Les chaussures de la gamme Performance Marine de Sebago sont destinées à ceux qui exigent des performances techniques sérieuses pour s´aventurer en mer en toute confiance.
La Break Water Free est une nouvelle chaussure de pont, très légère (340g). Elle se compose de Mesh et Nubuck traité eau de mer, et de Micro Mesh pour une évacuation latérale de l´eau. La semelle intérieure anatomique est amovible et perforée pour une meilleure aération et évacuation de l´eau. La semelle extérieure est en gomme injectée, antidérapante et cousue latérale Sebago Torpedo®.
La Break Water Free offre une parfaite adhérence et un excellent maintien du pied.
Au pointage de 4h, Kito de Pavant et Pietro D’Ali ont pris l’avantage avec 7,5 milles d’avance sur le Banque Populaire de Jeanne Grégoire et Gérald Véniard et 11,5 milles sur l’Atao Audio System de Dominic Vittet et Lionel Lemonchois, qui s’invite dans le trio de tête. Leaders hier soir, Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom) rétrogradent à la 4e place à 18,7 milles des leaders. Or, une petite vingtaine de milles, c’est justement ce qui suffit ce matin pour contenir les sept premiers du classement, y compris le tandem toujours sudiste d’Armel le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air, 5e à 19,8 milles), le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nelias, 6e à 20,4 milles, à égalité avec l’Aquarelle.com de Yannick Bestaven et Ronan Guérin… bonjour la précarité des classements ! « Il y a encore beaucoup d’ouvertures pour tout le monde », confirme le leader, Kito de Pavant, « on aimerait bien rester où on est mais Brit Air me parait bien placé pour la victoire. En même temps, au milieu de la flotte nous pouvons contrôler un peu alors que sur les extérieurs, ça passe ou ça casse ». A la fin de cette semaine, vendredi ou samedi, on saura. Pour l’instant, alors que le vent vient pile dans l’axe arrière des bateaux et qu’ils doivent donc trouver sans cesse les meilleurs angles, on admire « la grande bataille d’empannages qui a commencé », comme s’amuse Gérald Véniard (Banque Populaire). Après un coup de mou hier après-midi, l’alizé est reparti plutôt régulier cette nuit aux alentours de vingt nœuds, et toujours oscillant en direction. Si les moyennes ont légèrement baissé, quelques bateaux dépassent encore la barre des 200 milles par jour. La fatigue aidant après deux semaines de course à grande vitesse, les jours qui viennent vont être rudes pour les nerfs. Car, comme l’explique Dominic Vittet, « derrière un petit front qui s’écroule, on aura sans doute droit à une situation désordonnée, avec des bulles, de la pétole, des nuages, des vents tourbillonnants difficiles à négocier, dans lesquels tu peux très vite perdre des milles. On peut s’attendre à des pointages parfois difficiles, il faudra bien regarder le ciel, les nuages…» Tirer les bons bords. Ne pas craquer. Gérer la fatigue en même temps que la météo et le bateau. Aller vite. Facile à dire. Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin… Gérald Veniard (Banque Populaire) " On s’est pris la tête hier parce que l’on ne comprenait pas où il fallait aller. Pour rien apparemment, selon le classement de ce matin… Toute la journée, ça a été extrêmement lent par rapport à ces derniers jours, on a dû faire 7 nœuds de moyenne sur 12 heures… A part un grain où on a eu 30 nœuds de vent variable avec une forte houle… C’était assez pénible de savoir dans quel sens, il fallait aller. Maintenant, le vent est plus régulier en force (20 noeuds) mais toujours pas en direction… et pour nous, c’est la bataille d’empannage qui a commencé ! Depuis 11h, hier soir, on a déjà dû en faire 5-6. Il va falloir rester vigilant pour pas que cela soit trop éprouvant parce que cela fait deux semaines que l’on est en mer. Là, on vient par exemple d’inverser deux quarts car moi, je n’arrive pas à trouver le sommeil…"
Dominic Vittet (ATAO Audio System) "On avait fait un petit jeu avant de regarder le classement en pronostiquant que l’on avait pas mal perdu de terrain… Je viens de regarder les positions et c’est une très bonne nouvelle de se voir 3ème ! On a repris notre chevauchée vers l’Ouest ! Nous, on a tricoté hier toute la journée sans jamais se faire scotcher… (…) La situation météo est plus compliquée qu’avant, on va devoir progresser dans une zone de désordre alternant de la pétole, des tas de nuages, des vents tourbillonnants… Difficile à négocier ! On étudie les solutions pour s’en sortir au mieux, c’est pourquoi, avec Lionel, on passe notre temps à regarder les nuages mais bon, quand tu fais face à un truc énorme qui prend tout l’horizon, tu ne peux rien faire ! Il y a des espèces de fronts sur les prévi. qui viennent tout chambouler, mais en fait, ils perdent de leur vigueur et meurent très vite… Ce qui fait que les fichiers météos, en ce moment, sont toujours faux… c’est pourquoi, nous, il y a quatre jours, au lieu de plonger au Sud comme les autres, on a décidé de faire de l’ortho (la route directe, NDR). Et depuis, la situation a confirmé notre pressentiment."
