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Fabien Henry prend les commandes devant les Franciliens…

Tour de France à la Voile
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Après un départ à 16h50 de Paimpol – Côtes d’Armor, les trente Mumm 30 ont fait route au près vers la pointe Bretagne. Jouant avec un courant de 5 nœuds dans 20 à 25 nœuds de vent, les bateaux sont venus raser la côte face au phare de Ploumanac’h. Ils ont ensuite abattu dans le chenal du Four, pour finir la course avec des pointes à 15 nœuds en surf sous spi. Une belle manche pour Saint-Malo Purflo Team SNBSM (François Lebourdais, Pierre Hingant), qui termine sur la troisième marche du podium, sept secondes devant Nouvelle Calédonie (Vincent Portugal), et remporte ainsi la tête du classement amateur. L’équipage de Bred (Sylvain Chtounder), forcé d’abandonner la manche après avoir cassé son galhauban bâbord, passe de la seconde à la cinquième place au classement général.

Comme prévu par la Direction de Course, la plus mauvaise manche de chaque concurrent a été retirée au calcul du classement général après l’étape de Paimpol – Côtes d’Armor. L’occasion pour certains équipages de remonter des places, comme Elcimaï – Ville de Marseille (Dimitri Deruelle) qui traînait une disqualification depuis son départ prématuré sous pavillon noir à Dunkerque, et se retrouve en quatrième place devant Côtes d’Armor (Michaël Aveline). Toulon Provence Méditerranée – COYCHyères en profite aussi pour prendre la tête du classement général, devant Ile de France (Victor Lanier, Nicolas Pauchet) et Tahiti et ses Iles (Teva Plichart).

Erwan Israël, navigateur sur Toulon Provence Méditerranée – COYCHyères nous raconte sa formidable remontée lors du ralliement : « on a pris un départ prématuré, mais on a très vite réparé. Il y avait deux options à envisager après le départ, soit avec le vent, soit avec le courant. Nous avons favorisé le courant en restant plus à droite de la flotte, ce qui nous a valu de nous retrouver avec les premiers au bout d’une heure trente seulement, alors que nous étions 19ème à la bouée de dégagement ! Puis il y a eu la renverse de courant au niveau de Perros-Guirec, et là il a fallu faire du rase-cailloux pour éviter le jus. Ensuite, il y a eu une rotation à négocier au chenal du Four, et Ile de France a fait la bonne opération en revenant au contact sous spi. Après cela, on est resté à 100 mètres l’un de l’autre jusqu’à l’arrivée ». Une arrivée serrée, puisque les deux Mumm 30 n’ont coupé la ligne qu’avec 25 secondes de différence, plus de 18 heures après le départ ! Victoire méritée, à en croire l’équipage hyèrois : « on a été devant toute la course, cela aurait été dommage de perdre au dernier moment ». Pas de secret pour Fabien Henry, qui remporte un troisième ralliement d’affilée : « tout est calé. On avait déjà fait la même performance en 2005 ». Une référence bien choisie, puisqu’en 2005 Toulon Provence Méditerranée – COYCHyères remportait le Tour de France à la Voile.
Demain, les bateaux partiront à 11h30 du ponton, pour régater sur parcours « banane » en face de l’Ecole Navale de Port Poulmic.

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Des options de plus en plus marquées …

Chatelin
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Deux fois la route, trois fois le temps, cinq fois la peine ! Le près est l’allure la plus fatigante, la plus longue, la plus laborieuse, la plus contraignante de toutes les conditions de navigation d’un voilier… Surtout quand le vent se renforce sans cesse et que la mer devient de plus en  plus hachée et dure. Et c’est bien cette situation que vivent les neuf équipages depuis le départ de Madère jeudi dernier et ils en ont encore pour deux jours au moins ! Car si la distance parcourue sur l’eau dépasse largement les 500 milles, elle ne se traduit que par une progression vers le but d’à peine 380 milles depuis Madère…
 
Des alizés qui se durcissent
La brise est en effet de nouveau au rendez-vous après la petite accalmie de samedi et la bascule du vent au Nord-Ouest. Mais cette amélioration des conditions de navigation ne fut que provisoire puisque, dès la nuit tombée, c’est encore au près dans un vent de Nord à Nord-Est que les Class’40 tentaient de progresser vers le cap Finisterre, décidément très loin encore des étraves… « On a plus de vent que prévu : 25 nœuds de vent et ça tape dur ! On est un peu embêté pour savoir quand il faudra virer parce que je n’ai pas envie de me mettre dans la bande des trente nœuds de vent… Mais il fait beau et on est toujours à vue avec Yvan et Jean-Edouard. On en prend plein la tête dehors et le vent est très irrégulier : on est sous un ris dans la grand voile et trinquette et le deuxième ris chauffe… Nous ne sommes pas trop bien placés par rapport aux partisans du Nord », indiquait ce dimanche midi Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais)
 
Du côté des « Nordistes », les conditions météorologiques ne sont pas franchement  plus favorables même si la brise est moins soutenue. Et Jean-Christophe Caso (Jardin Bio-Prévoir) ne semblait pas très optimiste quant à son choix tactique : « C’est plutôt mitigé entre ciel gris et ciel bleu… On plante des pieux dans 20 nœuds de vent de Nord-Est avec la mer pile poil dans le nez ! L’option ne paye toujours pas : ça n’a pas fait ce que nous escomptions mais il y a de la mistoufle à venir. Le vent devrait repasser au Nord en milieu d’après-midi et nous virerons de nouveau… ». Ce que confirmait Rémi Beauvais (Merci les amis !) qui regrettait son décalage dans l’Ouest : « On n’a pas eu la météo qu’on espérait ! On a pris une bascule très franche en milieu de nuit et on s’est retrouvé de nouveau au près : notre option au Nord est un peu précaire… On a un vent de Nord-Est de quinze nœuds sous le soleil mais surtout avec une mer très courte. On s’est retrouvé avec Benoît ce matin alors qu’on n’avançait pas cette nuit… »
 
