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100 jours pour les 5 encore en course

Steve White Toe in the water
DR

Cent jours : on imagine ce qu’il faut de persévérance quand on est encore en mer et que les arrivées s’égrènent dans le port des Sables d’Olonne. Le plus souvent les proches, les équipes techniques se font l’écho assourdi des réjouissances aux abords des pontons de Port Olona… sans toutefois trop en rajouter, histoire que la marche en avant des demi-soldes de la course n’en soit pas plombée par l’impatience de retrouver la terre. On le sent bien, plus l’échéance approche et plus il devient difficile d’être en mer. Comme le soulignait Rich Wilson (Great Américan III) lors de la vacation de ce jour, nul ne se sent la trempe d’un Moitessier qui décidait de prolonger son tour du monde de peur de perdre son âme en touchant terre. De même Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) qui se débat avec des problèmes de gréement de plus en plus récurrents : non content de constater les avaries de son rail de chariot de grand-voile, le navigateur autrichien doit maintenant faire avec la rupture de ses drisses de tête de mât qui lui interdisent provisoirement d’établir tout spinnaker ou voile d’avant d’envergure. Pour compenser ses pertes de moral, Norbert se fixe des objectifs précis et limités à tenir chaque jour : se laver les dents, nettoyer l’intérieur du bateau, faire du rangement… Les tâches quotidiennes sont parfois le meilleur dérivatif pour combattre les glissements de l’âme.

Moins de mille milles pour ” Cali “


Steve White (Toe in the water) continue, contre vents et marées, de brandir l’indéfectible optimisme qui ne le quitte pas depuis le début de cette aventure. Malgré des dernières heures catastrophiques où le navigateur britannique a cumulé un spinnaker en lambeaux, une collision évitée avec un cargo sourd aux appels VHF, une route erratique qui l’oblige à faire le tour de la paroisse pour rejoindre les Sables d’Olonne, Steve continue de brandir comme un étendard son plaisir d’être en mer.
Arnaud Boissières, quant à lui, espère toujours pouvoir en terminer le week-end prochain. Le skipper d’Akena Vérandas, auteur d’une course remarquable jusque là doit aussi composer avec la position parfaitement inhabituelle de l’anticyclone des Açores qui bloque la route vers la Vendée. Petit temps, allures de près risque d’être le lot commun de l’Arcachonnais qui avouait, quelques jours plus tôt à la vacation, ressentir une certaine lassitude. Qu’il se rassure, une fois la ligne d’arrivée franchie, les petites misères et grandes galères de ces trois mois de course sont vie reléguées dans les oubliettes de la mémoire. Ainsi fonctionnait la Grande Armée : le plaisir du devoir accompli compensait grandement les tributs de la bataille.

Le classement de 16 heures
1 – Michel Desjoyeaux (Foncia) le 1 février à 16h11
2 – Armel Le Cléac’h (Brit Air) le 7 février à 9h41
3 – Marc Guillemot (Safran) le 16 février à 2h21 (82 heures de compensation)
4 – Sam Davies (Roxy) le 14 février à 1h41 (32 heures de compensation)
5 – Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) le 16 février à 9h31
6 – Dee Caffari (Aviva) le 16 février à 14h12
7 – Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 879,8 milles de l’arrivée
8 – Steve White (Toe in the water) à 729,1 milles du premier
9 – Rich Wilson (Great American III) à 2136,4 milles du premier
10 – Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 3217,2 milles du premier
11 – Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 3709,3 milles du premier
3 – Vincent Riou (PRB) – réparation accordée

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Naviguez sur un bateau du Vendée Globe !

Ben Parnaudeau
Ben Parnaudeau

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Équipage : Minimum 3 personnes
Tarif : 350 € par personne
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Trajet : En fonction du programme annoncé, durée : de cinq à sept jours
Tarif : 7500 € HT le bateau, par étape

Règlement Affaires Maritimes : 10 personnes maximum embarquées en navigation côtière, et 6 maximum en navigation hauturière.
A noter : les tarifs indiqués n’incluent ni les convoyages ni les caisses de bord

Le voilier Max Havelaar :
2004-2005 Vendée-Globe : F Benoît Parnaudeau
2003 Jacques Vabre : FD. Munduteguy
2003 Défi Atlantique : F Benoît Parnaudeau
2002 Route du Rhum : FD. Munduteguy
2000-2001 Vendée-Globe : FD. Munduteguy

Contact commercial : vialleetvoiliers@gmail.com
www.vplg.com/60pieds.htm

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Marc Guillemot décroche le podium!

