"Nous sommes actuellement en discussion avec plusieurs cabinets d’architecture navale pour concevoir les deux nouveaux IMOCA 60, explique Neil Graham, directeur du team technique. Les deux 60 pieds devront être optimisés pour les marathons du Championnat du Monde IMOCA, c’est à dire la Barcelona World Race 2007 et le Vendée Globe 2008. Choisir le bon architecte est l’une des décisions les plus importantes du projet. C’est aussi l’une des plus difficiles ! Vu de loin, assis dans son fauteuil, cela paraît simple, il suffit de trouver l’architecte le plus talentueux et dont le palmarès est le plus impressionnant. En réalité, cette décision est bien plus complexe. Tous les cabinets d’architectes que nous avons contactés sont capables de concevoir un bateau gagnant. Mais ce qui fait vraiment la différence, ce sont les rapports entre l’architecte et le team. S’il ne s’entend pas avec l’équipe, ou vice-versa, cela se ressent sur le résultat final".
"Nous avons également commencé notre Programme de Recherches et de Développement, poursuit Neil Graham. Nous étudions de près chaque détail du bateau, des systèmes mécaniques jusqu’aux voiles en passant par la conception des appendices. Nous bénéficions évidemment de l’expérience des précédentes campagnes avec Kingfisher/Skandia (IMOCA 60) et Castorama (trimaran de 75 pieds). Les enseignements tirés du précédent projet de 60 pieds sont inestimables et s’appliquent directement aux deux nouveaux bateaux. Le lien est un peu moins évident avec nos campagnes en multicoques, mais certains aspects technologiques, notamment les systèmes électroniques, les outils de communication, les instruments de navigation et les pilotes automatiques, conviennent aussi parfaitement au nouveau projet". Mais l’un des éléments fondamentaux du design est de savoir pour qui les bateaux seront conçus. Kingfisher avait été imaginé sur mesure pour la taille et la force physique d’Ellen, puis re-ajusté pour Nick Moloney sur le dernier Vendée Globe. L’Offshore Challenges Sailing Team, dont font partie Ellen et Nick, recherche donc activement les skippers qui rejoindront le programme de courses en équipage réduit et en solitaire.
L’hiver a été studieux ? Sur le bateau, nous avons principalement changé le mât et la dérive. Le mât pour gagner du poids (environ 70 kg), comme l’avait fait nos camarades de jeu l’an passé et la dérive, pour optimiser encore ce qu’on a pu observer l’an dernier.
Y a pas eu de surchauffe ? Dans les autres écuries non plus ? Pas de surchauffe chez nous, mais de quoi s’occuper et ailleurs je ne sais pas trop : faudrait leur demander. Si… Je sais quand même que sur le Gitana XI (l’ex-Belgacom), ils ont refait le fond de la coque centrale (comme Géant l’an passé, ndlr). Gitana XII (ex-Bonduelle), acquis fin 2005 par l’écurie du baron Benjamin de Rotschild, a été modifié et rénové au niveau du gréement et des appendices…
Vous naviguez depuis quand sur le Banque Populaire dans sa configuration 2006 ? Il a été mis à l’eau le deuxième week-end de mars à Lorient où nous avons notre base, et on a bien navigué depuis. Plus que nos concurrents.
Toujours seul ? Non la semaine dernière, on a suivi un stage d’entraînement à Port La Forêt à 5 bateaux.
Des surprises durant ce « warm up » ? Oui. J’ai trouvé que Sopra, le plan Lombard fabriqué à l’origine pour Philippe Monnet et repris cette année par Antoine Koch, faisait bonne figure face à des engins maintenus au goût du jour.
Six bateaux au programme de la saison, c’est pas beaucoup ! Comme l’an dernier… A la différence que Sopra remplace Foncia (mais sera absent des Grands Prix, ndlr) ! Ce qui ne nous a pas empêché d’avoir de belles régates. L’important est d’avoir une homogénéité dans la flotte. Sur le papier, c’est mieux d’être douze, mais si c’est toujours les 2/3 même bateaux qui occupent le devant de la scène, les partenaires n’y trouvent pas forcément leur compte.
L’an dernier Groupama était quasiment imbattable en Grand Prix. Ca va être rebelote en 2007 ? Ce bateau, le plus récent de la flotte, possède des avantages intrinsèques au niveau du dessin de ses coques. Je crains qu’il soit de nouveau difficile à prendre autour de trois bouées. Mais nous verrons bien.
Et quand vous ne faites pas de trimaran, vous naviguez sur quoi ? Le programme de la Multi Cup est bien chargé. Entre les compétitions et les convoyages, je ne pense pas être de retour à la maison avant la fin juillet. Donc je ne me vois pas courir sur d’autres supports. Cet hiver pendant que le bateau était en chantier, j’ai fait du Mumm 30 à La Rochelle avec mes amis aquitains qui vont participer au TFV, histoire de naviguer au contact, de faire des départs… Je devais faire le Spi mais il y avait du travail sur le trimaran.
L’événement 2006 reste le Rhum. Comment vous le sentez ? A priori, on serait une douzaine de 60 pieds au départ ! Ce qui est une bonne nouvelle.
