Le mât de Spindrift Racing raccourci de six mètres

Spindrift Racing
DR

Après deux transatlantiques, plusieurs semaines de calculs et d’analyses, le skipper Yann Guichard et le design team de l’écurie ont décidé de raccourcir le mât de Spindrift Racing de six mètres, une réduction qui permet d’avoir un bateau performant pour chacun des exercices de l’année. Ensuite, l’équipe aurait pu alors couper par le haut, par le milieu ou par le bas. La dernière solution a été finalement adoptée, “afin de garder un ceintrage de mât proche de celui d’origine, pour conserver aussi la forme aérodynamique du haut du tube et, enfin, dans l’objectif de réduire les travaux composites en conservant un maximum des points d’encrage existants.” Concrètement, il a fallu couper à la main ce gigantesque tube de carbone de 1,20m de large. “Nous avons simplement tracé la ligne de découpe puis utilisé un lapidaire à disc diamant,’’ poursuit-il. “Les travaux de greffage ont ensuite pu commencer.”

- Publicité -

Ces opérations de greffages ne sont pas du couper/coller à grands coups de super glue mais s’apparentent à ce que fait le corps humain pour cicatriser. En effet, les tissus sont accrochés entre eux sur des zones plus larges que la partie concernée, ce qui permet aux efforts de transiter et garantit ensuite la résistance de l’ensemble. On parle d’ailleurs de peaux de carbone. Posé sur une rotule métallique, le pied mât dans sa version initiale encaissait pas moins de 80 tonnes ! “Il faut donc regreffer le même pied de mât plus haut sur le tube où la circonférence est différente et réussir à retrouver néanmoins la même résistance à la compression,” explique Yannis. L’équipe doit faire pareil avec le vit-de-mulet, une pièce composite qui assure la liaison mât-bôme et subit aussi des efforts considérables. Les techniciens ont aussi renforcé le bas du mât sur plusieurs mètres pour retrouver une raideur optimale.

Grâce aux progrès réalisés dans le calcul de structures et les connaissances sur le vieillissement des matériaux, ces modifications ambitieuses sont possibles. ‘’En tête de mât, nous avons gardé trois des quatre cadènes. Il a fallu aussi modifier plusieurs points d’accroches et renforcer à différents endroits.’’ Pour ces renforts, il faut bien imaginer que le technicien se faufile à l’intérieur le mât pour aller meuler la zone concernée avant de poser de nouveaux tissus de carbone qui sont ensuite cuits sous vide.

GV à trois ris
« Après la transat retour de Miami, Yann a aussi fait le choix de garder une configuration de grand voile à trois ris,’’ poursuit enfin Yannis. ‘’Nous avons donc modifié le mât pour cela. Le tube va ensuite être entièrement dépoli puis repeint pour avoir un aspect uniforme. Il sera alors temps de l’accastiller avec les pièces en inox et titane que nous avons conservées ou optimisées, puis ce sera au tour des câbles textiles du gréement dormant et, enfin, des boots du gréement courants qui seront ajoutés avant le mâtage à la mise à l’eau. Nous réaliserons aussi une série de tests en charge, statiques et dynamiques, pour valider l’ensemble. Au final, nous disposerons vraiment de deux configurations différentes, l’une avec la puissance max en équipage,et l’autre, en version solo où nous n’aurons pas besoin de toute la puissance.’’