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1000 milles d’avance pour Dick et Foxall

Paprec virbac
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Paprec-Virbac 2, toujours à l’arrière d’une dépression qui lui assure des vents de sud 20 nœuds et plus, se rapproche des côtes chiliennes à 16 nœuds de moyenne. Tandis qu’Hugo Boss a encore du mal à s’extirper des mous anticycloniques dans lesquels il s’est fait prendre il y a 24 heures, Jean Pierre Dick et Damian Foxall sont en train de s’échapper (plus de 1000 milles d’écart au pontage de 8h), à moins de 48 heures du passage du cap mythique.
3000 milles derrière les leaders, Temenos II a réussi à contenir le retour de son plus proche rival Mutua Madrileña (ce matin à 138 milles), grâce à l’entrée d’un vent de nord-ouest soutenu hier dans la journée. Les deux adversaires ont encore de quoi ‘jouer’ tactiquement : le tandem espagnol conserve toujours une position plus sud que Dominique Wavre et Michèle Paret.
En queue de peloton, Educacion Sin Fronteras est en train de plonger, pratiquement au vent arrière, dans le Pacifique Sud. Mais avec une vitesse moyenne sur 4 heures excédant à peine les 10 nœuds, il était ce matin (outre Hugo Boss) le bateau le plus lent de la flotte.

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IDEC devrait passer l’équateur jeudi

Start Idec
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Francis Joyon et IDEC incurvent lentement mais sûrement depuis hier après-midi leur route au Nord Nord Ouest. Ce n’est pas encore la route directe vers Brest et "la maison", mais après une semaine passée à louvoyer au gré des grains disséminés en plein dans son axe, Francis ne doit certes pas déplorer de pouvoir ainsi rester tribord amure à jouer avec les oscillations du vent. Ce dernier devrait gagner en force et en stabilité tout en prenant de plus en plus de droite (Est).
Le géant IDEC pourra ainsi s’appuyer plus que lutter contre les éléments et allonger une foulée que l’on sait longue et déliée depuis ses exploits dans les mers hostiles du grand Sud. Avec cette adonnante tant attendue et les régimes alizéens d’Est, l’exercice comptable de l’entreprise Joyon va de nouveau voir ses chiffres prendre de la hauteur. Ce matin déjà, son avance "pharaonique" sur le record d’Ellen MacArthur, en chute libre depuis le Horn ( plus de mille milles nautiques "perdus") est repartie à la hausse. Au terme de 45 jours de course en 2004, Ellen MacArthur venait de franchir le cap Horn. IDEC, lui, pointe vers la corne du Brésil. Francis aura ce soir glissé sous la barre des 4000 milles restant à parcourir. Un passage de l’Equateur est envisageable après demain jeudi. Resteront à négocier le Pot au Noir et les régimes dépressionnaires d’Ouest de l’Atlantique Nord bien connus du navigateur Morbihannais.

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Dick et Foxall au Cap Horn dans trois jours

Virbac
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Paprec-Virbac 2 a remis un peu de nord dans sa route pour retrouver de sa superbe cette nuit avec une vitesse moyenne digne de ce nom (17 nœuds sur les quatre dernières heures). Les leaders Jean Pierre Dick et Damian Foxall font désormais cap à l’est, et naviguent au largue, à l’arrière d’une dépression qui va les emmener jusqu’au cap Horn dans moins de trois jours.

785 milles derrière, ce sera vraisemblablement au tour d’Hugo Boss de subir un ralentissement, du à cette zone de haute pression qui a précédemment freiné le tandem Dick/Foxall. Vents erratiques et probablement contraires à prévoir à bord du bateau noir dans les prochaines heures.

Respectivement 3e et 4e, Temenos II et Mutua Madrileña sont à la lutte. Comme le prévoyaient Dominique Wavre et Michèle Paret, le duo espagnol se rapproche inexorablement de leur tableau arrière. Selon leur analyse également, le come back de Sanso et Rivero devait se cantonner à environ une centaine de milles. C’est à peu près l’écart qui séparait les deux adversaires au classement de 6h00 ce matin. Or, Mutua Madrileña, plus sud que Temenos II, était toujours 3 noeuds plus rapide…

Enfin, Educacion Sin Fronteras était le dernier concurrent à passer hier soir à 18h47 GMT (19h47 heure française) la porte 5 du détroit de Cook.