Et parmi eux Steve Ravussin sur votre ancien bateau ! Oui, c’est sympa. J’ai couru une Transat Jacques Vabre avec Lalou Roucayrol sur ce bateau. Quand Banque Populaire m’a choisi comme skipper, on a racheté Bayer et le plan Lombard a été loué sur le circuit scandinave. Qu’il revienne sur le Rhum aux couleurs d’Orange est une bonne nouvelle. Je suis content pour Steve.
L’issue du Rhum apparaît déterminante pour l’avenir du multicoque ORMA. Sans aucun doute. Si seulement deux des douze bateaux arrivent à la Guadeloupe (référence à l’hécatombe du dernier Rhum dans les rangs de l’ORMA, ndlr), je crois qu’on pourra tourner la page ! Si au contraire ça se passe bien, que le Rhum recrée une bonne dynamique et que la Multi Cup dispose d’un partenaire durable… Alors on pourra continuer.
C’est en tout cas la volonté de Banque Populaire actuellement. Absolument !
Propos recueillis par Patrice Carpentier
Calendrier Multi Cup
– 8 mai : départ de la course Londres-Alpes Maritimes – 20-21 mai : Trophée Alpes Maritimes (Nice) – 2-4 juin : Grand Prix d’Italie (Trapani-Sicile) – 23-25 juin : Grand Prix de Marseille Métropole – 14-16 juillet : Grand Prix du Portugal (Portimao-Algarve) – 8-10 septembre : Grand Prix du port de Fécamp – 29 octobre : départ de la Route du Rhum (Saint Malo-Pointe à Pitre)
Cette étape entre Rio et Baltimore, longue de 5 000 milles a marqué le retour dans le match de deux poids lourds de cette édition 2005-2006, Movistar et Pirates des Caraïbes, qui semblent en avoir définitivement fini avec leurs problèmes techniques et leurs avaries à répétition. L’intérêt de la course s’en trouve renouvelé, même si le sans-faute de ABN AMRO ONE jusqu’à maintenant laisse la concurrence un peu KO.
Du côté de Sébastien Josse, les choses bougent un peu avec cette dernière manche en demi-teinte puisque ABN ARMO TWO fermait la marche de cette 9ème manche, perdant par la même occasion sa place de second au classement général, au profit de Movistar.
Alors que les navigants prenaient quelques jours de break, les équipes techniques étaient à pied d’œuvre pour préparer les VO 70 en vue de la prochaine confrontation, la régate in shore de Baltimore, programmée le samedi 29 avril à 19h (heure Paris).
Cette 10ème confrontation devrait se dérouler dans les tous petits airs de la Baie de Baltimore, avec en prime des effets de courants à ne pas sous-estimer.
Sidney Gavignet :« Notre avance au classement général est certes confortable, mais rien n’est encore gagné. Nous avons 22,5 points d’avance sur Movistar, mais il reste encore 8 occasions de marquer des points jusqu’à Göteborg : trois in-shore, un point de passage et quatre étapes. La victoire finale peut donc encore mathématiquement nous échapper. Dans le pire des cas, si nous démâtions dans la prochaine étape, le pit stop de New York ne nous permettrait pas de réparer et nous manquerions en très peu de temps 3 occasions de marquer, à New York, au Cap Lizard et à Portsmouth. De quoi laisser nos adversaires faire le plein. Donc pour nous, pas questions de baisser notre garde. Notre objectif depuis le départ est clair. Nous voulons gagner cette Volvo Ocean Race. Et nous mettons toutes nos chances de notre côté pour achever cet object. A Portsmouth, nous ferons un point. Si tout se passe bien, peut-être pourrons–nous alors commencer à souffler un peu, mais pour l’instant, pas question. Nous sommes à fond comme nous l’étions au départ de Vigo… Mais il faut être objectif, notre avance reste importante.»
Sébastien Josse :« On nous demande si nous avons été déçus de notre arrivée en dernière position à Baltimore. Ce que je retiens, c’est surtout que nous sommes arrivés 3 heures après Ericsson. Ce qui n’est pas si mal, quand on connaît la valeur de cet équipage. Je n’ai pas à rougir de cette performance. Nous avons perdu notre seconde place au général pour un petit point, mais ce que je vois aussi, c’est que nous sommes bien encadrés au Général. Bekking devant à 1 point et Cayard derrière à 0.5 point. Ce n’est pas si mal pour des « petits jeunes » après 9 manches. Mais il faut reconnaître que ces deux équipages arrivent vraiment sur leur terrain de jeu : la régate, la course de contact. Là, leur expérience, notamment sur la Coupe, joue vraiment. Ils ont une concentration que notre équipage n’a pas par manque d’expérience. Sur la dernière étape, nous avons très bien marché dans la première partie et puis, nous nous sommes déconcentrés et nous n’avons jamais pu revenir. C’est aussi une question de maturité et/ou de rigueur. Mais notre détermination à finir sur le podium à Göteborg est intacte. Le moral de l’équipage de ABN AMRO TWO est excellent et progresse d’étape en étape. Il faudrait juste que nous restions concentrés 90% du temps au lieu de 60%. C’est toujours un peu difficile d’allier une bonne ambiance à bord et une concentration maximum. Nous y tendons mais nous avons encore à progresser. Avoir Yves Le Blevec à bord sur la dernière étape a été super, car il a apporté ce mélange de décontraction et de rigueur, proche de l’ambiance d’Orange. C’était un regard intéressant pour les équipiers d’ABN AMRO TWO. La lutte pour les places d’honneur va être un peu plus difficile, mais le sport va y gagne. La régate in shore de Baltimore va se disputer dans des vents peu soutenus, ce qui ne devrait pas être le cas de l’étape Annapolis – New York. Bref, il reste du pain sur la planche et nous avons le moral pour y faire face. C’est vrai qu’il n’est pas facile d’avoir une complète confiance en soi devant la qualité de nos adversaires, mais pour l’instant, nous n’avons pas à rougir de la prestation de notre équipage de jeunes talents, très loin d’avoir le pedigree des autres équipages. »
Brunel : Le VO 70, skippé par Grant Wharington a rallié le Port de Baltimore pour être au départ de l’in shore de samedi. Brunel qui a été soumis à 12 jours de chantier intensif en Australie revient avec quelques changements majeurs, dont des doubles safrans et des nouvelles voiles. Reste que ce team doit passer quelques contrôles de jauge avant de pouvoir rejoindre la flotte des concurrents de la Volvo Ocean Race.
