Ocean Fifty. Le jeu reste ouvert !

Ils sont huit skippers de la classe Ocean Fifty sur cette Route du Rhum. Sam Goodshild sur Leyton part favori mais le jeu reste ouvert avec des skippers qui n’ont pas tous l’expérience du solo et des bateaux qui les exposent différemment aux éléments.

Le report du départ a été plutôt vécu comme un soulagement pour les skippers d’Ocean Fifty dont les bateaux, trimarans de 50 pieds demande beaucoup d’engagement. Les conditions météorologiques annoncées pour le départ décalé mercredi à 14h15 sont plus clémentes que ce qui était prévu dimanche mais restent viriles. Thibaut Vauchel-Camus : « La situation a changé mais cela reste une transat en solitaire d’automne. Il va y avoir du vent puissant et ce ne sera pas facile. Ça va envoyer du bois ! » Thibaut pourra compter sur Vincent Riou pour son routage : « Les conditions pour le début de cette Route du Rhum restent viriles mais correctes. Elles sont acceptables pour les Ocean Fifty mais elles vont être tout de même musclées et engagées. Thibaut va avoir deux fronts à franchir avec, pour le premier, possiblement des rafales à 35 nœuds et 45 nœuds pour le deuxième. Cela reste fort mais à la différence de ce qui était pressenti dimanche, la mer sera moins rude avec une houle qui ne devrait pas dépasser les 5 mètres. Ensuite, les alizés sont présents et on devrait réussir à passer sous l’anticyclone des Açores. »

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Si en IMOCA la tendance des nouveaux bateaux est de s’enfermer pour se protéger et gagner en performance, en Ocean Fifty, toutes les configurations de cockpits sont différentes. Erwan Le Roux sur Koesio, Quentin Vlaminck sur Arkema, Sébastien Rogues sur Primonial et Sam Goodshild sur Leyton ont des casquettes qui les protègent particulièrement bien comparés aux autres bateaux. C’est moins le cas pour Thibaud Vauchel-Camus sur Arsep-Solidaires en Peloton. Un choix assumé pour des raisons de temps et de budget: « Je me suis conforté dans mes choix avec cette casquette. Il faut accepter d’être dans le brouillard, dans les embruns, faire corps avec le bateau et cela permet une sensibilité aux éléments. Oui cela peut jouer sur la performance mais j’y vois un avantage d’être toujours en tenue, prêt à sortir à tout moment pour choquer. Avec mon gabarit, ma petite niche me suffit et j’ai un pont dans lequel je me sens à l’aise. Je ne voulais pas reconsidérer les choses. »

Erwan Le Roux dispose de l’un des bateaux les mieux protégés de la flotte : « Je crois que c’est un avantage. Cela permet de régler à l’abri. Cela joue sur la fraicheur et la lucidité. ». Eric Péron sur Komilfo a pu mettre le bateau à sa main. Il sera assez protégé même si son plancher trop haut l’a empêché de tout recouvrir.

Si le niveau d’engagement sera déterminant sur la course, l’expérience en solitaire sur ces multicoques sera un facteur clé du succès. Sam Goodshild, favori au départ assume : « J’assume mon rôle de favori mais je connais la qualité des autres skippers qui ont de l’expérience en solo comme Erwan et Thibaut. La dernière édition il y avait eu 3 favoris et c’est le 4e qui a gagné. J’ai envie de faire cela bien. J’ai beaucoup préparé la course en solitaire. J’ai pris confiance notamment sur la Drheam Cup. »
Sébastien Rogues sur Primonial s’il entend bien gagner mais ne veut pas naviguer au-delà de son niveau en solitaire : « Je me sens prêt. Je pars avec le bateau avec lequel j’aurai rêvé partir avec le niveau de fiabilité que l’on a. Je le connais hyper bien mais ce sera ma première transat en solo en Ocean Fifty. C’est un exercice que je n’ai jamais fait et je m’attends à ce que ce soit l’un des exercices les plus durs en course au large. Je vais y aller avec mon niveau mais pas au-delà. Mon réel objectif c’est de finir n’ayant pas terminé en 2014.  Je ne veux pas commencer à être le gars qui ne termine pas surtout une Route du Rhum qui a lieu seulement tous les 4 ans. »

Comme dans la catégorie Ultime, les Ocean Fifty auront droit au routage pour des questions de sécurité. Le choix des routeurs jouera certainement dans la performance des skippers. Erwan Le Roux et Sam Goodshils se sont offerts les services des meilleurs routeurs avec respectivement le duo Jean-Yves Bernot et Yann Eliès pour le premier et Marcel van Triest et Nicolas Lunven pour le second. Thibaut Vauchel-Camus s’appuiera sur Vincent Riou et Sébastien Rogues sur Pierre Quiroga.