Des options de plus en plus marquées
Qui a raison ? Qui a tort ? Pour l’instant, les partisans de la voie portugaise mènent le jeu mais dans ce vent qui semble bien s’établir pour les prochaines 48 heures au secteur Nord, cette option pourrait bien n’être pas aussi favorable que prévue… En effet, les Class’40 qui ont choisi une route plus au large naviguent dans des conditions moins dures, avec une mer moins formée et un vent légèrement orienté au Nord-Est, ce qui leur permet de se rapprocher plus de la route directe. Le groupe des trois les plus à l’Est (Appart City, Destination Calais, Choice Hôtels) qui a viré de bord en début d’après-midi, arrive à faire un cap au 320°, les partisans de la route médiane à l’image de Azawakh, Merci les amis !, Jardin Bio-Prévoir et Groupe Séfico progressent au 340° tandis que le plus extrême à l’Ouest, le Belge Alexis Guillaume (Méréna) peut faire route plein Nord !
 
C’est donc probablement l’option açorienne qui va sortir le plus rapidement son épingle du jeu puisque, une fois la latitude de Porto atteinte, c’est une lente bascule du vent au Nord-Ouest qui est attendue au large… A ce rythme, les Class’40 ont encore au moins 36 heures à « planter des pieux » face à cette brise de Nord car leur progression par rapport au cap Finisterre n’atteint que péniblement 130 milles par jour depuis Madère ! Quant à Cariberia, Stephen Card et Maxime Pachot arrivent à combler une partie de leur retard dû à leur escale technique à Quinta do Lorde et pour l’instant, ils n’ont pas encore eu à virer de bord…
 
Classement du dimanche 8 juillet à 12h00
1- Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) à 732 milles de l’arrivée
2- Yvan Noblet (Appart City) à 0,5 milles du leader
3- Jean-Edouard Criquioche (Choice Hôtels) à 0,8 milles du leader
4- Jean-Pierre Amblard (Azawakh III) à 4 milles du leader
5- Cécile Poujol (Merci les amis !) à 47 milles du leader
6- Benoît Parnaudeau (Jardin Bio-Prévoir) à 52 milles du leader
7- Lionel Regnier (Groupe Séfico) à 78 milles du leader
8- Alexis Guillaume (Méréna) à 125 milles du leader
9- Stephen Card (Cariberia) à 260 milles du leader

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Chrono 650 : Records absolus pour Le Blévec et Lobato

Yves le Blévec
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« Aujourd’hui, il ne fallait pas se précipiter car tous ceux qui sont parti au même moment ont mis des temps équivalents » explique Yves Le Blévec, le skipper du plan Lombard Actual Intérim. Tout comme l’an passé, le co-détenteur du Trophée Jules Verne sur l’Orange 2 de Bruno Peyron (en 2005) réalise le doublé : record absolu et victoire au général en catégorie des prototypes. « Et ceux qui sont partis un peu plus tard ont, eux, mis un peu moins de temps pour faire le tour de Groix. C’est le cas de Caroline Vieille qui réalise le meilleur chrono aujourd’hui. Mais on va dire que c’est ma Chrono 650 avec le record et le classement général. J’ai quasiment gagné toutes les manches… sauf celle d’aujourd’hui. »

Ce dimanche, troisième et dernier jour de la Chrono 650 n’a permis que de valider un tour pour chaque concurrent. Le classement général s’est donc joué lors des deux premiers jours lors desquels les navigateurs ont du effecteur deux tours pour cumuler un quatrième temps. En réalisant le record absolu et un autre excellent temps vendredi quand le vent était au plus fort, Le Blévec avait donc déjà marqué la course de son sillage. Le prix de l’expérience puisqu’Yves est un des aficionados de la course organisée depuis la base des Défis à Lorient – Kéroman.

Yves Le Blévec comme de nombreux skippers de minis 650, ces voiliers qui traverseront l’Atlantique en solitaire entre La Rochelle et Bahia cet automne, apprécie le concept original de cette compétition. « Le principe, c’est de faire le tour de l’île de Groix le plus rapidement possible » rappelle-t-il. « On peut franchir la ligne de départ à l’heure que l’on veut. Ensuite il faut rejoindre la ligne de départ après avoir fait le tour de l’île de Groix le plus rapidement possible. C’est une particularité par rapport à d’autres régates où l’ont part tous ensemble et c’est le premier qui arrive qui gagne. En plus on choisit le sens dans lequel on veut tourner autour de l’île. Cela complique un peu les marquages entre concurrents, mais globalement, plus t’es rapide, plus t’as de chances de gagner. »

Dans la catégorie des minis de série, le vainqueur est le Lorientais Antoine Debled : « Cette dernière journée s’est bien passée. On a commencé par une descente sous spi jusqu’aux Chats. J’ai réussi à tenir Francisco. On a bien négocié une petite bascule à la pointe des Chats. Ensuite, on a glissé sur un long bord au près sous Groix. À ce moment-là, Jean-Claude Guillonneau et Francisco Lobato ont repris de l’avance. Mais avec de 7 à 8 nœuds de vent et sous solent, c’était un peu dur. Heureusement, la grand-voile était efficace. Puis, retour sous genaker et spinnaker pendant que le vent thermique commençait à s’installer et à monter… La course s’est jouée le premier jour quand j’étais seul à partir par les Chats en premier. En bateau de série, cela a été très payant car j’ai gagné 10 à 20 minutes sur les autres bateaux.Globalement, j’ai géré mon avance sur les autres pendant le week-end. En 2000 j’avais gagné le général et le Trophée Alain Pointet et j’ai aussi gagné la course en 2003. C’est ma troisième victoire à Lorient, j’aime bien cette course ! »

