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Stratégies et bouches cousues

Erwan Tabarly / Athema
DR

Quand il s’agit d’abattre ses cartes, tout joueur d’expérience sait qu’il est bon de jauger ses adversaires. Et ce, même si les jeux sont faits. C’est là qu’on tire des indications sur le mental de ses partenaires de table, c’est aussi là qu’on ressent cette petite bouffée d’adrénaline que recherche tout compétiteur.
Pour certains des concurrents de la Transat AG2R, les options sont claires ; à l’ouest, les amoureux des grands espaces que sont Erwan Tabarly – Vincent Biarnes (Athema) et Armel Tripon – Dominic Vittet (Gedimat) cherchent à contourner la bulle anticyclonique quand les orientaux de Solar Inox (Ronan Guérin – Luc Poupon) et Concarneau Saint-Barth (Eric Péron – Miguel Danet) cherchent à faire de même, sur l’autre face de la difficulté. Plus au centre, les écarts se sont réduits comme une peau de chagrin entre Financo (Nicolas Troussel – Christopher Pratt), Cercle Vert (Gildas Morvan – Jean Le Cam), Banque Populaire (Jeanne Grégoire – Nicolas Lunven) ou bien encore Suzuki (Thierry Chabagny – Corentin Douguet). Dans ce petit groupe de ténors, il va s’agir de trouver un couloir de vent de l’exploiter au mieux. Plus que les fichiers météo, c’est la lecture du ciel, l’observation du baromètre et des orientations du vent qui feront la différence : quand la technologie montre ses limites, rien ne vaut une bonne navigation à l’ancienne faite de pragmatisme et d’intuition. Et surtout, la stratégie du secret devient règle d’or… Premier verdict d’ici vingt-quatre heures peut-être.

Mélancolie du grupetto

Et puis, il y a les autres. Ceux qui, petit à petit ont fini par perdre pied dans cette régate acharnée. Le petit temps pourrait ainsi faire penser à une étape de montagne du Tour de France cycliste. Devant les cadors continuent à leur rythme, quand mètre après mètre les autres finissent par lâcher prise. Ces attardés finissent par former le grupetto qui continue l’étape sur un autre tempo. Alors commence une autre régate : on observe les adversaires directs, on se maintient le moral à voir qu’on a réussi à regagner une place. On se dit aussi que ce n’est pas forcément la guerre et qu’il est des situations dans la vie autrement plus inconfortables que de naviguer en avril en short et tee-shirt sous spinnaker. Liz Wardley (Sojasun) l’avouait ainsi : « On a fait des erreurs de jugement, on les paye… On essaye de continuer à naviguer propre et ça ne nous empêche pas de rire. » Même son de cloche sur Sablières Palvadeau où Pierre Dombre, s’il avouait être un peu déçu de son classement positivait : « C’est un bonheur de naviguer avec Aymeric. Il a l’expérience du large, c’est très sécurisant d’une certaine manière… » D’autres enfin tentent un baroud d’honneur tel Erik Nigon sur AXA Atout Cœur pour Aides : « On est les plus extrêmes dans l’est. C’est un peu, ça passe ou ça casse. On verra demain ce qu’il en est. » Mais il en est de moins chanceux encore. A bord de Luisina Eric Drouglazet avouait sa difficulté à trouver la motivation quand il avait le sentiment de ne plus faire la même course que les autres : « On reçoit beaucoup de témoignages de soutien ; c’est ce qui nous fait continuer. Et puis, on sait qu’à l’arrivée, on ne retiendra que les bons moments ! » Le bonheur se niche toujours quelque part.

