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Tragédie à bord d´ABN AMRO 2

Hans Horrevoets
DR

Le Hollandais Hans Horrevoets, 32 ans, tombé à l’eau puis récupéré par l’équipage n’a pu être ranimé.

Au moment de l’accident, à quelques 1 300 milles de Land’s End à la pointe de la Cornouaille, ABN AMRO TWO, le VO 70 skippé par Sébastien Josse naviguait dans 30 nœuds de vent sur une mer formée avec des creux de 5 m. C’est dans ces conditions difficiles que Hans Horrevoets est tombé à l’eau à 03h (heure Paris).

L’équipage d’ABN AMRO TWO a immédiatement rebroussé chemin, affalé les voiles et sillonné la zone à la recherche Hoorevoets. Repéré, Hans a été hissé à bord et tout a été mis en œuvre pour le ranimer, avec l’assistance par téléphone satellite des services médicaux du Derrisford  Hospital de Plymouth.

Rien n’a pu être fait et Hans Horrevoets n’a pas repris connaissance. Hans était marié et avait un enfant. C’était l’un des cinq jeunes professionnels du bord d’ABN AMRO TWO. Il avait notamment participé à la Whtibread 97-98, comme régleur sur Brunel Sunergy.

Plus d’informations à suivre.

L’équipe de Course Au Large s’associe à la douleur de la famille et des équipiers de Hans Horrevoets.

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Philippe Presti, “On joue dans la cour des grands”

Philippe Presti
DR

Pour un baptême du feu, c’est plutôt réussi !
Oui, on prend la seconde place au général derrière BMW Oracle en remportant 9 de nos 11 matches. On bat des grosses pointures comme Alinghi et les Néo-Zélandais, qui étrennaient leur nouveau bateau comme nous et les Américains. Ce sont d’ailleurs les trois nouveaux Class America de la flotte qui font le podium. Cela dit on s’est incliné face aux Espagnols et on aurait pu l’éviter. En conclusion, on est content d’être second car dans les Actes précédents c’était dur de prendre sa place dans le quatre majeur et là indiscutablement on a potentiel de vitesse supérieur, mais aussi déçu de ne pas avoir gagner. C’était à notre portée. On joue dans la cour des grands. C’est redevenu une régate de bateaux à voile…

Faut comprendre que dès que l’écart à l’arrivée dépasse plus de 20 secondes, ce n’est plus une régate de bateaux à voile comme vous dites ?
Ca dépend comment l’écart est créé. Je veux dire que l’an dernier Alinghi mettait le pied sur l’accélérateur et il doublait tout le monde. Là on est revenu à leur niveau. Si on navigue bien, si on prend de bons départs, c’est jouable désormais.

Oui mais Alinghi est un ancien bateau. On peut aussi vous retourner le compliment en notant que ce bateau de la génération passée fait jeu égal avec les nouveaux
Alinghi avait mis la barre très haute ces derniers temps et le fait d’être à niveau, c’est déjà beaucoup. Je crois que nos progrès ne s’arrêtent pas à l’usage du nouveau bateau. Le potentiel d’un Class America se mesure en mètre par minute. La performance à ce niveau c’est un tout. Il faut avoir le potentiel d’aller aussi vite que les autres, sinon mieux, et après il ne faut pas faire de bêtises. Contre BMW Oracle mardi, on est parti en tête mais on n’a pas réussi à conserver l’avantage. Au lieu de passer devant à la bouée au vent, on est passé derrière avec en prime une pénalité à faire. A ce niveau de compétition, c’est quasi irréparable. Je le dis c’est redevenu de la régate de bateau à voile. Avant, la tactique on n’en parlait pas trop.

Pourtant les phases de départ manquaient un peu d’engagement « musclé »
Y avait pas de vent. La régate la plus ventée a été la dernière avec des claques à 10,5 nds.

Moins de vent que prévu ?
On a fait des régates tous les jours. La compétition a eu lieu. Y a rien à dire ! Même si à cette époque de l’année, le comité d’initiative prévoit plutôt 12/14 nds.

Ca fait une différence sur l’eau
Une différence de 1nd en pression de vent, ça fait tout de suite 2 à 3/10ème de vitesse en plus.