Le Trophée Alain Pointet, c’est le prix qui récompense les meilleurs temps de chaque catégorie réalisés durant le week-end. Cette année, ce sont Yves Le Blévec en prototype et le Portugais Francisco Lobato en série qui auront été les plus rapides pour faire le tour de l’île de Groix. Ils ont aussi réalisé les meilleures performances absolues de l’histoire de la course en imposant de nouveaux temps de référence pour les prochaines éditions avec 2 heures et 40 minutes pour le meilleur prototype et 3 heures et 13 minutes pour le meilleur bateau de série. Deux challenges à relever pour les prochaines éditions organisées par l’association Rond de Chute sur la base des Défis à Lorient.

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Loick Peyron au départ du prochain Vendée Globe

Portrait Loick Peyron
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Tout en conservant la responsabilité du Gitana Team, Loïck Peyron skippera donc le tout nouveau Gitana Eighty à partir de la fin du mois de Juillet 2007. Gitana : un nom chargé d’histoire. C’est en hommage à son père, le Baron Edmond qui aurait eu 80 ans cette année, que le Baron Benjamin de Rothschild a décidé de baptiser ce nouveau bateau Gitana Eighty qui rejoint ainsi la flotte Gitana.

Un programme dense.
Dessiné par Farr Yacht Design et construit au chantier Southern Ocean Marine en Nouvelle-Zélande depuis l’hiver dernier, Gitana Eighty effectuera ses premières navigations à partir de la fin du mois de Juillet 2007. Arrivé en Europe le 6 juillet, il lui faudra encore attendre quelques jours avant de rejoindre son port d’attache de la Trinité sur Mer. Le test de retournement sera alors effectué puis le bateau sera sorti de l’eau pour d’ultimes vérifications. Une fois sa remise à l’eau et son mâtage effectués aux alentours du 25 juillet, Gitana Eighty sera fin prêt pour tirer ses premiers bords.

 Premier rendez-vous d’importance pour Gitana Eighty et son skipper, Loïck Peyron : la Transat Jacques Vabre. Entraînements et qualification pour le grand rendez-vous transocéanique de l’année 2007 jalonneront, en effet, les mois d’août, septembre et octobre prochains avant le départ donné, du Havre, le samedi 3 novembre.

Gitana Eighty, un bateau efficace et élégant.
Le monocoque du Gitana Team est l’un des tout derniers plans Farr, sistership de Virbac Paprec de Jean-Pierre Dick. Outre une importante série d’innovations au niveau de l’aménagement intérieur du bateau, Gitana Eighty bénéficie également d’un fond de coque à géométrie variable, appelé trim tab. Ce dernier se situe à l’extrémité arrière du monocoque au niveau des safrans. Il permet de réguler l’assiette longitudinale du bateau et de l’adapter aux conditions de mer, de vent ou à l’allure du bateau. Autre innovation importante : les sliders. Il s’agit de deux panneaux coulissants entre le mât et la plateforme arrière. Ils permettent des gains aérodynamiques, réduisent l’arrivée d’eau dans le cockpit autorisant un confort accru pour le skipper et la possibilité, pour lui, de régler plus fréquemment et précisément ses voiles. Cette optimisation ergonomique permet, enfin, de préserver l’homme et sa condition physique.
 
Passionnante redécouverte du monocoque pour Loïck Peyron.
Le Directeur Général du Gitana Team, skipper de Gitana Eighty, naviguera dans quelques jours sur un bateau qu’il a pensé de fond en comble avec son équipe. Il ne cache pas son enthousiasme doublé d’une certaine émotion : “A quelques jours de l’arrivée du bateau, mes impressions sont celle d’un papa à l’entrée d’une clinique, impatient de voir son bébé. Tout comme un enfant, un bateau se fabrique en 9 mois et vient, ensuite, la longue période pour lui d’apprendre à marcher. J’ai hâte de le voir gîter sous voiles et faire ses premiers pas dans la baie de la Trinité sur Mer. Ce sera également le moment de le partager avec tout le team Gitana qui a tant travaillé sur ce projet”.

Loïck, comment comptez-vous concilier votre rôle de Team Manager et celui de skipper ?
“Le programme des Gitana est défini à l’avance, l’organisation mise en place permet à chaque skipper, assisté de son boat captain, de gérer son navire. Etant très bien secondé dans ma tâche de Team Manager, je peux libérer une partie de mon esprit et de mon temps pour ce rôle de skipper de Gitana Eighty”.

Pouvez-vous nous dire ce que représente le Vendée Globe pour un marin au palmarès aussi riche que le vôtre ?
“J’ai eu la chance, depuis deux décennies, de faire partie des grandes premières de la voile. Etant au départ de la quasi-totalité des nouvelles courses comme La Baule-Dakar, Québec-St Malo, les routes du café, les trophées Clairefontaine, The RACE… et le Vendée Globe. Paradoxalement, je ne suis pas motivé par une ligne de plus dans un palmarès mais par la gestion complexe d’un projet comme celui-là. Quand on part d’une page blanche avec pour objectif de franchir une ligne d arrivée deux ans plus tard, cela demande un engagement permanent et offre de grands moments. La première édition du Vendée Globe en 1989 était celle des pionniers, avec son lot d’histoires de mer. Ce fut une émotion immense dont le souvenir est toujours présent aujourd’hui. J’ai le sentiment que la prochaine édition sera exceptionnelle tant la qualité des skippers et des bateaux engagés s’annonce grande”.

