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Francis Joyon au large du Brésil

idec
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« Le pot au noir n’a pas été trop actif, et la transition entre le vent de nord-est et le vent de sud-est s’est faite assez rapidement. Le problème, est qu’il y avait plus de sud qu’espéré dans ce nouveau vent, donc j’ai passé des heures et des heures au près, dans une houle désordonnée, avec le bateau qui tapait beaucoup. La situation commence tout juste à s’améliorer, la mer a être un peu moins chaotique, mieux rangée. Je navigue maintenant à 60 degrés du vent, cap au sud. Pas pu beaucoup récupérer dans ces conditions, mais le bateau et le marin vont bien ».

Contourner Sainte-Hélène
Fidèle à lui-même, Francis Joyon a la voix calme ce lundi matin et file encore à 20 noeuds et plus, seul en mer à 400 milles au large du Brésil. « J’ai juste vu un bateau de pêche brésilien », raconte-t-il avant d’expliquer sa trajectoire, beaucoup plus proche désormais de l’Amérique du Sud que de l’Afrique : « l’anticyclone de Sainte-Hélène est très sud, donc il n’y a pas la possibilité de prendre un raccourci vers Bonne Espérance. Il faut faire le grand tour classique » annonce le marin morbihannais.

Ce « grand tour » consiste pour le moment à descendre plein sud, « probablement pendant trois jours voire quatre », pour aller chercher une nouvelle bascule du vent, à l’ouest cette fois. Ce qui permettra de faire de nouveau route vers la pointe la plus sud de l’Afrique. Pour l’heure IDEC devrait ainsi naviguer vers le sud et ce au moins jusqu’à l’archipel Tristan da Cunha, au beau milieu de l’Atlantique Sud. « Ce qui veut dire aussi qu’on ne sera plus très loin des quarantièmes rugissants » note Francis Joyon…

Il est trop tôt encore pour dire si cela imposera de descendre vraiment vers des latitudes très sud (« ce ne sera pas forcément le cas » estime le pilote d’IDEC) pour contourner le cap de Bonne Espérance, mais ce qui est clair c’est qu’il n’y aura pas la possibilité de « couper le fromage », comme c’est parfois (rarement) le cas lors des tentatives autour du monde. IDEC se retrouve donc dans une situation classique, avec ce fameux anticyclone de Sainte-Hélène qui dicte la route. Il en faudra plus pourtant pour entamer le moral d’un Francis Joyon toujours heureux en mer… et dans le timing qu’il s’est imposé. « Je suis toujours dans les temps pour gagner l’île Maurice en moins de 25 jours » confirme le skipper d’IDEC.

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Encore une nouvelle dépression

Initiatives Novedia
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Il en faut plus pour déstabiliser des marins aguerris à la piaule, mais tout de même ! Huit jours que ça dure et l’horizon est toujours aussi maussade pour au moins quatre nouvelles journées… Du moins pour les douze Class’40 qui ont choisi la route la plus courte, celle qui passe par l’archipel des Açores : déjà une quatrième dépression pointe ses nuages, et celle-ci est plutôt du genre costaud ! Du lourd, du violent, du mauvais, surtout pour ceux qui voudraient perdurer sur la route directe… Mais logiquement, tous les « Açoriens » vont commencer à mettre du Sud-Ouest dans leur cap, histoire d’allonger la foulée et de se recaler sur la latitude de Madère où les conditions météorologiques seront normalement moins rudes. Il n’empêche : vivre plus d’une semaine comme un dahut, penché, secoué, shaké, ballotté, valdingué, ça use les organismes et ça tape sur le moral. Sans compter le risque de casser du matériel, ce qui semble avoir touché presque tous les Nordistes, même si parfois, ce n’est qu’une petite bricole à réparer. Mais comment réparer quand il y a quatre mètres de creux, deux ris dans la grand voile, trinquette à poste et vent à décorner les bœufs ?

