Ce lundi à 03 heures 02 minutes et 22 secondes, le tandem Giovanni Soldini et Pietro d’Ali a franchi en vainqueur la ligne d’arrivée de cette 8e Transat Jacques Vabre. "Telecom Italia" boucle ainsi les 4 340 milles du parcours en 22 jours 13 heures 02 minutes et 22 secondes à la vitesse moyenne théorique de 8,02 noeuds.
Team Ocean Express : départ mercredi
Après deux semaines de préparation au Sénégal, le tandem Lorientais s’apprête à entrer dans le grand bain de son challenge à la voile. Il a fallu à Dakar réceptionner le catamaran, le mettre en configuration course (matage, préparation du gréement) et valider en navigation les derniers détails comme la prise de vue vidéo mais aussi les moyens de communication avec l’extérieur pendant la tentative. « Nous allons chaque jour communiquer avec Jure Jelman, notre routeu Slovène,r et avec le salon nautique de Paris » déclare Pierre-Yves Moreau. « Notre bateau est prêt. Nous avons navigué quatre fois en baie de Dakar dans 25 nœuds afin de vérifier les derniers détails notamment la fixation de 3 caméras et notre girouette électronique. »
Puis, il a fallu attendre patiemment une fenêtre météorologique propice à ce genre de navigation. En effet, pour aller vite et surtout en dessous des 13 jours, les conditions doivent être optimales pour Benoit et Pierre-Yves et surtout pour l’évolution en mer de ce petit catamaran spécialement conçu pour ce défi. 8, 5 nœuds, la vitesse à laquelle le catamaran « Archi-Factory / Octo Finances » devra avancer pour battre le record. « Mercredi, les conditions semblent bonnes pour un départ. Il fallait anticiper les petites dépressions locales africaines » explique Benoit Lequin « Le vent sera au Nord-Est les premiers jours et soufflera à 20 nœuds. Une situation idéale pour notre voilier et pour nous car nous serons au portant jusqu’au Cap vert et certainement après. C’est de bon augure car le vent sera régulier et nous permettra d’entrer doucement dans le match. Des conditions rassurantes pour notre défi et pour cette première phase du parcours où nous allons devoir nous adapter à la vie à bord sur un si petit catamaran. Nous sommes très excités par ce grand départ. Nous commençons à avoir une petite boule dans le ventre. Merci à nos partenaires et à toute l’équipe qui nous a aidé à monter ce projet ».
La ligne de départ se trouve entre la pointe Nord de l’île de Gorée et la bouée Tacoma alors que l’arrivée se situera dans l’entrée du chenal menant à Pointe à Pitre entre l’Ilet à Cochons et la presqu’île Monroux.
Le record est suivi et sera validé par le WSSRC
A retenir :
Le record à battre : 13 jours 13 heures 58 minutes et 27 secondes détenu par le Team Abaco des italiens Andréa Gancia et Matteo Miceli
Le parcours : 2700 milles entre Dakar et Pointe-à-Pitre
Le catamaran : un petit voilier de 20 pieds construit par Pierre-Yves et Benoit à partir des moules de flotteur du « bandit »…
Les marins : trimaran et monocoque de 60 pieds, transat 6,50, Figaro, Pierre-Yves et Benoit sont des navigateurs aguerris de 35 et 33 ans. Dans la vie, ils sont préparateur naval et responsable technique de voiliers.
L’aventure : pour construire ce catamaran, Pierre-Yves et Benoit ont travaillé plus de 1000 heures, le soir après leurs obligations professionnelles. Pendant environ 10 jours, les deux hommes tenteront de faire marcher le plus rapidement possible leur voilier dans des conditions « extrême » de navigation ! Humidité et manque de confort au programme !
Le parrain : Laurent Bourgnon, double vainqueur de la Route du Rhum, un ami du duo a baptisé vendredi 28 septembre et a traversé avec Frédéric Gliraldi l’atlantique sur un catamaran de sport en 1986.