Les conditions optima ?
On est pleine charge à 13 nds de vent au près, c’est-à-dire gîté au maximum, mais on n’est pas encore à notre rendement optimal. On va vite mais bas. A 15 nds on va un peu moins vite mais plus haut avec un meilleur VMG.  

Un mot sur BMW Oracle
C’est vrai qu’il vire court et qu’il a un mât très avancé et son bout-dehors… Je ne sais pas exactement comment il est sous l’eau. Moi je ne le trouve pas très gracieux mais il a l’air efficace… Il vire sec, il accélère un peu plus vite mais une fois lancé je ne vois pas de différence comparé aux autres nouveaux bateaux.

Globalement à Valence cette semaine, on a eu l’impression d’assister à un nivellement vers le …
C’est vrai que les gros teams sont au niveau d’Alinghi et que parfois des voiliers d’équipes plus modestes font la nique aux grosses cylindrées. Quand Karol Jablonski garde son calme, il fait de belles choses avec le voilier espagnol. La preuve, il nous a battus. J’ai bien aimé Shosholoza du team Sud-Africain désormais mené dans la cellule arrière par le duo italien Chieffi/Cian. Il y a du sang neuf aussi sur Mascalzone Latino avec Jes Graham Hansen à la barre au départ. Décidément une semaine bien intéressante… L’autre nouveauté par rapport à la dernière Cup en Nouvelle Zélande est qu’on n’a jamais vu 12 équipes en place sur le terrain de jeu 1 ou deux ans avant le Match. « Les petits » s’entraînent beaucoup même entre eux pour les écuries qui n’ont qu’un bateau et on voit la différence. Alinghi est à deux doigts d’être battu par Mascalzone, Nous on est devancé par Desafio Espanol lui-même battu par Team Shosholoza, + 39 a fait plus de la moitié de la régate devant les Kiwis… Ca joue !  
 
Et quel est ton poste dans l’équipe de Francesco de Angelis
Barreur. Je suis à la barre du second bateau lors des entraînements. Pendant l’Acte X, j’observais les régates sur l’eau à la  vidéo et sur les images virtuelles de tout le monde. Mon travail c’est d’aider l’équipe à établir une stratégie au plan tactique notamment sur la phase départ en fonction des adversaires. On ne peut plus se permettre de démarrer moyen et de compter sur la vitesse pour se refaire. Il faut être à 100% du début jusqu’à la fin.    

Quelle est la suite du programme ?
Régate en flotte à partir de demain (l’Acte XI) et puis dans un mois démarre l’Acte XII. La même chose que l’Acte X, mais cette fois avec demi finale et finale. Et puis rendez-vous l’an prochain avec une course en flotte début avril suivie de la Louis Vuitton Cup de mi-avril à mi-juin pour sélectionner le Challenger qui rencontrera le Defender Alinghi : La Coupe de l’America.

Patrice Carpentier

Classement Act X
1 – BMW Oracle Racing (USA87) – 9/10 – 9
2 – Luna Rossa Challenge (ITA86) – 9/11 – 9
3 – Emirates Team New Zealand (NZL84) – 9/11 – 9
4 – Alinghi (SUI75) – 9/11 – 9
5 – Desafío Español 2007 (ESP65) – 6/11 – 6
6 – Victory Challenge (SWE63) – 6/11 – 6
7 – Mascalzone Latino-Capitalia Team (ITA77) – 5/11 – 5
8 – Team Shosholoza (RSA83) – 4/11 – 4
9 – +39 Challenge (ITA59) – 3/10 – 3
10 – AREVA Challenge (FRA60) – 3/11 – 3
11 – United Internet Team Germany (GER72) – 2/11 – 2
12 – China Team (CHN79) – 0/11 – 0

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Armel Le Cléac´h, le Rhum avec Brit Air

60' Imoca Brit Air Armel Le Cléac'h ex VMI
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Suite à la très concluante première expérience commune dans la Transat AG2R Concarneau/St Barth en avril dernier, lors de laquelle Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel ont mené une partie de la course et se sont classés 5ème, BRIT AIR souhaite soutenir son skipper dans son projet de participation à la Route du Rhum.
Il représentera donc les 1270 salariés de la compagnie sous les couleurs bleue et jaune du fameux logo, triskell et hermine, qu’il arborera sur son monocoque, lors du départ de St Malo, le 29 octobre prochain.