La voie intermédiaire
Ça swingue donc sérieux dans l’archipel açorien mais la bonne nouvelle du jour, c’est que la perturbation est passée et son cortège de fronts pluvieux et venteux a laissé place à un ciel de traîne, avec ses grains et ses cumulonimbus peu appétissants, certes, mais sous un flux de Nord-Ouest qui permet de débrider un peu les voiles. Et puis cela fait du bien de changer de côté, quitte à pencher ! Pour l’instant, les deux plus extrêmes sont les duos Bouchard-Krauss (Mistral Loisirs-Pole Santé Elior) et les Italiens Soldini-d’Ali (Telecom Italia) : ils devraient passer à raser par le Nord, l’île d’Horta cette nuit. Ils auront donc encore une mer très formée et pas évidente à négocier car après la houle de Sud-Ouest, ce sont des vagues de Nord-Ouest qui créent un sacré chaos… Le gros de la troupe du Nord suit la trajectoire des leaders incontestés depuis 48 heures, le tandem de Lamotte-Hardy (Initiatives-Novedia) qui a décroché le premier en piquant, dès l’île de Santa Maria, au Sud, puis au Sud-Ouest avec la bascule.

Et de fait, à 300 milles plus au Sud que les « radicaux du Nord », les deux compères bénéficient d’une mer moins grosse et ont pu réaliser « la cuillère », c’est-à-dire obliquer progressivement cap vers Saint-Barthélemy quand le vent a tourné au Nord-Ouest. Moins de vent, moins de mer, meilleur angle : le duo était en plus le plus rapide de la flotte en compagnie de ses suiveurs, Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM). Mais cette voie intermédiaire a sa part de risque car derrière cette perturbation qui s’étiole, vient une autre dépression qui va tout simplement s’étendre de Terre-Neuve à l’Islande ! En passant évidemment par les Açores et le Groenland… Et c’est donc dès demain mardi que le vent va de nouveau basculer au Sud-Ouest, histoire de remettre une couche et d’imposer une route vers les Etats-Unis, donc encore dans une mer dure et chaotique. Car descendre encore serait presque suicidaire : il n’y a pas de vent dans le Sud, ou alors au Cap Vert ! Tout ce groupe va donc logiquement manger du pain noir, probablement jusqu’à vendredi où alors se déroulera un boulevard pour glisser vers le beau temps, dans une brise établie et portante, avec les poissons volants.

Et pendant ce temps là…
Et au Sud ? C’est un tout autre décor ! Du soleil, une mer paisible, mais un vent qui a bien du mal à s’établir. Poussif, souffreteux, asthmatique, évanescent, perturbé, inconstant… Car non seulement les alizés canariens ne sont pas franchement au rendez-vous, mais en plus, les îles volcaniques avec des reliefs qui culminent jusqu’à plus de 2 500 mètres, n’arrangent pas les choses. La priorité pour David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) qui donnent le tempo, est de s’extraire de cet archipel pour longer ensuite les côtes mauritaniennes… jusqu’au Cap Vert ! Ce n’est pas évident, mais incontournable. Il faudra donc s’attendre à des écarts qui vont dépasser par rapport aux leaders, les 800 milles avant la fin de la semaine avec un différentiel en latitude qui devrait dépasser les 1 000 milles ! Quand aux deux Class’40 qui ont dû faire escale, les duos Ecarlat-Régnier (Vale Inco-Nouvelle Calédonie) et Carpentier-Maldonado (Crédit Maritime) repartis la nuit dernière de Cascaïs, ils peuvent faire route à l’Ouest dans un vent modéré. Même s’ils ont plus de 700 milles de retard, ils peuvent espérer passer sans moins d’encombre les dépressions qui balayent les Nordistes.

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La fête se prolonge à Bahia

Charlie Dalin à Bahia
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Pierre Rolland a ouvert le bal sur son D2 Marée haute en coupant la ligne à 23h58’50’’ (heure française). Quarante cinq secondes plus tard, c’était au tour de Juan Carlos Sanchis (Somni Gaes) d’en terminer avec cette transat. Enfin Sébastien Stéphant (Déphémérides pour une mer propre) bouclait sa course 6’25’’ après Rolland. L’architecte naval sur son nouveau mini le D2 venait d’effectuer le trajet Funchal – Bahia en 21 jours 8h56’50’’ à la moyenne de 6,10 nœuds et celui de Charente-Maritime à Bahia en 29 jours 20h11’44’’ et 5,98 nœuds de moyenne générale pour une 12e place au classement des séries en avouant avoir fait "de mauvais choix tactiques".