En tête au passage de Madère le 14 avril, Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air) avaient perdu les commandes de cette 8e Transat AG2R à l’aube du 17 avril en tentant une option sud osée, mais qui s’avère aujourd’hui payante. A moins de trois jours de l’arrivée les deux compères ont repris la première place du classement provisoire. Grâce à leur décalage sud, ils bénéficient d’un vent plus fort que leurs adversaires et filent à 9,1 nœuds sur les quatre dernières heures, contre 7,9 nœuds pour les anciens leaders, Kito de Pavant et Pietro D’Ali (Groupe Bel). A la vacation de la mi-journée, Kito le Méditerranéen, encore en tête pour 0,2 mille à ce moment-là, avait déjà annoncé le scénario à venir. « Brit Air est virtuellement en tête depuis Madère et cette position de leader qu’il va avoir dans quelques heures, il aurait pu l’avoir depuis longtemps s’il avait voulu. » Néanmoins, ne voulant pas se résigner à subir la loi du Chacal – surnom d’Armel Le Cléac’h – Kito lâche avant de raccrocher. « Mais on n’a pas dit notre dernier mot ! » Pas de fanfaronnade en revanche du côté de Brit Air. Armel Le Cléac’h sait mieux que quiconque que tout est possible jusqu’à Saint-Barthélemy. « Tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, de toute façon, rien n’est fait. Jusqu’à la fin, il peut se passer beaucoup de choses et il faut être vigilant… » Un sentiment partagé par Pascal Bidégorry. L’actuel skipper du trimaran Banque Populaire, qui avait terminé 2e avec Sidney Gavignet de la Transat AG2R 2002, est passé mercredi au PC Course, à la Fédération Française de Voile, pour assister à la vacation. « C’est sûr qu’avec encore plus de 500 milles à parcourir, il y a de quoi se refaire. Moi, j’ai vu des situations où à 3 milles de l’arrivée t’étais champion du monde, et puis à l’arrivée t’étais champion des cons ! Il peut encore se passer beaucoup de choses. C’est un temps à grain. Mais je suis surtout impressionné par le peu d’écart entre les bateaux. C’est incroyable ! » Ce peu d’écart qui maintient un suspense intense. Et avec ce temps à grain, la hiérarchie de course peut être chamboulée d’un moment à l’autre. Il suffit d’un mauvais nuage pour rester planté quelques heures et perdre une bonne dizaine de milles. Sans parler des spis, usés par bientôt trois semaines de portant, et qui peuvent finir par rendre l’âme. Surtout lorsque le vent passe d’un coup de 10 à 30 nœuds ! Combien de duos parmi les leaders ne possèdent plus qu’un seul grand spi ? Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (5e sur ATAO Audio System) l’ont avoué. Mais les autres ? Brit Air justement, qui a vécu une première nuit de course catastrophique. A-t-il encore un ou deux grands spis ? Et les Méditerranéens, Kito de Pavant et Pietro D’Ali ? On le saura à l’arrivée. Mais sans grand spi, adieu victoire. Aujourd’hui, on sait en tout cas qu’Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel sont en train de réaliser un joli coup qui, s’il s’avère payant jusqu’au bout, pourrait les faire entrer dans l’histoire de l’AG2R en étant les seuls doubles vainqueurs. Mais pour cela, il va falloir qu’ils tiennent encore trois jours jusqu’à Saint-Barth. Trois jours où tout peut arriver…
Ils ont dit à la vacation de 12h00… Kito de Pavant (groupe Bel) : « On surveille tout le monde, Brit Air bien sûr mais aussi Delta Dore et tous les autres. On a eu la première nuit tranquille depuis longtemps, pas trop perturbée, même si on retrouve des nuages ce matin. Les fichiers ne sont pas fiables du tout mais il semblerait qu’on finisse avec du sud-est… après, y’a des zones de pétole, des zones avec plus de pression à droite ou à gauche, ce n’est pas très clair. En tous cas, on est encore dans le match et on y croit, jusqu’à St Barth ! Pour nous, il faut continuer à s’appliquer, à bien naviguer comme on l’a fait jusqu’ici, en espérant que Brit Air rencontre des conditions moins favorables. »
Armel Le Cléac’h (Brit Air) :« On a appris que Zidane prenait sa retraite et que samedi il y avait la finale de la Coupe de France PSG-OM, Nico (Nicolas Troussel) veut être arrivé pour voir le match à la télé, alors il a pris la barre et là il est énervé. Pour l’instant, on devrait arriver à l’heure. A Madère, on a plongé sud car on voulait vraiment aller chercher de la pression dans le sud. On savait qu’on aurait toujours un peu plus de vent, et c’est actuellement le cas. Rien n’est fait, il faut continuer à bien étudier la météo, sachant que les fichiers de vent ne sont pas fiables. On y va aussi avec une dose de feeling et d’expérience. »