Arrivée Marc Guillemot vendée globe 01
DR

Marc Guillemot aura finalement réussi son challenge : arriver jusqu’aux Sables d’Olonne sans quille ! Après plus de 1 000 milles de navigation et des bords à tirer contre une brise de secteur Est… Un nouvel exploit pour le Trinitain qui a cumulé les aventures et les émotions depuis son départ : l’abordage d’un cétacé avant les Kerguelen, le détournement vers Yann Eliès et son soutien pendant deux jours, l’arrêt à l’île d’Auckland pour réparer une première fois son rail de grand voile, la course poursuite avec Samantha Davies, un nouveau mouillage aux Malouines, une route à raser le Brésil au milieu des pêcheurs, un contournement judicieux de l’anticyclone des Açores par l’Ouest et une quille qui descend dans un premier temps de quelques centimètres… Pour finir par casser et couler ! Heureusement les conditions météorologiques s’amélioraient progressivement lorsque le solitaire abordait le golfe de Gascogne sans son lest : du petit temps, même si le vent était contraire. Mais Marc Guillemot avait déjà eu le temps de prendre la mesure de ce monocoque handicapé et réussissait à maintenir des vitesses étonnantes jusqu’à l’arrivée : jusqu’à plus de douze nœuds…

 

1 000 milles sans quille

Le Trinitain a eu le droit à une arrivée triomphale puisque nombre de concurrents malchanceux du Vendée Globe étaient venus rendre hommage au navigateur qui a contribué au sauvetage de Yann Eliès : Kito de Pavant, Roland Jourdain, Jean Le Cam, Yannick Bestaven, Mike Golding… mais aussi Samantha Davies et Armel Le Cléac’h. Même Yann Eliès toujours en rééducation, s’est déplacé avec ses béquilles et a tenu à accompagner Marc Guillemot dans sa remontée du chenal. Et en coupant la ligne devant Les Sables d’Olonne à 2h 21′ 36”, le solitaire obtient pour seulement une heure et vingt minutes (le plus petit écart entre deux concurrents depuis la création du Vendée Globe en 1989), la troisième marche du podium devant Samantha Davies ! Et malgré la nuit, malgré le froid, malgré une lune bien blafarde et sous un ciel magiquement étoilé, le public et les amis de Marc Guillemot étaient venus en nombre l’accueillir sur l’eau… puis l’applaudir sur les quais des Sables d’Olonne. C’est un combattant, un dur au mal avec un cœur gros comme ça qui a enthousiasmé les spectateurs et les internautes pendant plus de trois mois. Bravo !  A l’arrivée, Marc Guillemot a parcouru sur l’eau 28 401 milles à la moyenne de 12,44 nœuds…

 

Les temps de Marc Guillemot

Passage à l’équateur : 13j 03h 59’
Passage à Bonne Espérance : 27j 06h 08’
Passage au cap Leeuwin : 38j 11h 28’
Passage de l’antiméridien : 49j 22h 13’
Passage du cap Horn : 63j 19h 28’
Passage à l’équateur : 81j 12h 13’
Arrivée aux Sables d’Olonne : 95j 03h 19’ 36’’

Arrivées du Vendée Globe

1-Michel Desjoyeaux (Foncia) 84j 03h 09’ 08’’
2-Armel Le Cléac’h (Brit Air) 89j 09h 39’ 35’’ (bonification de 11h incluse)
3-Marc Guillemot (Safran) 95j 03h 19’ 36’’ (bonification de 82h incluse)
4-Samantha Davies (Roxy) 95j 04h 39’ 01’’ (bonification de 32h incluse)

 

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Brian Thompson 5e du Vendée Globe

Brian Thompson arrivee Vende Globe
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Il semble que Brian Thompson a dû contenir ses ardeurs ces dernières heures pour des raisons de quille affaiblie ! Le solitaire a dû aussi composer avec un vent contraire et mollissant en atterrissant sur la Vendée au lever du jour. Le Britannique a connu bien des problèmes techniques à bord de son monocoque surpuissant qu’il a toujours réussis à résoudre. À l’image des soucis structurels dans la partie avant de son bateau qu’il a stratifié pendant trois jours dans les coups de vent sous l’Australie !