L’Espagnol quant à lui a effectué la traversée de Madère au Brésil en 21 jours 8h 57’35’’ à 6,10 nœuds et en 28 jours 16h2’42’’ à 6,22 nœuds de Charente-Maritime à Bahia et une 15e place en proto. Stéphant, lui, se classe 18e toujours en proto après avoir effectué le parcours Madère – Bahia en 21 jours 9h 4’15’’ et celui de La Rochelle au Brésil en 28 jours 15h00’14’’ à 6,23 nœuds.

Cinquante minutes plus tard, ce fut au tour d’un autre Espagnol, Toni Weijl (Gaes 684) de tirer un trait définitif sur une transat où il aura souffert mille morts en raison d’ennuis à répétition. Ce qui explique son classement (20e proto) et ses temps : 21 jours 9h 53’30’’ entre Funchal et Bahia et 29 jours 8h 57’50’’ de la France au Brésil, à une moyenne de 6,07 : « Ce fut long et je suis content d’en terminer. »

L’italien Luca Del Zozzo est arrivé peu après 6 heures (heure française) ce qui a prolongé la longue nuit des Ministes à Bahia en relançant les velléités festives des concurrents déjà amarrés aux pontons du Club Nautique. En quelques instants, et comme par enchantement, Luca Del Zozzo se trouvait entouré d’une meute hilare qui lui laissait à peine le temps de savourer la caïpirinha d’une douzième place bien méritée avant de lui faire goûter les chaudes eaux du bassin.

Il a été suivi par le Britannique Oliver Bond et Yves Ravot, qui s’étaient engagés dans un duel jusqu’à l’arrivée. Bond profitait à fond d’une arrivée magique, dans la chaleur et sous les lumières de Bahia : "J’ai fait quelques petites erreurs mais je suis globalement satisfait de ma course. Le final au contact le long des côtes Brésilennes était génial, et je me suis bien sorti de cette petite régate dans la course…" Yves Ravot était lui tout à son émerveillement et au plaisir ininterrompu de ses 22 jours de solitude : "Je suis fait pour cela!" s’exclamait-il hilare.

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Une flotte scindée en deux

Tanguy De Lamotte & Adrien Hardy (Initiatives-Novedia)
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« L’option sud, suivie par cinq bateaux rallonge la route d’au moins 700 milles (1 296 km). Mais lors de deux dernières transats, elle a largement fait ses preuves sur un parcours identique. Depuis 24 heures, le long des côtes africaines, cela glisse bien sous spi, à 10-12 nœuds », précise Bernard Duval, directeur de course.
Dans le camp de ces quelques dissidents, le bonheur est dans le portant malgré les milles perdus face aux durs à cuire de l’option ouest, qui progressent certes au près, mais surtout au plus près de la route directe. Adriatech, premier de cordée sur la voie du sud, affiche déjà 550 milles de retard sur les premiers… Le pari est risqué, mais force est de constater que ce club des cinq bateaux – exception faite de Crédit Maritime, skippé par Patrice Carpentier et Victor Maldonado, en escale depuis samedi 18h30 à Cascais (Portugal), pour réparer le pilote et la girouette – jouent sur du long terme. Devant leurs étraves, ils ont encore l’équivalent d’un océan pour se refaire une santé au soleil et au tempo des alizés : il leur reste la mer à voir !

