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C’est reparti !

Départ Figaro
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Il aura fallu s’y reprendre à trois fois pour lâcher la meute ! Dans un premier temps, un souffle d’ouest permettait au Comité de course de La Solitaire Afflelou Le Figaro de donner un premier départ à 15h ce samedi après-midi, en rade de Brest, avant que la flotte ne soit rapidement neutralisée, suite à un changement de parcours non compris d’un grand nombre de concurrents. De 15h à 17h 30, la flotte a donc passé hors course le goulet de Brest, dans de petits airs et du courant déjà exigeants aux réglages et à la barre. Le spectacle était malgré tout au rendez-vous entre la pointe de l’Armorique – cette Armorique que l’on quitte – et la pointe des Espagnols, ibères amis chez qui l’on va toujours. Mais c’est finalement dans l’anse de Berthaume, à la sortie du goulet de Brest, que la flotte pouvait de nouveau être regroupée vers 17h30.

A 17h50, un deuxième départ était lancé… mais finalement annulé lui aussi par un rappel général ! Ce n’est donc qu’au troisième essai, donné sous le menaçant pavillon Z (deux heures de pénalité sans instruction) que la flotte était enfin lâchée à 18h10, dans un flux d’ouest-sud-ouest d’une dizaine de nœuds. Bon départ, cette fois pour toute la flotte, à l’exception du malheureux leader du classement bizuths Vincent Biarnes (Côtes d’Armor), rappel individuel, lequel part donc avec un lourd handicap.

A 18h45, la bouée au vent Radio France n’était toujours pas franchie. Au ras des cailloux, le spectacle était déjà somptueux dans une lumière rasante, avec une bagarre au près à gauche entre Michel Desjoyeaux (Foncia) et Pietro D’Ali (Kappa) et à droite entre Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole), Robert Nagy (Theolia), Fred Duthil (Distinxion) et Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs). Après cette bouée Radio France, la prochaine marque à respecter ensuite sera la bouée BXA, dans l’estuaire de la Gironde, où sera jugé le Grand Prix Suzuki. Car on sait depuis ce matin que pour voguer de Finistère en Finisterre on n’ira finalement pas escalader l’irlandais Fastnet, où le passage d’une importante dépression annonce des vents de 50 nœuds et des creux de 5 à 6 mètres. Trop. Le directeur de course Jacques Caraës n’a d’ailleurs enregistré aucune plainte des skippers suite à cette modification du parcours. Il faut dire que là-haut, même les Anglais diffèrent le départ la Fastnet Race – pourtant en équipage – pour les mêmes raisons. «La voile, ce n’est pas les jeux du cirque », a expliqué Jacques Caräes. « C’est une sage décision », a répondu le bizuth Nicolas Lunven (Bostik), résumant un sentiment largement majoritaire au sein de la flotte.

560 milles pour les costauds

C’est donc pour une étape de 560 milles que s’élancent finalement ce soir dans la jolie lumière du soleil rasant les marins de La Solitaire, qui sont désormais dans le vif du sujet et tentent de progresser au mieux vers cette fameuse bouée BXA. Côté météo, cette marque de l’estuaire de la Gironde pourrait d’ailleurs fort bien marquer une frontière entre deux portions de courses très différentes qu’on peut résumer ainsi : petits airs jusqu’à la Gironde, mais vent soutenu et mer formée ensuite. On annonce ainsi sur les 300 derniers milles du parcours du vent de sud-ouest de 35 nœuds qui obligera à louvoyer vers La Corogne, sur un terrain de jeu – le golfe de Gascogne – pas franchement réputé pour son hospitalité dans ces conditions. Saute-mouton au programme « pour les costauds du bûcheronnage » comme dit Thierry Chabagny (Brossard). « C’est un autre exercice que celui qui était prévu » confirme Jeanne Grégoire (Banque Populaire) qui résume à sa façon ce qui attend les marins : « la première partie jusqu’à BXA est typique d’une étape de La Solitaire dans le petit temps : de la pétole, du plein vent arrière, tout ce qu’on aime ! Après, ce sera baston au près jusqu’à la Corogne ».

Baston au louvoyage. Autrement dit stratégie et tactique dans des conditions inconfortables. Possibilité de donner un grand coup de pied dans la fourmilière du classement général. A condition de faire la meilleure trajectoire et d’être parmi les costauds qui tiendront le choc. Qui iront vite et au bon endroit. Car il ne faut pas s’y tromper : si cette troisième manche affiche 200 milles de moins qu’initialement prévu, elle est tout sauf une étape au rabais. Même amputée de 200 milles, elle reste de très loin la plus longue manche de cette édition 2007 et conserve intacte sa réputation de juge de paix d’un classement général où les sept premiers tiennent en une heure et où deux heures suffisent à loger la moitié de la flotte. On n’en est pas encore là. Pour l’instant, la flotte se débat aux abords de la Presqu’île de Crozon, où l’on distingue presque les accords lointains émanant du très réussi Festival du Bout du Monde. Sur l’eau c’est une toute autre musique qui se trame sous des crânes fatalement échaudés par ce départ mouvementé. Une petite ritournelle lancinante qui fait : ne rien lâcher-aller vite-au bon endroit-ne rien lâcher… Le jeu est grand ouvert et tout pourrait bien se jouer entre ce soir et mercredi, quand les premiers pourront enfin tutoyer les abords du Cap Finisterre.

Les échos des pontons, juste avant le départ

Fred Duthil (Distinxion, leader au général) : « Il faut s’adapter et je pense que c’est une décision sage de ne pas envoyer tout le monde dans la grosse baston. De toute façon, on va quand même se faire 560 milles de course dans du vent assez fort. Simplement il va falloir réétudier rapidement ce nouveau parcours et se remettre très vite à la table à carte … »

Michel Desjoyeaux (Foncia, 2e) : « Entre le Raz de Sein et la bouée BXA, la route directe passe à 80 milles dans l’ouest de Belle-île, donc ce ne sera pas vraiment du côtier jusqu’à l’estuaire de la Gironde. D’un point de vue technique et stratégique, on a presque quelque chose de plus intéressant qu’en allant au Fastnet, puisque de BSA à La Corogne on va avoir du louvoyage, ce qui est très différent tout de même d’un tout droit sous spi comme cela aurait pu être le cas en redescendant du Fastnet.»

Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs, 3e) : « Pour moi, la difficulté était l’atterrissage à la Corogne, or, on va faire cette arrivée à peu près au même moment que si nous étions allés au Fastnet. On va quand même prendre cher au niveau de l’Espagne. Au Cap Finisterre, la pointe espagnole, avec ce genre d’orientation du vent, ça ne fait que s’accélérer et lever une mer forte. Il faut s’attendre à ce que ce soit dur. »

Thierry Chabagny (Brossard, 4e) : « De la baston, on va en prendre quand même. Car si jusqu’à BXA ce sont plutôt de petits airs, ensuite ce sera plein la face jusqu’à La Corogne, du bûcheronnage avec deux ris dans la grand voile, à se battre contre la mer. Le Cap Ortegal dans 35 nœuds, déjà au portant ce n’est pas très confortable. Alors au près… »

Gildas Morvan (Cercle Vert, 8e) : « Cette étape sera moins extrême que ce qui nous attendait en allant au Fastnet, mais il y aura quand même de quoi jouer pour les gros bras. Il peut y avoir des écarts à l’arrivée. Le fait d’arriver en Espagne est une motivation supplémentaire parce que j’y ai déjà gagné deux étapes, dont une l’année dernière à Santander. Peut-être que le dicton « jamais deux dans trois » prendra sens pour moi dans quelques jours… »

Jeanne Grégoire (Banque Populaire, 14e) : « Je pense que ce changement de programme est tout à fait raisonnable. Jamais on a eu un directeur de course (Jacques Caraës) avec autant d’expérience. Il sait très bien où il nous envoie et ce qu’il faut faire pour que ça colle pour la moyenne des 50 coureurs, c’est ça qui est important. »

Laurent Pellecuer (Cliptol Sport, 16e) : « Je suis un peu déçu car je m’étais préparé à faire cette grande guerre. Or, là, on aura une petite guerre au fond du golfe au lieu d’avoir une grande guerre au large. C’est sur que ce sera une étape difficile, mais pas avec le même jeu. Il reste encore du travail, mais ce n’est plus exactement la même mayonnaise. Et moi, avec mon heure et demie de retard au classement, j’aurais bien voulu avoir une très longue course avec un plus fort potentiel d’écarts à l’arrivée. »

Christophe Lebas (Lola la Piscine Assemblée, 29e) : « J’aime mieux qu’on fasse ça plutôt qu’ils neutralisent la course en vrac là haut. Les conditions de mer là haut n’auraient pas été top. Et avec la grosse mer dans le nez pour redescendre, il y’avait potentiellement de quoi casser du matériel. J’aime mieux qu’on fasse ça plutôt que risquer de ne pas valider la course. Au moins là, on va régater.»

Nigel King (Nigel King Yachting, 38e) : “C’était un dilemme pour l’organisation. La décision a dû être difficile à prendre, mais c’était la bonne. Je ne suis pas certain que les conditions seront favorables pour moi car je n’ai pas d’expérience, sur les Figaro Bénéteau, de navigation dans de telles conditions.»

Didier Bouillard (MEDevent) déclare forfait pour la 3e étape

Didier Bouillard a annoncé ce matin à la Direction de course qu’il ne prendrait pas le départ de la 3e étape. Il a néanmoins l’intention de rejoindre la Corogne directement, en convoyage, pour retrouver la flotte au départ de la quatrième et dernière étape. Pour sa première participation, le skipper de MEDevent ne souhaitait pas prendre de risques alors que des vents forts et contraires sont annoncés en deuxième partie de parcours. Il sera donc classé DNC (did not compete) et écopera du temps du dernier concurrent plus 6 heures de pénalité.

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Leroy Championne du Monde !

Claire Leroy et l´équipage du Team Ideactor
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Menée 2-1, vendredi soir, en demi-finale par la Danoise Lotte Meldgaard Pedersen. il restait deux matchs à Claire Leroy, hier samedi, pour tenter de se qualifier pour la finale. " Le premier duel a été acharné. On a vraiment sorti nos trippes pour le gagner : on part derrière, on lui colle une pénalité mais elle repasse devant et annule sa pénalité avant qu’on lui en remette une. En somme, ça n’a pas arrêté, il a vraiment fallu aller le chercher ce point. Mais une fois acquis, dans notre tête, tout a basculé et lors du dernier match, on est parti devant et on l’est resté " a commenté Claire Leroy. Elle le savait, la Danoise, numéro deux mondiale, serait son adversaire la plus dure à battre cette semaine. Pour preuve, les matchs contre l’Australienne Katie Spithill (numéro 6 mondiale) – soeur du barreur du Défi Italien sur la Coupe America, présente sur le circuit mondial depuis 1999 – en finale ont été nettement moins accrochés. " Les matchs ne se sont pas joués au contact comme ça a pu l’être face à Lotte. Néanmoins, ça a été serré. Nous avons remporté le premier match, elle a gagné le second grâce notamment à un excellent départ puis nous nous sommes adjugées le dernier. Nous avons bien manoeuvré et su rester sereines même quand le Comité de Course a réduit " a expliqué la numéro un mondiale. En effet, comme l’impose le réglement, aucun départ n’a pu être donné après 19h30. Résultat, la finale s’est jouée en deux matchs gagnants. " C’était un peu plus dur psychologiquement, n’empêche, on a remporté le titre et on s’est éclaté, vraiment éclaté ! " a poursuivit Claire. Vainqueur de la Nations Cup, numéro un mondial depuis mai 2005 et maintenant championne du Monde, la sociétaire du Sport Nautique Club de Saint-Quay-Portrieux ne cachait pas son émotion hier : " Ce mondial, c’était l’une des trois régates à objectif de l’année, la deuxième après Calpe que l’on a également remporté. Gagner à la maison, devant notre entourage, c’était vraiment intense ! "

Perrine Vangilve

Classement : 1. Claire Leroy (France); 2. Katie Spithill (Australie); 3. Lotte Meldgaard Pedersen (Danemark); 4. Josie Gibson (Grande-Bretagne); 5. Klaartje Zuiderbaan (Pays-Bas); 6. Christelle Philippe (France); 7. Silke Hahlbrock (Allemagne); 8. Jessica Smyth (Nouvelle-Zélande); 9. Jenny Axhede (Suède); 10. Nicky Souter (Australie); 11. Gemma Farrel (Grande-Bretagne); 12. Sandy Hayes (USA).

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La voile en rase moth

Moth à foils
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Pour comprendre le Moth, il faut d’abord revenir en arrière. A ses origines. Il est apparu en Australie en 1928. Huit ans plus tard sur les plans d’eau français. Ensuite, c’est surtout le Moth Europe qui a permis à de nombreux régatiers de se distinguer. "Mais le Moth, c’est surtout une jauge à l’intérieure de laquelle, on peut faire ce qu’on veut : à condition de respecter la longueur maxi de 11 pieds (3,35 m), la largeur de 2,25 m, la surface de voile de 8 m² maxi, la hauteur de mât (6,25 m) et l’obligation d’avoir deux caissons indépendants et étanches. Du coup, le bateau est en constante évolution", explique Nicolas Bessec, président de l’IMCA, association française de Moth à foils.