Le skipper de Bahrain Team Pindar a rarement pu tirer la quintessence de son monocoque qui avait démâté par deux fois avant le départ du Vendée Globe : très peu de préparation et peu de navigation à bord ont entraîné beaucoup de temps pour prendre la mesure du comportement de ce monocoque très large. Le Britannique a tout de même réussi à préserver son matériel car son bateau est arrivé aux Sables d’Olonne dans un état extérieur remarquable, sous un ris dans la grand voile et génois dans une petite brise d’Est.

Les temps de Brian Thompson :
Passage à l’équateur : 12j 22h 23’
Passage à Bonne Espérance : 27j 23h 33’
Passage au cap Leeuwin : 40j 16h 03’
Passage de l’antiméridien : 50j 09h 28’
Passage du cap Horn : 66j 15h 13’
Passage à l’équateur : 82j 12h 18’
Arrivée aux Sables d’Olonne : 98j 20h 29’ 55’’

Arrivées du Vendée Globe :
1-Michel Desjoyeaux (Foncia) 84j 03h 09’ 08’’
2-Armel Le Cléac’h (Brit Air) 89j 09h 39’ 35’’ (bonification de 11h incluse)
3-Marc Guillemot (Safran) 95j 03h 19’ 36’’ (bonification de 82h incluse)
4-Samantha Davies (Roxy) 95j 04h 39’ 01’’ (bonification de 32h incluse)
5-Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) 98j 20h 29’ 55’’

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En route vers Rio de Janeiro

Ericsson 3
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Après un départ de Qingdao dans du petit temps, les vitesses des VO 70 se maintiennent toujours  au-dessus de la barre des 20 nœuds dans une brise bien établie de secteur nord-nord-ouest, dans un froid de moins en moins vif et quelques timides rayons de soleil.

Fruit de son audace, le leader actuel du classement général provisoire pointe en tête ce matin et a distancé son plus proche adversaire, Puma, qui réussit cependant à contenir son retard, ne pointant qu’à 18 milles ce matin, contre 29 hier soir.

Ericsson 3, a opéré son OPA sur la 3ème place dans la nuit, pointant 6 milles devant Green Dragon en ce lundi matin.  Une belle performance pour le concurrent suédois parti à l’arrache de Qingdao, 7 heures après le départ officiel de l’étape.

Telefonica Blue signe également une belle remontée puisqu’il n’est plus qu’à 166 milles du leader, alors que son avarie sur la ligne de départ samedi l’avait contraint à rentrer au port pour réparer son bulbe endommagé et à partir 19 heures après Ericsson 4, Puma et Green Dragon.

Bref, cette 5ème étape s’annonce comme une vraie bataille de chiffonniers dont les enjeux sont le grand nombre de points distribués sur ce parcours, avec deux points de passage, l’un au nord de la Nouvelle Zélande et l’autre au Cap Horn.

Pour les prochaines 48 heures, les conditions météo et l’état de la mer devraient baisser un peu en intensité avec des vents faiblissant et évoluant lentement au secteur nord-nord-est.

Positions ce Lundi 16 février à 8h30

1 – Ericsson 4 à 11 769 milles
2 –  Puma à 18 milles
3 – Ericsson 3 à 49 milles
4 – Green Dragon à 55 milles
5 – Telefonica Blue à 166 milles
. Delta Lloyd – DNS
. Telefonica Black – DNS
. Team Russia – DNS

Classement général Provisoire après 7 manches (sur 17)

1- Ericsson 4 – 49 points
2- Telefonica Blue – 42 points (dont les 3 pts de pénalité pour changement de safrans)
3- Puma – 41 points
4- Green Dragon – 30 points
5-  Ericsson 3 – 28 points
6-  Telefonica Black – 21  points
7-   Delta Lloyd – 12 points
8-   Team Russia – 10,5 points

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Les mots de Marc Guillemot

Guillemot  retrouvailles Yann Elies
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Ténacité, courage, solidarité, sens marin sont les mots et les valeurs qui constituent le sillage du skipper de Safran, qui signe, à 49 ans, un tour du monde en solitaire disputé comme une formidable aventure humaine. Difficile en effet de ne pas souligner que ce Breton pur beurre n´a jamais baissé les bras et n´a eu de cesse de surmonter les difficultés qui ont jalonné son parcours. Mieux, le skipper de Safran, fort d´un crédit de 50 heures face à Samantha Davies pour avoir porté assistance à Yann Eliès, a coupé la ligne 1h et 20 minutes avant l´heure fatidique de 03h41.