Francis Joyon déjà aux canaries
« Ça ne se passe pas trop mal… Je navigue dans un alizé un peu perturbé, avec des petits grains qui approchent. Là, j’ai du vent de nord-est entre 18 et 25 nœuds. Le bateau glisse tout seul, à 22 nœuds…. » De sa voix toujours étonnamment placide, Francis Joyon confirme à la vacation ce qu’on pressentait à la lecture des cartes et de ses statistiques : tout se passe au mieux pour le navigateur trinitain engagé à la poursuite du record du tour du monde en solitaire. A 11h, IDEC avait déjà parcouru 1258 milles depuis le départ de Brest vendredi dernier et affichait une avance de 111 milles par rapport au chrono de référence d’Ellen MacArthur. A bord, c’était déjà « ambiance short et tee-shirt, les choses vont vite… » comme souriait Francis, forcément pas mécontent de son tableau de marche.
Décalé à la fois dans l’ouest de la route directe et dans l’ouest de l’itinéraire emprunté par Castorama, le maxi trimaran IDEC donne jusqu’ici entière satisfaction à son skipper : « ce qui m’étonne vraiment c’est le super comportement du bateau dans la mer. Du fait de sa grande étrave qui prolonge l’avant du bateau, il descend les vagues et au lieu de buter quand il arrive dans le bas, il passe tout en souplesse. Il est moins freiné qu’un bateau qui aurait une forme d’étrave plus conventionnelle. C’est un peu ce qui permet de tenir des moyennes élevées ».
20 nœuds de moyenne
Des moyennes supérieures à 20 nœuds sur les 24 dernières heures, qui permettent d’envisager des journées de l’ordre de 480 milles nautiques, voire davantage. Et l’avance de Francis Joyon devrait s’accroître encore : l’angle au vent est satisfaisant et il n’y aura visiblement pas d’empannages à faire lors de cette quatrième journée qui commence, contrairement à ce qu’avait du faire Ellen MacArthur. « Au cours des prochaines 24 heures, je vais faire un même bord, bien régulier », confirme le skipper d’IDEC, « donc je devrais pouvoir bien avancer sur la route, ce qui permettra théoriquement d’engranger un petit peu plus d’avance sur le temps d’Ellen ».
En outre, le skipper d’IDEC prépare déjà son passage du Pot au Noir « sans doute vers 27° ouest, encore qu’il faut affiner car on aura une idée de plus en plus précise au fur et à mesure qu’on s’en rapproche ».
Côté bonhomme, pas de souci non plus. Francis Joyon a pu se refaire une santé, après une entame éprouvante : «je n’avais pas dormi du tout la première nuit avec les cargos, la côte espagnole, les empannages, il fallait manœuvrer beaucoup… mais dès la deuxième, c’était plus régulier et sans empannages. Il y avait juste des grains à gérer, mais même pas de ris à prendre. Je me contentais de choquer les voiles dans les grains et d’abattre avant de reprendre derrière. Du coup, j’ai pu récupérer un peu de mon retard de sommeil. »
Dans du vent plus régulier, sur un cap plein sud (180°), IDEC et son skipper prennent indéniablement le rythme. C’était aussi le but de ce décalage dans l’ouest qui « permet maintenant de bien utiliser l’alizé en faisant une route directe, sans avoir à tricoter au vent arrière ». Ce qui permet de ménager à la fois l’homme et le bateau. « C’est bien, j’ai de bonnes conditions et c’est très appréciable de pouvoir en profiter pour caler les choses dans le bateau », conclut Francis Joyon. Visiblement serein et heureux d’être en mer, « sous un ciel où je commence à apercevoir un peu de lumière entre les nuages… »
Position après un jour de course :
Date : 26/11/2007 à 11H00 (heure française)
Latitude : 28°48,72 N
Longitude : 021°33,08 W
Cap : 180°
Vitesse instantanée : 23,4 noeuds
Vitesse sur les 4 dernières heures : 22,6 noeuds
Avance sur le record de référence (Ellen McArthur/Castorama) : 111,65 milles
Transat BtoB : Départ le 29 novembre
Au vu du retard pris par les arrivées de la transat Jacques Vabre et constatant que plusieurs monocoques Imoca devaient effectuer des réparations, la Transat ECOVER BtoB s’élancera finalement le jeudi 29 novembre en fin de matinée devant le Yacht Club de Salvador de Bahia. A noter que la ligne de départ restera ouverte jusqu’au lendemain afin de permettre aux solitaires qui ne seraient pas tout à fait prêts de participer à la course. Les quinze solitaires n’auront qu’une seule marque à respecter à la sortie de la baie de Tous les Saints, afin d’éviter un banc de sable : le parcours de 4 200 milles entre Salvador de Bahia et La Forêt-Fouesnant est donc libre, l’archipel des Açores pouvant être négocié sans contrainte de passage au milieu des îles. Les premiers monocoques, qui ne pourront pas être routés comme pour le Vendée Globe, devraient mettre entre douze (15 nœuds de moyenne) et seize jours (11 nœuds de moyenne) en fonction des conditions météorologiques régnant sur l’Atlantique.