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Joyon : “je souffre de voir souffrir mon bateau”

idec
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La progression vers l’Equateur est cependant à ce prix et Francis Joyon y souscrit d’autant plus volontiers qu’il sent proche la délivrance avec cette très attendue adonnante. En abordant les régimes d’alizés d’Est, Francis va en effet peut-être dès demain soir sentir le vent tourner doucement sur sa droite. Travers au vent, IDEC retrouvera alors un confort de route propice à une plus grande vitesse vers l’Equateur…

"Des grains très violents"

"Je souffre de voir souffrir mon bateau…" Joyon le marin est tout entier résumé dans cette phrase. Sans égard pour sa personne est limité quant il s’agit de multiplier changements de voiles et virements de bord. Le skipper d’IDEC grince des dents et souffre en silence à chaque creux dans lesquels les 9 tonnes de son trimaran viennent brutalement s’enfoncer. "J’ai eu toute la nuit des grains très violents sous de sombres nuages, et l’allure du bateau était très inconfortable, avec de très gros chocs dans les vagues." On le voit, la froideur des chiffres de sa progression au large du Brésil masque la dure réalité de cette phase si cruciale d’un tour du monde où, aux vitesses débridées du grand Sud, le marin supplée par la stratégie et l’intelligence de course. Alors que la chaleur se fait durement ressentir dans l’habitacle peu ventilé du trimaran, Francis se montre aux petits soins pour son grand voilier qui compte déjà plus de 21 000 milles réellement parcourus au compteur.

"J’ai perdu mon aiguillon"

Le retrait sur avarie de Thomas Coville, lui, laisse un grand vide dans l’esprit de Francis Joyon qui, depuis la genèse d’un projet indirectement partagé, a toujours composé avec les choix architecturaux et technologiques du trimaran Sodebo. "En battant mon record des 24 heures, Thomas a prouvé tout le potentiel de son bateau. Il est certain que de ne plus le savoir sur l’eau enlève un peu de pression. Il était mon "incitateur de performance". Mais je demeure complètement en recherche d’efficacité, à me battre pour chaque minute…"

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Paprec-Virbac 2 à fond, Hugo Boss au ralenti

Paprec virbac
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La vitesse a un prix, et les conditions sont très difficiles pour le tandem Dick-Foxall, aux prises avec de violents grains. Une situation en totale opposition avec celle vécue par Alex Thomson et Andrew Cape, totalement encalminés dans les 50èmes "hurlants" ! "Nous n’avons pas eu un calme aussi plat depuis les Canaries", résumait un Alex Thomson très philosophe lors de la vidéo conférence du jour, "mais cela ne sert à rien de se lamenter". Peinant à dépasser les 5 noeuds, le puissant Hugo Boss bute dans la dorsale anticyclonique et ne semble pas trouver de porte de sortie. Les deux navigateurs s’attendaient à cette situation et l’avaient anticipée lorsque nous leur avions parlé ce week-end, le cauchemar prend corps et l’hémorragie de milles est pour l’heure impossible à contenir. "Nous ne pouvons rien y faire, et les faits sont simples : nous nous sommes arrêtés à Wellington, et nous ne pouvions pas nous attendre à rester au contact de Paprec-Virbac 2", résumait Alex.
Pendant ce temps, à plus de 860 milles devant, on se fait copieusement brasser, et les longues sessions à la barre sont une vraie "torture", selon les mots de Jean-Pierre Dick. Conséquence directe, le duo franco-irlandais passe le plus clair de son temps à l’intérieur, même si le temps à grains – "ça passe brutalement de 20 à 35 noeuds" – oblige à effectuer de fréquents réglages. "Ce n’est pas évident de bien toiler le bateau", expliquait Jean-Pierre, "on tâche de ne pas prendre trop de risques et de limiter les efforts sur le matériel." Le cap Horn n’est plus qu’à deux jours de mer !

