Transat. Dix bateaux peuvent encore gagner !

Martin Le Pape et Yann Eliès à bord de Gardons la Vue

Plus les jours passent, plus les écarts semblent se réduire entre les huit duos partis sur une option sud et les six naviguant plus au nord. À moins de quatre jours de l’arrivée de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy, impossible de dire quelle route sera gagnante. La journée de demain s’annonce décisive. Explications avec les marins et la direction de course.

Le final de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy s’annonce haletant, tendu, extrêmement serré. « C’est dans un mouchoir de poche entre les sudistes et les nordistes, toujours à l’avantage des sudistes pour 2h30, soit le temps d’un grain pour ainsi dire ! Les routages annoncent les 14 premiers duos en 6 heures », explique Yann Chateau à la direction de course. « Les nordistes ont toujours un passage de vent faible à négocier demain, mais beaucoup moins important qu’imaginé. Les sudistes ne seront pas très rapides non plus ce vendredi. Tout est relancé et dix bateaux peuvent encore gagner ! », souligne Francis Le Goff, le directeur de course.

Le dénouement est proche mais malgré la fatigue les marins ne peuvent en aucun cas se relâcher, bien au contraire. « La fin de course va se jouer à des détails dans l’approche des Antilles », écrivent les « nordistes » Pep Costa et Will Harris (Cybele Vacances – Team Play to B). « La grande décision de la course a été de choisir la route nord ou sud. Maintenant il faut continuer à pousser et à naviguer au mieux. On verra ce que ça donne ! On y va à fond et on profite des derniers jours en mer. Personne ne lâche rien et c’est incroyable l’intensité à laquelle tout le monde navigue. »

Également engagés sur la route nord, Violette Dorange et Alan Roberts (Devenir) sont à la fois plein d’espoir et prudents. « Pour l’instant c’est positif mais on ne s’emballe pas et on reste concentrés car la situation peut très vite changer », confirme Violette. Son co-skipper ajoute : « Tous les mètres qu’on peut gagner, on les gagne ! »

Comme le dit Fabien Delahaye (Groupe Gilbert), « le compteur défile vite jusqu’à l’arrivée » et les premiers duos sont attendus à Saint-Barthélemy dans la matinée du lundi 31 mai (heure de métropole). Mais dans quel ordre ? Impossible à prédire à ce stade tant la bagarre fait rage. Le groupe du sud (toujours emmené par le trio Bretagne – CMB Performance, Breizh Cola et GUYOT Environnement – Ruban Rose) semble avoir un peu plus de certitudes que celui du nord mais absolument rien n’est joué.

Martin Le Pape et Yann Eliès à bord de Gardons la Vue

Nordistes et sudistes campent comme prévu sur leurs positions. « Le jeu est sympa et le positionnement de chacun devrait bientôt faire apparaître des résultats. Pas facile de dire qui va le mieux s’en sortir », explique Fabien Delahaye (Groupe Gilbert), partisan de l’option sud avec Anthony Marchand.

« On vit au rythme des classements »

« On fait au mieux pour avancer vite avant le grand jeu stratégique des quatre derniers jours où il va falloir bien placer ses recadrages. On a misé sur la certitude d’avoir du vent jusqu’à l’arrivée. » Concurrents les plus au sud de la flotte, Pierre Leboucher et Thomas Rouxel (GUYOT Environnement – Ruban Rose) sont satisfaits de leur position. « On aurait tout de même préféré que Tom Dolan et Gildas Mahé (Breizh Cola) restent dans l’axe derrière nous. Mais ils ont réussi à glisser et à créer du latéral ce qui relance un peu le jeu », souligne Thomas Rouxel. « On vit au rythme des classements pour savoir si notre décalage nous a permis de gagner quelques milles ou au contraire d’en perdre. L’arrivée peut être serrée. Mentalement, tant qu’on a l’impression de faire du bon travail, ça va. Après, on ne maitrise pas tout. »

« Le match sera peut-être plié à l’issue des deux prochains jours »

