Safran enlève le bas !

Mise à l eau du monocoque Safran
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« On ne fait pas un bateau neuf, mais pas loin ! » Une plaisanterie, signée Thierry Brault, Team Manager du Safran Sailing Team. Entré en chantier fin juin, après le retour des Etats-Unis, le monocoque de Marc Guillemot bénéficie actuellement d’importantes améliorations. Tous les appendices ou presque vont être changés. Thierry Brault précise : « on installe de nouvelles dérives, de nouveaux safrans, une nouvelle bôme, une nouvelle quille ». Et s’il n’y a pas de nouveau mât, le gréement courant et dormant va lui aussi être remplacé par du neuf.

 Le chantier de Safran va durer tout ce mois de juillet, l’objectif étant de remettre à l’eau le bateau pour la fin du mois. « L’idée générale est de gagner du poids dans les éléments hauts pour le mettre dans les éléments bas », gage de performance, explique le Team Manager. « Ainsi, avoir une bôme plus légère permet de transférer ce poids dans la quille ».

Le tout calculé par l’architecte Guillaume Verdier, avec l’appui des sociétés du Groupe SAFRAN. En effet, les safrans vont être réalisés en « tissé 3D », une technologie issue du Groupe, utilisée pour les aubes des moteurs à réaction des avions. « En tissant du carbone avec cette méthode innovante, on obtient une meilleure résistance aux impacts et surtout on évite qu’un éventuel impact ne se dégrade en avarie plus grave, comme ce peut être le cas avec une fabrication classique » résume Pascal Chadail, Chef de projet chez SAFRAN.

En configuration « Vendée »

Le Vendée Globe étant une course unique et particulière, elle impose d’adapter le bateau. Ainsi Safran va être mis en véritable configuration pour un tour du monde en solitaire. Exemples : des réservoirs de gasoil d’une capacité plus grande que pour une transat vont être installés, mais aussi un désalinisateur pour obtenir de l’eau douce, des panneaux solaires pour l’énergie, et puis toute l’informatique va être revue. Des aménagements spécifiques pour faciliter les manœuvres et améliorer le confort du skipper sont aussi mis en place. Ainsi, en plus des deux « téléphériques » qui facilitent déjà le matossage du matériel (transfert du poids d’un bord sur l’autre lors d’un virement), « on va installer des caisses et des sacs supplémentaires, des rangements additionnels » note Marc Guillemot. Car le skipper embarquera nécessairement plus de vivres et de matériel pour ce tour du monde de trois mois que pour une transat d’une dizaine de jours… « On va aussi installer une sorte de tente dans l’habitacle, pour que je puisse me chauffer et sécher mes habits tant que faire se peut pendant le mois difficile qu’il y aura à passer dans le Grand Sud… où il ne fait pas bien chaud » se réjouit le skipper trinitain.

Demandez le programme !

Les modifications de quille et d’appendices imposent à Marc Guillemot un dernier parcours de qualification, à réaliser avant le 1er septembre. C’est en août que le skipper trinitain s’acquittera de ces 1500 milles, une qualification qui devrait durer une huitaine de jours. Pour l’instant, son programme est avant tout de faire du sport (souvent le matin) pour parfaire sa condition physique et de continuer à travailler sur les nouveaux outils météo. Sans oublier quelques jours de vacances en famille. Puis, il sera déjà temps de penser aux Sables d’Olonne, au grand départ…

Le jour J approche à grand pas !