Exploit sportif et arrivée à émotions

Il termine ainsi à la 3ème place de ce 6ème Vendée Globe devant la jeune Anglaise. Il complète le podium derrière Michel Desjoyeaux et Armel Le Cléac´h et signe, à bord de Safran, un réel exploit sportif qui restera dans les annales de la course. Son arrivée fut riche en émotions avec une remontée du chenal pour laquelle il avait invité les concurrents qui n´ont pas eu la chance de boucler la boucle : Jean Le Cam, Roland Jourdain, Kito de Pavant et bien sûr Yann Eliès.

 

Extraits de la conférence de presse :

L´arrivée et le retour à la civilisation

« Je suis très content d´être ici. Je suis sincèrement très touché par l´accueil que j´ai reçu. C´est très surprenant de voir autant de monde sur l´eau et à terre ! C´est très bizarre aussi de passer en l´espace de quelques minutes d´un monde solitaire à un monde très animé et bruyant. Mais cela me fait très plaisir de parler, de retrouver ma famille, les copains et tous les gens que j´aime bien. Ce n´est que du bonheur ! »

Mon Vendée Globe

« J´ai vécu une course formidable et j´ai trouvé dans ce Vendée Globe tout ce que je n´étais pas forcément venu chercher. J´ai voulu m´engager pour relever un défi sportif, mais j´ai trouvé bien plus encore au fil de tous ces moments de joie, de déception, d´émotion, de peur, de doute : tous ces moments forts qui se sont enchaînés au fil de ces 95 jours d´intense compétition. »

Le podium

« Il y avait beaucoup d´incertitudes, d´inconnues, de doutes. Et il y en a eu jusqu´au bout. Lors de la dernière journée, j´ai fait beaucoup de simulations de routage. J´ai toujours eu la détermination de me battre. Yann Eliès m´avait conseillé de naviguer comme sur une étape de Figaro : tout donner, ne plus dormir, et jouer de tactique fine jusqu´à la ligne. Ces 1300 milles sans quille m´ont mis dans des situations parfois très chaudes. J´ai fait des choses que je n´aurais peut-être même pas faites à 20 ans ! Mais j´ai toujours cru en ce que je faisais et là, peut-être, réside la clé de cette 3ème place qu´il a fallu aller chercher très loin. »

Aux côtés de Yann

« Ma course a un peu basculé quand la Direction de Course m´a contacté pour me demander de me dérouter et de rejoindre la position de Yann Eliès qui s´était gravement blessé à bord de son bateau. Cela reste un grand moment d´émotion : je savais que Yann était aux prises avec une très forte douleur et qu´il vivait des heures difficiles. C´était très éprouvant de savoir que j´étais impuissant. Nous avons échangé par VHF et bien que nous n´ayons pas eu de contact physique, je sais que cet épisode restera à jamais gravé dans nos têtes. Nous redeviendrons vite des concurrents, mais quelque chose de très fort nous unit désormais. »

Mon bateau

« Safran est un bateau léger dans lequel mon sponsor SAFRAN, les architectes et mon équipe ont mis beaucoup d´énergie. Il est le fruit d´un assemblage de compétences complémentaires. C´est un vrai bon bateau sur lequel je me suis fait très plaisir et à bord duquel c´est un vrai bonheur de naviguer. J´espère avoir vite l´occasion de montrer toutes ses capacités et son potentiel. »

Le bonhomme

« Le bonhomme ne va pas trop mal ! Je n´ai pas eu de souci majeur, je me suis juste un peu abîmé les mains lors de mes séances de bricolage pour la quille. J´ai fait tout ce qu´il fallait pour bien m´entretenir et j´ai mis toutes les pommades et les produits que ma femme Christine m´avait préparés. Je finis ce Vendée Globe très fatigué par ces 6 derniers jours sans quille, mais en grande forme ! »

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Dee Caffari prend la 6e place

arrivée Dee Caffari
DR

C’est sens dessus dessous que Dee Caffari a franchi la ligne d’arrivée devant les Sables d’Olonne : énorme émotion, acclamations du public et résultat remarquable auront marqué ces instants où l’étrave de Aviva pointait à l’horizon sous un ciel lumineux et par une petite brise d’Est. Des bords à tirer et un final étonnant quand les spectateurs découvraient l’état de déliquescence de la grand voile, partant en lambeaux… Car la Britannique n’a pas seulement ému : elle a inspiré le respect par sa détermination à finir la course malgré bien des ennuis et en particulier avec ce délaminage du tissu de sa voile principale. Un problème récurrent qui est apparu dès la latitude de la Nouvelle-Zélande, soit quasiment à la mi-parcours ! Il a fallu à la solitaire trouver des solutions de secours à coups de résine, de colle et de joint pour mettre des patchs sur un film qui peluchait.