Corentin Douguet (E Leclerc – Bouygues Telecom) " Cette dernière nuit, on est content car cela a réaccéléré pour nous. On a actuellement 18-20 nœuds de vent. On est dans le même groupe qu’Atao, Bel…et Brit Air qui est plus décalé dans le sud… Il va falloir aller vite et tirer les bons bords pour aller vers l’arrivée. "
Kito de Pavant (Groupe Bel) " On aimerait bien rester là où on est mais selon les prévisions météo, c’est pas gagné ! Il y a encore beaucoup d’ouverture pour tout le monde et on n’est pas très serein sur l’histoire. Nous, là, en étant au milieu, cela nous permet de contrôler les autres bateaux qui sont avec nous, mais pour moi, cela reste Brit Air le mieux placé aujourd’hui pour la victoire même si, quand tu fais les extérieurs, c’est ou ça passe, ou ça casse ! "
Classement à 5h50 GMT 1 Groupe Bel 2 Banque Populaire 3 ATAO Audio System 4 E. Leclerc / Bouygues Telecom 5 Aquarelle.com 6 Brit Air 7 VEOLIA 8 Brossard 9 Bostik 10 Cercle Vert 11 Roxy 12 Des Pieds et des Mains 13 Delta Dore 14 AXA Atout Coeur pour Aides 15 Lubexcel 16 Siemens 17 Groupe CELEOS 18 Entreprendre Au Pays de Lorient 19 Suzuki Automobiles 20 GUY HOQUET Immobilier 21 Les Mousquetaires 22 Gédimat 23 Objectif Océans 24 Port Olona NL Donneurs de Vie – All Mer
Dix jours plus tard, le constat est douloureux : des enduits ont sauté à la jonction de la coque et des safrans. Par conséquent, les safrans en l’état actuel ne permettent pas un écoulement de l’eau optimal et des infiltrations d’eau dans la coque sont fort possibles. Jérémie Beyou et Vincent Riou restent donc vigilants pour conserver un bon compromis entre la vitesse et la nécessaire sécurité du bateau. Comme un ennui n’arrive jamais seul, Jérémie et Vincent ont vécu un week-end difficile sous les grains.
"Depuis samedi, nous sommes sous les grains, nous avons l’impression d’être les seuls à être poursuivis par les nuages." déplorait Jérémie hier dimanche. Pointés en 16ème position à une vitesse de 4,5 noeuds, DELTA DORE était englué sous les grains et mettait plus de 5 heures à s’en sortir. Peu de vent, une mer forte, de gros nuages ont donné du fil à retordre à Jérémie et Vincent dont l’objectif était de s’en sortir au plus vite, quitte à "se mettre en travers de la route". A 11h47 ce lundi, le Figaro DELTA DORE est pointé 13ème à la vitesse de 6,7 noeuds. Si Jérémie Beyou et VIncent Riou pensent toujours que l’atterrissage sur Saint-Barth sera plus judicieux par le sud, ils sont très inquiets pour l’état de leur bateau… Il reste 1029 milles à parcourir à Jérémie Beyou et Vincent Riou qui gardent toutefois le moral : "C’est un bon exercice pour le Vendée Globe. Si l’on n’était pas capable de garder le moral sur une Transat AG2R, comment pourrait-on courir le Vendée Globe ?!"