Fiche technique / Gitana Eighty.
Architect : Farr Yacht Design (USA)
Chantier : Southern Ocean Marine (New Zealand)
Longueur: 18.28 m (60 foot)
Largeur : 5.80 m
Tirant d’eau : 4.50 m
Poids : 8.7 t
Hauteur du mât : 29 m
Surface de voilure maximum : 600 m2
Temps de construction : 26 500 heures

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Championnat du Monde des J80 : Envers et contre tous…

Championnat J80
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Maria Jose Torcida Seghers, l’homme du jour !
Depuis mardi dans l’ombre de son ami Ignacio Camino (Nextel Engineering), Maria Jose Torcida Seghers (ECC Viviendas) a placé aujourd’hui une accélération à laquelle nul n’a pu résister. Malgré un départ des plus catastrophique ce matin avec une disqualification, « due à une certaine nervosité » aux dires du principal intéressé, l’autre équipage de Santander s’est emparé de la tête du général à la faveur de
deux dernières manches irrésistibles qui font ce soir l’objet des commentaires les plus élogieux de la part de l’ensemble de la flotte. La journée de demain, avec  probablement une seule et dernière manche au programme, sera marqué du sceau de la tension entre les amis et partenaires d’entraînement du Real Club Maritimo de Santander, arrivés en France dans l’inconnu et en mesure ce soir d’envisager un sacre planétaire.

Une journée exceptionnelle
Exceptionnelle par ce contexte météorologique qui conjuguait harmonieusement ambiance estivale et idéales conditions véliques, cette 3ème journée de course a donné lieu à l’affrontement attendu entre les meilleurs spécialistes internationaux du J80, qui, dans leur empressement à venir bousculer la hiérarchique ibérique, ont surtout réussi à repousser loin des podiums les légitimes espoirs tricolores incarnés par Victor Lanier et ses hommes de l’Ecole Navale. Déstabilisés peut-être par cette disqualification inattendue infligée à leur encontre par le jury hier soir, suite à une réclamation de l’équipage espagnol ECC Viviendas, les marins du Poulmic avec à la barre le champion du Monde de Mumm 30 Loïc Berthet ont quelque peu perdu pied et basculé aux confins du Top 10. La palme du meilleur français pourrait demain revenir au Trinitain Sylvain Pélissier (Voilerie All Purpose), 7ème ce soir, pour la régularité de son oeuvre ou au pionnier de la Classe, le Pornichais Eric Brezellec (Gold Sailing Vaughan Avocats).

L’Allemand Muenker en embuscade
L’ordre du jour pour chaque prétendant aux accessits de ce Mondial consistait essentiellement à éviter la grosse contre-performance et à rester le plus régulier possible aux avant postes ; un motto que les spécialistes hexagonaux ont donc peiné à respecter, contrairement aux Texans de Fort Worth et leur champion du monde en titre de skipper, Glenn Darden auteur d’une victoire de manche et qui, 5ème du général peut encore rêver de podium. Plus consistant encore en haut des tableaux, le discret Allemand Ulrich Muenker  place son « Needles and Pins en mesure d’empocher le bronze,  au grand dam d’un Kevin Sproul (The Duke), grand perdant de la journée et qui voit un autre Britannique, Nick Cherry (Unlimited Sailing) s’approprier l’étendard de meilleur représentant de sa majesté.

Les Français au portillon du Top 10
A défaut désormais d’être en mesure de contester la superbe des Espagnols, les meilleurs spécialistes Français se bousculent au portillon des places d’honneur. Sylvain Pélissier (Voilerie All Purpose) surmonte une disqualification pour départ volé sous la règle du drapeau noir et préserve sa septième place aussi synonyme de meilleur Français.
Mais de Rémy Arnaud (APCC Voile Sportive), 9ème, à Jean Quéveau (Nantes Saint Nazaire), 14 petits points regroupent trois de nos ténors tricolores, Eric Brezellec, Patrick Bot (Ecole Navale) et l’infortuné Victor Lanier, 12ème ce soir après avoir longtemps fixé le curseur des ses ambitions sur la plus haute marche du podium.

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Chrono 650 : 2 nouveaux records

Yves Le Blevec Mini Pavois 2007
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Les auteurs de ces super chronos sont Yves Le Blévec, le skipper du prototype sur plans Lombard mis à l’eau il y a tout juste un an, Actual Intérim, et le Portugais Francisco Lobato, le skipper du Pogo 2 BPI. En 2 heures et 40 minutes, Le Blévec a amélioré de 12 minutes le record absolu (consacré tous les ans par le Trophée Alain Pointet). Un record qu’il avait établi l’an passé avec le même bateau. Dans la foulée, c’est le skipper d’un bateau de série qui a bouclé le tour de l’île de Groix en 3 heures et 13 minutes, soit six minutes de moins que le record datant de 2006 établi par Jean-Claude Guilloneau.

« J’étais le premier à partir ce matin » explique à Lorient Yves Le Blévec en observant le tableau des premiers résultats. « Pour le premier tour où j’ai mis 3h02 et j’ai enchaîné le 2e tour rapidement car le vent a forci en tournant légèrement au sud. J’ai tourné  dans l’autre sens cette fois-là car la stratégie c’est d’éviter le louvoyage au près. Mais je m’attendais à ce que le vent tourne un peu plus au sud afin de faire le deuxième tour à la bordée. Je suis parti avec Francisco, mais, dans ces conditions, les différences de vitesse entre les prototypes et les séries sont énormes. » Effectivement, Francisco aura mis 33 minutes de plus avec son bateau de série (mât plus court, quille fixe et plus courte elle aussi, carbone interdit). Mais le jeune Portugais établit quand même un nouveau temps de référence.

