Bruno Jourdren et Bernard Stamm, à bord de Cheminées Poujoulat, les ont suivis de peu. Ils ont terminé à leur tour à 4 heures 44 minutes et 04 secondes, heure française. Ils prennent la 3ème place du podium de cette Solidaire du Chocolat partie le 18 octobre de Saint-Nazaire. 18 minutes et 44 secondes séparent ces deux bateaux après une traversée de l’Atlantique et de la mer des Caraïbes. Les deux duos de Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm) ont livré un duel d’une intensité rare, assuré le spectacle, et tenu les terriens en haleine… jusqu’au bout de la ligne d’arrivée mouillée sous haute tension dans les eaux du golfe du Mexique. Déjà très proches l’un de l’autre dans les dernières longueurs de l’Atlantique et la porte de Saint-Barth qu’ils ont franchie à 1h 21’ d’intervalle à la faveur des Transalpins, les équipages italien et helvetico-breton ne se lâchent plus, et ne cèdent rien, depuis qu’ils progressent en mer des Caraïbes. Sous ces latitudes tropicales, ils naviguent collés-serrés à des vitesses similaires avec souvent 1 mille pour les séparer dans les lignes du classement. Les protagonistes, enragés et survoltés, ont bien joué de tous les coups tactiques possibles et imaginables pour tenter de se départager.
Un coup à toi à coup à moi au gré des bords favorables, ces tandems de skippers de haute voltige – forts de leurs palmarès long comme des jours sans vent, avec chacun à son bord un vainqueur du tour du monde en solitaire avec escales (Bernard Stamm sur Cheminées Poujoulat et Giovanni Soldini sur Telecom Italia), lui-même épaulé par un virtuose de la régate entre trois bouées – se chamaillent les 2è et 3è places dans les plus belles règles de l’art du match-racing depuis plus de 1 500 milles. Dans la fièvre de ce samedi soir au Yucatan, le suspense est resté entier, il a même redoublé d’intensité dans l’attente du dénouement de ce thriller maritime qui restera dans les annales de la course. Après 5 000 milles (9 260 km) parcourus depuis le départ de Saint-Nazaire dans des conditions extrêmes, seules 19 minutes et 44 secondes séparent ces deux bateaux qui complètent le podium…
Classement général avant Jury
1 – Initiatives-Novedia (De Lamotte-Hardy) après 26 jours 16 heures et 35 minutes et 00 seconde de course à 7,82 nœuds de moyenne
2 – Telecom Italia (Soldini-D’Ali) après 27 jours 11 heures 00 minutes et 20 secondes de course à 7,59 nœuds de moyenne
3 – Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm) après 27 jours 11 heures 54 minutes et 04 secondes de course à 7,59 nœuds de moyenne
A bord des bateaux, on tente d’effacer toute trace de la dépression passée et de l’humidité à laquelle elle s’est fatalement retrouvée associée. L’arrivée annoncée du beau temps prend des allures d’excellente nouvelle. Un anticyclone situé dans le Nord Ouest de l’archipel des Açores a-t-il entrepris de repousser hors du territoire de course tout système dépressionnaire. D’un coup de balai, la route se dégage donc pour l’ensemble des marins, ou presque. En la matière, les vacations du matin ont en effet révélé que tous n’étaient pas logés à la même enseigne. Ainsi, quand le sourire, les allures plus portantes et les vitesses à deux chiffres s’installent du Nord à l’Ouest des options, les anciens sudistes n’ont pas encore totalement mangé leur pain noir. Preuve en est, la situation encore très inconfortable dans laquelle se trouve en ce moment le duo Victorien Erussard et Loic Fecquet. Malmenés par un front, ils sont actuellement confrontés, quelques heures après le gros de la flotte, à des conditions un peu extrêmes. Les malouins, en proie au stress pour la machine, savaient toutefois que cette dépression était certainement la dernière avant le retour à des heures plus « paisibles ».
Malgré le changement de décor sur l’Atlantique, certaines constantes demeurent sur la neuvième Transat Jacques Vabre. Ainsi, les hommes de Safran occupent-ils toujours la première place chez les Imoca et, forts d’une belle sérénité alliée à une combativité de tous les instants, les deux Bretons se tissent un joli matelas. A bord du plan Verdier, l’humeur est à l’humour et au plaisir manifeste d’être en mer. Derrière également on profite. On se réjouit des nouveautés météo et d’un retour à la régate pour certains, à l’image de Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias dont le pit-stop aux Açores n’aura duré que quelques heures. Dans le Sud, à bord de Foncia, l’heure est aux métaphores footballistiques pour un Jérémie Beyou, qui sait mieux que personne que la router vers Puerto Limon est encore longue. Enfin, que dire des hommes de Crêpes Whaou ! qui vont trouver dans le scénario des prochains jours de quoi exprimer le potentiel de leur nouvelle monture sans contrariété ?