99 jours, 1 heure, 10 minutes et 57 secondes
Il y a à peine trois ans, Dee Caffari bouclait un tour du monde en solitaire et à l’envers, contre les vents et les courants dominants, en 178 jours 03 heures 05 minutes et voilà qu’en ce 16 février 2009, la Britannique réalise le même exploit mais cette fois, d’Ouest en Est, en course, en moins de cent jours… Une performance remarquable puisqu’ils ne sont que quinze navigateurs au monde à avoir bouclé la boucle en monocoque et en solitaire sous cette barre symbolique ! Dee Caffari en fait désormais partie, avec le panache en prime, car la skipper de Aviva ne cachait pas au départ le 9 novembre dernier, son manque d’expérience de la régate pure. En deux années de préparation dont une saison sur son nouveau monocoque, la solitaire n’a cessé de s’entraîner et de progresser. Son plan Owen Clarke Design, sistership de ceux de Mike Golding et de Dominique Wavre, s’avérait tout de même très puissant pour l’Anglaise, mais elle a réussi à s’adapter au point que son début de parcours la maintenait dans les douze premiers jusqu’aux Canaries.

Une petite erreur d’appréciation, la même que celle de Marc Guillemot, la stoppe dans son élan sous le vent des îles, mais la solitaire ne lâche rien : seizième au passage de l’équateur, elle conserve le rythme dans toute la descente de l’Atlantique et maintient sa place au cap de Bonne Espérance. Avec les abandons des Kerguelen, Dee Caffari choisit la prudence et préfère passer au Nord de l’archipel en compagnie de Brian Thompson. Onzième au passage du cap Leeuwin, la navigatrice va rester sur la même route que son compatriote quasiment jusqu’à la porte de Nouvelle-Zélande où elle constate que sa grand voile est en train de se détruire… Arnaud Boissières est aussi au contact, mais Brian Thompson prend la poudre d’escampette.

Une énorme tempête
C’est au passage du Cap Horn que le trio se regroupe car une tempête, très brève mais très violente, s’abat sur la Terre de Feu, obligeant les trois solitaires à s’abriter ou à faire route en fuite. Dee Caffari est alors septième lorsqu’elle déborde l’île des Etats. Il reste 7 000 milles à parcourir et l’état de sa grand voile ne s’améliore pas, bien au contraire… La troïka remonte vers le Brésil, mais se sépare puisque Arnaud Boissières décroche avant la latitude de l’Uruguay tandis que Brian Thompson fait parler la puissance de son monocoque. L’Anglaise revient tout de même au point de ne concéder que 200 milles à Marc Guillemot quand il passe l’équateur. Un Pot au Noir très difficile lui coûte très cher : elle perd plus de 200 milles en quelques heures ! 

Mais rien ne peut entamer sa détermination et la remontée de l’Atlantique Nord va être l’occasion d’un retour impressionnant : elle grappille mille par mille pour n’être plus qu’à soixante milles de son compatriote à l’entrée du Golfe de Gascogne. En finissant ce lundi après-midi, Dee Caffari ajoute une nouvelle page à l’histoire du Vendée Globe. La navigatrice a parcouru 27 907 milles sur l’eau soit une vitesse théorique moyenne de 10,45 nœuds et une vitesse effective sur l’eau de 11,74 nœuds.

Les temps de Dee Caffari :

Passage à l’équateur : 13j 21h 53’
Passage à Bonne Espérance : 28j 19h 43’
Passage au cap Leeuwin : 42j 07h 28’
Passage de l’antiméridien : 50j 14h 58’
Passage du cap Horn : 67j 22h 13’
Passage à l’équateur : 83j 23h 08’
Arrivée aux Sables d’Olonne : 99j 01h 11′

Arrivées du Vendée Globe

1-Michel Desjoyeaux (Foncia) 84j 03h 09′ 08”
2-Armel Le Cléac’h (Brit Air) 89j 09h 39′ 35” (bonification de 11h incluse)
3-Marc Guillemot (Safran) 95j 03h 19′ 36” (bonification de 82h incluse)
4-Samantha Davies (Roxy) 95j 04h 39′ 01” (bonification de 32h incluse)
5-Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) 98j 20h 29′ 55”
6-Dee Caffari (Aviva) 99j 01h 10′ 57”

