Comme prévu hier par Damian Foxall, Hugo Boss est bel et bien revenu sur le bateau de tête. Alex Thomson et Andrew Cape sont ce matin à 653 milles (contre 810 hier matin) dans le Sud Sud Ouest de Paprec-Virbac 2. Le leader a perdu 160 milles en 24 heures. Et ce n’est sans doute pas fini ! En effet, le différenciel de « VMG » (vitesse efficace par rapport à la route directe) est énorme entre les deux bateaux : 6,1 nœuds pour Paprec-Virbac 2 contre 14,7 nœuds pour Hugo Boss. Toutefois, si la route de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall semble clairement faite pour les jours à venir de navigation au près dans des brises faibles à modérées, celle du tandem Thomson/Cape s’annonce compliquée avec l’arrivée d’une dépression le long des côtes argentines.
Dans le Pacifique, Temenos II, toujours dans le front est encore le plus rapide de la flotte ce matin avec 15,6 nœuds de moyenne. Mutua Madrilena semble avoir moins de vent. L’équipage espagnol est trois nœuds moins rapide. L’écart entre eux est ce matin de 267 milles (contre 88 dimanche dernier). La paire Wavre/Paret resserre également l’écart avec les leaders : en 24 heures, ils ont repris 138 milles à Paprec-Virbac 2. Le vent souffle à 30-35 nœuds sur la route du cap Horn, mais les conditions de mer sont toujours très dures et risquées pour le matériel, d’où des vitesses relativement faibles par rapport à la force et à la direction du vent.
Educacion sin Fronteras poursuit sa route Est. Servane Escoffier et Albert Bargués évoluent ce matin à 13,1 nœuds. Ils sont à 2200 milles du cap Horn (4000 km), soit une semaine de navigation à ce rythme.
Si le début de nuit dernière avait dans un premier temps pris de nouveau des allures de "galère", avec ces grains venus de nulle part bousculer, avec leurs 35 noeuds tourbillonnants, le grand trimaran IDEC et son skipper solitaire, la fin de nuit procurait à Francis Joyon une accalmie bienvenue. En se calant franchement à l’Est, l’alizé dans le sud des Açores, tout en faiblissant significativement, s’est fait plus régulier, facilitant la remontée cap au Nord du grand multicoque rouge. Travers au vent, solidement appuyé sur son flotteur bâbord, IDEC filait ainsi aux premières lueurs du jour ses 16-18 noeuds sur une mer toujours "mal rangée". Teintée d’un brin de lassitude, la voix de Francis trahissait aussi un peu de soulagement. Si la menace de voir son hauban se désolidariser du mât reste bien présente, l’horizon du solitaire, après 53 jours de lutte ininterrompue, semble plus limpide, avec une stratégie de route conforme aux schémas bien connus de l’Atlantique Nord, autour de l’anticyclone, puis à fond dans les flux de Sud Ouest qui balaient aujourd’hui déjà le quart Nord Ouest de l’hexagone….
"Des grains de chez grains…"
"J’ai eu des grains hyper forts en début de nuit," raconte Joyon, "avec 35 noeuds et derrière des coups de calmes. Il a fallu beaucoup manoeuvrer et depuis ce matin, j’ai pu renvoyer de la toile. Sous un ris et solent, je navigue à présent sur le bon bord à 16 ou 17 noeuds de vitesse. Le bateau tape moins, bien en appui sur son flotteur." Francis conserve ainsi une trajectoire limpide, cap plein nord, vers l’archipel des Açores sous lequel paresse le centre des hautes pressions. En abordant ces dernières par le sud, IDEC va sentir le vent tourner sur son tableau arrière et c’est au portant qu’il faudra négocier l’entrée dans les régimes d’ouest. Un premier empannage bâbord amure permettra de parer les îles, puis un second côté tribord cette fois, qui marquera concrètement le début du sprint final au portant vers Brest.
Demain en tête de mât
Avec la rotation du vent, Francis attend surtout l’amélioration de l’état de la houle. Sur une mer apaisée, il pourra alors effectuer une 4ème escalade en tête de mât. Un moment crucial dans ce tour du monde puisqu’il permettra à Francis d’évaluer très précisément ce qu’il sera en mesure d’exiger du trimaran jusqu’à l’arrivée. "En approche de l’anticyclone, le vent mollit et dès que la houle s’arrangera, demain matin, je compte retenter l’escalade dans le mât pour sécuriser mes réparations. Il me faut valider le maximum de chose dans le mât et sécuriser définitivement cet ancrage de hauban…" Rassuré sur l’état de son mât, Francis Joyon pourrait envisager sereinement les dernières journées de mer qui l’attendent. Le schéma météo est, de son propre aveu, "favorable", mais il convient de ne pas lambiner en route ; "On imagine avec des vents d’ouest d’arriver le 20 ou le 21janvier (dimanche ou lundi ndlr). Il ne faut pas trop traîner car après le 21 il y a des calmes et du près dans le Golfe. Je veux profiter des vents de Sud Ouest de cette fin de semaine pour rejoindre la Bretagne."
