La dépression orageuse qui a balayé le golfe de Gascogne puis les côtes de Vendée a été plus dure que ce que prévoyaient les bulletins météo et des rafales à plus de 35 nœuds ont été enregistrées par les bateaux accompagnateurs de cette première étape entre Les Sables d’Olonne et Horta. Même si nombre de solitaires ont choisi de piquer au Sud quand le vent est rentré de secteur Sud-Ouest à Ouest pour se protéger d’une mer qui se formait, les conditions de navigation se sont sérieusement dégradées lundi provoquant plusieurs abandons. Douze skippers ont abandonné ou sont en route vers un port pour réparer mais il y a peu de chance qu’ils reprennent la mer avec ces vents contraires et un peloton qui est déjà à près de 300 milles devant…
Une brise pas coopérative…
Après les brises orageuses de lundi, c’est dans un vent nettement plus maniable que les solitaires (du moins ceux qui ont suivi la route directe) progressaient à plus de six nœuds cap à l’Ouest. Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) menait la flotte à 75 milles au Nord de La Corogne, suivi par Sébastien Marsset (Association Véole) à 10 milles. A contrario, les partisans de la voie du Nord se faisaient sérieusement secouer avec plus de vingt-cinq nœuds de Sud à Sud-Ouest et la situation météorologique n’est pas prête à s’améliorer au Nord du 45° ! Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) était pointé premier des prototypes par rapport au but en suivant le 48° Nord… Il était suivi par l’Américain Jesse Naimark Rowse (Reality), par l’Italien Riccardo Apolloni (Ma Vie pour mapei) par Amaury François (Groupe Qualitel), mais ces skippers n’étaient pas près de sortir de cette nasse car le vent va installer au Sud à Sud-Ouest pendant plusieurs jours… Ils n’ont pas d’autre choix que de faire route vers l’Ouest en affrontant au moins trois renforcements à plus de vingt-cinq nœuds ces prochaines 36 heures ! Mais s’ils passent sans avarie, ils auront l’avantage le week-end prochain de glisser très rapidement vers les Açores.
Cette route s’annonce donc dure, fatigante, laborieuse, plutôt lente jusqu’à dimanche, mais elle pourrait bien être la bonne solution au vu de ce qui est programmé sur la voie méridionale.
Car du côté des Sudistes, la « pause » ne devrait durer que 24 heures : la brise va ce mardi soir s’orienter au secteur Sud d’une douzaine de nœuds, ce qui permettra au peloton de passer le cap Finisterre : les leaders dès mercredi matin, les retardataires dans l’après-midi. Ils auront alors de nouveau une période difficile avec un passage de front pendant quatre à cinq heures avec des averses violentes et surtout un flux musclé de plus de vingt-cinq nœuds de secteur Sud-Ouest en soirée. Heureusement, la nuit de mercredi sera plus paisible avec une franche molle et une brise qui basculera au secteur Ouest à Nord-Ouest d’une dizaine de nœuds. La route est donc encore très longue pour atteindre l’archipel açorien et les solitaires devront prendre leur mal en patience avant d’espérer voir les îles volcaniques à l’horizon… pas avant la semaine prochaine !
Le point sur les abandons
Benoît Amalric (n°486 : Tchao), arrivé lundi à 18h00 aux Sables d’Olonne, a confirmé ce matin à la Direction de Course qu’il abandonnait. Pierre Brasseur (n°348 : Région Nord Pas de Calais-Ripolin) est arrivé à midi à Port Olona suite à des problèmes de ballasts suivi une demie heure plus tard par Brice Aqué (n°671 : Ville de Gardanne-CNTL) qui connaissait des soucis de barres de flèche et de pilote automatique. Guillaume Le Brec (n°612 : Galanz) est arrivé à Lorient ce mardi matin à cause de ses deux pilotes défaillants et Sébastien Rogues (n°552 : Solent) s’est amarré à 16h00. Enfin, Jaime Mumbru (n°385 : Ulysses 65) qui était en tête lundi soir a dû rallier Gijon vers 14h30 suite au bris de sa dérive et à un problème d’endommagement du puits.
*En route vers Lorient :
-Stefano Paltrinieri (n°459 : Ok Baby)
-Nicolas Charmet (n°625 : La Ligue contre le cancer) a cassé un safran
-Antoine Debled (n°455 : Régions Job) abordage
*Cap vers Les Sables d’Olonne :
-Jean-Christophe Lagrange (n°676 : Zoukati)
-Louis Mauffret (n°629 : Solidaires)
-Etienne Bertrand (n°719 : Senior Blue)
-Anne Dupureur (n°477 : Zot’Che)
D’autres solitaires ont indiqué qu’ils avaient des soucis techniques mais ils continuaient leur route :
-Arnaud Vasseur (n°247 : Nat’Che) et Sébastien Marsset (n°517 : Association Véole) connaissaient des problèmes d’énergie
-François Champion (n°228 : Pogoman) avait des soucis de pilote automatique
-Gaetano Mura (n°437 : Castelpesca) a un problème de barre
Classement des prototypes mardi 29 juillet à 14h00
1-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 1 029 milles de l’arrivée
2-Thomas Ruyant (Faber France) à 4 milles du leader
3-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) ) à 16 M
4-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 16,5 M
5-Sébastien Picault (Kickers) à 19 M
Classement des voiliers de série mardi 29 juillet à 14h00
1-Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) à 1 023 milles de l’arrivée
2-Sébastien Marsset (Association Véole) à 10 milles du leader
3-Riccardo Apolloni (Ma vie pour mapei) à 15 M
4-Benoît Sineau (Cachaca) à 16 M
5-Damien Guilou (Demi-Clé) à 16 M
Ecrêtage dans le golfe
Arrivée proche pour Crêpes Whaou !
Le calme avant la tempête… Un certain statu quo règne aujourd’hui sur l’eau de la 7è Transat Québec Saint-Malo. Ainsi en a décidé la météo qui offre une zone de transition avant une nouvelle dépression et des vents portants que tous espèrent attraper dans leurs voiles pour rallier Saint-Malo. Ces conditions, Crêpes Whaou ! – seul en tête et riche de ses 500 milles d’avance sur Imagine (Pierre Antoine) – les connaît déjà comme en témoigne le capitaine malouin à la vacation du jour : « Le vent est soutenu et permet de faire de belles déboulées à 19-20 noeuds dans les descentes de vagues. Le ciel est légèrement chargé, mais quelques rayons de soleil apparaissent : on a des conditions quasi idéales pour réaliser une bonne traversée. » De quoi faire pâlir de jalousie ceux de l’arrière, notamment les complices de Saint Malo Team. Le monocoque FICO goûte aujourd’hui aux spécialités locales de Saint-Pierre et Miquelon : pétole molle et brouillard à couper au couteau !