Vainqueur de la première étape et deuxième au général l’an passé de la course en solitaire des Sables d’Olonne aux Açores, Lobato est un des sérieux prétendants à la prochaine Transat 650. Il profite donc de sa présence à Lorient pour parfaire sa préparation sur son mini de série en vue de la transatlantique en solitaire. « Je suis aussi content parce que cela fait beaucoup de courses d’affilées après le National Pogo à Douarnenez que j’ai gagné. C’est une bonne saison. Samedi, j’aimerais profiter de la course pour comparer les vitesses en partant avec d’autres concurrents. Mais comme je n’ai fait qu’une manche aujourd’hui, il faudra que je fasse deux tours demain. »

Il reste en effet encore deux jours de course pour cumuler les 4 temps nécessaires pour figurer au classement final de la Chrono 650. Rien n’est donc encore joué. Et Yves possède à Lorient de sérieux concurrents, habitués à cette épreuve lorientaise. « Yann Riou , Seb Gladu et David Raison sont de sérieux concurrents cette année. Mais tous les bateaux de la nouvelle génération possèdent un écart de performance en vitesse moyenne sur toutes les allures par rapport à leurs bateaux. Cela confirme en tout cas que mon bateau, Actual, va bien. C’est un plaisir de naviguer avec ce bateau car il va bien à toutes les allures. Je suis content d’avoir battu le record mais comme dimanche il y a aura à nouveau du vent, il peut encore être battu ! »

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Main mise espagnole sur le mondial J80

Championnat J80
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Bonheur partagé
Ils faisaient plaisir à voir tous ces marins espagnols à l’arrivée de la 11ème et ultime manche de ce championnat du Monde-Toshiba de J80. La victoire de l’un de leurs nombreux chefs de file, Jose Maria Torcida Seghers, spécialiste du 49ers, sanctionne une approche rigoureuse et solidaire du J80 menée depuis 6 mois seulement à Santander par la toute jeune Classe Espagnole capable de réunir chaque week-end entre 25 et 30 J80 pour de longues séances d’entraînement. « Les conditions que nous rencontrons en Cantabrie sont très similaires à celles que nous avons trouvées ici » avoue humble et modeste le nouveau champion du Monde. « Notre victoire est vraiment celle d’un groupe de marins qui a voulu travailler ensemble pour progresser et atteindre un bon niveau international. » Et ce ne sont pas leurs adversaires de la semaine qui viendront les contredire ; Sylvain Pélissier (voilerie All Purpose), tout sourire lui aussi après son retour tonitruant à la 5ème place du général : « Ils ont travaillé d’arrache-pied et cela se voit. Ils ont démontré une fluidité dans les manœuvres et une capacité à la reprise de vitesses étonnantes. » Pélissier peut légitimement s’enorgueillir du titre de meilleur Français d’un Mondial que l’on croyait promis à un représentant de l’hexagone, tant le dynamisme et la compétitivité de la Classe France présidée par Ludovic Gilet sont internationalement reconnus. Las ! les Brézellec, Lanier, Nadal et autre Bot restent loin des accessits et outre Pélissier, seul Rémy Arnaud (Salsa APPCC Voile) entre dans le Top Ten.

Un classement cosmopolite à souhait
Les espagnols placent donc 3 voiliers dans les 10 premiers. Mais la composante internationale de ce mondial éclate aussi avec la présence aux places d’honneur non seulement de l’Allemand Muenker (3ème), mais des favoris Américains (Glenn Darden, 6ème), Britanniques (Kevin Sproul, 7ème ou Nick Cherry 9ème), et même italien, avec le discret et régulier Mauricio Santa Cruz (8ème). Le niveau élevé de ce Mondial très couru (124 engagés) a particulièrement éclaté lors de deux dernières journées qui voyaient les meilleurs équipages régater entre eux au sein du « rond Or » (60 meilleurs classés après 6 manches). Les risques de contre-performances augmentant, les courses se sont faites plus nerveuses et dans le vent soutenu qui a toute la semaine balayé la baie de Quiberon, le spectacle a souvent frôlé le grandiose, notamment lors des phases de glisse au portant et dans le fort clapot, sous la traction de l’immense spi du J80 capable d’entraîner le petit monotype à des pointes de vitesse supérieure à 18 nœuds… Unanimement louée par les 500 marins en lice, la qualité du Comité de course présidée par Christophe Gaumont et le savoir faire de la Société Nautique de la Trinité, capable de gérer inscriptions et résultats des flottes les plus imposantes, ont contribué à la validation sans conteste d’un « gros » championnat du Monde avec 11 manches disputées. Le J80 en pleine expansion internationale sort plus grandi que jamais de cet affrontement amical entre professionnels et amateurs venus de 9 nations.