Quatorze monocoques inscrits à la Transat ECOVER BtoB ont participé à la transat Jacques Vabre (Derek Hatfield étant venu directement du Canada) et certains doivent réparer des avaries plus ou moins conséquentes avant de repartir : c’est la raison qui a incité l’organisateur, en accord avec les coureurs, à reporter le départ au jeudi 29 novembre en fin de matinée. Les plus gros travaux sont à effectuer sur Cervin enR (Yannick Bestaven) et Aviva (Dee Caffari) qui ont tous deux déchiré une partie de leur mât en carbone. Grâce au soutien des équipes techniques des autres bateaux, les coureurs disposent de cinq jours pour préparer sereinement leur monocoque et pour se reposer avant cette transat qui s’annonce difficile dans son tronçon final avec le changement des conditions météorologiques sur l’Atlantique Nord ces derniers jours.
Les prévisions à une semaine indiquent en effet un flux de secteur Nord-Est quinze nœuds pour la sortie de la baie de Tous les Saints, puis une rapide rotation au secteur Est lorsque les monocoques auront gagné dans le Nord. Le Pot au Noir n’est pas très actif autour du 30° Ouest et l’anticyclone des Açores s’est enfin stabilisé au Sud de l’archipel éponyme. Il en résulte un train de dépressions qui balaie l’Atlantique de Terre-Neuve à l’Islande et donc un flux général de secteur Ouest de la latitude de la Floride à l’Europe. Rappelons que la Transat ECOVER BtoB fait office de qualification pour le Vendée Globe 2008 et que les vacations radio avec les solitaires seront animées par Pierre-Louis Castelli pendant toute la durée du Salon Nautique de Paris sur le stand Bretagne-Finistère.
Dee Caffari (Aviva)
« Nous avons travaillé en vue de la Transat ECOVER BtoB qui est un élément crucial de mon entraînement et je prie pour que le mât soit réparé à temps. Je sais que l’équipe fera tout ce qui est en son pouvoir pour que je sois sur la ligne de départ. Les garçons ont des nuits longues devant eux et je suis vraiment touchée et reconnaissante pour les pièces de rechange que les autres équipes nous ont proposées. Cela montre que malgré une grosse compétition sur l’eau, il y a vraiment un super état d’esprit dans la classe Imoca. »
Michel Desjoyeaux (Foncia)
« Foncia va bien ! Mais quand nous avons vu que tout le monde était ensemble aux Canaries, il a bien fallu se dire que les différences de potentiel sont minimes… Le bateau est prêt à repartir pour la Transat ECOVER BtoB ! »
Marc Guillemot (Safran)
« Le parcours de la Transat ECOVER BtoB correspond exactement avec la dernière tranche d’un Vendée Globe, et même si la période hivernale n’est pas tout à fait la même qu’un retour au printemps, les conditions météorologiques sont similaires. Safran a démontré qu’il allait vite mais qu’il y avait encore des points à améliorer. Naviguer en solitaire sur 4 200 milles ne peut être que positif pour affiner la connaissance du bateau. »
Mike Golding (Ecover)
« Le bateau va bien, et on a beaucoup appris sur lui. Ecover 3 a le potentiel pour remporter le Vendée, mais hélas, c’est aussi le cas de beaucoup des nouveaux bateaux ! C’est intéressant à observer tous ces choix différents faits dans le même but. Foncia est rapide dans certaines conditions, Safran dans d’autres, Groupe Bel dans d’autres encore. La question est plutôt : cela marchera t-il dans le contexte d’une course en solitaire ? C’est difficile de faire un classement des nouveaux bateaux. Mais Ecover 3 est définitivement dans les meilleurs. Nous verrons comment cela va se confirmer lors de la Transat ECOVER BtoB ! »
