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Game Over !

Sidney Gavignet
DR

"C’est fini! Retour à la maison après une aventure de un an et demi. Je souligne le mot aventure car malgré l’aspect professionnel et sérieux très développé, on ne peut dissocier la Volvo Ocean Race de quelques notions : c’est une compétition de très haut niveau, une aventure maritime et une aventure humaine.

Je me retourne sur cette course autour du monde et revois les moments les plus forts :

Première nuit de la première étape : des grains brutaux de 30-35 noeuds nous cueillent à froid ! Notre code zéro est en lambeaux, une barre et son support sont arrachés laissant un trou important dans le pont, quelques côtes fêlées et un genou abîmé : c’est le bilan de ces débuts difficiles.

Parcours inshore de Cape Town
 : 35 nœuds, mer plate, la Table  Mountain et le ciel bleu ; les adversaires sont couchés sur l’eau et luttent pour contrôler leur monture tandis que Black Betty franchit la ligne avec une avance impressionnante, c’est le premier gros coup psychologique.

Approche du Cap Horn : 40 nœuds, la mer est sauvage et les vagues puissantes. La force de l’eau qui balaye le pont est violente. Du vrai Cap Horn !

Le sprint entre Annapolis et New-York : Un jour et une nuit épuisante, beaucoup de manœuvre dans une mer très forte. A l’arrivée, l’une des plus grandes fatigues.

La perte de Hans : Je dois me préparer pour monter sur le pont et demande à Moose si nous avons de bonnes nouvelles des recherches : « Hans is dead ».

Parcours inshore de Rotterdam : Nous gagnons dans des conditions difficiles de petit temps, c’est une réponse de l’équipage à ceux qui pensent que notre victoire au classement général est due au bateau principalement.

Des personnes exceptionnelles : Mike Sanderson (Moose) a mené avec intelligence et une main de fer cette campagne, très marquée par sa personnalité. Stan Honey, discret mais très important dans la réussite sur l’eau, c’est le navigateur qui m’a le plus impressionné jusqu’ici, c’est aussi un personnage touchant. Tous les autres membres de l’équipe ont chacun une personnalité particulière et très différente les une des autres, la magie a fait que tout se déroule pour le mieux. Nous avons commencés à 10 et terminons un an plus tard avec les mêmes… signe d’une « super » équipe.
 
C’est globalement le sentiment d’un bel aboutissement, d’une année longue et difficile et d’une mission accomplie. De retour à la maison, je savoure…

Mais déjà en tête : « et demain ? ».
 
A tous, vous qui avez suivi cette course au travers de mes petites news : un grand merci !
 
Bonne route."

Sidney
 
 

Mobilité en interne chez Gitana

Gitana 11
DR

"Sur le Grand Prix de Marseille, prochaine étape de la Multi Cup Cafe Ambassador, qui se déroulera du 23 au 25 juin prochain, Loïck Peyron prendra la barre du trimaran Gitana 11. Frédéric Le Peutrec se verra attribuer le rôle de tacticien, les deux hommes reformeront ainsi le duo gagnant qui a dominé le Championnat Orma sur Fujicolor de 1997 à 1999.
 
Le Gitana Team, source de talents et de compétences riches et éclectiques, souhaite ainsi exploiter au maximum le potentiel de ses équipes. Ces changements visant à augmenter les performances du bateau, l’objectif est de mettre toutes les chances du côté de Gitana 11 pour monter sur la première marche d’un podium difficile à atteindre compte tenu de la domination actuelle de Groupama-2 sur ce circuit.
 
Frédéric Le Peutrec reste totalement investi dans le projet. Il continuera à jouer un rôle prédominant au sein de l’équipe et sur Gitana 11 en tant que tacticien. Ce changement doit donc être perçu comme une chance supplémentaire de mener Gitana 11 vers la victoire.
« Depuis 2003, J’ai investi beaucoup dans ce projet et les résultats de ce début de saison 2006 ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Par respect pour la confiance que Benjamin de Rothschild m’a accordée pendant deux ans, j’ai accepté ce changement de poste en assumant dorénavant le rôle de tacticien à bord de Gitana 11. Dire que c’est facile pour moi serait mentir, bien entendu, mais les objectifs du team passent avant tout et si la nomination de Loïck à ce poste permet de les atteindre plus facilement, je ne peux que m’incliner. Je reste très attaché aux valeurs développées par la famille Rothschild et je continuerai à me donner à 200% pour que le Gitana Team évolue et gagne ! »
 