Joli match pour la 3e place

Entre Temenos II et Mutua Madrileña, la partie est bien plus serrée puisque l’écart, comme l’avait prédit Dominique Wavre ce week-end, est tombé à une centaine de milles. "On aurait dit que la Nouvelle-Zélande ne voulait pas nous laisser partir", indiquait le skipper Suisse aujourd’hui, alors que son monocoque renouait avec des vitesses dignes de son potentiel. "Nous sommes au reaching dans 20 noeuds de vent, il reste une grosse houle de sud qui fait rouler un peu le bateau (…) mais on retrouve l’apétit après un passage très frustrant." Les choses devraient à présent se stabiliser quelque peu entre le troisième bateau de la flotte et son poursuivant même si la situation météo apparaît complexe après les prochaines 48 heures… Wavre et Paret devraient pouvoir souffler un peu avec le retour tant espéré d’un vent soutenu, et ce d’autant plus que Javier Sanso nous avouait cet après-midi son intention de lever un peu le pied.
Servane Escoffier, à bord d’Educacion Sin Fronteras, a elle livré un joli témoignage après deux mois de mer : "Nous sommes lundi , nous entamons notre 9eme semaine de mer Nous avons passé la cinquième porte de parcours de cette Barcelona World race à bord d’Educacion sin Fronteras. Nous avons vu la terre, première fois depuis le 21 novembre dernier…yoouhouuuu, je commence à comprendre ce que devaient ressentir les flibustiers et autres marins d’il n’y a pas si longtemps. Terre terre!!! C’est tout de même étrange de venir jusqu ici et de pas s ‘arrêter faire une petite visite, vous trouvez pas? (…) Au passage de la ligne dans le détroit de Cook, un zodiac est venu à notre rencontre afin de récupérer ce que nous avons filmé, ça m’a fait tout bizarre de voir des personnes pour la première fois depuis 55 jours, j’en avais presque la larme à l’oeil alors que je ne les connaissais pas hormis Alistair qui travaillait à côté de nous à Barcelone. Alors, quelles émotions nos aurons si nous parvenons à finir ce tour du monde, lors de nos retrouvailles avec tout le monde à Barcelone?!! ça sera magnifique!! Faut qu’on y arrive rien que pour vivre cela !"

Le classement du 7/01/2008 à 17h

1 PAPREC-VIRBAC 2 à 11842 milles de l’arrivée
2 HUGO BOSS à 222 milles du leader
3 TEMENOS 2 à 1662 milles
4 MUTUA MADRILENA à 2015 milles
5 EDUCACION SIN FRONTERAS à 3138 milles
ABD ESTRELLA DAMM
ABD DELTA DORE
ABD PRB
ABD Veolia Environnement

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Thomas Coville contraint à l’abandon!

sodebo
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Exactement 5 minutes après avoir battu le record de distance sur 24 heures et alors qu’il naviguait dans la première partie de l’Océan Indien, à la latitude des Iles Kerguelen, Thomas Coville monte sur le pont pour réduire et découvre qu’il a perdu la crash box du flotteur tribord. Même s’il est trop tôt pour déterminer les causes exactes de cette avarie, le skipper de Sodeb’O qui avait vu hier deux icebergs de plusieurs centaines de mètres de long, constatait qu’il y avait des growlers – morceaux de glace flottant entre deux eaux – autour du bateau. Le trimaran se déroute actuellement vers Capetown (Afrique du Sud) distante de 1300 milles.

619,3 milles en 24 heures

On imagine la déception du skipper qui venait de battre – à 1h45 heure française ce samedi 5 janvier – le record des 24 heures en solitaire. Thomas Coville a parcouru 619,3 milles à la moyenne de 25,8 nœuds. Il bat ainsi de trois milles le record détenu par Francis Joyon (616,03). Le record est actuellement en attente d’homologation auprès du WSSRC . A noter que Thomas Coville a battu le record lors de sa 20e journée de navigation, tout comme Francis Joyon, et dans la même zone de l’Océan Indien, avec qui plus est un schéma météo assez similaire, en avant d’une dépression.

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Prochain passage : Le Cap Horn

iceberg barcelona race jean pierre dick
DR

31 décembre 2007 – Jour 51
Grosse frayeur pour Jean-Pierre Dick et Damian Foxall, qui lundi 31 décembre relatent avoir frôlé de près un iceberg imposant par 54°S. La veille permanente est plus que jamais d’actualité, pour autant les leaders n’envisagent pas de modifier leur route : "On a mis un peu de Nord dans notre route, mais nous n’allons pas changer notre stratégie maintenant", explique Jean-Pierre Dick. "Nous avons assez galéré comme ça ces deux derniers jours pour venir chercher de la pression et un meilleur angle de vent dans le Sud pour ne pas en profiter maintenant que nous y sommes !" Hugo Boos évolue pour sa part à 45°S, cherchant à contourner par le nord un système de hautes pressions. Et alors que Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias ont mis pied à terre à Fremantle après 15 jours passés sous gréement de fortune, Temenos II s’apprête à faire escale à Wellington.