«Nous tirons des bords avec 1 à 4 nœuds de vent dans une mer un peu agitée et on se demande par quoi elle peut bien être agitée d’ailleurs… Nous subissons, il n’y a aucune tactique possible. Le système est incontournable. Au sud, c’est pétole sur 700 milles et au nord, il y a des courants très forts. Dans cette zone du Pacifique nord, la météo est un peu caractérielle. Il y a beaucoup de petites dépressions et de petits anticyclones, et certains anticyclones peuvent se transformer en dépressions. C’est un fouillis inouï qui est dû à l’immense continent asiatique ». Cette navigation laborieuse devrait néanmoins prendre fin dans une dizaine d’heures avec le retour du vent.Il reste aux 11 hommes de Geronimo 1000 milles à parcourir jusqu’à Yokohama. « Ce peut être 700 miles de calmes blancs, suivis de 500 milles de près serré vent dans l’axe de la route à 9/12 noeuds. Et si la simulation est bonne : 45 noeuds pour les dernières heures de navigation côtière avec risque de brouillard dense : nous n’osons pas y croire ! ».
Hier à 16 heures 40 (heure française) Geronimo avait parcouru 4530,32 milles à une moyenne de 17,16 nœuds. Il lui restait 1030,18 milles jusqu’à Yokohama.
Le Record de l’Atlantique nord en équipage pour Orange II Bruno Peyron et ses hommes s’étaient promis de revenir à New York pour s’aligner, à nouveau, au départ du mythique Record de l’Atlantique nord. Rappelons que celui-ci leur avait échappé en août 2004 de quelques 31 petites minutes seulement… Chose promise chose due, le géant Orange II va donc prochainement tourner ses étraves vers l’Amérique du nord afin de rejoindre New York, ligne de départ du Record de l’Atlantique. Bruno et son équipage se donnent pour objectif d’être en stand-by à New York, à partir du 15 mai prochain. D’ici là, et si les conditions météorologiques le permettent, Orange II pourrait s’attaquer à son propre record du monde des 24h en équipage (706,2 milles), et peut-être en solitaire… Rappelons par ailleurs qu’Yves Parlier, membre de l’Orange sailing team et l’équipage de l’hydraplaneur ont établi la semaine dernière un premier temps de référence sur 24h dans la catégorie 60 pieds, parcourant 597,8 milles nautiques, à la moyenne de 25 noeuds. Yves Parlier devrait s’attaquer lui aussi prochainement au record des 24h, en solitaire…
La Route du Rhum 2006 pour le trimaran Orange project Le magnifique départ pris par Stève Ravussin lors de la dernière Transat Jacques Vabre, puis l’avarie subie par le bateau alors qu’il menait la course en tête de la flotte avait privé chacun du bon goût de la fin. Mais ce départ tonitruant avait aussi démontré tout le talent de Stève. Ce dernier sera donc de retour, à Saint-Malo fin octobre prochain, au départ de la Route du Rhum, avec son nouveau trimaran Orange project (ex Banque Populaire III).
Interview de Bruno Peyron Question : Orange II reprend sa campagne avec en priorité une nouvelle tentative sur le Record de l’Atlantique nord ! Bruno Peyron : C’est effectivement la priorité de la saison 2006. Le record de l’Atlantique nord est le plus prestigieux après celui du tour du monde, le plus rapide aussi et donc le plus difficile à battre compte tenu de la moyenne très élevée à réaliser (25,78 nœuds de moyenne sur la traversée). Nous avions réussi en 2004 la deuxième meilleure performance, nous devons maintenant devenir N°1 en battant l’incroyable chrono réalisé par Steve Fossett en octobre 2001 (4 jours, 17 h, 28mn 06s).
Q : Comment allez-vous préparer cette nouvelle attaque sur l’Atlantique ? BP : la préparation est simple : convoyage à New York, préparation technique à Newport, entraînement sur place, étude météo, bon casting et attaque totale !
