Tous les réglages les plus fins étaient de rigueur en cette fin d’après midi dans la baie de Chesapeake pour accomplir le parcours de cette régate « Inshore ». Grand soleil et petite brise de 12 nœuds étaient au départ, pour assister à une bataille ou les points acquis peuvent changer l’ordre du classement. Miss USA à bord de « Pirates des Caraïbes » à vécu les passages de bouées et batailles d’empannages sans merci de Paul Cayard et John Kostecki pour la troisième et seconde place, sous le regard de milliers de bateaux suiveurs.
Movistar emporte une magnifique victoire, et 3.5 points, en 2 heures, 21 minutes et 32 secondes sur un parcours raccourci par le comité, faute de vent.
Ces petits airs ne sont pas les conditions idéales pour les deux ABN AMRO qui préfèrent les brises un peu plus musclées rencontrées sur l’ensemble des mers du globe.
Sur le bateau des Kids il a fallu tenir tête à Ericsson pour préserver la place de quatrième, mais un vent trop faible et un empannage difficile ont eu raison de leurs efforts sur le dernier bord. La cinquième place leur apporte 1.5 point qui permet de garder le contact au général avec Movistar et Pirates.
ABN One est le grand perdant de la journée avec une 6 ème place qui rapporte 1 point.
BRUNEL redémarre la course après de nombreuses modifications, sa véritable mise en route est attendue pour la prochaine bataille fixée au le 7 Mai à 13 heures direction New York.
Résutlat de la régate « Inshore » :
1 MOVISTAR 3.5 pts
2 BRASIL 1 3 pts
3 PIRATES DES CARAIBES 2.5 pts
4 ERICSSON 2pts
5 ABNAMRO TWO 1.5 pts
6 ABN AMRO ONE 1 pts
7 BRUNEL 0.5 pts
CLASSEMENT GENERAL :
1 ABN AMRO ONE 63.5 pts
2 MOVISTAR 43.5 pts
3 PIRATES DES CARAIBES 41.5 pts
4 ABN AMRO TWO 41 pts
5 BRASIL 1 37 pts
6 ERICSSON 30.5 pts
7 BRUNEL 0.5 pts
Movistar remporte la première régate “inshore” à Baltimore
50 Dragon à la Coupe Internationale de Bretagne
Une cinquantaine de Dragon sont en lice depuis ce samedi pour la Coupe Internationale de Bretagne, prélude au Grand Prix Petit Navire Dragon qui débutera le 3 mai.
Un temps idéal pour les Open 7,50
Du côté des Open 7,50, 9 bateaux sont venus naviguer sur le Grand Prix Petit Navire. Parmi eux, Marc Guillemot, le président de la classe Open 7,50. «La baie de Douarnenez est un endroit fabuleux, nous y venons souvent en multi pour le défi et moi, je suis toujours ému de revenir parce que c’est ici que j’ai commencé à naviguer en Optimist à 6 ans ». Marc Guillemot est en pleine préparation de son projet de 60 pieds Open (Safran) actuellement en construction. « Venir ici est important parce qu’il ne faut pas s’éloigner de la mer. L’Open 7,50 est un bateau très toilé et léger, aux réglages fins et tactiques. Nous n’avons pas été très bons au Spi Ouest France, mais nous espérons nous refaire une petite santé, ici. J’ai un équipage de jeunes, qui était en 7,50 avec Franck Cammas sur le Spi ; L’important pour moi c’est de naviguer en régates quand on prépare des campagnes comme le Rhum ou le Vendée Globe, il ne faut jamais cesser de s’entraîner, quelque soit le support».
C’était un temps idéal pour ces petites bombes, qui, lancées sous spi, avec moins de 10 petits nœuds de vent, atteignent des vitesses incroyables en quelques minutes. Trois manches ont été courues.
Grand Prix Petit Navire Windsurf : pas glisse en mer, de la glisse à terre.
