Route du Rhum. Arrivée serrée entre Erwan Le Roux et Quentin Vlamynck en Ocean Fifty !

On attendait une arrivée à suspens entre Erwan Le Roux (Koesio) et Quentin Vlamynck (Arkema) pour la victoire en Ocean Fifty. On est servi. Les deux skippers en approche de Basse-terre sont bords à bords ce dimanche matin, à quelques heures seulement de l’arrivée.

C’est à égalité ou presque que les deux solitaires ont débordé la Tête à l’Anglais aux environs de 7 heures ce matin, avant d’attaquer le fameux tour de l’île de la Guadeloupe. Pour l’un comme pour l’autre, l’enjeu est évidement de taille. S’il l’emporte, Erwan Le Roux entrera alors dans le cercle très fermés des doubles vainqueurs de l’épreuve. S’il s’impose, Quentin Vlamynck signera quant à lui son premier grand succès en solitaire après déjà une très belle victoire en équipage cette saison dans le cadre du Pro Sailing Tour.
« J’aurais préféré un autre scénario, mais c’est un beau scénario, une belle régate ! », a commenté Quentin Vlamynck (Arkema) ce matin, peu après avoir cédé les commandes de la course à Erwan Le Roux (Koesio), revenu comme une balle ces dernières douze heures. « Je récolte les fruits de mon décalage plus nord réalisé hier en début de journée. Quentin a été obligé de se rapprocher de moi pour me contrôler, et il ne l’a pas fait dans des conditions optimales. Cela m’a permis de recoller au score », a détaillé de son côté le skipper de Koesio, alors lancé à plein badin en direction de la pointe nord de la Guadeloupe. « C’est un peu chaud. J’ai affalé le gennaker et je file sous J1 entre 27 et 30 nœuds de moyenne. Il y a un peu de tension. Le risque, c’est notamment de se prendre un truc dans l’eau. A cette vitesse, c’est flippant », a ajouté Erwan qui devrait, à ce rythme, déborder la Tête à l’Anglais aux alentours de 7 heures (heure de Paris), ce matin. « Tout va clairement se jouer sur le tour de l’île qui, je l’imagine, sera fidèle à son habitude, avec des zones de molles, des dévents et des petites risées. Le but du jeu sera de réussir à exploiter tout ça au mieux », a détaillé le Trinitain qui, contrairement à son adversaire, a d’ores et déjà l’expérience de trois Route du Rhum (2010, 2014 et 2018). « Sur cette portion du parcours, il n’existe pas de règles. Aussi, tant que la ligne ne sera pas passée, on gardera foi en nos chances de victoire », a assuré le solitaire qui, plus que jamais, peut rêver de doublé après sa première victoire il y a huit ans, avec à la clé, le record de l’épreuve à la clé (11 jours, 5 heures et 13 minutes). « Le duel avec Quentin ? On ne pouvait pas espérer meilleur contexte, ni meilleur adversaire. En début d’année, on a conclu un pacte d’entraînement commun. Quand on était en stage à Port Médoc en septembre, on n’aurait pas imaginé que l’on se retrouve tous les deux en même temps à la Tête à l’Anglais, en tête de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Ça fait plaisir ! » a assuré Erwan Le Roux. « Ça rajoute du piment dans le match et il ne faut rien lâcher. Je vais faire mon maximum et on verra bien le résultat. Ça aura été une belle transat en tout cas. Ça peut même être un finish historique ! », a relaté le skipper d’Arkema qui a longtemps dominé la course avant d’être franchement mis sous pression par son adversaire il y a trois jours. « Ce n’est pas évident de naviguer dans ces endroits, avec les grains. Cela impose énormément de vigilance. Il faut être dessus en permanence. Dans l’instant, je n’ai pas la bonne voile mais avec Erwan si proche de moi, je n’ai plus le temps de manœuvrer. Je fais juste en sorte d’aller le plus vite possible en gardant le bateau dans le bon sens », a commenté Quentin qui s’est, certes, fait souffler le leadership vers 3 heures ce dimanche, mais qui sait bien que ce sont les 60 derniers milles après la Tête à l’Anglais qui feront toute la différence. Bonne nouvelle ou pas pour lui, le contournement de l’île devrait se faire dans des conditions classiques, comme pour Arthur Le Vaillant (Mieux) en Ultim 32/23 hier. En clair : les zones de dévents au sud-ouest de Basse-Terre ne devraient être pénalisantes que temporairement, à tout le moins en théorie. Le verdict ? Il est attendu en fin de matinée ou à la mi-journée (heure de Paris) !