Armel Le Cléac’h (Brit Air)
« La Transat ECOVER BtoB qui se présente à moi dans quelques jours va me permettre de compléter encore ma connaissance de ma machine et de con tinuer à l’étalonner par rapport à la concurrence dans des conditions différentes. Je ne perds pas de vue que l’objectif principal demeure le Vendée Globe et que sur une course aussi exigeante et aussi longue, une parfaite symbiose avec son bateau est un préalable essentiel pour être performant… »
Kito de Pavant (Groupe Bel)
« Le fait de laisser le parcours libre entre le Brésil et la Bretagne est une bonne idée pour ouvrir le champ d’option car le passage aux Açores envisagé un temps, pouvait créer des écarts avec le risque d’un gros coup de vent entre les îles. La Transat ECOVER BtoB est une excellente préparation finale de cette saison car Groupe Bel est tout neuf mais déjà très au point. »
Inscrits à la Transat ECOVER BtoB :
*Akena Vérandas : Arnaud Boissières (Groupe Finot 1998)
*Aviva : Dee Caffari (Groupe Finot 1998)
*Brit Air : Armel Le Cléac’h (Groupe Finot 2007)
*Cervin enR : Yannick Bestaven (Groupe Finot 1996)
*Cheminées Poujoulat : Bernard Stamm (Farr 2003)
*Ecover 3 : Mike Golding (Owen Clarke 2007)
*Foncia : Michel Desjoyeaux (Farr 2007)
*Generali : Yann Eliès (Groupe Finot 2007)
*Gitana Eighty : Loïck Peyron (Farr 2007)
*Great America III : Rich Wilson (Nivelt 1999)
*Groupe Bel : Kito de Pavant (VPLP-Verdier 2007)
*Maisonneuve: Jean-Baptiste Dejeanty (Lavranos 2005)
*Spirit of Canada: Derek Hatfield (Owen Clarke 2004)
*Roxy: Samantha Davies (Groupe Finot 2000)
*Safran: Marc Guillemot (VPLP-Verdier 2007)
Joyon à fond d’entrée de jeu !
Un début de course satisfaisant
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir le trimaran géant IDEC allonger la foulée vers le cap Finisterre. « J’ai eu trois heures un peu molle après avoir quitté Brest » raconte Francis, « Puis le vent est rentré en force… « En force, avec les incontournables irrégularités dues aux passages de grains, parfois violents qui ont poussé le marin de Locmariaquer à observer toute la nuit une vigilance extrême. « Ce sont des conditions normales pour la saison « poursuit Francis. « Il faut composer avec les oscillations et surtout les accélérations du vent. J’ai donc beaucoup manoeuvré sur le pont depuis le départ, entre trinquette et solent, un puis deux ris dans la grand voile…On peut parler d’une mise en jambe dynamique, avec le stress lié à une navigation côtière ». Un premier empannage six heures seulement après le départ a permis au plan Irens/Cabaret de conserver un bon angle lorsque le vent a pris de l’est, et, à l’approche des côtes espagnoles en milieu de nuit, Francis a déclenché une nouvelle manoeuvre pour mettre cette fois cap résolument à l’ouest et parer ce matin la pointe occidentale de la péninsule Ibérique. Le tableau de marche envisagé depuis la terre avec Jean-Yves Bernot est parfaitement respecté avec une progression qui place d’entrée Francis Joyon légèrement (plus de 80 milles) en avance sur le rythme de Castorama en 2005, un rythme pourtant déjà unanimement considéré comme très élevé.