Ils ont dit :

LUISINA – Eric Drouglazet (23ème au classement de 17h)

« Moralement, ce n’est pas très intéressant pour nous. On n’a pas l’impression d’être en course, mais plus de ramener le bateau. On va continuer. Sportivement, ça ne nous intéressait plus trop de continuer. Mais l’entreprise Luisina nous a envoyé des messages pour nous signaler que 90% de la boite était derrière nous et nous soutenait. Du coup, on s’est ressaisi et on le fait à fond. On relativise, on est en bonne santé, on ne va pas à la guerre. On a de la chance d’être en mer. On est des combattants dans l’âme, donc pour nous, ça ne ressemble à rien. Je remercie tout de même tout le monde, dont mon épouse, car on reçoit beaucoup de message sur le bateau. C’est ce qui nous fait continuer. Les mauvais moments seront oubliés lorsque l’on passera la ligne d’arrivée. On sait que l’on va avoir un bon accueil. »

AXA ATOUT CŒUR POUR AIDES – Eric Nigon (18ème au classement de 11h)

« Ca va pas mal, un peu dans l’incertitude, sachant que l’on est à l’extrême est pour contourner la bulle. On a du vent. Mais on sait que d’ici trois heures, ça devrait tomber. Mais on est parti sur une option, on la garde. Le problème est que les modèles météos sont un peu contradictoires. Nous sommes sur une option radicale : soit on arrive à passer à l’Est, soit on reste bloqué dedans. En tout cas, on a des plats chauds, tout ce qu’il faut pour bien se tenir au milieu de l’Atlantique. »

CERCLE VERT – Jean le Cam (2ème au classement de 17h)

« On est pas tout à fait sur la même route que Financo. On verra d’ici Madère comment ça se passe. Tout le monde doit croire à ce qu’il fait. Je guette surtout Solar Inox. Gildas se repose. Ca se passe nickel. Je suis à la barre. On a sorti l’appareil dehors car quand le téléphone sonne, ça réveille celui qui dort. Après, on va voir vraiment comment elle va évoluer dans les prochaines heures. Ce n’est pas gagné d’avance. On a foutu Bob l’éponge au placard pour sortir le parasol.

(source Transat ag2r)

La rentrée de Michel Desjoyeaux et FONCIA

foncia
DR

Michel, tu participes à bord de FONCIA au Grand Prix Petit Navire. Quel est l’intérêt de cette course ?

« Le Grand Prix Petit Navire, qui fait partie des courses exhibitions du calendrier Imoca, est un melting pot de la voile. Il y aura bien sûr des Imoca comme FONCIA, mais aussi une centaine de Dragon, une centaine de kitesurfers, des planches à voile, des Class 40, des Transat 6,50… Tout ça sur des parcours adaptés et visibles depuis la côte afin que le grand public puisse voir évoluer ces engins nautiques sans être obligé d’aller sur l’eau. Le cadre est superbe ! C’est la fête de la mer, des bateaux à voile et de la vitesse avec ces fameux runs (record de vitesse sur quelques milles). »

Des souvenirs de ta précédente participation ?

« En 2007, il s’agissait de nos premières navigations à bord de FONCIA et de ma première participation au Grand Prix Petit Navire. D’entrée de jeu, nous avions pu faire naviguer l’ensemble des gens qui ont participé à la construction du bateau. Je me souviens à plusieurs reprises de visages émerveillés de bonheur lorsque le bateau partait en surf à haute vitesse. Cela avait été une grande découverte pour certains d’entre eux. L’autre souvenir, ce sont les kitesurfers qui sillonnent le plan d’eau en jouant avec leurs petits cerfs-volants. Et pour moi qui essaie de m’y mettre depuis quelques temps, cela me plaît bien de les regarder évoluer à nouveau cette année. Douarnenez et le Grand Prix Petit Navire, c’est tout ça ! »

Tu viens de terminer une session d’entraînement à Port-La-Forêt avec d’autres Imoca 60 pieds. Quels étaient tes objectifs ?

