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Spi Ouest. Une belle édition malgré la crise

Le voilier SAGA en IRC A d'Alain Foulquier lors d'une régate du Spi Ouest-France Destination Morbihan. 330 équipages régatent ce week-end du 25 au 27 septembre en baie de Quiberon au départ de la Trinité-sur-Mer (56). Ollivier - Le Gall / Ouest-France

330 équipages étaient présents pour cette édition du Spi qui se courrait en septembre. Au moins, on a pu courir en Bretagne. D’autres dans le sud n’ont pas eu cette chance. Les mesures sanitaires étaient drastiques sur le village et alentours mais sur l’eau tout était oublié. Les équipages ne pensaient qu’à une chose : en découdre et même encore dimanche où certains n’étaient pas rassasiés.

88 régates ont été courues avec de la grosse brise et du vent léger offrant des condition idéales aux 1700 navigateurs.
En J/80 : ASPTT Nantes vainqueur des 37 monotypes !
37 inscrits et des matches à tous les étages comme d’habitude en J/80. Cette série monotype démontre à chaque fois la grande homogénéité des équipages qui bien souvent connaissent par cœur leur bateau et les petits secrets d’une belle manœuvre. Il fallait être bon surtout dans ces conditions brusques et très variables. Simon Moriceau et son équipage remportent donc cette 42ème édition du Spi devant Elite Ecole Navale et Navigatlantique de Anne Phelipon.

J/70 : Les Rochelais intraitables
Avec 4 victoires de manche sur 6, le J/70 Pierre Ocean skippé par Hervé Leduc fut difficile à battre quelles que soient les conditions. L’équipage de La Rochelle a su parfaitement maîtriser la flotte des 13 monotypes devant Sage Engineering Sailing Team de Damian Michelier et Virtual Regatta de Philippe Guigné qui termine sur la troisième marche du podium.

Open 5.70 : Roulez jeunesse
Difficile de battre Titouan Giannantoni et son jeune équipage de Paimpolais : 4 victoires de course sur 6 courues, une maîtrise parfaite du bolide même dans le vent tonique et imprévisible. Ils étaient 22 à courir derrière eux, 22 équipages diablement motivés et visiblement heureux de participer au Spi Ouest-France Destination Morbihan, comme s’ils entraient dans la cour des grands. 2ème à 10 points, Emilien Polaert et ses équipiers sur Cercle de Voile de Saint-Aubin-Elbeuf devancent de deux petits points les Nantais skippés par Louis Liegey. Pour la catégorie des Open 5.70, le Spi Ouest-France Destination Morbihan représentait également le championnat de France de la série : CRAS Nautique Paimpol est donc champion de France !

ETF 26 : Billy Besson sur Ethik, loin, très loin devant…
Si les 6 équipages en ETF 26 n’ont pas pu naviguer vendredi pour cause de grosse brise, 8 courses ont été lancées et pas des moindres ! Car sur ces petits catamarans à foils, la concentration et l’agilité demeurent de précieuses alliées. A ce petit jeu complètement fou, Billy Besson, quadruple champion du monde de Nacra 17, et ses équipiers Matthieu Vandame et François Morvan, remportent toutes les courses haut la main devant Jean-Pierre Dick, 2ème et Jean-Christophe Mourniac, 3ème.

Open 7.50 : O’Tomate roi de la glisse
Pas de régate vendredi non plus pour ces surpuissantes luges dotées d’immenses spis asymétriques, mais un week-end de franches bagarres sur l’eau pour les 5 équipages présents. Un joli duel s’est déroulé tout au long des 7 courses courues entre O’Tomate skippé par Matthieu Leys et Le Kermancy-Open Bar mené par Sébastien Thétiot. O’Tomate l’emporte d’une courte tête !

Mach 6.50 : Et de deux pour Paul Cloarec sur L’Ankou !
7 Mach 6.50 se disputaient le graal, 7 grands habitués de ce support de glisse diablement exigeant surtout dans la brise. L’équipage de Carantec de Paul Cloarec sur L’Ankou remettait son titre en jeu devant deux bateaux trinitains, ceux de Manu Guédon et de Mathieu Jones. Au final, L’Ankou l’emporte d’un seul petit point devant Alternative Sailing.
Diam 24 OD : Des Havrais en grande forme
Il fallait avoir le nez creux pour choisir le bon côté du plan d’eau, l’expérience pour se sortir des enroulements de bouées parfois rocambolesques et le physique pour tenir la cadence infernale des 7 parcours lancés aux 22 équipages ! Au final, après trois victoires de manches, Guillaume Pirouelle et ses équipiers havrais sortent grands vainqueurs de ce 42ème Spi Ouest-France Destination Morbihan devant Matthieu Souben (Extreme team Morbihan Mille Nautique) et Solune Robert (Golfe du Morbihan). A noter un fort vent de jeunesse dans cette catégorie reine du Spi, de plus en plus plébiscitée par les amateurs éclairés de tout l’hexagone.

IRC A et B : Racing Bee 2 et Tiger vainqueurs incontestés !
Ils ont mené le bal de bout en bout, contrôlé chacune des flottes des 23 (IRC A) et 22 (IRC B) équipages. Racing Bee 2, le JPK 10.10 cherbourgeois et Tiger, le Mmw33 de Anne Quentin n’ont fait qu’une bouchée de leurs adversaires en leur infligeant un écart de plus de 10 points au classement général. Une fessée comme on dit dans le jargon !
Osiris B et C : un classement très serré
Il y a égalité de points en Osiris B entre le First 32S5 de Nicolas Troquer (Aquarius II) et le Sun Fast 32 GTE (Groupe Pr) de Nicolas Le Coz ! Aquarius II l’emporte au final ayant gagné la dernière course, c’est dire si les 5 régates ont été disputées. En Osiris C, c’est le J24 Jeronimo du Crouesty qui sort grand vainqueur du match avec le Surprise Q Souezhadenn basé dans le golfe du Morbihan. Les locaux ont été à la fête en baie de Quiberon connaissant parfaitement les petits coups à jouer…

Grand Surprise : Les Normands à la régulière
Quelle flotte que celle des Grand Surprise ! 33 équipages ont joué des coudes trois jours durant sur des régates ultra serrées dont personne ne pouvait prédire le podium encore ce matin. Au final, ce sont deux équipages de Saint-Aubin-les-Elbeuf qui l’emportent. Victoire donc pour Les Artistes Peintres skippé par Antoine de Vallavieille et deuxième place pour Rouen Port Maritime de Paul Hebert. Les deux équipages féminins représentantes du corps médical, qui découvraient le Spi Ouest-France Destination Morbihan à bord de MACSF Horizon Mixité, terminent aux 15ème et 26ème place.

