Sur Cercle Vert, on va attaquer

@ Alexis Courcoux / Cercle Vert

Alors que les leaders de la flotte de la Transat AG2R – La Mondiale ont maintenant laissé l’archipel du Cap Vert dans leur sillage, Cercle Vert est le nouveau leader au pointage. Positionné plus au nord que ses adversaires, qui, eux, ont choisi de passer au sud de l’archipel, il est plus proche du but. Ce classement est donc à prendre avec des pincettes, néanmoins, il fait du bien au moral de Gildas Morvan et Alexis Loison qui ont choisi de se démarquer, de tenter le tout pour le tout pour se donner la chance d’atteindre leur objectif de victoire à Saint-Barth.

Mais ils le savent, ce n’est que dans quelques jours qu’ils pourront évaluer leurs gains ou leurs pertes réels sur leurs concurrents. En attendant, ils restent sur une route plus courte et profitent d’un vent plus régulier. Ils viennent d’ailleurs de remporter, ce jeudi, le Trophée de la Performance avec 179,8 milles parcourus en 24 heures. Le point avec Alexis.

Comment ça se passe à bord de Cercle Vert ?
Tout va bien, Gildas et moi n’avons toujours pas divorcé ! (rires) Depuis deux ou trois jours, les conditions sont plus cool. C’est donc moins stressant et nous parvenons à mieux nous reposer même si nous passons énormément de temps focalisés sur la météo. Nous avons pris une option un peu différente en choisissant de passer au nord de l’archipel du Cap Vert. L’idée, c’était d’attaquer un peu car nous nous sommes fait un peu distancer au début et c’était un peu la seule façon de revenir. Sachez-le, nous n’avons pas rendu les armes, loin de là ! En choisissant de passer au vent des îles, nous savions que nous aurions des conditions moins perturbées mais qu’en plus, nous allions raccourcir un peu notre chemin. Pour l’instant, nous pointons en tête au classement parce que nous sommes plus proches du but. Nous verrons bien de ce que ça donne dans quelques jours.

Avez-vous hésité avant de prendre cette option ?
 Pour être honnête, un peu. Au large de la Mauritanie, on se disait qu’il y avait un coup à faire au Cap Vert. Nous en avons parlé et à un moment, nous nous sommes même ravisés en nous disant que potentiellement, nous pouvions « prendre cher ». Peu à peu, nous avons réfléchi et nous avons foncé. De fait, nous sommes partis avec l’objectif de gagner cette Transat et ce n’est pas en restant quelques dizaines de milles dans l’axe des leaders que nous aurions eu une chance de revenir au contact. Nous sommes aussi partis du principe que les fichiers météo ne sont pas hyper fiables dans le coin. Gildas m’a raconté qu’il avait déjà vu des transats où tout indiquait qu’il fallait filer au sud et qu’au final, ça avait marché au nord. Nous nous raccrochons à ça. Nous savons que le groupe du sud n’a aujourd’hui plus d’autres choix que de rester au sud alors que nous, nous pouvons encore descendre si nous le souhaitons. Nous pouvons doser et espérer, d’une part, de ne pas trop rallonger la route puis, d’autre part, de recroiser devant les copains du sud à un moment.

Un mot sur la suite ?
Aujourd’hui, il nous reste dix jours de course, si l’on en croit les routages. C’est sûr que nous gambergeons pas mal. Dès que nous recevons un nouveau fichier et de nouvelles positions, nous les regardons et nous adaptons notre trajectoire en fonction. En même temps, nous n’avons un peu que ça à faire ! (rires) Quoi qu’il arrive, nous aurons tenté un truc et nous y croyons dur comme fer. Nous sommes à fond dessus d’autant plus que c’est loin d’être simple. Le vent tourne beaucoup. C’est assez sollicitant à la barre et aux réglages. Cela nous oblige à empanner régulièrement et à ne jamais être trop loin de l’ordinateur. Cela étant dit, c’est franchement passionnant. »

Vous faîtes même un peu de tourisme cette année…
Oui, c’est vrai ! En quittant Concarneau, Gildas m’a dit : « profite, c’est la dernière fois que tu vois la terre avant les Antilles ». Au final, on l’aura très souvent vue, que ce soit aux Canaries, au large du Sahara occidental, de la Mauritanie, ou, maintenant, du Cap Vert. C’est assez rigolo comme trajectoire, et ça met un peu de piment. Le hic, c’est que ça rallonge la route et que cela nous oblige à surveille notre stock d’eau car, au départ, nous pensions réaliser une traversée de l’Atlantique rapide or elle ne le sera pas plus que lors des éditions précédentes. Mais bon, ne vous inquiétez pas pour nous, nous ne sommes pas en manque de quoi que ce soit ! (rires) »