Q : Quel équipage avez-vous réuni autour de vous pour ce record ? BP : L‘équipage est en cours de sélection et sera annoncé lorsque nous serons en stand-by à New York.
Q : Votre précédente tentative n’a échoué que de quelques minutes à peine, comment l’analysez-vous aujourd’hui, avec le recul ? BP : Je pense honnêtement que nous avons commis deux erreurs : la première est d’être partis un peu trop tôt. La vitesse du bateau étant bien supérieure à ce que nous pensions, nous avons dépassé le système météo et avons été obligés d’empanner à 90° de la route pendant 7 heures afin de nous recaler. La deuxième erreur a été de ne pas avoir ré-empanné plus tôt après ce recalage… J’en suis le seul responsable d’ailleurs. Pour le reste, nous avons bien navigué et aurions quand même pu battre le record, sans cette petite rotation du vent sur les dernières heures, qui nous a contraint à un dernier empannage fatal juste avant le Cap Lizard. Mais c’est le jeu, il faut savoir accepter ses erreurs.
Q : L’autre actualité de l’Orange sailing team est l’annonce de la participation de Stève Ravussin à la Route du Rhum ! BP : Oui, c’est une excellente nouvelle, le contrat avec Stève courrait jusqu’à la Route du Rhum et je suis heureux qu’une solution ait pu être trouvée pour que le Team Orange soit présent sur cet événement majeur qu’est la Route du Rhum. Je pense que Stève aura à cœur de confirmer la magnifique performance qu’il a démontré lors du départ de la Transat Jacques Vabre.
« S’il fallait choisir une position aujourd’hui, je préfèrerais celle d’E.Leclerc-Bouygues Telecom au nord, contrairement à voilà 48 heures où je craignais Brit Air au sud». Charles Caudrelier (Bostik, 10e) est clair quand il donne l’info majeure de la journée. Voilà deux jours, comme tout le monde, il donnait avantage à la route sud. C’est peu ou prou l’inverse aujourd’hui. Au minimum le grand doute. Ni météo ni voile ne sont sciences exactes. Ce dimanche donc, ils sont quelques uns à envier la position du tandem Corentin Douguet-Thierry Chabagny. Positionnés les plus au nord des leaders, les navigateurs d’E.Leclerc-Bouygues Telecom étaient de retour dans le trio de tête à moins de 10 milles du meneur Banque Populaire ce midi, alors qu’ils étaient 13e à 37 milles voilà deux jours… et à 16h, E.Leclerc-Bouygues Telecom vient de prendre la tête de la course, à 10 nœuds de moyenne !
« Ca fait plaisir d’être de retour dans le match !», lance Corentin Douguet, avant d’expliquer : « on a profité hier d’une petite opportunité pour s’engouffrer et il est possible qu’entre nous et Brit Air (169 milles de décalage nord-sud, ndlr), il n’y ait pas une grande différence de vent. Tout le chemin qu’ils ont fait pour aller là-bas pourrait être du chemin en trop. Nous devions tous contourner l’anticyclone. Cela ne fait aucun doute. Il fallait faire ce grand virage à droite. Notre tactique est d’essayer de faire l’intérieur du virage. ». C’est cette tactique qui paye, aujourd’hui en tous cas. Les nordistes font une route plus courte et n’ont pas été pénalisés par des zones de vent plus faibles comme le prévoyaient les fichiers météo. Ils ont même bénéficié a priori de lignes de grains plus fortes dans l’alizé oscillant (pointes de vent à 35 nœuds) que les partisans de la route sud. « On croyait ceux du nord morts, ils ne le sont pas du tout !», confirme Kito de Pavant (Groupe Bel), 2e juste devant le Banque Populaire de Jeanne Grégoire et Gérald Veniard. Banque Populaire menait la flotte depuis quatre pointages jusqu’à ce soir, mais « dans un mouchoir de poche », comme dit Kito de Pavant. Et le mouchoir est toujours aussi étroit : 1,5 mille suffit à contenir les trois premiers… Le Brossard de Fred Duthil et Samuel Manuard, lui aussi au nord, est également très bien revenu : 7e à 24 milles d’E.Leclerc-Bouygues Telcom aujourd’hui, contre 10e avec 38 milles de retard au leader voila deux jours.
