Après un début d’étape marqué par l’absence d’un vent régulier, les Volvo Open 70 progressent actuellement en un paquet presque compact, à 16-17 nœuds sur Fernando de Noronha. Les conditions de navigation sont extrêmement instables. De nombreux nuages et des grains sporadiques qui viennent en effet perturber le système des alizés de sud-est enclin à des sautes d’humeur et d’intensité à répétition.
Au cours de ces dernières 48 heures, les températures sont restées très agréables, la mer peu agitée cependant de fréquents grains engendrent d’importantes variations dans la vitesse et la direction du vent.
Un anticyclone domine encore la zone au large de la pointe est du Brésil où naviguent les sept bateaux. Il se déplace un peu plus vers l’est-sud-est depuis deux jours avec des alizés qui passent régulièrement de 8 à 18 nœuds. Sur Ericsson 3, au cours de la nuit de mardi à mercredi, le vent s’est même déclaré aux abonnés absents pendant quelques heures. Le manque de vent est le thème récurrent de nouveau ce matin dans les mails envoyés par les équipages. Wouter Verbraak sur Delta Lloyd explique que tout le monde est à l’avant du bateau, car avec 9 nœuds de vent, l’arrière du VO70 a tendance à rester collé sur place. L’équipage a également été obligé de tout déplacer à l’intérieur pour essayer de grappiller quelques dixièmes de nœuds de plus. Mais comme il souligne, "Il faudra traverser cette zone de calmes au large de Recife, car plus au nord on retrouvera un vent plus fort. Il est ainsi important d’être le premier à toucher ces vents pour prendre l’avantage". Avec Ericsson 4 à vue du bateau néerlandais cela ressemble à une régate côtière, sauf que les réglages doivent se poursuivre pendant des journées et non pas des heures. Les alizés de sud-est qui ne sont donc pas vraiment à hauteur de leur réputation, devraient rester avec la flotte jusqu’au Pot au Noir mais le vent va faiblir et les variations resteront aussi problématiques. Cette zone de convergence inter-tropicale est actuellement centrée juste au nord de l’Equateur avec la traversée la plus étroite vers l’ouest. Les dernières prévisions pour les jours à venir annoncent de l’instabilité plutôt que des calmes dans cette zone avec la présence probable de beaucoup de grains.
Ce rythme un peu décousu, qui oblige les équipages à de nombreuses manoeuvres sur et sous le pont est source de stress au fur et à mesure que cette porte située par 3°50S et 32°30W se dessine à un horizon désormais tout proche, puisque distante de moins de 250 milles actuellement.
En attendant de connaître leur ordre de passage et le nombre de points qui vont tomber dans leurs escarcelles, les hommes du mal à trouver le repos tant la tension est grande et la chaleur intense sur le 7° parallèle Sud.
Beaucoup de travail pour presque rien
Tout reste à jouer
Dispersion ! Tel semble être le mot d’ordre qui a parcouru la flotte de la Transat BPE. A l’heure des choix, le bel ordonnancement des derniers jours semble vouloir voler en éclat. Au petit jeu des empannages et des écarts de route, il semble bien qu’il n’existe plus de vérité : preuve, s’il en était besoin, que le jeu reste plus ouvert qu’on n’imagine. Au nord, quand certains choisissent de privilégier la route directe, d’autres cherchent encore à gagner dans le sud. Pour les uns, tels Nicolas Troussel (Financo), Gérald Veniard (Macif) ou Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), le salut passera par la recherche de la trajectoire la plus proche de l’orthodromie, quand d’autres espèrent retrouver un flux d’alizé plus stable au fur et à mesure qu’ils descendront en latitude. Plus au sud, certains sont tentés, comme Gildas Morvan (Cercle Vert), de profiter de leur avantage stratégique provisoire pour venir se recaler en espérant coiffer leurs adversaires. Problème : plus les routes convergent, moins les différences de pression seront sensibles. En conséquence de quoi, les gains risquent d’être minimes. Mais les risques aussi. D’autres, à l’instar d’un François Gabart (Espoir Région Bretagne) ou d’un Erwan Tabarly (Athema) semblent avoir envie de pousser leur avantage, au risque d’un retour de flamme. Plus les écarts latéraux s’accroissent, plus les mises sont importantes au grand jeu de poker menteur qui agite la flotte. D’autres semblent jouer tapis, tel Armel Tripon (Gedimat), constant dans sa volonté de gagner dans sud ou bien encore Adrien Hardy (Agir Recouvrement), fort isolé dans le nord de la flotte. Enfin, légèrement en retrait, certains attendent des jours meilleurs, tels Franck Le Gal (Lenze) qui paie ses petits soucis techniques de course ou bien encore Isabelle Joschke (Synergie), en prise avec des problèmes récurrents d’énergie.