Ils ont dit…
Charles Caudrelier – Safran – 1er au classement Imoca de 5 heures « Ca glisse vite et la mer est plate : c’est très agréable. Ça ne se passe pas mal, le vent n’est plus trop fort – il souffle à environ 20 nœuds – on espère d’être sous spi en fin de journée. À mon avis l’option de nos camarades au Sud, leur permettra de se retrouver dans le même système que nous mais ils ne devraient pas réussir à nous dépasser – hors casse bien sûr. Au Nord c’est pareil… En toute logique, la bagarre devrait donc se jouer entre nous, Mike Golding et la Vache qui Rit. Mais bon : on est loin de l’arrivée, on n’a même pas fait la moitié du parcours. C’est sûr que par où on est passé, ça a été chaud : la moitié des bateaux ayant choisi la même option a eu des problèmes. D’ailleurs ça ne m’étonnerait pas si Hugo Boss, situé plus au Nord, avait des problèmes… »
Victorien Erussard – Guyader pour Urgence Climatique – 3ème au classement Muliti50 de 5 heures «Il y a des rafales à 50 nœuds. Ça n’a jamais été si chaud pour nous : on voyait tout le monde souffrir et maintenant c’est notre tour ! On est en train de prendre un front qui est costaud. On pensait prendre que 30 nœuds …Mais là il y en a plus : c’est assez stressant : il y a des creux de 5 mètres, la nuit est très noire. De plus on est sous un gros grain. On essaye de ne pas dépasser les 6 nœuds : je pense que je n’ai jamais pris autant avec ce bateau, au près. C’est la dernière dépression : après on sera tranquille ».
Roland Jourdain – Veolia Environnement 6ème au classement Imoca de 5 heures « Lors de notre pit-stop nous n’avons pas eu le temps de faire du tourisme ! Nous sommes déjà repartis et, entre temps, le vent est tombé. C’est toujours spécial de faire un arrêt : tu sais que les autres avancent toujours mais, ce qui est important, c’est de rester positif et je peux dire qu’on n’a pas laissé tomber la compétition ! La lutte pour la quatrième place est toujours ouverte ! Vu la vitesse de Safran ça va être dur de les rattraper mais… on ne sait jamais ».
Classement de 8h Monocoques 1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 2968,3 milles de l’arrivée 2 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 57,2 milles 3 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 65,2 milles
Multicoques 1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 3525 milles de l’arrivée 2 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 431,9 milles 3 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 461,9 milles
Tanguy de Lamotte : « Nous avons rencontré des conditions particulièrement difficiles. Dans le dernier virement de bord à l’issue de la 6ème dépression, nous nous sommes regardés avec Adrien : nous étions vraiment à bout de forces. Deux jours après le passage des Açores, j’ai passé une très mauvaise journée. J’ai vraiment cru, quand nous nous sommes empétolés, que nous avions fait – comme cela m’est déjà arrivé – la grosse bêtise irrémédiable de la transat et que nos espoirs de victoire nous filaient entre les doigts. » « Le bateau aussi a beaucoup enduré, on a même calculé qu’il a pris, au rythme d’un choc toutes les 30 secondes, à peu près 40 000 chocs dans les creux, les vagues. Sur la mer des Caraïbes, en revanche, nous avons eu la chance de bénéficier d’une météo plus simple, pas trop tordue, pour ne pas se laisser prendre pour conserver notre avance. « « Avant le départ, nous visions le podium et plus si affinités et si on naviguait bien. Je croyais en cette victoire. Elle s’est jouée à deux moments, avant et après le passage des Açores. Nous nous sommes alors à chaque fois positionnés plus au sud. Plutôt que nous appuyer sur les routages à 3-4 jours, nous avons privilégié une vision à plus long terme : tant sur le plan de la météo que pour nous préserver, ménager le bateau et ne pas prendre le risque d’aller au casse-pipe dans le gros des dépressions au nord. C’est comme ça que nous avons perdu 90 milles en plongeant au sud pour reprendre 100 milles le lendemain. Nous avions même marqué des mots à bord : vouloir le sud et protéger le sud…»
Interrogé sur ses moments préférés de la transat, Adrien Hardy surprend : « Paradoxalement, c’est la baston. Je suis content d’avoir vécu ces moments de mer, d’avoir vu ces conditions dantesques et de les avoir traversées. C’est bizarre, tu dois te faire violence, tu ne sais pas très bien ce que tu fais là. Heureusement que nous étions en double et à deux avec Tanguy pendant ces fortes tempêtes à répétition. Cela reste une sacrée expérience. » En effet, il ne faut pas oublié le relationnel dans une course en double, comme Tanguy l’explique : « Avec Adrien, nous nous sommes vraiment bien entendus. Nous sommes amis, mais n’avions jamais navigué ensemble. Nous avons donc préparé cette course en conséquence et Adrien s’est vraiment bien impliqué. Le fait d’être jeunes nous a peut être aidés à avoir la niaque tout le temps : nous avons pris toutes les décisions en commun et maintenant, nous allons vraiment savourer cette victoire ensemble. »
Pour Tanguy la suite sera logiquement une participation à la Route du Rhum, tandis qu’Adrien envisage une nouvelle saison en Figaro.