« L’issue est incertaine » Contre toute attente, le nord a bénéficié de conditions un peu plus favorables. Erwan Tabarly (Cercle Vert, 9e), raconte : « ça m’a surpris de voir ceux du nord revenir comme ça ! Je n’ai pas toutes les explications, mais ils ont eu visiblement un meilleur angle. Et nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne : il y a des grains, on voit des bateaux décoller, d’autres rester coincés… » A ce petit jeu, il faut enchaîner les empannages pour toujours suivre la bonne oscillation du vent, « se placer par rapport aux grains et au bascules. Tu peux aussi bien perdre 10 milles sur un mauvais bord qu’en gagner autant sur un bon», poursuit Erwan Tabarly, «ça crée du jeu, c’est sympa ! »
Alors que la barre des moins de 1000 milles à l’arrivée va être franchie cette nuit par les bateaux de tête – qu’on voit désormais arriver très groupés autour du 28 ou 29 avril – le suspense est à son comble. Ils viennent de batailler pendant 5000 kilomètres (2700 milles) et au moins 16 bateaux peuvent encore gagner : ils tiennent en 60 milles, les 10 premiers en 30 milles, les 4 premiers en 10 milles et les 3 premiers, donc, en un mille et demi. Moins de 3 km.
Attention, les partisans de la route sud et ceux de l’axe médian de la flotte sont très loin d’avoir dit leur dernier mot, comme en témoigne, Jeanne Grégoire, 3e de la course avec Gérald Veniard sur Banque Populaire : « nous nous méfions de tout le monde ! Avec Gérald on n’est pas d’accord sur les bateaux les plus dangereux, mais moi je pense qu’Armel (Le Cléac’h) et Nicolas (Trousse – Brit Air, 6e à 23 milles) peuvent encore nous faire un coup de maître. » Tout comme peuvent encore sortir de la cuisse d’Eole, l’ATAO Audio System de Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (4e à 9,1 milles), l’Aquarelle.com de Yannick Bestaven et Ronan Guérin (5e à 18 milles) ou encore Cercle Vert, Bostik, Delta Dore, Roxy, Siemens… voire Des Pieds et des Mains, Axa Atout cœur pour aides ou encore Lubexcel, tous dans le match…
Alors ? Au sud ? Au Nord ? La route de la victoire à Saint-Barth’ est encore longue –mille milles c’est l’équivalent de plus de trois golfes de Gascogne bout à bout… Mais au train où vont les choses, à des moyennes supérieures à 200 milles par jour (TOP Chrono AG2R de Marc Thiercelin et Oliver Krauss à 217,7 milles aujourd’hui), la fin du suspense pourrait bien être rapide. En fin de semaine, vendredi ou samedi. Cinq ou six jours « pour voir qui sortira de la pochette surprise », s’amuse Jean-Luc Nélias (Veolia, 6e) qui poursuit : « en tous cas c’est serré et l’issue est incertaine ». C’est bien le moins qu’on puisse dire.
Et le plus grand aujourd’hui, c’est celui de Jean-Baptiste Bernaz. On peut même dire qu’il est accroché aux deux oreilles de ce solide Hyérois. Vainqueur des deux premières courses des phases qualificatives dans la série ultra disputée des Lasers, il réalise une sacrée performance. A 18 ans, Jean-Baptiste a mis dans son sillage par deux fois le médaillé d’argent à Athènes, l’Autrichien Andréas Geritzer et le vainqueur de la Semaine Olympique Française 2005 : Tom Slingsby. Ce soir, Jean-Baptiste est à égalité de points avec le champion d’Europe en titre : Paul Goodisson, lui aussi vainqueur de deux manches dans sa poule. En effet, la flotte très nombreuse des lasers (environ 150 bateaux) est découpée en quatre groupes le temps des phases qualificatives.
