Figaro. 14 duos en tête et =140 milles en latéral

La tête de la flotte pointe à 1700 milles de Saint-Barthélemy. Les forces en présence sont inchangées : 14 duos sont séparés de près de 40 milles et désormais 140 milles en latérale. En entamant le week-end, les témoignages du bord font état d’un esprit plus léger. Les caprices des Canaries sont loin et les alizés offrent une quiétude bienvenue.

Ils n’allaient pas manquer ça. Pierre Leboucher et Thomas Rouxel (Guyot Environnement – Ruban Rose), les initiateurs de la route Sud dans le groupe de tête, ont pris un peu de répit. Le soleil se couchait, la mer était calme, la caméra était fixée sur un côté du bateau. Ils ouvrent deux bouteilles de coca. « Santé, on ne voulait pas manquer la réouverture des terrasses ! ». L’apéro en question aura été beaucoup plus calme que sur les terrasses de Rennes jeudi dernier. Mais il souligne surtout une volonté de souffler dans une course où tout est si disputé et indécis que se ménager est un challenge en soit.

140 milles en latéral et 14 duos en tête

Chez les 14 duos de tête, les forces en présence sont donc toujours identiques, même si les concurrents doivent désormais lutter avec les sargasses. Eric Péron et Miguel Danet (L’Egoïste – Cantina St Barth) poursuivent toujours au Nord du groupe alors que Pierre Leboucher et Thomas Rouxel (Guyot Environnement – Ruban Rose) mènent la danse 140 milles plus au Sud, suivis à 35 milles par le surprenant duo Arthur Hubert – Clément Commagnac (MonAtoutEnergie.fr).

Entre L’Egoïste – Cantina St Barth et Guyot Environnement – Ruban Rose, 11 bateaux sont regroupés en près de 80 milles : Région Normandie, Skipper Macif, Bretagne – CMB Performance, Queguiner – Innovéo, Devenir, TeamWork, Cybèle Vacances – Team Play to B, Breizh Cola, Groupe Gilbert, Gardons la vue, Bretagne – CMB Océane.

« Aujourd’hui encore, ça devrait être tout droit avec 14 à 18 nœuds de vent, souligne le directeur de course, Francis Le Goff. L’alizé n’est pas très établi : les sudistes sont parfois plus rapides que les nordistes et inversement. Hormis Bretagne – CMB Performance, les autres semblent désormais avoir fait leur choix : on peut s’attendre à ce que les nordistes restent au nord et les sudistes au sud ». Mais dans les routages qui sont effectués, les deux options seraient au coude à coude à l’arrivée, de quoi garantir le suspense !

Du soleil et des rires

Dans cette guerre de position, il y a aussi des moments de grâce. La nature offre ses plus beaux atours dès que le soleil s’en mêle. On le constate en toile de fond de la vidéo tournée par Alan Roberts (associé à Violette Dorange à bord de Devenir) : le soleil couchant est puissant et irradie le panorama au point de faire oublier les nuages. À bord de Queguiner – Innovéo, le soleil charrie avec lui des teintes qui passent du rose au jaune et qui se jouent des nuages. La nature captée dans ce qu’elle a de plus brut.

Mais parce que le week-end vient de commencer et que l’air est forcément plus léger, on vous conseille de regarder Martin Le Pape. Yann Eliès est à la barre et Martin se présente seul face à la caméra à la manière d’un Youtubeur. Le reste ? Un fou rire assuré. « Je voulais vous parler d’une nouvelle marque de shampoing. Je viens d’essayer… Bon, ça ne mousse pas, j’ai l’impression que ça salit encore plus les cheveux. Du coup, ça fait des dreadlocks. Je vais renvoyer le shampoing à la marque pour voir si je peux me faire rembourser. »

Les mots du bord de la nuit

Violette Dorange et Alan Roberts (Devenir)

« On est en mode « attaque, attaque » ! Depuis hier, nous remontons petit à petit dans le paquet de tête. On a fait de la vitesse pour se placer plutôt au nord de la flotte afin de se positionner pour la bascule de droite prévue. On espère que ça va fonctionner et nous faire bien remonter dans le classement.Nous avons des sargasses depuis plus de 24h, aujourd’hui c’était un peu l’enfer, on était face à de vrais tas et lignes d’algues qui nous barraient la route. Et ça demande pas mal d’efforts ! »

Estelle Greck et Laurent Givry (RLC Sailing)

“Nous filons dans des surfs endiablés sous grand spi. Ça y est, nous avons sorti les shorts et le chapeau de paille. Nous avons profité de la première matinée sèche de cette transat pour tout faire sécher. Maintenant, nous sommes pieds nus (enfin dans des crocs) et même la nuit ! Sinon, les sargasses, c’est la catastrophe. Nous avons dû affaler deux fois le spi et faire marche arrière ! On se dit que ça va être de pire en pire et on ne sait pas comment on va faire ! »

Nicolas Bertho et Romuald Poirat (Kriss – Laure)

« Tout va bien, le moral est au rendez-vous. On met le cap sur les Antilles et on a hâte de découvrir Saint-Barthélemy. On a pris un peu de retard au départ donc on prend les trains de dépression. Hier soir, il y avait des rafales à 40 nœuds, ce qui a provoqué quelques petits dégâts sur les voiles qu’on répare petit à petit. Heureusement, avec l’aide de notre partenaire on a une bonne alimentation, ça se passe bien à bord et on a hâte de voir une mer plate et du soleil ! »