First 31.7 : des amateurs bien éclairés
Ils étaient 11 inscrits et se sont livrés à de belles bagarres en baie de Quiberon. Ce matin au café, les deux équipages de tête étaient à égalité de points. Autant dire que sur le dernier grand parcours banane, le match fut grandiose entre City’Zen Remorque Center et Le Bistrot du Marin. Ce dernier n’a rien pu faire contre l’équipage brestois surmotivé, et rétrograde au pied du podium. City’Zen l’emporte donc… Gageons que la revanche aura lieu sur le Spi 2021 !

Osiris A : Le Sun Fast 3200 Haka sur la plus haute marche du podium
L’équipage du pays des Abers remporte haut la main ce 42ème Spi devant le J105 Passiflore de Charles Gury du yacht Club de Crouesty. Les Baulois sur le X442 Ster Wenn 5 skippé par Pierre Sallenave sont troisièmes. Haka signe une belle victoire en terminant largement devant ses concurrents avec 12 points d’écart sur le 2ème et 13 points sur le 3ème.

IRC Double : Les lauriers pour Ozon/Pouligny sur leur Sun Fast 3300 Sapristi
Il y a eu du sport dans la catégorie qui comptait le plus grand nombre d’inscrits. 61 tandems sur des bateaux pointus et techniques, des skippers de renoms ou non, mais surtout des marins qui connaissent parfaitement leur monture et la musique de la régate. Le menu fut pour le moins complet et pimenté sur cette 42eme édition du Spi avec des parcours côtiers à gérer entre grands bords de portant, manœuvres à raser les cailloux, et beaucoup de tactique. Alexandre Ozon et Cédric Pouligny l’emportent donc devant les très bons Jean-Pierre Kelber et Fred Duthil sur leur JPK 10.30 Léon. Le Sun Fast 3200 rochelais Whatelse termine sur la troisième marche du podium. Sapristi s’est vu également remettre le trophée du Spi Ouest-France Destination Morbihan 2020 qui récompense l’équipage qui a remporté le plus de manches dans sa catégorie eu égard au nombre d’inscrits. Un trophée qui sera remis en jeu l’an prochain !

Multi 2000 : Guyader (TS 5) impérial !
Sur les 18 bateaux au départ vendredi, il y a eu un peu de grabuge dans la flotte des multicoques habitables. Il faut dire que la première journée très musclées (25 à plus de 30 nœuds de nord-ouest) a vu un chavirage (Glomérule, Tricat 30) et des équipages qui ont préféré jouer la prudence en rentrant au port. Sur le TS 5 Guyader, les manches se sont enchaînées avec grande maîtrise : 3 parcours, 3 victoires ! Acapella et Tiger 6 complètent le podium.

Class40 : Un fauteuil pour deux
Sur les 5 équipages, deux étaient sur le papier susceptibles de l’emporter. Deux Class40 de dernière génération dont un fraîchement mis à l’eau : Lamotte Modul Création de Luke Berry et et Leclerc Ville La Grand d’Olivier Magre. Au jeu du chat et de la souris, c’est Luke et son équipage qui s’offrent deux victoires de manches.
Rendez-vous du 1er au 5 avril 2021 pour la 43ème édition du Spi Ouest-France Destination Morbihan.

Ils ont dit
Philippe Joubin, directeur du Spi Ouest-France Destination Morbihan
« Nous nous sommes vraiment battus avec Ouest-France, la Société Nautique de la Trinité-sur-Mer et Christophe Gaumont de la Fédération Française de Voile pour maintenir le Spi Ouest-France Destination Morbihan. Nous n’avions qu’une seule ambition : assurer des régates. Ensuite, pouvoir organiser un village, c’était un peu la cerise sur le gâteau en cette période de crise sanitaire. Il y avait une grosse frustration de la part des coureurs, et aujourd’hui nous sommes super contents d’avoir eu 330 bateaux ! Ce fut un Spi exceptionnel, le niveau des régates était incroyable, d’un très bon niveau. Le comité de course a tout mis en œuvre pour envoyer un maximum de manches malgré les conditions toniques de vendredi et le blocage des pêcheurs samedi matin. La prochaine édition se tiendra du 1er au 5 avril 2021. On espère que la crise de la COVID sera dernière nous et que nous pourrons donner encore plus de dimension au Spi à terre. Nous allons également essayer d’intégrer de nouvelles catégories de bateaux. Il ne faut pas qu’on s’endorme, il évoluer en même temps que la voile évolue ! »

Paul Meilhat, Domino’s 4 Vents Cup, Half Tonner, IRC B
« Nous sommes un bon équipage de copains, et ce fut un plaisir de naviguer après cette année pas drôle du tout. J’adore le Spi, j’en ai fait beaucoup, mon premier quand j’avais dix en Figaro 1, ensuite sur Diam 24, M34… Pour le moi le Spi, c’est les retrouvailles avec le milieu de la voile, et cette année cela prenait encore plus de sens. C’est la fête de l’habitable, c’est populaire, il y a de l’échange. Notre bateau est un half tonner, il a le même âge que moi ! Il a été construit en 1983, on l’a acheté il y a dix-sept ans avec des copains. »

Alexis Vaganet, Papillon, JPK 10.10, IRC B
« C’était incroyable ! Ces trois jours ont paru une semaine. Il y a eu des lumières hallucinantes. Nous étions un peu en arrière de la flotte alors on avait le privilège de voir les flottes. Il y a eu de la tactique, de la gestion des cailloux sur les parcours côtiers, c’était de superbes moments. La voile est quand même une communauté incroyable, et il faut dire qu’on avait tous le syndrome du cheval dans son box ! On était trop contents de se retrouver et de régater tous ensemble. »

Jean-Luc Van den Heede, Matmut 2, Osiris habitable
« On a explosé notre génois. C’est le problème quand il y a du vent, tout ce qui est fragile casse. Ouh la la ! Le nombre de Spi Ouest-France ? Une bonne quinzaine et sur plein de supports différents. C’est une régate très sympa parce qu’il y a plein de bateaux, c’est une ambiance que j’aime. Je n’aime pas que les grandes régates en solitaire, j’adore l’équipage. Là, c’est un équipage de très bons copains qui régatent avec moi aux Sables d’Olonne. Tout le monde est content surtout cette année de se retrouver tous ensemble sur le même plan d’eau. Je ne regrette pas d’être venu et on repart tout de suite aux Sables d’Olonne, on rentre de nuit ! »

Boris Rohou, Pludpolemic, Open 5.70
« Cela fait du bien une grosse régate comme ça, surtout qu’on a eu des conditions exceptionnelles, avec beaucoup de vent. Sur ces petits bateaux, c’est technique, très intéressant. On vient de Socoa au Pays basque et c’est super de naviguer avec du monde, de se frotter à la concurrence. Nous terminons 7e au classement général, et nous sommes vraiment contents. »

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Nautic. Annulation du Salon Nautique de Paris

© R.Dobremel/AFP/Nautic

On pouvait s’y attendre. Après La Rochelle, Cannes, le Salon Nautique de Paris est également annulé. Une décision prise par la Fédération des Industries Nautiques (FIN) à la suite des nouvelles mesures gouvernementales.

