Capitalisme sauvage Les courses de bateaux à voile ont ceci d’injuste qu’elles favorisent leurs patrons, sur un mode très " capitalisme sauvage " où les riches, toujours, s’enrichissent. Depuis son OPA sur la flotte, à force de persévérance et d’excellence, Michel Desjoyeaux est devenu le nanti, le verni, le mieux loti. Au terme de ce 74e jour de course, le voici seul en tête avec 481 milles de marge sur son plus dangereux rival Roland Jourdain. Aujourd’hui, Foncia a encore gagné 40 milles sur Bilou. Et tout porte à croire qu’il continuera à galoper, toujours plus vite, toujours plus loin. A l’horizon du bateau blanc qui navigue vent de travers dans de solides alizés d’est (25 nœuds), la situation semble limpide : contourner par l’ouest (mais pas trop) l’anticyclone des Açores puis attraper le flux perturbé qui va le propulser à vive allure vers la ligne d’arrivée.
ETA entre le 31 janvier et le 2 février Si tout va bien, Foncia devrait mettre un point final à son périple devant les Sables d’Olonne entre le samedi 31 janvier à l’aube et le lundi 2 février au petit matin. Au rythme où vont les choses, Bilou pourrait n’arriver que deux jours plus tard. Or, contre toute attente, il faut remonter à l’édition 1996-1997 pour retrouver un tel écart entre les deux premiers. Mais, comme dit le très sage adage marin : " tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie…. ". D’autant qu’on l’a vu, cette course ne tient parfois qu’à un fil, un bout, un vérin, un câble, une vague. Hier, dans un journal de la presse quotidienne régionale, Michel Desjoyeaux révélait avoir échappé à une grave avarie qui aurait pu mettre un terme définitif à sa course, alors qu’il menait le bal dans le Pacifique. Confirmation à la vacation du jour : " Je ne vous dirai pas ce que c’est, je vous montrerai ça à l’arrivée, mais ça s’est joué ric-rac, à un quart de seconde près, la course était finie ". Sébastien Josse, présent à cette même vacation, sait avec quelle soudaineté et quelle brutalité, l’aventure peut s’arrêter : " le Vendée Globe n’est pas un sprint planétaire, c’est une course d’usure et j’ai fait partie du mauvais wagon ".
15 nœuds pour Michel, moins de 10 pour les autres Pour l’heure, Foncia, en est la locomotive. Le plan Farr est lancé sur des rails à 15 nœuds de moyenne, tandis que ses prétendants connaissent une progression erratique, contrariée par des anticyclones, des lignes de grains ou des vents contraires. Sur Veolia Environnement, Bilou a franchi l’équateur ce matin à 9h30 et s’extirpe tout juste d’un pot au noir très actif, tandis qu’Armel Le Cléac’h, pourtant à 200 milles de la zone, en connaît les prémices. Marc Guillemot à quelques milles de Rio, est piégé dans une zone orageuse et voie Samantha Davies, récompensée par sa position Est, se rapprocher à 50 milles de son tableau. Plus loin, aux abords de l’Uruguay, Arnaud Boissières a passé une nuit blanche pour tenter de faire avancer Akena Véranda dans des calmes tous aussi blancs. Mais comme l’ensemble de la troupe dont ses prédécesseurs Brian Thompson et Dee Caffari, la vitesse de " Cali " est inférieure à 10 nœuds. Au Nord des Malouines, Steve White est le seul à expérimenter du vent fort (40 nœuds), mais malheureusement de secteur nord, ce qui l’oblige à ferrailler au près dans une mer formée. A 800 milles du cap Horn, Rich Wilson attend le flux d’ouest qui le propulsera vers l’Atlantique, tout comme Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek, toujours empêtrés en plein anticyclone Pacifique.
Il Mostro qui navigue actuellement au près dans une brise d’une quinzaine de nœuds ne pourra cependant pas gagner la marque sur un seul bord et devra virer dans quelques heures pour se recaler à l’Est, tout comme les deux Telefonica, Green Dragon et Delta Lloyd.
Ces dernières 48h, le skipper de Puma, Ken Read, et son navigateur Andrew Cape ont fait un excellent travail de contrôle en milieu de terrain, un choix difficile à assumer alors que la flotte est relativement éclatée après 5 jours de course.
L’option la plus radicale reste le cavalier seul d’Ericsson 4, rejoint hier après-midi par son alter ego Ericsson 3. Les deux VO 70 suédois sont sur une option Est au plus proche des côtes ouest des Philippines, et misent sur la route directe pour passer South Rock Light. Le recalage tardif d’Ericsson 3 lui permet de garder l’avantage de son début d’option Ouest et de devancer Ericsson 4 ce matin d’une douzaine de milles.