« On sort effectivement de 4 jours d’entraînement en solitaire à 5 bateaux. Ce stage est une occasion assez rare de se confronter sur ces bateaux en mode solitaire. Cela a été un bon test pour FONCIA. C’était également l’occasion de voir ce qui a pu progresser chez la concurrence après les chantiers d’hiver. Visiblement, FONCIA est bien dans le coup. Je suis même un peu plus rassuré, ce qui ne veut pas dire qu’il faut complètement relâcher son attention, bien au contraire. L’Artemis Transat arrive très vite mais le Vendée Globe également. Nous n’avons plus que quelques mois pour fiabiliser définitivement la machine et apprendre à la connaître un peu mieux encore. »

Justement, après le Grand Prix Petit Navire il sera temps de regagner Plymouth et l’Angleterre pour le départ de The Artemis Transat. Comment te sens-tu ?

« Les conditions qui nous attendent sont extrêmement dures, peut-être plus que dans les mers du sud car nous progresserons contre les vents dominants. Cela requiert une concentration plus forte. Le matériel va être très sollicité, sachant que l’on va terminer dans les bancs de Terre-Neuve, dans le brouillard et dans le froid. Il y a 4 ans, j’étais monté jusqu’à 54 degrés Nord. La mer et le fond de l’air étaient froids, humides. Après la course, j’ai mis à peu près 15 jours à retrouver la totale sensibilité de mes doigts. Il faut donc rester concentré car si l’objectif est intéressant, il est aussi très difficile. »

Programme du Grand Prix Petit Navire 2008 :

Du 25 au 29 avril : Imoca 60 pieds, Classe 40′ et Mini 6,50
Du 26 avril au 3 mai : Dragon
Du 28 au 30 avril : Optimist
Du 1er au 4 mai : championnat d’Europe de Kite crossing
Les 3 et 4 mai : journées portes ouvertes au Port Rhu

Marc Guillemot : « Un bon test avant la Transat »

safran
DR

Marc, ces premières 24 heures de navigation depuis la fin du chantier d’hiver ont-elles été satisfaisantes ?

Très satisfaisantes. On a pu tester tous les travaux qui ont été effectués sur le bateau depuis début janvier et je peux dire que tout est ok : ce qui a été fait l’a été dans le bon sens. Certaines manœuvres sont plus faciles, des détails de confort ont été améliorés. Tout ce que j’avais pu noter comme améliorations à faire lors des deux transats, la Jacques Vabre et la B to B, ont été réalisées et bien réalisées. On a corrigé des petits défauts de jeunesse du bateau.

Vous avez notamment changé le système de barre… Résultat ?

Je trouvais Safran dur à la barre lors des deux transats, alors on a tout revu, changé, amélioré, des paliers à l’ensemble. On a éliminé tous les frottements, le jeu… et on a fait d’énormes progrès ! Safran est désormais d’une grande facilité à barrer. Le résumé c’est ça : j’ai l’impression que tout est plus facile à bord… Même si on est encore loin de la navigation sans effort, il ne faut pas exagérer tout de même !

Pourquoi participer à ce Grand Prix Petit Navire ?

D’abord parce que je trouve important que chaque membre de l’équipe navigue sur le bateau et ce Grand Prix en équipage nous en donne l’occasion. Ensuite c’est un bon test avant la Transat que de pouvoir se comparer aux autres sur des runs de vitesse. Enfin, nous avons encore des voiles neuves à essayer et il n’y a rien de mieux que la confrontation pour ça. Disons qu’on n’est pas dans un objectif de performance à tout prix, mais on sait bien qu’une fois la procédure lancée, on se met au taquet ou presque, alors… Et ce Grand Prix est une bonne étape dans la préparation de la Transat Anglaise.

Regroupement en tête

Thierry Chabagny / Suzuki Automobiles
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À l’aube de cette nouvelle journée, la flotte progresse entre la latitude de Lisbonne et du Cap Saint Vincent à la pointe sud-ouest du Portugal. Il reste 360 milles à parcourir pour rejoindre la porte de Porto Santo, dans l’archipel de Madère, que les premiers espèrent doubler dimanche après-midi. À la faveur de son option Est, tout un petit groupe est désormais de retour dans les hauts du classement. Cercle Vert et Banque Populaire pointent dans le tiercé de tête. Mais c’est sans compter aussi avec Suzuki Automobiles (Chabagny-Pratt) qui récolte les fruits de son option le long des côtes portugaises. 12ème à 31 milles des leaders, le voilà 4ème à moins de 7 milles : belle opération !