1er janvier 2008 – Jour 52
La première journée de la nouvelle année n’apportera pas de changement majeur pour Paprec-Virbac 2, qui continue à tailler la route dans un champ de mines, et consigne son second iceberg croisé en deux jours. Alex Thomson et Andrew Cape bénéficient pour leur part de conditions idéales et commencent à récolter les fruits de leur option, mais il va falloir trouver la meilleure stratégie pour descendre vers le cap Horn. Du côté de Wellington, Michèle Paret et Dominique Wavre sont attendus de pied ferme, tandis que Mutua Madrileña semble prêt à prendre la troisième place à la faveur de l’escale technique de Temenos II. Educacion Sin Fronteras profite d’une accalmie, en route vers le détroit de Cook. « Cette première journée de l’année 2008 a été bien agréable ! Ca fait du bien quand ça se calme ! Albert a pu monter dans le mât pour inspecter les drisses et d’éventuels points de raguages : tout est OK", note Servane Escoffier.

2 janvier – Jour 53
Le relatif calme météo dont bénéficient les concurrents de la Barcelona World Race en ce début d’année devrait rapidement faire place à des conditions musclées, à l’avant comme à l’arrière de la flotte. Chacun dans son système météo, chacun sur sa route, avec ou sans icebergs, mais tous avec le même objectif : aller au plus vite en préservant équipage et matériel ! Temenos II est à bon port et n’attend plus qu’un verdict concernant l’état de sa quille, qui déterminera la suite des événements – l’objectif est naturellement de reprendre la course le plus vite possible. Cette option n’est évidemment pas d’actualité pour Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias, mais les deux compères de Veolia Environnement conservent tout leur humour et s’offrent un passage du cap Leeuwin. à pied ! Moment immortalisé en vidéo par ce duo qui décidément n’est jamais à court de ressources.

3 janvier – Jour 54
«Nous nous sommes décidés à la dernière minute ! » explique Javier Sanso juste après avoir mis pied à terre, jeudi matin, à 9h00 heure française. Mutua Madrileña fait donc une escale surprise à Wellington, pour le plus grand bonheur d’Educacion Sin Fronteras qui voit là une occasion de retrouver des compagnons de jeu. «Nous n’avons rien de grave à réparer", poursuit Javier Sanso "mais il est important de disposer d’un bateau fiable à 100% pour repartir dans les 50e. C’est une décision très désagréable à prendre, mais la sécurité prime avant tout. » Pour Temenos II, la course doit reprendre en début de soirée (heure française), au terme d’un arrêt qui aura duré environ 49 heures, tandis que devant, Paprec-Virbac 2 souffle un peu en sortant de la zone à risques.

4 janvier – Jour 55
Après Hugo Boss au jour 54, c’est au tour de Paprec-Virbac 2 d’accélérer la cadence à la faveur d’une forte dépression. Mais cette dernière oblige le leader à remettre du Sud dans son cap, et à se rapprocher ainsi d’éventuels icebergs. La menace blanche reste omniprésente. Dominique Wavre et Michèle Paret, à nouveau en course depuis hier soir, vont choisir leur stratégie en connaissance de cause. De l’autre côté de la Nouvelle-Zélande, Educacion sin Fronteras progresse à très petite vitesse vers le détroit de Cook. Comme l’explique Servane Escoffier, "On a affalé la grand voile pour éviter que ça fasseye en faisant rouler le bateau d’un bord sur l’autre avec de grands à coups dans le gréement. On pense pouvoir la hisser à nouveau bientôt. On en a profité pour réparer un petit trou, qui aurait pu devenir grand. c’est bien d’avoir pu le faire."