Loïck Peyron a rejoint le Gitana Team en avril 2006 en tant que Directeur sportif. Sa nomination comme skipper de Gitana 11 se cumule avec sa fonction initiale dans le team, ce rôle ayant été crée sous l’impulsion du Baron Benjamin de Rothschild afin de perpétuer la tradition familiale de recherche d’excellence et de transmission du savoir au sein du Gitana Team. Barreur et skipper d’exception, l’homme, au palmarès qui en dit long, revient à ses anciennes amours et ne cache pas une certaine excitation à l’idée de retrouver la barre d’un trimaran. Il aura désormais pour mission non seulement d’accompagner Thierry Duprey du Vorsent, skipper de Gitana 12, dans son apprentissage et dans la formation de son jeune équipage, mais également de faire ce qu’il a toujours fait le mieux, à savoir, skipper un multicoque.
« J’ai intégré le Gitana Team il y a deux mois maintenant. Deux mois que j’ai consacrés à la discussion, l’observation et l’analyse d’une équipe de près de 45 personnes en saison. Difficile, mais force est de faire des constats et de tirer des conclusions, c’est pour ça que je suis là : apporter mon expérience et la mettre au service du Gitana Team. Le Baron Benjamin de Rothschild a choisi de me confier la barre de Gitana 11. Cette marque de confiance m’honore et je suis très heureux de pouvoir re-naviguer avec Frédéric Le Peutrec, nous formions une équipe redoutable sur Fujicolor à l’époque et l’idée de fricoter sur l’eau avec la nouvelle génération est un vrai challenge pour moi. J’espère être à la hauteur de ce nouveau défi et je sais, quoiqu’il arrive, qu’il existe dans cette équipe nombre de belles personnes et de savoir-faire à exploiter… nous avons du pain sur la planche mais ça me plait ! »
 
Par ailleurs, Daniel Souben remplacera Frédéric Guilmin au réglage de Grand-voile sur Gitana 11.
 
Gitana 12 a, quant à lui, été rematé hier, lundi 19 juin. Au programme cette semaine, entraînements intensifs pour l’équipage qui a été privé de Grand Prix en ce début de saison suite à son démâtage le 18 mai dernier à Nice. Gitana 12 participera à son premier Grand Prix ce week-end à Marseille."

Source Gitana Team

Ecover premier 60′ IMOCA

Ecover - Mike Golding et Dominique Wavre
DR

« Les conditions n’étaient pas idéales pour battre le record, d’autant que nous étions au près la plupart du temps et pendant les derniers milles il y avait très peu de vent. Quoiqu’il en soit, c’est bien de le détenir mais j’imagine qu’avec des conditions idéales, c’est faisable en moins de 24 heures, » a commenté Mike juste après son passage de la ligne.
 
« Je suis très content de notre performance. Nous avons été aux avant-postes dès le départ et c’est toujours mieux d’être en tête en début de course. Nous n’avons jamais été à moins d’un demi-mille de Sill & Véolia et sur la fin, ça s’est réduit à un quart de mille. On a dû faire au moins 20 empannages cet après-midi pour essayer de les pousser à l’erreur, et nous sommes parvenus à creuser l’écart en allant légèrement plus au large. Juste avant l’arrivée, on les a poussés à empanner et on a joué sur ce léger avantage sur la ligne, » a-t-il continué.
 
En écho de l’épilogue de la Calais Round Britain Race l’an dernier quand Sill & Véolia avait dépassé ECOVER dans la dernière ligne droite pour remporter la course, c’était une petite revanche du destin pour le skipper britannique. « Ca aurait très bien pu tourner à leur avantage. Sill & Véolia a fait un parcours sans faute alors dès qu’il y a eu une ouverture, nous en avons profité. En fait, tous les 60 pieds étaient groupés et Bernard (Stamm) a même failli s’octroyer la deuxième place tout à la fin. C’était super de naviguer contre lui et ça a prouvé que son bateau peut être très efficace dans les petits airs. Ca a vraiment été très chaud. »  
 
Pour Golding, le Champion du Monde IMOCA des deux dernières années et le Champion du Monde FICO 2005, il était important de rester dans le match avec les meilleures équipes françaises du moment. Cependant, il reconnaît qu’il aurait été difficile d’y arriver sans un tel équipage. « Ca nous a énormément aidé d’avoir des locaux à bord avec leurs connaissances des côtes bretonnes. Grâce à Laurent (Mahy) et Patrice (Carpentier), nous avons pu prendre des raccourcis et passer plus près des côtes. Il a été beaucoup plus facile de prendre certaines décisions grâce à leur savoir. »
 
C’est la deuxième course d’ECOVER depuis son chantier d’hiver  et Mike est très satisfait des changements effectués. « Il n’y a pas beaucoup de différence de potentiel entre ECOVER et Sill & Véolia, bien qu’ils soient des bateaux très différents. Nous sommes restés collés l’un à l’autre au près et au portant alors le travail effectué cet hiver a payé. Même s’il nous reste encore du travail à faire. Nous allons changer de quille cet été et cette course nous a permis de confirmer que  les changements que nous souhaitions faire sont les bons. Je suis confiant en l’avenir. »
 
Pour la petite histoire, le record SNSM dont le but est de promouvoir les sauveteurs en mer n’a jamais aussi bien porté son nom puisqu’ECOVER a dû être remorqué jusqu’au port de Saint-Malo parce que son moteur a refusé de démarrer après l’arrivée !
 