Après un premier briefing à 13h30, le comité de course a tenté de lancer deux départs en fin soirée pensant profiter du thermique de fin de soirée. Avec une marée basse à 12h48 à Douarnenez, le soleil a en effet rapidement réchauffé les eaux de la baie. Pas suffisamment cependant pour permettre aux 68 inscrits de disputer une première manche.
Pendant ce temps, plage des Sables Blancs, les plus jeunes ont pu fabriquer leurs propres Skimboard sous l’œil attentif et passionné de Bernard Ficatier. Ce professeur de charpente navale au lycée professionnel de Jean Moulin à Plouhinec a décidé de déplacer un atelier de fabrication de Skimboard sur la plage. Le principe de cette planche est simple. Lorsqu’elle est lancée au bord de la plage, une fine pellicule d’eau s’accumule entre sa surface et le sable et permet la glisse. « L’idée est de proposer aux plus jeunes une activité manuelle en rapport avec le Grand Prix Petit Navire Windsurf. » Le matin, par groupe de 10, les enfants commencent par coller deux lamelles de contreplaqué entre elles. Ces deux éléments sont ensuite définitivement scellés sous l’effet de la chaleur et d’une pompe à vide. L’après-midi, chaque enfant découpe son propre Skim en fonction d’un gabarit préétabli avant de le décorer. « Plus la planche de Skim sera petite, plus elle sera légère et glissante mais également technique. Il faut trouver le juste milieu » Après cinq à six heures d’un travail de fabrication, de décoration et une bonne journée de séchage, le Skimboard est fin prêt à glisser sur l’eau. Le 8 mai, à la fin du Grand Prix Petit Navire Kitesurf, un jury composé des membres du club de surf douarneniste Riskladenn, qui expose également des photos et diffuse des vidéos sous le chapiteau des Sables Blancs, désignera le plus bel ouvrage. Une remise des prix très symbolique tant les enfants semblent plus intéressés par le processus de fabrication. « C’est aussi une belle manière de montrer aux plus jeunes, qu’avec un brin d’imagination, on peut se faire plaisir sans dépenser un centime » conclut Bernard Ficatier.
Coupe Internationale de Bretagne (dragon)
Résultats de la première manche avant jury :
1 – Rat Pack (DALHMAN Henrik) ;
2 – Danish Blue (JENSEN Pol Hoj) ;
3 – Ar Youleg (URVOIS Louis)
Grand Prix Petit Navire Open 7,50
Résultats des deux manches avant jury :
1ère manche
1 – Ouest Job (Christophe Letourneur) ;
2 – Coïncidences (Christian Saumard) ;
3 – Démarches Marketing (François Girod).
2ème manche :
1 – Adonnante.com (Nicolas GROLEAU);
2 – Safran (Marc GUILLEMOT);
3 – Zig Zag Junior (Florence RAILLARD)
3ème manche
1 – Coïncidences (Christian Saumard) ;
2 – Safran (Marc GUILLEMOT);
3 – Ouest Job (Christophe Letourneur) ;
Well done Kito !
Six marins, cinq français dont une femme plus un Italien ont cueilli les lauriers de la gloire ce midi à Gustavia, le port de Saint Barthélemy. Après la formidable victoire du Groupe Bel aux couleurs de la vache qui rit de Kito de Pavant et Pietro D’Ali, Dominic Vittet et Lionel Lemonchois sur ATAO Audio System ont pris la deuxième place, 18 minutes « plus tard ». Jeanne Grégoire et Gérald Véniard sur leur Banque Populaire ont concrétisé leur superbe parcours, eux aussi, en parvenant à conserver la troisième place pour moins de … 4 minutes d’avance sur le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias.
Ces quatre premiers bateaux sont arrivés en moins d’une heure au terme de presque 20 jours de course ! Longtemps considérés comme vainqueurs potentiels après leur grande option au sud sur l’atlantique, les tenants du titre Armel le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air) ont pris la cinquième place, Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom) la sixième. A 14h07 heure française, six bateaux sont déjà arrivés aux pontons de Gustavia.