Week-end du 5-6 janvier – Jours 56 / 57
Paprec-Virbac 2 subit en cette fin de semaine des vents faibles et de surcroît de face, tandis que Mutua Madrileña, de retour en course dès samedi matin, repart d’emblée en mode chasse. Dès le lendemain, les deux compères à bord du monocoque espagnol reprennent du terrain sur Temenos II, aux prises avec des vents de moins de 10 noeuds. "Je m’attends à ce qu’ils reviennent à 150 voire 100 milles de nous avant que les choses ne se stabilisent", explique alors Dominique Wavre… De son côté, Servane Escoffier annonce qu’Educacion Sin Fronteras n’a aucunement l’intention de s’arrêter à Wellington, mais aurait préféré ne pas rester ‘scotché’ dans l’anticyclone, pour pouvoir jouer avec Mutua Madrileña – il n’en sera pas ainsi dans l’immédiat.

Classement du 6 janvier 14 heures GMT
1 Paprec Virbac 2 8,159 de l’arrivée
2 Hugo Boss + 768
3 Temenos ll + 2733
4 Mutua Madrileña + 2917
5 Educación Sin Fronteras + 3230
ABD Veolia Environnement
ABD Estrella Damm
ABD Delta Dore
ABD PRB

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Thomas Coville, “la boule au ventre”

iceberg coville
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« (…) Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. (…) Seuls les deux traits de sillage laissés par les safrans marquent l’obscurité. Les yeux me piquent tellement je scrute le radar. Lorsque je vais dehors, j’ai l’impression de voir sortir une masse claire (un iceberg, ndr) toutes les minutes. (…) J’ai la gorge serrée. Je me suis fait un thé brûlant. Une partie de moi reste concentré sur le bateau et l’autre est en mode survie. J’imagine tous les scénarios, mais aucun n’est le bon. La combinaison et le matériel de sécu sont à mes pieds (l’Iridium de secours et le kit de base). Pourquoi faire ? Je n’en sais rien. Je regarde même la carte une nouvelle fois. Loin, bien loin de tout! Je suis juste sous le Cap de Bon Espérance.
Depuis ce matin, j’ai cette boule au ventre qui ne me quitte plus. Par 48° 45 Sud et 10° 19 E, je suis le témoin oculaire de ce fameux réchauffement climatique. De mémoire de naviguant, on n’avait jamais vu de glace aussi Nord en cette Saison. (…) Je pensais être sorti d’affaire, mais la température de l’eau rechute brutalement à 5° puis 4.9°, signe de leur présence proche. Je sors sur le pont, l’atmosphère est glaciale et le vent apparent créé par la vitesse du bateau renforce la sensation de froid. L’aube blanchit. Je retrouve les contours du bateau. L’écume blanche du moutonnement des rafales sur l’eau ressemble à s’y méprendre à une plaque de glace. A chacune d’entre elles, je me contracte un peu plus. Au loin, une masse plus limpide ressort, juste dans mon Est. Je retiens mon souffle… encore un ? Ce ne sont que les premiers rayons du jour qui sortent juste sous les nuages de l’horizon. J’arrive à trouver la force de sourire. Je vais retrouver mes yeux pour quelques heures. Cette nuit a été l’une des plus longues de mon existence. Il faut que j’arrive à dormir un peu avant la prochaine nuit…. »

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Hugo Boss à la peine

hugo boss
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Après Hugo Boss hier, c’est au tour de Paprec-Virbac 2 d’accélérer la cadence à la faveur d’une forte dépression. Mais cette dernière oblige le leader à remettre du Sud dans son cap, et à se rapprocher ainsi d’éventuels icebergs. La menace blanche reste omniprésente. 15, 16, 17 noeuds : la vitesse moyenne de Paprec-Virbac 2 augmente régulièrement depuis cette nuit. « Le coup de vent est là, assez fort. Un vent pas très agréable car instable, donc fatiguant. En plus, c’est un vent de travers. Nous avons pas mal réduit la toile. On a 30 noeuds et je pense que ça va monter. La mer est assez cahotique et devrait se former dans les heures à venir », expliquait Jean-Pierre Dick à la vacation. Le skipper niçois s’attend d’ailleurs à avoir des conditions difficiles pendant plusieurs jours : « nous ne pensons pas doubler le Cap Horn avant le 9 janvier, on ne devrait pas avoir de vents portants, ça va donc être long ! »

Hugo Boss attend "le prochain bus"