Ce monocoque, plan Finot-Conq mis à l’eau en 1998, anciennement Sodebo, a été racheté par VMI en 2002 et a permis à Sébastien Josse de se classer 5ème au dernier Vendée Globe.

Convoyé ce jour des Sables d’Olonnes à Port la Forêt, le monocoque BRIT AIR sera mis en chantier pour des travaux de gréement et de décoration aux couleurs de la compagnie, avant de prendre le large avec Armel pour sa qualification en vue de la Route du Rhum (environ 1500 milles)

Caractéristiques techniques

Architecte : Groupe Finot-Conq
Maître d’œuvre : Thierry Eluère
Longueur : 18,28 m
Largeur : 5,40 m
Tirant d’eau : 4,50 m
Poids : 8 tonnes
Quille : fixe
Lest : 2,8 tonnes
Matériau : Polyester/Carbone Nomex
Surface de voilure maximum :    – au près : 285 m2
    – au portant : 620 m2

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Les Sud-Africains « chouchous » à Valence

Shosholoza échauffement
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Aussi touchants que combatifs, les Sud-Africains ont conquis les cœurs. « Shosholoza » signifie « va de l’avant » et est emprunté d’une chanson entonnée autrefois par les mineurs et ceux qui travaillaient dur de leurs mains. « Nous voulons montrer que tous les citoyens sud-africains peuvent travailler et réussir ensemble », annonce fièrement le Capitaine Salvatore Sarno dont le rêve est devenu réalité. Cet italien, patron d’une compagnie de transport maritime, vit depuis 20 ans à Durban. En 2002, il a « une vision » : celle d’emmener cette nation blessée par 40 années d’apartheid, à la conquête de la Coupe de l’America.

Réelles ambitions
Le projet voit le jour en 2004, grâce à l’implication de l’Anglais Paul Standbridge, un ancien du GBR Challenge, et de Ian Ainslie, coach de la Fondation Izivunguvungu, une école pour jeunes marins qui a permis de recruter des régatiers locaux. La moyenne d’age est de 31 ans, alors qu’elle atteint 40 ans chez « Alinghi ». En plus de défendre une noble cause, l’équipage, à 80 % Sud-Africains, montre aujourd’hui un réel potentiel sportif. « Shosholoza » a été le premier défi à disposer dès 2005 d’un bateau nouvelle génération. Cette semaine à Valence, l’équipe a remporté quatre victoires dont une contre le très en forme défi espagnol.  « Nous avons de réelles ambitions sportives », déclare Tim Kröger, qui a participé à la naissance du projet et prépare sa troisième Coupe. « Beaucoup viennent de la voile légère, mais certains n’avaient jamais navigué. Nous avons recruté des marins expérimentés et le groupe a beaucoup progressé ».  La cellule arrière a été renforcée par le skipper Mark Sadler, l’un des meilleurs régatiers sud-africains, et Tommaso Chieffi qui apporte à la barre, l’expérience de cinq Coupe de l’America.
 
Equipe sportive de l’année
 Salomon Dipeere, 25 ans, a grandi près de Johannesburg et découvre l’Europe : « Notre objectif change tous les jours. Au début, nous voulions juste être présents et gagner une ou deux régates, puis on a commencé à viser le milieu du tableau, et maintenant, on rêve même d’aller beaucoup plus loin ! », s’amuse-t-il avant d’ajouter : « Etre ici dépasse le bateau, nous faisons cela pour notre pays ». En Afrique du Sud, « Shosholoza » a été élue « équipe sportive de l’année 2005 », devant le cricket et le rugby. Une belle récompense. « La voile est considérée comme un sport de blanc là-bas, nous montrons que tout le monde a sa place à bord d’un Class America », se félicite Tim Kröger, « ce que nous faisons ici est vraiment fort ». L’année dernière à Trapani, l’équipe a reçu la visite d’Andrew Mlangeni, emprisonné pendant 26 ans avec Nelson Mandela. Il leur avait alors donné le plus beau des encouragements, en déclarant : « Ce que vous réalisez aujourd’hui est tout ce dont j’ai rêvé toute ma vie et pour lequel je me suis tant battu ».
 
