Début de la traversée

Bellocq Paysage

La flotte de la Transat AG2R entame maintenant le traversée de l’Atlantique en se remettant d’une première semaine assez éprouvante. Tous ces figaristes sont venus pour ça, pour le grand saut ! L’enjeu est de rester dans des vents portants cap au sud-ouest, vers l’archipel du cap Vert. La tête de course reste inchangée avec un duel serrée entre Gedimat et Agir Recouvrement. En embuscade, Bretagne CMB Performance et Generali sont à moins de 10 miles suivi par un groupe de 3 Cercle vert, Bellocq Paysage et Fulgur à 30 milles. Ces 7 coureurs semblent avoir fait le trou avec le reste de la flotte qui s’étire de la pointe du Sahara aux Canaries avec un écart de 70 à 100 milles. L’élastique continue inexorablement de se tendre…  Ils restent 2500 milles à parcourir à travers le grand océan.


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A Paris, Yoann Richomme (Skipper Macif) est venu pour préparer la logistique retour du bateau, tandis que Charlie Dalin et Donatien Carme (préparateur) convoient le Figaro Bénéteau 2 sous gréement de fortune. Cela a été l’occasion de relater les 5 jours qui furent éprouvants : « Le vent rentrait fort, la mer était grosse avec 5/6 mètres de creux. La nuit on ne pouvait pas barrer. On était sous pilote car on n’y voyait rien. C’était du gros niveau de voile. On était dans le trio de tête. Dès qu’on réduisait la toile, on se prenait des milles par les autres. » Bringuebalés à l’intérieur du bateau, surmenés par les manœuvres périlleuses, harassés par une concentration extrême… les équipages de cette 13ème Transat AG2R LA MONDIALE ont vécu un début de course extrême, que l’on ne soupçonnait pas.

LA PHRASE DU JOUR
« Un oiseau est passé dans l’aérien et a embarqué l’anémomètre et une partie de la girouette. On pense que c’est ça, parce qu’on a retrouvé des plumes sur le pont ! » Arthur Bouwyn, Guadeloupe

ILS ONT DIT OU ECRIT

Xavier Macaire, Bretagne-CMB Performance : « On a du soleil, on est au portant, on a pu se reposer cette nuit contrairement aux nuits précédentes. Les nuits sont froides, mais pendant la journée, c’est ambiance short, crème solaire, lunettes de soleil et chapeau. Ce matin, on a 20 nœuds de vent. On commence à s’écarter des côtes africaines. On bifurque. On a fait un dernier empannage vers le sud avant de nous mettre en tribord. On fera peut-être encore des petits recalages au sud pour prendre des vents plus forts. Mais là, c’est parti pour la grande traversée. Aujourd’hui, c’est le grand saut à travers l’Atlantique. On va se diriger vers le cap Vert. Mais on ne sait pas encore à quel niveau nous allons passer. On s’applique avec la pression et les bascules de vent. On espère avoir une opportunité stratégique, mais jusque-là, elle ne s’est pas présentée ».

Eric Peron, Bellocq Paysages-Saveurs de Cornouaille : « Nous sommes sous grand spi dans 20 nœuds de vent et ça risque d’être la même chose jusqu’à l’arrivée ! Le choix de route n’est pas très varié. Les alizés ne sont pas là. Il faut être très sud pour les trouver. On va passer pas loin, voire dans l’archipel du cap Vert. Une seule et longue trajectoire concave pour rejoindre les Antilles. Nous avons réussi à distancer Cercle Vert de 5 milles depuis hier. Il n’y aura pas d’options radicales. Peut-être des petits coups qui, mis bout à bout permettront de gagner des milles. Il est encore possible de bousculer le classement, mais ça va être dur ! On commence à récupérer des 5 derniers jours de course. « On recharge les batteries. Ça a été intense. Je ne me rendais pas compte, mais maintenant qu’on peut rallonger les quarts, ça écrase ! » racontait Eric Peron (Bellocq Paysages – Saveurs de Cornouaille).

Arthur Bouwyn, Guadeloupe : « C’est pas top là. On est dans une zone pétoleuse. On a une sorte de houle de travers, sans vent, qui fait claquer les voiles dans tous les sens. Il y a un peu de vent à la côte africaine, du coup, on essaye d’aller au plus vite. Après, on descendra dans le sud. On est un peu fatigués, mais on essaye de se reposer. Il y a beaucoup de trafic. Des cargos qui passent dans tous les sens. Quand on s’est pris « la cartouche » dans le golfe de Gascogne, pas mal de choses ont lâché sur le bateau : la poulie de grand-voile, la poulie de hâle-bas de tangon, un oiseau est passé dans l’aérien et a embarqué l’anémomètre et une partie de la girouette. On pense que c’est ça, parce qu’on a retrouvé des plumes sur le pont. Bref, on a pas mal de bricole tous les jours. »

Erwan Tabarly, Gedimat : « On a 20 nœuds de vent, ça glisse, il fait beau, on est bien placé donc c’est bien ! On va descendre très très sud. La météo nous oblige à ce choix là pour la suite. J’en ai un très bon souvenir il y a 3 ans lorsque je suis passé par là lors de la transat Bretagne Martinique en solitaire. J’avais empanné pas loin des côtes marocaines puis j’étais passé au nord du cap Vert. J’y ai pensé hier. Entre le Maroc et le cap Vert, il y a 3 ans, j’avais eu des conditions difficiles, au largue serré sous spi, on ne pouvait pas lâcher la barre. Là, c’est plus facile à deux, de partager ça avec Thierry. On a eu des conditions musclées jusqu’à hier. 30 nœuds de vent tous les jours avec des rafales. C’était gérable mais il ne fallait pas faire de bêtise. Là, depuis hier soir, ça a molli. C’est plus relax. »

LE CLASSEMENT 11 AVRIL 21h00
1- GEDIMAT (Thierry Chabagny-Erwan Tabarly) à 0,64 milles du premier
2- AGIR RECOUVREMENT (Adrien Hardy-Vincent Biarnes) à 4,42 milles
3- BRETAGNE-CMB PERFORMANCE (Sebastien Simon-Xavier Macaire) à 9,05 milles
4- CERCLE VERT (Gildas Morvan-Alexis Loison) à 28,02 milles