A l’ouest du nouveau !
Dans les rangs à l’ouest, la course redouble d’intensité à mesure que les douze Class 40 rapprochent leur étrave de l’archipel des Açores et de l’île de Flores, située au nord-ouest et à laisser à tribord. Le week-end reste marqué par les rebondissements qui animent les premières lignes du classement. En dépit des conditions exécrables qu’ils affrontent, les duos, qui font preuve d’un formidable sens marin, n’ont en rien jeté la stratégie par dessus bord. Bien que malmenés et éprouvés par la succession de fronts qu’ils essuient, tous les coups tactiques sont plus que jamais permis aux abords des dernières terres avant les Antilles. Pointés dans le sud de l’île de Sao Miguel, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy tirent leur sillage de ce jeu à haut risque. A bord d’Initiatives-Novedia, ils ont en effet pris, depuis plus de 24 heures déjà, les commandes de la flotte aux dépens du tandem Jourdren-Stamm, positionné plus au nord à l’instar du duo Soldini-D’Ali. Mieux – suivis d’ailleurs par les compères de Cargill-MTTM, Damien Seguin et Armel Tripon, pointés à la 3è place – ils creusent les écarts. Ils affichent désormais près de 60 milles d’avance sur Cheminées Poujoulat, 4ème et 80 milles sur Telecom Italia, 5ème. Ces deux redoutables équipages, qui ne sont pas nés de la dernière dépression, vont-ils profiter de l’heure où tous les Class 40 sont gris, dans les vents forts du nouveau coup de tabac annoncé cette nuit, pour effacer leur débours ? Suspense…

Entre réparation et récupération
Dans ces quartiers ouest, progresse un autre petit groupe composé de bateaux qui s’accrochent et livrent entre eux aussi une bataille de tous les instants. Entre 100 et 250 milles des leaders, Sail 4 Cancer (Wright-Brennan),40 Degrees (Harding-Merron), Desafio Cabo de Hornos (Cubillos-Bravo Silva), Groupe Picoty (Fournier-Criquioche) et Plan, les enfants changeront le monde (Lazat-Nouel) déplorent quelques soucis techniques (voiles déchirées, sautes d’humeur du pilote, moteur récalcitrant…), mais n’en font pas moins le gros dos pour poursuivre coûte que coûte sur cette route semée de fronts, de pièges et d’embûches. Entre réparations et récupération, ils tiennent bon la barre d’un début de traversée pour le moins mouvementé.

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Joyon dans l’Hémisphère Sud

idec
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Joyon et son fidèle maxi trimaran IDEC sont donc parfaitement dans les temps prévu au départ pour ce nouveau record entre la France et l’ile Maurice, dans le sillage des grands découvreurs de la route des Indes. Grâce à des journées à 450 et 500 milles bien placées entre les zones de transition météo qu’il a du affronter depuis le départ, le marin morbihannais peut ainsi envisager sereinement l’avenir. Les premières difficultés sont surmontées. La prochaine – de taille – est la négociation de l’anticyclone de Sainte-Hélène. On le sait, de la position de cet anticyclone dépend la route possible pour gagner le cap de Bonne-Espérance, avant de pouvoir remonter dans l’océan Indien, vers l’île Maurice.

IDEC pourra-t-il « couper le fromage » ou bien au contraire être obligé de faire un cap très à l’ouest avant de pouvoir contourner cette célèbre zone de hautes pressions ? C’est toute la question à laquelle tentent en ce moment même de répondre Francis Joyon et son routeur à terre, Jean-Yves Bernot.

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Francisco Lobato remporte la Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50

Victoire de Francisco Lobato
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Dalin a bouclé hier les 3100 milles nautiques qui séparent Funchal dans l’archipel de Madère, de Salvador de Bahia, en 20 jours, 6 heures, 36 minutes à la vitesse moyenne de 6,43 noeuds. Son temps cumulé depuis la Charente-Maritime est de 27 jours, 7 heures, 28 minutes et 10 secondes, soit une vitesse moyenne de 6,53 noeuds.

Le Havrais, avait-il des regrets? "Vaguement en regard de la première étape et de la pétole qui m’a coûté cher. Mais le manque de vent fait partie de ce sport et il faut savoir l’accepter." Lucide, clair dans sa tête, Charlie peine pourtant à faire le tri à chaud de toutes les images qui se bousculent dans sa tête ; "Il y a eu du plaisir, beaucoup, des doutes, un peu. Ce n’est que ma 4ème course en solo. Jonathan McKee, l’américain qui avait failli gagner ici même m’avait donné un conseil que je me suis attaché à suivre : garder un moral stable! point trop d’euphorie, de façon à ne pas tomber de trop haut quand les choses se passent moins bien." Dalin, accueilli à Bahia par son père Antoine, regarde déjà résolument vers l’avenir : "Je tourne la page de la Mini, une classe dans laquelle je courre depuis 2003. J’ai envie d’autres bateaux, plus gros certainement..."