De la même manière, la population des planchistes hommes est divisée en deux et Nicolas Huguet a remporté les deux manches disputées par sa poule. Julien Bontemps, lui aussi très régulier termine deux fois troisième et prend la deuxième place. Des résultats qui promettent de beaux duels entre les deux champions du monde. Chez les filles, la longue régate (3/4 d’heure), disputée dans un vent faiblissant, a permis à l’Espagnole Marina Alabau de s’imposer devant la Polonaise Zofia Klepacka. La championne olympique Faustine Merret, malgré un premier bord de près peu payant, est parvenue à se hisser à la cinquième place.
Chez les Yngling, les conditions tordues n’ont pas très bien réussi aux tricolores. L’équipe menée par Anne Le Helley, en bonne position dans le début de la course s’est finalement trouvée dans un « trou de vent » perdant ainsi de nombreuses places. Elles sont 21e, dix points derrière l’équipage mené par la Brestoise Anne Claire Leberre. La Néerlandaise Annelies Thies remporte la course devant l’équipage britannique mené par Nacy Haberland.
Guillaume Florent signe quant à lui un retour remarqué avec une belle deuxième place en Finn. La performance de l’équipage Lagravière / Delpech en 49er, 2eme, résonne aussi de jolie manière.
Chez les Tornado, les leaders, Darren Bundock et Roman Hagara sont à égalité de points en tête de la flotte. Les premiers Français, Xavier Revil et Christophe Espagnon ont réalisé une belle manche de trois, tempérée par une dixième place sur la deuxième course. Les hommes forts du moment, les Espagnols Echavarri – Paz sont à la 21e place, ils illustrent la difficulté d’être régulier dans des conditions si changeantes.
En 470 homme, « les Ronan » Dréano et Floch sont parvenus à s’imposer dans la première course.
Au sein des 2.4, les choses sont beaucoup plus simples et une hiérarchie solide est en train de se mettre en place. Le Hollandais Thierry Schmitter, qui annonçait quelques jours avant la SOF que la victoire était à sa portée, a remporté les deux manches du jour, laissant par deux fois la Britannique Helena Lucas dans son sillage.
Enfin, en Laser radial, la Chinoise Lijia Ju se hisse en tête du général devant Jennifer Anna Tunnicliffe vainqueur de la Miami Rolex Cup disputée au mois de janvier. Manon Borsi signe un retour prometteur sur ces terres en se classant à la 7ème place.
D’une manière générale, les résultats obtenus aujourd’hui, qu’ils soient bons ou mauvais, sont à relativiser en raison des conditions de vent changeantes. La Semaine Olympique Française vient à peine de commencer et le vent, plus soutenu, annoncé demain pourrait bien changer la tendance.
On dirait une ligne de départ au milieu de l’Atlantique. Mais une ligne de 200 milles de long pour un départ au lièvre ! Dans le rôle du lièvre, Armel Le Cleac’h/Nicolas Troussel (Brit Air) recroisent actuellement pour la deuxième fois devant les étraves d’une quinzaine de Figaro lancés à leurs trousses. Ils l’avaient déjà fait du nord au sud après Madère. Les tenants du titre rejouent le même numéro à leurs adversaires, mais dans l’axe est-ouest cette fois-ci. Jeanne Grégoire (Banque Populaire), en tête au classement de 4h samedi matin ne se fait aucune illusion là-dessus. « Stratégiquement, Brit Air est le mieux placé et va croiser 35 milles devant nous » avoue Jeanne. A moins d’une semaine de l’arrivée, le duo Le Cleac’h/Troussel semble prendre un léger avantage sur le groupe de tête. Mais rien n’est joué à 1400 milles de l’arrivée et Armel Le Cleac’h sait qu’avec « une flotte aussi serrée, il y en a qui vont attaquer, tenter des coups. On va avoir une dernière semaine assez stressante » prédit Armel. Pour le suspense, en revanche, le scénario est parfait. Plus l’arrivée approche, plus les écarts se resserrent en tête de course…