Julia Huvé

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BMW Oracle grand vainqueur

BMW Oracle victoire Acte 10 Valence
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L’avènement des nouveaux Class America
Après une journée riche en émotion et des confrontations très intenses, il a fallu départager les quatre équipes ex-aequo en point pour connaître le classement définitif de ce premier Acte de la saison. Et c’est BMW ORACLE Racing qui sort vainqueur de ce système, devançant ses concurrents habituels. Ce podium sacre l’avènement des nouveaux Class America. Alinghi, le seul des ‘big four’ à courir sur son ancien bateau, termine en effet quatrirème, sa plus mauvaise place en match racing depuis le lancement des Actes en 2004.
 
Pression maximum
Mardi, lors de l’ultime journée de match racing, les 12 équipes avaient le sentiment légitime d’avoir tout à gagner ou à perdre. L’action était sur tous les fronts, du sommet aux derniers échelons du classement – et les matchs, disputés dans un vent d’est-sud-est de 10 nœuds, se sont révélés très tendus. La pression qui pesait sur les équipages s’est parfois transformée en nervosité avec un nombre record de pénalités distribuées. Plusieurs grosses équipes en ont d’ailleurs fait les frais.
 
Dans le flight 10, au cours d’un match électrique, Emirates Team New Zealand doit répondre au lof agressif de James Spithill sur Luna Rossa. Le grand spi rouge des kiwis semble toucher alors la barre de flèche du bateau Italien et explose. Dean Barker et les siens sont pénalisés sur le champ.
Mais les Italiens seront à leur tour pris au piège – dans le flight suivant – par BMW ORACLE Racing. A l’issue d’un louvoyage torride, les Américains parviennent à inverser les priorités et se retrouvent tribord amures à l’approche de la marque. Luna Rossa Challenge met du temps à se dégager du bateau prioritaire : il écope d’une pénalité.
Les arbitres embarqués sanctionneront également United Internet Team Germany et surtout Victory Challenge qui perd dans la foulée un match décisif contre le Desafio Espagnol 2007. Les Espagnols s’emparent ainsi de la 5e place et remplissent leur objectif affiché : terminer dans le carré magique des challengers, une position qui permettrait, dans un an, d’accéder aux demi-finales.
 
10e place pour Areva Challenge
Plus loin dans le classement, deux challengers italiens ont réalisé la belle opération du jour. Mascalzone Latino-Capitalia Team et +39 Challenge remportent en effet leurs deux derniers matchs. Les premiers confortent leur place de 7e au classement, les seconds remontent de la 11e à la 9e place.grâce à leur victoire contre Areva Challenge.
 
Si les Français sont facilement venus à bout de China Team, ils semblent en revanche avoir perdu leurs moyens face à +39 Challenge. Dans ce duel, Peponnet et son équipe volent le départ, une erreur qu’ils ne sont pas sensés commettre à leur niveau. Bien que très combatifs pendant toute cette régate, ils n’ont jamais eu l’opportunité de doubler Iain Percy.
 
 
Ce n’est pas fini !
Le classement général du Valencia Louis Vuitton Act 10 est toujours provisoire. En effet,
BMW ORACLE et + 39 Challenge ont toujours un match de retard qui sera disputé demain mercredi. L’issue de ce match ne changera pas le classement de l’Acte, mais le nombre de points seront différents et pourront en revanche affecter le classement des challengers (Louis Vuitton Ranking) dans lequel les ex-aequo ne sont pas départagés.
 
Source ACM

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Sanderson intouchable ?

ABN AMRO 2
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Pour Sébastien Josse, après six jours de course, les jeux sont pourtant pratiquement faits, même si un tassement de la flotte à l’approche de la pointe de l’Angleterre est envisageable avec la nouvelle dépression qui s’annonce sur leur terrain de jeu à l’approche du Cap Lizard. Josse  voit cependant mal comment  Sanderson pourrait être détrôné de sa position de leader alors que ce dernier navigue dans un système météo presque différent.  Mais  il reste encore aujourd’hui de bonnes présomptions pour que Movistar ait tiré la bonne carte. Rendez-vous au Cap Lizard pour le verdict.
 
Jeudi soir ou vendredi matin, les premiers VO 70 devront sans doute lever un peu le pied s’ils veulent préserver leur machine dans les rafales de 45 à 50 nœuds attendues sur zone et arriver sains et saufs à Portsmouth, terme de cette 12ème manche.