Temps de course des six premiers :
– 1er- Kito de Pavant et Pietro D’Ali (Groupe Bel), vainqueurs à 11h57’30 (heure française), les 3710 milles en 19 jours, 22 heures, 24 minutes et 30 secondes à la moyenne théorique de 7,76 nœuds.
– 2e – Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (ATAO Audio System) . A 18 minutes du vainqueur, en 19 j. 22h. 42mn et 30 sec. Moyenne : 7,75 nœuds.
– 3e – Jeanne Grégoire et Gérald Véniard (Banque Populaire). A 51 minutes et 25 secondes du vainqueur, en 19j. 23 h 15 mn et 55 sec. Moyenne : 7,74 nœuds.
– 4e – Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias (Veolia). A 55 minutes et 5 secondes du vainqueur, en 19j. 23 h 19 mn et 35 sec. Moyenne : 7,74 nœuds.
– 5e – Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air). A 1 heure, 15 minutes et 44 secondes du vainqueur, en 19j. 23 h 40 mn et 35 sec. Moyenne : 7,74 nœuds.
– 6e – Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom). A 2 heures, 9 minutes et 30 secondes du vainqueur, en 20 jours et 34 minutes. Moyenne : 7,72 noeuds
Premiers mots des vainqueurs :
Kito de Pavant (Groupe Bel), vainqueur : « c’est incroyable… j’en ai pleuré»
On n’en peut plus mais ça fait chaud au cœur… J’en ai pleuré tout à l’heure sur les derniers bords de près, peut-être que ça faisait du bien aussi d’avoir enfin du vent dans le visage… Depuis deux jours on ne dort pas, derrière ça revenait, ça revenait, ça revenait… D’ailleurs ils sont là, on les voit arriver, c’est incroyable, incroyable… Se battre comme ça… Notre seule particularité c’est de venir du Sud Pietro et moi, mais ça ne change pas grand-chose, on est tous des copains à terre et très contents de naviguer les uns contre les autres. La course a été difficile, on est parti sous spi et arrivés sous spi, le génois il est tout neuf ! Et dans ces conditions tout au vent portant, les vitesses sont similaires, tous les bateaux vont vite. Il y a eu des tas d’options, des écarts très importants et au final tous les bateaux ou presque vont arriver le même jour, je crois que ce n’est jamais arrivé… On a stressé jusqu’au bout… Hier soir on s’est retrouvé freinés sous un nuage, une vingtaine de dauphins sont venus jouer avec nous et quand on est sortis du grain… on a vu une voile, deux voiles, trois voiles… On s’est dit c’est pas possible, ça va pas le faire… et puis si, finalement ! »
Pietro D’Ali (Groupe Bel) : « une super course, du bon travail »
« C’est grand ! C’était une super course, avec Kito on a un super feeling tous les deux, on a la même approche et on n’a eu aucun problème pour communiquer en anglais. C’était à la fois stressant ce finish aussi indécis. Je crois qu’on a fait du bon travail, en parvenant à rester toujours, toujours dans le groupe de tête. »
Dominic Vittet (ATAO Audio System), 2e : « un combat psychologique extraordinaire”
« Avec Kito et Pietro, ça a été un combat psychologique extraordinaire. Nous étions je pense les deux seuls bateaux à avoir la même idée depuis longtemps, à être convaincus que le finish allait se faire dans du vent de sud-est et tout le combat était d’être le plus au nord possible. Nous pensions avoir gagné ce combat du nord… et puis merde, ils (Groupe Bel) y étaient allés encore plus que nous. C’était un super moment, quand on voit toutes les routes si différentes et tous qui pensions avoir raison et on se retrouve au final dans un mouchoir de poche, à se battre comme des chiffonniers, l’écoute à la main, à gagner mètre par mètre…On est content d’être là car on s’est bougé, la douceur des îles se mérite ! »
Lionel Lemonchois (ATAO Audio System), 2e : « Kito et Pietro étaient trop forts »
