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Record. Guirec Soudée, Alexia Barrier et Globe40, Christian Dumard sur tous les fronts !

Routeur de Guirec Soudée, d’Alexia Barrier sur The famous Project et sur la Globe40, le météorologue Christian Dumard, patron de la société MWI est plutôt occupé. Les prochaines 24h s’annoncent denses avec l’après Cap Horn sous haute tension pour Guirec et le passage du pot au noir pour Alexia.

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Guirec Soudée s’attend a vivre des heures difficiles jusqu’à demain après-midi à bord de son trimaran Ultim MACSF. Son record du tour du monde à l’envers se joue en partie maintenant, là où toute sles précédents tentatives ont échouées jusqu’à maintenant. Au programme à partir de ce jeudi 19h et jusqu’à demain vendredi 20h, des rafales à plus d e50 nds et une mer formée avec des creux de 4 à 6m.
Christian Dumard nous explique la route de Guirec et ce qu’il attends ces prochaines heures :

Christian Dumard : Il va couper le front en allant vers l’ouest puis repartir vers le nord avec le vent d’ouest. L’objectif est de remonter assez haut dans le nord, peut-être vers l’île de Pâques, puis de traverser le Pacifique plutôt dans la zone d’alizés. Il y a un front qui passe avec du vent d’ouest et il va essayer de se dégager rapidement plein nord avant le suivant, qui arrive les 17-18.

Depuis le Cap Horn, il n’est pas au potentiel du bateau ?
Le bateau peut aller beaucoup plus vite que ça, mais les objectifs de vitesse que nous avions fixés avec Jean-Baptiste Le Vaillant, qui travaille avec lui, sont ceux-là. Depuis le passage des Falkland, on est bien dedans. Tout se passe bien. Le problème, c’est que nous sommes dans des zones où les vents sont quand même très forts et très instables, ce que les modèles ne voient pas forcément. Tu peux attendre 15 nœuds et te retrouver avec des rafales à 25 ou 30 nœuds. Donc en solo, l’objectif est vraiment d’être toilé pour le maximum de rafales que tu peux rencontrer. Évidemment, 80 % du temps, c’est plus lent que ce que le bateau pourrait faire.

L’état de la mer joue également…
Il ne faut pas casser le bateau. L’objectif de Guirec, c’est d’arriver dans un temps correct. Dans les prochaines heures, il va y avoir environ cinq mètres de mer de travers pendant vingt-quatre heures, avec 35 nœuds de vent et des rafales à 40-50 nœuds. Il va naviguer avec trois ris dans la grand-voile ou trois ris J4. L’objectif n’est pas d’aller vite, mais d’avancer avec des vitesses cibles comprises entre 12 et 15 nœuds. Sous-toilé, il n’y a normalement pas de danger de chavirage. En revanche, ce qui est compliqué, c’est que lorsque tu sous-toiles le bateau, le flotteur au vent vient taper dans la mer. Il va remonter pendant 36 heures sur 600 milles. À partir de 450 milles, il sera tiré d’affaires !

Comment cela se passe avec Guirec ?
Ce qui est sympa avec Guirec, c’est qu’il est très réfléchi. Il a une équipe technique à terre qui le suit et qui est aussi excellente pour anticiper les conditions à venir, les manœuvres et les choix de configurations de voiles. Guirec écoute beaucoup, mais il pose aussi des questions et échange. Il navigue très bien lui-même, il comprend pourquoi, et il sait s’adapter. Si le vent est un peu plus adonnant, il saura de lui-même s’il vaut mieux faire un compromis rapide ou en profiter davantage. Là-dessus, il ne pose pas beaucoup de questions : il le sent très bien. Il a un super sens marin, comme beaucoup de gens qui ont navigué jeunes dans des endroits un peu extrêmes. Ils développent un ressenti très fin. Guirec a clairement cette qualité-là, un peu comme un Bourgnon ou un François Gabart qui ont navigué très jeunes. Quand tu commences à naviguer à 17 ou 18 ans, tu acquiers des sens presque innés. C’est un mode d’apprentissage différent de celui des adultes.

C’est la première fois que tu le routes et que lui-même est routé ?

C’est la première fois que je le route et c’est aussi la première fois qu’il a une relation avec un routeur à distance. On s’était connectés une seule fois pour tester un peu tout ça. On échange sur WhatsApp et une à deux fois par jour au téléphone. Les données météo que nous avons sont assez fiables. Nous les comparons à celles qui arrivent du bateau toutes les dix minutes.

La suite ce sera quoi dans 3 jours ?
Ensuite, dans les alizés, cela devrait être plus confortable pour faire de l’ouest et traverser le Pacifique au-dessus de l’anticyclone vers la Nouvelle-Calédonie, puis jusqu’en Australie en passant par le nord ou le sud. On verra au milieu du Pacifique quelle sera la meilleure route. Il peut y avoir des cyclones ou des dépressions tropicales. En tout cas, il était impossible de passer en multicoque par la route sud le long des glaces : cela aurait été trop dangereux en solo.

Pour Alexia et Idec Sport, l’ETA d’arrivée se précise ?
Oui, Alexia et son équipage IDEC Sport devraient arriver dans la nuit du 23 janvier. Elles naviguent très bien en termes de navigation et de choix de route. Leur début n’a pas été très rapide, puis elles ont pris le bateau en main et elles vont réaliser un très bon temps entre le Cap Horn et l’Équateur, peut-être le deuxième meilleur temps. Elles vont très vite maintenant. Je pense que c’est le fruit d’une progression dans la connaissance du bateau et du rythme à bord.

Et la Globe 40 ?
Les premiers bateaux sont très rapides. Le dernier navigue proprement aussi. Évidemment, ce n’est pas la même génération de bateaux, mais ils sont groupés et il y a une deuxième course derrière. Les Brésiliens sont un peu plus engagés et vont un peu plus vite.
Ils ont des conditions dures, mais ils naviguent bien dedans. Il y a quelques jours, nous avons suivi de près une grosse dépression qui arrivait, mais finalement elle s’est un peu atténuée. Globalement, les limites que les IMOCA se fixaient sur The Ocean Race sont les mêmes que celles que se fixent les Class40 en termes d’état de mer et de force de vent. Les Class40 sont des bateaux très marins. À six mètres de mer, les bateaux naviguaient encore très bien et pouvaient faire route normalement.