 
Que pensez-vous de cette traversée Ouest-Est  de l’Atlantique Nord ?
D’abord qu’elle est très froide. Je m’y attendais depuis mon expérience dans la Transat Anglaise. Mais le froid est vraiment saisissant. Sans doute à cause des vents de nord. Pourtant, nous sommes à la latitude de Sarragosse et de Rome ! Ce n’est pas très très agréable. Mais, ce qui est très étrange ici, c’est l’intensité de la vie rendue possible par les courants chauds du Golf Stream. Dans les mers du sud, il fait vraiment froid et la vie marine est pratiquement réduite à zéro. Ici Il fait froid, peut-être même plus froid que dans le Sud, mais la vie grouille autour de nous. Nous avons vu près de 50 dauphins ces derniers jours. Mais, nous sur le pont, on se caille. Nous avons deux paires de gants, des bonnets, des polaires, des bottes, des cirés… Il y a aussi pas mal d’eau sur le pont. Contrairement à ce que l’on pense, on prend plus d’eau dans la figure quand ces bateaux foncent dans la vague à 20 nœuds au portant, que quand nous sommes à 10 nœuds au près.
 
 
Et la partie d’échecs qui se joue actuellement ?
Je ne vois pas comment Mike Sanderson va pouvoir être inquiété. Peut-être par Ericsson qui est à peu près dans le même système météo et encore. Mais au vu des cartes météo, j’ai du mal à imaginer Movistar en tête au Cap Lizard. C’est possible, comme tout peut l’être sur l’eau. La casse par exemple car on va en prendre plein la figure dans quelques jours à l’arrivée sur la pointe de l’Angleterre. Notre groupe, avec Pirates, Brunel et Brasil 1, est dans une position intermédiaire, mais avec un cran de retard sur ABN AMRO ONE. Et ce cran va être difficile à surmonter. Nous ne bénéficions pas tout à fait des mêmes conditions météo qu’ABN AMRO ONE. Notre groupe est toujours dans les effets de la première dépression qui est en train de mourir sur nous. Eux vont bientôt rencontrer une seconde dépression, très grosse, qui descend le long de la côte ouest de l’Ecosse. Cela peut faire mal. On se prépare à faire le dos rond.
 
L’équipage va bien ?
Oui, nous sommes gelés mais en pleine forme. Et très motivés. Contrairement à l’étape précédente, nous n’avons rien cassé pour l’instant. Mais il va falloir rester vigilants avec ce qui nous attend devant. La dépression qui arrive est vraiment grosse et la mer va sûrement se former. Les secousses risquent d’être dangereuses pour nos bateaux. Mais notre équipage de « jeunes » est devenu très à l’aise dans la brafougne, plus que dans le petit temps. En un mot, plus à l’aise dans la bagarre que dans la négociation. Moins patients sans doute que les vieux de la vielle. Cela tombe bien. Dès jeudi soir ils vont être servis ! Sinon, je suis épaté par leurs progrès. Ils font vraiment un super boulot et s’améliorent d’étape en étape. Et toujours dans une super ambiance et avec beaucoup d’enthousiasme.
 
L’enjeu de cette étape ?
Il est clair pour tous, ce sont les deux places restantes sur le podium à l’arrivée à Göteborg. ABN AMRO ONE est intouchable, mais on peut encore se battre avec Pirates, Brasil 1, Movistar et même Ericsson qui fait une superbe manche en ce moment. On a parlé de record de traversée ou des 24h sur cette étape. Pour moi, ce n’est pas la priorité. C’est possible, vu les conditions météo, mais ce n’est pas l’enjeu du moment. A chaque jour suffit sa peine. Pour l’instant, on se concentre sur la seule chose importante, « aller vite, au bon moment et au bon endroit ».  Et croyez moi, c’est pas facile.
 
Potin du large… Un mot sur Dee Caffari, la jeune navigatrice anglaise qui bouclera son tour du monde à l’envers dans quelques jours ?
C’est amusant, on est parti presque en même temps d’Europe, nous le 12 novembre 2005 d’Espagne et elle le 21 d’Angleterre, et nous arrivons pratiquement ensemble en Angleterre. Nous, après un tour du monde qui compte de longues escales et elle en solo, non stop, contre les vents dominants. Les gens ne se rendent pas vraiment compte de ce que c’est de faire le tour du monde à l’envers. Ce que vient de faire Dee est un vrai exploit. Plus de 170 jours en mer dans ces conditions. Chapeau bas.
 