Le pari est osé pour les Suédois qui misent sur une imminente bascule à Est pour rafler la mise au passage de la marque. Une satisfaction uniquement pour gloire puisque ce point de passage n’est pas crédité de point, mais qui leur permettrait d’aborder la seconde partie de l’étape avec un atout psychologique non négligeable sur la concurrence. Vu ce qui les attend à Taiwan, la psychologie pourrait être le nerf de la guerre de cette fin de bataille en Mer de Chine.
Si le vent ne rentre pas à droite, c’est la gauche qui devrait conserver son avantage. Pour l’heure, le leader Puma contrôle sous son vent Telefonica Blue, mais il sait que la vraie menace pourrait venir de Telefonica Black et Green Dragon qui progressent un peu au-dessus de sa route dans son ouest.
Reste encore une petite inconnue dans cette partie de poker menteur, Delta Lloyd, dont la stratégie est diamétralement opposée à celle des Suédois de l’Ericsson Racing Team. Le Hollandais met tous ses jetons sur la table en gardant la position Ouest la plus extrême. L’équipage espère de son côté surfer sur des vents de Nord-Est un peu plus soutenus qui compenseraient les milles supplémentaires à parcourir pour arriver à South Rock Light.
Avec 3 politiques différentes, la fébrilité à bord est garantie. L’évolution météo de ces dernières heures semble donner raison au pari osé des Hollandais de Delta Lloyd. Verdict avant la fin de la journée.
Classement ce jeudi 22 janvier à 8h Paris
1 – Puma à 1 501 milles de l’arrivée Qingdao – Chine) 2 – Telefonica Blue à 6 milles du leader 3 – Telefonica Black à 13 milles 4 – Green Dragon à 33 milles 5 – Delta Lloyd à 48 milles 6 – Ericsson 3 à 49 milles 7 – Ericsson 4 à 61 milles 8 – Team Russia – DNS
Tout le monde a le droit aux vacances, mais de là à se mettre aux abonnés absents, il y a un pas qu´Eole s´octroie sans vergogne ! Rarement les océans Pacifique et Atlantique Sud ont été aussi langoureux : sieste avant un réveil brutal, paresse après les secousses des semaines précédentes, dépression anticyclonique ? Ce jeudi matin, le vent a un air de rien… Et rien dans les voiles, égale un moteur qui cale et un arrêt sur le bord de l´onde. Il faut réinjecter du carburant et ce n´est pas si aisé de reprendre des tours dans ce tour du monde. Seul le leader se joue de cette dernière fantaisie marine : Michel Desjoyeaux (Foncia) trace un joli sillon dans des alizés de Nord-Est à déjà plus de 500 milles dans le Nord de l´équateur. Une brise stable mais une mer assez dure qui incitent le solitaire à prendre de l´angle : au lieu de chercher à faire du cap pour raccourcir son sprint final en terme de distance à parcourir, le navigateur a légèrement choqué les voiles pour mieux passer dans ces vagues cassantes : une route au Nord-Nord Ouest qui a aussi le bénéfice d´enrouler les hautes pressions des Açores très largement par l´Ouest pour éviter de se faire phagocyter par un méandre anticyclonique… La barrière qui semble se former très au large des Canaries n´est pas faite pour inciter au chemin de traverse! Avec 440 milles d´avance sur son dauphin, Michel Desjoyeaux assure ses arrières tout en protégeant son avant.
Zéro plus zéro égal ? Ce n´est pas le mur des lamentations, mais ça grince dans les engrenages ! Roland Jourdain (Veolia Environnement) croyait s´être extrait des miasmes du Pot à l´issue d´une journée pour le moins paisible mais suffocante, et voilà que Neptune l´enserre de ses tentacules cumuliformes. Et un orage par-ci, et un grain par-là : le marin étire sa peine à encore 25 milles dans le Sud de la ligne de changement d´hémisphère ! De quoi tourner en rond toute la nuit et le solitaire a bien tenté des routes à 90° du cap normal, rien n´y a fait : quand il n´y a rien, autant aller se coucher… Dure sentence pour Bilou qui voit ses chances de retour s´amenuiser quand pendant ce temps, son poursuivant petit à petit, fait son nid. Pas suffisamment toutefois pour mettre de la pression dans la dépression : les alizés de Sainte-Hélène sont aussi partis se refaire une santé bien loin de leur position habituelle ! Le zéphyr brésilien est un peu poussif et même quand Armel Le Cléac´h (Brit Air) se met travers au vent, cela ne dépasse que rarement les dix nœuds au large de Bahia… « C´est pas la joie », dirait Salvador. Le carnaval de Rio n´a pas encore débuté et cela se sent au large du Cabo Frio : Marc Guillemot (Safran) peine encore sous un ciel chargé de grains, de pluies et de bouffées d´air tropical, et 200 milles plus à l´Est, Samantha Davies (Roxy) peut prendre le temps de faire une lessive : un bon déluge pour rincer, et un coup de chaud pour sécher ! Mais en attendant une nouvelle machine, le temps s´étire et les milles aussi : ça rame sec au large de Trindade… Quant à la troïka franco-britannique, elle n´est pas mieux lotie au-dessus du plateau abyssal argentin : cap à l´Est pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) qui ont bien du mal à se défaire d´airs contraires, cap au Nord pour Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) qui tente un contournement de masses orageuses déferlant du Rio de la Plata.