Un bateau très fatigué.
"Après mes problèmes de trinquette hier, je constate des fatigues un peu partout sur le bateau. J’ai perdu un peu confiance dans mes lashings en spectra et je constate que ça lâche un peu partout". Après 25 000 milles à haute vitesse, IDEC a un peu perdu de sa splendeur, mais rien de son panache ni de sa superbe. Car en dépit des avaries qui contrarient depuis l’équateur sa progression, Joyon et son grand multicoque possédent ce soir 2900 milles d’avance sur le trajet record d’Ellen MacArthur. La barre hautement symbolique d’un tour du monde en moins de 60 jours demeure, si tout va bien, à portée d’étraves.
« C’est la pire des situations pour nous ! C’est rageant ! Tout le travail réalisé dans le Pacifique est mis à mal. » Si le grand Sud est comme une longue ascension à endurer dans le gris et le froid, l’ensoleillé Atlantique est une toute autre épreuve, comme l’explique Jean-Pierre Dick, ralenti par des vents contraires tandis qu’Hugo Boss déboule au portant dans une brise soutenue. Depuis lundi après-midi, Alex Thomson et Andrew Cape croquent à belles dent les milles qui les séparent des leaders. 183 milles repris en 24 heures (entre 12h GMT hier et 12 h GMT aujourd’hui). Au dernier pointage, Hugo Boss n’était plus qu’à 614 milles de Paprec-Virbac 2. Et l’élastique n’a sans doute pas fini de se retracter entre les deux concurrents. A noter également que Temenos II a lui aussi repris des milles au leader : 160 milles en 24h.
« C’est rageant ! »
Le répit moral et physique aura donc été de courte durée pour Jean-Pierre Dick et Damian Foxall. Cinq jours après leur passage du cap Horn, la pression est remontée d’un cran avec ce fulgurant retour d’Hugo Boss. Ce coup d’accordéon était attendu par les leaders, mais entre le prévoir et le vivre, le stress n’est pas le même. « La direction du vent est mauvaise. On ne va jamais passer au portant selon nos prévisions. On va remonter toute la côte au près, au près . C’est rageant ! Ça me rappelle le Vendée Globe où j’avais perdu 1000 milles en quelques jours ! J’espère franchement que la vapeur va s’inverser. On se focalise sur notre vitesse. Il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre », commente le skipper de Paprec-Virbac 2.
50 noeuds pour Hugo Boss?
La régate reprend donc ses droits en Atlantique Sud. D’autant que les deux bateaux de tête vont évoluer encore pendant plusieurs jours dans des systèmes météo bien différents. Jean-Pierre Dick et Damian Foxall doivent composer avec des brises contraires et modérées. Ils remontent vers le Nord en tirant des bords pour atteindre au plus tôt les alizés. Le duo anglo-saxon va lui essuyer une dépression : « on attend jusqu’ à 50 noeuds de vent et une mer difficile, mais nous devrions continuer à bien progresser vers les côtes brésiliennes », précise Alex Thomson, « Il faudra en revanche être très attentif à notre positionnement dans le front, car à quelques milles de différence, on peut se retrouver au près ou au portant ! » Situation délicate donc, mais rapide, assurément plus rapide que Paprec-Virbac 2. Ensuite, l’avenir nous dira si l’anticyclone de Saint Hélène sera là pour barrer la route au bateau noir, ou s’il se sera évanoui vers l’Est. A 5 500 milles de l’arrivée (10 000 km), soit trois bonnes semaines de mer avant Barcelone, rien n’est donc joué. Jean-Pierre Dick et Damian Foxall sont certes très bien installés en tête depuis plus de cinq semaines maintenant, mais la paire Thomson/Cape ne va sûrement pas laisser passer une aussi belle opportunité de revenir titiller la première place. Les occasions ne vont de toute façon pas manquer d’ici la ligne d’arrivée : après Sainte Hélène à contourner, l’équateur et son pot au noir à négocier il y a aura encore Gibraltar à passer et la Méditerranée, tant redoutée des régatiers. Et nul n’est à l’abri d’un grave souci technique.
Dur Pacifique pour les autres
Dans le Pacifique, la nuit a été difficile. « On s’est bien fait secouer », lance sobrement Dominique Wavre. 45 noeuds avec des rafales à 50 et une mer toujours très hâchée, difficile à négocier et « casse bateau »… le cocktail a causé une petite avarie à bord de Mutua Madrilena : la grand voile s’est déchirée sur 30 cm. Javier Sanso et Pachi Rivero ont bataillé six heures dans des conditions très difficiles pour réparer. Pendant ce temps, Temenos II s’était envolé 300 milles devant. Mais le moral reste au beau fixe à bord de Mutua Madrilena. Le duo espagnol a par ailleurs décidé de plonger Sud pour doubler le cap Horn, même s’ils sont conscients que les icebergs sont forcément proches. « Nous n’avons jamais été aussi Sud (55° Sud), mais tant que la météo nous sera favorable, nous persisterons dans cette option », précisait Javier Sanso dans un email envoyé ce matin.