Utopistes ou rationnels ? Réalistes plutôt…
Certains parient sur l’option à long terme, quand d’autres préfèrent encore capitaliser petit à petit ce que les variations de vent leur offrent. Bref ! L’anticyclone favorisera-t-il les libres penseurs et les audacieux ou bien consacrera-t-il la victoire des petits épargnants ? Question de tempérament, bien sûr, mais aussi de circonstances, les impétueux d’un jour pouvant se transformer demain en gagne-petit. Pour autant personne ne crie victoire. D’une part, parce qu’il reste encore, au bas mot, plus d’une semaine de course et d’autre part, parce que les projections de route pour rallier Marie-Galante ne désignent pas encore une stratégie gagnante. Suivant certains modèles météo, les hommes du nord finiraient par décrocher le Graal d’une route compliquée, à flirter avec les bordures anticycloniques, quand d’autres prédisent que l’allongement de route des sudistes sera largement compensé par un vent suffisamment stable pour espérer une progression linéaire. De toutes ces considérations, les solitaires s’en fichent comme de l’an quarante. Peu leur importe de savoir qu’ils seront les porte-drapeaux d’un parcours original et révolutionnaire ou si c’est une navigation toute en prudence et opportunité qui leur permettra de goûter en premier le traditionnel ti punch qui accueille les concurrents sur la ligne d’arrivée caraïbe. Pour eux seul compte le résultat : au vu de ce qui les attend pour les jours à venir, le pragmatisme est en passe de devenir une vertu cardinale.
Le mot du jour : énergie
Entre pilote automatique, ordinateurs de bord, électronique, la navigation en solitaire est relativement gourmande en énergie. Les navigateurs solitaires ont besoin, pour mener leur bateau au mieux de ses possibilités, de disposer d’un équipement en parfait état ; Pour alimenter les batteries du bord, le plus sûr moyen reste le moteur in-board. Mais cela suppose un alternateur en parfait état de marche et une mécanique parfaitement rodée. Pour compenser, nombre de navigateurs, sur un parcours comme la transat BPE, embarquent des panneaux solaires de complément.
Ils ont dit :
François Gabart – Espoir région Bretagne – 6ème au classement de 15h
« J’ai eu Gildas Morvan de visu, tout à l’heure. Tout va très bien, ça glisse pas mal. Depuis ce matin c’est moins faiblichon, le vent a l’air de s’installer de façon plus homogène sur toute la zone. Armel est plus au sud, c’est plus qu’intéressant… Nous on a la direction et lui, la pression. Chacun fait sa route au mieux, on tire partie de ce qu’on peut. Nico Troussel est bien aussi, il suffit qu’il prenne un peu de pression, étant donné sa direction, ça peut bien payer. Tout peut encore arriver. Nous sommes à la moitié de la course, le bilan pour le moment est positif, je suis content d’être là. J’ai réussi à faire ma route, c’est une bonne chose. Je me sens en phase avec le bateau, je commence à bien sentir les choses, c’est super agréable. Ça me parait plutôt court, les jours passent, ça s’enchaine, j’ai l’impression qu’on est parti hier. Quand je vois les routages qui me font arriver dans huit ou dix jours, ça s’enchaine sans que j’ai le temps de dire ouf. »
Franck Le Gal – Lenze – 7ème au classement de 15h
« Ce ne sont pas des conditions faciles depuis deux jours. Le vent est assez faible, c’est à nouveau l’ambiance Solitaire du Figaro : on est collé à la barre, on dort très peu, c’est fatiguant tout ça. Il faut malgré tout être lucide sur les jours à venir. Les nordistes ne sont pas encore morts et on va toucher du vent à nouveau cette nuit. J’ai fait de petites siestes ce matin… j’en profite dès qu’il y a un peu de vent ; dans ce cas, je mets le pilote et je dors par tranches de 20 minutes. La nourriture aussi, c’est ambiance Solitaire du Figaro : là, par exemple, j’ai le pain et le saucisson à côté de moi, je ne fais pas de bons repas comme prévu. Ce n’est pas la même qu’il y a deux ans, mais on ne va pas se plaindre, il fait beau, il y a du jeu, on n’arrête pas d’empanner ; ce n’est pas monotone. »
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Suspense sur la Transat
La nuit est calme, agréable et le ciel dégagé. 15 à 20 nœuds de nord-est portent haut les spis des solitaires et permettent au pilote de faire son office, laissant ainsi quelques plages de récupération, afin de tenter d’effacer les séquelles occasionnées par les premiers jours de navigation. Le décor est posé par les marins au dixième jour d’une course qui, si elle tient les observateurs en haleine, passionne au moins autant ses principaux protagonistes. L’atmosphère relativement sereine et définitivement plus appréciée que l’instabilité des jours précédents par les concurrents, pourrait prêter à confusion. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, à bord des Figaro Bénéteau 2, l’heure est à la tempête sous les crânes. Au centre, on goûte avec prudence le classement et la « virtualité » des places aux avant-postes. Au sud, on s’inquiète de sa vitesse qu’on aimerait plus marquée. Au dessus de l’ensemble de ces interrogations, plane toujours ce qui dans quelques heures n’aura plus rien d’une ombre.