Les multis accélèrent…
Franck-Yves Escoffier et son équipage en profitent, eux, pour débouler. Au propre comme au figuré. Beau temps, belle mer par 50°N et 20°Ouest, il est toujours attendu à partir de jeudi sur la ligne d’arrivée. Chez les multis, à l’exception de Délirium (Hervé de Carlan) qui ferme la marche, tous les équipages ont néanmoins allongé la foulée face au reste de la flotte. 2ème, Imagine de Pierre Antoine doit néanmoins surveiller ses arrières menacées par Prince de Bretagne (Hervé de Cléris), qui progresse à 15 nœuds de moyenne et n’a de cesse de grappiller du terrain. Il reste 1200 milles à parcourir pour ces multis, qui ont échappé à la dorsale et ont cette fois fait le trou avec tous les autres monocoques.
Rien n’est joué sur l’échiquier de l’Atlantique. Le week-end s’annonce animé sur les pontons de la cité corsaire, prêts à accueillir les poursuivants de Crêpes Whaou ! Saluons par ailleurs, la jolie navigation de Laiterie de Saint-Malo. Bien que privés de safran, Victorien Erussard et les siens, peu enclins à déserter les chemins de la course, ont trouvé le mode d’emploi pour se diriger. Et avancer ! De la motivation à revendre et du sens marin en veux-tu en voilà… il ne leur manque rien pour faire marcher leur trimaran sans appareil à gouverner à une douzaine de noeuds de moyenne !
Class 40 : une dorsale sur le dos…
Chez les Class 40, la course connaît une journée de transition. Deux des plus fidèles animateurs de la tête de flotte ont bel et bien pris leurs distances avec leurs concurrents. Bien inspirée, l’équipe d’Oliver Krauss a tracé son sillon avec bonheur et réussite pour échapper aux petits airs qui ponctuent le passage de deux dépressions. « On savait que c’était important d’être devant ces derniers jours parce qu’il y avait une petite porte qui allait se fermer dernière nous. Si on ratait le coche, c’était un peu la fin des haricots, explique le jeune capitaine. Alors on a bien cravaché depuis Terre-Neuve pour être là où on est aujourd’hui. Il fallait faire vite, et empanner un peu plus Sud que les copains. Là, on est assez content. On s’est un peu reposé et on se tient près pour la suite car de la baston est annoncée la nuit prochaine. On va faire attention au matériel ». Résultat de leur course : les voilà bien positionnés pour la suite du parcours. Bien joué ! Il leur faudra néanmoins contenir le trio de Pogo Structures (Halvard Mabire), décidément toujours dans le coup à 17 milles derrière.
Une transat, plusieurs courses
Dans leur sillage, les écarts se creusent un peu plus à chaque nouveau classement. Beaucoup de leurs concurrents, longtemps empêtrés dans les calmes de la dorsale, risquent en effet d’ « avoir de la broue dans le toupet », dixit les Québécois ! De la mousse de bière dans les cheveux : on devine surtout qu’ils ne sont pas au bout de leur peine pour rejoindre le train de cette nouvelle dépression !
Soulignons néanmoins que la magie de cette transatlantique en équipage reste d’offrir les plaisirs d’une traversée océanique à des multicoques et à des monocoques, à des professionnels et à des amateurs. A chacun son destin. Les routes empruntées sur l’Atlantique témoignent combien cette épreuve n’a pas son pareil pour se conjuguer au pluriel. Nous laisserons donc le mot de la fin du jour à Pierre-Yves Chatelin sur Destination Calais, 13è à 250 milles de Mistral Loisirs : « Après la nuit dans la pétole tout est rentré dans l’ordre, nous sommes au près dans 15/17 noeuds de vent et il pleut ….. Tout ceci n’est pas d’une gaîté folle, mais on continue à bosser dur pour revenir sur nos plus proches voisins. La météo n’est pas avec nous, mais on essaie quand même de faire avancer "Destination Calais" le plus vite possible. La course au large, ce n’est pas toujours facile, c’est un euphémisme ! Rassurez-vous il y a aussi des bons moments, comme cette nuit où un troupeau de globicéphales nous a accompagnés pendant une heure dans la pétole… c’était magique !!! »
Ils ont dit
Loïc Escoffier (Laiterie de Saint Malo) : « Hier en fin d’après-midi, le vent a molli. Nous avons renvoyé de la toile : nous sommes passés de trois à deux ris et de l’ORC à la trinquette. Nous réglons aussi l’angle du mât et nous gardons les écoutes pas trop bordées pour que le bateau ne soit pas trop ardent. Nous ne pensions pas que cela fonctionnerait si bien, mais ça marche ! C’est bon pour le moral. Nous progressons dans des vents portants ; ils doivent rester établis encore quelques jours d’après les fichiers météo. Si nous parvenons à garder une bonne vitesse constante comme celle que nous avons tenue cette nuit (13-16 nœuds), on ne devrait pas trop tarder. Pour l’heure, nous avons refusé le ravitaillement cargo. Quant au safran de secours, il n’est pas question de l’installer dans le vent et la mer que nous avons actuellement. Pour l’instant, on barre avec le winch de trinquette. »
Hervé de Carlan (Délirium) : « Hier, nous avons eu une grosse journée bricolage, le bout dehors – arraché il y a quelques jours par une voile d’avant surpuissante – a réintégré sa place, maintenu à grand renfort de sangles à cliquets. Il nous manque toujours ce qui fait le charme du bateau. Nous n’avons pas de soleil, du près au milieu de l’Atlantique… et de la brume. Il nous faut rester très vigilants : nous avons cassé notre safran bâbord après avoir heurté une baleine ou une bille de bois. Enfin ça, nous le saurons jamais ! On attend de récupérer les dernières infos météo mais il semblerait qu’il reste des passages un peu délicats devant nous… Mais l’ambiance à bord est bonne. Délirium est un bateau familial, imaginé et construit pour se faire plaisir. Tant au niveau des plans que de la réalisation, ce n’est pas un bateau de professionnel, mais il nous permet de nous amuser. Nous avons encore devant nous nous une bonne semaine de mer pour rallier Saint-Malo. »
Denis Douillez (Saint-Malo Team) : « Cela ne va pas trop mal. Nous avons rencontré des conditions un peu difficiles dans le détroit de Cabot : le vent tournait dans tous les sens. Puis nous avons eu un après-midi avec un vent super. Et il est retombé en approche de Saint-Pierre et Miquelon. Pétole et brume, on ne voit pas à 50 mètres. On ne peut rien dire de ce qu’on voit. C’était un peu frustrant et ce d’autant plus que nous avons déjà rencontré des soucis. Nous avons relâché en Gaspésie pour réparer le rail de grand voile et nous avons perdu trois jours. Nous avons retrouvé un bon rythme à présent, et tout va bien… »