Impressionnant de vitesse et de constance entre la Charente-Maritime et Madère, Francisco Lobato a réalisé une traversée de l’Atlantique vers le Brésil plus "conservatrice". "L’important était d’arriver ici, quelle que soit l’avance au général, une minute ou 20 heures suffisent à mon bonheur. J’ai beaucoup pensé à Sam Manuard qui avait démâté juste avant l’arrivée." Pas de prise de risque dans cette étape aux milles pièges. " J’ai quitté Funchal fatigué et pas du tout dans ma course, suite à une semaine médiatique de folie," témoigne t-il. "Le passage aux Canaries, avec la rotation du vent à l’ouest a failli me coûter cher, car j’ai subi les dévents des hauts sommets. J’ai choisi d’être plus conservateur dans la traversée du pot au noir. J’y étais resté 3 jours il y a deux ans. J’ai perdu sur Charlie mais je n’ai pas paniqué. Je me suis concentré sur ma route, en me désintéressant des classements. Aujourd’hui, mon équipe et moi-même touchons la récompense de quatre années de travail. Je sais que mon partenaire est satisfait et j’ai dès à présent hâte d’attaquer la prochaine saison en Figaro."

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Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy prennent les devants

Initiatives Novedia
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Au relevé de 10 heures, les jeunes complices d’Initiatives-Novedia, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy, qui filent toujours à 8-9 noeuds, ont pris les devants. Mais ce samedi, on déplore surtout l’abandon des Espagnols de Tales-Villa Esperanza (Botin-De La Plaza) qui ont rallié Lisbonne…

Un pilote défectueux et la blessure aux côtes de Gonzalo Botin dans le plus fort du deuxième coup de vent ont contraint un septième équipage à jeter l’éponge. 17 bateaux sont encore en course et composent la flotte de la Solidaire du Chocolat, qui s’est par ailleurs très clairement divisée en deux sur les vastes espaces océaniques. D’un côté les conquérants de l’ouest qui essuient front sur front et mènent dans des conditions difficiles et rugueuses, au près et au gré des dépressions, une course d’une très belle intensité. De l’autre, les partisans de la Longue Route au sud qui sont partis à la chasse aux alizés.

En tête et à l’ouest, en approche des Açores, la bataille bat son plein entre deux dépressions. Initiatives-Novedia, Cargill-MTTM (Seguin-Tripon), et Tieto Passion (Romppanen-Öhman) tirent en effet profit d’un décalage au sud d’une centaine de milles. Dans des vents de sud-ouest de 20 nœuds, ils continuent de tailler la route et d’avaler les milles. les leaders d’hier, Cheminées Poujoulat, Mistral Loisirs-Pôle santé Elior ou encore Telecom Italia (Soldini-D’Ali), en pleine zone de transition, ont franchement freiné l’allure et progressent à 3-4 nœuds. Résultats les écarts se resserrent : Initiatives-Novedia pointe désormais en tête, quant à Cargill-MTTM, il a déjà gagné une place aux dépens de Telecom Italia…

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Bertrand Delesne et Henry Paul Schipman complètent le podium en prototypes

Bertrand Delesne
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Deuxième de l’étape à Bahia avec 27 secondes d’avance sur Henry Paul Schipman (Maison de l’Avenir Urbatys), deuxième du classement général, premier de la première étape à Funchal, Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) peut être satisfait de sa course : « Avec, bien sûr, un petit regret pour le général, mais ce sont les aléas de la course ».  Il confiait à l’arrivée : « En sortant du Pot, je savais que c’était fini. J’avais pensé « si tu as 40 milles de retard tout reste possible ». J’en avais 80. J’ai pourtant beaucoup barré, pour rattraper cette erreur. Je m’en suis voulu. Sur la fin j’ai été vraiment surpris de voir HP scotché. Je ne pensais pas le trouver là. Depuis quatre jours, je suis sous spi. A la barre. Mais j’avais 40 milles de retard sur Schipman, il y a deux jours ».