8-10 nœuds
pour décoller

Grâce à cette jauge à restrictions mais ouverte aux développements, ces petits dériveurs n’ont cessé d’évoluer au fil des ans. Jusqu’à devenir au début des années 2000, des bateaux volants : coque et ailes en carbone, voile à cambers, foil sur le safran pour éviter l’enfournement. Aussi rapide et impressionnant sur l’eau qu’instable sans l’aide d’Eole, le Moth à foils possède une coque étroite (30 cm de large). Avec un poids total de 30-35 kg (soit deux à trois fois plus léger que le barreur), ce bateau ressemble à une libellule qui a juste besoin de 8-10 nœuds de vent pour déjauger. "Il y a une vingtaine de pratiquants en France. En Bretagne, le développement se fait par le biais de Breizh Skiff. Notre but est de faire connaître le Moth à foils dont la fabrication se limite à cinq ou six unités construites dans des garages", ajoute Nicolas Bessec qui, depuis un an et demi, n’hésite pas à aller se frotter aux meilleurs spécialistes sur le circuit mondial.

"Il faut de la
persévérance"

Hier, ce Malouin de 25 ans, titulaire d’un MAI (Master Achat International), a fait la promotion de son bateau préféré en baie de Morlaix. Aujourd’hui, il sera au Moulin-Blanc à Brest. Où un certain Eric Drouglazet, actuellement en escale sur la Solitaire Afflelou – Le Figaro, viendra peut-être admirer son show : "Sébastien Josse, qui en avait essayé un à Melbourne pendant la Volvo Ocean Race, m’en avait ramené un : c’est le Moth du vice-champion du monde", explique le Névezien. On ne serait pas non plus surpris que le Forestois Michel Desjoyeaux vienne poser son regard de technicien sur le "petit-frère de l’Hydroptère", capable de pointes de vitesse à plus de 25 nœuds. "Si la conduite du Moth à foils est facile ? Oui, à condition d’avoir le sens de l’équilibre, d’avoir déjà touché au dériveur, de faire preuve de persévérance, avoue Bessec. Il faut un peu de pratique et un bon professeur. Mais franchement, on y arrive".

Philippe Eliès / Le Télégramme

Le "Sphynx Colibri" made in Plougasnou

Ils sont deux architectes, aiment ce qui va vite sur et surtout au-dessus de l’eau et ne rêvent que d’une chose : construire un prototype dans le but de produire ensuite des Moth à foils en série. Le Morlaisien Tristan Pouliquen et le Pornichetain Olivier Gouard ont déjà commencé la construction du "Sphynx Colibri" (ndlr : petit papillon diurne dont le vol est vif et rapide) dans un chantier à Plougasnou. "On a vraiment envie d’implanter ce type de bateau ici en France".
Le premier proto pourrait être mis à l’eau en octobre prochain, "le but étant, bien sûr, d’en produire d’autres derrière". Le prix de ce Moth à foils oscille entre 11.000 et 13.000 euros.

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Le Challenge Espoir cherche un nouveau partenaire

Challenge Espoirs
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Depuis le début des années 90, cette filière de détection unique en France s’est forgée une solide réputation. Elle a notamment révélé Franck Cammas, Sébastien Josse, Yann Elies ou Armel Le Cléac’h. Tous skippers de haut vol aujourd’hui, ils sont unanimes pour saluer le coup de pouce exceptionnel donné par ce statut. « Remporter le Challenge Espoir Crédit Agricole m’a permis de débuter ma vie de skipper professionnel, de mettre le pied à l’étrier » explique Franck Cammas, vainqueur en 1994 alors que Yann Elies se rappelle toujours de ce « moment inoubliable » où il est passé « du rêve à la réalité » en franchissant la ligne d’arrivée avec quelques secondes d’avance sur son concurrent direct. Christopher Pratt, skipper Espoir Crédit Agricole en titre, voit dans le challenge une « entrée dans le monde du solitaire qui n’est pas accessible sans ça ». Il a pour sa part quitté Marseille à quatre reprises pour venir tenter sa chance à Port La Forêt. Comme ses prédécesseurs, Christopher s’est rapidement illustré en terminant 1er bizuth de l’édition 2006 de la Solitaire. Tout aussi représentatif du niveau relevé de la sélection, la majorité des finalistes du cru 2005 est inscrite sur la Solitaire cette année ce qui est déjà un signe de réussite pour des régatiers de 25 ans. Pour le directeur du Pôle France, Christian Le Pape : « le Challenge Espoir est un travail de fond qui permet le renouvellement, c’est la pépinière où l’on cultive les jeunes pousses. Si on ne le fait pas, il n’y aura plus de filière d’avenir. » Car après avoir parrainé dix marins depuis 1993 et participé à 14 solitaires – un record -, le sponsor historique, le Crédit Agricole du Finistère, tourne la page. « L’ensemble du projet dépasse maintenant le Finistère, il est devenu disproportionné par rapport à ce que nous avons lancé » explique d’une voix émue, Anne Queguiner, responsable des partenariats pour le Crédit Agricole du Finistère. « En 14 ans de collaboration avec le Pôle, le partenariat n’a pas failli un seul instant, c’était une aventure merveilleuse et nous avons eu la chance de tomber sur des gens extraordinaires. » Pour sa part, Christian Le Pape parle « d’années fantastiques. Le Crédit Agricole a beaucoup apporté au développement de cette filière ». Au sein de l’équipe de Port La Forêt, personne n’envisage d’arrêter cette détection qui a survécu au changement de bateau et à la professionnalisation du sport. A ce jour, la prospection continue afin de trouver la société qui associera son image à la révélation de talents et, indirectement, à l’avenir de la course au large.

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Un gros morceau !