Le ministre de la santé, M. Olivier Véran, a annoncé hier une série de mesures plus restrictives pour Paris et notamment la baisse de la jauge maximale autorisée pour les grands évènements, qui passe de 5 000 à 1 000 personnes. Cette règle, et plus généralement le contexte sanitaire, ne permettent plus, à ce jour, d’envisager raisonnablement de tenir le salon nautique cette année.

Chaque année, le “Nautic” rassemble en effet début décembre Porte de Versailles plus de 200 000 visiteurs et plus de 800 exposants. Compte tenu de ces éléments, la FIN avait déposé une demande auprès de l’Etat afin de pouvoir organiser trois salons avec une gestion stricte des flux. Ce projet permettait de respecter la jauge maximale des 5000 visiteurs par salon, tout en veillant à ne pas exposer tant les professionnels que les pratiquants à des risques en matière de santé.

« Les nouvelles mesures précipitent notre décision et ne nous laissent plus le choix. Les conséquences vont être lourdes, notamment pour toutes les PME pour lesquelles les salons sont des moments clefs pour leurs chiffres d’affaires. Les salons d’automne et d’hiver sont de véritables places d’affaires où se traite 70% des commandes annuelles. Ils sont des points de repères essentiels dans notre écosystème économique. Nous mettrons tout en oeuvre pour continuer d’aider au mieux l’ensemble des entreprises de la filière nautique française à traverser cette nouvelle épreuve et à préparer l’avenir pour 2021 », déclare Yves Lyon-Caen, Président de la FIN.

La FIN envisage de lancer dans les prochains jours un événement digital « tourisme, territoires, destinations nautiques et innovation »

Rien ne peut aujourd’hui remplacer un salon nautique. Cependant, en attendant que la situation s’améliore, la FIN est déterminée à développer toutes les solutions qui peuvent réduire l’impact économique de la crise pour les entreprises.

“La France est un grand pays nautique. Plus de 11 millions de nos concitoyens pratiquent des sports ou des loisirs aquatiques. Pour soutenir l’activité, préparer la saison estivale prochaine, valoriser l’offre des territoires nautiques, sur le littoral comme à l’intérieur des terres, dans l’hexagone comme en outre-mer, nous souhaitons proposer une solution innovante aux acteurs du tourisme nautique dans les prochains jours”, déclare la FIN. Le concours national sur l’innovation nautique qui se tient habituellement au salon de Paris devrait également pouvoir bénéficier d’une déclinaison digitale cette année.

La FIN appelle à organiser le rebond de la filière nautique

La filière nautique est forte de plus de 5 500 entreprises, 45 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects dans les territoires. “Si nous souhaitons maintenir nos emplois, notre savoir-faire unique, notre leadership sur le plan international, il faut que nous concrétisions avec le gouvernement un plan de relance de la filière. Nous y associerons tous les entrepreneurs volontaires, ainsi que tous nos partenaires comme les collectivités territoriales, les associations des ports de plaisance ou le mouvement sportif nautique. Il y a beaucoup d’intelligence au sein de la filière nautique, un grand nombre d’innovations et un partage de valeurs. Cette dynamique doit être mise pleinement au service du rebond désormais. Nous allons faire face ensemble” déclare Yves Lyon-Caen.

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Normandy Channel Race. Le podium pour Antoine Carpentier sur son nouveau Class40 Redman

Si la Normandy Channel Race est réputée exigeante pour son parcours, elle permet également de se faire une petite idée de la hiérarchie des class40. En terminant 3e, Antoine Carpentier montre qu’il peut viser le sommet avec son Class40 Redman.

Avec ses 1000 milles en Manche et en mer Celtique, la 11e Normandy Channel Race s’annonçait comme un parfait premier galop d’essai pour le Mach 40.4 d’Antoine Carpentier. Epaulé par Nicolas Groleau, le directeur du chantier JPS Production, le skipper ne pouvait pas espérer meilleur exercice pour tirer sur sa machine et valider un certain nombre de points techniques, quelques jours seulement après sa mise à l’eau. Des conditions variées, une concurrence des plus affûtées, un parcours particulièrement technique : tout était en effet réuni pour découvrir et tester le bateau. D’ores et déjà, des premiers axes de travails ont été définis. Mieux, le duo de Redman a fait forte impression notamment sur le premier tiers du parcours entre Ouistreham et Les Scilly en menant un temps la flotte, avant de s’adjuger une prometteuse troisième place au général derrière les tandems Valentin Gautier – Simon Koster et Ian Lipinski – Julien Pulvé.

© Christophe Breschi

Après la mise à l’eau de sa nouvelle monture le 2 septembre dernier à La Trinité-sur-Mer, Antoine Carpentier attendait naturellement beaucoup de cette première confrontation entre Saint-Marcouf, l’île de Wight, Wolf Rock et Tuskar Rock. Il n’a pas été déçu. « On a eu toutes les conditions possibles : du près, du portant, de l’air, de la molle, de la mer… C’était hyper intéressant et ça l’était d’autant plus qu’il y avait en face de nous tous les bateaux les plus récents de la classe », explique le skipper de Redman qui a démarré l’épreuve sur les chapeaux de roues, affirmant ainsi ses ambitions. « On a pris un départ correct et surtout, on a bien manœuvré ce qui nous a permis de passer pas mal de concurrents et de nous installer en tête lors des premiers milles. En plus de ça, on a pu voir que le bateau allait très vite sous spi de tête, une voile manifestement bien réussie », a ajouté le Morbihannais avec un petit clin d’œil à Fred Duthil, le patron de Technique Voile, récent vainqueur de la troisième étape de la Solitaire du Figaro.

DE LA FATIGUE ACCUMULÉE MAIS UNE DÉTRERMINATION SANS FAILLE
Lui et Nicolas Groleau ont ainsi mené la danse sur le premier tiers du parcours avant de commettre une petite erreur à l’approche des îles Scilly. « On a tenté une option à l’ouest qui n’a pas payé puisqu’on a attaqué la remontée vers Tuskar en 16e position. En réalité, on a un peu tout fait à l’envers en mer Celtique et parallèlement à ça, on a pété une drisse sur une erreur d’utilisation. Malgré tout, on a cravaché pour recoller au score mais après le passage du phare Irlandais, c’est parti par devant et les écarts n’ont faits que s’accentuer », a indiqué Antoine, avouant par ailleurs avoir un peu manqué de lucidité sur cette phase de la course. « Lors de la redescente vers l’arrivée, même si on n’a pas été aidés par de nombreux problèmes d’électroniques liés à la jeunesse du bateau, on n’a pas été aussi bons qu’on aurait dû mais la fatigue s’est fait sentir », a avoué le navigateur qui n’a, de fait, pas chômé les jours précédents le coup d’envoi de l’épreuve, réussissant néanmoins le tour de force de s’aligner au départ moins de deux semaines après la sortie de chantier de son Class40.