Paul Henri Schipman (Maison de l’avenir Urbatys) a quant à lui coupé la ligne d’arrivée de la seconde étape de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 à 17h48. Il est battu sur la ligne par Bertrand Delesne pour 27 secondes ! Il a parcouru Funchal/Bahia en 19 jours 02 heures et 46 minutes et 10 secondes à la vitesse de 6,85 nœuds de moyenne. Son temps de retard sur Bertrand Delesne (Entreprendre durablement) à Funchal était de 2 heures 18 mn 52 sec. Franc, direct, posé, malgré la fatigue qui écrasait ses paupières, Henri Paul Schipman, l’homme qui s’est fait un surnom, "HP" pour désormais plus que les intimes, a dès le pied posé sur les pontons de Bahia, rendu hommage à ses devanciers, Thomas Ruyant et Bertrand Delesne : "Chapeau à Thomas, tu as été magnifique!" Et plus cavalier à l’égard de Delesne, "coupable", et c’est de bien bonne guerre, de l’avoir devancé pour la seconde place de l’étape exactement sur le fil de l’arrivée, avec 27 secondes d’avance ; "J’ai appelé Bertrand à l’entrée de la Baie, et je lui ai demandé en riant si, à défaut du podium, il me laissait la seconde place de l’étape!". Privé de pilote depuis 24 heures, HP a dû puisé dans ses réserves déjà bien entamées et barrer jusqu’à l’arrivée.

Stéphane Le Diraison, François Cuinet et Olivier Avram s’emparent respectivement des quatrième, cinquième et sixième place.

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Bruno Jourdren et Bernard Stamm impriment le rythme

Cheminées Poujoulat
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Aux quatre coins du plan d’eau entre le Portugal et l’archipel des Açores, les ingrédients ne sont pas les mêmes et les recettes divergent. Aux avant-postes, dans des vents de sud-ouest de 15 à 18 nœuds, Jourdren-Stamm et Bouchard-Krauss sont au coude-à-coude. Moins de 8 milles séparent ces deux duos de forts en thème qui ont très nettement pris leurs distances, cette nuit, avec le reste des troupes. Dans leurs tableaux arrières, progressent deux équipages qui ne cèdent pourtant rien. Une belle course de vitesse est en effet engagée avec la paire Solidini-D’Ali (Telecom Italia) et les Anglais de Palanad 2 (Wright-Brennan), étonnamment constants en 6è position, et toujours présents à moins de 120 milles des premiers.

Régate à tous les étages
Le décalage en latitude s’est en revanche accentué avec les compères d’Initiatives-Novédia (De Lamotte-Hardy).Toujours 3è, ils ouvrent la route devant les complices de Cargill-MTTM (Seguin-Tripon) et les
Finlandais de Tieto Passion (Romppanen-Öhman)… Voici les attaquants sud de la route nord, qui espèrent toujours pouvoir tirer leur sillage du jeu à l’approche des Açores. Ailleurs, dans d’autres quartiers, plus en arrière mais sur une route médiane entre ce trio et les bateaux de tête, pointe un quatuor de duos. Voilà 40 Degrees (Harding-Merron), les Chiliens de Desafio Cabo de Hornos (Cubillos-Bravo Silva), et les deux équipages qui ont bien courbé l’échine dans le plus fort du coup de
vent : Plan, les enfants changeront le monde (Lazat-Nouel) et Groupe Picoty (Fournier-Criquioche). 5 milles séparent ces deux derniers : un beau duel de bords à tirer est engagé entre ces concurrents.