Figaro
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Sur le port de plaisance du Moulin Blanc, des enfants en combinaisons noires hauts comme trois pommes gréent des Optimists en plissant des yeux sous le soleil. Ils rêvent qu’un jour ils feront « comme Gildas » (Mahé, Le Comptoir Immobilier), 5e au général et vedette du cru. Qu’ils seront eux aussi un jour au départ de cette Solitaire de dingos et y goûteront la même réussite. Dans Le Figaro – le journal – du jour, on apprend entre autres que les skippers de La Solitaire ont mal aux fesses et que si ça se trouve c’est Marco Polo et pas Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique, polémique qui tiendra bien encore deux siècles. Ce midi, on a applaudi le podium de la deuxième étape, les Michel Desjoyeaux, Fred Duthil et Gildas Mahé, justement. Un coucou au public nombreux et les marins se sont plongés dans l’étude de la troisième étape, à peine dérangés par un contrôle antidopage. Et ce qu’ils ont vu sur les écrans de leurs ordinateurs promet. Car ce gigantesque « 1 » inversé à travers Manche, Mer Celtique et golfe de Gascogne – la plus longue étape en 38 ans d’histoire de La Solitaire – s’avère aussi complexe qu’ouvert, aussi musclé que passionnant, « avec de l’eau sur le pont et du sel dans les yeux » prédit Jacques Caraës, directeur de course.

Il faudra d’abord s’extraire de la pétole d’Iroise qui oblige d’ailleurs à retarder le départ de 4 heures. Le coup de canon sera ainsi donné à 15h, pour éviter le courant contraire dans le goulet. Conjugué à la quasi inexistence des vents prévus samedi midi, il aurait pu obliger les marins à jeter l’ancre pour ne pas culer. Surtout ne pas se fier à cette image trompeuse d’un départ probablement aussi lent que tactique, au moins jusqu’à Ouessant. Car on passera aux choses sérieuses relativement rapidement. Un flux de secteur ouest perturbé et instable d’une quinzaine de nœuds ne devrait s’installer véritablement au nord-ouest que dimanche matin… avant de tourner sud-ouest et assez fort lundi (30 nœuds). Cela permettrait aux premiers de virer le phare du Fastnet, Grand Prix Suzuki, dans la nuit de lundi à mardi, où il y aura sans doute de la mer, des creux de l’ordre de 4 m. Le tout est à prendre avec des maxi pincettes, tant les modèles météo évoluent en permanence en ce moment, sous l’influence du déplacement de deux dépressions sur le proche Atlantique. Pour résumer, ce sera bien compliqué de négocier ce premier tiers de course, ces 280 milles de remontée vers l’Irlande.

Complexe, long, musclé…

« Il faudra faire marcher ses neurones et tirer les bonnes cartes… je parle des cartes météo ! » s’amuse le vainqueur 2006, Nicolas Troussel (Financo) 6e au général, « la remontée au Fastnet est carrément compliquée avec une succession de bascules à négocier, avant que le jeu ne s’ouvre complètement quand on aura viré le phare ». Here we are, comme dirait la Papoue Liz Wardley (Sojasun). Nous y voilà. Très compliqué jusqu’au Fastnet, musclé aux abords du vieux phare (25 nœuds de sud-ouest établis, rafales à 40) puis… probable bascule au nord-ouest très soutenu qui laissent imaginer a minima une première partie de descente au portant vers l’Espagne plus que sportive. « Une étape de marcassins » sourit le leader au général Fred Duthil (Distinxion), «ou de brutes, si vous préférez. Ma première obsession sera de ne pas casser de matériel, la deuxième de ne jamais laisser partir Michel Desjoyeaux », son dauphin au classement général, pour 13 minutes et 27 secondes. Se marquer les uns les autres ne sera pourtant pas chose aisée sur ce parcours dont la longueur, la météo incertaine et l’absence de marques à respecter après le Fastnet ouvrent un jeu « qui ressemble davantage à une première étape de course transatlantique» prévient Armel Tripon (Gedimat), lequel se souvient qu’il a gagné un beau jour la Transat 6.50 et en a conservé un attrait immodéré pour le long cours et le grand large. Cette fois, ils partent pour 5 à 6 jours de mer. Devront donc dormir et gérer l’humain en même temps que la machine. Une quadrature du cercle qu’appréhende légèrement Fred Duthil : « je n’ai pas fait de Transat cette année, ce sera ma première course véritablement hauturière et il faudra que je fasse attention au bonhomme. Mais bon, la brise, je commence à aimer ça.»

On n’en trouvera évidemment pas un seul pour dire que cette étape fait peur. Marc Emig (A.ST Group) promet qu’il va attaquer. Gérald Véniard (Scutum) est obsédé par l’idée de récupérer au mieux d’ici demain mais lâche une lapalissade pertinente : « il va falloir se battre ». Christophe Lebas (Lola La Piscine Assemblée) est ravi. Du jeu, du vent, une météo pas claire et éventuellement des conditions difficiles vont bien au teint de ce dur au mal. Il sait bien qu’avec la moitié de la flotte en deux heures, « tout peut être chamboulé au classement, et ce même jusqu’à La Corogne ou ça tamponne parfois sévèrement mais … on n’y est pas rendus à La Corogne ! » D’ici là en effet, on va en avoir des émotions. Des quilles qui chantent et des spis qui claquent. Des qui pleurent et d’autres qui rient. Des paquets de mer dans la baignoire, des surfs qui tuent, des classements qui virevoltent. Des histoires de mer et de marins. Erik Nigon (AXA Atout Cœur Pour Aides) le sait bien. Ce n’est pas sa 35e place au général et ses 3h30 de retard au leader qui y changeront quelque chose : «une étape fantastique nous attend, pleine de rebondissements, de moments chauds et d’instants sympa. Ce sera joli à suivre ». On n’en doute pas une seconde. En salle de presse, on vérifie que la caisse à superlatifs est opérationnelle, à portée de claviers. Elle va forcément servir.

Les échos des pontons

Michel Desjoyeaux (Foncia, 2e au général) : « Depuis hier matin, il y a tellement de changements que j’ai arrêté de me prendre le choux avec la météo. On va réactualiser ça tranquillement demain matin. Si c’est toujours l’inconnu demain et bien au moins, on partira tous sur un pied d’égalité. Il faudra faire sa route comme un grand, élaborer sa stratégie avec très peu d’informations. C’est un vrai retour aux choses simples… Chacun devra faire avec très peu de moyens »

Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs, 3e) : « Cette 3e étape va faire la place aux durs, aux costauds, aux habitués et surtout, aux mieux préparés. Il va falloir réfléchir tout le temps. C’est tellement mal calé au niveau météo, qu’en cours de navigation, il faudra en permanence sortir les cartes. Moi ça ne me déplaît pas quand c’est dur, quand il faut réfléchir et se remettre en question. Je suis reposé, détendu… avec le niveau de pression suffisant pour faire ce qu’il y a à faire. »

Thierry Chabagny (Brossard, 4e) : « Cette troisième étape est un gros marathon avec des sprints à droite et à gauche, entrecoupés de moments plus calmes. Apparemment ça va être long, difficile, avec des vents forts. Ce sera à la fois de la gestion du bonhomme, de la météo et du bateau. Ca va être dur à cause des conditions mais aussi de la concurrence A mon avis, le vainqueur de cette étape sera un marin complet et abouti.»