Solar Inox dans le top ten

Même topo du côté de Solar Inox (Guérin-Poupon) qui revient en fanfare dans le top ten. Le bonheur des uns faisant toujours le malheur des autres, Gedimat (Tripon-Vittet), le pionnier de l’Ouest, a perdu des places et du terrain, il est 10è à 27 milles. Les équipages profitent désormais de l’alizé portugais bien établi de 10-12 nœuds pour progresser sur la route. Un bonheur simple tout compte fait après les affres de la pétole molle. Cela fait du bien ! Priorité à la vitesse et à la glisse avant un petit ralentissement escompté dans les heures à venir. La journée s’annonce encore propice à quelques rebondissements…

Vent retrouvé pour toute la flotte

Financo - Nicolas Troussel
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Le vent retrouvé sur la majeure partie de la flotte contribue largement à l’état de béatitude générale qui régne sur la course. Qu’il s’agisse de Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) ou de Jeanne Grégoire (Banque Populaire) le long des côtes du Portugal, de Dominic Vittet (Gedimat) auteur d’une remontée spectaculaire à la deuxième place du classement général à l’Ouest ou de Bertrand de Broc (les Mousquetaires) sagement calé au centre du plan d’eau, tous sont contents…
Paradoxe ? Pas tellement. Les partisans de l’Est se réjouissaient à midi de voir que leur vitesse était très légèrement supérieure à celle de leurs concurrents, les explorateurs de l’Ouest étaient ravis de constater qu’ils étaient encore dans le match, quand les conservateurs du centre respiraient de constater qu’aucun concurrent ne les avait débordés par les extérieurs.

Financo toujours en tête

Reste que pour Nicolas Troussel et Christopher Pratt (Financo), solides leaders de ce début de Transat AG2R, il va être fort difficile de contrôler les attaques conjointes des deux groupes d’extrémistes qui ont choisi de jouer le dos de la cuillère. Les heures à venir risquent d’être cruciales : à l’Ouest le tandem Vittet – Tripon espère bénéficier d’un angle de vent plus favorable pour pouvoir descendre rapidement sur Madère. A l’Est la flotte emmenée par Chabagny – Douguet et Morvan – Le Cam au coude à coude, espère bien bénéficier d’un flux de vent plus soutenu pour compenser un angle d’attaque moins intéressant. Les centristes, quant à eux, espèrent que les débats resteront équilibrés. Quant aux autres qui, faute d’une option prise suffisamment tôt, se sont fait légèrement décrocher, ils attendent la faute de leurs devanciers pour espérer recoller au classement. Au bout du compte, chacun a de bonnes raisons d’être heureux.

Ils ont dit :

Dominic Vittet, Gedimat, 7ème au classement de 17h

« On s’en est pas mal sorti ! On a eu un coup de Jarnac au large du Cap Finisterre. On est tombé dans une bulle. On descendait sous spi et on s’est arrêté 4 heures. On a perdu 20 milles sur toute la flotte. On réfléchissait pour revenir. Rien n’était garanti. Suzuki a fait une belle option. Son choix était clair. Soit les bateaux allaient à l’Est comme Suzuki, soit à l’Ouest comme nous. L’intermédiaire entre les deux me paraissait risqué, quoique Financo navigue bien. Ce sont des décisions qui ne sont pas faciles. La configuration pour Madère n’est pas celle que l’on attendait. Donc on modifie nos stratégies au fur et à mesure qu’on avance. Sinon, Armel c’est la gentillesse même, à chaque instant. C’est impossible de se disputer avec lui. »