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A 500 milles du cap Finisterre …

Appart City
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La voile est une discipline où il faut raison garder, même quand les éléments ne correspondent pas aux situations prévues par la météo ! Et dans le cas de cette deuxième étape entre Madère et Les Sables d’Olonne, il va falloir préserver ses nerfs car les bouleversements du classement semblent bien être au programme… Car pour l’instant, ce sont les « Portugais », ceux qui ont choisi de se recaler vers les côtes ibériques qui ont pris l’ascendant au classement : en faisant route au 70° (Est-Nord Est), ils gagnent peu vers le Nord mais contournent la zone de vents faibles qui s’est établie au large des Açores. Cela leur permet certes de progresser à plus de sept nœuds, mais cela les éloigne de plus en plus du groupe des « Açoriens »…

Moins vite, mais plus direct
Car le danger semble bien venir de leur gauche, de leur Nord-Ouest où certains Class’40 n’ont pas hésité à manger leur pain noir en allant titiller l’anticyclone : leurs vitesses ont sensiblement baissé ce samedi matin, mais en cet après-midi, ils bénéficient d’un flux qui semble se stabiliser au secteur Nord-Ouest. Dans une brise inférieure à douze nœuds mais qui permet de faire un cap au dessus de la pointe Finisterre… Si ces voiliers arrivent à se maintenir dans cette veine de vent toute la nuit prochaine, ils vont normalement sortir plus vite de cette zone tampon pendant que leurs concurrents plus à l’Est, vont continuer à tirer des bords dans un alizé qui devrait se renforcer…

« On s’est dit qu’on avait pas grand-chose à perdre en faisant une route différente : nous sommes montés au Nord, au dessus de la flotte. On espère que le vent ne sera pas trop mou… mais actuellement, ce n’est pas la panacée ! Le vent oscille beaucoup entre le Nord-Ouest et le Nord et entre 5 et 8 nœuds… On essaye de grimper au dessus de la route et je crois que nous avons passé la dorsale. En tous cas, le baromètre ne bouge pas beaucoup ! », indiquait Cécile Poujol (Merci les amis !), leader des partisans de la route Ouest açorienne… Ce que confirme Jean-Christophe Caso (Jardin Bio-Prévoir) à quelques milles dans son sillage : « On s’est enfoncé dans le refus (vent tournant vers le Nord-Ouest) et on a viré dans la nuit. On est allé chercher du vent plus favorable à l’Ouest, un peu moins fort mais plus direct vers le cap Finisterre : nous avons dix nœuds de vent de Nord à Nord-Ouest et nous faisons une route au 40° sur l’Espagne. Mais ça devrait pas mal mollir dans les heures à venir à cause de l’anticyclone qui se décale vers nous… L’idée est de faire le tour de la paroisse ! »   

Plus de brise mais moins de cap
De leur côté, les leaders au classement ont opté pour une route plus conservatrice, mais surtout pour une confrontation à vue qui leur permet de s’étalonner en permanence pour valider leurs réglages. Une tactique qui paye car elle incite à l’émulation, mais une stratégie à risque si les « Nordistes » arrivent à s’extirper de la bulle anticyclonique… « Le vent change sans arrêt en force et en direction et il faut tout le temps s’adapter… On a du mal à faire avancer les bateaux ! On attend impatiemment une stabilisation de la brise pour les prochaines heures… L’intérêt d’être à plusieurs Class’40 au contact, c’est de voir tout de suite lorsqu’on a du mal à avancer ! », analysait Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais).
 
Mais encore faut-il que le vent s’oriente plus favorablement la nuit prochaine car autrement, le décalage en latitude va devenir conséquent ! « Nous avons du vent de Nord à Nord-Est de quatorze nœuds sur une mer plutôt plate. Nous sommes encore au contact avec Destination Calais et Choice Hôtels : nous nous sommes bagarrés toute la journée de vendredi et toute la nuit dernière. Le vent s’est stabilisé un peu et tourne favorablement vers le Nord-Ouest : je mise pour qu’on puisse passer presque à la volée le cap Finisterre avec un front à négocier. Mais peut-être que nous sommes un peu trop dans l’Est par rapport au groupe plus proche des Açores… », s’inquiétait quant à lui, Yvan Noblet (Appart City) ce samedi midi.

La sanction à l’entrée du golfe
Les prévisions météorologiques sont en effet à double tranchant ! Plus les équipages se rapprocheront du Portugal, plus les alizés seront forts (20-25 nœuds) mais orientés au Nord, donc pile sur l’axe de la route directe. A contrario, plus les voiliers seront décalés vers les Açores, plus le vent sera faible (8-12 nœuds) mais plus il viendra du Nord-Est, donc permettant de faire un cap direct plein Nord… A plus long terme, les Class’40 qui arriveront à déborder largement le cap Finisterre pour piquer au milieu du golfe de Gascogne seront mieux positionnés pour le sprint final, que ceux qui vont raser les falaises ibériques en peinant face à des vents forts et contraires… Il faut donc s’attendre à une succession de virements de bord dans les heures qui viennent au gré des bascules de la brise, et probablement à des routes qui se croisent lorsque les navigateurs auront en main les classements du jour et le positionnement de leurs concurrents. Appliquer une adaptation tactique sur un plan stratégique est tout la difficulté de cette remontée qui s’annonce laborieuse et fatigante, tant pour le matériel que pour les équipages… Un vrai tricotage !

A noter que Cariberia est reparti de la marina de Quinta do Lorde ce samedi à 10h30 après avoir réparé provisoirement son étai cassé : Stephen Card et Maxime Pachot concèdent plus de 200 milles aux leaders mais bénéficient d’une belle brise de Nord qui leur permet de faire route vers le cap Saint Vincent.