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Finalement, le troisième est…

Marc Guillemot podium
DR

Double bagarre pour Marc Guillemot : le skipper de Safran a du puiser dans ses réserves pour arracher la troisième place du classement général à Sam Davies qui fut sa compagne de voyage pendant presqu’un demi-tour du monde. Mais aussi, le navigateur trinitain tenait à mettre un point d’honneur en finissant sa course devant les deux concurrents britanniques lancés à ses trousses. Heureusement pour lui, cette fin de course ressemblait plus au bal des éclopés, qu’à une régate acharnée en rade des Sables d’Olonne. On connaît les problèmes récurrents de grand-voile que Dee Caffari doit affronter depuis la latitude de la Nouvelle-Zélande. On a en revanche appris, lors de sa conférence de presse, que Brian Thompson naviguait avec une quille, elle aussi fortement fragilisée. Ce qui explique en grande partie pourquoi le skipper de Bahrain Team Pindar n’a pu revenir et dépasser son concurrent de Safran avant la ligne d’arrivée.

Révélateur de personnalités

Quelle que soit l’heure d’arrivée ou la place des concurrents, le public est là pour répondre à l’émotion qui envahit chacun à l’heure de franchir la ligne d’arrivée à la bouée de Nouch Sud. Aux derniers instants de concentrations succède une libération légitime : c’est Marc Guillemot saisi par la gravité de l’instant qui s’écroule sur le pont de son bateau, c’est Brian Thompson à califourchon sur son bout-dehors en train de saluer les amis qui les attendent, c’est enfin Dee Caffari qui n’en peut plus de danser et de serrer les poings dans le cockpit de son bateau. 
Tous ont de bonnes raisons de se réjouir : Marc Guillemot, grâce à une ténacité hors norme, notamment dans les dernières heures, monte sur le podium de ce Vendée Globe. Brian Thompson remplit le contrat qu’il s’était fixé, à savoir : terminer dans les cinq premiers de ce Vendée Globe. Dee Caffari, quant à elle, peut s’enorgueillir d’être la première femme à boucler son tour du monde dans les deux sens : une maille à l’endroit, une maille à l’envers, c’est comme cela qu’on crée les plus jolis tricots.

Des aventures hors normes

Car tous ont vécu des aventures hors normes, comme le rappelait Marc Guillemot lors de sa conférence de presse d’hier au soir : ” J’ai trouvé sur ce Vendée Globe, tout ce que je n’étais pas venu chercher… ” En écho, Brian Thompson, malgré ses deux tours du monde en multicoque et en équipage pourrait lui répondre : ” Cette course va au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer… ” Et Dee Caffari d’enchérir : ” J’ai vraiment commencé à faire du 60 pieds, il y a de ça dix-huit mois. J’ai détesté ma première course et je me disais : Mon Dieu, pourquoi tu fais ça ? Mais au bout du compte, j’ai adoré… ” En invitant à son bord pour remonter le chenal des Sables d’Olonne, Kito de Pavant, Roland Jourdain, Jean Le Cam et Yann Elies qui n’avaient pu aller au bout de l’aventure, Marc Guillemot a peut-être parfaitement résumé ce qui faisait la magie de cette course unique : au-delà d’une régate planétaire acharnée, un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance demeure un formidable révélateur de caractères. Dans ce double match à trois qui vient de s’achever sur la ligne d’arrivée une sensation domine : le respect mutuel…

Le classement de 16 heures

Arrivés : 
1 – Michel Desjoyeaux (Foncia)
2 – Armel Le Cléac’h (Brit Air)

3- Marc Guillemot (Safran)

4 – Sam Davies (Roxy)
5 – Brian Thompson (Bahrain Team Pindar)
6 – Dee Caffari (Aviva)

Encore en mer : 
7 – Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 1036 milles de l’arrivée
8 – Steve White (Toe in the water) à 688,5 milles du premier
9 – Rich Wilson (Great American III) à 2115,8 milles du premier
10 – Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 3301,1milles du premier
11 – Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 3754,3 milles du premier
3 – Vincent Riou (PRB) – réparation accordée

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XXVe Primo Cup : Sous le Soleil exactement…

Primo cup 2009
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« La moindre erreur coûte très cher ! Car une hésitation sur un enroulé de bouée entraîne une sanction immédiate (perte de 4 places) » a déclaré Alexia Barrier, la navigatrice transocéanique, aujourd’hui en course en Laser SB3, aux côtés de Lionel Péan et Brice Quillien. Preuve de la qualité des équipages sur l’eau et de l’organisation sur le plan d’eau, depuis deux jours aucune réclamation n’a d’ailleurs été portée.
 