Paul Ó Rian (City Jet, 46e) : « C’est vraiment l’inconnu. J’appréhende et en même temps, je suis heureux de retourner sur l’eau. La météo prévoit 40 nœuds, beaucoup plus que ce que nous avons eu jusqu’à présent. Je me prépare à embarquer de la nourriture et de l’eau supplémentaires en vue d’une longue étape. Le sommeil sera important… économiser sur le repos et la nourriture serait une erreur. Je vais essayer de me concentrer pour bien marcher et pour m’imprégner de belles images.. »

Vincent Biarnes (Côtes d’Armor, 15e et 1er bizuth) : « Cette étape va vraiment être de la course au large, il va falloir ‘optionner’ et avoir confiance en soi et en ses choix. Je vais y aller sans complexe, je n’ai rien à perdre. 40 à 45 nœuds, c’est pas mal ! Je n’ai jamais navigué dans ce temps là avec le bateau. Je n’ai même jamais pris de ris en Figaro, mais c’est quand même un bateau très marin et au niveau sécurité, y’a pas trop de problème. »

Frédéric Rivet (Novotel Caen, 23e et 3e bizuth) : « A priori, ça s’annonce assez venté avec une dépression aux alentours du Fastnet. Ca risque d’être assez costaud. Là haut, on attend des vents de plus de 45 nœuds avec une mer assez forte. S’il faut y aller, et bien on y va ! J’ai la chance d’avoir vécu ces conditions sur Marseille-Istanbul donc je vois à peu près à quoi ça va ressembler. Va falloir être prudent. C’est bien…. C’est ça La Solitaire ! »

Corentin Douguet (E.Leclerc/Bouygues Telecom, 10e) : « Ca va être une belle navigation, longue, compliquée et qui sera sans doute le juge de paix de cette 38e Solitaire Afflelou Le Figaro. Ca va être rigolo. C’est pas la durée qui m’inquiète, c’est plus de savoir comment gérer tout ça sur un rythme Figaro. Je pense justement qu’il ne faudra pas avoir le rythme Figaro, celui qui consiste à dormir le moins possible. C’est trop long. Moi, en tout cas je ne pense pas être capable de ne pas dormir pendant 5 jours. Certains vont peut être essayer. S’ils le font, ils pourraient le payer très cher sur la fin de l’étape. »

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Mondial Féminin de Match Racing : verdict demain

Claire Leroy
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Ce vendredi, lors des quarts de finales, Claire Leroy a affronté Silke Hahlbrock. La numéro un mondiale s’est imposée 3-1 face à l’Allemande, décrochant ainsi son ticket pour les demi-finales : " Au début, nous étions un peu stressées, c’est sans doute pourquoi nous avons perdu notre premier match. Heureusement, on s’est vite remis dans le rythme. Total, nous avons gagné tous les suivants. Nous avons bien navigué et cela nous a permis d’entamer les demi-finales plus sereines ", a commenté Claire Leroy. En demi-finale, face à la Danoise Lotte Meldgaard Pedersen, la Costarmoricaine a remporté son premier match avant de s’incliner lors du second et du troisième : " Dans la deuxième manche, nous étions devant mais sur une priorité babord – tribord, nous avons pris une première pénalité que l’on a trouvé un peu dure, néanmoins nous avons su garder l’avantage. Malheureusement, nous avons repris exactement la même pénalité peu de temps après et nous n’avons pas réussi à l’annuler. Pire, en essayant de le faire, nous en avons pris une troisième ! Mais bon, c’est le jeu " a expliqué la Costarmoricaine avec sa bonne humeur habituelle. " Le dernier match était très beau car particulièrement accroché. Nous nous sommes bien battues mais les Danoises l’ont finalement emporté. La suite demain ! " a t-elle poursuivit. Il lui reste deux matchs face à Lotte Meldgaard Pedersen, numéro deux mondiale, demain matin, pour tenter de décrocher sa place en finale qui aura lieu dan la foulée " C’est une très bonne adversaire, mais je n’ai rien à lui envier mais c’est réciproque. ". La bagarre promet donc d’être belle.

Perrine Vangilve

Classements

Demi-finales :
Lotte Meldgaard Pedersen (Danemark) mène 2-1 face à Claire Leroy (France)
Josie Gibson (Grande-Bretagne) mène 2-0 face à Katie Spithill (Australie)

Petites demi-finales :
Klaartje Zuiderbaan (Pays-Bas) mène 2-1 face à Silke Hahlbrock (Allemagne)
Christelle Philippe (France) mène 2-1 face à Jessica Smyth (Nouvelle-Zélande)

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Trans-Indien express pour Coville en solo

Mise a l eau du nouveau Sodebo
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« 35 minutes pour monter seul la grand voile, le ton était donné ! » Voici comment le skipper entame son carnet de bord rédigé la veille de l’atterrissage sur les Seychelles (à lire sur le site www.sodebo-voile.com). Ces presque neufs jours de navigation au portant, dans un alizé soufflant en permanence entre 20 et 30 nœuds, ont permis au skipper d’apprivoiser en solitaire la puissance et le comportement du plan Nigel Irens-Benoît Cabaret. « Le bateau est sain, fiable et très agréable à la barre » résume-t-il. « Il n’accélère pas comme le ferait un trimaran de 60 pieds, beaucoup plus volage et donc plus stressant. Sodeb’O monte sans effort à 20-25 nœuds et la forme des flotteurs ajoutée à celle de la longue étrave permettent au bateau de s’engager dans les vagues sans jamais enfourner. » Rappelons que pour battre le temps de la jeune anglaise autour de la planète, il faudra effectuer une moyenne supérieure à 15,9 nœuds, en moins de 71 jours et 14 heures. De Bali aux Seychelles, Thomas a mené son trimaran à la cadence de 21 nœuds sur le fond (moyenne de 502 milles par jour), et 17 nœuds sur la route directe, ce qui conforte toute l’équipe Sodeb’O dans les choix effectués. « Nous avons opté pour un mât basculant, trois safrans et des ballasts positionnés de manière à compenser l’étroitesse du bateau (16,50 m pour 32 m de long) et jusqu’ici nous sommes extrêmement satisfaits des résultats. »