Le raisonnement "glaces" est bien différent pour Dominique Wavre : « nous sommes déjà dans une zone à risque. Nous sommes d’ores et déjà en veille active permanente au radar et sur le pont. La visibilité n’est pas bonne et les nuits sont un peu trop longues à mon goût ! » A 1000 milles du cap Horn, Temenos II devrait être de retour en Atlantique vendredi ou samedi prochain. Enfin, Educacion sin Fronteras fait route direct vers le myhique rocher depuis ce matin : « ça y est, on est pile sur la route, à 18-20 nouds sous spi, on a un bon flux d’Ouest établi pour les prochains jours, ça devrait être pas mal ! » Si Servane et Albert maintiennent ce rythme, ils pourraient doubler le Horn d’ici une semaine.
Classement du 15 janvier à 15h
1. PAPREC-VIRBAC 2 à 5465 milles de l’arrivée 2. HUGO BOSS à 614 milles du premier 3. TEMENOS II à 2426 milles du premier 4. MUTUA MADRILENA à 2716 milles du premier 5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 3560 milles du premier ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT ABD. ESTRELLA DAMM ABD. DELTA DORE ABD. PRB
Reste une trajectoire encore éloignée de la route directe, et des milles vers Brest très durement gagnés. Mais l’alizé doit prendre aujourd’hui une orientation plus franche à l’Est qui permettra à Francis Joyon de lofer enfin et d’améliorer on VMG (Velocity Made Good), soit le gain efficace vers son but. Tout cela a bien entendu un prix ; le prix de voir depuis 48 heures le trimaran sollicité par près de 24 000 milles de course taper toujours et encore dans la forte houle alizéenne, et le prix du stress engendré par cette épée de Damoclès suspendue plusieurs dizaines de mètres au-dessus du pont du trimaran. Prudent et au petit soin pour son mât blessé, Joyon s’attache à plus que jamais rester en phase avec l’évolution des systèmes météos qui préfigurent sa route du retour. D’ici 24 heures, il lui faudra négocier un crucial virement de bord sous l’anticyclone des Açores, gérer au mieux une zone de transition et attraper les flux d’Ouest qui le ramèneront à la maison. Aller vite, sous la menace, toujours, encore…
Après une nuit très mouvementée, le vent s’est – un peu – calmé pour l’instant pour Temenos II et Mutua Madrilena (30-35 noeuds) dont les vitesses respectives ont chutées ce matin à 15,5 et 10,6 nœuds. Dominique Wavre et Michèle Paret on bien exploité ces brises, recreusant l’écart sur le tandem espagnol. 172 milles (contre 130 hier soir) les séparent ce matin, dans cette jolie bataille pour la troisième place. Les deux bateaux évoluent par 53° Sud de latitude, les icebergs ne doivent pas être très loin…
Educacion sin Fronteras est bien remonté (49° Sud). Ils naviguent au Nord du système dépressionnaire dans lequel ils évoluaient hier. Servane Escoffier et Albert Bargués sont en passe de franchir la porte de sécurité des glaces. Ils vont pouvoir s’attaquer à leur tour à la dernière longue ligne droite avant le cap Horn.
En Atlantique, les deux leaders évoluent dans une brise modérée de secteur Nord Ouest. Paprec-Virbac 2 se rapproche des hautes pressions, tandis qu’Hugo Boss, ce matin au large de la Terre de feu, fait cap sur les Malouines qu’il devrait doubler par l’Est. Le duo Thomson/Cape devrait profiter dans les heures à venir d’un meilleur angle de vent que Paprec-Virbac 2. Le bateau noir a d’ailleurs repris 46 milles au leader dans la nuit.
