la traversée de l’Atlantique, ça risque d’être pétoleux aussi. Si on est arrêté devant Porto Santo, j’irai peut-être à la nage faire les courses et acheter du pain ! Les derniers modèles nous font passer à Porto Santo dans la nuit du 14 au 15, ensuite… on va vers de la molle donc c’est très aléatoire de définir une ETA précise »

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Interview de Jean-Marie Finot, architecte

Jean-Marie Finot
DR

Après six ans d’abstinence en 60 pieds, ça doit faire plaisir ce nouveau Generali !
Non je ne le vois pas comme ça. Cela fait 40 ans que je dessine des bateaux… Je les dessine pareil, toujours aussi c… D’autres confrères ont dessiné des bateaux similaires même un peu plus pires parfois… Nous on suit quand même une certaine logique. Dessiner un bateau Open, c’est faire un peu plus que l’autre (plus de voilure, plus de stabilité, plus d’études,…). Plus sérieusement, oui ça me fait très plaisir et à Pascal aussi. Nous avons travaillé avec succès par le passé pour Patrick Eliès, le père de Yann. C’est un copain et avec Gilles Ollier on se connaît de longue date aussi.

Quoi de neuf sur le plan de la conception du bateau ?
On a eu plus de moyens que d’habitude pour étudier le bateau, faire de essais en bassin de carène, des simulations informatiques sur des carènes. On regarde aussi ce qu’ont fait les autres (architectes, ndlr) ces dernières années. Ca fait réfléchir.

Les outils d’analyse ont progressé ?
Ah oui, c’est sans commune mesure. En bassin on a découvert des choses, certaines que je connaissais déjà, mais mieux quantifiées. Aux essais en bassins sont associés des codes. Ca donne des éléments !  

La jauge IMOCA a changé ?
Sur le plan de la sécurité un peu. Ca a mis des limites à la quantité d’eau embarquée dans les ballasts. Mais à mon avis c’est encore insuffisant.

Au détriment de la puissance des voiliers ?
Non. La tendance semble aller à des bateaux plus raides encore que les précédents.

Le Generali sera globalement un super PRB.
Non. Pas du tout. Pascal Conq a fait des améliorations profitables au voilier pour le dernier Vendée Globe mais il y avait des choses, à commencer par la coque, qu’on ne pouvait pas changer.

On va poser la question différemment. C’est comment un bateau gagnant au Vendée Globe ?
Un bateau qui arrive au bout.

D’accord mais en combien de temps. 80 jours ?
Ah oui c’est faisable sans problème !

Avec une prédilection pour certaines allures ?
Generali ira plus vite que nos précédents IMOCA à toutes les allures.

Combien de 60 pieds avez vous dessiné avant Generali ?
Je ne sais plus exactement. Le 15ème je crois. Peut-être plus…

Le premier s’appelait justement Generali, construit pour Alain Gautier engagé dans le premier Vendée Globe.
Absolument. Il était en aluminium et pesait 13.5 T

Aujourd’hui, c’est deux fois plus léger et ça va deux fois plus vite !
Ah non, vous exagérez. Aujourd’hui, on rêve aux 8 tonnes et le bateau va 20 à 30% plus vite. Ca dépend évidemment des allures ! Je me souviens à l’époque on arrivait à atteindre la vitesse du vent vers 13 nds. Maintenant  par 16 nds de vent, on atteint 16 nds et + au speedo. Avec un bateau plus grand on arriverait à 20 nds de vitesse avec un vent de 20 nds.

Les paramètres de performance n’ont pas changé !
Non. Ce sont le rapport poids/puissance, un minimum de traînée et toujours plus d’ergonomie et de facilité d’usage. 

La technique a évolué ?
Pas vraiment. Le bateau sera construit avec les mêmes matériaux (sandwich carbone) que ceux utilisés pour PRB. Il y a des variantes au niveau des structures, des modifications de ci de là mais rien de révolutionnaire. 