Gérable en solo

Cette traversée de l’Océan Indien monte à 9 800 milles la distance parcourue par le maxi Sodeb’O depuis sa mise à l’eau le 21 juin, en Australie. Afin de valider les choix techniques et préparer le tour du monde, le trimaran a été mené en équipage de Newcastle à Bali, via Nouméa, l’étape suivante étant ce premier test en solitaire vers les Seychelles. « J’ai mené Sodeb’O en configuration « solo », c’est à dire, enclenché pour la première fois le pilote automatique, manœuvré et réglé seul les voiles dans des grains assez forts. Il faut 15 minutes pour prendre un ris et 10 pour enrouler et affaler le gennaker, le double de temps que sur un 60 pieds. C’est le jeu, le bateau est physique mais gérable en solitaire, l’objectif est atteint » explique Thomas d’une voix énergique malgré le manque de sommeil. « C’est vrai que j’ai très peu dormi. J’ai mis quatre jours à trouver le rythme. A décrypter ces vibrations, ces chocs, tous ces nouveaux accords dus à la taille, mais aussi à la masse et à la surface du bateau. »

Solitaire par envie 

Cette « trans – Océan Indien » en solo aurait pu offrir les conditions d’un contre la montre mais « la forte houle de Sud ne permettait pas de s’attaquer au record des 24 heures » analyse le skipper dont la priorité était de prendre ses marques en vue d’un tour du monde extrême en multicoque. « A près des mois passés en flux tendu, quel bonheur d’être seul en mer ! Parfois, le doute peut s’installer mais cette semaine a encore confirmé que ce record est exactement le défi dont j’ai envie. » Après la Nouvelle Calédonie, l’Indonésie et le lagon idyllique de l’archipel des Seychelles, le maxi Sodeb’O poursuivra dans quelques jours ce voyage retour de rêve vers la France. Après vérification technique du bateau, l’équipage pointera les étraves sur Hurghada, en Egypte, avant de remonter la Mer Rouge et traverser le Canal de Suez. De Méditerranée, le trimaran rentrera début septembre à la Trinité sur Mer, son port d’attache, avant de s’amarrer aux Sables d’Olonne, du 14 au 30 septembre.

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300 bateaux au départ

cowes dinard saint malo 2
DR

Le Fastnet est l’une des plus prestigieuses courses au large organisée par le RORC (Royal Ocean Racing Club) depuis 1925. Depuis 1933, elle se déroule au mois d’août de chaque année impaire en clôture de la semaine de Cowes, créée, elle, en 1826. Cette course rassemble des unités dont la longueur minimale est de 9m10 (21 pieds) et dont la longueur maximale est de 25m (70 pieds) réparties en sept séries : IRC, IRM, IMOCA Open 60, Multicoques, 2-Handed division, IMS, et ORC. Au programme : une descente du Solent, bras de mer étroit situé entre l’île de Wight et la côte du Hampshire où les courants peuvent atteindre, par endroits, plus de cinq nœuds. Les concurrents devront contourner le célèbre rocher du Fastnet pour ensuite croiser le Cap Lizard et arriver à Plymouth. En termes météorologiques, la course est réputée compliquée. Les vents d’ouest souvent prédominants à cette période de l’année peuvent rapidement donner de forts coups de vent. De plus, les dépressions en provenance de l’Atlantique nord et qui traversent les unes après les autres les îles britanniques modifient régulièrement la donne. Savoir où peuvent se créer ces perturbations météorologiques et comment les utiliser au mieux font partie des talents essentiels pour remporter la course.

16 monocoques Imoca !

De nombreux français seront présents, en particulier chez les Monocoques 60 pieds Imoca. Dans cette série, pas moins de 16 bateaux s’aligneront au départ (Le Pindar de Mike Sanderson ayant démâté mercredi matin lors de l’Artemis Challenge, sera forfait) dont "Générali" de Yann Eliès, "Delta Dore" de Jérémie Beyou, "PRB" de Vincent Riou, "Cheminées Poujoulat" de Bernard Stamm mais aussi  "Véolia" de Roland Jourdain, tout juste remis à l’eau après cinq mois de chantier. Les tricolores seront également représentés dans la série des multicoques. "Groupama 2" de Franck Cammas, "Banque Populaire" de Pascal Bidégorry, "Gitana 11" de Lionnel Lemonchois ainsi que "Sopra" d’Antoine Koch seront à Cowes afin de participer à la 5e et dernière épreuve du championnat Orma 2007 (coefficient 2). Premier coup de canon dimanche à 9h50 à Cowes – les départs de la flotte se feront toutes les 20 minutes pour finir par les multicoques qui s’élanceront sur la ligne à 12h50 – pour le départ de ce parcours mythique de 608 milles.

Perrine Vangilve

Echos :

24e participation !

Parmi les favoris en double, on note la présence du J/105 Voador avec Simon Cowen, qui a remporté la Round Britain and Ireland Race en 2002, et a terminé second dans la Mini Transat de 2001, mais l´ex-champion britannique en J/105 aura fort à faire face à Alex Whitworth, un fidèle de la Sydney-Hobart, sur Audacious. Participant pour la 5ème fois, le boulonnais, Jean Yves Chateau sera à bord de son Nicholson 33, Iromiguy. Quant à Piet Vroon, ce sera sa 23ème Fastnet, cette fois sur son Lutra 56, Formidable, mais c´est Ken Newman, sur le Swan 51 Grandee, qui tient le record du nombre de participations, car cette année sera la 24ème participation de cet anglais de 78 ans. 

Pour la bonne cause

Un certain nombre d’équipages vont participer afin de promouvoir des organisations caritatives ou institutionnelles. C’est le cas du Sigma 38 Top Banana, où l’équipage est composé uniquement de médecins et d’infirmières des Hôpitaux Publiques britanniques, tandis que sur le 38 pieds, MAC Mission, le but est de promouvoir l’ONG, WWF. Parmi les duels attendus avec impatience, la Rolex Fastnet offre la perspective d’une bataille féroce entre le nouveau Leopard de Mike Slade et l’Alfa Romeo de Neville Crichton, qui se confrontent également cette semaine lors des course côtières à Cowes. 

Le retour de Pete Goss

Le navigateur britannique, Pete Goss fait son grand retour à la voile ce week-end en participant à la Rolex Fastnet à bord du Seacart (un trimaran de 30 pieds construit exclusivement en carbone, mâté d’un espar de 50 pieds et qui pèse seulement 950 kg) « Cornwall Playing for Success » avec à ses côtés deux membres de l’ex-Team Philips, Paul Larsen et Andy Hindley. Goss reste célèbre dans les annales de la voile avec sa participation au Vendée Globe 1996-97, lorsqu’il est venu au secours de Raphaël Dinelli sous des conditions épouvantables dans les Mers du Sud, et a de nouveau fait la une des journaux lors de la perte de son cata Team Philips au milieu de l’Atlantique en décembre 2000 lors des préparatifs pour The Race. Content de pouvoir participer à cette course mythique, qui longe les côtes de sa région d’origine au sud-ouest de l’Angleterre, Goss essaie cette fois-ci de récolter des fonds pour les jeunes défavorisés en les incitant à s’intéresser aux sports.