It´s a long way to… L´Atlantique Sud est sens dessus dessous au point que Steve White (Toe in the water) est lui aussi à moitié encalaminé dans le Nord-Est des Malouines : les grands vents du Sud font là encore défaut alors qu´il navigue dans les Cinquantièmes ! Y´a plus de saison… Et que dire du Pacifique ! Mama mia… L´Américain Rich Wilson (Great American III) a beau avoir fêté l´investiture de Barak Obama, l´océan n´est pas franchement ridé : une petite moyenne en deçà des dix nœuds à 850 milles du cap Horn ! Même distance pour les deux compères de queue par rapport à leur dernière porte des glaces à franchir. Mais au rythme d´un sénateur, le temps d´arriver au cap Dur, le vainqueur du Vendée Globe aura déjà avalé force steaks… Moins de 10 000 milles toutefois pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) avant d´apercevoir les digues des Sables d´Olonne. Allez, Eole, reprend ton souffle !
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2828,6 milles de l´arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 440,1 milles du leader 3- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 1022,1 milles 4- Marc Guillemot (Safran) à 1890,4 milles 5- Samantha Davie (Roxy) à 1971,3 milles 6- Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2604,6 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2637,1 milles 8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2771,5 milles 9- Steve White (Toe in the water) à 3686,1 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5147,8 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6881,3 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6901,4 milles
Flash back La boucle est bientôt bouclée. Leader incontesté depuis 36 jours, Michel Desjoyeaux est passé sous la barre des 3 000 milles à courir d’ici la ligne d’arrivée. Plus qu’une petite dizaine de jours en Atlantique Nord, en commençant par une belle progression dans les alizés de Nord-Est puis un contournement obligatoire de l’anticyclone des Açores avant une probable (mais non certaine) cavalcade au portant dans le golfe de Gascogne. Petit flash back : le 15 novembre, les leaders du Vendée Globe étaient sur la route opposée, aux abords du Cap Vert. A l’époque, 26 bateaux étaient encore en lice, emmenés par le trio Loïck Peyron, Jean Le Cam et Sébastien Josse. Foncia, classé 22e accusait alors son plus important retard (671 milles) sur la tête de course. C’est dire si l’eau salée a coulé sous les coques et les déferlantes balayé les ponts des 60 pieds ! Le fameux tiercé du 15 novembre a depuis été décimé et ils ne sont plus que 12 à espérer terminer leur tour du monde.
De l’espoir jusqu’au finish Parmi ces douze, chacun a déjà eu sa part d’émotions fortes, son lot de péripéties. " Ma course est très différente que ce que j’imaginais au départ " concédait Marc Guillemot à la vacation du jour. " Mais elle est d’une grande richesse et malgré toutes les émotions et les contrariétés techniques, il y a toujours de la motivation et des objectifs sportifs. Je suis à l’attaque, heureux d’être en mer, content d’espérer ". Curieusement, le retour des navigateurs en terrain connu, celui des grandes classiques en Atlantique, semble galvaniser les troupes. Le skipper de Safran, sur le point de s’extirper d’une zone de grains orageux au large du Brésil, lorgne en fait sur la dernière marche d’un podium actuellement occupée par Armel Le Cléac’h. Marco est à 830 milles de Brit Air, mais il sait qu’avec ses 82 heures de bonification (en réalité 71 heures nettes, Armel ayant perçu de son côté 11 heures), c’est chose possible. Sauf que Le Cléac’h, surnommé " le Chacal " pour sa propension à montrer les dents en compétition, n’a pas l’intention de lui céder un centimètre de territoire : " Je ne lâcherai rien, déclarait-il à la vacation, cette troisième place il faudra venir la chercher ! Jusqu’à la ligne d’arrivée, il peut se passer n’importe quoi, même pour les premiers et je peux vous dire que sur Brit’Air – qui navigue dans des alizés de sud-est très timides, ndr -, ce n’est pas ‘la croisière s’amuse’". A bon entendeur…
A vrai dire, personne ne se sent en croisière en ce 73e jour de course. Que ce soit Roland Jourdain (Veolia Environnement), encalminé dans " un pot au noir très noir ", et qui demande en plaisantant à Michel Desjoyeaux de ne pas trop s’échapper pour assurer jusqu’au bout le suspense de la course ; que ce soit Samantha Davies (Roxy), à la peine dans des vents mous et des grains orageux ou encore Dee Caffari (Aviva), au large de l’Uruguay, sur le point d’entreprendre une énième réparation de sa grand-voile délaminée. La navigatrice anglaise avait l’air déterminée à sauver son rang, entre Brian Thomson (Barhain Team Pindar) et Arnaud Boissières (Akena Verandas).