Record précédent : 1 jour 10 heures 58 minutes 44 secondes détenu par Jean-Pierre Dick sur Virbac-Paprec
Nouveau record : 1 jour 8 heures 48 minutes 35 secondes détenu par Mike Golding et ECOVER  
 
Source Mike Golding Yacht Racing

Records battus pour “Sodeb’O” et “Crêpes Whaou!” !

Sodebo record SNSM 2006
DR

Thomas Coville : " Au départ, les conditions n’étaient pas très favorables. Au fur et à mesure, le tapis bleu s’est déroulé devant nous. Le parcours est fabuleux, le tour de Bretagne est notre jardin de prédilection à l’entraînement et l’on sait à quel point il est technique et exige de l’engagement. Ce record SNSM est un beau défi, à la fois sportif et humain. De plus, il sert une cause qui m’est chère…Toute l’équipe qui a travaillé durant 7 mois cet hiver au chantier et qui a permis de remonter l’ensemble du bateau en à peine 18 heures après la mise à l’eau vendredi dernier mérite un grand coup de chapeau : tout fonctionne parfaitement ! Mon équipage pour ce record était composé des techniciens. C’était ma façon à moi de les remercier. Et finalement l’ardoise de la défaite de la Transat Jacques Vabre s’efface avec le regard d’un seul de ces garçons. Cela me touche beaucoup. Nos machines, c’est avant tout de belles histoires, des projets avec une âme. Je vis pour ce genre d’émotions et aujourd’hui, en voilà une de plus !"
Nouveau record pour "Crêpes Whaou!" en multicoque 50 pieds
 
"Crêpes Whaou!" de Franck-Yves Escoffier a franchi la ligne d’arrivée à 16 heures 12 minutes et 09 secondes après 1 jour 03 heures et 28 secondes de course. Il a ainsi battu son précédent record (1 jour 08 heures 29 minutes et 20 secondes) de 4 heures 21 minutes et 28 secondes.
 
Match race chez les monocoques !
 
Du côté des monocoques 60 pieds, comme on pouvait s’y attendre, la bagarre est acharnée. En tête, Mike Golding (Ecover) et Roland Jourdain (Sill et Véolia) se livrent un duel de titans digne de match race tandis que Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) et Anne Liardet (Roxy), qui ont opté pour une navigation le long de la côte, sont au coude à coude pour la troisième place. Le "Safran" de Marc Guillemot, revient petit à petit dans le match après un problème électronique ayant provoqué le blocage de sa quille. Les premiers sont attendus en début de soirée à Saint-Malo.
 
Marc Guillemot, monocoque 60 pieds "Safran" : "Tout se passe bien. Au départ on s´est bien bagarré avec Ecover. Avec l´équipage de Mike Golding, on s´est en effet livré une belle bataille de virements et on s´est bien régalé. Malheureusement, ensuite on a dû laisser deux priorités à Crêpes Whaou! et le bateau anglais en a profité pour s´échapper un peu. Au niveau des Glénans, on a connu un souci électronique et la quille est restée bloquée. Résultat, on s´est un peu fait déposer par Roxy et Cheminées Poujoulat entre Penmarc´h et Ouessant. Pour l´heure, on est un peu revenu dans le match. Anne Liardet se trouve à 2,5 milles par notre tribord. Il n´y a pas beaucoup de vent et d´ici deux heures (vers 14h30), on aura le courant dans le nez. Cela ne va donc pas être simple et on va être amené à effectuer beaucoup de manoeuvres sans oublier de surveiller ce que font nos deux camarades (Roxy et Cheminées Poujoulat) qui ont choisi une option le long des côtes et trouver un trou pour passer…"

En mono 50 pieds, Servane Escoffier ("Vedettes de Bréhat / Cap Marine") confiait à la vacation de 14h30 : "Tout va bien, tout le monde est encore à bord ! (rires). On aimerait bien un peu plus de vent. Actuellement, au large de Portsall nous avons 11 nœuds à l’anémomètre. Depuis le départ, on a enchaîné pas mal de manœuvres, dont une de sécurité au Guilvinec afin d’éviter un bateau de pêche. Depuis, on navigue sous spi et on ne marche pas trop mal. La vie est belle !"