Soldini-D’Ali et Jourdren Stamm en duel On prend les mêmes et on recommence… A 85 milles de l’arrivée, Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm) naviguent toujours collés-serrés, avec un écart de moins de 5 milles entre eux. Le long des côtes du Yucatan, le vent d’est, nord-est a beaucoup faibli et les duettistes ont d’ores et déjà très nettement réduit l’allure comme en témoignent leur vitesse de progression de 3-4 nœuds. En approche du golfe du Mexique, on devine que le duel redouble d’intensité et qu’il faudra attendre de les voir aux abords de la ligne pour savoir lequel des deux l’emportera sur le fil, pour empocher la place de 2è, dans la fièvre de ce samedi soir à Progreso, où ils sont attendus entre 20h et 23h, heure locale, soit dans le milieu de la nuit, dimanche 15 novembre, entre 3h et 6h du matin.
Classement de 17 heures
1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy Arrivé le 13 nov à 9 h 25 (HF) 2 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 80,66 milles de l’arrivée 3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 82,41 milles de l’arrivée 4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 270,71 milles de l’arrivée 5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 365,69 milles de l’arrivée
Petit à petit la course reprend ses droits. Bien évidemment, pas question de traiter par le mépris le mauvais temps qui a bousculé la flotte mais, pansées les premières plaies, il s’agit maintenant de repasser progressivement du mode survie et dos rond, aux grandes manœuvres stratégiques et aux étraves affutées. Si pour l’heure, l’avantage est très nettement au petit groupe Safran (M Guillemot – C Caudrelier), Mike Golding Yacht Racing (M Golding – J Sanso) et Groupe Bel (K de Pavant – F Gabart), il serait étonnant que les hommes de l’est considèrent que la guerre est finie. Il existe peut-être encore une petite fenêtre météorologique qui permettrait à Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou (Foncia) de même qu’Arnaud Boissières et Vincent Riou (Akena Vérandas) de revenir dans la partie. Rupture d’alizés pour les hommes de l’ouest, petit couloir pour descendre pour les hommes du sud, la situation pourrait s’inverser aux abords de l’archipel caraïbe avec une descente qui pourrait être plus difficile pour les nordistes…
Chez les Multi50, Lalou Roucayrol (Région Aquitaine Port-Médoc), joint à la vacation de midi, était content d’avoir résisté aux conditions météorologiques déplorables de ces derniers jours et espérait tirer parti de son positionnement pour résister au retour de Guyader pour Urgence Climatique (V Erussard – L Féquet).
Allo, maman bobo Pour d’autres, la priorité est bien évidemment aux réparations et à la remise en ordre du bateau. A bord de Crêpes Whaou !, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux ont réussi à bloquer provisoirement le bloc moteur qui se désolidarisait de son châssis à l’aide de lattes de carbones et de morceaux de chaine. Mais dès que les conditions de mer le permettront, ils sont bien décidés à effectuer une réparation plus digne de leur statut. Veolia Environnement s’est, quant à lui, amarré au port d’Horta où l’équipe technique était déjà à pied d’œuvre : un arrêt express pour les deux navigateurs avant d’entamer la course poursuite. D’autres ont choisi de réparer en mer, tel Sam Davies et Sydney Gavignet (Artemis) au prix de plusieurs milles à vitesse réduite. C’est probablement ce qui explique aussi la route de 1876 qui, pendant quelques heures, ont fait cap à l’est. Hervé Cléris et Christophe Dietsch (Prince de Bretagne) ont enfin trouvé la fenêtre météo qui leur permettait de repartir.
Quelques uns n’auront pas cette chance : c’est la mort dans l’âme que Marc Thiercelin et Christopher Pratt (DCNS) ont décidé d’abandonner et de faire route sur Lorient après avoir découvert que la rotule de leur quille présentait un jeu inquiétant. C’est un coup dur pour Marc mais aussi pour Christopher qui représentait la nouvelle vague de ces jeunes skippers désireux de venir titiller les ténors de la course au large.