Halvard Mabire (Pogo Structures ) : « Ca va bien, y’a pas pire ! (rires). Actuellement, on est un peu dans une phase de transition donc il ne faut pas lâcher le morceau pour ne pas perdre la wagon. Le truc un peu marquant, c’est qu’on a eu une nuit claire, ce qui change un peu parce qu’on en avait un peu marre du brouillard. Aujourd’hui, on a même un peu de soleil ! Par contre, le vent est extrêmement variable donc on doit surveiller ça de près d’autant qu’on est dans une mer très désordonnée. Concernant notre stratégie, je ferais bien une phrase à la Jean Le Cam – mais dans le sens inverse – qui dit : "quand on ne sait où aller, il faut faire de l’Ouest ". Eh bien, sur la Québec Saint-Malo, quand c’est compliqué, il faut faire de l’Est ! Et je crois que, pour nous comme pour Mistral Loisirs, c’est ce qui a fait la différence avec nos petits camarades qui sont partis vers le Nord. Cela dit, on est vraiment qu’au début de la transat et beaucoup de choses peuvent encore arriver. Surtout sur cette course où ça revient toujours pas derrière. Ce n’est pas fini… »
Benoît Parnaudeau (Prévoir Vie) : « Tout va bien. On est dans la pétole, au près. On essaie de gagner dans l’Est. Hier, on a bien avoiné puis on est rentré dans la dorsale, donc dans la grosse molle, et on essaie de la traverser. On a eu un à deux noeuds de vent pendant un moment, mais à présent on a retrouvé aux alentours de 7 noeuds et ça devrait continuer à forcir en s’orientant Nord-Ouest. C’est sûr que les premiers, Mabire et Krauss, vont filer avant nous. Reste à savoir si Soldini et De Lamotte, qui sont plus au nord, vont décoller longtemps avant nous ou pas. Si ce n’est pas le cas, on peut parvenir à les contrôler en attendant le front suivant. En tous les cas, c’est une belle course depuis le début et à bord, l’ambiance est très bonne… »
Jeanneau : pourquoi opposer vitesse et confort ?
Vu le succès remporté par la version «Performance» de la gamme Sun Odyssey, Jeanneau a choisi de décliner le même concept à la gamme Deck Saloon afin de profiter au maximum du potentiel de la carène.
Les modèles «Performance» sont construits et aménagés comme l’ensemble des voiliers de la gamme Sun Odyssey, mais ils bénéficient en plus d’équipements exceptionnels optimisés :
– Les voiles Tri-radiales fabriquées en sandwich Mylar® et taffetas offrent une grande stabilité de forme et garantissent une protection totale contre les U.V. et l’abrasion.
– Les drisses et les écoutes Dyneema® sélectionnées spécialement pour ces versions assurent une forte résistance à la traction et à l’abrasion.
– Le gréement Dyform® permet d’ajuster parfaitement les réglages du génois et le pataras réglable, de mieux contrôler la forme des voiles.
– Sous la flottaison, les versions Performance bénéficient d’une quille performance spécifique et d’une hélice repliable.
La qualité et la richesse des équipements ont été soigneusement étudiées afin d’optimiser performances et confort pour le plaisir de tous.
Source : Jeanneau
www.jeanneau.com
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Sunsail 44 : le renouveau des monocoques de la gamme
Le Sunsail 44. est élégant, performant sous voile avec un large cockpit, un intérieur spacieux, lumineux, et confortable au mouillage comme en navigation.
« Nous avons particulièrement insisté avec Jeanneau pour que ce voilier nouvelle génération dispose d’équipements de qualité et de volumes intérieurs répondant à l’attente de nos équipages sans sacrifier aux performance nautique toujours importantes pour Sunsail », commente Joséphine Tucci responsable de la marque Sunsail.
Comme pour les autres modèles de sa gamme, Jeanneau à repris ses procédés de construction innovants avec l’injection et un fort respect environnemental comme le Prisma Procces (réduction des rejets de composés chimiques) ou le Fine Teak (plaquage bois) pour éviter la dégradation des forêts tropicales.
L’ensemble cockpit et jupe arrière, séparés par un double jeu de barre, est spacieux et confortable, la table à doubles battants ne gêne pas la circulation. Les manœuvres bien positionnées permettent une navigation avec un équipage réduit, d’autant que ce bateau est équipé d’un propulseur d’étrave qui facilite les manœuvres dans les marinas.
L’intérieur du Sunsail 44 allie design contemporain et classicisme, il est avant tout lumineux, bien ventilé grâce a de nombreux hublots et panneaux de pont, les volumes entre espace vie (carré/cuisine/ table à carte) et zones privatives s’équilibre parfaitement. La descente assez avancée permet d’accéder directement au carré et crée deux petites coursives isolant les cabines arrières. Le moteur est en avant des cabines.
Le Sunsail 44, est proposé en deux versions l’une 3 cabines et 3 cabinets de toilettes l’autre 4 cabines et 2 toilettes, dans cette version les cabines avant sont convertibles avec différentes options s’adaptant parfaitement aux équipages familiaux.
Grande stabilité de navigation et donc de confort grâce à une coque puissante et un profil de quille à haut rendement, le Sunsail 44 est un voilier aux performances élevées qui répondra au équipage les plus exigeants.
Les voiliers sont disponibles dès cet hiver à la location aux Antilles : Tortola, St Martin , Guadeloupe, Martinique et St Vincent avant de rejoindre l’été prochain les base de Méditerranée,
Pour tout renseignements : www.sunsail.fr ou n°vert 0800 33 15 15.
Source : Sunsail
Nauticofilm.com : le premier défi numérique du Nautic
Pourquoi un salon se lance t’il dans un tel projet? Parce qu’il développe aujourd’hui une communication qui s’appuie sur les nouveaux médias, la presse on-line et les réseaux communautaires. Fort de ses 300.000 visiteurs annuels, le Nautic, Salon Nautique de Paris, s’appuie naturellement sur une communauté passionnée et engagée. Le lien qui les attache au salon permet aujourd’hui de développer des outils relationnels pérennes, nourris tout au long de l’année d’échanges et de rencontres. Nauticofilm.com est la première action de cette stratégie de fidélisation, un site participatif qui est en ligne depuis le 22 juillet 2008.