DES AXES DE TRAVAIL DÉFINIS
« Ça a été une vraie course contre la montre depuis le 1er septembre. On n’a pas arrêté et il y a aussi eu le stress des tests de jauge, le convoyage jusqu’à Caen achevé la veille du départ… Bref, on a manqué de sagacité concernant nos choix stratégiques. Il n’empêche que globalement, on est content de la course. On a maintenant défini avec précision les axes de travail à venir. On termine 3e et on sait qu’on a clairement le meilleur bateau de la flotte », se satisfait Antoine, conforté dans ses choix techniques d’une part, par le comportement prometteur de son bateau et, d’autre part, par la victoire d’un sistership de son Mach 40.4, Banque du Léman, des Suisses Simon Koster et Valentin Gautier qui succèdent ainsi à Aymeric Chappellier et Pierre Brasseur au palmarès de l’épreuve.

DUR MAIS INSTRUCTIF
« Au final, on a de nombreux motifs de satisfaction et on a pu, comme on s’y attendait, éprouver le bateau dans des conditions difficiles. La deuxième transmanche a vraiment été dure. Rarement j’avais eu l’occasion de naviguer sur une mer aussi violente, la faute à une houle très courte et très dure », ajoute le skipper de Redman, relevant le grand nombre d’abandons (13 au total !) en raison de ces conditions casse-bateaux. « Ça a été compliqué pour tout le monde, y compris pour nous. En prime, on a fini avec un clavier d’ordinateur HS et une souris malmenée par de nombreux vols à travers le bateau. Ça a été un peu chaud mais ça a malgré tout été très instructif et on sait dans quel sens on doit travailler. C’est parfait pour la suite ! », a terminé Antoine Carpentier.

© Christophe Breschi
A PROPOS DE REDMAN
REDMAN est un promoteur engagé pour une ville bas carbone et inclusive, et le premier promoteur immobilier certifié “B Corp” en France. REDMAN et sa #RedTeam sont spécialistes des opérations d’envergure et complexes, avec la fierté d’avoir réalisé notamment la #StationF, #TheCamp, le nouveau siège du Journal Le Monde ou encore The Island, le nouveau siège de Pernod-Ricard. En 2019, les équipes de REDMAN ont livré plus de 100.000 m2 de bâtiments (neufs ou en restructuration).
Parmi les objectifs stratégiques, sociaux et environnementaux que Redman se donne pour mission de poursuivre dans le cadre de son activité, on trouve :
– Améliorer l’impact de l’empreinte carbone des milieux urbains grâce à des développements centrés sur les principes de densification urbaine, de restructurations et de constructions bas carbone.
– Favoriser l’émergence de villes plus inclusives, c’est-à-dire ouvertes au plus grand nombre.
– Construire le futur avec ses équipes : donner à chacun de ses salariés le pouvoir d’avoir un impact sur les décisions de l’entreprise tant au niveau local que global.
– Promouvoir une croissance inclusive, en agissant pour l’égalité des chances au sein de l’entreprise et en accompagnant les acteurs les plus fragiles de son écosystème.
www.redman.fr
https://www.linkedin.com/company/redman/

ANTOINE CARPENTIER, EN BREF
Date de naissance : le 24 août 1975
– Double vainqueur de la Transat Jacques Vabre en Class 40 et en Multi50,
– Quintuple vainqueur de la mythique Rolex Fastnet Race,
– Quadruple vainqueur du Tour de France à la voile,
– Double vainqueur de la Transat Québec Saint-Malo en Class 40 et en Multi50,
– Multiple vainqueur du Spi Ouest France
– Plus de 50 victoires sur des épreuves à la voile

PHOTOS ICI

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Solitaire du Figaro. Armel Le Cleac’h remporte sa troisième Solitaire !

Victoire d'Armel Le Cleac'h @A . Courcoux

Armel Le Cleac’h remporte la 51e édition de la Solitaire du Figaro, sa troisième victoire qui le met au rang des grands champions de l’épreuve Philippe Poupon, Jean Le Cam, Michel Desjoyeaux, Jérémie Beyou et Yann Eliès. Une victoire qui fait du bien pour la suite. La première sur la Solitaire pour son partenaire Banque Populaire.

Malheureusement, faute de vent on n’aura pas eu de dernière étape. Mais la victoire est méritée pour Armel qui aura brillé sur ces 3 étapes : le parfait décalage sur la première étape, le bon placement sur la deuxième et une belle réussite sur la troisième avec un coup audacieux.

C’est bien la Solitaire qui a choisi Armel cette année. Mais cela aurait pu être à l’issue de la troisième étape, Yann Eliès ou bien encore Xavier Macaire et Sam Goodshild qui la méritaient tout autant avec un Tom Laperche non loin. Que dire aussi de Fred Duthil, deuxième à 10 minutes qui avait lui-aussi ses chances.

Cette édition n’aura ressemblé a aucune autre. Elle aura eu une constante : Peu de vent du début à la fin.

A mi-parcours, Gildas Mahé (Breizh Cola), admiratif, confiait, après la démonstration du vainqueur du dernier Vendée Globe (deuxième en 2008 et en 2012) : « Il nous a donné une leçon de voile. Ça me rappelle son état de grâce quand il avait gagné La Solitaire en remportant trois étapes sur quatre (en 2010). Quand il est comme ça, il fait peur ». Le directeur de course de La Solitaire du Figaro, Francis Le Goff ajoutait : « Armel n’est pas venu pour faire deuxième, il s’en fiche d’être sur le podium, il veut juste gagner. Du coup, quand il sent qu’il y a une bonne option, il la pousse à fond. »

L’objectif est donc rempli pour « le Chacal », à qui Saint-Nazaire réussit décidément bien, puisqu’il s’y était classé deuxième de la deuxième étape sur sa première Solitaire en 2000, terminée au général à la seconde place, avant d’y remporter l’édition 2003 pour 13 petites secondes devant Alain Gautier. Le triplé en poche, il va pouvoir sereinement passer à ses futurs projets : accompagner Clarisse Crémer dans la préparation du Vendée Globe sous les couleurs de Banque Populaire et suivre la fin de la construction de l’Ultim Banque Populaire XI, attendu au printemps prochain.