Deux océans, deux météos et des stratégies bien contrastées animent depuis ce week-end la Barcelona World Race. En Atlantique, le soleil retrouvé redonne le sourire aux marins, même si des casse-têtes météo se profilent devant leurs étraves. En route vers le Horn, l’ambiance est froide, trempée, secouée, mais la vitesse et l’espoir de la proche délivrance stimulent les esprits des skippers. En Atlantique Sud, la situation météo est propice à un effet d’accordéon au bénéfice d’Hugo Boss. Pour le moment en tous cas. En effet, pour Paprec-Virbac 2, le vent va faiblir en s’orientant au Nord, soit pile sur sa route. Jean-Pierre Dick et Damian Foxall vont devoir tirer des bords de près pour remonter vers les alizés. Alors que plus au Sud, Hugo Boss devrait pouvoir attraper des brises plus soutenues de secteur Nord Nord Ouest. Ce coup d’accordéon a d’ailleurs déjà commencé car en 24 heures, les hommes en noir ont gagné plus de 60 milles sur les leaders. Mais Alex Thomson et Andrew Cape doivent pour l’heure se dégager des Malouines. Ensuite, ils auront, eux aussi, à franchir la dorsale anticyclonique située dans leur Nord. Ils seront alors probablement freinés à leur tour. Le but des deux leaders est donc de rester « bloqués » le moins longtemps possible entre deux systèmes météo. Or, ces masses d’airs fluctuent et se déplacent constamment et, malgré les moyens techniques qui permettent aux marins d’actualiser régulièrement leurs fichiers météo, trouver le meilleur passage n’est jamais aisé. « On se concentre sur notre navigation. Notre objectif est de maintenir notre leadership, de naviguer proprement en regardant bien sûr dans le rétroviseur de temps en temps ! La route est encore longue, 2700 milles (5000 km), chaque mille de gagné est important. Nous surveillons le matériel très régulièrement, mais le bateau a été très bien préparé, ce qui est extrêmement appréciable. », expliquait Damian Foxall à la vacation du jour. Un Damian qui reprend visiblement des couleurs au fur et à mesure qu’il remonte vers le Nord, vers le soleil.
Avantage Temenos II
Dans le Pacifique, les préoccupations sont bien différentes, forcément. Les fronts dépressionnaires tant attendus par les trois duos en route pour le cap Horn sont enfin arrivés hier. Le vent a soufflé même très fort la nuit dernière pour Temenos II et Mutua Madrilena avant de se calmer, un brin, à 30-35 noeuds, au levé du jour (heure française). Dominique Wavre et Michèle Paret ont obliqué vers le Nord en fin de nuit de dernière. Cette habile tactique a permis au couple franco-suisse de se maintenir dans le front. Temenos II affiche depuis ce matin une belle moyenne de 15-16 nouds. C’est le bateau le plus rapide de la flotte aujourd’hui. « On a bien avancé, le bateau a pu exprimer pleinement son potentiel, et on ne se gêne pas pour tirer dessus ! », racontait Dominique Wavre, alors que dans leur Sud Ouest, le tandem Sanso/Rivero voit le vent faiblir et sa vitesse tomber autour de 10 noeuds. « Temenos II va creuser son avance, jusqu’à 250 milles d’ici demain, je pense. Nous préférons naviguer prudemment. Les conditions sont dangereuses pour le matériel (mer croisée et hachée). Il y aura d’autres occasions de revenir dans le match ! », positive Javier Sanso.
Brise portante et icebergs avant le Horn
Cette accalmie relative devrait en effet être de courte durée. Les météorologues prévoient des vents forts et favorables pour accompagner Temenos II et Mutua Madrilena jusqu’au cap Horn. « Le baromètre commence à baisser à nouveau, on attend un nouveau coup de vent d’ici quelques heures. Tout est prêt à bord. », ajoute Dominique. Temenos II et Mutua Madrilena sont à environ 1500 milles, soit 5-6 jours de navigation du Cap Horn. La brise leur permet aujourd’hui de faire route directe, mais Dominique Wavre signalait une plaque d’icebergs à contourner par son Nord avant d’atteindre le mythique rocher. Educacion sin Fronteras a lui aussi mis du Nord dans sa route hier pour sortir d’un front, mais depuis ce matin, Servane Escoffier et Albert Bargués font à nouveau cap à l’Est à 14-15 nouds. « On 23-25 nouds de vent, on va pouvoir renvoyer de la toile. On va rester assez haut pour l’instant, ça glisse bien. On a pu se reposer, tout va bien à bord. C’est un bateau qui aime le vent ! », soulignait Servane.