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Desjoyeaux. « Je la voulais tant ! »

Multi Cup 60: Michel Desjoyeaux
DR

– Cette deuxième étape fut-elle aussi dure que la première ?

« Oh que oui ! Là, je suis bien cassé. Cette victoire-là, je suis vraiment allé la chercher, je la voulais tant ! Si je me suis fait plaisir ? Disons que j’ai pris du plaisir à me faire mal parce qu’elle était vraiment dure cette étape. C’est la première fois que je passe deux jours et deux nuits en mer sans dormir une seule minute. Je n’ai pas mis le pilote une seule fois car il fallait barrer et régler en permanence. Choquer, border, choquer, border… Je ne sais pas combien de tours de manivelle j’ai pu faire. Pour autant, ce n’était pas monotone car il s’en est passé des choses, notamment en début d’étape. En Irlande, c’était très sollicitant. Ensuite, peu après le Fastnet, j’ai connu un petit passage à vide et il a fallu que je mette du charbon pour revenir devant. »

– A quel moment êtes-vous passé en tête ?

« A la bouée Racon, à l’ouest d’Ouessant. Là, j’avais un mille d’avance sur mes poursuivants et j’aurais pu faire fort… Hélas, j’ai commis quelques erreurs dans les changements de voiles d’avant. Sous spi, Mahé et Duthil sont passés devant moi. Puis, j’en ai repassé un, puis deux. Ensuite, il y avait le passage dans le goulet qui était assez incertain avec des trous d’air et du courant. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne fallait pas rester les mains dans les fouilles à attendre que ça se passe. Disons que le résultat final valait bien toute cette dépense d’énergie. »

– Fred Duthil vous a menacé jusqu’au bout. Avez-vous eu peur ?

« Ben non, pas vraiment, car je ne savais pas où il était. Je ne voyais pas son feu en tête de mât (sic). En revanche, il va vite le Duthil… C’est presque indécent ! Maintenant, on connaît bien mieux les forces en présence, ceux qui vont vite. Cela dit, je trouve qu’en vitesse, je ne suis pas si mal que ça… J’ai repéré les clients les plus rapides. Reste qu’avec la troisième étape qui se présente, tout reste à faire. » 

Propos recueillis par Philippe Eliès / Le Télégramme

Chronique des petites galères et autres bonheurs solitaires

Il s’en passe des choses sur une étape de 344 milles. Des choses que nous terriens, rivés devant nos écrans, suspendus à chaque classement, ne soupçonnons pas toujours, malgré les vacations quotidiennes. Voici quelques anecdotes vécues pendant la deuxième étape… entre bonheurs et petits soucis quotidiens.

Petite galères et incidents techniques 

La liste des spinnakers emmêlés dans l’étai à l’empannage, troués dans les barres de flèches ou pendant l’affalage, est longue comme un jour sans pain. Celui de Robert Nagy est passé sous le bateau. Handicapé par son poignet gauche, blessé lors du prologue à Caen, Robert a d’abord tenté de le hisser d’une main avant de passer une heure à le dégager de la quille de Théolia… à la force de son unique bras vaillant. Pour poursuivre l’état des lieux non exhaustif, Etienne Svilarich (Grain de Soleil) et Jean-Philippe Le Meitour (Crédit Mutuel de Normandie-Ville de Caen) ont galéré avec leurs ballasts et Pietro D’Ali (Kappa) talonné à son arrivée à Brest.

Frayeurs passagères 

A la frayeur d’Eric Drouglazet, obligé de plonger en pleine nuit pour couper un filet pris dans la quille de Luisina, s’est ajoutée celle de Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) qui passait par là au même moment. « On était sous spi pleine balle et là je croise un bateau arrêté face au vent, voiles faseyantes. Je ne vois que la lumière de ses répétiteurs NKE, mais pas de frontale ni de lampe torche. Là, je me dis ‘le mec est dans l’eau’. J’appelle la direction de course et manque de bol, c’était le début de l’émission de Jean-Yves Chauve, donc j’attends la fin du générique, et finalement, j’aperçois enfin une frontale. Je comprends que le mec est de nouveau à bord. Mais je me suis fait une grosse frayeur »

Dans un autre registre, Frédéric Rivet (Novotel Caen) revient sur un départ au tas un peu violent après le départ de Crosshaven : « j’étais sous spi empétolé, quand j’ai vu une sorte de micro risée venue de je ne sais où. En fait de micro risée, il y a avait peut-être 50 nœuds dessous, le bateau a empanné et je me suis retrouvé au tas. Heureusement, je n’ai rien cassé. »

Au chapitre des hallucinations… 

Elles sont visuelles ou auditives, mais toujours cocasses. Gérald Véniard (Scutum) cherchera plusieurs minutes à quatre pattes dans son bateau d’où venait le drôle de bourdonnement… avant de prendre conscience qu’il était dans sa tête. Fred Rivet est poursuivi par les bulletins météo et les informations boursières de RFI et France Info, d’autres perçoivent de la musique (le chant des sirènes ?). Christian Bos (Belle Ile en Mer) a vu la mer prendre les couleurs d’un patchwork un peu kitch, rouge, vert et violet, et une myriade de petites embarcations à moteur au creux des vagues. Alexis Loison (All Mer Inéo Suez), confie avoir été victime d’un tas d’hallucinations, apercevant des bateaux à chaque crête de vague.

De drôles de freins sous les bateaux 

Des poissons lunes, des caisses de pêcheur, des algues, des filets… rien que de l’ordinaire dans la liste des OFNI inopportuns qui font se questionner les marins sur leur manque subit de vitesse. Jeanne Grégoire (Banque Populaire), elle, a fait une rencontre du troisième type : « j’avais la main d’E.T accrochée à ma quille. On aurait dit quatre doigts, je m’imaginais déjà un drôle de corps derrière. Je ne sais pas si c’était une algue ou une branche d’arbre, mais c’était très déroutant ». Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), quant à lui, bénit sa rencontre avec une bille de bois. Un petit choc sur les safrans et voilà un nouveau réglage apparemment très efficace qui lui inspire à l’arrivée une métaphore culinaire « c’est un peu comme la tarte tatin, une recette réussie découverte tout à fait par hasard »

Oublis et autres étourderies 

Michel Desjoyeaux a été contraint de manger sa salade avec son tube de crème solaire en guise de cuillère, faute de couverts embarqués sur Foncia. Corentin Douguet (E.Leclerc Bouygues Telecom), s’est retrouvé sans gaz, obligé de manger froid ses repas lyophilisés et de boire son Nescafé bien frappé. Mais l’étourderie de Christian Bos s’est révélé bien plus handicapante. Le skipper de Belle Ile en Mer a passé toute l’étape sans ciré (oublié dans son hôtel de Crosshaven), avec une seule sous-couche polaire et un coupe vent… « Je me suis gelé pendant deux nuits, mais j’étais quand même à l’attaque ». 