Quatre étapes sont à retenir pour comprendre le déroulement de ce concours :
1 – Du 22 Juillet au 20 Septembre : dépôt des films en ligne.
2 – Sélection des 10 meilleurs films par catégorie
3 – Du 1er Octobre au 1er Décembre : vote participatif. Les 500 premiers votants sont invités au salon pour une journée
4 – Pendant le salon (qui a lieu du 5 au 14 décembre 2008) : remise des prix.
Partagez vos émotions ou vos fous-rires en mer, à la plage, sur une péniche, en surf, en planche à voile ou en pédalo, en postant dès aujourd’hui vos productions sur nauticofilm.com. Et passez du rêve numérique à la réalité d’une expérience inoubliable…
Dotations : Tara expéditions, Club croisières Pen Duick, Leica, le Spi Ouest France
Partenaires médias : France Info, Ouest France, Planète Thalassa
Source : Le Nautic, Salon Nautique de Paris – 5 – 14 décembre 2008
www.salonnautiqueparis.com
Impériale victoire pour Nicolas Troussel
Il est un peu moins de 16h dans la baie de Santa Marta au cap Ortegal, ce nord-ouest de l’Espagne épargné par les affres de la civilisation. C’est joli cette Galice comme dans les livres d’enfants, ce petit clapot et cet homme seul qui revient quasi incognito des limbes désolées du golfe de Gascogne déserté par les vents. Dans un trop plein de ciel, sous grand-voile et solent, 25 noeuds d’ouest et décor technicolor de carte postale – collines galiciennes, mer qui danse comme il se doit le long du golfe clair, soleil et nuages barbe à-papa – Nicolas Troussel, 34 printemps, est un homme heureux. Après avoir survécu mieux que les autres à l’infernale absence de vent pendant les deux tiers de ce parcours réduit à 320 milles, après avoir comme tout le monde planté des pieux au près dans 25 nœuds avec une sérénité de bûcheron des Vosges dans les dernières heures de course, le voilà qui rafle sa deuxième victoire d’étape dans la Solitaire, après son triomphe de 2006 à St Gilles Croix de Vie. Lequel l’emmena où l’on sait, c’est-à-dire au pinacle. Un dernier virement de bord, sourire harassé aux objectifs, geste de victoire et l’affaire est dans le sac à voile. C’est beau un marin qui gagne au bout de la fatigue et à l’acmé de son talent. On jurerait qu’il a soufflé « pekab », seul à bord, en passant la ligne. Son impeccable à lui de Breton pur beurre qui doit bien faire rigoler ses petites femmes rien qu’à lui, Anouk et Hélène, là-bas au pays. Et quelques autres qui l’ont vu naître à la voile, comme ses copains de la baie de Morlaix Armel Le Cléac’h et Jérémie Beyou, autres vainqueurs de la Solitaire désormais partis chasser le vent autour du monde.
Le monsieur porte le numéro un dans la grand’voile, son sceptre de champion de France de course au large en solitaire. C’est plus commode pour les suiveurs : l’as ne commet pas d’impair et passe. Simple comme Troussel. On pourra toujours reprocher au skipper de Financo que sa bouille toute ronde à la Bibi Fricotin cadre moyennement avec son prénom de Tsar de toutes les Russies. On pourra toujours lui expliquer que c’est une belle faute de goût que se faire applaudir au cap Ortegal par la Royale française – qui suit la course sur La Sterne – vu que c’est précisément ici, le 3 novembre 1805, que le contre-amiral britannique Sir Richard Strachan mit un point final à la campagne de Trafalgar en capturant la dernière escadre tricolore. Mais s’il y a une chose qu’on ne pourra mettre au passif du triomphateur du jour, c’est bien sa capacité à ne pas s’enflammer comme un gosse qui vient de gagner aux billes alors que, pourtant, tout pousserait à la cabriole. Car voilà, ce qu’il y a de rigolo avec les souris, c’est qu’elles accouchent parfois de montagnes. On disait de cette étape qu’elle serait logiquement la plus rapide et la plus facile de cette édition. On pensait que les écarts seraient infimes, comme souvent en Espagne, où on sait qu’il est bien difficile de construire des châteaux. Et puis voilà. Les dauphins sont joueurs mais très loin. A l’heure où Financo déflore la ligne de cette première manche ramenée à 320 milles (au lieu de 450) les deux plus proches poursuivants de l’empereur Nicolas sont à trois dizaines de milles. Un wagon, comme on dit dans le jargon. Ou un caramel, c’est selon. Troussel aime les friandises et les trains rapides.
Ecarts énormes en vue
On pourra toujours prétendre que dans cette étape où on a cherché Eole partout comme Mirza et qu’il a bien failli nous rendre fou, la course a tenu de la loterie. Mais on en connaît peu qui gagnent au loto tous les mercredis… « Je n’ai rien fait d’extraordinaire » dit sans malice aucune le marin de Plougasnou. A part peut être avoir pris la tête dès le lendemain du départ à 19h pour ne plus jamais la quitter. Un peu moins de sommeil, un peu plus de meilleurs bords, un chouia de vista ? Un cap de feu, une vitesse au top depuis trois ans, un poil de nécessaire réussite sous les orages et les nuages qui ont favorisé l’un et encalminé son voisin ? Une belle marche dans le petit temps sous spi ? Un peu de tout cela sans doute… Il n’empêche. Il n’empêche que ces conditions si faibles étaient les mêmes pour les 50 solitaires et qu’on doute fortement que le seul fruit du hasard et des boules de cristal propulsent aussi régulièrement le même homme aux avant-postes d’une série aussi homogène. Vainqueur de la Solitaire 2006, vainqueur du Trophée BPE et champion de France 2007, Nicolas Troussel hisse son Financo une fois encore au sommet. Surtout, les écarts vont être énormes : à l’heure où Financo a coupé la ligne, ses deux dauphins qui ferraillent toujours pour la deuxième place – Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) et Christian Bos (Région Midi Pyrénées) – avaient encore 30 milles à parcourir avant d’arrêter leur chrono. Et 30 milles à 6 nœuds, c’est peu ou prou 5 heures… Même en admettant qu’ils accélèrent, ce qui est tout sauf évident, ils ne pourront pas réduire à peau de chagrin ce déficit. Et eux jouent le podium ! Que dire alors des 47 autres, quand le dixième, Gildas Morvan, un des grands favoris (Cercle Vert) accuse encore dix milles de retard supplémentaire, soit 40 milles ? Eric Drouglazet, seul autre marin en lice à avoir déjà gagné la Solitaire est lui à 50 milles et la moitié de la flotte concède un déficit égal ou supérieur. Les écarts vont se compter en infernales poignées d’heures, pas en secondes comme d’habitude. On fera les comptes toute la nuit pour probablement conclure qu’il n’y a finalement qu’une seule façon de voir les choses : Nicolas s’est offert un destin impérial. L’ennui, pour lui, c’est que 49 révolutionnaires en pétard vont vouloir incendier son palais, puisque ceux-ci n’auront d’autres choix que l’attaquer de toutes parts sur les énormes deuxième et troisième étapes. Si l’on préfère la métaphore américaine comme sur la Cup, cette Solitaire se retrouve ce soir avec un defender et 49 challengers… et pour avenir immédiat les deux étapes les plus énormes jamais courues. Donc prudence. La vieille dame ne se jette pas dès ce soir dans les bras de l’empereur. Il le sait. Même harassé de fatigue après 72 heures sans sommeil à guetter la moindre risée, le veilleur a trouvé deux neurones opérationnels pour estimer que la guerre était loin d’être finie. Le Tsar est aussi un sage.