Du côté des plaisanciers…

Les écarts se creusent doucement chez les plaisanciers. Après une première nuit en mer difficile, au près et dans une mer plutôt inconfortable, les premiers avaient atteint l’occidentale de Sein en début d’après-midi tandis que le Sangria 38 "Squewel 4" de Jean-Yves Berthou, fermait la flotte au niveau de Penmarc’h. Les bateaux de tête, qui évoluaient à 15h toujours au près dans 15 nœuds de vent avec un fort courant de face par le travers du raz de Sein, devraient prochainement abattre et ainsi sortir les spis. Une délivrance après 150 milles de près ! " La fin du parcours s’annonce nettement plus agréable que le début de la course car on va bientôt naviguer au portant. On va en profiter pour se reposer puis sécher et ranger le bateau. En résumé, vivre plus dignement que lors des premières 24 heures ! De plus, si le vent se maintient, ça devrait aller vite !", lâchait Fred Colas, skipper du Feeling 1040 "France Bleu Grand Ouest" à la lutte avec "BHS", le First Class 10 de Jean-Pierre Le Brun depuis le départ.

Eric Sorel, Bavaria 38 "Keneil" : "A bord ça va. L’ambiance varie en fonction des apparitions du soleil ! On a tiré des bords toute la nuit. Malheureusement, on n’avance pas vraiment comme on voudrait. Actuellement on est au niveau des Glénans, on va donc vraisemblablement arriver trop retard à Sein pour espérer bénéficier du courant favorable. D’ici là, il va nous falloir négocier le passage de la baie d’Audierne. L’an passé, on y était resté bloqués 12 heures. Forcément, on espère mieux s’en sortir aujourd’hui. Pour l’heure, le record semble hors de portée car certains de nos collègues comptent jusqu’à deux heures d’avance sur nous et seront mieux positionnés pour aborder le raz de Sein. Cependant, rien n’est joué, il reste encore deux jours de course !"
Gréements traditionnels
 
L´objectif clairement affiché des trois gréements traditionnels était bien de rallier Saint-Malo avant la remise des prix mercredi soir et de participer à cette grande fête pour les Sauveteurs en mer. La Recouvrance ayant appris tôt ce matin que tout espoir d´arriver avant Sodeb’O était vain (!), a décidé de mettre un peu de moteur pour être de la fête après-demain soir ! Corentin et Belle-Angèle ont fait de même. Ces trois superbes bateaux font route vers la cité Corsaire, mi-voile, mi-vapeur.
 
Source Record SNSM

Le Defender a un an du duel final

Act 10 à Valence : Alinghi
DR

Mais SUI91 ne sera pas prêt pour le LV Act 12, comme l’explique Peter Holmberg, barreur pour le prochain acte : "nous avons choisi d’utiliser 75, le bateau de l’année dernière. C’est le mieux préparé et c’est aussi le plus rapide. SUI91 est tout neuf et il y a pas mal de petites choses qui ont besoin d’être finalisées avant qu’il soit vraiment prêt à courir. Nous pensons également que SUI75 est le bateau qu’il nous faut pour évaluer nos concurrents".
 
Comme sur les courses précédentes, Alinghi continuera de faire alterner les équipiers. "C’est toujours le même principe, précise le directeur sportif et barreur Jochen Schuemann. Nous nous préparons pour l’America’s Cup Match en 2007 et il s’agit de travailler la cohésion d’équipe. C’est pourquoi nous devons poursuivre la rotation des équipiers pour continuer de d’améliorer le jeu de toute l’équipe".
 
Vue de l’extérieur, le Louis Vuitton Act 12 est une épreuve capitale. À un an presque jour pour jour de l’America’s Cup Match où Alinghi défendra la 32e America’s Cup, l’équipe suisse va donc surveiller de près les modèles météo pour cette période, ainsi que les challengers. "Cette régate reflète ce qu’il va se passer dans un an, confie Brad Butterworth, skipper de l’équipe et tacticien, et même si nous courons contre chaque challenger, ce qui est intéressant, il est important de naviguer dans les conditions et les vents que nous aurons peut-être l’année prochaine". Mais le triple vainqueur de la Coupe ne sous-estime pas l’importance de l’épreuve à venir : "je pense que cela va être dur parce que les trois autres grandes équipes se sont bien rapprochées de nous. Les Espagnols ont lancé leur nouveau bateau et je suis quasiment sûr qu’ils navigueront dessus sur cet acte. Et ils ne sont pas mauvais non plus. Ça ne va pas être facile d’atteindre les demi-finales. Mais une fois qu’elles sont atteintes c’est parti…, Tous les jours vous pouvez dès lors soit aller en finale soit être éliminé ! Nous allons faire notre mieux pour gagner cette régate, mais je pense que ça ne va pas être simple".

Source Alinghi
 

Jusqu´à la dernière risée !