Classement du 14 janvier à 15h
1. PAPREC-VIRBAC 2 à 5656 milles de l’arrivée 2. HUGO BOSS à 794 milles du premier 3. TEMENOS II à 2585 milles du premier 4. MUTUA MADRILENA à 2778 milles du premier 5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 3580 milles du premier ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT ABD. ESTRELLA DAMM ABD. DELTA DORE ABD. PRB
"C’est un peu galère"… lâchée laconiquement et sans émotion palpable, cette petite phrase prend, pour ceux qui connaissent Joyon, une résonance bien singulière, teintée de sous entendus et de pudeur, pour ne pas dire la violence et la difficulté des moments vécus la nuit dernière. Dans un alizé bien loin de son image d’Epinal, IDEC s’est durement fait secouer face à une mer très hachée, et sous une succession de grains. Francis s’est évertué, aux dépens de tout repos, à atténuer du mieux possible les "souffrances " du bateau, s"écartant de la route, renvoyant puis reprenant un ris, alternant foc de tempête et trinquette, jusqu’à la tant redoutée succession de "petites" casses, celles qui pourrissent la vie du marin, au terme de 23 000 milles et 52 jours de course. Loin là-bas au large de la Mauritanie, l’angoisse chevillée aux tripes de savoir son mât fragilisé, Joyon n’a pourtant en rien relâché la pression du record. Son tableau de marche est tout tracé dans son esprit, de la sortie du régime d’alizés à la transition des Açores, jusqu’au train des forts régimes de Sud sud Ouest qui le ramèneront, coûte que coûte, vers Brest et la maison…
Litanie des avaries
Une nouvelle avarie aura donc à nouveau perturbé la progression du trimaran géant IDEC cette nuit. C’est l’étai de trinquette qui a cette fois fait les frais des chocs répétés contre la houle. "La voile est partie dans tous les azimuts" raconte Francis, "Et les petites avaries se sont enchaînées, avec une poulie brisée qui m’a fait un trou dans le pont… Il m’a fallu ressortir la boîte à outils et la résine, réparer le pont, récupérer ma voile…" 27, 28 noeuds de vent au près et dans une mer dure ont ainsi toute la nuit méchamment chahuté IDEC. Avec le premier jour, la rotation du vent à l’Est s’est faite plus précise. Plus que jamais en mode "record", Francis renvoyait alors et dès les premiers signes de « mollissement » un ris puis sa trinquette en lieu et place du petit tourmentin. "Je ne peux pas encore trop "jouer" avec la trinquette avoue Francis, car le tambour d’enrouleur est brisé…" Mais pour Joyon, à chaque problème, sa solution, quel qu’en soit le prix en temps et en effort physique. "Je ne me suis guère reposé tant le bateau tapait".
Bandage autour du mât
Obnubilé par la fragilité de son mât, Francis reste concentré à sa trajectoire et la bonne synchronisation avec l’enchaînement des systèmes météos à venir. Ce 53ème jour de course devrait lui apporter un peu de répit avec une mer mieux ordonnée et un angle de vent plus favorable. Se profile à moins de 36 heures de ses étraves le coeur de l’anticyclone des Açores, qu’IDEC laissera sur tribord, afin d’entrer sans trop de transition dans un flux de Sud Sud Ouest synonyme d’empannage. Francis aura préalablement profité des calmes de la proximité du centre des hautes pressions pour effectuer une nouvelle escalade du mât ; "Je vais en profiter pour effectuer une dernière évaluation des mouvements de l’axe qui tient le hauban" explique-t-il. "Je pense écraser le filtrage au marteau afin de le "gripper" définitivement. Je sécuriserai ensuite l’ensemble par un "bandage" autour du mât. J’ai déjà passé une drisse en doublement du hauban tribord".
Ayant ainsi fait tout ce qui est en son pouvoir, Francis Joyon abordera sa dernière ligne droite, son dernier sprint que les conditions de vent fort, 40-45 noeuds, annoncent homériques, à la mesure d’un tour du monde en tout point unique, et que le skipper d’IDEC tient plus que tout à clore en beauté.
7 janvier 2008 – Jour 58 Après un week-end au ralenti, Paprec-Virbac 2 progresse à 18 noeuds et creuse nettement l’écart avec son rival le plus direct. Néanmoins, les conditions sont très difficiles pour le tandem Dick-Foxall, aux prises avec de violents grains : "on tâche de ne pas prendre trop de risques et de limiter les efforts sur le matériel ", expliquait Jean-Pierre. Une situation en totale opposition avec celle vécue par Alex Thomson et Andrew Cape, encalminés dans les 50èmes "hurlants" ! "Nous n’avons pas eu un calme aussi plat depuis les Canaries", résumait Alex Thomson. Entre Temenos II et Mutua Madrileña, la partie est serrée. L’écart, comme l’avait prédit Dominique Wavre ce week-end, est tombé à une centaine de milles. A bord d’Educacion sin Fronteras, Servane Escoffier, au moment de leur passage dans le détoit de Cook, fait les comptes avec émotion : "Nous sommes lundi, nous entamons notre 9e semaine de mer. Nous avons passé la cinquième porte de parcours. Nous avons vu la terre, première fois depuis le 21 novembre dernier…yoouhouuuu, je commence à comprendre ce que devaient ressentir les flibustiers et autres marins d’il n’y a pas si longtemps. Terre, terre !!! Alors, quelles émotions nous aurons si nous parvenons à finir ce tour du monde, lors de nos retrouvailles avec tout le monde à Barcelone?!! Ce sera magnifique !! Il faut qu’on y arrive rien que pour vivre cela !"