Samuel Manuard (Brossard) :« On vient de toucher du vent de sud-est qui sort d’on ne sait où… On ne comprend pas trop pourquoi on a ça ! C’est impressionnant de voir aussi comment Delta Dore est revenu fort, et Aquarelle.com aussi, qui vient de nous coller 8 milles en 4 heures… Donc apparemment il y a vraiment une zone qui a ce vent favorable là. On a eu une très belle nuit étoilée, une magnifique voûte mais un vent super instable avec 30 degrés de bascule en permanence. On s’est arraché les cheveux. Là ça vient de se caler et on fait route pêche. J’espère que ça va durer. »
Roland Jourdain (Veolia) :« C’est top une arrivée tous aussi groupés ! Celle qu’on a gagné avec Jean (Le Cam) on l’a terminé avec 63 secondes d’avance sur le 2e (Transat AG2R 1994, ndlr). Donc je suis guéri au niveau des petits écarts. La météo, la qualité des équipages et l’homogénéité de vitesse des Figaro Bénéteau 2 donnent une course vraiment chouette, je trouve ! C’est la première fois que Jean-Luc (Nélias) et moi faisons une route aussi sud dans une Transat AG2R. A part ça, avec les tissus des spis à l’arrivée, on va pouvoir faire des tee-shirts légers ! » Eric Defert (Suzuki Automobiles) : « On a le Top Chrono AG2R du jour ? C’est bien ça, bonne nouvelle ! On continue de se battre, on est bien remontés et ça fait du bien pour le moral. On pensait tirer plus de bénéfices de notre option sud, en tous cas plus tôt… y’a peut être des choses qu’on n’a pas vues alors le débriefing va être très intéressant. Mais bon, on est ravis même si on est pas mal crevé avec ces trois semaines à manger et dormir à moitié bien. » Stan Maslard (Donneurs de vie- All Mer) :« On compose un peu avec les petits grains. On essaie de revenir sur les derniers bateaux qu’on pourrait reprendre d’ici l’arrivée. On est positionné un peu au sud par rapport à la flotte, ça se passe bien. Par rapport au Mini, c’est agréable de ne pas se mouiller, mais il y a moins de sensations, c’est un peu un tracteur à côté. Le niveau est vraiment très relevé quand tu gagnes quelques milles tu peux les reperdre aussitôt. Avec notre escale à Porto Santo, ça fait 2000 milles qu’on pédale derrière les autres et ça commence à être long, on est un peu pressés d’arriver. » Armel Tripon (Gedimat) :« A part reprendre une ou deux places, pour nous, il n’y a plus grand-chose d’autre à jouer. Mais on s’applique pour faire avancer vite le bateau. On n’a vraiment pas eu de réussite sur cette course. On échange beaucoup avec Eric (Drouglazet) sur la suite de la saison, la Solitaire Afflelou Le Figaro. En venant sur cette Transat, j’avais plusieurs objectifs et si c’est raté pour l’objectif sportif, celui d’apprendre avec un coureur très expérimenté est atteint. On apprend beaucoup de ses défaites : c’est dans mon abandon à la Mini Transat 2001 que j’avais construit ma victoire en 2003, il faut se tourner vers l’avenir ».
Classement à 15H45 (heure française) 1 Brit Air 2 Groupe Bel 3 Banque Populaire 4 VEOLIA 5 ATAO Audio System 6 Aquarelle.com 7 E. Leclerc / Bouygues Telecom 8 Brossard 9 Delta Dore 10 Bostik 11 Cercle Vert 12 Roxy 13 AXA Atout Coeur pour Aides 14 Des Pieds et des Mains 15 Siemens 16 Suzuki Automobiles 17 Lubexcel 18 Groupe CELEOS 19 Les Mousquetaires 20 Entreprendre Au Pays de Lorient 21 GUY HOQUET Immobilier 22 Gédimat 23 Objectif Océans 24 Port Olona
L’immense ceinture de vents très faibles et d’orages pourrait ajouter une semaine supplémentaire au voyage de Dee Caffari, qui tente de devenir la première femme à réaliser un tour du monde d’est en ouest en solitaire et sans escale, contre vents et courants dominants. "Il n’y a rien de mieux qu’un passage rapide à travers le Pot au Noir, confie le routeur météo de l’Aviva Challenge, Mike Broughton. Malheureusement, il est en ce moment très étendu ; mais si Dee avait poursuivi sa route vers le nord le long des côtes africaines, la situation serait pire encore car là-bas, cette zone perturbée peut atteindre les 400 milles de largeur et Aviva aurait été encalminé pendant des semaines entières". "Habituellement, le Pot au Noir se rétrécit aux environs de 30° ouest. Dee a donc empanné vers le nord-ouest pendant que nous suivions l’évolution de la situation météo pour savoir quand remettre le cap au nord, car ce point de passage est crucial. Les progrès technologiques des 15 dernières années permettent des prévisions de plus en plus efficaces et nous avons utilisé quatre différents types de données satellite que nous avons combinés à notre logiciel de routage et à notre expérience en la matière. Malgré tous ces moyens, le Pot au Noir reste une cible mouvante et la situation peut évoluer très rapidement. Dee risque donc de rester prise au piège".