Les derniers au cap Horn à l’arrivée des premiers ? Derrière ce top 8, les préoccupations et les conditions de navigation sont aussi variables que les positions sur l’échiquier de ce Vendée Globe. Steve White (Toe in the Water), qui ferme la liste de " Atlantistes " est en train de passer 11 milles dans l’Est des Malouines ; Rich Wilson (Great American III) est attendu ce week-end au cap Horn, tandis que Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) se dirigent vers la dernière porte de sécurité des glaces. Ces deux derniers concurrents devraient quitter le Pacifique quand les premiers arriveront aux Sables d’Olonne !
Classement de 16h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 2950,5 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 373,5 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1019,7 milles 4- Marc Guillemot (Safran) à 1848,3 milles 5- Samantha Davies (Roxy) à 1919,2 milles 6- Brian Thomson (Barhain Team Pindar) à 2582,2 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2598,9 milles 8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2740,2 milles 9- Steve White (Toe in the Water) à 3664,6 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5162,4 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à 6878,8 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6887,4 milles
A 11h (Paris) ce mercredi matin, les 7 VO70 progressent en deux tendances distinctes dans une faible brise est/nord-est. Sur le flanc gauche de la flotte, on retrouve Telefonica Black, qui emmène tous les autres concurrents à l’exception d’Ericsson 4 qui tient seul le flanc droit de la flotte, au plus près des côtes de Palawan. Un choix franc tireur qui explique son écart de 49 milles avec le leader actuel, Telefonica Black.
Depuis le départ de Singapour, tous les équipages ont mentionné une navigation calme et agréable que seule l’angoisse de percuter un objet flottant, du tronc d’arbre au récif mal cartographié, était venue perturber. Mais à partir de maintenant, les regards devront aussi se tourner vers le ciel.
En effet, les prévisions de vendredi et samedi indiquent sans aucun doute possible un renforcement de la mousson d’hiver avec des vents de Nord-Est très violents, de 35-40 nœuds en moyenne pendant plus de 24 heures sur la zone de navigation des concurrents. Un phénomène qui pour être classique en cette saison n’en sera pas moins extrêmement désagréable.
De quoi faire réfléchir les cellules de décision pour savoir s’il faut s’engouffrer tête baissée dans le détroit de Taiwan, vent dans le nez sur une mer formée et plombée par une multitude d’OFNI ou passer au large en laissant l’île à babord, dans des vents également très forts, mais sur une mer plus dégagée…
L’espagnol Guillermo Altadill, navigateur de Delta Lloyd, précisait hier dans sa dernière vacation radio que « l’heure était au choix tactique et donc à la prise de risque, et qu’il fallait maintenant assumer. »
Dans les deux prochains jours, il devrait y avoir un peu tension à bord des VO 70. Un sentiment alimenté par le doute de se trouver au meilleur endroit par rapport à la concurrence et la certitude de prendre le ciel sur la tête.
Classement ce mercredi 21 janvier à 11h Paris
1 – Telefonica Black à 1 706 milles de l’arrivée Qingdao – Chine) 2 – Telefonica Blue à 4 milles du leader 3 – Puma à 11 milles 4 – Ericsson 3 à 16 milles 5 – Delta Lloyd à 29 milles 6 – Green Dragon à 31 milles 7 – Ericsson 4 à 49 milles 8 – Team Russia – DNS
Si Roland Jourdain s’est fait flasher la nuit dernière, ce n’était pas pour vitesse excessive, bien au contraire ! Le skipper de Veolia Environnement a buté sur la Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) alors qu’il n’était que par 3° Sud, ce qui tend à montrer que le Pot au Noir qu’a déjà franchi le leader, Michel Desjoyeaux (Foncia) a plutôt tendance à descendre qu’à remonter au Nord de l’équateur… Le poursuivant n’a plus qu’à espérer que ces calmes, ces éclairs de foudre et ces masses nuageuses imprévisibles ne vont pas décider de revenir à une place plus habituelle, c’est-à-dire vers le 2° Nord, au risque de rester coincé sans rien pouvoir faire ! Car les alizés sont bien là pour le premier qui évolue dans un flux de Nord-Est vingt nœuds qui devrait se renforcer encore au fil des heures : pas grand-chose à faire sur le pont, si ce n’est ramasser les poissons volants, surveiller les quelques grains qui parsèment le ciel, vérifier que tout fonctionne à bord et prendre son mal en patience. Car dans ces conditions de vent contraire, avec tout de même deux mètres de creux, une mer courte et une chaleur suffocante, il est essentiel de ne pas fatiguer exagérément un bateau qui a déjà plus de 20 000 milles dans le carbone… Et comme cette remontée alizéenne va durer encore quatre jours au moins !