8 janvier 2008 – Jour 59 Dans moins de 48 heures c’est le cap Horn, aussi appelé cap Dur ou cap des tempêtes. Paprec-Virbac 2 avance solidement mais prudemment vers ce goulet sud-américain, synonyme de porte de sortie du Grand Sud, que Damian Foxall avouait quitter avec un sentiment mêlé de nostalgie et de soulagement. « Le Grand Sud, on a l’impression que ça ne finit jamais. C’est juste une étendue vaste et inhabitée, on s’y sent comme un simple visiteur. Ce n’est que de l’eau avec quelques îles isolées. La plupart du temps, ça souffle fort, et quand ce n’est pas le cas, c’est qu’on sort d’un coup de vent ou que l’on va y entrer (.). C’est un endroit fantastique et attirant, mais on est content d’en partir. » Le dauphin Hugo Boss est relégué à plus de 1000 milles derrière, ralenti par des vents très pacifiques. Temenos II est depuis plusieurs jours sous la menace directe de Mutua Madrileña : « c’est très motivant d’avoir un adversaire tout proche », avoue Dominique Wavre. Après être passés au nord des îles Chatham, Servanne Escoffier et Albert Barguès expérimentaient une sorte de « crachin breton » et de vents mous.
9 janvier 2008 – Jour 60 Bientôt la ‘délivrance’ pour Paprec-Virbac 2 qui franchira demain matin (jeudi), par 55 degrés de latitude sud, le légendaire cap Horn. Damian Foxall, pour qui ce sera le septième passage, relatait des conditions de progression relativement faciles et prévoyait de doubler le rocher dans 30 à 35 nouds de vent, avec quelques empannages à la clé. Cette perspective n’était pas sans donner quelques regrets à Jonathan Mc Kee (co-équipier de Guillermo Altadill à bord d’Estrella Damm, qui a du se retirer de la course à Cape Town le 14 décembre dernier, suite à une série de problèmes techniques) : « Je donnerai cher pour être toujours dans la course » avouait-il, « même si les conditions du Grand Sud sont toujours très dures ». Alex Thomson, skipper d’Hugo Boss, commence déjà à penser à sa sortie du Pacifique mais voyait mal comment, à court terme, il pourrait revenir sur le bateau de tête. « A moins d’un coup météo ou d’un souci technique à bord de Paprec-Virbac 2, je ne vois pas pour l’instant comment combler l’écart. Jusqu’à présent, ils font une course fabuleuse ». Comme Temenos II et Mutua Madrileña, Educacion sin Fronteras se prépare à négocier un train de dépressions venu de l’ouest avec de probables épisodes de vents forts ces jours prochains.
10 janvier 2008 – Jour 61 Exit le Pacifique Sud, bonjour l’Atlantique. Ce matin, à 07h20 heure fr ançaise, Jean Pierre Dick et Damian Foxall ont franchi le cap Horn. Depuis le départ de la course le 11 novembre dernier, l’équipage de Paprec-Virbac 2 a toujours été aux avant-postes, se disputant la tête avec PRB jusqu’à ce que ce dernier démâte et se retire le 8 décembre 2007. Dès lors, le tandem franco-irlandais prenait les commandes de la Barcelona World Race. C’est donc avec bonheur et satisfaction que les deux hommes franchissaient ce matin le rocher mythique, après avoir connu une nuit plutôt rude le long de la pointe chilienne. Jean Pierre Dick : « C’est un grand moment ce passage du cap Horn. Assez spécial aussi. Au levé du jour, mais toujours dans l’obscurité, on a distingué une masse énorme, comme une ombre, une silhouette. Le feu du cap était encore éclairé. J’ai réveillé Damian. Ce n’est pas tous les jours que l’on passe par là – pour Jean Pierre, c’est la deuxième fois, pour Damian, la septième -. C’est un moment fort qui est aussi la consécration de beaucoup de travail et de deux mois de mer. » Michèle Paret, à bord de Temenos II, leur rendait hommage et livrait sa propre vision du cap Horn : « le maître-mot, c’est délivrance. C’est aussi un moment de recueillement. On quitte un endroit mythique, historique et on laisse derrière nous le stress et la peur. Je suis contente pour eux, ils font une course superbe, une course sans faute ».
