Mise à l’eau du trimaran Ultim « Actual Leader » de Yves Le Blevec

@ Th Martinez

Après Sodebo 3, en attendant Gitana et Macif prochainement et plus tard dans le futur le nouveau Banque Populaire, c’est au tour du maxi trimaran Actual Leader de sortir du chantier afin d’attaquer le programme de course Ultim 2019-2023. Après l’hécatombe de la Route du Rhum, la flotte des trimarans géants Ultim se reconstitue peu à peu.

Le groupe Actual Leader ambitionne de devenir le premier acteur français indépendant sur le marché des agences d’emploi. Il grimpe une nouvelle marche dans le sponsoring voile en entrant dans le cercle fermé des armateurs de la classe emblématique des maxi trimarans dits « Ultims ». Après avoir racheté l’ancien Sodebo 2 après la route du Rhum, il a financé un chantier de 6 mois. Démonté, remonté, cartographié dans les moindres recoins, parés d’une nouvelle robe reprenant les couleurs des deux sociétés du groupe, le trimaran a été remis à l’eau le 13 mai 2019 à la base de Lorient. Une lente sortie de chantier, l’opération de grutage pour la mise à l’eau, l’installation – qui s’est avérée l’opération la plus délicate dans sa réalisation – de la dérive dans son puits. Enfin le bateau s’est finalement transformé en voilier avec le matage avant son départ vers son port d’attache de la Trinité sur mer.

Le skipper, Yves le Blevec, associé depuis 18 ans avec Actual ne cachait pas sa satisfaction. Morceaux choisis :
Course au large : Quel est ton état d’esprit avec cette sortie de chantier ?
Yves Le Blévec : « Je suis en confiance totale avec la nouvelle histoire qui est train de s’écrire, sur les valeurs portées par le bateau. Il y a un avant et un après avec cette mise à l’eau, on mesure tout le travail accompli pour l’équipe qui avait rendez-vous depuis longtemps avec cette date du 13 mai 2019. »

Quels sont les principaux changements réalisés pendant le chantier ?

« Les couleurs. Il s’agit d’ailleurs de la première fois que nous voyons les couleurs du bateau sous lumière naturelle avec cette mise à l’eau. Ce changement est très important. Le bateau est facilement identifiable, Jean-Baptiste Epron a fait un travail remarquable de création et de design. Réparer un bateau cassé, c’est finalement notre métier de tous les jours. Bien sûr, nous avons mis en place tout un schéma d’étude de structure pour améliorer sa fiabilité et nous lançons d’ailleurs de véritables recherches pour anticiper, détecter et prévenir les avaries avec de nouveaux capteurs.

Quelles sont les prochaines étapes ?
« Nous allons nous aligner dans une semaine au départ du Tour de Belle île ce qui est déjà un challenge en soi avec ce bateau qui était encore en pièces détachées il y a quelques heures encore. Sans aucun objectif sportif autre que d’être présent. Ensuite nous basculerons sur l’Armen Race pour faire 24 heures de bateau à haut niveau. Nous ferons également des courses au sud de l’Angleterre dont le Fasnet et ensuite le gros objectif sera Brest Atlantique en Novembre prochain. »

Ressens-tu du stress à l’idée de piloter un tel géant ?
Yves Le Blévec : « Non. Juste un peu d’appréhension, mais positive, celle qui permet d’éviter de faire des bêtises »

Christophe Nivelet