Jean Galfione, NIVEA – Athlètes du Monde, 20ème au classement de 11 h

« C’est une vraie expérience. Ce n’est pas facile, surtout avec ces conditions là. Mais le métier commence à rentrer. C’est la première fois que je passe autant de temps en mer. On a un bon rythme, on est concentré sur la bonne marche du bateau. Dans les conditions difficiles, Gilles travaille plus que moi. J’essaye de l’assister. Je m’efforce de faire les repas. On gère le sommeil en fonction du bateau. Il y a de la fatigue mais je tiens. Je suis très heureux d’être là. C’est un rêve. Les deux, trois premiers jours étaient difficiles, dont le passage au Cap Finisterre. C’est une expérience à vivre. Il y a moyen de revenir doucement et de se faire plaisir. »

Jean-Paul Mouren, SNEF – Cliptol Sport, 6ème au classement de 17h

« La nuit a été difficile pour des raisons de manque de vent. Notre position à l’Est de la flotte est un choix. On était persuadé de récupérer plus de flux. Il y a encore des problèmes à venir avant Porto Santo. On chasse les molécules de vent et on va essayer d’enfiler les perles dans le bon sens. C’est un énorme jeu d’échec ou de Monopoly. Ce sont vingt jours où il faut avoir du bon sens. Quand on aperçoit le bateau organisation pas très loin de nous, on pense : et dire qu’il y a un bar à 20 mètres. »

Alinghi annonce la construction imminente d’un multicoque

Gautier Alinghi Coupe
DR

“Nous avons aujourd’hui un programme,” a déclaré Brad Butterworth, skipper de l’équipe et tacticien. Ernesto (Bertarelli) s’est engagé à construire ce multicoque et si l’affaire en cours devant les tribunaux de New York est résolue – avec notamment l’éventualité d’une date en 2009 – nous régaterons face à BMW Oracle sur un grand multicoque, ce qui est plutôt passionnant. Nous avons gardé la plupart des marins présents pour la dernière America’s Cup, mais nous sommes un peu moins nombreux puisque nous prévoyions à l’origine de courir sur un seul bateau de 90 pieds. Maintenant que nous nous préparons à un défi en multicoque, nous avons intégré de nouveaux membres spécialisés dans ce domaine, notamment Alain Gautier. Et puis nous avons toujours Nicolas Texier et Jan Dekker qui ont tous deux beaucoup d’expérience en la matière.”

“Nous avons un très bon programme de navigation pour cet été qui permettra aux gars de continuer à régater. La saison en Méditerranée est sur le point de commencer. Nous avons les X40 à Valencia et nous participerons à l’iShares Cup, ainsi qu’au Challenge Julius Baer en D35 sur le Lac Léman. Certains équipiers navigueront également sur Alfa Romea avec Neville Crichton et sur Numbers avec Dan Meyer. Cela promet de beaux moments de régate.” La première épreuve sera le Grand Prix Chopard (du 2 au 4 mai) à Genève à bord du D35.

De nouveaux membres dans l’équipe

Depuis la victoire dans l’America’s Cup en juillet 2007, plusieurs personnes ont rejoint Alinghi. John ‘JB’ Barnitt (USA), qui faisait déjà partie de l’équipe lors de la 31e édition, a réintégré le team en janvier cette année en tant que directeur sportif, tout comme le Français Alain Gautier, skipper de multicoque, qui sera consultant et coach de l’équipe sur le 60 pieds ORMA Foncia.

Le bureau d’architectes accueille lui aussi de nouveaux visages : Tom Schnackenberg (NZL), vétéran de l’America’s Cup, Silvio Arrivabene (ITA), directeur de la construction et du programme du design team, Daniele Costantini (ITA), ingénieur spécialisé dans la mesure des charges, Andrew Mason (AUS), responsable du velocity prediction program et ingénieur consultant, Daniel Bernasconi (GBR), ingénieur spécialisé dans l’estimation des performances et Andreas Winistoerfer (SUI),spécialiste gréement composite et dessin du gréement. Avec ces nouvelles recrues, Alinghi reste une équipe multinationale qui regroupe plus de vingt nationalités différentes.