156 jours de mer
Après 156 jours seule en mer, Dee Caffari a parcouru 25 577 milles et donne le maximum pour arriver en Angleterre d’ici mi-mai. Mais la route est encore longue. "Les derniers jours passés dans l’hémisphère sud ont été assez frustrants, explique Dee Caffari. J’ai dû progresser vers l’ouest sans pouvoir mener ‘Aviva’ dans la bonne direction, vers l’arrivée. Une fois de plus, j’ai les éléments contre moi". "Après une traversée des Mers du Sud particulièrement difficile et épuisante, l’Atlantique veut me retenir prisonnière dans son Pot au Noir, une zone marquée par une chaleur très pesante, de nombreux grains et orages et un réel manque de vent. Je dois essayer de franchir cette barrière le plus vite possible et éviter de rester encalminée pendant plusieurs jours".
Incroyable marathon
À terre, l’équipe de Dee Caffari commence à préparer l’arrivée de cet incroyable marathon et a confirmé qu’une fois la ligne franchie entre le Cap Lizard (Angleterre) et Ouessant (France), Dee et son bateau se dirigeront vers Ocean Village, à Southampton, en Angleterre. Mais l’aventure est loin d’être terminée. Une fois franchi le Pot au Noir, tout peut encore arriver, comme le rappelle Andrew Roberts, directeur du projet Aviva Challenge : "ce type de bateau n’a jamais passé autant de temps en mer de façon continue et à ce stade du parcours, une avarie peut toujours mettre fin à la tentative de record. Dee a déjà prouvé ses immenses qualités de marin mais elle doit rester vigilante et continuer sur cette voie".
« La nuit est magnifique, on voit plein d’étoiles partout, on navigue entre La Croix du Sud et La Grande Ourse, c’est splendide.» On peut être sportif de haut niveau, en être à sa 35e traversée de l’Atlantique ou quelque chose comme ça (il a arrêté de compter à la 30e), être leader de la Transat AG2R et savoir toujours s’émerveiller du plus beau stade de sport du monde. Kito de Pavant (Groupe Bel) est décidément un grand champion. En tête depuis 48 heures avec son complice italien Pietro D’Ali, les deux hommes résistent encore et toujours à l’envahisseur venu du sud. Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel ont encore gagné une place au classement depuis hier soir et hissent leur Brit Air à 7 petits milles de Groupe Bel, à qui il en reste 666 à parcourir d’ici la délivrance de Gustavia. Et si Kito de Pavant se félicite d’avoir déniché une veine de courant favorable depuis quelques heures, la vitesse de croisière du vol Brit Air reste légèrement supérieure (0,5 nœuds) à ceux des bateaux de tête. Parmi eux, on note le grand retour du Veolia de « Bilou » (Roland Jourdain) et Jean-Luc Nélias, 4e à 18,8 milles. Le Banque Populaire de Jeanne Grégoire et Gérald Véniard et l’Atao Audio System de Dominic Vittet et Lionel Lemonchois en font les frais : Banque Pop glisse en 3e position à 10 milles et Atao en 5e position à 20 milles. Les cinq premiers en vingt milles à trois jours de l’arrivée… Quand on voit qu’Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel ont gagné 27 milles en 24 heures, le constat est rapide : on a droit à un suspense XXL sur cette Transat AG2R qui vaut bien tous les PSG-OM de la planète ronde. Qui va inscrire son nom en lettres d’or sur le trophée, samedi ? Une Madame Irma à 0,34 euros la minute serait peut-être bienvenue pour éclairer notre lanterne, « d’autant qu’à voir les différences de vitesse entre bateaux, chacun a ses petites conditions sous un nuage, accélère et ralentit », commente un Armel Le Cléac’h qui se verrait bien refaire le coup d’il y a deux ans. Le coup de la victoire. Les autres ne l’entendent évidemment pas de cette oreille. Certains comme Gildas Morvan et Erwan Tabarly (Cercle Vert) tentent même une ultime option au nord de la flotte, et des bateaux comme Aquarelle.com (6e à 27 milles), E.Leclerc-Bouygues Telecom (7e à 32 milles) ou Brossard (8e à 44 milles) restent dangereux. Samedi, il n’y aura peut-être que quelques poignées de minutes d’écart entre les premiers bateaux à gagner la terre Antillaise. De microscopiques parcelles de temps pour clore un suspense majuscule.