Petits bonheurs

Antonio-Pedro Da Cruz (Baïko), s’est réjouit de la bonne marche de son pilote automatique (pour la première fois dans une étape de La Solitaire, dit-il) et des grands surfs sous spi arrivés comme un cadeau d’anniversaire pour ses 41 ans, le lendemain du départ.

A 18 ans, Quentin Le Nabour (Votre nom pour le Figaro), plus jeune marin engagé dans cette édition, s’émerveillait de doubler pour la première fois le Fastnet : « Je suis passé à 5 ou 10 mètres du caillou, c’était comme dans les livres d’images ». Le bizuth Aymeric Belloir (Cap 56) s’est étonné des “gouttes d’eau de la taille d’une balle de tennis” sous les grains, et régalé du coucher de soleil au passage du Fastnet puis des lumières du petit jour à son arrivée dans la rade de Brest. Pendant toute leur descente sous spi jusqu’à Ouessant, les solitaires ont été escortés par une multitudes de dauphins très joueurs. « Ils étaient peut-être charmés par le grincement de la poulie de mon bras de spi. C’est assez rare, en général, ils ne restent jouer que quelques minutes » raconte Etienne Svilarich. Même écho chez Marc Thiercelin (Siemens), qui n’avait jamais vu autant de dauphins rester aussi longtemps au contact des bateaux. Gildas Morvan, après s’être extasié sur la beauté des côtes irlandaises, jugeait ces mammifères marins certes charmants mais un peu trop envahissants : « A la longue, ils sont pénibles ! Ils n’arrêtent pas de jouer avec les safrans, ils te surprennent de tous les côtés, j’ai bien cru que l’un d’entre eux finirait sur le pont ».

Echos des pontons

Réunion du Jury
Le Jury s’est réuni à Brest pour instruire 15 cas d’infractions bénignes commises par certains concurrents. Seuls 6 de ces cas ont fait l’objet de pénalités (en temps) minimum, la bonne foi des concurrents ayant été retenue systématiquement.

Jean-Pierre Nicol (Gavottes), Patrice Bougard (Kogane) et Marc Thiercelin (Siemens) écopent de pénalités de 5 minutes pour des descellements de plombages dans la première étape.

Dans la deuxième étape, Didier Bouillard (MEDevent), reçoit un malus de 20 minutes pour cause d’arbre d’hélice déplombé, Jimmy Le Baut (Port Olona-Arrimer) 4 minutes pour son niveau de gasoil non conforme avant le départ. Enfin, Pietro D’Ali (Kappa), reçoit 5 minutes pour ne pas avoir passé la porte de Penhir. Ces pénalités n’ont eu que peu d’effet au classement général : seuls Didier Bouillard et Marc Thiercelin perdent une place.

A Brest, les skippers récupèrent

Les skippers de La Solitaire Afflelou Le Figaro émergent peu à peu de leur léthargie. Depuis leur arrivée, la plupart ont dormi une bonne vingtaine d’heures pour tenter de combler leur déficit de sommeil. De longues siestes sont encore au programme car la deuxième étape, unanimement qualifiée d’épuisante, a laissé des traces, comme en témoignent les mines encore défraîchies, les démarches mal assurées et les dos toujours un peu raides. Les préparateurs, eux, sont à pied d’œuvre pour s’occuper du matériel : il faut rafistoler de nombreux spinnakers, régler quelques problèmes de ballasts, changer l’arbre d’hélice et l’hélice de Foncia (endommagés pendant la levée du bateau pour la jauge des appendices), réparer le bulbe de Kappa, Pietro D’Ali ayant talonné avant l’arrivée…

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Deux équipages tricolores en quart de finale

Claire Leroy
DR

Qualifiées dès mercredi soir pour les quarts de finale, la Britannique Josie Gibson, l’Australienne Katie Spithill, la Danoise Lotte Meldgaard Pedersen et la Française Claire Leroy ont bénéficié d’un jour de repos, aujourd’hui, tandis que les huit autres ont tout donné afin de se qualifier lors d’un Round Robin de repêchage disputé dans 8 à 10 noeuds de vent. Au terme de matchs très accrochés, ce sont finalement la Hollandaise Klaartje Zuiderbaan, l’Allemande Silke Hahlbrock, la Néo-Zélandaise Jessica Smyth et la Nantaise Christelle Philippe qui ont décroché les quatre derniers tickets pour les quarts de finale. " Aujourd’hui, on a gagné cinq matchs et on en a perdu deux. Résultat, on termine 7e au classement à l’issue des Round Robin. Comme le veut la règle, on va affronter la seconde au classement lors des quarts de finale : Josie Gibson. C’est la seule des quatres premières filles qualifiées que nous avions battue lors du Round Robin donc nous sommes plutôt satisfaites de la recontrer de nouveau dans cette phase du championnat ", a expliqué Christelle Philippe, ce soir. De son côté, Claire Leroy, première à l’issue des Round Robin après avoir remporté l’ensemble de ses onze matchs, affrontera la 8e au classement, l’Allemande Silke Hahlbrock. " Ce ne sera pas forcément facile, souligne néanmoins Elodie Bertrand. Elle nous a déjà battu lors d’une finale en Italie. Même si le début de l’épreuve nous a mis en confiance et que nous sommes en forme, nous ne partons pas la fleur au fusil. " Les quarts de finale vont donc se jouer demain vendredi en cinq match et trois points gagnants. Et si les conditions météo le permettent, les demi-finales débuteront dans la foulée.

P.V.

Classement à l’issue des Round Robin : 1. Claire Leroy (France); 2. Josie Gibson (Grande-Bretagne); 3. Katie Spithill (Australie); 4. Lotte Meldgaard Pedersen (Danemark); 5. Klaartje Zuiderbaan (Pays-Bas); 6. Jessica Smyth (Nouvelle-Zélande); 7. Christelle Philippe (France); 8. Silke Hahlbrock (Allemagne); 9. Jenny Axhede (Suède); 10. Nicky Souter (Australie); 11. Gemma Farrell (Grande-Bretagne); 12. Sandy Hayes (USA),

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