11 janvier 2008 – Jour 62 Le cap Horn est désormais à une grosse journée de mer de l’étrave d’Hugo Boss, qui ces dernières 24 heures a fait parler la poudre en affichant une moyenne proche de 20 noeuds. Moins de 850 milles devant, Paprec-Virbac 2 a "joué l’intérieur" en privilégiant une route à l’ouest des îles Malouines. "Il y avait une grosse dépression devant nous hier, il a fallu faire un choix", expliquait cet après-midi Jean-Pierre Dick. "Il était plus prudent de passer à l’ouest des Malouines, car le vent était très fort à l’est et qu’il n’est pas raisonnable de passer au vent de la terre alors que l’on risque de rencontrer 50 ou 60 noeuds." Pour Hugo Boss, la dernière ligne droite avant le Horn s’annonce plus "paisible" que pour le leader. Leur passage du rocher lui-même devrait également s’effectuer dans des conditions raisonnables : "nous avons un peu ralenti", notait Andrew Cape. La lutte entre Mutua Madrileña et Temenos II, troisième, se poursuit dans un contexte de jeu tactique des plus réduits. En effet, la dernière porte de sécurité "glaces" conditionne la route à suivre, tout comme la vaste zone infestée d’icebergs se trouvant dans le sud des deux navires A 3610 milles des leaders, Educacion Sin Fronteras était cet après-midi dans l’expectative – un joli coup de vent annoncé, et tardant à venir. "Le baromètre est descendu à fond, et le vent ne montait pas", s’étonnait Servane Escoffier.
12 janvier 2008 – Jour 63 Hugo Boss n’est plus qu’à quelques dizaines de milles de la « délivrance Atlantique ». Le passage du cap dur est prévu en début de nuit pour la paire anglo-saxone. Dilemne tactique à venir pour Jean-Pierre Dick et Damian Foxall : droit devant eux se profile un anticyclone.Le leader risque de n’avoir guère d’autre choix que de poursuivre sa remontée le long des côtes Sud Américaines, dans du vent de face. perspective peu réjouissante. A 2000 milles plus à l’Est, au niveau de la porte des glaces n° 3, au cour du Pacifique, le décor est bien différent pour Temenos II et Mutua Madrilena : « On a 40 nouds, on file à 20-24 nouds, on a dû réduire la toile. Il y a des paquets de mer en permanence sur le pont. Les embruns font mal. Il pleut beaucoup. il fait froid.. Plus vite nous irons, plus vite nous sortirons d’ici ! », lançait Javier Sanso à la vacation du jour. Quelques 300 milles dans leur sillage, Servane Escoffier et Albert Bargués attendent un fort coup de vent d’Ouest : «On se prépare pour le coup de vent à venir… on commence à avoir l’habitude ! Jusqu’à présent, les prévisions se sont révélées plus pessimistes que la réalité. Nous naviguons de façon sécuritaire, c’est une bonne manière de préserver le matériel », précisait Servane.
13 janvier 2008 – jour 64 Alex Thomson et Andrew Cape ont franchit le cap Horn à 2h15 heure française dans des conditions clémentes : 15-20 nouds de vent portant. Les conditions météo sont au contraire très dures pour Temenos II et Mutua Madrilena, mais les duelistes ont au moins le plaisir d’avancer vite sur la route directe. Comme le prouve cet incroyable surf de Mutua Madrilena de plusieurs secondes à 30 nouds avec une pointe à 36,9 nouds ! « On se croirait dans une machine à laver ! » raconte Javier. « Ce front devrait nous permettre de progresser à bonne allure encore plusieurs jours, avant de nous lâcher à 1000 milles environ du Horn», expliquait Dominique Wavre. Le cap sud américain est encore à quelques 2000 milles (3700 km) de leurs étraves. Leurs trajectoires directes les obligent cependant à traverser une zone minée d’icebergs. « Ma seule préocupation est que nous sommes dans une zone dangereuse. Mais cela ne devrait pas durer plus de 36 heures. Ce qui limite les risques », avoue le skipper de Mutua Madrilena. La fatigue commence à se sentir à bord d’Educacion sin Fronteras qui a passé une nuit difficile : un mauvais empannage a causé la casse de 3 lattes. Servane et Albert ont bataillé 3-4 heures pour afaler, réparer et hisser à nouveau leur grand voile. Ils sont à 2 500 milles, soit environ 10 jours de mer du cap Horn.
Classement du 13 janvier à 14h GMT 1. PAPREC-VIRBAC 2 à 5906 milles de l’arrivée 2. HUGO BOSS à 861 milles du premier 3. TEMENOS II à 2690 milles du premier 4. MUTUA MADRILENA à 2795 milles du premier 5. EDUCACION SIN FRONTERAS à 3592 milles du premier ABD. VEOLIA ENVIRONNEMENT ABD. ESTRELLA DAMM ABD. DELTA DORE ABD. PRB
"Le vent était plus régulier cette nuit" raconte Francis, "Et j’ai pu tenir les 16 ou 17 noeuds de moyenne tout en me reposant un peu." Serein et mesuré dans ses propos, Joyon traduit néanmoins l’omniprésence de cette épée de Damoclès préfigurée par son mât fragilisé. " Je suis toujours au près et le bateau tape. Avec le renforcement de l’alizé, la mer va se durcir et je dois constamment trouver le bon compromis pour ne pas augmenter le risque de démâtage." Francis a ainsi de nouveau réduit la voilure ce matin. Il accepte de ne pas serrer le vent au plus près comme il l’aurait probablement fait en d’autres circonstances. "Je fais cap au 345, alors que la route directe est au 30" explique-t-il. IDEC rallonge un peu la route, mais le trimaran navigue ainsi un peu plus confortablement et avec une bonne vitesse, plus de 18 noeuds ce matin.