C’est en effet aujourd’hui que la bulle anticyclonique va se matérialiser et gageons que les répercussions se feront sentir différemment en fonction du nord, du centre ou du sud. Une tendance devrait pourtant s’imposer, celle d’un ralentissement général des troupes. En s’étant donné bien du mal pour gagner dans le Sud et s’éloigner le plus possible de la zone sans vent, Gildas Morvan, Erwan Tabarly et François Gabart récolteront-ils les fruits de leur investissement à moyen terme ? Seront-ils récompensés pour avoir accepté de « perdre » pendant dix jours pour mieux prendre le dessus dans quelques heures ? Qu’en sera-t-il des centristes ? Le tenant du titre, Nicolas Troussel pourra-t-il maintenir son leadership et garder dans son sillage un Gérald Veniard (Macif) bien décidé à afficher un franc sourire jusqu’à Marie-Galante et un Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) dont il faut saluer un repositionnement qui le maintient plus que jamais dans le match? La liste des questions est longue en ce mercredi matin et les réponses ouvertes pour tous ou presque… Qu’adviendra-t-il en effet à Adrien Hardy (Agir Recouvrement) désormais très isolé sur une option nordiste qu’il aura maintenu au bout de son intuition ? Difficile à dire, mais les sens du benjamin de la course doivent bouillonner et celui qui fût, plusieurs classements durant, leader de la flotte est certainement entrain de mobiliser tous ses talents de stratège pour trouver une issue à cette situation et gagner dans le sud.
Le dixième jour de cette Transat BPE Belle-Île-en-Mer – Marie-Galante 2009 s’annonce donc placé sous haute tension et chaque classement fera à n’en pas douter, à terre comme en mer, l’objet d’un décryptage à la loupe. Mais à 1 900 milles de l’arrivée, l’épilogue n’est pas écrit et les prétendants à la victoire finale le savent bien…
Ils ont dit…
Erwan Tabarly (Athema) – 7ème au classement de 8 heures
« La nuit a été plutôt tranquille. Là le ciel est couvert et on a eu un grain ce matin qui m’a ralenti. On a en moyenne 20 nœuds de vent et c’est plutôt du vent d’est entre 30° et le 60°. Ceux du nord sont obligés de faire du sud – sud ouest et on est tous obligé de passer sous la bulle donc nous sommes tous en bâbord. Ce qui m’intéresse c’est de savoir si je suis allé plus vite que les autres car normalement j’ai plus de vent là où je suis. Adrien (Hardy) a ralenti, mais Suzuki va vite lui, mais je pense qu’il ne devrait pas tarder à ralentir. La bulle va arriver dans la journée, et c’est vraiment aujourd’hui qu’on verra si les nordistes sont ralentis ou pas. Moi il va falloir que je me recale dans l’ouest à un moment donné, je ne sais pas encore quand. Malgré tout ça je dors bien, car dans tous les cas on ne peut pas barrer des heures et des heures donc je me prends du repos, d’autant que le bateau est calé et les voiles sont pleines, donc c’est les conditions idéales pour mettre le pilote. »
Gildas Morvan (Cercle Vert) – 6ème au classement de 8 heures
« La nuit est calme, on a environ deux mètres de houle mais nous n’avons pas de grain. C’est assez dégagé, on voit la lune, les étoiles et les nuages mais par contre le vent étant très faible il faut être tout le temps sur le bateau pour faire les réglages. On a entre 10 et 14 nœuds, ça varie. En début de nuit on avait un peu plus mais ça a molli depuis 3 heures à peu près. Le vent c’est du 40° / 70°. Avec tout ça en début de nuit j’ai pu dormir trois fois 20 minutes. Nous, au sud, on devrait choper la pression en premier, ce qui nous permettra de décoller. Vivement le pointage, qu’on ait la tendance, car là, jusqu’à ce soir, ça va être très mou. »
Clés en mains pour Gildas Mahé
Quelques jours plutôt, Gildas Mahé avait pu effectuer un premier galop d’essai à bord de Banque Populaire, à l’occasion d’un convoyage entre Lorient et le port finistérien : « J’ai rallié Port-La-Forêt par 15 nœuds de vent sous spi et rien n’a bougé ! En terme de sensations et de légèreté à la barre, il ressemble au monotype que j’ai eu l’habitude de barrer. Banque Populaire est d’ores et déjà en configuration course grâce au travail de Guillaume Farsy, son sérieux préparateur. Les conditions parfaites sont réunies autour de moi pour me permettre de progresser ».