- Publicité -
20/11/22 – 05h28 : Vacation / Ocean 50 – Quentin Vlamynck / Arkema – © 6ème Sens
20/11/22 – 05h26 : Vacation / Ocean 50 – Erwan Le Roux / Koesio – © 6ème Sens

La part belle à la vitesse

Du côté des IMOCA, en tête de flotte, le duel entre Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) se poursuit également intensément. A peine dix milles séparent les deux leaders qui voient remonter à moins de 50 milles de leurs tableaux arrières Jérémie Beyou (Charal). Indiscutablement le concurrent le plus rapide du peloton actuellement, le marin de la baie de Morlaix ne ménage plus ses efforts à désormais moins de 500 milles de l’arrivée. « Je suis bien revenu sur ceux de devant et j’ai creusé sur ceux de derrière, c’est bien. Je suis à l’attaque. Je n’ai pas réduit la toile donc c’est un peu chaud car il y a entre 23 et 26 nœuds de vent en moyenne, avec de bons grains », a relaté le skipper de Charal qui a décidé de lâcher ses coups pour ne rien avoir à regretter. « J’ai essayé d’empanner un peu à l’intérieur de la route pour ne pas me mettre derrière les autres. A ce stade, il faut tenter des choses. L’idée, ce n’est pas seulement de garder Kevin Escoffier (Holcim – PRB) mais aussi de recoller sur les deux premiers. Si jamais une porte s’ouvre, il faudra pouvoir la saisir pour entamer le tour de l’île pas trop loin derrière eux », a indiqué Jérémie Beyou qui, comme ses concurrents directs, poursuit sa route en bâbord amure sur un bord tout schuss en direction de l’île Papillon. « Cette ligne droite, on en a pour 20 heures et ça va être 20 heures d’enfer », a promis le Finistérien qui doit, comme toujours, trouver le meilleur compromis entre vitesse et préservation du matériel.

20/11/22 – 05h29 : Vacation / IMOCA – Jérémie Beyou / Charal – © 6ème Sens


Même programme pour Yoann Richomme (Paprec – Arkea), solide leader en Class40 avec désormais plus de 110 milles d’avance sur la concurrence. « Ça commence à devenir confortable. Tant mieux, mais j’ai hâte de mettre le spi et d’en profiter un peu plus. Ce bord tout droit sur le même réglage depuis trois jours, c’est facile mais ce n’est pas très intéressant. J’en ai un peu marre, même si j’ai l’avantage de la situation en étant en tête », a concédé le tenant du titre qui reste, ce matin, plus véloce que l’ensemble de ses rivaux. « Je n’arrête pas de creuser. Je bénéficie d’un meilleur angle de vent ou de plus de vent. Peut-être même des deux ! », a raconté Yoann Richomme qui devrait très vite remplacer son gennaker par son spi dans la journée. « Le bateau sera un peu plus à plat mais ça ne sera pas plus tranquille. On va garder du vent soutenu jusqu’à l’arrivée. L’alizé est bien fort », a souligné le marin qui va continuer sa route tout droit encore un moment. « Niveau stratégie, il n’y a pas grand-chose à faire », a terminé le skipper de Paprec – Arkea. Aller le plus vite possible, tel est donc l’enjeu du moment, pour tous et dans toutes les classes en ce moment !

20/11/22 – 05h27 : Vacation / Class 40 – Yoann Richomme / Paprec – Arkea – © 6ème Sens