M2 Bol d'Or Rolex 2006
DR

Le Baulois Loïck Peyron était le premier parvenu en vue de la ligne, fonçant sous gennaker au ras du côté français du rivage. Russel Coutts et Philippe Cardis étaient à ce moment au côté totalement opposé du plan d’eau. D’empannages en empannages, de risées en trous d’air, le jeu était à plusieurs reprises redistribué à l’avantage de l’un et de l’autre. Russel Coutts, rivé à sa barre y croyait jusqu’au bout et soufflait d’un empannage la victoire.

 Ils étaient finalement 577 embarcations à une, deux ou trois coques à s’être élancé ce matin deux minutes après 9 heures sur la légendaire ligne de départ du 68ème Bol d’Or Rolex qui barre devant « la nautique » toute la largeur du Léman. Sans doute alerté par tant d’animation, le vent, aux abonnés absent au moment du coup de canon libérateur, faisait une timide puis plus franche apparition au fur et à mesure que les voiliers partis majoritairement bâbord amure vers le côté français du lac se déhalaient, grands gennakers déployés sous un soleil blafard. Les ténors de la spectaculaire catégorie des Décisions 35 étaient prompts à se mettre en évidence. Alain Gautier (Foncia Switzerland), à la lutte avec les étonnants petits catamarans M2 Team New Wave et Flam, tenait un moment le commandement devant Loïck Peyron (Okalys) et l’équipage d’Ernesto Bertarelli (Alinghi). Le vent mieux établi au secteur Est pour 5 à 6 nouds permettait déjà aux petits M2 de « lever la patte » et de s’accrocher dans le sillage des catas de 35 pieds. Deux heures plus tard, la tête de la flotte croisait devant Yvoire et quittait la partie basse du Léman connut ici sous l’appellation de « petit lac ».

La magie du Bol d’Or Rolex a une nouvelle fois opéré ce matin quand le coup de canon a libéré la flotte pour 80 milles de course d’un bout à l’autre du lac Léman. Et peu importe finalement que les 577 bateaux n’aient pour leurs premiers hectomètres bénéficié que d’un flux anémié d’Est. Dans le sillage d’une centaine de bateaux spectateurs de toute taille et de toute provenance, les voiliers accéléraient gentiment au ras du côté français du lac, avant de s’égayer au rythme des changements de bords sur toute la surface du plan d’eau. Et de toute la diversité des embarcations présentes, les protos les plus sportifs transformaient le moindre souffle de vent en vitesse, à l’image de Full Pelt à Joe Richards et du Psaros 40 « Syz and Co » de Jean Psarofaghis ou Alex Schneiter et son « Tilt », déjà loin devant l’immense flotte des monocoques.

Thonon en 3 heures.
Peu avant midi, et alors que le vent ne dépassait toujours pas les 6 nouds, la tête de la flotte emmenée par les Decision 35 progressait au gré des risées entre 5 et 10 nouds de vitesse. Preuve de la concentration et de l’énergie déployée aux réglages, les équipages parvenaient travers au vent à monter sur un flotteur, accélérant soudain à plus de 12 nouds. Les avantages encore peu significatifs se faisaient et se défaisaient au rythme des changements de bord. Alinghi en tête depuis Versoix voyait le retour de Jean-François Demolle (Cadence) et de Philippe Cardis (Julius Baer). Plus en retrait, au sortir du « petit » lac, les Psaros 40, superbes concentrés de technologie carbone tombait dans un trou de vent et Alex Schneiter (Tilt), Nicolas Engel (Taillevent II) et Eric Delaye (Oyster Funds) se trouvaient un moment complètement à l’arrêt. C’est le moment que choisissait une partie de la flotte des M2 pour se diviser, Tilt, Orusla et Flam partant résolument vers Rolle, tandis que Team New Wave, GLG Finances et Star Logistiques piquaient vers Thonon.

Le Bouveret en 5 heures 40!
Il aura donc fallu 5 heures et 40 minutes aux leaders pour franchir la marque du Bouveret et amorcer le retour vers Genève. Cadence s’est présenté le premier à 14 heures 42, suivi d’Alinghi, de Banque Gonet et son skipper Russel Coutts, Julius Baer puis Foncia, dans un vent qui avait alors totalement déserté le plan d’eau. Loick Peyron et Okalys restaient un moment « scotchés», et se voyaient doublés par le M2 Team New Wave de Bertrand Geiser bien revenu de sa route plus nord près de Lausanne. Loïck enroulait la bouée et relançait immédiatement vers le côté Suisse du plan d’eau. Option gagnante qui voyait son Okalys et Julius Baer, puis Banque Gonet suivi du Foncia d’Alain Gautier s’envoler à près de 10 nouds vers Cully tandis qu’Alinghi et Cadence multipliaient les empannages dans les petits airs sous les montagnes françaises, sur une route certes plus courte mais ô combien risquée sous le dévent des reliefs. Ils y croisaient les premiers monocoques emmenés par Taillevent II. Et alors que les multis repartaient sous gennaker, les premiers « Surprise », classe riche d’une centaine d’unités, passaient devant Rolle, étalés sur toute la largeur du lac . « Nous avons pris un super départ » racontait Xavier Lecoeur, barreur de « Mirabaud 2 », « mais notre bord prolongé vers Yvoire n’a pas payé. On s’est bagarré toute la journée dans du vent faible, 3 à 4 nouds, suffisant pour garder les voiles gonflées et régater avec les bateaux de notre classe. La différence se fait alors sur les réglages et sur la permanence de la concentration. » Bien calé au centre du lac, le petit M2 « Team New Wave » de Bertrand Geiser et Christophe Stamm s’emparait un instant de la tête du classement général toute catégorie.