Une transition sous le signe de l’échange
Skipper du Figaro Banque Populaire depuis 2004, Jeanne Grégoire va donc rester sur le ponton l’espace d’une saison, pour les raisons que l’on sait*. La jeune femme gardera certainement un œil bienveillant et attentif sur les performances de son remplaçant mais sans jamais empiéter sur son entraînement : « Gildas est très bon et n’a pas besoin de moi pour bien faire. Depuis qu’il fait du Figaro, il a démontré qu’il savait quoi faire pour aller chercher la performance. Nous n’allons pas tout remettre en question maintenant. Nous savons que tout est réuni pour que sa saison se passe bien. Mais s’il a besoin de moi je serai là. Je suivrai la partie technique et ce qui concerne le bateau lui-même avec Guillaume. Je ferai en sorte de faciliter les choses à Gildas autant que je peux et de le préserver d’un maximum de détails. ».
Pas question donc pour Jeanne Grégoire de venir mettre le nez dans la préparation de Gildas. Du côté de ce dernier, la richesse et la progression naissant de l’échange, il sait qu’il aura plaisir à partager avec celle qui lui laisse aujourd’hui la barre de son Figaro : « Jeanne et moi n’avons pas le même cursus. Notre apprentissage de la course au large a été différent. Mais j’ai terminé la Solitaire du Figaro en cinquième position en 2007 et elle a accroché la même place en 2008. Ceci prouve bien qu’avec des méthodes différentes on arrive au même résultat. On a forcément à apprendre l’un de l’autre. »
Être à la hauteur
Ces jours-ci, Gildas Mahé reprendra le chemin de l’entraînement à Port-La-Forêt où il participera à un stage sous la houlette du Centre Finistère Course au Large. Ce sera alors l’occasion pour lui de croiser le fer avec certains des meilleurs coureurs… De quoi accroître encore et toujours la motivation du garçon. Mais au-delà de la confrontation qui s’annonce, les exigences que Gildas Mahé se fixent sont à la hauteur du projet qui lui est confié : « Je me sens complètement impliqué dans cette aventure Banque Populaire, parce que tout le monde fait en sorte que je dispose de tout pour m’entraîner. Je veux donner tout ce que j’ai pour rendre ce qu’on me donne aujourd’hui. Je n’ai pas envie de décevoir les gens qui me font
confiance ». Dans un mois, sonnera l’heure de la première régate pour le skipper du Figaro Banque Populaire avec la Solo Ports-de-France.com à Concarneau. Fidèle à sa ligne de conduite, c’est avec la ferme intention d’accrocher les honneurs du podium qu’il s’alignera.
* La navigatrice attend un heureux événement
La géométrie à l’honneur
Quand le vent s’évanouit, plus question de changer son safran d’épaule… C’est l’heure d’assumer ses choix, de tracer sa route sans barguigner… Même si forcément le doute s’insinue parfois. Il suffit que le vent vienne à mollir, qu’il change d’orientation, pour que les navigateurs se prennent à gamberger, à remettre en cause leurs choix. La faute à l’anticyclone des Açores qui n’arrive pas à alimenter une circulation d’air suffisamment stable pour générer un alizé régulier. On comprend, dans ces conditions, les hésitations des uns comme des autres à considérer que leur choix est définitivement le bon. Même le leader sur une route médiane, Nicolas Troussel (Financo), reste d’une prudence de chat quand il s’agit d’évoquer l’avenir. La règle semble être plutôt : ce qui est pris n’est plus à prendre et qui vivra verra…
Au sud, Erwan Tabarly peut toutefois s’enorgueillir d’un joli petit décalage stratégique qui lui permet de revenir se positionner dans l’axe d’un François Gabart (Espoir Région Bretagne) toujours aussi combatif. Gildas Morvan (Cercle Vert) ayant préféré de se repositionner légèrement plus dans l’ouest, de manière à garder encore sa liberté de choix. Mais, nul doute que le skipper d’Athema a sûrement marqué un petit point psychologique en imposant sa route à ses adversaires directs. Au centre du plan d’eau, Nicolas Troussel, malgré ses soucis de girouette, continue d’imposer son rythme et conforte son avance. A ses basques, Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) qui a opéré un recentrage jugé nécessaire, plutôt que de risquer d’obérer la deuxième moitié de course et Gérald Veniard (Macif) qui avouait prendre avec une certaine philosophie la perte de sa première place. Il faut dire que le navigateur charento-savoyard peut entretenir de longues conversations avec un volatile surnommé « Jean Mermoz », qui a élu domicile à bord du Figaro Bénéteau. La vie du solitaire fait qu’on se contente parfois de compagnies futiles.