Source ABN AMRO

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Lutte acharnée

BMW Oracle
DR
Un des matchs les plus importants de ce flight 10 était celui opposant Emirates Team New Zealand à Luna Rossa Challenge. Et quel duel ! Les deux équipages terminent leur premier bord pratiquement de concert, avec un léger avantage pour les kiwis qui enroulent en tête avec quelques mètres d’avance. Pendant le bord de spi, Spithill, sous le vent, passe à l’offensive et lofe Emirates Team New Zealand. Le spi de NZL 84 touche alors la barre de flèche des Italiens et explose. Ce faisant, les kiwis écopent d’une pénalité et voient toutes leurs chances de victoire s’effondrer malgré une navigation sans cesse au contact. Dean Barker et son équipe hypothèquent du coup la première place au classement général.

BMW ORACLE s’impose de justesse devant le challenger local
Les Espagnols ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils sont confrontés à plus forts qu’eux. Tombeurs de Luna Rossa Challenge, Karol Jablonski et son équipe auraient pu récidiver avec BMW ORACLE Racing aujourd’hui. La bagarre a été intense pendant toute la régate avec des passages de marque extrêmement serrés. Les Américains ne disposent que de 4 secondes d’avance à la bouée au vent. Si bien que le bord de spi tourne en faveur du Class America vert des Espagnols qui reprend la main à la bouée suivante de… 5 secondes. L’expérience et le sang froid de Dickson et ses compères feront la différence. BMW ORACLE Racing conservera une mince avance, suffisante néanmoins pour remporter ce match (de 25 secondes).

Superbe victoire de Mascalzone Latino face à Shosholoza
Les matchs de classement ont été tout aussi disputés à l’image de +39 Challenge, vainqueur de United Internet Team Germany. Mais c’est Mascalzone Latino-Capitalia Team et Shosholoza qui ont fait le spectacle sur le plan d’eau. Les Italiens de Vasco Vascotto, avec Jes Gram Hansen à la barre, dominent d’abord le départ et la première remontée au vent. 14 secondes les séparent des Sud-Africains à la bouée. Le bord de spi est tellement serré que les deux adversaires passent la porte sous le vent exactement en même temps. Mais l’équipage de Vasco Vascotto commet l’erreur de choisir la bouée de gauche alors que le comité indiquait un changement de parcours suite à une rotation du vent sur la droite. Voilà les Sud-africains qui reprennent l’avantage avec 9 secondes d’avance à la dernière marque de passage. La dernière descente vers l’arrivée sera à l’image du début de course. A 300 mètres de l’arrivée, Mascalzone Latino parvient à doubler son concurrent… et finit par remporter ce match superbe.

Source ACM / C.El

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Nouvelle montre et nouvelle boutique Louis Vuitton

Carcelle
Carcelle

Louis Vuitton, le partenaire principal et chronométreur officiel de la 32e America’s Cup, vient d’enrichir sa collection avec une nouvelle montre. Parallèlement, une nouvelle boutique Louis Vuitton vient d’ouvrir à Valencia, au sein du bâtiment Veles e Vents, un des fleurons du Port America’s Cup.

Yves Carcelle, le Président et Directeur Général de Louis Vuitton, s’est rendu à Valencia pour assister au Louis Vuitton Act 10 qui ouvre la saison de compétition 2006. Il a rencontré la presse dimanche matin et évoqué la longue implication de Louis Vuitton dans l’America’s Cup, depuis la création de la Louis Vuitton Cup – épreuve éliminatoire des challengers – en 1983.

“Aujourd’hui, tous les départements de notre société rendent hommage à la Louis Vuitton Cup et à l’America’s Cup à travers d’élégants produits. Nous avons une ligne de cuir, des lunettes de soleil très techniques, des chaussures de pont et désormais des montres. Nous avons lancé la série ‘Regatta’ il y a deux ans. Cette semaine, place à la nouvelle ‘Lovely Cup’, une montre de sport féminine. ”

Cette montre ‘Lovely Cup’ est déjà un succès à Valencia. Deux de ces pièces ont déjà été vendues samedi dans la boutique du Port America’s Cup.