Design et construction : bientôt à plein régime
Le coordinateur du design team d’Alinghi, Grant Simmer, explique où en est le Defender dans sa préparation pour le Deed of Gift Match en multicoque : “ce défi est évidemment très différent de ce à quoi la plupart d’entre nous est habitué au bureau d’architectes d’Alinghi, mis à part Dirk Kramers qui était impliqué dans la campagne Stars & Stripes en 88, mais nous allons à construire une belle bête et les charges sont disproportionnées par rapport aux bateaux sur lesquels nous avons travaillé. Les ingénieurs sont à la fois soucieux et enthousiastes d’un point de vue architectural. Il s’agit d’un bateau extrêmement rapide et grisant.”

La satisfaction de Seb Josse

Sébastien Josse
DR

Le 60 pieds fraîchement remis à l’eau effectuait sa première sortie dans des conditions propres à révéler son potentiel, et sur le pont les membres de l’équipe technique restaient concentrés. Un œil sur les tensions de gréement, l’autre sur les instruments, les mains occupées à mémoriser tactilement les différentes combinaisons de commandes de ballasts… Il y avait fort à faire, et peu de raisons de s’octroyer une pause dans la mesure où un certain individu que nous ne nommerons pas avait (délibérément ?) laissé les sandwiches sur le quai.

Sensiblement plus léger qu’à son entrée en chantier, BT a été mis à nu, poncé jusqu’au carbone, repeint et équipé d’un nouvel accastillage. On n’oubliera pas de mentionner ses « moustaches » d’étrave, destinées à dégager celle-ci aux allures de portant et de reaching à haute vitesse. Le planning n’aura pas été des plus simples à gérer, et l’équipe technique franco-anglo-néoZ n’a pas ménagé ses efforts afin d’atteindre les objectifs suivants :
a) Mettre à l’eau un navire performant dès les premières sorties
b) Garantir que le navire susmentionné arrive en temps et en heure à Londres pour son baptême officiel le 29 avril
c) Faire en sorte que ledit engin soit capable de donner du fil à retordre à une concurrence sérieuse sur The Artemis Transat, au départ de Plymouth le 11 mai.
« Je dirais simplement que le bateau est au top question esthétique, performances et sensations », résumait simplement Seb alors que nous venions de virer sous les Poulains. « Et ça, c’est à mettre au crédit de l’équipe, personne n’a compté ses heures et ça se voit. Maintenant, à moi de leur rapporter de beaux résultats pour les remercier de tout le boulot abattu. »

Jocelyn Blériot / Team Ellen

Erwan Tabarly : “J’ai faim”

Tabarly et Biarnes
DR

Il a beau s’appeller Tabarly, Erwan (33 ans) vient de passer deux saisons à douter. Après l’arrêt de son sponsor (Thalès) en 2006, le Fouesnantais a cru qu’il allait en trouver un autre rapidement. Certes, il en a bien eu des partenaires mais "uniquement des sponsors d’une course, aucun pour une saison complète". Pas l’idéal pour obtenir des résultats.
 