Un mot sur le chantier ?
Multiplast a beaucoup de savoir faire. En plus il a une grosse qualité… Il est à 100 m de nos bureaux (installés depuis l’an passé à Vannes, ndlr). C’est la première fois que je vais construire un voilier aussi près de mon lieu de travail.

Le prochain Vendée Globe s’annonce d’un niveau encore jamais atteint avec une pléiade de candidats à la victoire. Ca vous inquiète ?
Je m’en f… Nous on essaye de faire le meilleur bateau, compte tenu du règlement et des souhaits du coureur. Le reste m’est indifférent. Ce qui m’inquiète plutôt, c’est la volonté délibérée, et aussi bien compréhensible, des coureurs d’allers toujours plus loin, plus vite… Il faut rester modeste devant le Vendée Globe.

Vous aurez d’autres nouveaux 60 pieds au Vendée Globe ?
C’est vraisemblable.

Une dernière question. Comment se répartissent les tâches au sein du cabinet entre Finot et Conq ?
Jean-Marie…, il ne fait pas grand-chose… C’est Pascal qui fait tout. Disons que Pascal est méticuleux et qu’il aime bien aller au bout de ce qu’il a commencé. Et moi j’essaye de voir l’ensemble des problèmes, de classer les choses dans l’ordre, bref d’avoir une vision globale… J’amène mon petit grain de sel dans l’histoire… Je fais un peu plus de recherche, j’observe. En un mot, heureusement que Pascal est là car il n’y aurait pas grand-chose qui se ferait…

Propos recueillis par Patrice Carpentier


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Des conditions plus clémentes …

Charles Caudrelier-Bostik
DR

Les nuits s’enchaînent mais ne se ressemblent pas pour les 26 équipages encore en course dans cette 8e Transat AG2R. Cette quatrième nuit de mer était beaucoup plus calme que les précédentes, même si des lignes de grains sont venues traverser la flotte. Des grains aux allures de Pot au noir. Pétole ou rafales à 20 nœuds ? C’est un peu la loterie. Le vent est si différent à quelques milles près, que les prochains classements pourraient réserver bien des surprises. Dans ces conditions plus clémentes, les marins en profitent pour se refaire une santé. Les dos fourbus par les nombreuses heures de barre se détendent un peu. Le sommeil est profond et les repas plus réguliers et équilibrés. Mais certains équipages vont traîner jusqu’à Saint-Barth les séquelles des premiers jours de course. « Un spi déchiré, c’est un joker grillé » résume Gildas Morvan (Cercle Vert). Pour les équipages dont toutes les voiles sont encore intactes, l’avantage psychologique n’est pas négligeable. A moins de 3000 milles de l’arrivée, il peut encore se passer bien des choses, et mieux vaut avoir encore tous ses atouts dans son jeu.
 
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Nicolas Bérenger (Bostik), leader :  « La nuit a encore été mouvementée, mais différemment des précédentes. On a traversée des lignes de grains avec de la pétole sous les grains. Finalement, nous n’avons pas vraiment les conditions annoncées par nos fichiers de vent. Dans ce cas, mieux vaut être devant car on a plus de chances que cela reparte pour les premiers et tamponne derrière, même si tous les scénarios sont possibles. Mener la flotte est plus un soulagement qu’une pression. C’est plus facile psychologiquement, car cela montre qu’on navigue bien. »
 
Dominic Vittet (Atao Audio System), 2e ce matin :  « Cette nuit, on a fait des gros dodos, grave ! La mer s’est énormément calmée. Elle est plate et il n’y a quasiment plus de bruit. Cela nous permet de bien vivre, bien dormir et faire des vrais repas. Au Cap Finisterre, on a eu des problèmes de spi qui nous ont fait mal au moral. On pensait en faire venir un autre à Madère, mais on n’a pas le droit. Donc, maintenant, le spi est étalé dans la salle à manger, et dès qu’on a 5-10 minutes c’est ambiance “papa pique et maman coud !“ à l’intérieur du bateau… A part ça, la gazinière ne fonctionnait pas jusqu’à présent mais je l’ai réparée hier soir. Et on a un problème avec les batteries qui tiennent très peu longtemps. Il va peut-être falloir qu’on fasse une transat à l’économie d’énergie. »
 