Divergence vers la convergence
La voile a ceci de magique, qu’il n’y a pas de chemin programmé : à quelques heures près, l’un va partir à l’Ouest, l’autre à l’Est, le troisième croiser, le quatrième peiner, le cinquième revenir du diable Vauvert… Pour Roland Jourdain, le Pot au Noir est arrivé en pleine nuit : ce n’est pas le meilleur moment mais au moins peut-il espérer qu’au lever du jour, le soleil fasse un peu le ménage dans ces cumulonimbus qui déversent leurs larmes de vapeur d’eau. Comme la lune joue à cache-cache avec le soleil, il n’y a pas grand-chose à voir sur le plan d’eau en pleine nuit ! Michel avait peiné pendant 20 heures, Roland a pour l’instant un passage plus tôt, mais aussi moins brutal… Qu’en sera-t-il pour Armel Le Cléac’h (Brit Air) ? Il ne devrait pas atteindre cette zone de convergence des alizés avant le week-end, ce qui laisse le temps à la ZCIT de s’envoler vers d’autres cieux plus septentrionaux. Le Léonard n’a pas beaucoup d’opportunité tactique pour se défaire de cette barrière équatoriale : dans les alizés de secteur Est, il fait cap au Nord pour tenter de passer autour du 33° Ouest le Pot au Noir. Le problème ne se pose pas encore pour le duo franco-britannique : Marc Guillemot (Safran) et Samantha Davies (Roxy) ont du vent dans les voiles pour contourner une dépression brésilienne qui s’en va vers l’Afrique. Assez proche des côtes de Rio de Janeiro, il va falloir se recadrer vers l’Est pour attraper les alizés qui soufflent devant : le gros gain acquis par Marco va-t-il diminuer lorsque la brise va revenir de secteur Est ? Car à moins de 800 milles d’Armel, le Trinitain devient plus que pressant pour une place sur le podium final…
Divergence aussi d’option pour le trio qui grimpe au large de l’Uruguay : Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) a perdu bien des milles face à Dee Caffari (Aviva) qui voit toujours sa grand voile se transformer en dentelle. La Britannique n’est plus qu’à soixante milles de son compatriote ! Et elle a largué Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) qui n’est déjà plus dans le même système météo et a choisi de faire son chemin du côté de Mar del Plata. Les deux Anglais risquent fort de buter dans une molle : autant changer le fusil d’épaule…
Tranquille Pacifique
Impérial malgré ses bricoles à répétition, Steve White (Toe in the water) est de loin le plus rapide de toute la flotte : à plus de quinze nœuds de moyenne, il est poussé par un fort régime d’Ouest qui l’a déjà propulsé aux Malouines. D’ici la fin du week-end, le Britannique aura retrouvé des températures plus clémentes et des brises moins exigeantes. Ce n’est pas encore le cas pour l’Américain Rich Wilson (Great American III) qui a encore 1200 milles de Pacifique à avaler ! Et le duo de queue a quant à lui passé la nuit dernière, la porte des glaces Pacifique Ouest : direction plein Est vers l’ultime porte…
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 3052,2 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 341 milles du leader 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1031,3 milles 4- Marc Guillemot (Safran) à 1825,6 milles 5- Samantha Davies (Roxy) à 1876,3 milles 6- Brian Thomson (Bahrain Team Pindar) à 2522 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2581,7 milles 8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2699,2 milles 9- Steve White (Toe in the water) à 3690,1 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5165,1 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6873,3 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6880,3 milles
Sur son multicoque équipé de cordages Cousin Trestec, Thomas Coville vient de boucler son tour du monde en solitaire à Brest le samedi 17 Janvier. Le navigateur retrouve la terre ferme après 59 jours et 20 heures de mer, l’une des meilleures performances de l’histoire.