La réaction d’Armel Le Cléac’h : « La décision de ne pas donner le départ est logique. Gagner cette troisième Solitaire était l’objectif que je recherchais depuis deux ans donc c’est génial. Je rejoins mes camarades avec lesquels on a quasiment commencé ensemble, Yann (Eliès) et Jérémie (Beyou), ainsi que les grands, Michel Desjoyeaux, Philippe Poupon et Jean Le Cam, ce sont de super marins, je suis content de rejoindre ce petit club fermé. C’est ma douzième participation, j’ai commencé ma première Solitaire il y a vingt ans, il y a eu du chemin parcouru depuis, je n’ai pas gagné tous les ans, il y a eu 2003, 2010 et 2020, il a fallu être patient pour aller chercher cette troisième étoile. Je suis ravi, il y avait une super ambiance sur cette Solitaire, un niveau de dingue, toutes les générations se mélangent, avec les expérimentés comme moi, Yann et Fred (Duthil) qui fait une belle deuxième place, et derrière les petits jeunes qui poussent, ce sont les champions de demain. Je suis content de les avoir encore battus cette année, mais ça sera de plus en plus compliqué dans les années à venir. On a fait plus de 1500 milles, trois grosses étapes avec du suspense, une météo variée, on a réussi à faire un parcours très complet, on a été jusqu’à Dunkerque, on a viré le Fastnet, on est arrivés ici à Saint-Nazaire, ça reste une super Solitaire, je suis content d’avoir inscrit mon nom au palmarès et d’avoir rempli mon objectif. Je m’étais donné deux ans pour y arriver en revenant après avoir vécu une Route du Rhum très difficile, tout le travail qu’on a fourni avec l’équipe a payé, il a fallu se remotiver, repartir sur un nouveau projet, ça va me lancer vraiment dans les meilleures dispositions pour la suite du projet avec Banque Populaire. Je les remercie encore de leur confiance, parce que l’année 2018 a été très dure, deux ans après, je leur offre cette Solitaire qu’ils n’ont jamais gagnée, c’est génial ! »

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Normandy Channel Race. Valentin Gautier et Simon Koster Banque du Léman remportent la NCR

Valentin Gautier et Simon Koster sur Banque du Léman et Ian Lipinski et Julien Pulvé sur Crédit Mutuel se sont livrés un très beau duel sur la Normandie Channel Race. Les conditions étaient idéales bien que rugueuses pour faire parler la puissance de ces étraves scow. C’est quasiment à 150 milles de l’arrivée que les deux bateaux se sont retrouvés bord à bord proches de Plymouth pour se lancer dans une traversée de la Manche à 8-12 nds. C’est finalement Banque du Léman qui s’impose avec 6 minutes d’avance.

La hiérarchie sera restée longtemps indécise sur cette édition 2020 tant la flotte aura été compacte et les leaders différents tout au long de ce parcours les menant jusqu’au sud de l’Irlande. Ce n’est qu’une fois Cap Lizard enroulé sur la route retour, que Banque du Léman (158) et Crédit Mutuel (159) se sont échappés ensemble et ne se sont plus quittés. Après un duel insoutenable en Manche au près et dans une mer formée, c’est finalement les suisses Valentin Gautier et Simon Koster qui s’adjugent la victoire finale de cette 11ème édition.

« On a eu toutes les conditions pour finir avec 35 nœuds au près dans la Manche, c’était vraiment rude. On savait à quoi s’attendre en venant sur la Normandy Channel Race surtout quand Carpentier (Antoine) disait que c’était un combat de rue pendant 5 jours, ça résume bien le course. Cette épreuve est vraiment magnifique avec des passages côtiers, hauturiers, des passages très tactiques et des paysages magnifiques. C’est une immense satisfaction d’aller gagner cette course dans ces conditions là. Il a fallut aller la chercher cette victoire ! On ne peut pas nous dire que c’était une étape de suisse celle-ci. » déclarent Valentin Gautier et Simon Koster à l’arrivée à Ouistreham.

Une issue cruelle pour le duo loriento-rochelais, Ian Lipinski et Julien Pulvé tant cette course fut indécise et leur navigation belle. « Ce fut une course sportivement enrichissante et dure. On s’est vraiment battu du début à la fin, c’était vraiment intense avec beaucoup de rebondissements. C’est la réputation de la Normandy Channel Race, on le sait avant le départ. » déclarent les magnifiques dauphins de cette Normandy Channel Race 2020. Cette deuxième place au classement met fin à une suprématie qui courait depuis 2015. Effectivement, Ian Lipinski est monté sur la plus haute marche du podium sur toutes les courses auxquelles il a participé depuis la Transgascogne 2015. C’est dire l’exploit réalisé par le duo suisse à bord du Class40 Banque du Léman.

Les quatre champions nous ont offert un spectacle grandiose jusqu’au dernier mille pour cette unique course du championnat officiel Class40 2020.
Le dénouement pour connaître le futur 3ème est aussi incertain… Qui de Le Choix Funéraire ou Redman complètera le podium ? Réponse en début de soirée…

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Normandy Channel Race. Duel engagé entre Crédit Mutuel et Banque du Léman

Départ de la Normandy Channel Race, Caen le 13/09/2020, Photo © Jean-Marie LIOT / NCR

Qui de Crédit Mutuel et Banque du Léman va remporter cette première grande confrontation directe. Les faux frères jumeaux, l’un un plan David Raison et l’autre un plan Manuard, en gestation plusieurs mois l’un à côté de l’autre dans le même chantier JPS à la Trinité attendaient ce moment depuis longtemps. Crédit Mutuel né 45 jours plus tôt l’année dernière a pu récolter déjà quelques lauriers avec la Jacques Vabre alors que Banque du Léman était encore à fiabiliser ses systèmes.
Pour cette NCR, les deux bateaux sont désormais au point. Les deux récents recordmans du tour des îles britanniques, l’un en équipage, l’autre en solitaire, se livrent un véritable mano à mano aux avants postes de cette édition 2020 et à quelques heures du dénouement. Au cœur de la flotte, la situation météorologique active dans la Manche aura été sélective. En fin de journée hier, sept Class40 ont été contraints à l’abandon après avoir constaté des dégâts matériels. Les traits sont tirés, les marins épuisés, la bataille fait rage, la seule épreuve du championnat Class40 de cette année 2020 aura tenu son rang. Vivement le dénouement !

On ne pensait pas revivre un suspens d’une intensité aussi élevée que les éditions précédentes ; mais il faut croire que l’histoire du sprint final se répète inlassablement d’année en année sur cette course si particulière. À 90 milles nautiques (à l’heure où nous écrivons ses lignes) de la ligne d’arrivée mouillée face à Ouistreham, Crédit Mutuel (158) et Banque du Léman (159) se tiennent bord à bord. Un véritable match race dans une mer formée que se livrent les deux leaders pour savoir qui de Ian Lipinski et Julien Pulvé ou Valentin Gautier et Simon Koster grimperont sur la plus haute marche du podium. Le sprint final s’annonce rude et serré, mais la victoire n’en sera que plus belle…

Derrière la situation n’est pas plus claire. Six équipages se tiennent en moins de 15 milles. Autant dire que du 3ème au 8ème, chacun garde une chance de compléter le podium de cette Normandy Channel Race 11ème du nom. Là aussi, l’équipage malouin du Choix Funéraire (139), qui impressionne à bord de son Class40 139, se livre à un vrai chassé croisé avec le duo trinitain à bord du récent Redman (161). Pas loin derrière, l’équipage anglais Ian Hoddle et Jack trigger sur Virgin Media Business (137) reste en embuscade. Placement sur le plan d’eau et propreté des manœuvres seront les éléments primordiaux pour espérer tirer son épingle du jeu.