Classement du samedi 7 juillet à 16h00
1- Yvan Noblet (Appart City) à 865 milles de l’arrivée
2- Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) à 2,4 milles du leader
3- Jean-Edouard Criquioche (Choice Hôtels) à 3,5 milles du leader
4- Jean-Pierre Amblard (Azawakh III) à 3,6 milles du leader
5- Cécile Poujol (Merci les amis !) à 35 milles du leader
6- Lionel Regnier (Groupe Séfico) à 42 milles du leader
7- Benoît Parnaudeau (Jardin Bio-Prévoir) à 44 milles du leader
8- Alexis Guillaume (Méréna) à 67 milles du leader
9- Stephen Card (Cariberia) à 204 milles du leader

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Tahiti en tête du Tour…

Tour de France a la voile
DR

Erwan Israël, navigateur sur Toulon Provence Méditerranée – COYCHyères fait le récit de cette course : « on a pris un super départ, ce qui nous a permis de tirer nos bords librement au passage du Raz Blanchard. Cela dit, on s’est pas mal tiré la bourre avec Nouvelle Calédonie et Tahiti et ses Iles. On a quand même bien pu se concentrer sur la vitesse, et on a toujours été un peu plus vifs que les autres sur les changements de voiles, c’est ce qui a fait la différence ». Pas question de relâcher la cadence : « c’est la deuxième étape que l’on termine en première position. Mais pour l’instant, il faut simplement prendre les courses au jour le jour, on comptera les points à Marseille… ».

Une minute vingt-sept secondes seulement derrière les Hyèrois, Nouvelle Calédonie s’est battu jusqu’au bout, comme le raconte le navigateur Dominic Vittet : « on a essayé de rattaquer dans le chenal de Paimpol, sans succès. Tous les favoris sont devant, c’est dommage, on aurait bien aimé creuser l’écart sur les premiers ! » Sur une longue manche de ralliement comme celle-ci, le départ est déterminant puisqu’il y a beaucoup de ligne droite, ce qui ne laisse que peu d’options. Le bateau néo-calédonien, barré par Bruno Jourdren, parvient tout de même à finir 55 secondes devant Tahiti et ses Iles.

Pas de déception cependant chez les Tahitiens : « c’était très serré, on s’est pas mal bataillé ». Mais surtout une belle récompense au classement général, puisqu’au terme de la septième manche de la course, « on récupère le Spi Rouge Tetra Pak » ! Deux places d’avance, c’est tout ce qu’il fallait pour déloger Ile de France (Victor Lanier, Nicolas Pauchet) du haut du podium. Au classement amateur, Ville du Port – Région la Réunion (Marc Guessard, Gabriel Jean-Albert) prend la tête, devant Bred (Sylvain Chtounder) et Saint-Malo Purflo Team SNBSM (Pierre Hingant, François Lebourdais). Chez les étudiants, Caisse d’Epargne – HEC – Ecole Navale (Hervé Gautier) garde le flambeau, avec quatre places d’avance sur Les Saisies – INSA (Sylvain Leboeuf) et onze sur Brest – Grandes Ecoles ENSIETA ESC (Loïc Le Garrec).

Les équipages, heureux d’avoir pu reprendre la mer avec un vent clément et le soleil, embarqueront demain leurs partenaires pour une régate à coefficient zéro devant le port de Paimpol – Côtes d’Armor. Il prendront ensuite le large pour 120 milles de ralliement en direction l’Ecole Navale – Port Poulmic !

Leader du Classement Général  : Tahiti et ses Iles (Teva Plichart)
Leader du Classement Amateur : Ville du Port – Région Réunion (Gabriel Jean-Albert / Marc Guessard)
Leader du Classement Etudiant : Caisse d’Epargne – HEC – Ecole Navale (Hervé Gautier)

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Interview d’Ernesto Bertarelli, Président du syndicat Alinghi, vainqueur de la 32e America’s Cup

Ernesto Bertarelli
DR

Qu’est ce qui fait le succès et la magie de l’America’s Cup selon vous ?
 “L’America’s Cup est le plus vieux trophée sportif au monde. Il réunit le travail d’équipe, la technologie et le caractère imprévisible des éléments tels que le vent et la mer. Pour moi, c’est ça la clef du succès.”
 
Quelles étaient les raisons du changement de format de la 32e America’s Cup ?
“Avec ce nouveau format, nous essayons de faire vivre les équipes entre chaque édition. Nous voulions faire en sorte que tout le monde puisse participer, pas seulement en termes de capacité à naviguer, mais aussi parce que nous voulions continuer de communiquer et de transmettre la passion que nous avons pour ce sport. Nous voulions pouvoir voyager et montrer à un maximum de personnes à quel point la voile est un sport merveilleux.”
 
En quoi les Actes ont-ils été un succès ?
 “Les Actes ont beaucoup contribué au succès de la 32e America’s Cup. C’était une façon de promouvoir l’événement et d’emmener la Coupe à travers l’Europe, mais c’était aussi le moyen d’élever le niveau des équipes et d’atteindre le degré de compétition que nous avons eu pour le Match. Je ne pense pas qu’Alinghi et Emirates Team New Zealand auraient été si proches si nous n’avions pas participé aux Actes et affronté les autres équipes. C’est pour cela que nous avons assisté à une telle bataille jusqu’à la fin.”
 
Pourquoi aviez-vous choisi Valencia comme ville d’accueil ?
 “Valencia a également beaucoup contribué au succès de cette édition de l’America’s Cup. Ils ont mis en avant le meilleur de l’Espagne en partageant une remarquable conception du sport. Ils nous ont offert un site fantastique, avec de très belles infrastructures mais aussi un parcours passionnant. Les Espagnols sont tombés amoureux de ce sport et ils nous ont toujours manifesté leur soutien.”
 
Que pensez-vous de la transformation de Valencia depuis 2003 ?
 “La première fois que nous sommes venus ici, nous avons vu un caillou sombre et sans forme. Au fil des années, ce caillou a été poli et nous avons découvert un véritable joyau qui n’a cessé de brillé pendant le Match final.”
 