Deux manches ont été disputées aujourd’hui dans un vent du Sud/Est, avoisinant les 10 nœuds puis au Sud/Ouest pour 6/7 nœuds dans l’après-midi.
 
Longtze Premier : Nicolas Bérenger creuse l’écart
Impressionnants de vitesse, il ne faut pas moins de 2 milles aux Longtze Premier pour rattraper les séries (Laser SB3 et J/24), parties 5 à 10 minutes avant eux. Il faut dire que les conditions leur étaient propices, une mer plate et une légère brise qui conviennent parfaitement à ce sportboat, venu de Chine.
Bien que laissant échapper la victoire de la 4e manche à Luc Gellusseau puis à Guillaume Florent dans la 5ème, Nicola Bérenger (Kone) conforte sa position au général.
A noter la belle performance du médaillé olympique à Qindao, remontant à la dernière marque sous le vent de la 3ème place à la victoire dans un combat acharné avec le marseillais Marc Emig et le Suisse Eckhard Kaller.
 
Melges 32 : Vincenzo Onorato : la plus belle démonstration du jour !
Reconnu OCS lors de la 4e course, l’Italien Vincenzo Onorato répare, prend ainsi le départ en dernière position, masqué par tous ses adversaire et en profite tout de même pour remonter à la deuxième place. Il prend ainsi la première place du classement général provisoire, devant Thule et Torpyone, deuxièmes à égalité de points
 
Mumm 30 : Daniel Souben se positionne en tête
Daniel Souben, nouveau venu à la Primo Cup, a vite appris les subtilités du plan d’eau monégasque, claquant les deux manches du jour. Bataille très serrée pour le podium entre les autres favoris du Tour de France à la Voile 2009. Nouvelle Calédonie, barré par Bernard Mallaret avec à la tactique François Brenac et Olympic, emmené par Fabien Henry, se positionnent respectivement à la 2e et 3e place.
 
Laser SB3 : la victoire à deux points
Seulement deux petits points séparent au classement général provisoire le premier Xavier Leclerc (Marçon Yachting) du troisième Nicolas Honor. L’animateur de la série en Europe est en effet revenu en force dans cette deuxième journée, avec une victoire de manche et une seconde place.
 
J/24 : domination italienne
La longueur du parcours (8 milles) importante pour cette série a occasionné des écarts importants dans la flotte. Les Italiens de J di Quadri, les plus réguliers avec aujourd’hui encore une victoire de manche et une deuxième place, s’empare de la première place du classement général provisoire, alors qu’ils étaient ce matin à égalité de points avec les monégasques de Topo Too, emmenés par les frères Jean & Claude Rodelato.
 
Platu 25 : Egalité parfaite !
Qui brandira demain soir la coupe de la Primo Cup ? Nul ne peut le dire… car les Italiens de Nanuk (Gianrocco Catalano) tiennent tête aux Allemands de Farr Bar. Un match arbitré par les Espagnols de Central Lechera, à deux points seulement de la place de leader.

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Le sans faute de Samantha Davies

Arrivee de Samantha Davies / Roxy
DR

95 jours 04 heures 39 minutes 01 seconde : Roxy a coupé la ligne d’arrivée dans la nuit après 27 470 milles parcourus sur l’eau à la moyenne de 12,02 nœuds ! Samantha Davies termine ainsi son premier tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, mais finit surtout première Britannique d’une armada de sept partants le 9 novembre dernier. Elle serait aussi la deuxième femme à monter sur le podium (sous réserve de l’arrivée de Marc Guillemot avant lundi matin) et la troisième Anglaise après Ellen Mac Arthur en 2000-2001 et Mike Golding en 2004-2005. Un résultat exceptionnel pour cette jeune a de 34 ans qui a préparé avec toute son équipe, un bateau mythique déjà vainqueur des deux dernières éditions, mais qui commençait à accuser le poids de ses neuf années. La clé du succès est sûrement à chercher dans la confiance, l’énergie, l’éternel bonheur d’être en mer et le talent de Samantha Davies qui a été l’une des rares solitaires de ce Vendée Globe à franchir la barre symbolique des 400 milles quotidiens (414 milles en 24 heures)…