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin… Kito de Pavant (Groupe Bel) « La nuit est magnifique. On voit plein d’étoiles partout, on navigue entre La Croix du Sud et La Grande Ourse, c’est splendide ! On a 15 nœuds de vent et surtout, on a du courant : on marche à 8 nœuds de moyenne sur la route. Depuis 24h, on est moins sollicité par les nuages. Le vent est un peu mou à mon goût mais c’est plus tranquille au niveau des manœuvres. La seule mauvaise nouvelle finalement, c’est que l’on se fait rattraper par les sudistes !" Armel Le Cleac’h (Brit Air) " On vient de voir le dernier classement, on a gagné une place… On avance toujours à bonne vitesse par rapport aux nordistes. Le vent bouge pas mal sur le plan d’eau en ce moment. Cela nous demande pas mal de vigilance à la barre et aux écoutes. Du coup, on profite des quarts pour bien se reposer car mieux vaut avoir les batteries perso bien rechargées. (…) Chaque place a son vent et chaque bateau doit négocier ça au mieux car on peut vite tomber dans la pétole et rester scotché une heure ou deux… Je pense que les nordistes vont maintenant essayer d’attaquer. Nous, on va empanner dans quelques heures… On verra ce que font les banquiers au milieu ! "
Gérald Véniard (Banque Populaire) " Il y a 14 nœuds de vent et c’est pénible… On court après les nuages toute la journée ! On a vu que l’on avait perdu une place au classement. On a essayé de mettre plus de sud dans notre route mais apparemment, on est les seuls. On tente un truc là… On verra bien ce que ça donne… C’est assez difficile de jouer dans ces conditions car les zones de molles ne sont pas sur les fichiers et celles qui sont annoncées, on ne les voit pas non plus ! Du coup, on se retrouve avec pas mal de latéral entre les bateaux. Il y a par exemple 40 milles entre nous et Kito aujourd’hui alors que l’on naviguait ensemble il y a deux jours. Comme Véolia, nous a repris 10 milles en 4 heures hier, on fait depuis un peu de sud. Ce n’est pas du marquage mais si lui va un nœud plus vite que les autres en étant plus sud, on va essayer de lui piquer son vent ! "
Classement à 7H45 (locale Paris) 1 Groupe Bel 617,3 2 Brit Air 621,1 3 Banque Populaire 630,1 4 ATAO Audio System 638,6 5 VEOLIA 639,3 6 Aquarelle.com 649,8 7 E. Leclerc / Bouygues Telecom 652,3 8 Brossard 664,1 9 Delta Dore 678,5 10 Bostik 679,7 11 Roxy 680,4 12 Cercle Vert 683,8 13 Siemens 694,6 14 AXA Atout Coeur pour Aides 694,9 15 Suzuki Automobiles 698,0 16 Des Pieds et des Mains 698,6 17 Lubexcel 726,2 18 Groupe CELEOS 728,4 19 Les Mousquetaires 734,3 20 Entreprendre Au Pays de Lorient 752,3 21 GUY HOQUET Immobilier 756,6 22 Gédimat 766,2 23 Objectif Océans 858,2 24 Port Olona 916,9
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« Maintenant, c’est une course de nuages, a résumé Dominic Vittet (4e sur ATAO Audio System avec Lionel Lemonchois). Hier soir, nous sommes restés scotchés avec E.Leclerc/Bouygues Telecom à côté d’un stratus et Groupe Bel nous a collé 10 milles ! » Finis les alizés bien établis entre 15 et 25 nœuds. En traversant un petit front, les 25 concurrents encore en course sont entrés dans une zone de vents très instables. Il faut donc sauter d’un nuage à l’autre. Jouer en bordure de gros cumulo-nimbus noirs. Mais certains sont sournois. Deux nuages d’aspect similaire peuvent engendrer 0 ou 30 nœuds de vent ! Après 16 jours de mer – et à environ quatre jours de l’arrivée – les nerfs des coureurs sont donc mis à rude épreuve. « Hier, on a chassé les grains toute la journée, raconte avec un léger accent anglais Sam Davies (9e sur Roxy avec Alexia Barrier). On en a attrapé quelques-uns avec 30 nœuds de vent ! » Pas de grandes options possibles dans ces conditions. Il faut faire du gagne petit. Chercher le bord le plus rapprochant en suivant les variations du vent. Parti le plus au nord du groupe de tête, Gildas Morvan (11e sur Cercle Vert avec Erwan Tabarly) se veut philosophe. « Partout sur le plan d’eau, le vent est très aléatoire. Nous, on essaye de naviguer avec ce qu’on a, sans tirer des plans sur la comète. Ces jours-ci, on navigue plus à l’instinct qu’à l’ordinateur ! » Savoir lire les nuages. C’est justement tout l’art des grands navigateurs. En tête depuis lundi matin, Kito de Pavant et Pietro d’Ali (Groupe Bel) ont réussi à creuser un peu l’écart avec leurs poursuivants directs. Mais il suffit d’un mauvais nuage pour que tout soit redistribué. « On a plus de pression en étant en tête, raconte Kito de Pavant ça va être chaud jusqu’au bout. Mais bon, on est en tête, on en profite et on verra bien qui arrivera le premier à Saint-Barthélemy. » Premier à Saint-Barth ? Ils peuvent presque tous y croire. A commencer par Armel Le Cleac’h et Nicolas Troussel (3e sur Brit Air). Les tenants du titre ont tenté une option