Bruno Ménard
L’interview du vainqueur
Nicolas Troussel : « j’étais en phase… »
Tes premières impressions sur cette belle victoire ?
« C’est un soulagement d’être arrivé, il était temps que ça se termine. Le près dans la brise, ça va bien deux minutes… J’ai une petite pensée pour les autres qui y sont encore. Cette étape était très, très dure, plus dure que ma victoire en 2006, alors c’est d’autant plus gratifiant et réjouissant de la remporter ».
Les clés de ton succès ?
« Je sentais bien les coups, j’étais en phase avec la météo, c’était très agréable. J’ai réussi à me sortir du pétrin dans les petits airs (Nicolas Troussel prend la tête dès le classement du 26 juillet à 19h00, et ne la quittera plus par la suite, ndr). Ensuite, c’est toujours parti par devant. J’ai eu un peu de vent, j’en ai toujours profité, donc j’ai gagné sans rien faire d’extraordinaire, tout s’est déroulé naturellement. Nous étions un petit groupe assez serré avec Christian Bos et Fred Duthil. Progressivement, le premier a gagné sur le deuxième et ainsi de suite. Je pense aussi que j’allais bien dans la pétole, avec un spi performant. Finalement, ça se joue à pas grand chose, ce sont des petits détails. J’ai l’impression aussi que ça a pas mal dormi sur les bateaux. Moi je suis resté très vigilant… »
Le secret de ta concentration dans les tous petits airs ?
« J’avais envie de jouer la gagne. Je savais que ça partirait par devant, alors je n’ai pas lâché le morceau. Comme d’habitude, je suis très motivé sur la Solitaire du Figaro. J’ai vraiment envie de faire un gros coup cette année. »
Dans quel état physique arrives-tu ?
« Je suis très fatigué, d’autant qu’on a fait des changements de foc aujourd’hui. J’ai dormi par tranches de 15 minutes. Hier, j’ai dû me reposer deux ou trois quarts d’heure, aujourd’hui, une demi-heure et le premier jour, un peu plus…Je pars sous voilure réduite, avec grand-voile un ris et tourmentin pour regagner Vigo. Je vais me reposer un maximum pendant ce convoyage. J’ai vraiment envie de me retrouver dans un bon lit ! »
Les écarts vont être très importants… tout est déjà joué ?
« Je ne m’attendais pas à tant d’écart. J’étais le premier à toucher le vent d’ouest. J’ai du faire 70 milles de près tandis que les autres vont devoir en faire 110 ou 120. Peut-être certains se disent-ils que pour eux, cette Solitaire, c’est fini. Mais je sais que même après les deux premières étapes, tout est jouable. Car la dernière est un sacré morceau. Les endroits où nous allons passer par la suite sont aussi propices à créer de grands écarts. Même si j’ai beaucoup d’avance aujourd’hui en Espagne, je ne considère pas que c’est gagné ! »
Régate Atlantique et tactique océanique sur la Quebec Saint-Malo
Drôle d’ambiance dans le camp des multicoques. L’avarie de safran qu’a subie, hier, Laiterie de Saint Malo (Victorien Erussard) prive Crêpes Whaou ! du concurrent le plus menaçant. A 1000 milles de l’arrivée, Franck-Yves et son équipage n’en continuent pourtant pas moins leur folle cavalcade vers l’arrivée. Face à une nouvelle dépression à négocier, générant encore son lot de vents portants, ils peuvent espérer rallier la cité corsaire dès jeudi. Il sera alors temps d’attendre les premiers monocoques.
FICO ou Class 40 ? Force est de constater qu’après huit jours de course, dont sept au gré des vents capricieux et souvent contraires pour s’extraire du Saint-Laurent, les premiers concurrents de 40 pieds tiennent toujours la cadence. Les meilleurs de la classe progressent ce lundi à quasi-égalité du but avec le chef de file des FICO, An Ocean of Smiles, éprouvé par une nuit difficile dans 25 noeuds sous spi.
Des Class 40 comme des Class America …
Dans le camp des Class 40, la traversée de l’Atlantique se poursuit à un train d’enfer. Ce lundi, Mistral Loisirs (Oliver Krauss) tire profit de son décalage au Sud et se propulse en tête. Au classement de 15 heures, il affiche 20 milles d’avance sur son poursuivant Pogo Structures (Halvard Mabire). A 55 milles plus au Nord, Télécom Italia (Giovanni Soldini), pénalisé par la perte d’un spi, croise le fer avec Novedia Group (Tanguy De Lamotte). Ces quatre bateaux progressent dans un rayon de 25 milles par rapport à l’arrivée. Ils se positionnent surtout en vue des prochaines évolutions météo. Entre réflexions stratégiques et coups tactiques, la traversée se poursuit sur le mode d’une régate acharnée. Façon « match-race », comme en témoigne le croisement qu’on vécu au cœur de la nuit noire et du brouillard le quatuor de Novedia Group et le trio de Pogo Structures. Le récit d’Halvard Mabire donne la mesure de l’intensité de rigueur sur des chemins hauturiers : « On est au taquet. Pour rester à notre place, on est à fond tout le temps. C’est vraiment de la régate au contact. Mais, c’est assez bizarre car on navigue sans se voir à cause du brouillard. Cette nuit, on a eu un croisement avec Novedia. C’était vraiment ambiance America’s Cup à travers l’AIS (émetteur-récepteur VHF pour représenter la route des bateaux, ndlr) ! »
Même son de cloche du côté de Tanguy De Lamotte qui ne boude pas son plaisir d’user de tactique rapprochée en plein océan : « C’est génial, c’est intense, on n’arrête pas de regarder les classements et les positions. On a le couteau entre les dents. On est à fond depuis le début. La sortie du Saint-Laurent a été un peu longue mais super intéressante. L’entrée en matière en Atlantique, avec du vent soutenu depuis 36 heures, est chaude mais c’est bien de rester au contact. Pour ça, on est plutôt assez content… »
85 milles du Nord au Sud
Du côté de la météo, tous annoncent des vents mollissants qui vont sans doute offrir aux équipages la latitude d’engranger un peu de repos en vue de la prochaine dépression annoncée dans une échéance de deux jours. Tous se positionnent en vue de l’arrivée de ce nouveau système. Des écarts se creusent en latitude : 85 milles séparent ainsi les nordistes Télécom Italia et Novedia Group du plus extrême au Sud, Prévoir Vie (Benoît Parnaudeau).