« Ça c’est de la belle bagarre ! Kito et Pietro étaient trop forts, ils ont été super, super bons… Ils la méritent ! On aurait préféré que ce soit nous bien sûr et on a forcément un peu les boules de ne pas avoir gagné, j’aurais bien aimé remporter cette Transat AG2R une deuxième fois… tant pis, je serai obligé de revenir ! »
Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 3e) : « mon premier podium en Figaro»
"Je ne réalise pas… On était dans le coup tous le temps, on a toujours fait notre route… Je ne pensais pas que d’avoir fait du match race avec des copines en Figaro, cela m’aurait servi un jour pour une arrivée de Transat AG2R. C’est mon premier podium en Figaro. Faire 3e derrière des gens comme ça, c’est énorme. On en avait rêvé bien sûr et on a pris des risques car on aurait très pu faire 15e.. Il fallait un Rital, un Sudiste, des vieux… il manquait une fille (rires) ! On a été en tête un peu le week-end dernier, mais ce n’est jamais gagné. On a eu peur jusqu’au bout de finir 4e, alors on préfère cette place là !»
Un faisceau elliptique de 140° !
Pourquoi une lampe électrique n’éclairerait-elle pas ce que notre champ de vision peut voir ? Fort de ce constat, Coleman innove en proposant une nouvelle gamme d’éclairage électrique, baptisée Widebeam TM, équipée d’un faisceau puissant et extra large. La conception de ces lampes permet de projeter un faisceau elliptique de 140° qui correspond parfaitement à notre champ de vision. L’agrandissement du faisceau est ainsi de plus de 50 % par rapport à celui d’une lampe classique.
Pour optimiser au mieux les besoins de chacun, les Widebeam TM Coleman se déclinent en lampe torche, lampe frontale et projecteur 2 en 1.
Thomas Coville rejoint Ellen MacArthur
Après quelque 3000 milles (5556 km) parcourus et sept nouveaux temps records établis dans le cadre de l’Asian Record Circuit, il est temps pour le trimaran d’Ellen MacArthur de quitter la métropole très animée de Hong Kong pour mettre le cap au Sud vers un autre pays et une autre culture : la Malaisie. Cette étape de l’Asian Record Circuit est divisée en cinq parties. Elle débutera ce dimanche (30 avril 2006) avec une tentative de record autour de l’île de Hong Kong et se terminera à Terengganu, sur la côte Est de la Malaisie. L’arrivée est estimée au 8 mai prochain, mais elle dépendra évidemment de la stabilité des vents dans ce bassin de navigation qui comprend notamment la zone de convergence intertropicale entre l’hémisphère nord et l’hémisphère sud, plus connue sous le nom de Pot au Noir.
Plus de 1300 milles (2407 km) séparent Hong Kong de Terengganu. Avec ses trois waypoints, cette étape en cinq parties est l’une des plus longues de l’Asian Record Circuit. Une fois la tentative de record autour de l’île de Hong Kong terminée, l’équipage mettra le cap sur la dernière ville chinoise de la tournée : la cité balnéaire de Sanya. Sanya est l’un des points les plus sud de l’île de Hainan, elle-même située à l’extrémité sud-est de la Chine. Cette ville marque la fin du circuit chinois qui avait débuté avec l’arrivée du trimaran dans le nord-est du pays, à Dalian, le 1er avril dernier. “Nous avons vu des choses incroyables et rencontré des gens formidables sur notre route, confie Ellen. Maintenant nous sommes impatients de mettre le cap au sud pour découvrir de nouvelles cultures et vivre de nouvelles aventures. Nous avons entendu dire que Terengganu était un endroit très joli et très calme. Nous avons hâte de goûter à l’exotisme de ce port, avec son cadre maritime exceptionnel et sa gastronomie très réputée !”
