Class40. Départ de la 3 édition de la 40’ Malouine LAMOTTE ce jeudi à St Malo

Bassin de Saint-Malo

Ce jeudi 15 septembre à 11 heures, le coup d’envoi de la grande course de la troisième édition de la 40’ Malouine LAMOTTE sera donné au large de Saint-Malo. Les 31 marins en lice s’élanceront alors sur une boucle de 185 milles dont les détails ont été livrés par Franck-Yves Escoffier cet après-midi. Exit le parcours initial au cœur des îles anglo-normandes.

Afin de minimiser les risques à deux mois de la fameuse Route du Rhum – Destination Guadeloupe et ainsi de répondre au plus juste à la demande des skippers, les solitaires mettront d’abord le cap en direction de Fréhel avant d’aller virer un way-point dans le nord-ouest de Guernesey, de rejoindre le plateau des Triagoz au large de Perros-Guirec, puis de rallier la ligne d’arrivée. Si le tracé s’annonce complet, il promet aussi et surtout d’être englouti à vitesse grand V !Contrairement aux deux dernières éditions, la Direction de course a tranché ce mercredi, en fin d’après-midi : le parcours ne se jouera pas entre les Anglo-Normandes. « Plusieurs parcours de 122 à 177 milles avaient été envisagés entre les îles or pour répondre à la demande d’un certain nombre de skippers soucieux de réduire les risques d’abimer leurs bateaux à huit semaines de la Route du Rhum, nous avons donc opté pour une boucle en Bretagne nord. Cela promet un tracé un peu moins complexe sur le plan tactique mais cela réduit, de fait, les probabilités de rencontres fortuites avec des casiers de pêche même si un champ éolien va faire maintenant partie des zones à éviter », explique Franck-Yves Escoffier qui a donc validé un parcours de 185 milles, sous forme de grand triangle. « Les marins sortiront de Saint-Malo par le chenal de la Conchée, rejoindront le cap Fréhel puis un point GPS situé dans le nord-ouest de Guernesey au près avec des bords à tirer avant de redescendre sous spi jusqu’au plateau des Triagoz pour ensuite terminer par un bord de reaching avant de se présenter sur la ligne d’arrivée positionnée entre Saint-Malo et Dinard au terme d’une vingtaine d’heures de course », note l’organisateur dont les derniers routages laissent effectivement envisager les arrivées des premiers entre 7 et 10 heures, vendredi.

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« Un vrai sprint »

« Ça va être super intéressant car très complet. Il va y en avoir pour tout le monde et ça c’est chouette. A 50 jours du Rhum, cette 40’ Malouine LAMOTTE va être une parfaite répétition générale avec un régime de nord assez stable et entre 15 et 20 nœuds de vent au maximum », assure Stan Thuret qui se réjouit, comme l’ensemble de ses concurrents, d’avoir une ultime occasion de se confronter avant la transat. De valider un certain nombre de points techniques, de se jauger et d’évaluer le niveau de préparation de la concurrence. « Pour ce qui me concerne, c’est même ma première course en solo en Class40 ! Je suis donc vraiment content d’avoir l’opportunité de bien prendre mes marques à bord, même si j’ai déjà quand même fait ma qualif’ lors d’un convoyage retour de Marseille et que j’ai, par conséquent, déjà un certain nombre de milles au compteur en solo », a ajouté le skipper d’Everial. Même son de cloche ou presque du côté de Ian Lipinski (Crédit Mutuel). « Après une petite trêve estivale, cette 40’ Malouine LAMOTTE va permettre de se remettre dans le bain, de renouer avec la régate et de retrouver les copains de jeu. Trente bateaux sont au départ, c’est un joli plateau et le fait de prendre un départ, d’être à Saint-Malo, de voir les lieux, de prendre l’écluse…c’est forcément bien pour prendre certains repères avant la Route du Rhum. C’est un super entrainement et si l’envie de bien faire est évidemment là, comme à chaque départ de course, l’objectif principal reste néanmoins de ne pas abîmer le bateau. L’idée, c’est d’y aller de manière détendue et de relancer la machine, c’est-à-dire retrouver les automatismes », a ajouté le double vainqueur de la Mini Transat qui sait, pour avoir travaillé trois ans aux Glénans de Paimpol, que la zone est relativement mal pavée. A tout le moins très technique, avec des algues, des cailloux et des courants, entre autres. « Ça va être sympa à suivre mais intense pour nous sur l’eau ! », confirme Antoine Carpentier (Redman), le tenant du titre avec Pablo Santurde del Arco. « Je vais bien sûr essayer de réaliser le doublé mais ce ne sera pas facile. En premier lieu parce que ce n’est pas le même format que lors de la dernière édition qui s’était jouée en double. De plus, il y a beaucoup de bateaux récents et tout le monde a envie de bien figurer sur cette dernière épreuve avant la Route du Rhum. Ça s’annonce intense. Ça s’apparente clairement à un sprint. On ne va assurément pas dormir et c’est très probablement le niveau d’engagement des uns et des autres qui fera la différence à l’arrivée même s’il faudra évidemment bien naviguer, réussir à exploiter le bateau au mieux et aussi avoir un peu de réussite », a terminé le Trinitain.

