Mini-Transat. Beau sprint vers l’arrivée prévue vendredi

Alors que les premiers sont désormais à moins de 500 milles de l’arrivée et sont attendus dans la journée de vendredi à Saint-François, la bagarre s’intensifie au sein de la flotte de la 23e Mini Transat EuroChef. Chez les Proto, les trois premiers de la première étape, Tanguy Bouroullec (969 – Tollec MP/Pogo), Fabio Muzzolini (945 – Tartine sans Beurre) et Pierre Le Roy (1019 – TeamWork) semblent bien partis pour chacun conserver leur place sur le podium. Reste à déterminer dans quel ordre, même si Les choses commencent à se préciser doucement. La situation demeure en revanche bien plus incertaine chez les bateaux de Série où les trois premiers se tiennent en moins de 8 milles et les dix premiers en moins de 50. Incertaine à la fois pour l’étape et pour le général !

« Le vent dépasse rarement les 13-15 nœuds mais on a eu une rafale à 20 nœuds dans notre premier grain hier. Il y a de grosses oscillations, avec des bascules jusqu’à 50° », a rapporté le skipper de Petit Prince, l’un des sept bateaux accompagnateurs de l’épreuve à la Direction due course, ce mercredi. A l’approche de l’arc Antillais, il y a logiquement de plus en plus d’instabilité dans l’air. Les marins doivent donc anticiper autant que possible les brusques variations du vent. Adapter la voilure en fonction pour éviter de se faire surprendre et potentiellement casser du matériel, mais aussi pour rester le plus efficace possible car à ce stade de la course et surtout compte tenu du contexte, chaque mille grappillé risque de se révéler déterminant. Tout reste à faire et il ne faut surtout pas arriver avec des regrets alors il faut tout donner. Lâcher les chevaux comme on dit, même si après douze jours de course dans cette deuxième étape et presque autant lors de la première le mois dernier pour une large majorité des concurrents, la fatigue se fait sentir, à la fois sur les organismes et sur les machines.

Un problème technique résolu pour Tanguy Bouroullec
Chez les Proto, Pierre Le Roy mène toujours la dance avec un matelas de 62 milles sur Fabio Muzzolini qui ne lâche rien, et 91 milles sur Tanguy Bouroullec qui a indiqué par message à la Direction de course avoir réussi à solutionner un problème technique ce matin. Une information, bien qu’imprécise, qui permet peut-être d’expliquer pourquoi l’actuel leader au classement général a connu quelques phases nettement moins rapides que ses adversaires ces derniers jours, mais qui laisse aussi envisager que le Finistérien finisse sa course sur les chapeaux de roues en ayant retrouvé une grosse partie du potentiel de son Pogo Foiler. De là à savoir si cela sera suffisant pour venir bousculer ses deux rivaux, rien n’est moins sûr même si, comme le dit l’adage : tant que la ligne n’est pas franchie…. En ce sens, les exemples sont nombreux. A titre d’exemple, on peut rappeler notamment l’incroyable mésaventure du Britannique Alex Thomson qui a fracassé son rêve de victoire dans la Route du Rhum 2018 sur un rocher à 60 milles de la ligne d’arrivée alors qu’il avait course gagnée. En étant plus optimiste, on peut malgré tout affirmer qu’à moins de 48 heures de l’arrivée en Guadeloupe, le skipper de TeamWork a pris une bonne option, à la fois pour la victoire d’étape et pour la victoire de l’épreuve. Sauf avarie ou gros retournement de situation, il est attendu sur la ligne vendredi entre 10 heures et 16 heures locales (soit entre 15 heures et 21 heures, heure de Paris) avec une avance qui pourrait être de 6 ou 7 heures sur son dauphin.

Un jeu particulièrement ouvert en Série
Chez les bateaux de Série, le dénouement reste beaucoup plus obscur. Rarement dans l’histoire de la course, on a vu pareil scénario. Si l’on se remémore les deux dernières éditions, en 2019 Ambrogio Beccaria avait dominé de la tête et des épaules, tandis qu’en 2017 Erwan Le Draoulec avait largement consolidé sa première place plusieurs jours avant l’arrivée en Martinique. Cette fois, impossible ou presque de faire des pronostics solides. A quatre jours de l’arrivée (les ETA, dans cette catégorie, fluctuent entre le 14 et le 15 novembre selon les derniers routages), les trois leaders, Giammarco Sardi (992 – Antistene), Alberto Riva (993 – EdiliziAcrobatica) et Loïc Blin (872 – Technique Voile – Les Entrepreneurs du Golfe) se tiennent en seulement 7,5 milles et derrière, ça se bouscule au portillon malgré des écarts en latéral assez conséquent. Pour preuve, au sein du Top 10, pas moins de 160 milles séparent Quentin Riché (947 – Race for Pure Ocean), le plus au nord, de Hugo Dhallenne (979 – YC Saint Lunaire), le plus au sud. Tenir la cadence, slalomer au mieux entre les grains seront très certainement des points clés de cette fin de course, mais il va y avoir aussi des histoires d’angles. De fait, aux abords des Caraïbes, le vent à tendance à basculer un peu à l’Est sous l’effet de l’anticyclone des Açores. Cela signifie que les concurrents les plus au nord bénéficient d’un angle de progression légèrement plus favorable que leurs copains à l’opposé du plan d’eau. En résumé, on l’aura compris, les dés sont encore loin d’être jetés !