Les employés de Cousin Trestec viennent de vibrer pendant deux mois, en suivant quotidiennement la progression de Thomas Coville sur les trois océans du globe. Sur son multicoque équipé des cordages fabriqués dans l’usine de Wervicq-Sud près de Lille, il s’est d’abord battu contre d’importantes dépressions dans l’Océan indien, a slalomé au milieu des icebergs dans le Pacifique, avant le sprint final sur l’océan atlantique. Grâce à son talent de navigateur, et à la vitesse de son multicoque, il est allé au bout de son défi. Les cordages du bateau ont été mis à rude épreuve, mais Thomas Coville n’a pas rencontré le moindre problème avec ses bouts. Il a pu compter sur un équipement compétitif et fiable, résultat de sa collaboration avec les ingénieurs de Cousin Trestec toute l’année. Pendant ces deux mois, Thomas Coville a tenu à partager avec les salariés de l’entreprise nordiste, comme avec tous ses autres partenaires, sa tentative de record. Entre ses analyses météo, ses décisions stratégiques, et ses réparations périlleuses, le navigateur leur a fait vivre au jour le jour les dessous de cette aventure humaine unique. Et la collaboration entre Thomas Coville et Cousin Trestec ne s’arrête pas là, on sait déjà que les cordages français équiperont le bateau du navigateur dans ses prochains défis.
Qui aurait imaginé un tel scénario au départ des Sables d’Olonne le 9 novembre 2008 ? Alors, qui peut prétendre croire qu’il ne va plus rien se passer sur les plus de 3 000 milles encore à parcourir pour le leader, Michel Desjoyeaux ? Même le skipper de Foncia qui mesure ses propos à chaque vacation radio en expliquant ce que les prévisions météorologiques annoncent pour établir le synopsis des heures à venir, n’avait pas dans son escarcelle un tel arrêt buffet ! La Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) n’était pas à sa place, n’avait pas édicté sa venue aussi Sud, n’avait rien laissé entendre quant à sa nature et sa perfidie… En moins de 24 heures, Michel Desjoyeaux s’est vu retirer plus de 150 milles par son poursuivant direct, Roland Jourdain (Veolia Environnement) et a perdu du terrain sur toute la flotte, à l’exception de Samantha Davies (Roxy) ! Avec une journée à moins de 150 milles, le premier solitaire n’a pas été à la fête dans ces calmes aussi prenants qu’imprévisibles, mais à midi ce mardi, il avait déjà retrouvé, et sa verve, et sa vitesse de croisière : douze nœuds…
La peau de l’ours… En passant la ligne de changement d’hémisphère à 6h 15′, Michel Desjoyeaux n’aura donc mis que 15 jours 02 heures et 04 minutes pour traverser l’Atlantique Sud, du cap Horn à l’équateur, et au compteur, il possède une avance de 21 heures sur le temps de référence établi quatre ans plus tôt par Vincent Riou. Et il lui restait quatorze jours pour rallier les Sables d’Olonne, à 3 200 milles de son étrave pour améliorer le temps du tour du monde en solitaire en monocoque : Michel Desjoyeaux doit pour cela arriver avant le 4 février à 23h 49′ 55”… Mais même si parfois la phrase a des relents de leitmotiv obsolète, la victoire n’existe que quand la ligne d’arrivée est derrière l’étrave. Certes il y a peu de chance que le natif de Port la Forêt cherche à ” sauver son âme ” comme Bernard Moitessier en 1969, route vers Tahiti, mais avec 12% de marge sur son dauphin, le challenge n’est pas encore acquis en gardant en mémoire que les bateaux (et les marins & les marines) ont déjà 20 000 milles sous le bulbe de quille ! Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, les souvenirs de monocoques démâtés, de quilles perdues et même d’abordage à quelques dizaines de milles d’une arrivée, ne sont pas si lointains lors des courses précédentes…
La valse brésilienne… Quant au podium, il y a de quoi rester prudent ! Voilà un Marc Guillemot (Safran) qui a fait une jolie figure de style pour enrouler Samantha Davies au large de Rio de Janeiro… Ce n’est pourtant pas encore le carnaval, mais la Britannique a bien vu défiler le bordé gris du Trinitain qui a profité des brises portantes liées à une dépression brésilienne. Mais derrière se niche un anticyclone de Sainte-Hélène qui ne va pas faciliter la remontée vers l’hémisphère Nord du couple franco-britannique ! Du près, du vent de Nord à Nord-Est, une brise de 20-25 nœuds jusqu’à la latitude de Salvador de Bahia : avec sa position plus à l’Est, la jeune skippeuse pourrait recroiser devant l’étrave de Marco… Y a du match ! Et derrière aussi entre la troïka : les brises de secteur Sud-Ouest ont permis à Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) d’être le plus rapide de la flotte pour distancer légèrement sa compatriote Dee Caffari (Aviva) tandis qu’Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) n’a pu attraper ce