Ils ont dit :

Pierre Casenave – Père (Legallais) : « Cette course va permettre de faire un peu de repérage avant le départ de la Route du Rhum. Ce sont des eaux que je ne connais pas du tout. Je sais qu’en Bretagne Nord, la zone est assez mal pavée. La course va permettre d’étudier un peu tout ça, de repérer un peu les cailloux. C’est vraiment une belle occasion de s’entraîner et de mieux connaitre l’endroit. Ça va permettre d’être un peu moins stressé le 6 novembre prochain. On va pouvoir se mesurer une dernière fois à la concurrence, continuer d’apprendre les bateaux et revalider un certain nombre de points techniques. On s’est entraîné dans du vent fort la semaine dernière et on a aussi eu des conditions un peu soutenues pendant le convoyage. On a abimé deux-trois petites choses qu’on est en train de réparer. C’est la dernière opportunité d’être sûr que tout est bien prêt avant la transat, mais globalement on est déjà très content du bateau. On sait que tout tient dans tous les types de conditions et de ce fait, on est plutôt serein. »

Yoann Richomme (Paprec Arkea) : « C’est la dernière confrontation avant le Rhum. Elle rentre donc dans le cadre de notre préparation. Après, une course reste une course. Sur le parcours qui nous est donné, on va avoir beaucoup de près, beaucoup de portant et un peu de reaching. Pour ma part, je n’ai pas de soucis particuliers de vitesse. Globalement le bateau est super polyvalent. Le but est de confirmer un peu tout ça. Ça va être court. On va à peine s’assoir pour faire la nav et on ne va même pas dormir. On va passer beaucoup de temps dehors, je pense. Le but, c’est de terminer les derniers réglages bateau et surtout se confronter aux autres. En dehors d’aller régater, je n’ai pas d’attentes particulières car le bateau est prêt et on a déjà beaucoup navigué. On va avoir en moyenne 15 nœuds de vent à peu près. Il ne va pas y avoir beaucoup de différences entre les bateaux. C’est sûr que tirer son épingle du jeu là-dedans, ça ne va pas être facile. Ce qui va faire la différence, ce sont les petites erreurs de nav et la vitesse… Il y aura certainement un peu de jeu avec les courants, les algues… il va y avoir de l’intensité dans la régate. Ça va être top ! »

Kieran Le Borgne (Recycleurs Bretons – Navaleo) : « C’est la dernière course avant la Route du Rhum et ma deuxième confrontation en solo à bord du bateau. Je pars d’abord dans une optique d’entraînement et en ce sens je suis content de régater ici à Saint-Malo, d’avoir l’occasion de passer les écluses et tout ça… ça va être une super course pour valider toutes les voiles et vérifier que tout fonctionne bien. Je vais essayer de faire au mieux. Normalement, sur des petits parcours, les écarts sont moins gros entre les premiers et les derniers. Le fait de partir au près va limiter un peu les différentiels entre les Class40. Après, évidemment, ça risque de s’étirer un peu mais c’est un parcours super complet et ça c’est bien. Je ne me mets vraiment pas de pression. L’idée c’est surtout de me positionner par rapport aux autres. De voir ce que je suis capable de faire par rapport à quels bateaux. Lors de la Drheam Cup, j’avais pu voir que le bateau pouvait quand même bien marcher dans certaines conditions. Là, ça va être une autre météo et ça va donc être différent. On part clairement pour un sprint et j’espère me faire plaisir, acquérir de la confiance pour la suite et avoir le sentiment du travail bien fait à l’arrivée. »

Mikaël Mergui (Centrakor) : « On a mis le bateau à l’eau début avril et on a commencé à naviguer début mai. On va dire qu’on n’est pas en avance. On est venu de Méditerranée jusqu’ici. On a donc quand même engrangé quelques milles à bord mais on ne s’est pas encore vraiment confronté à la vraie concurrence. Les « kingos » de la classe sont essentiellement situés en Bretagne. On va dire que cette 40’ Malouine LAMOTTE est une sorte de baptême du feu pour moi. En solitaire, j’ai fait du Mini 6.50 et un tout petit peu de Figaro. Ce n’est donc pas ma spécialité et je découvre encore plein de choses. Je suis content d’être là. Cette course va vraiment être une bonne mise en jambes. Le parcours que nous a concocté Franck-Yves (Escoffier) est super. Il est assez complet, avec un peu de tout, ce qui ne va pas privilégier les bateaux neufs plus que les autres. Ça va donc être assez ouvert mais aussi encore plus dur de bien figurer sur l’eau ! (Rires) C’est top, ça va permettre de bien prendre ses marques et de rentrer dans une sorte de petite routine à Saint-Malo avant le Rhum »