Sur cette prochaine étape, composée en fait en 5 petites étapes à part entières, l’équipage du trimaran est quelque peu différent de la première partie du parcours. Le navigateur français Thomas Coville rejoint Ellen MacArthur en tant que co-skipper pour l’ensemble de l’épreuve entre Hong Kong et Terengganu. Elaine Chua, seule navigatrice asiatique à avoir participé et terminé la Mini Transat, qui avait rejoint l’équipage à Shanghai, reste à bord jusqu’à la fin du circuit. Elle avait remplacé Shaun Weng, seul navigateur chinois à avoir réalisé un tour du monde en solitaire, et équipier à bord du trimaran de Yokohama au Japon, jusque Shanghai. L’un des objectifs de cette tournée est en effet d’offrir à des marins issus d’Asie la chance de courir à bord du trimaran, et pour Elaine, qui s’oriente vers des projets de navigation en solitaire plus ambitieux, cette aventure est un véritable plaisir. Le reste de l’équipage reste inchangé, avec Charles Darbyshire, Erwan Lemeilleur et bien sûr le Boat Captain Loik Gallon. Ellen participera quant à elle à la première et à la dernière partie de cette longue étape entre Hong Kong et Terengganu.
Carnet de Bord
Parfois, il suffit d’une rencontre, d’un coup de téléphone pour réaliser la dimension des choses. Sam nous conte l’anecdote du jour :
« Ce matin, je me suis retrouvé, au réveil d’une petite sieste, au téléphone avec le mythique David Douillet pour une opération Brossard au Centre Commercial Atlantis de Nantes…
Au delà du contraste de situations entre nous (privilégiés) qui sommes au milieu de nulle part en plein Atlantique et un supermarché plein d’agitation où l’on s’active à consommer. C’était un peu surréaliste ! Cela m’a fait prendre conscience que ce que nous réalisons à bord n’est pas uniquement dans le vain espoir de satisfaire notre propre désir de compétiteur. Nous participons également à un effort commun, celui de Brossard en particulier. Et de sentir que derrière ça, il y a des hommes et des femmes qui cravachent à longueur d’année pour finalement ce même objectif commun. C’est motivant.
Pour nous qui nous arrachons sur l’Atlantique de façon intensive mais brève; cela ne dure que 3 semaines après tout. Et bien Fred et moi nous envoyons, à notre tour, toutes nos félicitations pour les efforts accomplis au quotidien et dans la longueur par tous les employés de nos partenaires !
Côté sport, nous avançons bien ce matin. La bonne nouvelle, c’est que nous avons réussi à récupérer notre 8ème place sur Delta Dore. On s’accroche dur pour essayer de rattraper E.Leclerc/Bouygues Telecom. Sinon, les grains capricieux et ultra ventés des derniers jours ne sont plus d’actualité. Maintenant c’est de nouveau ciel bleu et soleil écrasant. Nous consommons notre « trop plein » d’eau en douches ! Le bonheur. Il reste environ 36 heures de course…on tient le bon bout. »
L’arrivée des premiers concurrents est prévue demain dans l’après-midi après une lutte probablement acharnée digne d’un Match Racing autour de St Barthélémy. Brossard est toujours en 8ème position.