Ils ont dit :
Mike Golding : « N’importe qui, absolument n’importe qui, vous dirait que c’est idiot d’organiser une course en Atlantique Nord au mois de Novembre ! Et c’est encore plus idiot d’y participer ! Bien sûr, si la Transat Jacques Vabre nous avait été vendue comme un forfait vacances, nous serions en train de demander un remboursement à l’heure qu’il est ! Ne vous méprenez pas, je pense que le changement de destination est une bonne chose mais je ne peux m’empêcher de me demander si, rétrospectivement, ça n’aurait pas été mieux si, d’une certaine manière, la flotte avait obligée d’aller vers le Sud. »
Christopher Pratt, DCNS « Quand je navigue sur DCNS je fais tout naturellement la comparaison avec le Figaro Bénéteau 2. Aujourd’hui on navigue sur un bateau ultra technologique…. Le premier jour on a eu des problèmes de drisse, de voile… Certes on n’était pas dans le plus dur, comme Sébastien Josse et Jean François Cuzon, mais on a tout de même dû faire face à 50 nœuds de vent et une mer très formée : on avait vraiment peur de la casse ! »
Marc Guillemot, Safran : « On a été informés par rapport à ce qui s’est passé à BT et on se sent très concerné. Lorsque ce type d’évènement se passe on est toujours inquiet : c’est vrai dans le Sud comme dans l’Atlantique. On est content qu’ils sont sains et saufs et on espère les revoir au plus vite dans les prochaines courses. On est content de notre position : nous naviguons avec Mike Golding et Kito de Pavant… Dommage que Bilou n’est plus avec nous ! »
Erwan Le Roux, Crêpes Whaou ! : « Pour ce qui concerne notre problème avec le moteur, nous avons réussi à trouver provisoirement une solution. Il vaut tout de même mieux attendre quelques jours et que la mer soit plus calme, pour envisager une réparation plus solide… Ce qui est important, c’est que nous pouvons encore recharger les batteries. Le seul vrai problème est que nous ne pouvons pas embrayer. En outre, nous avons à bord l’équivalent de 90 W de panneaux solaires… Même si nous n’avons plus de gasoil."
Classement à 17 heures :
Multi 50 : 1 Crêpes Whaou ! (FY Escoffier – E Le Roux) à 3703,7 milles de l’arrivée 2 Région Aquitaine Port-Médoc (Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro) à 354,2 milles de l’arrivée 3 Guyader pour Urgence Climatique (V Erussard – Loïc Féquet) à 381,4 milles du premier
IMOCA 60 1 Safran (M Guillemot – C Caudrelier) à 3183,5 milles de l’arrivée 2 Mike Golding Yacht Racing (M Golding – J Sanso) à 40 milles du premier 3 Groupe Bel (K de Pavant – F Gabart) à 47,8 milles du premier 4 Hugo Boss (A Thomson – R Daniel) à 157 ,5 milles du premier 5 Veolia Environnement (R Jourdain – JL Nélias) à 200,8 milles du premier
Cette journée de samedi restera dans les mémoires comme un long (trop long) moment de pause ! 220 milles en 24 heures, cela correspond à la moitié d’une journée paisible et à trois fois moins qu’un quotidien normal… Le bilan comptable est terrible : 300 milles perdus. Avancer à moins de cinq nœuds sur un trimaran de trente mètres a en effet quelque chose de surréaliste ! Et la situation a perduré plus d’une demi-journée avant que le vent de secteur Nord ne se renforce enfin en milieu d’après-midi samedi. Certes, le redémarrage s’est effectué en douceur, et les grandes vitesses ne sont prévues que dimanche matin.
« Groupama 3 est dans une phase de transition composée d’une dorsale anticyclonique, côté Est et d’une zone de convergence au large du Brésil. Ces deux systèmes font que le vent oscille du secteur Nord, ce qui se concrétise pour le trimaran par une allure vent arrière avec des vents faibles, autour de six à sept noeuds. Les caps ne sont pas faciles à tenir et je suis en contact permanent avec Stan Honey, le navigateur de Groupama 3. Il faut choisir entre tribord ou bâbord amure pour sortir de cette nasse. On ne s’attend pas à avoir des brises soutenues avant dimanche matin : ça va être long ! Les vents les plus faibles étaient samedi matin et c’était forcément difficile à vivre pour Franck Cammas et son équipage. Avant d’être porté par un système dépressionnaire rapide, il leur faut patienter jusqu’au milieu d’après-midi pour commencer à s’en sortir… Il faudra être au bon endroit quand la dépression va arriver ! » analysait Sylvain Mondon de Météo France.
Calme plat au large de Trinidade Prisonnier des brises évanescentes qui régnaient en maître au large de Trindade, l’île solitaire, Groupama 3 a subi la « désolation au lever du soleil » : mer plate, vent de Nord, brise inférieure à cinq nœuds… Des conditions idéales pour faire une vérification générale du bateau et engranger un stock de sommeil et de douceur avant les bises glaciales des mers du Sud !
« C’est calme et on n’arrive pas à décoller : on a même empanné pour tenter de retrouver de la vitesse. Nous avons cherché des réglages un peu différents qui nous permettent de sortir le flotteur au vent. Et on en a profité pour vérifier tout le gréement avec Loïc (Le Mignon) qui est monté dans le mât et le flotteur tribord puisqu’il était sous l’eau depuis notre empannage de Madère… On est prêt à affronter le Sud car on a pu se reposer aussi. Et les températures restent agréables… pour la croisière ! » déclarait Franck Cammas.