régime et a ainsi laissé filer des milles sans rien pouvoir faire… Impitoyable ciel argentin ! Si des changements de hiérarchie sont donc encore d’actualité de la tête au milieu de la flotte, il ne semble plus possible que les écarts entre les trois groupes suivants soient réduits à portion congrue : Steve White (Toe in the water), cap-hornier depuis lundi soir, n’a plus qu’un Atlantique à remonter, alors que l’Américain Rich Wilson (Great American III) peut enfin glisser dans du vent de Nord-Ouest 25-30 nœuds vers le cap Horn, distant de 1 300 milles. Quant au duo Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), il bataille toujours dans les miasmes d’un anticyclone pacifique par 45° Sud ! Heureusement, ces hautes pressions vont générer un flux de Sud-Ouest dès mercredi d’une vingtaine de nœuds, de quoi passer la porte des glaces Pacifique Ouest et viser l’ultime porte Pacifique à 1 200 milles de là…
Voix du large…
Michel Desjoyeaux (Foncia) , à la vacation du jour « Hier c’était un calme olympien, nous voilà aujourd’hui dans les montagnes russes. J’ose espérer être sorti du Pot au Noir… La mer est bien soutenue, le vent souffle autour de 25 nœuds. On est dans le vif du sujet. Ça penche toujours autant et il fait vraiment chaud. D’après les dernières photos satellites, le grain est derrière moi et c’est le dernier gros rond identifié. Au dernier classement, Bilou ne me menace pas, il est encore dans des zones de vents pas très établis. Quand il va passer le Pot au Noir, je serai déjà dans les alizés à vitesse régulière. Je n’ai pas trop à m’inquiéter. J’ai un matelas de milles conséquents avant les Açores. »
Arnaud Boissières (Akena Veranda), à la vacation du jour : « Depuis quelques heures, il se trouve que j’ai des conditions plus chaudes, dans tous les sens du terme. Le thermomètre est bien remonté, il fait environ 25°C. Puis, il y a le bateau qui tape. On a moins de vent qu’hier mais toujours autant de mer. Une mer transversale, avec des vagues de 3 à 4 mètres. Les conditions au reaching sont musclées. On est plutôt malmené mais je pense que le calme va revenir d’ici quelques heures. Pour mon 72ème jour de course, ce qui me manque ? Je dirais : un solent pour aller plus vite et des huîtres d’Arcachon… »
Roland Jourdain (Veolia Environnement), à la vacation du jour : « Il fait beau et chaud vers le Brésil. Mich (Desjoyeaux) vient de redémarrer alors que je n’ai pas encore été arrêté par le Pot au Noir. Je regarde les images satellites et les prévisions. Mais, comme les masses nuageuses se déplacent plus vite que nous, on est obligé de remettre le boulot sur la table. Il y a toujours un petit côté loterie. Je ferai un bilan à la sortie, même si j’espère qu’il me sera favorable. Je ne sais pas encore si je vais prendre la même route que Mich. Il reste des choses à faire pendant les intermédiaires. Soit j’utilise les grandes distances pour le contourner, soit j’utilise les petits temps. J’ai toujours l’espoir de revenir. »
Classement de 16h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 3162,9 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 315,9 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1032,8 milles 4- Marc Guillemot (Safran) à 1910,7 milles 5- Samantha Davies (Roxy) à 1925,8 milles 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2539,8 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2624,2 milles 8- Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2698,6 milles 9- Steve White (Toe in the Water) à 3699,2 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5157,8 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6884,8 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6895,1 milles
Le choix d’une position nord-est a brièvement bénéficié à Telefonica Blue qui a partagé cette nuit le leadership avec Puma en distance par rapport au but. Ce bénéfice pourrait être de courte durée car si le vent bascule à droite comme on doit s’y attendre, occuper le front gauche de la troupe ne devrait pas être d’un grand secours. Un point de vue que doit également envisager Green Dragon.
Les 7 concurrents restent cependant suffisamment groupés pour pouvoir rattraper des options hasardeuses et rentrer dans le rang. En effet, les 3 premiers, dans l’ordre Puma, Ericsson 4 et Telefonica Blue ne sont séparés que de deux milles en distance par rapport au but. Et le plus nordiste des VO 70, Telefonica Blue n’est qu’à 10 milles au nord du plus sud de ses adversaires, Ericsson 3.
Quelques soient leurs positions sur l’échiquier, les équipages progressent toujours au près à des vitesses entre 15 et 17 nœuds, dans des vents modérés passés hier soir au secteur Nord-Est. Pour garder cette cadence, effort, vigilance et un peu d’humour sont de rigueur.