Sur une route plus médiane, Mistral Loisirs et Pogo Structures ont pris aujourd’hui l’avantage aux dépens des Italiens de Giovanni Soldini.
Place à la réflexion et aux grands choix stratégiques à la lecture des fichiers météo. Mais aussi au regard des forces et des faiblesses de chacun… et des routes des autres. Ca se passe comme ça une régate à l’échelle de l’océan !
Ils ont dit
Christophe Dietsch (Prince de Bretagne) : « Rattraper un système météo »
« Cette nuit, on a eu un peu de travail et beaucoup de réflexion pour faire les empannages au bon moment. On a renvoyé la toile progressivement. A chaque fois, on a réveillé un peu tout le monde afin d’être sûr de faire ça sans casse et sans problème. A présent, on a tout dessus avec le grand gennaker et on essaie de barrer au maximum pour profiter à fond de la vitesse du bateau. On est toujours dans le brouillard. On voit à 500 mètres. Ca ressemble aux Bancs de Terre-Neuve. C’est vrai qu’il y a un peu de fatigue accumulée après cette première semaine de course mais le moral est au top. »
Victorien Erussard, Laiteries de Saint-Malo : « Par nos propres moyens »
« On se traîne à 5 noeuds. Nous devons rationner cinq jours de nourriture pour les 20 prévus pour rejoindre la Bretagne. On essaie de réfléchir à la construction d’un petit safran de secours avec les moyens du bord que l’on réalisera demain, lors d’une accalmie. Là, on vient d’empanner. On fait de l’Est. Franck-Yves (Escoffier) nous a conseillé de nous mettre au portant et de nous servir des voiles d’avant puis d’installer des traînards sur l’arrière. C’est une situation un peu délicate mais au moins, on va pouvoir rentrer par nos propres moyens. Ce que l’on espère vraiment, c’est qu’un cargo nous avitaille rapidement. Mais vu le nombre de bateaux qui circulent en Atlantique Nord, on est plutôt confiant. »
Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou !) : « Des bords au portant »
« Oui, ce safran cassé, cela m’embête. Laiterie de Saint Malo avait parcouru de beaux milles, il disputait une belle course. Il est mené par un équipage de jeunes navigateurs : du sang neuf pour toute la classe. Mon fils est à bord, et je suis très déçu pour lui. Heureusement, tout le monde va bien, il n’y a pas de blessés. Tous sont solides et ils sont plus en sécurité à bord de leur bateau. Ils vont y arriver, même s’ils vont mettre du temps.
Nous avons 25-30 nœuds et progressons sous deux ris Solent, dans une houle de 3 à 4 mètres qui nous pousse, le bateau ne demande qu’à partir. Nous allons gérer, continuer à faire des milles …. »
Pierre-Yves Chatelin (Destination Calais) : Quid du soleil ?
« Reverrons nous un jour le soleil ? Il pleut presque sans arrêt, le vent varie entre 23 et 30 nœuds. On avance, mais il faut toujours être très vigilant pour ne pas se faire surprendre par une rafale ou une vague. En plus, on se fait larguer par presque tout le monde sans bien comprendre pourquoi. On se bat pour rester sous spi même quand ce n’est plus très raisonnable : on règle tout le temps, je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus, mais visiblement ça ne suffit pas. La course n’est pas finie, mais il est certain que le portant fort ne nous avantage pas ! Les milles s’ajoutent aux milles. Le bateau va bien malgré une barre souvent très dure et l’équipage reste en forme et combatif. Un rayon de soleil et ce serait le bonheur… On a récupéré un peu d’eau ce matin car on consommait un peu plus que prévu, c’est parfait ! »
Giovanni Soldini (Télécom Italia) : « plus de spi médium »
« Nous ne sommes pas très contents. Il y a 36 heures, nous avons déchiré notre spi médium. Et ce n’est pas drôle, nous avons tout le temps des doutes : spi léger ou spi tempête ? Et, à partir de 20 nœuds, nous ne pouvons plus pousser le bateau au bout de son potentiel. Cette nuit, le vent a adonné, toute la flotte est partie tribord amures. Nous allons voir comment vont se passer les prochaines heures : le vent va mollir et on va négocier une nouvelle dépression. »
Gilles Dutoit (Techneau) : « Des moments extraordinaires »
« Ca va très bien à bord. Il commence à pleuvoir très fort. Nous avons eu jusqu’à 25 nœuds la nuit dernière et dans le brouillard nous avons vécu des moments de mer extraordinaires. On se fait vraiment plaisir. Le vent va tomber un peu. On va essayer de se reposer pour continuer à avancer quand il va forcir à nouveau. »
Olivier Grassi (Khat 7) : « Une régate de folie »
« Nous sommes repartis après avoir cassé une drisse de spi. Cela nous a donné un peu de travail, mais tout est revenu dans l’ordre. Au portant, on tient des bonnes moyennes, et on s’amuse ! Nous sommes cinq à bord et cela nous permet de bien nous reposer, notamment pour les quarts de nuit dans le brouillard et sans lune. Nous espérons continuer à ce rythme-là. La météo est en effet assez compliquée avec plusieurs routes possibles : certaines plus risquées que d’autres. Nous allons essayer de ne pas trop nous éloigner de nos camarades, même si nous faisons notre course. Nous disputons une régate de folie, je n’ai jamais vu ça : c’est comme si on était entre trois bouées ! Le niveau est assez homogène. Les pros comme les amateurs sont au taquet tout le temps. Rien est joué et il reste certainement des coups à faire d’ici la fin… »
Jacques Fournier (L’Esprit Large-Talmont Saint Hilaire) : « Le grand spi par 3 500 mètres de fond »
« Put… de M… c’est l’expression de Jean-Edouard (Criquioche) qui s’est élevée dans
le cockpit. Le grand spi à littéralement explosé, il est par 3 500 mètres de fond comme notre moral. Découpé suivant les pointillés. Nous avions des craintes quant à sa solidité, et bien elles sont confirmées. Le spi lourd de remplacement n’est finalement pas adapté aux petits airs qui seront majoritaires à présent. Donc le mode course est off à présent dans nos têtes… »
Changement radical