Alors que la dépression venait d’arriver sur Paprec-Virbac 2, Hugo Boss la quittait : « nous venons de sortir des basses pressions : on a loupé le bus… Nous attendons le prochain ! » A savoir une deuxième dépression qui pourrait leur permettre de faire route directe vers le Cap Horn. D’ici là, le duo anglo-saxon va devoir composer avec des brises relativement faibles. A la mi-journée, sa vitesse n’était plus que de 10 noeuds, soit 4 à 6 noeuds moins rapide que le leader : « ça va accélérer devant ! Nous, nous allons faire notre route. mais on fera le maximum pour ne pas descendre trop Sud, car nous n’avons pas du tout envie de voir trop de glace ! », précisait Andrew Cape.

La hantise des glaces planne toujours

En effet, même si les concurrents de tête naviguent aujourd’hui par 47° Sud pour Hugo Boss et 51° Sud pour Paprec-Virbac 2, tous deux font route au Sud, et se rapprochent inévitablement de nouvelles zones à risque : « les glaces ne sont pas loin », précisait Jean-Pierre Dick, « la température de l’eau est à nouveau autour de 8° C. Nous avons déjà croisé des icebergs par cette température là. Le risque ne sera totalement écarté qu’une fois que nous aurons franchi le Cap Horn. Là, ce sera une vraie délivrance.»
Pour l’heure, les deux leaders ont encore quelques 3 500 km d’une route bien mal pavée à affronter, avant d’espérer souffler un peu en Atlantique.
Les glaces seront sans aucun doute aussi l’une des préocupations premières des autres concurrents de la Barcelona World Race. A commencer par l’équipage de Temenos II qui a pu reprendre la mer hier soir à 21h30, heure française, avec un bateau, une quille et un gréement entièrement révisés et fiabilisés. Dominique Wavre a pris soin de répertorier les positions de tous les icebergs repérés. Ce paramètre pèsera lourd dans leurs décisions stratégiques des jours à venir : « on va éviter d’aller faire joujou dans ce coin-là. sauf s’il y a du temps clément », précisait Michèle Paret.

La bulle de Tasmanie

Du temps clément, il y en a au large de la Nouvelle Zélande ! Beaucoup trop même au goût de Servane Escoffier et d’Albert Bargués qui étaient ce matin complètement encalminés en mer de Tasmanie : « on a affalé la grand voile pour éviter que ça fasseye en faisant rouler le bateau d’un bord sur l’autre avec de grands à-coups dans le gréement. On pense pouvoir la hisser à nouveau bientôt. On en a profité pour réparer un petit trou, qui aurait pu devenir grand. c’est bien d’avoir pu le faire. »
Ces calmes remettent en cause le passage d’Educacion sin Fronteras dès demain dans le détroit de Cook : « rien n’est moins sûr ! », lançait Servane Escoffier, « on va croiser les doigts pour que le vent rentre. On aimerait bien être là au moment où Mutua Madrilena va repartir. En tous cas, eux, ils ont bien choisi leur moment pour s’arrêter : en pleine bulle anticyclonique, ils ont limité les milles perdus, et en en plus ils se seront requinqués à terre ! »
Le duo espagnol en est à mi-escale à Wellington. Javier Sanso et Pachi Rivero devraient être prêts à repartir dès la fin du délai minimum de 48 heures prévu par les règles de course, soit demain samedi à 9 heure française.

Classement du 4 janvier à 13h

1. PAPREC-VIRBAC 2 à 8640 milles de l’arrivée
2. HUGO BOSS à 814 milles du premier
3. TEMENOS II à 2621 milles du premier (reparti de Wellington)
4. MUTUA MADRILENA à 2704 milles du premier (en escale à Wellington)
5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 3002 milles du premier
ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT
ABD. ESTRELLA DAMM
ABD. DELTA DORE
ABD. PRB

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Deux jours de près au menu de Francis Joyon

IDEC
DR

« C’est sûr que mon avance va en prendre un coup, je m’attends à deux à trois journées à ne progresser que de 250 milles sur la route. Mais le moral est bon. Il ne faut pas que je me plaigne : j’ai un bateau à 100% de son potentiel, je ne fais qu’entamer un peu mon avance et ces journées de près inévitables sont le prix à payer pour gagner en latitude nord ». A la vacation ce vendredi, Francis Joyon n’apparaissait pas franchement inquiet de son net ralentissement dans la remontée de l’Atlantique Sud. « Tout le jeu consiste à suivre les oscillations du vent, à tirer des bords pour gagner au maximum vers le nord », précise le skipper d’IDEC, au moment de boucler son 42e jour de mer.

