A chacun son bateau

Le duo de skippers de Campagne de France, le voilier aux couleurs de la marque des Maitres Laitiers du Cotentin, Halvard Mabire et sa compagne Britannique Miranda Merron, a convoyé cet après-midi depuis Cherbourg leur Class40 respectif à Saint Malo. Les voiliers Campagne de France, que skippe Miranda, et Colombre XL dont Halvard a la charge, sont désormais amarrés dans le bassin des concurrents, quai Bajoyer, en compagnie, déjà, d’une petite dizaine de Class40. La longue attente d’avant départ, programmé pour le dimanche 4 novembre prochain, débute. Elle sera scandée de nombreuses sollicitations techniques, logistiques et médiatiques. De quoi entrer en douceur dans cette grande aventure sportive, la 3ème pour Miranda, 6ème en 2014, et la quatrième pour Halvard.

Il avait dit, « plus jamais! » en posant le pied sur les pontons de Pointe à Pitre en 2014. Halvard, déçu d’une course par trop ponctuée de soucis techniques, ne se revoyait par entreprendre à nouveau ce long (3 543 milles) périple transatlantique. Il a ainsi, ces derniers mois, consacré toute son immense énergie à peaufiner, bichonner et optimiser le Class40 Campagne de France né de son crayon et de son industrie en 2016, avec lequel il a déjà, en compagnie de Miranda, parcouru plus de 30 000 milles. Chasser le naturel, il revient à la vitesse des marées du Mont Saint Michel. Le navigateur de Barneville-Carteret ne se voyait décidément pas rester à quai. Le Class40 Pogo S2 ex-Campagne de France (N° 101) libre à l’usage, et grâce à l’amitié de son nouveau propriétaire, prêt à naviguer, Halvard s’est décidé. Il sera de nouveau sur la ligne de départ, au coeur de cette extraordinaire flotte de 52 monocoque de 40 pieds, face à sa compagne Miranda, à bord de ce bateau blanc dénué de sponsor qu’il connait par coeur pour l’avoir en partie construit en 2011.

« Je suis ravie de savoir Halvard sur l’eau » témoigne Miranda, qui n’accorde aucun crédit aux discours tout en modération de son compagnon « Je connais Halvard. Il déteste demeurer derrière. Il sent parfaitement les coups météos, et il ne fera pas un simple convoyage vers pointe à Pitre. »

La plus Normande des britanniques est, quant à elle et à 48 ans, au summum de ses capacités. Elle sera l’une des 6 femmes engagées dans cette 11ème Route du Rhum, sur 125 skippers, et l’une des trois en Class40. Sa sixième place en 2014 était déjà un indicateur fort de ses capacités à bien naviguer sur la durée. Elle maîtrise aujourd’hui parfaitement son Campagne de France qui n’a cessé, sous la houlette d’Halvard, de progresser à toutes les allures. « Je ne dispose pas du voilier le plus rapide » reconnait-elle, « mais nous n’avons pas de lacunes, avec même un petit plus au près, et dans les petits airs. »

Le couple de navigateurs Anglo-Normand reprend donc une rasade de Rhum, avec une belle envie très rafraichissante de signer une belle page de navigation, de voyage et d’aventure.