Le flux de secteur nord-est de 25-30 nœuds, combiné au fort courant provoqué par les grandes marées d’équinoxe, aura amené plusieurs équipages à aller s’abriter dans des ports de la côte sud-anglaise. Une situation autorisée dans les instructions de course. En cas d’arrêt dans un port, les skippers peuvent déplomber leur moteur et envoyer une photo du nouveau plomb avant de repartir. La durée d’escale ne doit pas être inférieure à deux heures.

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Normandy Channel Race. Conditions musclées, 8 abandons. Banque du Léman devant Crédit Mutuel

La dernière ligne droite de cette 11ème Normandy Channel Race a débuté. Alors qu’une bonne partie de la flotte navigue maintenant en Manche cap sur Ouistreham via la pointe du Cotentin, il est pour l’heure impossible d’annoncer le futur vainqueur de cette édition. Les concurrents font face à un flux de nord-est de 25-30 nœuds, tout en devant composer avec un fort courant dû aux grandes marées d’équinoxe. Leader au passage retour de Wolf Rock, Crédit Mutuel (158) a cédé sa place à Banque du Léman (159) qui choisi une stratégie au large. Comme à son habitude, le suspens est à son comble. Les premiers Class40 sont pour l’instant attendus autour des 15h (heure française) au large de Ouistreham.

Revivrons-nous les mêmes matchs-races insoutenables jusqu’à la dernière seconde auxquels nous avons assisté les années précédentes ? Réponse demain dans l’après-midi…

En attendant les conditions musclées mais néanmoins supportables de 26 nds ont déclenchées plusieurs abandons.
Mikael Ryking et Karl Jungstedt ont officiellement annoncé à la direction de course leur abandon. Le duo à bord du Class40 95 Talanta a constaté que sa grand-voile se délaminait. Il font maintenant route retour vers le port de Camaret-sur-Mer où se situe le port d’attache du bateau.
Vogue avec un Crohn – Pierre-Louis Attwell et Claire Pruvot ont officiellement annoncé à la direction de course leur abandon. Le duo normand local de l’étape a déploré la perte de sa grand-voile qui s’est déchirée en deux. Il font maintenant route retour vers la Bretagne où se situe le port d’attache du bateau.
– Privés d’énergie à bord depuis maintenant 36h, les skippers japonais Masa Suzuki et Koji Nakagawa, du Class40 Milai, ont pris la décision d’abandonner. Pour leur première participation à l’exigeante Normandy Channel Race , ils avaient fait bonne figure en signant jusqu’à présent une très belle course. Ils font route retour directement vers Lorient, port d’attache du bateau.
– À 13h45, Luke Berry du Class40 Lamotte Module Création a officiellement appelé la direction de course pour lui signifier son abandon. Le skipper a déploré la casse de son hook de J2, la voile adaptée au temps du moment, le J1 étant trop grand et le J3 pas assez puissant face à l’état de la mer actuel.

 

 

La réputation de course exigeante et difficile de la Normandy Channel Race n’est plus à faire. Après 4 jours de bagarre tactique usante dans du petit temps en Manche et Mer Celtique, le plus gros morceau attend nos 21 équipages pour boucler la boucle. L’effet Venturi de la Manche, provoquant un fort flux de nord-est de 25-30 nœuds, a cueilli à froid les skippers après le contournement de Land’s End. C’est Ian Lipinski et Julien Pulvé à bord de leur Class40 Crédit Mutuel (158) qui s’y sont heurté en premier. « Pour rejoindre la ligne d’arrivée au large de Ouistreham, c’est du près et des bords à tirer qui nous attendent. Pour l’instant on a la mer et le jus dans le même sens, mais on redoute grandement la rotation de courant, quand ça va être mer et courant face à face » témoigne le skipper lorientais à la vacation du jour. Effectivement, la combinaison vent fort et fort courant de 4 nœuds face à face favorise la formation d’une forte mer. Les concurrents vont donc devoir trouver le bon dosage entre s’abriter en baie pendant les épisodes de marées montantes (vent et courant en sens inverse) et aller chercher plus d’air au large pendant les épisode de marées descendantes (vent et courant dans le même sens) synonyme de mer plus plate et donc plus praticables. Dorénavant, le dilemme pour les marins étant de contrôler ses adversaires directs tout en préservant le bateau de toutes avaries pouvant compromettre la fin de la course, à l’image ces dernières heures des Class40 Lamotte Module Création (153) et Milai (101) tous deux contraints à l’abandon.

Après Redman (161) en début de course jusqu’à Wolf Rock, Everial (147) à la remontée de la mer Celtique jusqu’à Tuskar Rock, puis Crédit Mutuel (158) sur la descente jusqu’au Cap Lizard, c’est maintenant au tour de Banque du Léman (159) de prendre les commandes de la flotte. La hiérarchie n’a jamais été aussi incertaine que sur cette édition. Rien n’est encore joué d’avance, une bataille d’empannages fait rage au sud-est du cap Lizard et le jeu est encore pleinement ouvert. Cette fin de Normandy Channel Race édition 2020 s’annonce haletante…

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Solitaire du Figaro. Armel Le Cleac’h : “Une étape étape compliquée du début à la fin “

Armel Le Cleac h (Banque Populaire) 4e de l'étape 3 Dunkerque/Saint-Nazaire @ A. Courcoux

Armel Le Cleac’h a encore rendu une copie incroyable sur cette 3e étape en finissant à la 4e place de la troisième étape de la Solitaire du Figaro marquée par d’innombrables rebondissements depuis le départ de Dunkerque samedi dernier. La réussite est toujours du côté des grands champions. Au classement général, Armel reste en tête avec une dizaine de minutes d’avance* sur Frédéric Duthil, vainqueur de l’étape et se projette déjà sur la 4e et dernière étape.

« Cette troisième étape a été compliquée du début à la fin ! J’ai pris un bon départ et été dans le match le premier jour et la première nuit. Puis en arrivant en approche d’Antifer, il y avait deux options possibles, à la côte ou au large. J’ai choisi d’aller au large mais je n’ai pas été assez tranchant dans ma prise de décision. C’était un peu la double peine car, du fait de mon retard, j’ai eu le courant dans la figure dans le Raz Blanchard. Je n’étais pas très bien placé à l’approche des côtes bretonnes mais je savais que la route serait encore longue et très aléatoire. J’ai ensuite fait une belle option dans le chenal du Four qui a permis de recoller avec le paquet de tête. Pour le dernier tronçon entre l’île de Sein et l’arrivée, j’ai choisi de rester au large pour garder plus de pression. Ce choix m’a permis de bien me positionner pour la fin d’étape. »

« J’imaginais réaliser un doublé quand j’ai vu passer trois bateaux sous mon vent… »

