Départ du Défi 24 Heures de Las Palmas de Gran Canaria

Pro Sailing Tour 2021 Episode 3 Las Palmas de Gran Canaria. Copyright : Pro Sailing Tour / Jacques Vapillon

C’est à 12H09 que le Défi 24h du Pro Sailing Tour a été donné dans un alizé d’une petite quinzaine de nœuds et une mer plutôt houleuse au large de la Pointe San Cristobal. Au programme une double circumnavigation canarienne de 303 milles aux détours de Gran Canaria dans le sens anti-horaire et de l’île voisine de Fuerteventura dans l’autre sens.

Ce jeudi matin, les conditions météo s’annonçaient en effet propices pour donner libre cours à un Défi 24 Heures qui tienne toutes ses promesses entre accélérations et sérieux coups de frein au gré des alizés et des canaux qui font la réputation de l’archipel canarien.

Un coup à toi, un coup à moi… Comme prévu, c’est avec de nombreux changements de leader et d’incessantes variations de vitesse qu’a débuté ce Défi 24 Heures autour de l’île volcanique de Gran Canaria parfois comparée à un continent en miniature en raison de la diversité de ses paysages et de ses climats. C’est en tout cas sur le registre de la diversité avec la seule certitude de voir le speedomètre faire le grand écart au gré des sautes d’intensité du vent que s’apprêtaient à en découdre les équipages sur les rangs. Pour l’heure, le scénario se déroule comme prévu avec des retournements de situation qui se succèdent avec une belle intensité. Seule ombre à ce tableau canarien ce jeudi après-midi : l’abandon de The Arch mené par la paire Armel Tripon et Benoît Marie. Les deux skippers ont déchiré leur grand-voile dans un empannage sur les coups de 14 heures au large du cap « La ldena San Nicolas » sur la côte Ouest, là où l’ensemble de la flotte lâchait les chevaux avec des pointes à 26/27 nœuds. L’équipage va bien et peut compter, en dépit de cette fortune de mer, sur une voile de secours pour espérer disputer la suite de ce 3è épisode du Pro Sailing Tour, samedi et dimanche.

Re-décollage à l’aéroport ?

Pour les six autres concurrents, la course continuait de plus belle, même si en approche de la côte Sud, l’alizé commençait à avoir du plomb dans l’aile. Au contact, Primonial (Sébastien Rogues) et Leyton (Sam Goodchild) n’avaient certainement pas fini de jouer des coudes en approche du sud de l’île et d’une zone aussi réputée que redoutée pour son insoutenable légèreté de l’air. Idem pour le trio – Ciela Village (Erwan Le Roux), Arkema 4 (Quentin Vlamynck) et Solidaires en Peloton – (Thibaut Vauchel-Camus) qui se tenait dans un mouchoir de moins de 0,2 mille aux abords de cette zone à haut risque. Aux yeux de Gilles Chiorri, le directeur de course, « le jeu de patience, de finesse et de choix pour aller parer la pointe Maspalomas, située dans la zone déventée commençait, avec le risque que la course se joue sur cette zone piégeuse. »

Mais pour tous, la promesse de changer de cadence l’emportait, alors qu’au même moment on mesurait 28 nœuds de vent au niveau de l’aéroport sur la côte Est, augurant un vrai coup d’accélérateur. La flotte était toujours attendue sur les coups de 21 heures ce soir à la bouée de Saint Cristobal. « De là, les bateaux mettront le cap au NE, vers le Nord de Fuerteventura, sur un bord de près océanique plutôt rapide dans 15 à 18 nœuds de vent et une mer qui se calmera un peu. Ils sont attendus en fin de nuit dans le passage entre Fuerteventura et Lanzarote, avant de redescendre le long de l’île. Au final, les premiers devraient couper la ligne d’arrivée sur les coups des 12h30 demain. » ajoutait celui qui suit au plus près la progression de ces six trimarans, tous susceptibles de l’emporter au terme de cette course offshore terriblement disputée.

Ils ont dit sur les pontons du Club Maritimo de Veradero

Matthieu Souben (Primonial) : « Le parcours est assez original. Il nous promet une navigation assez compliquée, avec des pannes de vent, beaucoup de regroupements. On y va en connaissance de cause avec pas mal d’envie. On sait aussi qu’on va aussi se faire cueillir par du vent assez fort, il va donc falloir rester très vigilant et naviguer en bon marin. Le vent fait le tour de l’île de Gran Canaria avec des grandes variations en intensité entre les côtés où il souffle fort et le dessous où il n’y a rien du tout. On s’attend à vivre des moments de pétole très sollicitants, où il faudra être sur les réglages. À bord, on espère rester dans la dynamique positive qui s’est mise en place après notre démâtage à Brest. On sait que pour mériter la victoire finale sur cet épisode, il faut aller chercher un podium sur le Défi de 24 Heures. L’objectif sera donc d’essayer d’être devant dès le début. »

Corentin Douguet (Solidaires en Peloton – ARSEP) : « On ne sait pas trop à quelle sauce on sera mangé sur ce tour de l’île, avec une zone de molle au Sud. Il faudra être malin à ce moment-là pour éviter que de gros écarts se fassent dans le mauvais sens pour nous. Quand on aborde les Canaries lors d’une transatlantique, on essaye d’éviter de passer dans ces parages, mais là on ne pourra pas éviter la côte Sud de Gran Canaria et pour la première fois on la verra de près. On s’attend à une chute brutale du vent qui pourra passer de 30 nœuds à rien, ou presque. Puis, quand on rejoindra Maspalomas, la variation se fera de manière aussi brutale dans le sens inverse. Il faudra rester attentif à bord de ce bateau ; Cela reste un multicoque, avec le risque de se retrouver dans une situation compliquée, voire définitive. »

Aymeric Chappellier (Leyton) : « Le parcours est sympa, même s’il ne s’annonce pas très évident pour les neurones avec une alternance entre des effets tampon et des accélérations dans des vents qui peuvent potentiellement atteindre les 30 nœuds. On sait que ce sera difficile de trouver son chemin dessous, avant que le vent remonte franchement en intensité dans le canal entre Gran Canaria et Fuerteventura, où on risque de prendre un bon coup de pied aux fesses. Tout ça nous promet beaucoup de manœuvres et de changements de voiles. Cette fois encore, cela s’annonce très serré avec des vitesses très proches entre les uns et les autres. On ne sous-estime aucun bateau. »

Equipages engagés sur le Défi 24 Heures de Las Palmas de Gran Canaria :
Groupe GCA 1001 sourires (Gilles Lamiré, Phil Sharp, Pierre-Antoine Morvan)
Solidaires En Peloton-ARSEP (Thibaut Vauchel-Camus, Corentin Douguet, Antoine Joubert)
Primonial (Sébastien Rogues, Matthieu Souben, Julien Villion)
Arkema 4 (Quentin Vlamynck, Lalou Roucayrol, Raphaël Lutard)
Ciela Village (Erwan Le Roux, Xavier Macaire, Alan Pennaneac’h)
Leyton (Sam Goodchild, Aymeric Chappellier, François Morvan)
The Arch (Armel Tripon, Benoit Marie, Frédéric Moreau)