La journée d’hier a été la plus lente de ce tour du monde pour le moment. « Mais il fallait bien se décider à traverser cette zone de basse pressions et Francis a très bien fait de s’y mettre hier car le système grossit. Ce qui veut dire qu’il s’en est bien sorti car ça aurait été bien pire de n’y aller qu’aujourd’hui », estime Jean-Yves Bernot, le routeur d’IDEC. Francis Joyon confirme en plaisantant : « garder des vents portants, cela voulait dire traverser l’Atlantique jusqu’à l’Afrique, ce qui n’était tout de même pas très raisonnable ! » Francis Joyon a donc profité de la journée d’hier pour remettre à niveau le bateau et le bonhomme : « j’ai beaucoup bricolé, consolidé mes chariots de lattes de grand voile, et puis je me suis reposé, j’ai bien récupéré.»

L’au revoir des albatros

Ainsi va la vie à bord du grand trimaran rouge « que les albatros ont quitté hier… maintenant j’ai droit à une mer un peu vide mais il fait bon : vingt degrés dans la journée, c’est tout de même beaucoup plus agréable lorsqu’il faut aller manœuvrer à l’avant » précise Francis Joyon qui va même tenter de s’accorder un peu de lecture, une fois le bateau calé sur un bord. « J’ai lu Coloane au Cap Horn, là je vais me mettre dans du plus classique, du Douglas Kennedy ». Histoire de patienter entre deux virements de bord, en remontant vers ce fameux 27e ou 25e sud où « enfin je devrai toucher les alizés d’est et faire accélérer le bateau au travers ».
Francis Joyon ne se donne pas pour l’instant de timing pour atteindre l’équateur « c’est encore trop tributaire de la progression dans ces fameux deux à trois jours à venir ». Cet après-midi, IDEC navigue à peu près à mi-distance entre le Cap Horn et l’équateur, par 34° Sud et 31°nord, au milieu de cet Atlantique Sud qui est le premier, dans ce sens, à lui poser de réels problèmes de progression « dans du vent debout » comme dit Francis, qui atteignait tout de même des vitesses de l’ordre de 16 nœuds ce matin, tribord amûre. Son avance sur le record d’Ellen MacArthur a certes baissé, mais IDEC bénéficie tout de même encore de près de 3000 nautiques d’avance sur le chrono de référence, soit plus de 5500 kilomètres. Et Ellen MacArthur aussi, tout comme Orange II en 2005, avait rencontré ce genre de difficultés, au même endroit, lors de son record.

Les vents d’Est espérés lundi

Il n’y a donc pas péril en la demeure pour Francis Joyon, il est simplement en train de manger son pain noir en attendant des jours meilleurs, quand viendront enfin ces fameux alizés d’Est tant convoités qui permettront à nouveau d’allonger la foulée sur la route. Ce devrait être pour la journée du 7 janvier, lundi.
En attendant, Francis Joyon pourra toujours se féliciter de son choix de n’avoir installé aucun moteur à bord de son grand trimaran. « Depuis le départ, grâce à l’éolienne et aux panneaux solaires plus seulement 9 litres de méthanol pour la pile à combustible, les batteries sont chargées à bloc, je suis vraiment très content de ça aussi », explique-t-il. Et pour le grand défenseur de la nature qu’il est, ces énergies propres prennent tout leur sens au vu des icebergs rencontrés en grand nombre cette année que ce soit par IDEC, par Sodeb’O ou par les concurrents de la Barcelona World Race. « C’est une année à icebergs et surtout cela faisait bien longtemps qu’on n’en avait pas vu aussi nord. Ces morceaux de banquise qui se détachent sont un signe de plus que la planète se réchauffe… »
A 13h, IDEC naviguait à 16 nœuds sur le même bord au Nord-Ouest. Et à un peu plus de 5150 milles de la ligne d’arrivée à Brest, son avance sur le record d’Ellen MacArthur s’élevait encore à près de 3000 milles.

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