Digérer les pépins
Pour d’autres, la route vers Marie-Galante s’avère plus ardue que prévue. Et les soucis techniques risquent fort de perturber la marche de ces solitaires en butte à des contrariétés diverses. Isabelle Joschke, toujours aux prises avec des problèmes de charge électrique récurrents, s’apprête à vivre cette deuxième partie de Transat BPE sur un mode économe. De longues heures à la barre pour suppléer le pilote, une réduction des sources d’informations au strict nécessaire, des communications téléphoniques réduites à la portion congrue. La jeune femme pourra se consoler en se disant qu’elle a déjà connu de telles situations quand elle écumait le circuit des Mini-Transat… avec un succès certain. Victor Jean-Noël (Pays de Marie-Galante) déplorait, quant à lui, une déchirure importante dans son spi maxi après une rencontre fortuite de sa toile avec une barre de flèche. Yannig Livory (CINT 56), lui aussi aux prises avec des problèmes électriques, ne peut visiblement plus communiquer avec la terre, ce qui ne l’a pas empêché de réaliser la meilleure moyenne sur vingt-quatre heures. Enfin Louis-Maurice Tannyères (Nanni Diesel) risquait de se trouver provisoirement coupé du monde suite à l’explosion de son forfait de communication iridium. La simple recharge de son compte devrait y remédier. Comme quoi, plaie d’argent n’est pas mortelle…
Le mot du jour : spinnaker
Les solitaires disposent pour cette Transat BPE de trois spinnakers, cette voile ballon qui permet de propulser le bateau aux allures portantes. En règle générale, ils embarquent deux spis maxi qui leur permettront de déhaler dans des vents faibles à médium et un spi de brise. Le spi de brise, n’est guère plus petit que les deux autres, mais sa forme, moins ventrue et son grammage (épaisseur du tissu), permettent aux navigateurs de le porter jusqu’à plus de 35 nœuds de vent établi.
Ils ont dit :
Nicolas Troussel – Financo – 1er au classement de 15h
« Je n’ai pas suivi le classement ce matin, mais si tu me dis que je suis premier, je te crois ! La nuit a été un peu mouvementée, il fallait être dessus car le vent est très changeant. C’était toujours le cas ce matin ; je fais ma route et si ça se passe bien, tant mieux. J’ai essayé de monter dans le mât pour ma girouette mais je n’ai pas réussi, je me suis fait ballotter à droite et à gauche donc je n’ai pas insisté. Le seul problème de ne pas avoir ma girouette, c’est que le pilote ne fonctionne pas correctement en mode vent, donc je passe beaucoup de temps à la barre. Les conditions sont bonnes : tout à l’heure, on a eu une petite molle mais, là, c’est revenu avec un grain. Je n’ai pas vraiment de rythme pour me reposer, je dors quand le bateau va à peu près tout droit. Du coup, hier, j’ai failli me mettre dans le rouge, car je pensais dormir après manger, mais ça s’est mis à bouger dans tous les sens ; donc j’ai dû y retourner. »
Isabelle Joschke – Synergie – 9ème au classement de 15h
« Je suis en restriction de consommation de batterie, donc il faut que j’éteigne mon iridium rapidement et surtout que je reprenne la barre. Dans l’ensemble tout va bien, les conditions sont agréables. Là, il y a 15 nœuds de vent. Il y a juste mes soucis de charge de batterie qui se sont confirmés, je vais repasser en mode économie d’énergie au maximum. Ça va me rappeler la Mini-Transat ! »
Victor Jean-Noël – Pays de Marie-Galante – 11ème au classement de 15h
« Pour l’instant, je suis dans le calme, je me situe à la limite de l’anticyclone. Mon grand spi est déchiré sur toute la longueur car, comme il n’y avait pas de vent, il s’est pris dans la barre de flèche. Je ne comprends pas bien ce que veut faire l’anticyclone. S’il va bouger ou rester là. Dans l’ensemble, ça se passe bien, mais on est vraiment dans la pétole anticyclonique, c’est un peu la guerre des nerfs. L’angle du vent change en permanence, il faut vraiment surveiller le baromètre. Moi je n’ai pas de panneau solaire ; donc je ne peux pas trop utiliser le pilote.»
Une vente aux enchères d’objets des skippers du Vendée Globe !
L’UNHCR, avec le soutien de la Ville des Sables d’Olonne, organise samedi 23 mai au Centre des Congrès Les Atlantes une vente aux enchères au profit des réfugiés du Yémen grâce à la participation des skippers du Vendée Globe 2008/2009.
Heureuse d’apporter sa contribution pour une cause juste, la Ville des Sables d’Olonne a tout de suite répondu positivement à la demande de partenariat du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). La manifestation aura lieu samedi 23 mai, Salle des Trois Mâts au Centre des Congrès Les Atlantes et débutera à 15h par une présentation de l’événement. La vente aux enchères démarrera quant à elle à 16h45.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a sollicité cette année, à titre individuel, chacun des skippers ayant participé au Vendée Globe 2008/09, afin de soutenir ses programmes au Yémen.
Cette vente aux enchères ne se serait pas faite sans la participation de ces skippers. En effet, chacun des skippers ayant accepté de participer à cette manifestation a offert, pour la vente aux enchères, un objet qui ne l’a pas quitté lors de la traversée.
