Vendée Globe. Ouverture du village du Vendée Globe : forcément différent !

Village Vendée Globe

Inauguré ce samedi 17 octobre 2020 à 9h, Le village départ du Vendée Globe vient d’ouvrir ses portes pour trois semaines. Soumis à un protocole sanitaire strict, accessible uniquement sur inscription, il n’échappe pas à la crise sanitaire. Habituellement synonyme de fête pour le grand public et l’ensemble de la communauté voile, cet évènement sportif majeur avait généré beaucoup d’interrogations depuis le mois de Mars. Impressions, constats et points de vue d’organisateur, d’armateurs et de marins.

Vendredi matin, veille de l’ouverture des membres de team ou des suiveurs se pressaient pour réaliser un test Covid, obligatoire pour obtenir la précieuse accréditation indispensable pour les professionnels. Quant au grand public, il doit obligatoirement s’inscrire – gratuitement- sur le site Internet de l’organisation à l’instar des visites de musée. Ils sont là : les 33 bateaux inscrits qui avaient jusqu’à vendredi 19h pour rallier le port des Sables d’Olonne sont tous fièrement amarrés aux pontons : certains flambants neufs avec des lignes très innovantes (Corum, L’occitane), des bateaux dernière génération fiabilisés et ayant déjà fait leur preuves (Charal, Apivia, LinkedOut), d’autres multirécidiviste de la navigation autour du monde (septième tour et cinquième Vendée Globe pour TSE – 4myPlanet ) Pour tous ces marins être au départ est déjà une victoire. Louis Burton (Bureau-Vallée) se félicite de l’organisation de ce « village départ qui ressemble à un village normal »

Interrogés, les armateurs tel Charal et Apivia ne sont pas perturbés plus que cela par la moindre fréquentation prévisible au village : « On passe d’une centaine de milliers à quelques milliers de visiteurs mais nous espérons les mêmes retombées media, tout le monde est dans le même bateau » souligne Mathieu Bigard Directeur du groupe Bigard. De plus la visibilité grand public sera peut-être plus forte sur le Net : « Charlie Dalin sera là à distance et nous aurons plus de temps pour chacun. Nous faisons avec le contexte, nous sommes présents, la course aura lieu et c’est le plus important. Je suis convaincu que le grand public va suivre la course encore plus que d’habitude, comme une échappatoire en cette période de restrictions » pronostique Jean-Bernard Le Boucher Directeur des Activités Mer chez MACIF.

La jauge de 5000 personnes sur le village est strictement contrôlée par un contrôle d’accès en entrée et en sortie. Avant d’arriver au plus près des bateaux- 600 personnes sont autorisées en simultané – le visiteur pourra notamment évoluer dans un espace immersif présentant la vie à bord d’un IMOCA. En dépit de toutes ces contraintes et un début poussif de fréquentation en matinée pour ce premier week-end, le grand public se pressait avec le sourire comme à l’habitude aux abords des pontons pour admirer les bateaux sous une météo clémente.
Pour le skipper, bien rentrer dans sa préparation mentale sera plus compliqué : en raison d’un confinement minimal de 7 jours avant le départ, souvent porté spontanément à 14 jours, il sera coupé de son bateau. Toujours souriant Maxime Sorel (V&B – Mayenne) est un peu contrarié : « ne pas avoir accès au bateau la dernière semaine me dérange, j’aime bien organiser moi-même mes affaires à bord ». Jérémie Beyou (Charal) lui se souvient de la Vendée Arctique Race 1ere course IMOCA post confinement courue en juillet : « J’appréhende, pour cette course nous avions respecté scrupuleusement les quelques jours d’isolement. J’étais complément coupé de mon bateau et du team. Le matin de la course j’étais perdu en débarquant sur le bateau, j’ai été cueilli à froid ! Nous avons dû nous réorganiser pour que cela ne se reproduise pas »
Certains skipper ont des remplaçants en cas d’accident – domestique par exemple – mais aussi d’empêchement lié à la pandémie. Pour ce dernier cas, deux options : se faire remplacer ou à l’instar de Thomas Ruyant (LinkedOut) tout faire pour être prêt à partir dans le délai de dix jours pour franchir la ligne de départ et être en course.
Différent mais pas pareil ! Néanmoins il convient de saluer l’exploit des organisateurs qui ont réussi à maintenir cet évènement sportif planétaire alors que l’Euro de football et les JO ont été reportés. Le mot de la fin pour Yves Auvinet Président de la SAEM Vendée et du Département de la Vendée qui a coupé le ruban inaugural : « C’était important de maintenir la flamme. C’est un Vendée Globe atypique. Nous avons tout fait pour que la course passe dans de bonnes conditions. Notre rôle est de protéger les skippers et d’un autre coté nous avons travaillé le village avec les instances nationales. Restons positif, cela peut apporter l’étincelle et un petit brin d’optimisme dans un mode perturbé. Il faut positiver, garder le cap et que cela reste une fête »
Christophe Nivelt