sud à plus de 100 milles du reste de la flotte. Un décalage qui offre un avantage psychologique de taille. Personne ne peut les contrôler. Depuis qu’ils ont empanné hier soir, ils font route direct vers Saint-Barth avec un meilleur angle de vent que leurs adversaires. Depuis, à chaque classement, ils reprennent des milles sur les premiers. De 34 milles mardi à 4h00, leur retard s’est réduit à 13 milles dix heures plus tard… A ce rythme, ils pourraient être en tête mercredi matin et arriver dès samedi à Gustavia. Mais cela reste du conditionnel. Car, comme le rappelle Charles Caudrelier (10e sur Bostik avec Nicolas Bérenger) : « quand c’est foireux au niveau météo, tout est possible ! » On l’aurait presque oublié…
Ils ont dit à la vacation de 12h00… Kito de Pavant (Groupe Bel) :« On a repris un peu du vent. La fin de nuit était un peu mollassonne. On a eu moins de 15 nœuds de vent pendant quelques heures. Ça nous a fait tout drôle. On n’avait l’impression de ne pas avancer. Cela a duré quelques heures. Brit Air a perdu hier puis est revenu aujourd’hui. Au final, c’est le même écart qu’il y a 24 heures. D’après les fichiers, il n’y a pas de raison qu’il soit plus avantagé que nous. Ce n’est pas gagné, ni pour l’un ni pour l’autre, et pas perdu non plus pour tous ceux qui sont autour de nous. On est en tête, on en profite et on verra bien qui arrivera le premier à St Barth. »
Jeanne Grégoire (Banque Populaire) : « On a enfin retouché un peu de vent. On continue à se faire des nœuds au cerveau à chaque grain. Ce que je veux faire après cette course ? Faire une belle saison Figaro. Et puis comme beaucoup de ceux qui sont sur l’eau vers St Barth, l’objectif est d’être un jour au départ du Vendée Globe. Pour moi ce serait un aboutissement. Après le Vendée Globe, je veux bien faire femme au foyer ! Mais sûrement pas skipper de trimaran… »
Dominic Vittet (Atao Audio System) :« on a la chance d’être encore dans le match, donc on reste concentrés et solidaires. Ça va être une course de nuages. Le vent n’est pas clairement établi. C’est tout le système nuageux qu’il faut très bien exploiter. La nuit dernière, on est restés scotchés avec E.Leclerc/Bouygues Telecom à côté d’une espèce de stratus et Groupe Bel nous a collé 10 milles. Pourtant, hier soir, on était assez euphoriques. On avait passé une super journée, à faire que des bordures de nuages. On pensait qu’on allait éclater tout le monde au pointage, et en fait, on a pris une tôle ! »
Charles Caudrelier (Bostik) :« ce matin, on a repris 6 milles. La roue tourne ! On n’est pas là où on voudrait. On est donc un peu déçus. Il faut philosopher. Parfois, on est au milieu du paquet, et ça ne va pas. On a même plongé sous la quille pour voir si on n’avait pas quelque chose de coincer. Mais rien. Hier, il y avait une bulle sans vent. Impossible de la traverser. Le vent bouge tout le temps. C’est très variable à cause des nuages et du petit front au-dessus de nous. Il y a une grande bande de nuages qui fout le bordel sur la flotte. On a du mal à s’imaginer gagnant, mais on voit qu’il reste encore de la route. Mais comme on est au milieu du paquet, on n’y croit pas trop. On essaye de jouer avec ce qu’on a. On hésite entre tenter le tout pour le tout et essayer de naviguer propre quitte à rester derrière. Objectivement, on aimerait être dans les 5 ou 6 premiers à l’arrivée, mais la route est encore longue. Quand c’est foireux, il peut se passer tellement de chose. Il faut garder espoir. »
Gildas Morvan (Cercle Vert) : « Pour l’instant, on a perdu un peu de terrain sur le groupe de tête avec notre option nord. On est restés encalminés il y a 2 jours. Partout sur le plan d’eau, le vent est aléatoire. On essaye de naviguer avec les vents qu’on a, et ne pas tirer des plans sur la comète. Il n’y a rien de très clair sur les fichiers. Ces jours-ci, on navigue plus à l’instinct qu’à l’ordinateur. »
Armel Le Cleac’h (Brit Air) : « On a empanné hier soir pour enfin faire route vers St Barth. A chaque classement, on grappille des milles et des places. Ce qui veut dire qu’on a plus de vent. On a eu quelques grains sympathiques ce matin. C’est monté à 30 nœuds. Il y a une alternance de passages nuageux avec des grains. Des zones avec moins de vent, et des zones avec beaucoup de vent. On avait 34 milles de retard ce matin à 5h, et 19 milles à midi. C’est bon signe, mais la route est encore longue. Il faut naviguer sur le bord rapprochant et jouer les bascules de vent. Pour l’instant, on est encore trop écarté des autres bateaux pour vouloir faire du marquage. Dans deux ou trois jours, on sera plus fixé sur les positions. A priori, le premier vol Brit Air Concarneau/St Barth doit atterrir le 29 ! »