L’orage en arbitre
Il était annoncé.. . il est arrivé. Peu après 17 heures, l’orage subit et violent, accompagné de pluie et d’une brutale accélération du vent s’est abattu sur la flotte. Un grain avec des « baffes » à plus de 20 nouds avec une grosse rotation à l’ouest qui permettait aux multis de tête de plonger vers Evian, et aux monocoques en route vers Le Bouveret d’envoyer le spi et d’accélérer au portant. Un coup de tabac qui provoquait quelques dégâts au sein de la flotte. La direction de course devait gérer une vingtaine d’incidents, mâts cassés et chavirages. Russel Coutts, solide et obstiné à la barre au cour du coup de vent revenait devant Rolle et soufflait la première place à Loïck Peyron toujours à la lutte avec Philippe Cardis (Julius Baer). Ernesto Bertarelli (Alinghi) était la grande victime du coup de vent. Son Décisison 35 démâtait devant Evian. A l’entrée du « petit lac », et avec le retour d’Alain Gautier, le sort de la course était loin d’être joué. Même le « petit » M2 Team New Wave semblait encore en mesure de bouleverser la hiérarchie des « gros » D 35. Au terme d’un haletant final plein de suspens, Banque Gonet s’imposait avec 2 minutes et 18 secondes d’avance sur « Julius Baer », au terme de 11 heures 45 de course. Philippe Cardis, héritait pour la seconde année consécutive de la seconde place. Loïck Peyron complète le podium devant son compatriote Alain Gautier lui même en véritable match race avec « Zen Too » de Picciotto.

Hold-up tricolore sur le podium !

Chpt d'Europe 470 2006 Hongie
DR

Après le lac autrichien de Niesel pour les Jeux Mondiaux ISAF, c’est une autre plan d’eau, guère éloigné par ailleurs, le célèbre Lac Balaton (Hongrie) qui a accueilli jusqu’à hier les championnats d’Europe de 470. Une compétition qui aura été marquée par les tous petits airs – jamais plus de 7 noeuds de vent – et, voie de conséquence, par le peu de manches disputées (7). Il fallait des nerfs particulièrement solides pour l’emporter puisque les chances de pouvoir rattraper une mauvaise manche étaient d’autant plus réduites. Et à ce petit jeu les français ont excellé. Au point de truster le podium et même de placer 4 bateaux dans les cinq premiers grâce à la 5ème place de Nicolas Charbonnier et Olivier Beausset. Comme le note Loïc Billon, entraîneur national, ce résultat confirme la montée en puissance du 470 français depuis le début de la saison. Ce nouveau titre de champion d’Europe amène encore un peu d’assurance à Benjamin et Romain Bonnaud pour qui ce titre est une première. Les récents vice-champions du Monde ISAF sont incontestablement, depuis le début de l’olympiade, l’équipage référent en France. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les podiums de Ronan Dreano et Ronan Floch et de Pierre Leboucher et Vincent Garos garantissent une (saine) émulation dans le petit monde du 470 français (sans compter que Gildas Philippe et Nicolas Leberre, actuellement sur Tornado, n’ont sûrement pas dit leur dernier mot en 470). Si pour les garçons, ce championnat était l’un des trois objectifs majeurs de la saison il n’en était pas de même pour Ingrid Petitjean et Nadège Douroux. Les récentes championnes du Monde ISAF avaient annoncé en faire une régate de travail : il ne faut donc pas s’inquiéter outre mesure d’une 19ème place fort inhabituelle pour elles. Prochain rendez-vous pour les 470 : les préolympiques en août sur le site des JO.

Analyse de Loïc Billon, entraîneur des 470
«  Ce fut un championnat très atypique avec un vent oscillant entre 4 et 7 noeuds. Il n’y a eu que 7 manches de disputées ce qui a fait que nous sommes toujours restés avec les mêmes groupes (il n’y a pas eu, à l’issue des "qualifications",  l’habituelle redistribution de la flotte en rond or et argent, ndr). Ce résultat confirme les sensations que nous avions depuis le début de l’année avec un groupe qui monte en puissance. Pour les filles il ne s’agissait pas d’un objectif mais d’une régate de travail. Ingrid et Nadège ont eu quelques petites problèmes de vitesse et de placements dans la flotte." 