Nouvelle accélération Mais les errements de Groupama 3 en proie aux affres d’un zéphir taquin, n’ont plus lieu d’être en ce milieu d’après-midi : la brise de Nord s’installait durablement sur le 25 parallèle Sud et allait se renforcer à l’approche d’un front chaud que Franck Cammas et son équipage vont devancer jusqu’en Afrique du Sud, voire plus ! Cette pause forcée et cette trajectoire aux allures de sinusoïdale aléatoire n’aura été qu’un mauvais moment à passer, pas tant pour les corps qui ont pu se détendre, pas tant pour les esprits qui divaguent au gré des étoiles, que pour le temps tout simplement… Le temps perdu sur le record de Orange 2, mais au final, le trimaran géant conserve approximativement une journée d’avance sur le parcours de Bruno Peyron en 2005.
A bord de leur Class 40 Initiatives-Novedia, le plus jeune équipage de la flotte, grands animateurs de la course solidement installés en tête depuis le 1er novembre n’a rien lâché et cédé face aux menaces de retour persistante de leurs plus proches poursuivants, Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm).
A leur arrivée, la baie de Progreso s’est enflammée d’un feu d’artifice venant saluer la prouesse sportive du duo. Avant de pouvoir mettre les pieds à terre, les deux marins devaient se soumettre aux formalités douanières et sanitaires. Sur le môle des pêcheurs à Progreso, un comité d’accueil les attendait pour une célébration dans la pure tradition maya.
Premiers mots de Tanguy de Lamotte à l’arrivée :« C’est bon ! Ce n’est que du bonheur ! C’est vrai que 26 jours, c’est un peu long. Nous sommes désolés d’avoir un peu traîné dans les derniers milles jusqu’à l’arrivée, mais nous sommes très impressionnés par l’accueil que nous recevons : ce feu d’artifice quand on coupe la ligne, cette cérémonie maya à la sortie du bateau, c’est génial. Cette course, très complète, s’est révélée très dure, mais de gagner au Mexique qui accueille pour la première fois une course au large, cela nous donne un peu l’impression d’être des éclaireurs. Le bateau a enduré, on a même calculé qu’il a pris à peu près 40 000 chocs dans les creux, les vagues et la succession des six dépressions essuyées. Avec Adrien, nous nous sommes vraiment bien entendus et le fait d’être jeunes nous a peut-être aidé à avoir la niaque tout le temps : nous avons pris toutes les décisions en commun et maintenant, nous allons vraiment savourer cette victoire ensemble. »
Classement de 9 heures 1 Initiatives – Novedia Tanguy De Lamotte/Adrien Hardy au large de Progreso 2 Telecom Italia Giovanni Soldini/Pietro D’Ali à 95,75 milles 3 Cheminées Poujoulat Bruno Jourdren/Bernard Stamm à 105,75 milles 4 Cargill-MTTM Damien Seguin/Armel Tripon à 339,35 milles 5 Palanad 2 Tim Wright/Nicko Brennan à 425,68 milles
Au lendemain d’un épisode violent venu balayer les duos et causer certains dégâts lourds de conséquences, la priorité est au check-up des bateaux et à un premier état des lieux. Petit à petit, chacun va reprendre un rythme apaisé et envisager la négociation de l’arc Antillais. Mais d’ici là, un premier suspense sera levé sur le fait de savoir quelle tendance stratégique aura été la plus inspirée. Ainsi saurons-nous certainement bientôt si la voie du Sud, empruntée par Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou, était finalement celle de la sagesse ou de l’allégresse. Reste qu’à 3 300 milles de l’arrivée à Puerto Limon, la tendance médiane a toujours les honneurs du classement, les hommes de Safran conservant leur leadership devant Mike Golding et Javier Sanso, et Kito de Pavant et François Gabart.
Pas de changement chez les Multi50 dont le chef de file reste le Crêpes Whaou ! de Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux. Au Nord, Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro occupent toujours la deuxième place devant les comparses de Guyader pour Urgence Climatique. En échappant au gros de la tempête à la faveur de son option sudiste, le contingent malouin peut aujourd’hui se réjouir d’être sorti des griffes de la bête sans encombre. Mais la logique devrait l’emporter dans les jours à venir et le sprint vers les Antilles tourner en la faveur du dernier né de la série. Enfin, toujours en escale technique à Vigo, les hommes de Prince de Bretagne devraient faire part de leur décision de repartir ou pas aujourd’hui.