Quand prudence rime avec entrain
Dès le coup de canon, la jeune anglaise tient le rythme et jusqu’à l’équateur, oscille au classement entre la dixième et la quinzième place : après le Pot au Noir et au passage vers l’hémisphère Sud, Samantha Davies pointe à la quatorzième place, à 235 milles du premier, Loïck Peyron. La descente dans les alizés de sud-est est plus difficile pour le monocoque qui ne possède pas la même puissance que les bateaux de la dernière génération mais la Britannique a de la ressource malgré un passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui ne lui est pas du tout favorable : elle perd en quatre jours plus de 300 milles… plantée dans les petits airs quand les premiers déboulent déjà dans les Quarantièmes et que ses poursuivants peuvent couper le fromage avec de la brise ! Mais qu’à cela ne tienne : Roxy glisse ensuite sur la longue houle du Grand Sud et franchit la longitude du cap de Bonne Espérance toujours à la quatorzième place avec 560 milles de décalage par rapport à Jean-Pierre Dick, alors en tête.

Mais au delà des performances, c’est son plaisir de participer à cette aventure et sa capacité à le transmettre qui marque le public et les coureurs : rien ne semble entacher son bonheur d’être en mer, de naviguer en course face à un plateau de coureurs exceptionnels. Là encore, la préparation du monocoque rose est son atout maître car la solitaire ne subit pas d’avarie majeure. Elle rencontre un iceberg avant même d’atteindre l’archipel des Kerguelen ! Une zone qui va commencer à faire un grand ménage dans la flotte… Au point qu’au passage du cap Leeuwin, Samantha Davies est dixième à 1035 milles de Michel Desjoyeaux. Quand Yann Eliès est en difficulté au large de l’Australie, la navigatrice met immédiatement entre parenthèse la course pour cravacher vers le Briochin afin de lui porter assistance aux côtés de Marc Guillemot. Elle arrivera quelques heures seulement après le navire militaire qui embarque Yann Eliès et reprend la course avec le Trinitain dans des conditions météorologiques peu favorables : petit temps, grosse houle.

Seule au monde
Samantha retrouve la solitude totale quand Marc Guillemot fait son pit-stop à l’île d’Auckland. Ce qui n’enlève rien à sa détermination : chaque jour qui passe est l’occasion pour elle de souligner à quel point elle aime ces grands déserts salés où les seuls albatros lui servent de compagnons de route. La remontée vers les portes des glaces du Pacifique est particulièrement musclée avec une succession de dépressions assez actives, au point que plusieurs leaders sont définitivement éliminés… Aux antipodes, la Britannique est déjà remontée à la huitième place ! Mais il y a tout un océan à traverser : après un peu moins de 63 jours de mer, le Cap Horn est passé et Samantha Davies est quatrième au classement. Certes il y a toujours Marc Guillemot dans son sillage qui est virtuellement devant puisqu’elle lui rend 50 heures de bonification. Il reste alors 7 000 milles à parcourir avant les Sables d’Olonne.

Une nouvelle fois, la navigatrice se retrouve sans compagnon de route car Marc Guillemot a mouillé aux Malouines pour réparer une nouvelle fois son rail de grand voile. Sa remontée de l’Atlantique Sud va être un véritable calvaire : alors qu’elle parvient à la latitude de l’Uruguay, une zone orageuse l’englue dans des calmes dont elle ne se sort que très difficilement, permettant à Marco de la contourner par l’Ouest, le long des côtes brésiliennes. Pour la première fois perce une pointe de lassitude. Entre la demoiselle de Port-la-Forêt, son port s’attache en France et le petit temps, il existe comme un contentieux. Le duel entre les deux concurrents est à son apogée, chacun prenant à son tour l’avantage sur l’autre, parfois pour quelques heures. Mais la jeune anglaise réussit à conserver le leadership au passage de l’équateur, toujours quatrième au classement. Elle choisit une route un peu risquée pour aborder l’anticyclone des Açores et les calmes sont de nouveau au rendez-vous quand Marc Guillemot les contourne par l’Ouest : le chassé-croisé continue… Jusqu’à ce que Safran perde sa quille. La troisième place est désormais à portée d’étrave !

Les temps de Samantha Davies :

Passage à l’équateur : 13j 01h 51′
Passage à Bonne Espérance : 28j 05h 28′
Passage au cap Leeuwin : 40j 00h 48′
Passage de l’antiméridien : 48j 11h 43′
Passage du cap Horn : 62j 21h 18′
Passage à l’équateur : 81j 02h 28′
Arrivée aux Sables d’Olonne : 95j 04h 39′

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