D’un coup, l’horizon s’est chargé de nuages noirs, la foudre a zébré le ciel, le tonnerre a retenti au loin : la masse orageuse a rapidement couvert la flotte des Mini et la petite brise de secteur Sud qui avait enfin débloqué les compteurs ce lundi matin, a fait place à un gros flux d’Ouest ! En quelques minutes, les conditions de navigation ont été bouleversées et d’une allure de sénateur, le rythme a pris un tempo de tôle ondulée… Le golfe de Gascogne lisse comme un lac, est devenu une piste africaine avec un méchant clapot court et de violentes bourrasques obligeant à prendre un ou deux ris dans la grand voile. La nuit dernière encore, les voiles battaient d’un bord sur l’autre au gré d’une longue houle d’Ouest sur un véritable miroir et sous un soleil de plomb. Désormais c’est le shaker dans ces vagues qui prennent du coffre et dans ce vent très instable sous les grains. Un déluge est tombé d’en haut, rinçant un pont déjà bien arrosé par les embruns…
Coup de vent au Nord
La température est aussi descendue de quelques degrés et l’intérieur du Mini a pris des allures de capharnaüm quand le solitaire s’est fait surprendre par la rapidité du changement. Il a fallu tout ranger, repasser le matériel calé devant en le stockant dans la bannette, remplir les ballasts d’eau de mer, coincer les voiles au vent, réduire la toile et faire route cap au Sud-Ouest ou au Nord-Ouest, selon le choix du navigateur… Car ce lundi après-midi, le vent est installé au secteur Ouest vingt nœuds et cela devrait durer un certain temps ! En effet, derrière cette perturbation orageuse qui a traversé la France lundi après-midi, s’installe un flux assez stable et contraire. La tendance météorologique indique que l’anticyclone des Açores s’affaisse légèrement en laissant passer de petits minima dépressionnaires entre le 43° et le 47° Nord, ce qui implique un vent général de Sud-Ouest… Un sérieux coup de vent est même attendu pour jeudi sur le Nord de la route des Minis !
Il va donc falloir tirer des bords pendant des jours et des jours, en profitant des petites bascules au gré des ondulations des isobares afin de gagner vers l’Ouest et surtout, dans un premier temps, sortir de ce Gascogne qui cogne ! A ce rythme, les leaders devraient passer la longitude du cap Finisterre mercredi au petit matin… et les écarts vont être importants entre les premiers et les derniers après une journée et demi de louvoyage. Surtout qu’il y a désormais plusieurs choix pour négocier ce « dégolfage » : soit piquer vers les côtes espagnoles, en attendant une rotation au Sud-Ouest, ce qui permettrait de bénéficier en premier de la bascule sur une mer plus plate, puisque le vent viendra de terre ; soit privilégier le gain vers l’Ouest, ce qui impose de tirer des bords souvent, de manœuvrer régulièrement et d’affronter une mer plus dure. Soit pour ceux qui ont franchement choisi la voie du Nord, de persévérer sur cette route en espérant que le vent tourne franchement à l’Ouest-Nord Ouest d’ici deux à trois jours, afin de redescendre sur la route directe…
Deux retours au port
Sur l’eau, les deux options extrêmes prises dès dimanche se confirment avec au Sud, l’Allemand Norbert Maibaum (Coconut Run) qui est désormais le plus méridional à la latitude d’Arcachon tandis que Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) suivi par l’Espagnol Loïc Miro (Indena) persévère au Nord à la latitude de Saint-Nazaire… Mais au centre, plus proche de la route directe (orthodromie), le peloton se disperse aussi : le leader du jour, Etienne Bertrand (Senior Blue) privilégie l’option au Sud-Ouest en compagnie de l’Espagnol Jaime Mumbru (Ulysses 65) et de Sébastien Stéphant (Déphémèrides), tandis que Sébastien Picault (Kickers) avec Benoît Sineau (Cachaca) et Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement), préfère suivre un cap au Nord-Ouest…
Il va donc y avoir des bouleversements aux prochains classements au gré des bords tirés et il faudra rester prudent sur une réelle hiérarchie jusqu’à ce que les Minis entrent réellement dans l’Atlantique. Côté retour au port, deux solitaires ont semble-t-il jeter l’éponge : d’après la route de Benoît Amalric, Tchao devrait arriver aux Sables d’Olonne ce lundi en fin d’après-midi suite à des problèmes de pilote. Quant à Pierre Brasseur, il a indiqué au bateau accompagnateur Max Havelaar qu’il se détournait sur Lorient suite à une fuite de ballasts.
Classement des prototypes lundi 28 juillet à 13h00
1-Etienne Bertrand (Senior Blue) à 1 116 milles de l’arrivée
2-Jaime Mumbru (Ulysses 65) à 4,4 mille du leader
3-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 11,5 M
4-Henry-Paul Schipman (Maisons de l’avenir-Urbatys) à 11,5 M
5-Sébastien Picault (Kickers) à 14,3 M …
Classement des voiliers de série lundi 28 juillet à 13h00
1-Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) à 1 122 milles de l’arrivée
2-Sébastien Marsset (Association Véole) à 3,9 milles du leader
3-Cécile Hoffart (Toud’Suite) à 6,3 M
4-Benoît Sineau (Cachaca) à 9,2 M
5-Damien Guillou (Demi-Clé) à 11,6 M…
Le nouveau Course Au Large est dans les kiosques
On aurait tendance à l’oublier en cette incroyable année 2008 où toutes les grandes courses semblent s’être données rendez-vous, mais la Volvo Ocean Race s’élance dès le 4 octobre. Dans deux mois, donc. Un mois avant une autre régate de quartier (attention, ceci est une antiphrase) : le Vendée Globe. L’équipe de Course Au Large ne pouvait faire l’impasse sur ces deux circumnavigations de légende – l’une en équipage, l’autre en solo – qui constituent logiquement deux des principaux axes de ce nouveau numéro.
Côté Volvo, Course au Large s’est intéressé aux choix des architectes et des designers d’une première série de bateaux millésime 2008 : les Américains de Puma (notre Une), les Espagnols de Telefonica et les Russes de Team Russia. Des monstres de puissance, affûtés à l’extrême pour le sprint planétaire (deuxième volet à suivre dans notre prochain numéro).