Du côté des six duos positionnés au nord, on assume ses choix, à l’instar de Nils Palmieri (TeamWork) : « Notre stratégie est très claire. Nous sommes en tête du groupe du nord. Si cette option passe, c’est tout « bénef » pour nous. On fatigue un peu car notre choix de route nécessite beaucoup de manœuvres, davantage que pour ceux du sud. Mais on se sent forts et d’attaque pour la fin de course ». La journée de vendredi pourrait bien être décisive. D’après Météo Consult, le groupe des nordistes pourrait traverser une zone de transition avec un alizé plus faible et irrégulier (entre 6 et 10 nœuds de vent), alors que les sudistes bénéficieraient d’un flux un peu plus soutenu. Suffisant pour faire le break ? Les nordistes espèrent que l’alizé sera un peu plus consistant que prévu pour eux. Auquel cas, ils pourraient tout à fait rester dans le match. « C’est un moment clé de la Transat. Le match sera peut-être plié à l’issue des deux prochains jours », déclarait ce matin Éric Péron ((L’Egoïste) – Cantina St Barth), engagé sur la route nord. « La probabilité que ça passe au nord n’est pas la plus forte mais on va la jouer à fond », indique pour sa part Corentin Douguet (Quéguiner – Innovéo).

Retiens la nuit

La vie à bord des Figaro 3 est marquée par une chaleur intense en journée. « C’est cagnard dans le bateau, on n’arrive pas à dormir. Dehors on fait des petits quarts de 30 minutes sinon ça crame. C’est un peu dur pour un petit rouquin comme moi », sourit Martin Le Pape (Gardons la Vue). Corentin Douguet (Quéguiner – Innoveo) révèle de son côté l’accessoire indispensable actuellement. « C’est le petit ventilateur tourné vers la bannette pour la sieste, ça sauve la vie ! » Les nuits sont bien plus douces et agréables, avec en bonus une jolie pleine lune qui offre un éclairage apprécié des marins.

Maintenir la bonne ambiance malgré la tension de la compétition

Dans les différents contenus envoyés par les marins, et particulièrement dans les vidéos, on constate que la cohabitation au sein des duos semble très bien se passer et que la bonne humeur est de mise malgré le stress de la fin de course. Certains sont devenus des spécialistes du second degré et des petites blagues à l’instar de Corentin Douguet et Tanguy Le Turquais ou de Tom Dolan et Gildas Mahé. « Nous sommes très concentrés à la barre donc nous essayons de détendre un peu l’atmosphère à chaque changement de quart, quand on se croise », explique Thomas Rouxel. Navigation au top de la performance et bonne ambiance : tout ce qu’il faut pour combler les marins.

Le pointage de 17h

  1. Bretagne – CMB Performance (Tom Laperche / Loïs Berrehar)
  2. Breizh Cola (Gildas Mahé / Tom Dolan) à 3,9 nm
  3. GUYOT Environnement – Ruban Rose (Pierre Leboucher / Thomas Rouxel) à 4,6 nm
  4. Teamwork (Nils Palmieri / Julien Villion) à 6,7 nm
  5. Région Normandie (Alexis Loison / Guillaume Pirouelle) à 19,8 nm
  6. Gardons la vue (Martin Le Pape / Yann Eliès) à 24,8 nm
  7. Groupe Gilbert (Fabien Delahaye / Anthony Marchand) à 26,6 nm
  8. MonAtoutEnergie.fr (Arthur HUBERT / Clément Commagnac) à 27,9 nm
  9. Skipper Macif (Pierre Quiroga / Erwan Le Draoulec) à 35 nm
  10. DEVENIR (Violette dorange / Alan Roberts) à 36,1 nm
  11. Bretagne – CMB Océane (Elodie Bonafous / Corentin Horeau) à 40,7 nm
  12. CYBELE VACANCES TEAM PLAY TO B (Pep Costa / Will Harris) à 41,4 nm
  13. Quéguiner – Innovéo (Tanguy Le Turquais / Corentin Douguet) à 44,7 nm
  14. (L’égoïste) – Cantina St Barth (Eric Péron / Miguel Danet) à 69,5 nm
  15. RLC Sailing (Estelle Greck / Laurent Givry) à 131,2 nm
  16. ERISMA GROUPE SODES – Fondation TARA OCEAN (Jérôme Samuel / Nicolas Salet) à 435,4 nm
  17. INTERACTION (Yannig Livory / Erwan Livory) à 546,2 nm
  18. KRISS-LAURE (Nicolas Bertho / Romuald Poirat) à 656,4 nm