Sam Davies (Roxy) :« ça va bien, il fait chaud, il fait beau ! On est remonté dans le nord. Ce n’était pas facile de choisir, car les prévisions sont différentes tous les jours. On a donc choisi de faire le moins de distance possible. Et puis c’est peut-être mieux d’approcher St Barth par le nord. On ne veut pas prendre de risques pour gagner à tout prix, mais bien naviguer pour faire la meilleure place possible. Hier, on a chassé les grains toute la journée. On en a attrapé quelques-uns avec 30 nœuds de vent. Sinon, j’ai récupéré de l’eau de pluie dans la grand-voile pour me rincer les cheveux après la douche hier. On a plus bu que d’habitude. Il nous reste donc un peu moins d’eau que prévu. »
Classement à 16H32 (heure de Paris) 1 Groupe Bel 2 Banque Populaire 3 Brit Air 4 ATAO Audio System 5 VEOLIA 6 Aquarelle.com 7 E. Leclerc / Bouygues Telecom 8 Brossard 9 Roxy 10 Bostik 11 Cercle Vert 12 Des Pieds et des Mains 13 Delta Dore 14 AXA Atout Coeur pour Aides 15 Siemens 16 Lubexcel 17 Suzuki Automobiles 18 Groupe CELEOS 19 Les Mousquetaires 20 Entreprendre Au Pays de Lorient 21 GUY HOQUET Immobilier 22 Gédimat 23 Objectif Océans 24 Port Olona
Le Trophée Jean Stalaven – Côtes d’Armor est en quelque sorte le lancement de la saison, comme un prologue au grand rendez-vous de Saint Malo. Et les skippers de la série l’ont bien compris puisque, alors qu’ils étaient six inscrits l’an passé, ils seront probablement une dizaine cette année. «L’an passé, ces régates avaient été exceptionnelles pour nous, raconte Pascal Quintin, le skipper du bateau qui porte le nom du sponsor du Trophée. En baie de Saint-Brieuc, l’eau est plate, les vents dominants d’ouest et on est à l’abri des cailloux, il suffit juste de faire encore mieux cette année.» Pascal Quintin, à la barre de son ‘Jean Stalaven’, avait remporté la première édition. Il remet son titre en jeu, mais l’affrontement s’annonce redoutable avec, entre autres, face à lui, les Escoffier père et fils et Hervé Cléris (le président de la classe) sur CLM. Franck Yves (vainqueur de la Transat Jacques Vabre) et Loïc ne font pas équipe pour le Trophée Jean Stalaven, le premier navigue sur ‘Crêpes Whaou !’ et le second, sur ‘Gamin’, l’ex ‘Crêpes Whaou’. « Mais peu importe. Ce n’est pas le classement qui compte. C’est l’ambiance » confie Pascal Quintin.
Les inscrits à ce jour : Pascal Quintin sur Jean Stalaven Franck-Yves Escoffier sur Crêpes Whaou ! Hervé Cléris sur CLM Roger Langevin sur Negoceane Loïc Escoffier sur Gamin Dany Monnier sur Victorinox
Le programme : Jeudi 18 mai Accueil des concurrents à partir de 16h. Briefing à 18h30. Vendredi 19 mai 1er signal du prologue à 11h. Runs de vitesse de 14h à 17h. Classement de la journée à 18h30. Samedi 20 mai 1ère course à 11h. Runs de vitesse de 14h à 17h sur le même parcours que les F18. Dimanche 22 mai 1er signal de la 1ère course à 11h Runs de vitesse de 14h à 16h sur le même parcours que les F18. Classement général et remise des prix à 18h
A moins de 1000 milles de l’arrivée à St Barth, c’est toujours le branle-bas de combat en tête de classement. A ce jour, quinzes bateaux peuvent encore espérer remporter cette 8ème Transat AG2R. Bénéficiant d’une route favorable au Nord, Fred Duthil et Sam Manuard remontaient à la 8ème place.
Fred nous livre ses petites astuces pour la navigation de nuit :
« Lorsque l’Alizé s’est renforcé à 25-30 nœuds. Nous sommes passés de la glissade tranquille des jours derniers aux surfs sauvages et à la conduite “sport” !
Cela demande beaucoup plus de concentration à la barre, on se relaie plus souvent. La tâche est d’autant plus difficile que la lune ne se lève qu’en dernière partie de nuit, autrement dit nous avançons dans le noir total entre 11 et 17 nœuds.
Dans ces conditions, c’est difficile de se caler et d’avoir des repères, de sentir si l’on est trop haut ou trop bas. On barre donc en se fiant aux sensations. Ma technique, c’est de m’asseoir sur une fesse de manière légèrement instable pour mieux sentir les accélérations et les mouvements du bateau avec la mer. Les cadrans “compas” et “angle de vent réel” permettent ensuite de se recaler régulièrement. C’est un jeu qui peut se révéler stressant lorsque l’on pique de sommeil entre deux surfs. Du coup, on se réveille en sursaut après un sommeil flash alors que le spi menace de nous jouer un sale tour. Ce spi, c’est une voile hyper instable que l’on doit préserver jusqu’à l’arrivée. Sans spi pas de vitesse. Dans ces conditions une “sortie de route” (départ à l’abattée ou au lof) peut s’avérer catastrophique pour le matériel. Néanmoins, nous ne nous en sommes pas trop mal sortis car nous étions parmi les plus rapides de la nuit.
Les nuits sans lune ont une autre particularité: elles nous offrent une vision privilégiée de la voûte céleste. Entre les quarts de barre on passe toujours un petit moment le regard perdu dans les étoiles… »