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    Imoca. Départ de la 5e édition de la 1000 Race

    Photo : François Van Malleghem

    Le parcours de la 1000 Race se jouera d’abord vers le nord. Confirmé ce samedi matin lors du briefing skippers, le parcours enverra les sept solitaires chercher le Fastnet avant de plonger vers le cap Finisterre puis de revenir à Concarneau. Le départ a été donné ce dimanche 3 mai à 12 h en baie de La Forêt, dans un flux d’ouest sud-ouest annoncé autour de 7 à 8 nœuds. Une entrée en matière plutôt docile sur le papier… mais qui pourrait rapidement se révéler plus subtile. Car dès les premiers milles, le vent devrait mollir, jusqu’à s’évanouir aux abords de Penmarch. Là, il faudra composer, patienter, saisir la moindre risée pour rester en mouvement. Dans ce contexte, des décalages pourraient vite apparaître avant d’avoir réellement pris la route du large. Un début trompeur, où les premières lignes pourraient déjà s’écrire.

    Une ouverture pleine d’incertitudes
    Des IMOCA prêts à bondir… mais contraints de composer avec l’humeur changeante d’Éole. Car si le départ devrait permettre de lancer la machine en douceur, la suite s’annonce nettement plus délicate. Entre la pointe de Penmarch et le nord du DST d’Ouessant, le vent jouera avec les nerfs des marins, distillant les risées au compte-gouttes. Un terrain de jeu propice aux écarts… et aux surprises. « Le début va être mou, voire très mou », prévient Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance). « Il y aura un peu d’air pour partir, mais ensuite il faudra surtout faire attention à bien gérer ces zones sans pression, notamment avec le trafic des cargos. Les premières 24 heures donneront le ton, avec la possibilité de voir des différences se dessiner très tôt. » Un scénario qui pourrait redistribuer les cartes, notamment pour des profils plus à l’aise dans le petit temps. À l’image de Nico d’Estais (Café Joyeux), dont le bateau est le seul de la flotte dépourvu de foils, et qui pourrait tirer profit de cette entame au ralenti. Même tonalité chez Arnaud Boissières (APRIL Marine – Recherche co-partenaires) : « On va enchaîner des phases très légères, avec des transitions pendant un moment… mais justement, ça va créer du jeu pour tout le monde. C’est un scénario de course idéal pour lancer la saison : pas trop engagé au départ, mais suffisamment technique pour faire du match. »

    Trouver le rythme, apprivoiser le solo
    Au-delà de la performance pure, cette première course de la saison en solitaire promet avant tout d’être une histoire de sensations retrouvées et de repères à construire. Pour certains, ce sera même une grande première dans cette configuration. « Je vois cette course comme un vrai apprentissage », confie Violette Dorange, qui s’apprête à disputer sa première course en solitaire à la barre d’Initiatives Cœur. « Les conditions de départ sont plutôt rassurantes, surtout après des entraînements musclés ces dernières semaines, qui ont rappelé combien le bateau pouvait être exigeant. Là, ça va permettre de partir plus sereinement. Mon objectif, c’est d’abord de bien naviguer, de trouver mes réglages, de prendre en main la machine avant de me comparer aux autres. » Car sur ce type d’épreuve, longue de quatre à six jours, la gestion du marin devient centrale. « Cette 1000 Race affiche un format parfait pour se mettre dedans », poursuit-elle. « Sur 48 heures, on ne dort pas. Là, il va falloir gérer le sommeil, l’énergie, le rythme… C’est une autre dimension. » Même constat du côté de Sam Goodchild, qui insiste sur l’essentiel : « Le plus important, ce sera la gestion de soi-même. Bien manger, bien dormir, rester lucide. Il ne faudra pas trop s’emballer au début, parce qu’il y aura plus à perdre qu’à gagner. Ensuite, une fois sorti de cette première phase au ralenti, on pourra vraiment rentrer dans la course. »

    Le Fastnet, un tournant ?
    Si le début s’annonce lent et technique, la suite promet un changement de tempo. Dès lundi soir, le vent devrait s’établir au nord entre 10 et 15 nœuds, permettant aux skippers de s’engager au près vers le Fastnet, que les leaders pourraient atteindre dans la nuit de mardi à mercredi. Un passage clé. Car selon les timings, la flotte pourrait s’y étirer considérablement. Les premiers pourraient en effet bénéficier de conditions portantes au reaching, tandis que les suivants composeraient avec moins de pression et un angle beaucoup moins favorable, au près. Un point de bascule potentiel même si, derrière, le long bord vers le cap Finisterre puis la remontée vers Concarneau promettent encore leur lot d’ajustements, dans un régime de vent globalement modéré. Une chose est sûre : sous ses airs de départ tranquille, cette 5e édition de la 1000 Race pourrait rapidement se transformer en partie d’échecs grandeur nature. Lecture du plan d’eau, gestion du marin, sens du timing… Autant de paramètres qui feront la différence. Un cadre idéal pour se tester, se jauger, et, déjà, marquer les esprits.