Michel Desjoyeaux offre une parka ; Alex Thomson, un tee-shirt ; Arnaud Boissières, une polaire ; Marc Guillemot, un sac ; Rich Wilson offre un drapeau qui se trouvait sur son bateau ; Samantha Davies, une paire de lunettes ; Vincent Riou, une photo dédicacée du sauvetage de Jean Le Cam….
Avant cette vente aux enchères, une projection du film de Daniel Grandclément : « Les martyrs du Golfe d’Aden », aura lieu en début d’après-midi.
Source : Ville des Sables d’Olonne
www.lessablesdolonne.fr
Menace anticyclonique
Si la nuit de dimanche à lundi avait été placée sous le signe des nuages et des lignes de grains à répétition, celle qui bât son plein pour les concurrents de la Transat BPE semble leur accorder le meilleur, avec 18 à 20 nœuds de moyenne de secteur Nord Est et un ciel étoilé. Dans de telles conditions, il est donc plus aisé pour les solitaires de s’accorder de précieux moments d’un sommeil qui vient alors réparer les manques et longues heures passées à la barre, imposées par une première semaine de course conjuguée au près. Mais ce sommeil, s’il est essentiel en ce qu’il permet de combler une lacune évidente, offre aussi une échappatoire au danger qui menace et dont on ne sait encore à quel point il sera cruel. Sur le point d’en connaître la gravité, les avis divergent légèrement selon que l’on soit au Nord ou au Sud… mais sur le fond tout le monde est d’accord; il y a urgence à gagner dans le Sud ! La raison de ce brusque mouvement de foule ? Une bulle anticyclonique dont on prévoit la formation sur la zone actuelle de navigation des marins de la Transat BPE d’ici moins de 48 heures et dont on sait que la conséquence résidera dans la rupture de l’alizé et la désertion du vent. Pour se sortir des affres de ce phénomène météorologique dénué de toute séduction, la solution sera donc de gagner dans le Sud de manière suffisamment rapide.
Gérald Véniard, actuel leader de la flotte, se fixait ce matin la limite du 25° Nord comme latitude frontière en deçà de laquelle il gardait toutes chances pour le sprint final. Pour ce faire, chacun va donc devoir garder un œil sur les évolutions du vent et déclencher au moment opportun le ou les empannages, en fonction de la position sur la scène atlantique, afin d’opérer un grain efficace dans le Sud. Sans tomber dans la stratégie du « sauve qui peut », il convient donc aujourd’hui et pour les 48 heures à venir, d’être extrêmement vigilant quant à sa route. Qui traînera en chemin verra le verdict impitoyable tomber, se fera enfermer dans la bulle et laissera ses petits camarades s’échapper pour de bon !
Du plus Nord, Adrien Hardy (Agir Recouvrement) au plus au Sud, Erwan Tabarly (Athema), aucun ne veut connaître la sanction de la pétole. Le benjamin de la course, jusqu’alors campé sur ses positions, a d’ailleurs lui-même amorcé une descente depuis hier soir. Le phénomène se généralise et le positionnement de la flotte est loin de prendre des allures d’entonnoir. La réduction des écarts en latéral n’est pas à l’ordre du jour et chacun cherche le Sud…
Ils ont dit…
Gérald Véniard (Macif) – 1er au classement de 5h
« La nuit a été moins difficile que celle d’avant, le temps était plus calme, et on a vu un peu la lune donc c’était plus joli. On a 18/20 nœuds de vent en moyenne, parfois moins, le ciel s’est globalement dégagé et on est au portant. Je suis un peu déçu de ma vitesse par rapport aux autres mais je fais avec ce que j’ai comme vent. J’ai mis un peu de Sud dans ma route, comme tout le monde. On est obligé, il faut aller en dessous de la latitude 25 le plus rapidement possible car un anticyclone va venir casser les alizés au niveau de cette latitude. Du coup, dès que les conditions le permettent, on empanne pour faire du sud. Je pense qu’avant le 16 avril, c’est à dire d’ici 48 heures, il faudra avoir fait les 300 milles qui nous séparent de la latitude 25 parce qu’il n’y aura plus de vent là où on est actuellement. Une dépression va passer avec un front, ça va casser l’anticyclone qui va se reformer exactement là où on est, donc vraiment, il ne faut pas traîner. Notre but c’est de ne pas se faire attraper par la bulle car la « cuvette est pleine de bouillon » comme on dit ! Niveau sommeil ça va nickel, j’ai une patate phénoménale».
Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) – 3ème au classement de 5h
« La nuit a été plutôt sympathique, étoilée, et on n’a pas eu de grains intempestifs cette fois-ci. J’ai pu dormir et faire de la stratégie donc c’était bien. Les conditions risquent de se dégrader dans les jours à venir. Ce ne sera pas une vraie une rupture d’alizés mais un passage de dépression assez nord qui va perturber le flux de nord-est donc il va falloir descendre vers le sud. C’est à Adrien et moi, les deux les plus au nord, de descendre au plus vite. Mais cette nuit j’ai eu les cartes américaines et pour moi le danger n’est pas si imminent que ça… J’ai déjà fait des petits empannages pour gagner dans le sud ce matin, ça me semblait intéressant d’y aller mais finalement ce n’était pas top donc suis retourné à tribord. Le vent bouge tout doucement, degré par degré, donc ce n’est pas facile de trouver le bon moment pour y aller. Mais sinon tout va bien à bord de Suzuki. La première semaine a été tellement rude que je n’ai pas récupéré en une seule nuit. Il y a quand même quelques séquelles physiques. Mais là, être sous spi c’est génial, c’est des bateaux faits pour faire du portant… Cette nav là c’est vraiment sympa, ça va vite. C’est juste stressant quand le vent mollit. La première partie de cette transat en fait c’est la partie stratégique, c’est super intéressant. Ensuite la deuxième partie c’est la nav qui est super agréable et en plus les températures se réchauffent… Mais les deux parties ont leurs bons côtés. »
Toujours à l’écoute
À bord du leader, Telefonica Blue, Simon Fisher souligne que le vent reste variable en direction et en force et même si une certaine routine s’installe à bord, ces conditions ne leur laissent pas beaucoup de temps pour se reposer. Cependant, il se dit content d’être en tête, "Du point de vue tactique, cela fonctionne bien. Le peloton derrière joue au chat et à la souris et les bateaux se battent entre eux, ce qui pour le moment nous aide et nous sommes contents avec notre position au vent de la flotte. Il suffit maintenant d’effectuer de petites modifications à notre route et de défendre notre position en attendant d’autres opportunités". En effet, les conditions et le parcours n’offrent pas beaucoup d’opportunités tactiques ce qui explique le peu de distance entre les bateaux encore ce matin. Pour Wouter Verbraak, actuellement à bord de Delta Lloyd, après avoir travaillé sur Team Russia et Green Dragon, la seconde partie de cette étape est une pure course de vitesse vers Fernando de Noronha. "Pas de grandes options tactiques en vue. Il faut se concentrer sur la vitesse du bateau. Avec un vent qui varie entre 12 et 16 nœuds et qui n’est pas stable en direction non plus, il faut toujours être à l’écoute. On sait bien qu’il ne faut pas nous reposer car les bateaux plus puissants de la dernière génération sont pendus à nos basques".
Prochaines 24h déterminantes
En ce printemps 2009, l’anticyclone des Açores a le caractère frondeur. Plutôt que d’alimenter régulièrement la pompe des alizés, il prend ses aises sur les tropiques, étend ses tentacules ectoplasmiques sur la route des solitaires… et redistribue les cartes. Au final, ce sont bien deux flottes qui s’affrontent. Sur une route plutôt nord, Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Gérald Veniard (Macif), Nicolas Troussel (Financo) tablent sur une rotation des vents vers l’est pour empanner avec un angle favorable et venir coiffer leurs adversaires de la route sud. De l’autre bord, Erwan Tabarly (Athema), François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Gildas Morvan (Cercle Vert) espèrent bien conserver une pression supérieure à leurs adversaires pour continuer à descendre sur la route. Comme à la veille d’une bataille décisive, chacun fourbit ses armes en évitant de dévoiler ses faiblesses éventuelles. Ainsi Nicolas Troussel ne concède-t-il qu’avec un peu de mauvaise grâce, que ses problèmes de girouette l’obligent à barrer plus qu’il ne le souhaiterait. De même Gildas Morvan préfère évoquer des petits soucis domestiques, comme la chute d’un bol de céréales que les grandes options tactiques à venir. Bref ! On aiguise les étraves et on se laisse gagner par les montées d’adrénaline. Car il ne faut pas s’y tromper, c’est bien cela qu’ils sont venus chercher : cette tension permanente, ces instants d’exaltation qui peuvent précéder des moments d’abattement pour peu que le résultat ne soit pas à la hauteur des attentes.