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin… Jeanne Grégoire (Banque Populaire), leader ce matin : « Premiers ? Ca devait bien nous arriver ! On plaisantait hier à la VHF avec Kito en se disant que si on faisait de l’ouest, on passerait bien en tête. C’est ce qu’on a fait ! Mais si on est pointé en tête ce matin, je pense que stratégiquement Brit Air (Le Cleac’h/Troussel) est le mieux placé et va croiser 35 milles devant nous. Nous, on va essayer de faire parler la poudre quand même. Dans 36 heures, on arrivera au point le plus sud de notre trajectoire et nous pourrons empanner pour faire route directe vers Saint Barth. »
Armel Le Cleac’h (Brit Air), 3e ce matin : « On vient de repasser dans l’axe du groupe formé par Veolia, Delta Dore et Roxy. On a toujours un peu plus de vent que les nordistes. Avoir deux nœuds de vent en plus suffit pour que ça paye. On a profité des 12 heures sans classement (entre 16 heures et 4 heures du matin) pour gérer notre stratégie sans être vu des autres. Cela nous a permis de nous recaler dans l’ouest. Il y a deux ans, nous étions trois bateaux à nous être détaché de la flotte. C’était “plus simple“. Cette année, il y a une douzaine de bateaux qui peuvent encore gagner. Comme la flotte est assez serrée, il y en a sûrement qui vont attaquer, tenter des coups. Cela devrait nous donner encore 7-8 jours assez stressants. »
Ronan Guérin (Aquarelle.com), 5e ce matin : « Le classement donne l’impression qu’on se fait un peu manger par le nord, mais il faut se méfier des impressions. Ça va plus se jouer avec Brit Air. Notre waypoint d’empannage se trouve à 300 milles devant nous. On en saura donc plus demain. Nous faisons une moyenne de 10-11 nœuds. Cette nuit, le vent était moins fort que les nuits précédentes. Il y avait donc moins de tension. On en a profité pour enquiller les heures de sommeil et recharger nos batteries. Nous étions bien fatigués par les deux derniers jours. Dans les surfs, il était impossible de dormir à l’intérieur sur la bannette. Il y avait un vacarme pas possible ! »
«Un peu surpris mais ravi », Kito de Pavant raconte surtout une nuit « rock’n’roll », comme il dit : « ça va vite ! Le vent est bien monté, 25 nœuds, parfois 28, des vagues dans le bon sens, des grands surfs… il faut être vigilant mais ça glisse bien !». Deuxième avec Jeanne Grégoire sur Banque Populaire, Gérald Véniard complète : « ça bombarde, c’est à fond sous spi dans la nuit noire ! Il n’y a pas de différence entre le ciel et la mer. On ne voit pas les vagues, il faut barrer seulement aux instruments et au feeling. On serre les fesses ! » De fait, les vitesses sont impressionnantes : 15 à 17 nœuds dans les surfs, des moyennes qui dépassent 10, voire 11 nœuds pour les deux tiers de la flotte… Un avantage confirmé pour les partisans de l’option sud. Le Brit Air des tenants du titre Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel, quasi le plus au sud de la flotte (si l’on excepte le Siemens de Marc Thiercelin), est revenu à fond sur le trio de tête. Brit Air a repris un mille à l’heure depuis le pointage de hier soir et n’est plus qu’à 8,5 milles du leader Groupe Bel. Derrière la voix d’Armel Le Cléac’h ce matin à la vacation, la quille du bateau chante, signe incontestable des grandes vitesses. « 30 à 35 nœuds de vent sous un grain, on est à 15 nœuds, là », raconte Armel Le Cléac’h. Pendant ce temps, le meneur d’hier Aquarelle.com mené par Yannick Bestaven et Ronan Guérin a concédé un peu de terrain. « C’était hier soir, dans une zone un peu bizarre où on n’a pas compris pourquoi on recevait 4 nœuds de vent de moins que tout le monde », explique Ronan Guérin avant d’ajouter : « mais on reste bien placé, ça va. L’idée c’est d’aller dans le sud, même si c’est très tentant de faire de l’ouest à 10 nœuds sur la route» Les routes des bateaux commencent à se resserrer. Vers le 20e nord, il y aura sans doute un carrefour important (voire embouteillé). La course est loin d’être jouée. « Ce qui reste à faire, c’est autant qu’entre Concarneau et Porto Santo », rappelle justement Armel le Cléac’h. On table sur une arrivée en fin de semaine prochaine, « avec des écarts sans doutes infimes », sourit le nouveau leader, Kito de Pavant.