Toujours placé jamais gagnant
 Alors, il en a profité pour faire autre chose. Pour changer de suppports. Sur le VOR 70 "Abn Amro" en Suède, et l’hiver dernier, sur le 50 pieds de la Solo Océane qu’il devait mettre au point. "Avec, à la clé, un mois et demi de mer jusqu’à Cape Town en Afrique du Sud".
Il s’est efforcé de garder un pied dans le circuit Figaro : un Tour de Bretagne en double (2e) et une Cannes – Istanbul (1er). D’excellents résultats et toujours pas de sponsor à l’horizon. A n’y rien comprendre. "Après sept ans sur Figaro, je ne voulais pas quitter le circuit comme ça, sans avoir pu atteindre mes objectifs".
Ses objectifs ? Gagner la Solitaire du Figaro et la Transat ag2r. Rageant, en effet, de s’arrêter si près du but lui qui peut se prévaloir d’un titre de vice-champion de France de course au large en solitaire en 2003 (4e en 2004 et 2005), de sept participations à la Solitaire du Figaro (6 podiums d’étapes), quatre Transat AG2R (victoire d’étape en 2002) et deux "Trophée BPE" (4e en 2001).
"Disons que j’étais toujours placé et jamais gagnant". Erwan Tabarly sorte de Poulidor du Figaro ? "Peut-être que j’ai trop de retenu dans mes options. Peut-être devrais-je prendre plus de risques".
 
"Je repars d’une feuille blanche"
 Dans le circuit Figaro, il y a les "suiveurs" et les "déclencheurs", ceux qui tentent des coups : "Je me range dans la deuxième catégorie mais il me manque probablement l’aspect killer".
A terre, Erwan Tabarly, père de trois enfants, n’est pas un tueur : c’est quelqu’un de très discret. "Mais attention, en mer, j’ai la hargne". Après deux années difficiles, le skipper de Athema a faim. Il le dit : "Je repars d’une feuille blanche et cela me donne une grande envie d’aller naviguer".
Après son père Patrick, Philippe Vicariot, Jean-Luc Nélias et Gildas Morvan, Erwan a choisi d’embarquer le Costarmoricain Vincent Biarnès à bord de Athema, son nouveau partenaire pour trois ans : "Vincent a le même profil que le mien. C’est sa première transat donc il va m’apporter un regard nouveau".
 
Philippe Eliès

Record de participants à la 10e Semaine de Porquerolles

semaine de Porquerolles 2007
DR

Porquerolles fera dès le mercredi 30 avril des merveilles pour accueillir dans l’ambiance festive qui a fait sa réputation les quelques 600 marins appelés à en découdre dès le jeudi 1er mai. La Semaine de Porquerolles 10ème du nom, va de nouveau donner le ton de la saison de courses en Méditerranée, pleine d’actions, de sport et d’amitié.

Les plus beaux voiliers de série dûment répertoriés en 3 classes IRC 1, IRC 2 et IRC 3 accourent des quatre coins de la Méditerranée. Participer à la Semaine de Porquerolles n’est pas qu’un simple épisode festif. C’est devenu au fil des 9 éditions une confrontation de haut niveau où chaque régatier vient avant l’été juger du bien fondé de ses travaux d’hiver. La jauge IRC choisi cette année pour donner un maximum d’équité aux régates, satisfait le plus grand nombre et chacun vient à Porquerolles convaincu d’avoir sa carte à jouer malgré la densité et la qualité de la flotte. Si le Mistral ne vient pas jouer les trouble-fêtes, l’ambition du Comité de course placé comme à l’accoutumé sous l’autorité de Nathalie Peberel est de lancer un maximum de courses au contact, avec l’incontournable parcours côtier entre entre Port Cros, Iles du Levant et presqu’île de Giens.

Programme :

Mercredi 30 avril 2008
9h à 18h : Confirmation des inscriptions (clôture définitive à 18h) à Porquerolles
Jeudi 01 mai 2008
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier (plusieurs manches à suivre)
Vendredi 02 mai 2008
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier (plusieurs manches à suivre) Arrivée à Porquerolles
Samedi 03 mai 2008
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier (plusieurs manches à suivre) Arrivée à Porquerolles
20h00 : "dîner des Vignerons"
Bal sur la place du village
Dimanche 04 Mai
Régate au départ de Porquerolles
11h : Mise à disposition en mer, banane ou côtier
16h00 Remise des prix à Porquerolles après les courses du jour.