L’axe qui tient le hauban tribord a été bloqué au mieux des faibles moyens dont dispose Francis à bord d’IDEC. Suite aux nombreux échanges entre le navigateur solitaire et les architectes du bateau, Nigel Irens et Benoit Cabaret, d’une part, et les constructeurs du voilier Samuel et Dominique Marsaudon d’autre part, une dernière entreprise de sécurisation serait envisageable, avec l’installation d’une "ceinture" autour du mât qui enserrerait l’ancrage de hauban, limitant ainsi la tension sur l’axe. Une nouvelle escalade en tête des 32 mètres du mât est donc envisagée. Certainement pas dans les conditions du jour. Il faudra attendre une mer plus aplanie et une allure plus régulière du voilier pour que Francis s’attelle à cette nouvelle opération de sécurisation.
Deux heures seulement hier après midi, après avoir, par deux fois déjà escaladé son mât, Francis Joyon est reparti à l’assaut de son espar, malgré une cheville endolorie, pour tenter de sécuriser du mieux possible cet axe qui maintient le hauban tribord. L’enjeu : bloquer le dévissage intempestif de cet axe qui, s’il venait à tomber, provoquerait immanquablement la chute du mât. "Je l’ai bloqué du mieux possible avec du Spectra" raconte Francis, après avoir vainement tenté de le resserrer. Cet axe surdimensionné exige des outils et un confort de travail dont le solitaire en course ne dispose à l’évidence pas. "Il me faudra certainement grimper à nouveau pour mettre en place un ceinturage avec des bouts" poursuit Francis qui a eu le loisir de s’entretenir avec les fabricants du mât ainsi qu’avec les architectes du voilier, Nigel irens et Benoit Cabaret. Il ressort de ces entretiens une teneur quelque peu rassurante : "En l’état actuel des choses, les 32 mm de l’axe toujours en place suffisent à tenir la charge" résume Francis. "Mais il faut impérativement stopper ce desserrage…" Un peu de pommade, quelques cachets anti-douleurs et Francis a relégué au dernier rang de ses préoccupations sa cheville blessée et les hématomes provoqués par ses innombrables chocs contre le mât.
IDEC, un genou à terre, n’est pas encore battu. Tribord amure dans un alizé hier très nord et qui prend à présent de plus en plus de droite, IDEC s’enhardit quelque peu et va toute la journée orienter de plus en plus ses étraves vers Brest et rejoindre la route directe. "Le vent était plein Nord hier au sortir du pot au noir" explique Joyon, "Et je faisais cap sur les Bermudes. Le vent tourne un peu plus à l’Est pour une vingtaine de noeuds et je commence à lofer gentiment." L’esprit de compétition est, malgré l’adversité, bien présent et Francis d’avouer : "J’ai libéré un ris ce matin. Je navigue à présent sous deux ris et trinquette, ce qui est exactement la toile du temps…" Justement toilé, sur une route de plus en plus optimisée, IDEC, un genou à terre, n’est pas encore battu. "Je vais naviguer dorénavant en recherchant en permanence le bon compromis entre risque et performance" souligne Francis. "Je devrais conserver les conditions actuelles pendant 3 ou 4 jours. Viendra alors le moment de décider du virement de bord pour parer l’anticyclone des Açores et toucher les vents d’ouest…" Un moment crucial, car la manoeuvre de virement de bord constituera un véritable test pour le hauban. "C’est lorsqu’il ne sera plus sous tension que l’axe risque de bouger".
L’analyse de Jean-Yves Bernot Conseiller Météo à terre du trimaran IDEC, Jean-Yves Bernot a, bien entendu, d’emblée intégré dans ses calculs de route le facteur avarie dont vient d’être frappé le grand multicoque rouge : " Je travaille désormais avec pour base 75% des polaires théoriques de vitesse du bateau" explique t’il. "IDEC navigue à 14 noeuds au près alors qu’il devrait marcher à 18… la bonne nouvelle c’est qu’il y a du vent fort prévu jusqu’à l’arrivée, et que Francis n’aura pas à renvoyer toute la toile. L’alizé est bien en place et la route vers Brest demeure donc inchangée, avec pour seule nuance qu’IDEC l’effectuera plus lentement que prévu. Il faudra, d’ici 3 ou 4 jours bien négocier le passage aux Açores avec un anticyclone pas très virulent. Les vents d’Ouest Sud Ouest seront ensuite au rendez-vous. C’est une transition qu’il ne faudra pas manquer sous peine de se retrouver avec du Nord Est pour l’arrivée. Seule inconnue à mon sens, le comportement du bateau au vent arrière compte tenu de cette avarie. »