L’histoire du superbe partenariat entre Louis Vuitton et l’America’s Cup remonte à 25 ans. Mr Carcelle a déclaré que les deux entités partageaient les mêmes valeurs d’élégance, de technologie et de poursuite de l’excellence.

“Les grandes marques de luxe ont une histoire et une des raisons pour lesquelles nous réussissons, est que nous sommes créatifs, tout en étant respectueux de notre histoire. Il est naturel que les marques de luxe soient attirées par l’America’s Cup, le plus vieux trophée sportif du monde. Nous ne sommes pas ici pour développer notre marque mais pour créer une marque d’émotion. L’esprit de l’America’s Cup nous en donne l’occasion »

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Premier revers pour Chris Dickson

Dickson
DR

La rencontre du Defender et du Challenger of Record est toujours un événement en soi. Aujourd’hui, Alinghi en a été la vedette. L’équipe suisse a mené la course de bout en bout grâce à l’excellent départ réalisé par Ed Baird qui surclasse les Américains dès le coup de canon. A la première marque au vent, Alinghi devance déjà BMW ORACLE Racing de 33 secondes. Chris Dickson et son équipe passeront alors à  l’offensive en tentant des options différentes de leur adversaire, mais sans succès. Les Suisses n’ont commis aucune erreur et sont restés insensibles aux assauts intempestifs des Américains. 21 secondes séparent les deux équipages sur la ligne d’arrivée.
 
Cette défaite est le premier revers subi par BMW ORACLE Racing depuis le début des compétitions. Cela dit, l’objectif déclaré de Chris Dickson n’était pas seulement de remporter des matchs mais aussi d’en apprendre davantage sur son nouveau USA 87. Après de longs bord à bord avec le Defender, le skipper de BMW ORACLE Racing peut être satisfait. Toutes les conditions étaient réunies pour ce comparatif de vitesse grandeur nature.
 
Des régates tactiques et spectaculaires
Comme la veille, les deux flights du jour se sont déroulés dans un contexte de vent faible et oscillant, laissant le jeu ouvert pour les « petites » équipes qui ont créé la surprise. Shosholoza (contre Alinghi), Areva Challenge (contre Luna Rossa), Mascalzone Latino-Capitalia Team (contre les Espagnols) et United Internet Team Germany (contre Emirates Team New Zealand) ont réalisé de superbes matchs, ne laissant aucun répit à leurs adversaires.
Le duel entre Victory et +39 Challenge a été le plus spectaculaire. Les deux équipages se sont livrés un match très physique, enchaînant une cinquantaine de virements pendant les bords de près.
 
Les Français alternent le bon et le moins bon
La prestation d’Areva Challenge a été mitigée. Très impressionnants contre Luna Rossa Challenge (ils ne terminent que 18 secondes dans le tableau arrière des Italiens), ils sont passés à côté de leur confrontation avec Mascalzone Latino – Capitalia Team.  Après un départ en demi-teinte, Peponnet et son équipe écoperont d’une pénalité pour avoir touché la bouée sous le vent. ils perdent là un précieux point.
 
Suspense jusqu’au bout
Du côté des leaders ou des vainqueurs potentiels, mais aussi à tous les échelons du classement, rien n’est joué ce soir. Il faudra attendre les matchs décisifs de mardi,  dernière journée de match racing, pour départager les nombreux ex-aequo et connaître le tableau final de ce Valencia Louis Vuitton Act 10.
C’est lors de cette journée que BMW ORACLE Racing disputera si nécessaire son match de retard contre +39 Challenge.

Résultats provisoires des matchs de lundi
 
Flight 8
1 – Luna Rossa Challenge bat Areva Challenge
2 – Desafío Español 2007 bat United Internet Team Germany
3 – Alinghi bat Team Shosholoza
4 – BMW ORACLE Racing bat China Team
5 – Emirates Team New Zealand bat Mascalzone Latino Capitalia Team
6 – Victory Challenge bat +39 Challenge

 Flight 9
1 – Mascalzone Latino Capitalia Team bat Areva Challenge
2 – Team Shosholoza bat +39 Challenge
3 – United Internet Team Germany bat China Team
4 – Luna Rossa Challenge bat Victory Challenge
5 – Emirates Team New Zealand bat Desafío Español 2007
6 – Alinghi bat BMW ORACLE Racing

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L´Empire du milieu s´éveille à l´America.