A noter :

La Dixième Semaine de Porquerolles est organisée par le Yacht Club de Porquerolles (Y.C.P.) et l’International Yacht Club de Hyères (I.Y.C.H.).
Elle est fortement soutenue par l’ensemble des collectivités locales, Conseil Général du Var, Région PACA, Ville d’Hyères, Total Gaz, Aigle, Transports Littorales varois… et est placée sous le haut patronage du Yacht Club de France.
Cette épreuve se déroulera en baie de Hyères du 01 au 5 mai 2008, à partir de l’Ile de Porquerolles.
Classe Invitée : Les X yachts
65 voiliers inscrits, répartis en 3 Classes, sous l’égide de la jauge IRC

Par ici la sortie ?

Gedimat 2008 au pres
DR

 24 heures que cela dure. Les vitesses des Figaro Bénéteau oscillent au gré de la pression du vent du moment : de 2-3 nœuds, elles peuvent grimper jusqu’à 4 nœuds dans les pointes, avant de rechuter. La progression au large des côtes du Portugal reste laborieuse. Les chiffres sont là et parlent d’eux-mêmes. Le duo Troussel-Pratt a parcouru hier 36 milles nautiques en 12 heures. Voilà qui donne une bonne idée de la moyenne du leader de la flotte !  Ce matin, et après 24 heures de labeur, il affiche une progression de 80 milles nautiques. Dur, dur…

Pétole, pétole, pétole

Cette nuit encore, Eole est resté dans les bras de Morphée, laissant les équipages se débattre avec de trop rares risées. Un contexte néanmoins favorable et plus confortable pour recharger les batteries. N’empêche ne chassons pas trop le naturel régatier des marins embarqués, il pourrait revenir au galop ! La course a changé de rythme mais certainement pas d’intensité. La route jusqu’aux alizés reste semée de pièges et d’embûches. Le risque de voir un Figaro s’échapper existe. Le suspense persiste. Où et quand le vent va-t-il se réveiller ?
Jean Maurel, à bord du bateau Organisation, plante le décor de cette nuit étoilée : « Pétole, pétole, pétole ! Au niveau des conditions, il n’y a rien à dire : les bateaux sont scotchés, il n’y a vraiment pas de vent. On pensait qu’un vent de Nord-Est arriverait hier, mais nous n’avons toujours rien. Pour moi au début de cette course, il y a deux entonnoirs inversés : le premier au départ de Concarneau, puis il y en aura un second à l’approche de Madère. Là, il devrait y avoir un resserrement et l’on devrait y voir plus clair… »
 
Guerre du vent

Ce matin, les marins ne sont pas bavards. La guerre du vent est déclarée. Pour preuve, les quelques mots accordés par Jean Le Cam. À bord de Cercle Vert et en compagnie de Gildas Morvan, il est parti à la chasse aux alizés sur la route du Sud : « Ca va, ça ne se passe pas mal ! Nous sommes à côté de Banque Populaire,  et SNEF Cliptol Sport doit être dans le coin sans doute. On n’a pas de vent, la nuit a été super calme. Nous nous dirigeons vers le Sud. On verra de quoi demain sera fait. On devrait toucher du vent à nouveau. On verra, une dorsale anticyclonique n’est pas une science exacte. Gedimat ? Oui, il est plus Nord-Ouest, on verra pour eux. Mais, nous sommes très contents d’être là où on est ! » Nous n’en saurons pas plus.

A l’aube, Cercle Vert est 7ème à 23 milles du leader. Comme la plupart des partisans d’une route le long des côtes portugaises, il accuse du retard. Pour combien de temps encore ?  Cette nuit, les écarts se sont creusés. Mais, aux yeux de Jean Maurel, rien n’est encore joué : «  Gedimat est remonté dans le classement cette nuit, ils ont bien marché dans l’Ouest, mais en même temps je n’étais pas inquiet pour eux. C’est typique lorsque l’on part seul de son côté : ça passe ou ça casse. Mais bon, pour moi rien n’est encore significatif… » Gagner le Sud, ou ne pas perdre le Nord, telle est encore la question…

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