« J’ai bien navigué aujourd’hui. Au niveau de Belle-Ile, j’imaginais réaliser un doublé en remportant l’étape à Saint-Nazaire et en gardant la tête au classement général. Mais j’ai vu passer trois bateaux sous mon vent, qui ont pris l’extérieur de Belle-Ile, dont Frédéric Duthil qui a remporté l’étape. Il a su être opportuniste et il devient mon adversaire le plus dangereux pour la victoire finale. »

« J’ai eu des moments de doute »

« J’ai eu des moments de doute sur cette étape. Le classement bougeait beaucoup et il fallait être solide nerveusement. Mais je savais que le schéma météo serait très aléatoire à partir de la pointe bretonne et qu’il y aurait des possibilités de revenir. On a déjà vécu de tels retournements de situations par le passé sur la Solitaire. Au final, je m’en sors bien et je garde la tête au classement général. »

« Il est possible que la quatrième étape se transforme en mano a mano »

« Je n’ai plus que dix minutes d’avance sur Frédéric Duthil. Ce n’est pas énorme mais c’est toujours bon à prendre ! Nous avons un petit matelas d’avance sur les autres concurrents et il est possible que la quatrième étape se transforme en mano a mano entre Fred et moi. Le scénario de la course dépendra beaucoup de la météo. En attendant, il va falloir bien récupérer pour être lucide sur cette dernière étape qui sera un sprint décisif. »

* 10 min 43 d’avance sur Frédéric Duthil, Technique Voile – Cabinet Bourhis Generali (avant jury)

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Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute. 78 Mini 6.50 au départ !

Le coup d’envoi de la Duo Concarneau Challenge BFR Marée Haute sera donné dans moins d’une semaine désormais. Le 24 septembre prochain, une marée de 78 Mini 6,50 s’attaquera à une boucle nautique de près de 300 milles au départ et à l’arrivée de Concarneau. Un joli plateau pour cette 3e épreuve de la classe Mini 6,50 et seule course en double pour la zone Atlantique. Selon la météo, la direction de course envisage deux parcours potentiels sur un vaste terrain de jeux allant de Brest à La Rochelle et déjà prometteur de nombreux pièges et rebondissements.

Photo de l’édition 2018 de la Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute
Crédits obligatoires ©Eliza Chohadzhieva

Carton plein
Du 22 au 27 septembre prochain, 78 Mini 6,50 vont investir pendant quelques jours l’avant et l’arrière-port de Concarneau à l’occasion de la Duo Concarneau Challenge BFR Marée Haute organisée par la Société des Régates de Concarneau et dont le départ sera donné le jeudi 24 septembre à 14h. Une flotte conséquente donc pour cette épreuve courue en double et bisannuelle de la classe Mini 6,50 qui se réjouit d’un tel engouement. Parmi les duos présents, 13 courront dans la catégorie des Proto et les 65 autres en catégorie Série. Chez les têtes d’affiches Proto, on notera la présence d’Ambrogio Beccaria et d’Irina Gracheva, tous les deux auteurs d’un beau début de saison et le retour de ministes expérimentés comme Axel Tréhin ou François Jambou qui avaient terminé premier et deuxième de l’édition 2018. Chez les Série, il faudra compter sur Léo Debiesse, très en forme après deux victoires sur les deux épreuves de la côte Atlantique, mais également sur Jean Marie Jézéquel, Jean Cruse ou Anne-Claire Le Berre dont les duos composés respectivement de Loïc Blin, Arnaud Machado ou Davy Baudart risquent de faire des étincelles. Mais si ces acteurs du circuit 6,50 ont connu un beau début de saison en solitaire, l’exercice du double pourrait très bien rebattre les cartes et voir émerger de nouveaux animateurs.
A noter également la présence de 8 duos connaisseurs de la baie de Concarneau puisque s’entrainant à l’année au Centre d’Entrainement Mini 6,50 de la ville bleue.

300 milles en Atlantique
Pour départager tout ce petit monde, une boucle de près de 300 milles nautiques attend les duos. Selon la météo, Hervé Gautier, le directeur de course, envisage deux parcours tracés dans une zone comprise entre Brest et La Rochelle. Soit un terrain de jeux assez vaste et varié pour offrir à la flotte des Mini 6,50 bon nombre d’obstacles et de pièges à déjouer comme les courants de la chaussée de Sein, les hauts fonds du plateau des Birvideaux, le contournement de Belle-Ile, l’embouchure de la Loire ou le banc de Guérande, ou encore les effets de vents dans la baie de Concarneau. Pour savoir quel duo aura tiré au mieux son épingle du jeu, il faudra attendre le samedi 26 septembre.

Protocole sanitaire
Les podiums Série et Proto seront honorés lors de la remise des prix, dimanche 27 septembre à 17h dont le protocole sera adapté selon les mesures sanitaires liées à l’épidémie de Covid-19. Si celle-ci n’aura finalement pas eu raison du maintien de l’épreuve, nombreuses traditions de la Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute ont dû être annulées comme le repas des coureurs ou modifiées comme la tenue des briefings, la confirmation des inscriptions ou encore les contrôles de sécurité.
Et si l’accès aux pontons sera réservé aux coureurs, le public est invité à visiter le salon nautique organisé par le chantier Marée Haute, partenaire de l’épreuve, qui se tiendra dans l’arrière-port de Concarneau du 23 septembre au 3 octobre et qui propose sur rendez-vous des visites de chantier et des essais en mer.

Photos de l’édition 2018 de la Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute
Crédits obligatoires ©Eliza Chohadzhieva

Ils ont dit :

Marc Bigot, Maire de Concarneau :
« Concarneau est une ville tournée vers la mer, dotée d’un port à multiples facettes qui permet à tous les secteurs économiques, malgré le contexte sanitaire actuel, de garder son dynamisme. La course au large faisant partie de ces secteurs, nous avions avec la Société des Régates de Concarneau déjà eu la chance d’accueillir cet été les Figaro pour la Solo Guy Cotten. C’est désormais au tour de la Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute d’investir les pontons et de recevoir 78 Mini 6,50. Parmi les coureurs qui s’élanceront sur cette épreuve, un petit groupe a posé son sac depuis quelques années déjà dans notre ville. Nous avons d’ailleurs à cœur de les accompagner et de les suivre dans l’évolution de leur parcours en course au large à travers le Centre d’Entrainement Mini 6,50 de Concarneau. L’esprit de la classe Mini 6,50, le type de bateaux et la ténacité des coureurs se prêtent bien l’identité maritime de notre ville. »

Serge Calvez, dirigeant du chantier Marée Haute :
« Le chantier Marée Haute, créé en 2003, a commencé son aventure avec les Mini 6,50. Nous avons donc un lien et un regard particulier sur cette superbe classe d’où émerge des coureurs et surtout des passionnés. Il est important pour nous de partager l’aventure Mini 6,50 et quelle meilleure façon de le faire, ici, à domicile. En tant qu’acteur du milieu nautique de Concarneau, ville maritime, il est important pour nous d’accompagner la Société des Régates de Concarneau sur l’ensemble de ses évènements (courses, rallye, base d’entrainement.) et ainsi participer à son dynamisme. Nous les remercions pour leur dévouement et c’est avec plaisir que nous partageons l’aventure de la Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute ».