China Team à Valence 2006
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 L’équipe est née en mars 2005, du rapprochement entre l’homme d’affaire Wang Shao Yong, diplômé de Harvard, aujourd’hui dans le top 10 des entrepreneurs chinois, et le trio De Lesquen-Gellusseau-Mas, à la tête du défi français en 2000 et 2003. China Team, aussi prononcé Djong Gouo Djé Tué, littéralement « l’équipe de l’empire du milieu », a fait son entrée dans la compétition en juin dernier. Depuis, le budget tarde à décoller. Le matériel fatigue et la base sur le port America’s Cup ne sera livrée qu’en août. Mais l’équipe franco-chinoise  vit à Valence une aventure bien différente de celle de ses voisins  fortunés. 

La quête de l’Aiguière d’argent a toujours révélé des pays émergeants.  Lorsqu’en 1851, la goélette américaine vient chiper la « Coupe des  Cents Guinées » aux anglais, l’Europe découvre la jeune puissance  outre Atlantique. L’Océanie reprendra le flambeau 132 ans plus tard, avec la victoire australienne. L’Asie entrera en scène en 1992 avec le premier syndicat nippon. Le Japon occupe alors le 3 e rang industriel mondial. Et en 1995, le petit poucet néo-zélandais écrasera le colosse américain à San Diego. A l’heure où l’économie mondiale retient son souffle devant l’éveil du dragon chinois, l’arrivée du géant communiste dans l’un des événements phares du capitalisme occidental illustre une nouvelle fois le rôle de l’America’s Cup, au delà du sport.

Dans ce pays où les marinas et les chantiers poussent comme des champignons (noirs), la fédération de voile chinoise ne regroupe que  600 adhérents ! Intéresser la Chine à ce sport constitue donc un sacré défi. A l’Est de la grande muraille, la Coupe a déjà eu sa première
heure de gloire. En février, une émission de variété, présentant l’événement aux côtés des plus grandes stars du pays, a réuni 235 millions de téléspectateurs !

En prévision des J.O 2008 à Pékin, la « Chinese Yachting Association » (CYA) met le paquet. Des sportifs ont été recrutés au quatre coins du pays pour former l’équipe olympique de voile. C’est le cas de Whang Jue, 22 ans. En sport étude rugby à Shanghai, la fédération l’a recruté en 2002 pour préparer les Jeux en Laser. « Je n’étais jamais monté sur un bateau, cela m’a paru simple à manier, même si la technique de la régate est plus compliquée. » Il participera aux sélections du China Team organisés cet hiver, à Hong Kong puis Shenzhen : « Dès le premier jour, j’ai su que je voulais aller à Valence pour la Coupe » même s’il a du mal à l’expliquer, sinon "pour le défi sportif sûrement ».

Cinq chinois et deux singapouriens, issus en majorité de la voile légère, régatent à bord de l’ex-FRA 79, aujourd’hui CHN 79. Deux  traducteurs, l’un français, l’autre chinois, jouent au quotidien le trait d’union. Hubert Lemonnier, diplômé en commerce international à Shanghai, juge que « la différence majeure entre ces deux cultures réside dans le rapport à la hiérarchie. Les Chinois respectent les ordres, là où les français contesteraient. Ils apprennent vite, mais  ne laissent pas de place à l’interprétation personnelle, donc à l’initiative. » Pierre Mas, directeur sportif et barreur, considère lui que la difficulté reste avant tout sportive : « Ce n’est pas un problème de culture, ils écoutent, reproduisent ce qu’on leur montre mais ne comprennent pas la régate sur ces bateaux et cela nous prendra du temps. »

En juillet, un nouveau défi attend l’équipe. La construction du tout premier Class America chinois débutera à 200 kilomètres de Hong Kong. Obligation du règlement, les concurrents doivent faire naître leur bateau dans leur pays d’origine avant de rejoindre l’Espagne. C’est la  première fois qu’un bateau en carbone de cette taille sera construit  en Chine. 
 
Julia Huvé

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