Sans transition…
Francis Joyon n’a donc guère fermé l’œil en ces heures toujours cruciales de début d’aventure autour du monde. Entre nécessité de gagner rapidement des milles sur la route et gestion toujours délicate de sortie du golfe de Gascogne en cette fin d’automne, Francis s’est mis aux petits soins pour son bateau. « Il est important de constamment vérifier le matériel, de contrôler les points d’usure potentiels afin de se donner pleine confiance en la capacité du bateau à encaisser de plus en plus d’efforts. » Les conditions, entre le vaste anticyclone qui s’étend depuis le nord des Açores, et la dépression centrée sur le Maroc, proposent un vaste couloir de vent fort bien orienté dans le tableau arrière d’IDEC et dans lequel Francis s’engage avec appétit. « C’est maintenant qu’il faut engranger le maximum de milles. Le vent varie entre 34 et 27 nœuds de secteur Nord Est, des conditions très intéressantes pour IDEC. Les conditions à venir sont très favorables et nous devrions continuer à aller vite… »
Position après un jour de course :
– Date : 24/11/2007 à 11H00 (heure française)
– Latitude : 42°37,64 N
– Longitude : 011°36,20 W
– Cap : 237°
– Vitesse instantanée : 22,1 noeuds
– Vitesse sur les 4 dernières heures : 22,5 noeuds
– Distance parcourue (24 heures) : 451 milles
– Avance sur le record de référence (Ellen McArthur/Castorama) : 81 milles
Francis Joyon à l’assaut du record du tour du monde en solitaire
Top départ. Ce vendredi matin 23 novembre 2007, Francis Joyon est reparti à la poursuite du chrono planétaire en solo et multicoque sans escale, record qu’il inventa voilà quatre ans et qu’Ellen MacArthur améliora l’année suivante. L’étrave rouge du grand trimaran IDEC a coupé la ligne de départ à la sortie du goulet de Brest à 11h05’52 pour 21600 milles (1) d’aventure et de compétition autour du monde, sur le parcours mythique des trois caps. Dans un flux de nord-est de 15 nœuds qui forcira à 25 nœuds passée la pointe de Bretagne, sur mer plate et un ciel pavé de gros nuages noirs entrecoupés d’éclaircies lumineuses, Francis Joyon, Trinitain bon teint de 51 ans, s’est élancé toutes voiles dehors au vent arrière, dans le vacarme des hélicoptères et des vedettes accompagnatrices.
Le World Sailing Speed Records Council (WSSRC) a validé ce départ et calculé que pour battre le record, IDEC devait revenir couper la ligne après sa volte planétaire avant le dimanche 3 février 2008 à 1h23’25’’ heure française.
Quelques instants avant de quitter le ponton de Brest, juste avant les émouvantes accolades avec ses proches, Francis Joyon a confirmé ce qu’il annonçait hier : les conditions météo sont favorables pour ne pas perdre trop de temps par rapport au chrono de Castorama sur la première partie du parcours. « On part dans des vents portants suffisamment soutenus et réguliers pour rester dans le coup sur cette première semaine de course. On espère réaliser un temps correct car c’est important de ne pas prendre trop de retard sur le chrono d’Ellen MacArthur jusqu’à l’équateur, puisqu’elle avait bénéficié de conditions très favorables sur ce segment », a expliqué le navigateur solitaire avant de larguer les amarres.
Jean-Yves Bernot, le routeur d’IDEC, précise : «avec du vent portant l’hiver en Europe occidentale, il ne faut pas finasser : il faut partir. Passée la pointe Bretagne, le vent va s’installer à 25 nœuds de nord-est et devrait permettre à IDEC d’atteindre des vitesses de l’ordre de 23, 24 nœuds. Au cap Finisterre, le vent montera à 28, 30 nœuds. Il y aura sans doute à empanner dans le golfe de Gascogne pour suivre des oscillations du vent de l’ordre de dix degrés. L’important est qu’à priori il n’y aura pas de rupture pour aller chercher l’alizé qui a tant manqué aux concurrents de la Transat Jacques Vabre. On peut ainsi espérer que Francis mette un peu plus d’une grosse semaine, peut-être huit jours, pour atteindre l’équateur. Ce serait parfait. »
(1) 21600 milles est la distance minimale à parcourir pour valider un tour du monde (équivaut au tour de l’équateur). La distance réelle parcourue sur l’eau, elle devrait être de l’ordre de 26 000 milles, soit près de 50 000 kilomètres en langage terrien. D’autre part, pour valider un record autour du monde il faut qu’il soit battu d’au moins une minute, ce qui explique la dead-line du 3 février à 1h23’25’’.


