Gildas Morvan (Cercle Vert), 3e ce matin :  « On attendait du vent mollissant et finalement, il est plus fort que prévu. En ce moment, on devrait être à 3-4 nœuds et en réalité on file encore à 8 nœuds. Deux fois plus vite ! Alors, les prévisions, hein… Sinon, on commence un peu à mettre le pilote pour régler les écoutes et se décontracter, car on a mal au dos d’avoir barré non-stop depuis le départ. »

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Sebago
Sebago

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L’Environnement à l’honneur dans l’Odyssée Cannes-Istanbul.

Odysse Bannes-Istancul
Odysse Bannes-Istancul

La toute nouvelle épreuve réservée à la classe de voiliers Figaro Bénéteau, l´Odyssée Cannes-Istanbul accueille un nouveau membre dans son comité d´honneur : l´association Plan Bleu.

En effet, Lucien Chabason, Président de Plan Bleu – association pour l´environnement et le développement durable de la Méditerranée – annonce son soutien et entre au comité d´honneur de l´Odyssée Cannes-Istanbul, course en double avec un tracé mythique sur les traces d´Ulysse.

L´environnement se montre à l´honneur dans l´Odyssée Cannes-Istanbul. « Plan Bleu » est un organisme défendant l´environnement et le développement de la Méditerranée et gère des études, des prospectives, des observatoires et établit des statistiques dans un seul et unique but, celui de protéger et mener une réflexion sur l´avenir du bassin Méditérranéen. « Plan Bleu » s´inscrit dans le programme des Nations Unies (ONU).

A voir : Plan Bleu : www.planbleu.org

Dans le même élan, l´association « Rimmo » est l´un des partenaires de la course Odyssée Cannes- Istanbul, son objectif général n´est autre que de protéger les populations marines du bassin méditerranéen.

Le Comité d´honneur de l´Odyssée Cannes Istanbul se compose ainsi :
– Président d´Honneur : Prince Jacques de France, Duc d´Orléans
– M. Vincent Campredon, Commissaire en chef, Commandant le SIRPA/Marine
– M. Henri Graveleau, Président de la Classe Figaro Bénéteau
– M. Serge Paillard, Directeur Marketing Chantiers Bénéteau
– M. Hervé Vighier, Président Directeur Général de Marmara
– M. Enrico Macias
– M. Ari Sebag, Directeur Général Délégué du Groupe Partouche
– M. Nelson Monfort
– M. Christian Bex, France Info
– M. Alexandre Delperier, RMC
– M. Lucien Chabason, Président de Plan Bleu

Une charte spéciale a été mise en place à l´attention des coureurs de l´Odyssée Cannes-Istanbul :
La voile est un sport propre, les marins s´engagent à ne rien mettre à l´eau, pas de cigarettes, pas de poubelles, à utiliser des produits biodégradables à bord… et à repérer la position (latitude et longitude) des mammifères rencontrés durant la course afin de fournir des éléments précis aux scientifiques.

L´Odyssée Cannes-Istanbul part de Cannes le dimanche 25 juin pour rallier Istanbul le 8 juillet. La ville de Cannes se prépare à recevoir toute cette flotte. Une destination originale, sur un parcours côtier magique, les navigateurs évolueront dans des décors de rêves, traverseront des endroits prestigieux tels la Corse, la Sardaigne, l´Italie, la Grèce….pour, enfin aborder la Mer Egée, et arriver à Istanbul.
Cette course étonnante, imaginée et concrétisée par ses organisateurs est un vecteur essentiel pour tisser des liens avec la Turquie. De nombreux partenaires se sont associés à ce projet, pour que naisse cette Odyssée Cannes-Istanbul sur les traces d´Ulysse.

Plus d´infos : www.odysseedulysse.com

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