Côté préparation du Vendée Globe, le magazine propose une enquête exclusive : où en sont-ils à 100 jours du départ ? Très instructif, tant les équipes des trente solitaires engagés n’en sont pas au même point de préparation (ou de réparation !) et de qualification. Qui a changé son mât, sa quille, installé des redans ou pas, qui a encore des qualifications complémentaires à faire, etc… ? Une plongée dans les coulisses de la « course du siècle ». Côté IMOCA toujours, Course Au Large propose un portrait de Jérémie Beyou, pur talent qui n’aura pas toujours la malchance de ces deux dernières années. Ce qui en fait un candidat sérieux au Vendée Globe, tout comme Kito de Pavant, à qui nous avons demandé d’être à son tour le grand témoin de ce numéro, via un interview cartes sur tables dans notre rubrique désormais habituelle : « Parole de Skipper ».
Visite d’un monstre
Également au sommaire ce mois-ci, une visite guidée très complète dans les entrailles d’un monstre : le maxi trimaran Banque Populaire V. En toute simplicité le plus grand trimaran de course au monde, aux proportions effrayantes : 40 mètres de long, 49 mètres de tirant d’air… et seulement 24 tonnes. Son skipper, Pascal Bidegorry, nous explique les tenants et aboutissants du projet. Avec en prime, les dernières photos de l’assemblage à Lorient et les visuels de la bête telle qu’elle sera présentée lors de sa mise à l’eau à la fin de ce mois d’août. Et puisqu’on parle de voiliers d’exception, Course Au Large fait le point sans concession sur l’Hydroptère, lequel cherche en ce moment même à taquiner la barre mythique des 50 nœuds à la voile, en Méditerranée.
En cette période estivale, le magazine s’intéresse aussi aux catamarans lémaniques, ces libellules surpuissantes que l’on retrouve au Bol d’Or, avec un éclairage spécial sur le D35. On plonge encore au cœur du circuit des TP 52, excitants monocoques high-tech sur lesquels se rue toute l’élite de la Coupe de l’America. Notre dossier historique, lui, est consacré à la dramatique et légendaire tempête du Fastnet 1979. A lire encore – et c’est bien normal au mois d’août – un décryptage complet des forces en présence sur la 39e Solitaire du Figaro. Enfin, outre vos rubriques habituelles, le cahier IRC est très largement consacré à la Rolex Commodore’s Cup, à la Giraglia et à une enquête sur le prix d’une Transquadra, laquelle s’élance en ce moment de Saint-Nazaire. Et pour le plaisir des yeux, toujours les plus belles images de voile de ces deux derniers mois, comme celles du record de l’Atlantique de Thomas Coville. Entre autres.
Bonne(s) lecture(s).
La rédaction.
Troussel seul en tête… dans la brise !
Ce passage de front était prévu par Météo France, mais les conditions n’en demeurent pas moins étonnantes par leur contraste avec les calmes vécus auparavant. « Le vent est rentré brutalement en basculant à droite, le clapot est formé » commente Jacques Caraës à bord du catamaran Direction de course. « Nous sommes 6 milles sous le vent de Nicolas Troussel, l’ambiance est plutôt humide et inconfortable. Mais ça devrait mollir après le passage du front. »
Troussel fait le trou
A 65 milles du Cap Ortegal, nouvelle zone d’arrivée de cette première étape raccourcie, c’est un peu comme dans la chanson. « Tous derrière et lui devant ». Nicolas Troussel (Financo) peut en effet compter sur ses 21 milles d’avance devant deux concurrents lancés vainement à ses trousses : Christian Bos (Région Midi Pyrénées) et Frédéric Duthil (Distinxion Automobile). La veille, sur le glacis du golfe de Gascogne, ce dernier rêvait de renouer avec les navigations musclées. Le voilà servi !
A moins d’un ennui technique, rien ne devrait donc empêcher le vainqueur de La Solitaire 2006 de remporter cette première étape, même si l’intéressé reste très concentré : « On a eu jusqu’à 27, 28 nœuds de vent. Je suis très content de ma position. Mais j’essaie de finir en gardant un maximum d’avance, pour mettre un maximum de temps aux autres bateaux. On essaie de s’appliquer pour finir calmement, c’est toujours un peu long sur la fin et je suis quand même fatigué. J’ai réussi à faire quelques siestes mais je dois dire que je suis crevé. »
Un peloton de quatre
Huit milles derrière Duthil, on trouve un peloton, composé d’Erwan Tabarly (Athema), Christopher Pratt (DCNS 97) et enfin Jeanne Grégoire (Banque Populaire) et Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) qui progressent bord à bord depuis la veille au soir. Cette petite troupe s’est maintenue judicieusement au dessus de la route directe, une position qui devrait leur permettre de limiter le nombre de bords à tirer jusqu’au cap Ortegal. Encore quatre milles plus loin, et voilà le premier bizuth de la flotte, François Gabart (Espoir Région Bretagne), 8e, parfaitement dans le coup pour sa première participation.
Le gros de l’effectif se situe quant à lui au sud de la route et devra probablement multiplier les manœuvres dans un vent refusant. Conséquence d’autant plus valable pour Christophe Lebas (Lola) et Armel Tripon (Gedimat) qui sont ce matin, à 23 milles au large de Gijon, les concurrents les plus proches des côtes espagnoles. Le finish, dans la baie de Santa Marta, est pour la fin de l’après-midi. Un chose est sûre, les écarts seront d’ores et déjà importants entre les concurrents. Malko Szekely (Région Basse-Normandie), le dernier d’entre eux, accuse ce matin un retard de plus de 100 milles sur la tête de course.
Ils ont dit :
Nicolas Troussel (Financo), en tête au classement de 4h30 : «Ça va pas mal. On est au près, on plante des pieux. Le vent a tourné très vite et est monté jusqu’à 27 à 28 nœuds. Je m’attendais à avoir une bascule un peu moins franche avec un peu plus de sud-ouest avant d’avoir de l’ouest. Il y a un peu de mer, on arrive sur le plateau et ça commence à lever pas mal. Le bateau tape. Il y aura peut-être deux à trois bords à tirer d’ici l’arrivée, mais pas dix milles. Cette réduction de parcours m’arrange, c’est vrai, d’abord parce que je suis devant. Surtout, cela va nous permettre de récupérer un peu pendant le convoyage au moteur, car arriver mardi soir pour repartir jeudi, ça aurait été un peu court et on aurait été crevé. Je me vois passer la ligne d’arrivée d’ici une douzaine d’heures, vers 14 heures TU (16 heures locales). »


