Soupapes nécessaires
A ce petit jeu, les anciens capitalisent sur leur expérience pour ne pas se laisser démonter par des vents contraires quand les petits jeunes tentent d’évacuer la pression en se raisonnant ; ils sont encore en phase d’apprentissage et peuvent encore revendiquer le droit à l’erreur. Mais tous, placides ou fougueux, cherchent la même excellence. Il suffit d’entendre les solitaires avouer à quel point les moindres détails techniques peuvent perturber leur sérénité pour comprendre que ce n’est qu’une fois la ligne d’arrivée franchie qu’ils prendront le temps de relativiser et de se dire qu’au bout du compte, c’est un privilège que de pouvoir vivre sa passion jusqu’au bout…
Il faut aussi imaginer ceux qui se sont trouvés décrochés de la bagarre du groupe de tête. Ce sont parfois des détails ténus qui font la différence. Un petit déficit de vitesse, une option mal négociée pendant quelques heures, une avarie mineure, peuvent faire basculer un destin. Et parfois, les petits décrochages s’amplifient jusqu’à creuser des écarts qui, sans être irrémédiables, obèrent fortement les chances de victoire. Dans ces cas-là, on cherche des objectifs intermédiaires sur lesquels se raccrocher : atteindre une vitesse cible pendant quelques heures, grappiller quelques milles au concurrent qui vous précède, combler un déficit de sommeil. Louis-Maurice Tannyères (Nanni Diesel) sait bien qu’à l’orée de sa deuxième entrée dans le circuit très fermé des Figaristes, il serait présomptueux de rivaliser avec les têtes de série. L’ancien chef d’entreprise qui a choisi d’aller au bout de ses rêves en s’engageant pour deux ans sur le circuit sait aussi se fixer des buts à sa portée : des trajectoires propres, des manœuvres maitrisées, une navigation cohérente. L’essentiel étant de laisser dans son sillage le sentiment d’avoir, comme on dit, fait le job…
Le mot du jour : Météo Consult
Chaque jour, les spécialistes de Météo Consult livrent leurs analyses sur la course et l’évolution de la situation météorologique sur zone. Aux analyses de Pascal Scaviner, en direct sur le site Internet de la course, s’ajoutent aussi les explications en direct de Louis Bodin et de qui, carte animée à l’appui, présente l’évolution des champs de vent et les dilemmes stratégiques auxquels risquent d’être confrontés les navigateurs. Pour mieux comprendre quelles tempêtes s’agitent sous les crânes des solitaires.
Ils ont dit :
Louis-Maurice Tannyères – Nanni Diesel – 13ème au classement de 15h
« J’espère recoller au peloton, mais ils sont loin devant ; j’ai 200 milles à rattraper, ça fait beaucoup ! Je bouquine un peu, mais c’est la météo que je lis ; donc ce n’est pas trop de la détente et j’ai pas mal de petits problèmes électroniques à régler aussi. Ça demande du temps, il y a toujours de petits imprévus, mais ce n’est pas trop compliqué, ça fait partie du plaisir. J’ai ma femme au téléphone deux fois par jour, les copains m’appellent et moi j’appelle aussi pour passer un peu le temps, mais la facture iridium commence à grimper ! En plu,s quand tu es derrière comme ça, c’est toujours difficile de se remotiver. Mon but, c’est d’essayer d’avoir Victor avant Marie-Galante ! On se reprend des milles chacun notre tour, on fait ça en décalé, car lui est un peu plus sud. »
Nicolas Troussel – Financo – 1er au classement de 15h
« Il fait beau et les conditions sont bonnes. Oui, c’est bien ma position, mais c’est assez virtuel ce classement, je suis en tête du paquet du nord en fait! Il y a encore de quoi jouer, c’est loin d’être fini. Les heures à suivre vont être déterminantes. Je ne peux pas tout vous dire sur mes stratégies! Ce que je peux vous dire c’est que ça va empanner de plus en plus, donc je pense qu’à un moment ou un autre, les deux groupes vont se retrouver. En effet, je pense que ça va être un peu compliqué pour les nordistes de revenir vers le sud. Il faut faire en fonction du vent, il faut prendre ce qu’on a et faire les empannages quand il faut. Mais c’est tout ça qui fait la beauté de cette course : savoir si ça va passer ou non, ne pas se faire coincer dans les bulles, faire ses stratégies ses choix, anticiper la façon dont ça va évoluer, le tout en prenant soin de son bateau et de soi-même. Il n’y a que mes histoires de girouette qui m’embêtent, car ça m’oblige à barrer beaucoup, ce qui me gâche un peu la vie car je n’ai pas le temps de faire autre chose ; j’aurais aimé lire un peu… »
François Gabart – Espoir Région Bretagne – 7ème au classement de 15h
« Niveau sommeil, c’est un peu le bazar; parfois je dors par tranches de 20 minutes et aujourd’hui par exemple j’ai fait 2 longues siestes d’une heure. Je ne me fixe pas de règles, je dors quand je suis fatigué en gros. Erwan (Tabarly) est parti un peu plus tôt que moi vers le sud, je les suis, lui et Gildas (Morvan), mais ça m’ énerve un peu car ils vont assez vite, surtout Erwan, c’est un peu frustrant ! Je n’ai pas envie de me faire trop distancer ! J’ai fait de nouveaux essais niveau réglages, j’espère que ça va le faire pour leur coller un peu plus aux baskets. Mais c’est difficile de se régler car on est assez éloigné les uns des autres donc si on tente un nouvel essai pendant quelques heures et que par exemple eux sont sous un grain et pas toi, c’est un peu complexe de faire des comparaisons. En fait, il faut vraiment faire confiance à ses sensations. »


