Incroyable suspense…
On ne pouvait rêver scénario plus hitchcockien, mais ce suspense pourrait tourner au supplice pour les courreurs, après 19 jours de mer. Imaginez : à moins de 300 milles de l’arrivée, soit 1 jour et demi, les deux premiers sont exactement à équidistance de Saint-Barth. « C’est chaud ! » s’est exclamé ce matin Jeanne Grégoire (3e à 12 milles sur Banque Populaire). « Il faut espérer qu’il n’y ait pas de gros hold-up sur la fin, mais que la logique de la Transat soit respectée » a-t-elle ajouté. Au classement de 4h00, Banque Populaire était talonné à 0,2 mille derrière par les deux équilibristes, Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (Atao Audio System). Depuis maintenant plus de deux semaines, ces deux-là naviguent sur un fil avec la peur au ventre de déchirer leur dernier spi léger. « On ne sait pas qui va gagner, a murmuré Nicolas Troussel (1er ex-æquo sur Brit Air) à peine réveillé. J’ai l’impression qu’on va se retrouver bord à bord à la pointe des Colombiers. Ça va être serré jusqu’au bout. » Seul Kito de Pavant (1er ex-æquo sur Groupe Bel) semblait beaucoup plus serein. « Ça va le faire ! On est bien là où il faut. Je pense qu’on est en train de tirer les marrons du feu ! » Si personne ne sait qui va couper la ligne en premier samedi soir à Gustavia, une chose est sûre : le vent mollit à l’approche des îles et permet à la flotte de se resserrer. Les cinq premiers se tiennent désormais dans un mouchoir de poche de 16 milles. Il peut encore se passer bien des choses en 36 heures de course. 36 heures haletantes avant de savoir si Armel Le Cleac’h et Nicolas Troussel vont se succéder à eux-mêmes ou bien si un nouvel équipage va inscrire son nom au palmarès de la Transat AG2R.
First 50 : Naissance d’un yacht d’exception.
« L’efficacité d’un dessin de voilier, c’est sa capacité à capter des filets d’air et d’eau et à les laisser derrière lui dans le même état…Ainsi sont les traits du First 50 ». Cette philosophie de l’architecte, Philippe Briand, résume à elle seule le concept dont Bénéteau s’est inspiré pour imaginer et développer ce nouveau voilier de pures performances : le concept des méga-yachts. Esthétisme raffiné et technologies les plus innovantes, au service d’une seule idée : le plaisir de naviguer à la perfection.
Avec le First 50, Bénéteau part à la conquête des Sport Cruisers, ces voiliers de rêve à l’élégance unique : pureté des lignes tendues, finesse des traits, design du plan de pont.
Le dessin de carène élancé, les appendices modernes (quille torpille) et leurs allongements, le mât carbone confèrent à ce Sport Cruiser de 50 pieds une sensation unique de puissance.
A l’image des méga-yachts, tout concourt à la pureté des lignes : l’intégration des éléments fonctionnels et de l’accastillage dans le pont, l’étai reculé, le tambour d’enrouleur de génois sous le pont, le davier d’étrave escamotable (optionnel), le roof abaissé …
Le cockpit offre une excellente ergonomie avec ses deux postes de barre et ses winchs de génois à portée de main et le retour de l’ensemble des manœuvres sur les winchs de roof. Il s’ouvre généreusement sur la mer avec son ingénieuse plage de bain pour plus de confort et de plaisir.
Les nombreux panneaux de pont flush et ouvertures inondent l’intérieur de lumière et la vie à bord rime avec plaisir raffiné et sérénité. Une nouvelle essence de bois associée à des matériaux employés pour la première fois par Bénéteau et les lignes épurées apportent bien-être et modernisme. L’agencement intérieur respecte les fonctionnalités classiques de la table à carte et de l’espace cuisine et offre une très luxueuse cabine propriétaire avec douche et toilette privative et deux spacieuses cabines arrières.
Rendez-vous à Cannes et Southampton en septembre pour cette intense découverte.