Du côté de la grande dissidence, sur la route du sud, toujours bouchée faute d’alizés : changement de style dans un nouveau décor. Axa Atout Cœur pour Aides (Nigon-Jouany) et Adriatech (Consorte-Aubry) – pointé lui au large du cap Saint Vincent – se débattent dans les petits airs comme en témoignent les 3-4 nœuds affichés au speedo et les 300 milles de retard accumulés face à la tête de flotte. Enfin, difficile de ne pas braquer les regards sur la route radicale des Anglais d’Orbis (Card-Murphey). En 8è position, à 155 milles des leaders, ils tracent leur sillon tout en haut, cap à l’ouest sur une route extrême nord : au
près dans 20 nœuds de vent… à la latitude du cap Finisterre ! La vie à bord n’a certainement rien d’un long fleuve tranquille et la suite s’annonce compliquée pour descendre si les dépressions persistent à
s’enchaîner.

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Vents contraires pour les leaders

Tieto Passion -Solidaire du Chocolat
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Sur l’eau donc, les équipages poursuivent, dans des conditions météo peu propices à une course de vitesse sous spi au tempo des alizés, leur progression vers l’archipel des Açores. A 300 milles de Florès, chacun a choisi son camp. D’un côté, les premiers affinent leur trajectoire dans les vents contraires générés par un actif système dépressionnaire. Du grand art qui fait le succès de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm), bien vissé en tête, et autres Mistral Loisirs-Pôle Elior Santé (Bouchard-Krauss), Initiative-Novedia (De Lamotte-Hardy), Telecom Italia (Soldini-D’Ali), Cargill-MTTM (Seguin-Tripon) ou Tieto Passion (Romppanen-Öhman).
Toujours en tête, Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat) explique que cela demande toujours beaucoup d’efforts : « C’est du travail de longue haleine pour maintenir la première place. On a eu des conditions musclées depuis le début. La journée d’hier a été récupératrice, on a pu réparer nos petits soucis techniques, notamment une fuite de gazole. Aujourd’hui le bateau est à 100% de son potentiel. Devant, on a encore un passage difficile. On est obligé de faire cette route nord en attendant les alizés… On risque d’être au près quasiment jusqu’aux Açores. On espère ensuite qu’une porte de sortie s’ouvrira à nous le plus vite possible

Ils sont poursuivis par une jolie clique d’équipages : 40 Degrees (Harding-Merron), Desafio Cabo de Hornos (Cubillos-Bravo Silva), Groupe Picoty (Fournier-Criquioche), Plan Les enfants changeront le monde (Lazat-Nouel). Tous ces conquérants de l’ouest font contre mauvaise fortune météo grand cœur, en plantant les étraves pile dans l’axe des fronts. Tout ce beau monde progresse au près débridé dans des vents de sud-ouest qui vont encore forcir de 20-25 nœuds. C’est bientôt parti pour un tour dans un coup de baston !

De l’autre côté, en bas à droite de l’échiquier Atlantique, dans un tout autre décor et une toute autre ambiance, les partisans du soleil, partis en quête des alizés, cherchent encore le vent perdu. Adriatech (Consorte-Aubry), Axa Atout Cœur pour Aides (Nigon-Jouany), et Keysource (West-Worswick) débattent dans le petit temps. En manque d’air et sur une route divergente, ils perdent des milles et du terrain. Mais l’histoire des transats rappelle que tout est encore possible. Un zest d’alizé sans trop tarder et il leur reste tout l’Atlantique pour se refaire une belle santé au soleil du classement…

« Le contraste entre les routes sud et ouest va s’accentuer puisqu’un passage de front est prévu pour la nuit à l’ouest. Au sud, ils vont avoir une période un peu molle avant de toucher le vent au large du Maroc mais pas avant 24h. Le duo de tête ne se quitte pas, preuve que les deux équipages sont attentifs et aux manœuvres, qu’ils manifestent un total engagement dans la compétition », souligne de son côté Bernard Duval, directeur de course.

Plus en arrière, les Espagnols de Tales (Botin-De La Plaza) se déroutent vers Lisbonne pour réparer leur pilote automatique défectueux. Tout comme le duo franco-mexicain de Crédit Maritime (Carpentier-Maldonado) qui peine à rallier le port, dans des petits vents contraires le long des côtes portugaises.

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