A quel moment avez-vous réalisé qu’Alinghi était en avance sur les challengers ?
“D’une certaine manière, l’Act 13 nous a un peu trompé. C’est vrai que nous avions dominé l’événement avec SUI91 et nous savions que SUI100 était plus rapide que SUI91. A partir de là, nous avons pris confiance et nous avons logiquement été très surpris de voir à quel point Emirates Team New Zealand était rapide et compétitif pendant le Match. Il nous a fallu plusieurs manches pour donner le meilleur de nous-mêmes sur le plan d’eau et gagner.”
 
Que pensez-vous du niveau des challengers de la Louis Vuitton Cup par rapport à la dernière fois ?
“Les challengers étaient beaucoup plus forts que la dernière fois. Les scores n’ont pas forcément reflété ce niveau parce que de bonnes équipes ont été éliminées de la compétition après les Round Robins. Je pense notamment à Mascalzone Latino-Capitalia Team, qui a sans doute encore aujourd’hui un des bateaux les plus rapides de la flotte. Ils n’ont pas réussi à atteindre les demi-finales. Je pense que les gens ont été surpris de constater la difficulté du parcours pendant les demi-finales, et donc à quel point il était difficile pour une équipe de gagner, de protéger son avance, ou de doubler l’autre concurrent. Cela a prouvé plus tard dans le Match que pour gagner, il ne fallait pas seulement avoir un bateau rapide, il fallait aussi une excellente tactique.”
 
Certains résultats de la Louis Vuitton Cup vous ont-ils surpris ?
“J’ai été agréablement surpris des résultats de l’équipe espagnole. Ils ont mené une campagne très réussie. D’après moi, ils ont atteint tous leurs objectifs et ils formeront une équipe très forte la prochaine fois. Les trois grandes équipes étaient au rendez-vous et se sont bien battues. Une des rencontres phares fut celle entre Luna Rossa Challenge et BMW ORACLE Racing, qui en dehors du résultat, a vraiment prouvé à quel point il peut être difficile de régater à Valencia.”
 
Est-ce plus difficile d’être Defender ou Challenger ?
“Je pense qu’il est plus difficile d’être Defender. Si vous perdez le Match en tant que Defender, vous n’avez plus rien, vous perdez tout.”
 
Est-ce qu’une défense réussie est plus satisfaisante qu’une victoire en tant que Challenger ?
“Oui je pense que défendre l’America’s Cup ici en Europe fut une expérience plus satisfaisante que la victoire la dernière fois. Peut-être parce que c’est plus frais dans mon esprit, mais aussi parce que nous avons eu plus de mal à gagner cette fois-ci.”
 
En quoi pouvez-vous comparez les victoires de 2003 et 2007 ?
“La victoire en 2003 était un conte de fées : tout s’est bien passé pour nous. La route pour gagner l’America’s Cup fut vraiment sans encombre. C’était presque un rêve qui devenait réalité. Cette fois, nous avons du nous battre pour décrocher la victoire. C’était très difficile et pendant quatre ans, tout le monde dans l’équipe a du fournir beaucoup d’efforts et faire preuve d’une grande concentration.”
 
Comment jugez-vous les performances d’Alinghi ?
“Je pense que la performance d’Alinghi est impressionnante, notamment lorsque l’équipe a été menée 2-1 et a réussi à rester en course. Je crois vraiment que nous avions le bateau le plus rapide. La marge était même assez importante. Sans doute plus importante que certains le pensent. Nous avons du gérer le plan d’eau et vaincre un Emirates Team New Zealand très coriace.”
 
Quel est votre meilleur souvenir de la 32e America’s Cup ?
“C’est un peu tôt pour le dire, mais chaque manche de l’America’s Cup fut vraiment unique. Peut-être que mon meilleur souvenir est le moment où j’ai su que nous avions de sérieuses chances de gagner, après la troisième manche. Nous avons perdu cette manche, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai eu un pressentiment plus fort que d’habitude et j’ai su que nous pourrions de nouveau gagner la Coupe.”
 
En quoi Alinghi est-il différent des autres équipes selon vous ?
“Pour le savoir, il faut vivre l’expérience Alinghi en personne. C’est une équipe fondée sur la diversité de ses membres, sur les différentes compétences de ses départements, sur ses techniciens, ses ingénieurs et ses marins. C’est un ensemble d’individus dotés de valeurs très fortes et qui partagent tous la même passion pour ce sport et qui ont une vision commune de ce qu’il doit devenir.”
 
Si Valencia est retenue pour accueillir de nouveau l’événement, comment la Formule 1 et l’America’s Cup vont-elles pouvoir travailler ensemble ?
“Ce sont des disciplines très comparables, à plusieurs égards. Elles sont toutes les deux très techniques. Nous utilisons le vent et ils utilisent de l’essence, donc de ce point de vue là, il y a des différences. Mais dans ces deux sports, la réussite est le fruit d’une alliance entre l’expertise et les compétences de plusieurs personnes. Je pense que ce sont des sports qui peuvent parfaitement fonctionner ensemble.”
 
Comment va se dérouler le processus de sélection de la ville d’accueil ?
“Le processus de sélection de la ville d’accueil a été lancé et nous étudions minutieusement toutes les options possibles. Nous choisirons l’endroit qui garantira le meilleur événement possible pour la prochaine édition.”
 
Que réserve l’avenir à Alinghi ?
“L’avenir est prometteur pour Alinghi. Nous avons gagné l’America’s Cup. Nous ne pouvons rien souhaiter de mieux pour une équipe. Le team est très soudé, très solide et nous avons de l’avenir. C’est une certitude.”

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