Plus d’infos : www.beneteau.fr
Chaude arrivée, samedi à Saint-Barth´…
Dix-huitième nuit de mer. Dix-huitième journée de compétition acharnée à jouer de l’empannage et de la boule de cristal météo. Chaleur écrasante. Vent d’est un peu mou (15 nœuds) et surtout toujours aussi instable en force et en direction. Chaleurs. Angoisses de tout perdre pour les leaders. Espoirs de recoller pour les autres. Tempêtes sous les crânes. Ainsi va la vie de la Transat AG2R ce jeudi, à deux jours du dénouement de Saint Barth’. A la vacation radio, personne de vraiment rassuré. Personne pour se risquer à un pronostic hormis le fait qu’Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air) soient les mieux placés. Evidence. Un petit pécule de 9 milles d’avance. Mieux vaut ça que l’inverse. Lapalissades. Nicolas Troussel aimerait bien arriver pour un certain PSG-OM samedi. Ce sera juste. Il aimerait surtout empocher sa deuxième Transat AG2R avec son chacal de copain, Armel Le Cléac’h. Histoire de marquer un grand coup la mythologie de la course au large puisqu’en 8 éditions, jamais un équipage n’a réussi ce coup de maître. Histoire aussi de fêter superbement leurs anniversaires dans une poignée de jours (ils sont tous deux nés un 11 mai). Seulement voilà. Tant que la ligne n’est pas franchie….
Nicolas Troussel en convient lui-même : « la situation météo est instable et ce sera vraiment tendu jusqu’au bout. Il suffit de pas grand-chose, d’une bulle dans laquelle tu restes scotché une heure pendant que les autres filent. Et certains vont attaquer. Tant qu’ils ne seront pas tous alignés derrière nous, il y aura danger »
Et le danger pour Brit Air porte au moins cinq noms différents. Au moins dix marins qui – c’est pas mignon – vont tout faire pour gâcher l’anniversaire d’Armel et Nicolas. A commencer par Kito de Pavant et Pietro D’Ali (Groupe Bel, 2e) qui soutient « vachement » bien la comparaison : ils ont concédé moins de 2 milles au leader aujourd’hui et pointent à 9 milles, à portée de fusil. Et 9 milles par les temps qui courent représentent à peine plus d’une heure et quinze minutes.
Or, « les bascules de vent sont très courtes, elles durent de 30 secondes à 5 minutes avec 30 degrés de changement d’orientation du vent. Ce n’est pas facile à gérer et d’ici l’arrivée des choses vont se passer, on devrait finir avec du sud-est, puis de la pétole…au moins six bateaux sont menaçants », témoigne Kito de Pavant. Petite voix pas rassurée non plus chez Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 3e) qui fait pourtant une course magnifique mais craint de voir ses efforts anéantis si proche du but. « J’espère que tout ça ne finira pas à la loterie » soupire Jeanne, « le vent peut mollir.. je ne sais pas du tout. J’ai reçu des fichiers de vent qui nous disent que ça peut finir en pétole… on a choisi notre camp en créant volontairement de l’écart latéral avec Groupe Bel, et il y aura forcément un côté plus payant que l’autre ».
Yannick Bestaven (6e) : « objectif podium ! »
De la pétole qui barrerait la route du trio de tête ? C’est loin d’être exclu. Un coup d’accordéon ? Pourquoi pas. Un final au couteau, à quelques longueurs près autour de l’île ? Soyons réalistes, exigeons l’impossible. Comme dans les bons films, plus le dénouement est proche et plus la pression monte. Le Veolia de Roland Jourdain et Jean Luc Nélias, 4e, est en embuscade à 20,1 milles, tout comme l’ATAO Audio System de Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (5e à 20,4 milles)… Tous deux ont grignoté quelques centaines de mètres aujourd’hui.