Interview de Benjamin Bonnaud :
«  C’est énorme ! Ce fut un championnat pas facile nerveusement car avec beaucoup de temps d’attente à terre, des régates dans du vent faible et donc avec davantage de parts données à l’aléatoire. Il n’y a jamais eu beaucoup d’écarts de points. La Meddal race a été intéressante à courir car avec beaucoup d’enjeux. C’était un de nos trois objectifs majeurs de la saison avec les Jeux Mondiaux et les championats du monde en automne donc pour le moment le bilan est bon ! Et en plus les français réussissent un super résultat d’ensemble !"

Cap sur Saint-Malo

Record SNSM - Saint Nazaire/Saint Malo
DR

Le monocoque 60 pieds de Marc Guillemot ("Safran") qui choisissait de partir au ras de la côte, devançait le Corsair 31D "Astelle" d’Aymeric de Chezelles et l"Ecover" de Mike Golding tandis que "Crêpes Whaou !" prenait un départ lancé en bout de ligne. Le spectacle fut un vrai régal pour les spectateurs massés sur les jetées du port de Saint-Nazaire et à bord de dizaines de petites embarcations suiveuses.
 
Le petit jeu des bords millimétrés
 
Au près, en remontant le chenal, Franck-Yves Escoffier à bord de son multicoque 50 pieds prenait rapidement les commandes de la course, bénéficiant d’un avantage certain en terme de vitesse dans ces conditions de vent. Chez les monocoques 60 pieds, Marc Guillemot ("Safran") tirait les tous premiers bons bords et prenait quelques longueurs d’avance sur ses poursuivants immédiats, avec dans l’ordre l’"Ecover" de Mike Golding et le "Cheminées Poujoulat" de Bernard Stamm qui jouaient les éclaireurs sur une mer quasi plate, dans un vent d’une dizaine de nœuds. Des conditions idéales avant de négocier une première bascule de vent ce soir (voir point météo ci-après). Les premiers sont attendus demain en début d’après-midi à Saint-Malo. Pour mémoire, le record établi le 20 avril 2005 par Thomas Coville est de 1 jour, 1 heure, 37 minutes et 17 secondes.
 
Coville dans la course
 
Remis à l’eau vendredi soir à Saint Philibert après sept mois de chantier, le trimaran "Sodeb’O" a franchi la ligne du départ du record SNSM près d’une heure après les autres concurrents, la faute à un épais brouillard qui les a ralenti lors du convoyage entre la Trinité-sur-Mer et Saint-Nazaire effectué ce matin. Un joli geste sportif de la part de Thomas Coville et son équipage pour qui cette journée avait une saveur toute particulière puisque c’est la première navigation à bord depuis son chavirage dans la Transat Jacques Vabre !
 
Point météo :
 
Le vent de secteur ouest sud-ouest au moment du départ devait ensuite virer ouest en milieu d’après-midi puis revenir sud-ouest en soirée à l’avant d’un thalweg avant de fraîchir à 15-18 nœuds dans les parages de l’île de Ouessant. Pour la nuit et la matinée de lundi, le vent est toujours annoncé au sud-ouest mais devrait tourner ouest en milieu de journée à l’avant d’une nouvelle pertubation. L’arrivée sur Saint-Malo prévue lundi après-midi pour les premiers devrait se faire dans un vent de secteur ouest assez soutenu.
 

Bundock-Ashby seconds au Texel

Hobie Cat Nissan Pro Team
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Comme chaque année, l’événement a été un immense succès. « Le Texel c’est la Route du Rhum de la Hollande ! » s’amuse à comparer « Kinou », « les plages étaient noires de monde et la régate retransmise en direct sur internet. »

Franck et « Kinou » ont eu moins de chance que leurs comparses australiens. Après un superbe départ, ils progressaient avec le groupe de tête quand toute la flotte s’est littéralement arrêtée dans une « molle » à la moitié du parcours. Remco, le futur vainqueur, était à portée d’étraves et « Bundy » pointait à 100 mètres derrière.  « C’était dingue, d’un coup, Remco a décollé, d’autres bateaux proches de nous aussi et même « Bundy », pourtant en retrait, a touché le vent avant nous » raconte « Kinou », « on a fini par repartir, pas trop mal placés, et on termine sixièmes. » En temps compensé, un catamaran de 15 pieds, mené en solo par le Hollandais Primowees, s’est intercalé au classement général entre les deux premiers F18. Bundock/Ashby montent sur la troisième marche du podium et les Français se classent septièmes toutes catégories confondues. « Nous n’avons rien à nous reprocher, après notre bon départ, nous étions très bien en vitesse, cela s’est ensuite joué à la roulette russe » conclue Jean-Christophe.
 