Ils ont dit : Charles Caudrelier Bénac – Safran : « Ca tape toujours mais c’est tellement moins qu’avant que c’est presque confortable… On est vraiment soulagé maintenant. Mais bon, on est tellement fatigué qu’on continue à de se prendre de bonnes gamelles ! C’était très stressant cette phase sur le bateau. Sincèrement j’avais rarement vu une mer aussi démontée. Si c’était à refaire je ne repasserai pas par là. C’est un peu le Bronx à l’intérieur du bateau, on pourrait faire mieux ! Il faut aussi qu’on fasse un check complet du bateau : vérifier qu’on n’a pas d’avarie, faire quelques réparations aussi. Tout ce qui arrive aux autres, ça nous fait réaliser que le bateau a certainement souffert. On serait sur un Vendée Globe on ne pourrait pas le terminer. Pour la suite, la situation n’a pas l’air trop compliquée jusqu’à l’Arc Antillais. Je pense qu’on a une bonne position par rapport au reste de la flotte. Pour ce qu’il en est après les Antilles, on n’a pas trop regardé encore. »
François Gabart (Groupe Bel) : « A bord ça sèche doucement, il va falloir encore attendre un peu. Le jardin par contre est toujours arrosé ! Mais c’est plus confortable quand même, le vent a molli cette nuit. Mais on a eu des rafales assez fortes il y a encore pas très longtemps. On renvoie la toile doucement parce qu’il y a quand même eu un peu plus de 30 nœuds. Mais on commence à revoir les oreilles de la vache, on voit même son sourire, ça nous rassure ! On n’a pas de gros soucis, une petite déchirure dans la grand voile mais rien de bien grave. Le bateau va plutôt bien et nous aussi ».
Michel Desjoyaux – Foncia : « Décidément, les nuits se suivent et ne se ressemblent pas ! Après les nuits presque paisibles avec un bon vent bien établi d’il y a 48 heures et plus, la nuit précédente où le vent tournait entre 30 et 48 nœuds, nous voilà divisés par 10 ! Quand il y a 4,8 nœuds de vent, on retrouve presque le sourire, et je plaisante à peine. Bon, certes, ce n’est qu’une période transitoire, entre deux jobs d’hiver, ça permet de dormir profondément, de repousser la véranda, de se détendre un peu. Un peu de calme, des fois, ça fait du bien ! »
Classement de 5 heures Monocoques 1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 3302,7 milles de l’arrivée 2 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 41,2 milles 3 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 46,6 milles
Multicoques 1 CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux à 3823,1 milles de l’arrivée 2 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 290,1 milles 3 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 350 milles
"J’ai eu peur de passer la nuit sur un bateau qui pouvait couler à tout moment, surtout", annonce Jeff Cuzon d’une voix calme lorsqu’enfin nous parvenons, malgré une ligne plus que médiocre, à joindre l’équipage du monocoque BT. "Il y avait une mer forte, mais ça allait bien, on menait le bateau avec prudence. J’étais à l’intérieur et Jojo sous la casquette, une très grosse vague a percuté le roof et l’a littéralement fait exploser. Je me suis retrouvé sous des tonnes d’eau, le carbone s’est effrité et ensuite tout s’est passé très vite. On a rassemblé le matériel de survie, déclenché les balises et prévenu la direction de course tout de suite pour demander une assistance." Sébastien Josse dira par la suite : "Ma plus grosse inquiétude était de prendre une seconde vague et de couler en quelques minutes (…) on a donc basculé la quille pour faire gîter et protéger la partie endommagée, puis on a attendu environ 5 heures."
Jean-François Cuzon : "On a envisagé plusieurs solutions, et un navire scientifique est venu à notre rencontre. Quand il est arrivé sur zone, on s’est vite aperçus que l’on ne pourrait rien faire, il restait 8 mètres de creux et il sautait dans les vagues, son étrave sortait complètement (ndlr – il s’agit pourtant d’un bateau d’environ 50 mètres de long). Ensuite l’hélicoptère de la Marine Portugaise est arrivé, il a survolé la zone pour estimer la dérive de BT et a envoyé un plongeur à notre vent. Il a fallu que l’on saute à l’eau, j’y suis allé le premier et en 18 minutes tout était fini, nous étions tous les deux à bord". L’opération a été menée avec un professionalsime et un talent impressionnants, sachant que l’appareil ne pouvait, pour des raisons d’autonomie, que consacrer 20 minutes à ce sauvetage ! "On s’est regardés avec l’impression de l’avoir échappée belle, ça se joue à rien."
Sébastien Josse : "Les gens que nous avons rencontrés à cette occasion sont des gars en or, de grands pros qui ont seulement la fierté du travail bien fait. Ils adorent le sauvetage, étaient fiers de cette mission, c’est beau à voir … des types impressionnants, des gens qui servent à quelque chose. L’accueil a été fantastique (…) L’accident en lui-même, c’est un peu l’histoire qui se répète, je commence à m’habituer. "
Jean-François Cuzon : "C’est un grand soulagement d’avoir été recueillis, mais surtout le sentiment est celui d’une grande déception. Sur cette course on avait tous les atouts pour faire quelque chose de bien et tout tombe en un quart de seconde. C’est vraiment dur à gérer…"
Rappel des faits
A 18:00 GMT, Sébastien Josse et Jean-François Cuzon étaient enfin saufs, à bord de l’hélicoptère Puma venu à leur secours.
