Hervé Piveteau remporte la Mini en Série

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Une fois la deuxième étape en poche cette nuit, une attente de plus de trois heures a alors commencé pour savoir si Stéphane Le Diraison (Cultisol – Institut Curie) allait arriver… ou pas. Attente fructueuse : à 12h00, heures françaises, aucun bateau de série n’avait même encore franchi la ligne d’arrivée. Il y avait longtemps qu’Hervé Piveteau pouvait savourer également sa grande victoire au général… "Je me disais que les écarts allaient être soit très longs soit très courts… C’est très long" lâche t’il en sortant d’interview, content de cette navigation "propre" comme on dit dans le jargon. Voici les réactions du vainqueur :

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Une attente longue…
"En fait cette attente date depuis longtemps, elle date du Pot au Noir en fait où l’on attend la ligne avec impatience et cela s’est accentué quand on n’a plus eu de classement. Le stress de ne pas savoir où sont les autres… Je suis ravi de cette victoire. La victoire on y pense mais… Cela fait deux ans que je travaille à cette Transat. La victoire j’y pensais comme tout le monde mais, j’ai juste préparé mon truc pour faire au mieux… La victoire c’est la cerise sur le gâteau !"

Au large…
"Réellement cela s’est joué dans le Pot au Noir, mais je pense que cela s’est joué aussi dans un ensemble de choses. Déjà, j’étais dans le bon paquet au départ. Ensuite ne pas trop casser quand le vent est monté. Avoir une bonne vitesse qui m’a permis de rattraper Stéphane et de rester ensemble. Et après, dans le Pot au Noir où j’ai réussi à creuser un peu l’écart. Ils ont réussi à revenir au début et un peu après. Mais sur la fin, j’imagine qu’ils sont allés à la côte et moi je suis resté au large. Je pense que c’était mieux…"

L’est…
"Ce n’est pas parce que je suis plus proche des russes que des américains que j’ai choisi cette route (rires). En fait, je travaille avec Jean-Yves Bernot (routeur, météorologue et navigateur) depuis deux ans sur la course et nous trouvions que l’est était plus avantageux dans pas mal de cas. Aux Canaries, j’avais cassé un spi en fait. Un bout de mon spi était arraché et j’ai du faire un peu de couture. Ensuite, quand j’ai pu remettre mon spi, j’ai pu rattraper et là j’allais vraiment vite. J’ai pu bien remonter et je me suis retrouvé en visu et à la VHF avec Stéphane et c’est là qu’a commencé le long duel. Du match race au milieu de l’Atlantique et dans le Pot au Noir. Pas vraiment d’aventure Je m’attendais à une aventure en tant que tel, mais je l’ai vraiment vécu comme une régate en fait. Je pense que le fait d’être devant met une pression plus de type compétition. Donc l’aventure est passée au second plan, c’est presque un regret parce que je ne l’ai peut-être pas vécu comme je l’imaginais, mais bon… Je ne vais pas me plaindre non plus !"

Des grands moments…
"Peut-être pas des grands moments de navigation (rires), mais des grands moments de galère sans aucun doute ! Ce sont vraiment des moments intenses aussi bien dans le positif que dans le négatif. Ce sera forcément de grands souvenirs…"

Galères…
"Le fait de déchirer le spi, j’étais vraiment énervé… Dans le Pot au Noir, on a tous eu le grain qui se finit en pétole avec la bôme qui passe d’un bord sur l’autre et qui vous assomme au passage… Des trucs bêtes mais qui énervent vraiment. En tous les cas rien de dramatique !"

Triple délivrance…
"Le fait d’arriver était vraiment une délivrance déjà. Sincèrement à la fin, j’en avais vraiment marre… C’est très long sur la fin… L’arrivée était vraiment une délivrance. Et puis, comme à un moment on n’avait plus de classements, j’avais du mal à imaginer arriver second. Donc, double délivrance quand j’ai su que j’étais premier et triple délivrance quand j’ai su que j’étais premier au Général !"

Boîte magique…
"Je pense que cela peut arriver les moments de déprime. Tout se succède si rapidement ! Je n’ai jamais eu le cas extrême de me dire tant pis pour la vitesse du bateau… Pour cela je pensais à toutes les personnes à terre qui me suivaient. Et ça c’est vraiment une grosse aide… Quand on a un moment de galère, pouvoir se dire qu’il y a des gens qui sont derrière et qu’il ne faut pas les décevoir, cela aide. J’avais une boite que m’avait faîte un copain avec des tas de petits mots de plein de personnes dedans. Quand cela n’allait pas, je piochais dedans et j’en prenais un… Le truc était de ne pas tout prendre d’un coup ! Mais cela m’a beaucoup aidé, vraiment…"

Mon p’tit Jules
"Depuis que je suis môme, on m’a dit qu’il ne fallait pas tomber amoureux des bateaux que l’on avait car cela devenait un problème (rires). Quand j’ai commencé le projet c’était clair que j’allais revendre le bateau ensuite après la Transat. J’avais essayé de bien faire la part des choses. Et puis cela dit, c’est quand même mon p’tit Jules ! Cela fait deux ans que je bosse dessus et cela sera difficile de le revendre. Par contre amoureux du Mini, ce sont vraiment des super bateaux même si je ne sais pas ce que sera l’avenir mais bon… Il y a plein d’autres dont je suis amoureux, ce n’est pas très grave !"

Les stats d’Hervé Piveteau : 26 jours 04 heures 31 mn , 17 sec de course
Funchal-Bahia : 19 jours, 14 heures 39 mn
Moyenne sur la course : 6,40 noeuds.