Les Australiens doubles Champions du Monde de Formule 18 peuvent être satisfaits de leur performance à Texel. La victoire leur échappe de seulement 1 minute et 41 secondes. « Nous terminons sur le podium et nous n’avons vraiment pas à nous plaindre, surtout que le tour de l’île de Texel s’est couru avec très peu de vent et que nous sommes plus à l’aise dans la brise. » commente Darren, « quelques bateaux nous ont bloqués au départ. Mais quand le vent est tombé, nous avons réussi à passer beaucoup de concurrents et à revenir presque en première position, nous avons même été devant Remco à un moment, mais il a touché la brise avant nous et s’est envolé. »
 
A peine le Round Texel bouclé que le programme s’enchaîne pour les deux équipages du Nissan Hobie Cat Pro Team. Les Australiens participent dans trois jours à la Semaine de Kiel en Allemagne, en Tornado, avant de rejoindre la Belgique pour deux jours de régates en Hobie Tiger. « Kinou » est lui déjà arrivé dans la cité phocéenne pour le Grand Prix de Marseille qu’il courra le week-end prochain à bord du Trimaran Géant de Michel Desjoyeaux.
 
Rendez-vous à Hyères du 9 au 16 juillet pour les Championnats du Monde de Formule 18. L’équipage espagnol du Pro Team composé de Fernando Echavarri et Antón  Paz sera également présent.

Source Nissan Hobie Cat Pro Team

L’épilogue !

Inshore Portsmouth 29 mai 2006 VORInshore Portsmouth 29 mai 2006 VOR
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Il aura fallu attendre la dernière journée de la Volvo Ocean Race 2005-2006, à Cayard et à ses Pirates, pour savourer le goût de la victoire. Un très beau succès que les Kids d’ABN AMRO TWO ont pourtant bien failli leur ravir pour une poignée de secondes et de mètres.

C’est en effet 4 mn et 50 s plus tard, qu’ABN AMRO TWO franchissait la ligne en seconde position, avec moins de 500 mètres de retard sur Pirates des Caraïbes. Une remarquable seconde place quand on sait que les puissants plans Kouyoumdjian du Team ABN AMRO ne sont pas taillés pour le petit temps qui a à nouveau prévalu sur cette courte manche de 500 milles, entre Rotterdam et Göteborg.

C’est une option à terre au cours de la première nuit de course, qui a apporté à Josse et à son équipage la réussite qu’ils attendaient depuis quelque temps et qui s’est transformée le lendemain après-midi en un avantage conséquent sur leurs adversaires.

La chance n’aura cependant pas tenu jusqu’au bout, puisque ABN AMRO TWO, aux commandes sur le dernier tiers de la course, est tombé dans un trou de vent à quelques heures de l’arrivée et n’a jamais pu reprendre l’avantage sur Pirates.
Une consolation cependant pour les Kids. Avec cette seconde place, ils conservent leur 4ème place au général, puisque leur adversaire direct pour cet enjeu, Ericsson, n’a pas su tirer son épingle du jeu dans cette brève étape de petit temps.
 
Autres raisons de quitter la scène la tête haute pour les « Kids » d’ABN AMRO TWO, ils détiennent le record du monde de vitesse des 24h sur monocoque avec 563 milles (à 23.46 nœuds), record battu au cours de l’étape 2 et ont écrit, lors de la dramatique étape entre New-York et Portsmouth, l’une des plus intenses et émouvantes pages de l’histoire de la course au large.
 

43 mn après le passage de ABN AMRO TWO sur la ligne d’arrivée, Brasil 1 prend la troisième place de cette étape entre Rotterdam et Göteborg et garde sa 3ème place sur le podium du classement général, derrière Pirates. Brunel empoche la 4ème place de l’étape dans le sillage des Brésiliens. Ericsson, en se classant 5ème à Göteborg, voit s’envoler sur un dernier petit faux-pas la 4ème place du classement général et une chance de victoire à domicile.

Quant au vainqueur “over all” de cette Volvo Ocean Race 2005-2006, ABN AMRO ONE, assuré de la victoire au général dès l’issue de la 12ème manche, il s’est offert le luxe de remporter pour le sport (et sans doute un peu la gloire) les 3 manches suivantes, mais termine cette dernière course en dernière position.

Un petit « écart de conduite » pour les 10 hommes d’équipage de ABN AMRO ONE qui ont accompli un sans-faute tout au long de cette course autour du monde au cours ils ont décroché 11 victoires sur les 16 manches disputées (et qui ont totalisé près d’une centaine de jours de mer).

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