Les équipages sont actuellement au large du nord de l’île de Bornéo. Si la vitesse des bateaux se maintient à une quinzaine de noeuds, la flotte devrait arriver dans le sud de Palawan, la première des 7 107 îles de l’archipel des Philippines demain matin. Le Comité de Course vient de notifier aux concurrents qu’ils ont ajouté un nouveau point de passage sur ce parcours de 2 500 milles, à 100 milles dans l’ouest de Manille. Cette nouvelle donne devrait faire tourner à fond les ordinateurs des postes de navigation pour jouer au mieux avec les données météo du moment et les forts courants sur zone.
A bord de Puma, le VO 70 battant pavillon américain, Rick Deppe soulignait que ce 20 janvier va être marquée par l’intronisation du nouveau président des Etats Unis qui sera déjà en place depuis une semaine lorsque l’équipage arrivera en Chine. Deppe ajoutait également dans son mail de ce matin que l’équipage de Team Russia lui manquait, un sentiment partagé par l’ensemble de la course.
Classement ce mardi 20 janvier à 8h Paris
1 – Puma à 1 939 milles de l’arrivée (Qingdao – Chine) 2 – Ericsson 4 à 1 mille du leader 3 – Telefonica Blue à 2 milles 4 – Telefonica Black à 15 milles 5 – Ericsson 3 à 16 milles 6 – Delta Lloyd à 21 milles 7 – Green Dragon à 24 milles 8 – Team Russia – DNS
Michel Desjoyeaux (Foncia) est-il sorti de ce satané pot-au-noir avant même de franchir l’équateur ? C’est possible au regard des vitesses de retour à la hausse ce matin (9,9 nœuds). Mais la méfiance reste de mise tant cette zone imprévisible, où la violence des grains n’a d’égal que leur soudaineté, peut réserver encore bien des surprises à l’incontestable leader de ce 6e Vendée Globe. A 334 milles au sud, Roland Jourdain (Veolia Environnement) ne se pose pas de questions. En 36 heures, il a repris 160 milles à son compère et ça doit suffire à lui remonter le moral. A 13,3 nœuds de vitesse ce matin, il exploite toujours un alizé conséquent pour grappiller tous les milles possibles sur son adversaire. Pointé à 22 milles de l’équateur à 4h30 mardi, Mich’ Desj’ devrait signer son retour dans l’hémisphère Nord aux alentours de 7h00. En 2004, Vincent Riou avait coupé l’équateur 14 jours avant son arrivée triomphale aux Sables-d’Olonne. Mais le pot-au-noir se trouvait encore sur sa route…
Guillemot revient, White a franchi le Horn
Pour Samantha Davies (Roxy), quatrième au sud de Rio, ce n’est pas le pot-au-noir mais le résultat est le même. La jeune Anglaise lutte depuis plus de 24 heures avec des vents très faibles et affiche une moyenne journalière de seulement 6,5 nœuds. Au même moment, Marc Guillemot (Safran), plus près de la côte brésilienne, conserve une vitesse constante (11,6 nœuds) qui lui permet de revenir à seulement 35 milles de son adversaire… contre 350 il y a 48 heures !La régate est à peine moins serrée entre le trio Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) / Dee Caffari (Aviva) / Arnaud Boissières (Akena Vérandas) au large de la péninsule de Valdès (Argentine). Sur son bateau de dix ans d’âge, le Français ne peut tenir le rythme imposé par ses concurrents britanniques. Dee Caffari, flashée ce matin à 16,9 nœuds malgré sa grand-voile ajourée, signe une nouvelle fois la plus grande performance en 24 heures. Enfin Steve White (Toe in the Water) a franchi le Cap Horn lundi soir à 21h30. Mais de nuit dans une mer agitée, l’Anglais n’a pu admirer le mythique rocher qu’il contournait pour la première fois. Il ne reste plus que trois solitaires dans le Pacifique qui devront respectivement patienter une et deux semaines avant de connaître la délivrance des mers du sud. Le doyen américain Rich Wilson (Great American III) précède de 1500 milles le duo de queue Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) / Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch).
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 3266 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 334 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 1022 milles 4- Sam Davies (Roxy) à 1898 milles 5- Marc Guillemot (Safran) à 1933 milles 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2590 milles 7- Dee Caffari (Aviva) à 2659 milles 8- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2707 milles 9- Steve White (Toe in the Water) à 3685 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5152 milles 11- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6877 milles 12- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6886 milles RDG Vincent Riou (PRB), 3e. (30 concurrents au départ. RDG = réparation accordée par le jury)