A bord d’un monocoque rempli d’eau aux deux tiers suite la rupture du roof, les deux co-skippers avaient déclenché leur balise de détresse ce matin peu avant 11:00 GMT, demandant assistance. L’opération de sauvetage avait été immédiatement mise en route par le MRCC (Maritime Rescue Coordination Center) en conjonction avec l’équipe technique BT et la Direction de course.
Un remorqueur est désormais en stand-by aux Açores et tous les efforts vont être faits pour récupérer le monocoque BT. L’équipe technique a quitté le Royaume-Uni vers midi pour se rendre sur place, et sera dans l’archipel dès ce soir pour préparer l’opération.
Dès lors, les opérations sont déclenchées : le CROSS Gris-Nez met en relation la direction de course avec le MRCC de Ponta Degalda aux Açores. Les premiers contacts entre Jean Maurel et BT sont placés sous le signe de l’efficacité. Entre l’équipage et la direction de course, les procédures sont clairement mises en place : pour les deux navigateurs, il s’agit avant tout d’organiser leur sauvetage. Enfiler les combinaisons de survie, combattre l’hypothermie, se reposer, s’alimenter deviennent les priorités. Nul ne sait si BT, blessé, pourra résister encore à une nouvelle déferlante. Pendant ce temps, Jean Maurel alerte Veolia Environnement et Safran de manière à ce qu’ils se tiennent prêts si besoin. Bien évidemment, les deux équipages répondent présent, mais rapidement l’évidence apparaît : les moyens mis en œuvre depuis les Açores seront plus efficaces que l’intervention d’un autre voilier dans une mer démontée.
Des procédures maîtrisées Tout l’intérêt des procédures de sécurité prend alors son sens. De l’aveu même de Sébastien Josse, les topos sécurité rabâchés à chaque départ de course, permettent d’avoir les bons réflexes. Les automatismes fonctionnent. Vers 18h, les navigateurs rentrent en contact avec l’Ocean Explorer, un navire océanographique. Mais les conditions de mer particulièrement difficiles, avec des creux d’environ huit mètres rendent l’opération délicate. Rapidement, les navigateurs sont informés qu’un hélicoptère Puma de la marine portugaise sera sur zone. Dès lors, il s’agit de se remémorer les signes à faire à l’hélicoptère, et surtout de ne pas oublier que les sauveteurs sont les maîtres de l’opération. Le Puma arrive sur zone, une heure avant la tombée de la nuit. Le pilote de l’hélicoptère intime alors l’ordre aux deux marins de se jeter à l’eau l’un après l’autre tandis qu’un plongeur les récupère pour les hélitreuiller. Quelques minutes plus tard, ils sont à bord en route pour Terceira.
Arrivés à Terceira, ils sont pris en charge par les autorités locales. Ils sont sains et saufs, bien évidemment choqués de leur aventure et tristes d’avoir dû abandonner leur bateau. La déception est immense, mais le soulagement de les savoir sauvés les encore plus.
C’est une loi récurrente : c’est toujours à la fin du coup de vent que la mer se montre le plus chienne. Même quand Eole perd de sa vigueur, les vagues continuent leur travail de sape et c’est bien souvent à cet instant qu’elles expriment toute leur puissance. Jean-François Cuzon, joint à la vacation de ce matin, évoquait alors des vents soutenus de plus de 50 nœuds et ne faisait pas mystère d’une certaine appréhension. Avec raison, puisque quelques heures plus tard, une déferlante s’abattait sur le bateau et arrachait le roof de BT. Au plus vite, les deux navigateurs informaient le PC Course et déclenchaient leur balise de détresse. Immédiatement, contact était pris avec le MRCC portugais basé aux Açores de manière à organiser le sauvetage des deux navigateurs. Dans le même temps, Jean Maurel directeur de course, mettait en alerte Safran (Marc Guillemot – Charles Caudrelier) et Veolia Environnement de manière à envisager, si besoin, de dérouter un des deux bateaux sur zone.
Contact visuel En fin d’après-midi, l’Ocean Explorer, un bateau océanographique est entré en contact visuel et VHF avec l’équipage de BT. L’équipage du navire et les deux navigateurs vont pouvoir envisager les moyens de sauvetage les plus adaptés….
Déraillements successifs Comparées à la situation de l’équipage de BT, les avaries qui affectent Veolia Environnement comme Artemis peuvent sembler dérisoires. Elles témoignent néanmoins de la violence des conditions rencontrées par la flotte. Rail de grand-voile arraché lors d’une prise de ris, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias ont d’ores et déjà prévu de s’arrêter à Horta, sur l’île de Faial, pour réparer. C’est déjà le troisième bateau affecté par ce type d’incident depuis le départ après Brit Air et Prince de Bretagne.