Des six premiers, c’est pourtant le dernier du paquet de tête, Yannick Bestaven sur Aquarelle.com (6e à 24,3 milles) qui montre le plus d’entrain à la vacation : « pour nous, c’est objectif podium ! On a la balle et on peut tout espérer. Banque Populaire avait 20 milles d’avance sur nous hier et il n’en n’a plus que 10. Le vent va mollir, alors on compte sur un effet d’accordéon pour que les copains de devant s’arrêtent et qu’on recolle. On est à bloc, à fond sur la barre, pour prendre le moindre petit surf, on est à 150% ! On risque de finir en match-racing sur la ligne, ça va être une arrivée sympa ! »
Devant on a tout à perdre… et juste derrière tout à gagner. On laisse le mot de la fin à Jean Maurel : « Les premiers devraient arriver samedi en fin d’après-midi à l’heure de Saint-Barth et le tour de l’île va être décisif, au minimum pour les places d’honneur ». Pour le directeur de course, «avec l’effet d’entonnoir vers le but, il n’y a plus vraiment d’options décisives à prendre mais il reste un peu de jeu, qui sera un jeu de régate au contact. Ce qui va compter aussi c’est qu’au bout de 18 jours, la fatigue voire la désillusions aidant, les marins peuvent manquer un peu de lucidité ».
A qui pourraient alors profiter ces ultimes bords vers la ligne d’arrivée devant Gustavia ? « Je ne sais pas… Brit Air et Groupe Bel tiennent bien la corde, mais des équipages de très grande expérience comme ceux de Veolia ou d’ATAO Audio System savent aussi que tout se joue parfois dans les dernières heures de course ».
Pendant ce temps, pendant qu’on tire des plans sur la comète, Nicolas Troussel s’acharne à la barre de Brit Air. C’est à quelle heure le match, samedi soir ?
Geronimo s´empare du record San Francisco-Yokohama
Météo capricieuse
L’équipage CapGemini / Schneider Electric vient de réaliser un nouveau temps de référence dans le Pacifique nord en parcourant en 14 jours 22 heures 40 minutes et 41 secondes les 4482 milles qui séparent San Francisco de Yokohama. « Les derniers 1000 milles ont été d’une violence incroyable » racontait Olivier de Kersauson quelques minutes après avoir passé la ligne. « La traversée a été magnifique, tout est excessif, les situations météo basculent à une vitesse folle, c’est harassant et passionnant, en dehors de la dernière partie qui était surtout exaspérante. En fait, il faut un peu fonctionner à l’ancienne, le plus vite possible, par la route la moins longue. On est loin de la stratégie dans ces zones. C’est intéressant sur le plan maritime parce que je n’avais jamais connu des conditions aussi versatiles et exigeantes».
Un équipage et un bateau complémentaires pour deux records
Geronimo a coupé deux lignes d’arrivée en prenant un seul départ : « Après, c’est toujours facile, mais avant, il faut le faire. Entre le dire et le faire, il y a la mer. Ce qui est sûr c’est que depuis le dernier gros chantier, Geronimo est désormais un bateau complet, capable d’affronter toutes sortes de conditions. Comme nous sommes le seul armement toujours en première ligne, nous prenons évidemment des risques. Nous étions les premiers avec Capgemini et Schneider Electric à réaliser un trimaran de cette taille. Notre état d’esprit n’a pas changé, nous innovons, mais nous naviguons un peu à l’ancienne. Pour nous, les chavirages et autres casses sont des fautes. Pour gagner, il faut déjà arriver, c’est ça notre métier. Et l’équipage partage cet état d’esprit. Même les nouveaux comme notre équipier Japonais qui a été d’une gentillesse formidable et s’est appliqué d’une manière incroyable. Il a beaucoup donné à Geronimo.
Place de la Concorde
Il a fallu de longues heures d’atterrissage à Geronimo, en effet, l’arrivée au port de Yokohama s’est fait au cœur d’un trafic maritime incroyable. « C’est la place de la Concorde ici. Il fait nuit, il y a de la brume et des cargos partout, à 200 mètres l’un de l’autre. Et nous n’avons pas de frein ! Nous avons réussi à tirer notre épingle de ce jeu complexe, mais c’était chaud. Nous sommes doublement heureux de toucher terre ».
Nouveau temps de référence San Francisco Yokohama : 14j 22h 40′ et 41”


