Sam Davies et Sydney Gavignet envisagent eux aussi une escale technique pour réparer leur grand-voile endommagée ainsi que leur Iridium défaillant. Madère, Les Açores ou pas d’escale du tout, le duo franco-britannique n’a pas encore annoncé officiellement sa décision à la direction de course. D’autres concurrents ont choisi de réparer en mer, tel Brian Thompson, qui s’est offert une visite en tête de mât d’Aviva pour installer une nouvelle girouette, la précédente ayant été arrachée dans le mauvais temps. Un bel exploit pour Brian et Dee Caffari quand on imagine l’état de la mer sur zone.
Grand écart Sur le plan sportif, cette Transat Jacques Vabre reste plus ouverte que jamais avec un écart latéral de plus de 750 milles entre les deux bateaux les plus extrêmes de la flotte Hugo Boss (Alex Thomson – Ross Daniel) au nord et Foncia (Michel Desjoyeaux – Jérémie Beyou). Joint à la vacation de ce midi, le double vainqueur du Vendée Globe semblait serein et surtout content de n’avoir subi « que » des vents de 40 nœuds. Position favorable stratégiquement au nord, équipage reposé et bateau en bon état au sud, le jeu est peut-être plus ouvert qu’on ne pouvait encore le supposer hier au soir.
Chaude alerte pour Crêpes Whaou ! Franck-Yves Escoffier alerté par un bruit suspect constatait que le bloc moteur était en train de se désolidariser de son support. Le navigateur malouin, se voyait confier un nouveau travail gratifiant consistant à fixer le bloc avec des éléments de la chaine du trimaran, le tout, bien évidemment alors que le bateau s’obstine dans une partie de saute-moutons sans fin. Avant les glissades paradisiaques à destination des Antilles, le purgatoire risque d’être encore long.
Ils ont dit : Franck-Yves Escoffier, Crêpes Whaou ! : « Ça bouge énormément. Hier je disais que ce n’était pas l’enfer, mais aujourd’hui ce n’est pas loin de l’être ! On est parti dans le sud parce qu’on est sur un bateau neuf et en plus c’est un trimaran. On a toujours une mer hyper croisée donc on ne peut pas aller vite. En plus j’ai un problème avec mon moteur et ça sur un voilier c’est vraiment agaçant! Je suis donc entrain d’essayer de réparer pour qu’il ne se fasse pas la valise et à l’heure où je vous parle j’ai les mains en sang… C’est un peu la folie ici.»
Roland Jourdain – Veolia Environnement : « On a arraché le chariot de têtière du rail de grand voile dans une prise de ris. Le vent est entré à 40/45 nœuds, on a pris un premier ris, puis un 2ème et ça s’est décapsulé. On s’en est rendu compte une fois le ris pris, du coup on a tout de suite affalé la grand voile. On ne peut pas naviguer avec plus de 2 ris dans ces conditions donc pour le moment ce n’est pas un problème, mais si on veut s’amuser jusqu’au bout il faut réparer maintenant. Du coup on va faire un arrêt aux Açores. Si tout va bien ça devrait aller assez vite. »
Kito De Pavant – Groupe Bel : « On s’est fait une frayeur parce qu’un tuyau s’est décroché au niveau des ballasts, le bateau s’est rempli d’eau. On a du pomper. On navigue à 90 degrés du vent, donc c’est difficile de ne pas aller vite… mais comme ne nous sommes pas très toilés on marche entre 12 et 16 nœuds. C’est pas génial, génial, mais on a passé le plus dur ce matin. On n’a pas beaucoup mangé et dormi depuis le départ. C’est incroyable parce qu’hier c’était le grand beau temps, on avait 10 nœuds de vent et en moins d’un quart d’heure c’est passé à 40 nœuds. Ça a été une bonne galère pour virer de bord. Mais bon… demain ça devrait aller mieux.»
Classement de 17h Monocoques 1 SAFRAN Marc Guillemot – Charles Caudrelier Benac à 3430,8 milles de l’arrivée 2 MIKE GOLDING YACHT RACING Mike Golding – Javier Sanso à 33,9 miles 3 GROUPE BEL Kito De Pavant – François Gabart à 42 milles
Multicoques 1 REGION AQUITAINE-PORT MEDOC Lalou Roucayrol – Amaiur Alfaro à 4146,8 milles de l’arrivée 2 GUYADER POUR URGENCE CLIMATIQUE Victorien Erussard – Loic Fecquet à 103,2 milles 3 PRINCE DE BRETAGNE Hervé Cleris – Christophe Dietsch à 404,2 milles Non-localisé CRÊPES WHAOU ! Franck Yves Escoffier – Erwan Leroux