Ambroggio Beccaria, skipper du 969 – Chaffoil :
« La Duo Concarneau est ma deuxième course en proto après la Mini en Mai remportée début septembre. Pour le moment le bateau fait un beau début de saison avec deux victoires sur 2 épreuves (Tanguy Bouroullec ayant remporté la Les Sables Les Açores en Baie de Morlaix sur le même mini 6,50), à moi de poursuivre sur cette lancée. Mais j’appréhende un peu car la concurrence sera rude avec le retour en Proto d’Axel Tréhin ou de François Jambou, des ministes très expérimentés. Plus à l’aise en Série où les problématiques sont très différentes qu’en Proto, il me faudra cette fois-ci beaucoup plus travailler sur la vitesse du bateau par exemple. Pour m’aider, je serai accompagné d’Amélie Grassi avec qui je devais partir de Concarneau au printemps dernier pour courir l’AG2R. Finalement, avec la crise sanitaire il n’y aura pas de transat en double pour nous cette année mais un parcours de près de 300 milles nautiques en atlantique en Mini et pour une première en double. »

Léo Debiesse, skipper du 966 – Kelyfos :
« Je suis très content de mon début de saison avec deux courses et deux victoires. Cela m’a notamment permis de rencontrer au moins une fois une bonne partie de mes concurrents. Pour autant, rien n’est joué et sur la Duo Concarneau, une autre épreuve m’attend puisqu’elle se courre en double et que mes adversaires vont soit naviguer avec de nouveaux co-skippers soit avec de très bons ministes. Je pense notamment aux duos Anne-Claire Le Berre et Davy Baudart, Jean-Marie Jézéquel et Loïc Blin ou encore Arnaud Machado et Jean Cruse. Avec Bastian Oger, mon co-skipper, je m’attends donc à une course très différente des précédentes avec une concurrence revue. La Duo Concarneau sera mon avant-dernière course d’une saison certes très courte mais très intense. »

Programme prévisionnel

Mardi 22 et mercredi 23 septembre
Confirmation d’inscription
Jauge et contrôle
Jeudi 24 septembre
12H30 départ des pontons
14h départ de la Duo Concarneau – Challenge BFR Marée Haute
Samedi 26 septembre
Arrivée des coureurs
Dimanche 27 septembre
17h remise des prix

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Solitaire du Figaro. Francis Le Goff : “On a connu une superbe troisième étape”

Francis Le Goff @ A. Courcoux

Pour cette 51e édition, la crise sanitaire a empêché les habituelles pérégrinations vers l’Angleterre, l’Espagne ou l’Irlande. Au final, trois longues étapes Françaises et une plus courte, qui ont comblé les solitaires, dont une troisième manche qui a ravi Francis, de par ses innombrables rebondissements, et la qualité de tous les participants à perpétuellement se remettre en question et à rebondir.

Une étape de tous les rebondissements !
« On a connu une superbe troisième étape. Peu de vent, 25 nœuds maximum, et une météo totalement imprévisible. J’ai tout aimé dans cette étape. Le jeu était contraint au départ à cause du Dispositif de Séparation du Trafic du Pas-de-Calais. Cela a permis à de nombreux coureurs de montrer leur belle maitrise du bateau. Puis le jeu s’est ouvert après Dieppe. C’était bien. J’ai adoré. Les coureurs ont beaucoup tenté, se sont adaptés au parcours, aux conditions de mer et de vent tellement changeantes. Le spectacle et le suspens étaient omniprésents, en Baie de Seine, au franchissement de Barfleur et de La Hague, en Bretagne Nord, et avec cette dernière journée passionnante et imprévisible. Au final, c’est le denier coup inattendu qui a payé! »

« Les formats de quatre jours, avec des périodes de récupération de 3 jours me semblent intéressants, car ils contraignent les navigateurs à réellement gérer leur fatigue, leur sommeil et leur récupération, plus que sur un format plus court de deux jours. On est parti cette année, dès la première étape, sur le Fastnet, une étape difficile et longue, bien dans la philosophie de la course. Trois jours à terre, quatre jours en mer, c’est la formule gagnante à mon sens, qui respecte l’histoire de la course. C’est propice au jeu, au suspens. On l’a vu lors de cette troisième étape entre Dunkerque et Saint-Nazaire… »

Jeunes et anciens, tous impressionnants
« J’ai été très impressionné par Kevin Bloch (Team Vendée Formation). Quelle fraicheur, quel enthousiasme. Il est resté connecté en permanence. Il a une relation avec la Direction de course très claire, comme s’il était là depuis des décennies alors qu’il découvre tout. Il ne prend pas les choses au dramatique. Parmi les marins plus accomplis, Sam Goodchild (Leyton) a été très fort. Les anciens, que je côtoie depuis longtemps, sont impressionnants ! Je demeure admiratif de Yann Eliès (Quéguiner Matériaux – Leucémie Espoir) et d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire). Ils ont une incroyable capacité à remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier. Ils ne prennent rien pour acquis, abordent l’épreuve avec discrétion et humilité comme s’ils démarraient dans la carrière ! Armel est d’une discrétion et d’un professionnalisme exceptionnels sur l’eau. Il m’épate. Yann revient sur La Solitaire un peu sur le tard, et il était à un moment en condition de l’emporter. Elodie Bonafous (Bretagne CMB Océane) a aussi été épatante. C’est elle qui remet Marc Mallaret (CER Occitanie) en selle en l’encourageant à poursuivre quand il était moralement au plus bas. J’adore cette attitude. Il s’est passé des choses en permanence, chaque coureur me surprend par des prises de décisions étonnantes. »

Et ces algues…
« Une étape aussi marquée par les algues. Il y en avait des champs entiers ! On aurait dit les sargasses. Ce doit être la période de l’année, avec les grandes marées. Il y en avait partout, des Sept Iles jusqu’à Penmarc’h, les Glénan. La nuit, elles sont invisibles et les marins sentent physiquement que le bateau monte sur du solide ! Les algues se mettent partout, quille, safrans. Le ralentissement est radical. J’ai ainsi reçu des centaines d’appels des coureurs pour m’avertir qu’ils allaient mettre en marche arrière pour se dégager. C’est un dispositif que nous avons mis en place avec la Classe Figaro Bénéteau et Christian Ponthieu, son directeur technique, pour éviter d’avoir comme l’an passé 87 plongées sous le bateau. La place des marins solitaires est sur leur bateau, pas à côté. On a un système de débrayage en marche arrière. Il leur suffit de le déclarer à la direction de course. »

Une vraie incertitude sur le classement final
« La quatrième étape, dont le parcours reste à définir tant la météo est incertaine et les contraintes de temps importantes à cause du programme à terre de l’épreuve et les problématiques des écluses, revêt beaucoup d’incertitudes quant au classement final. Armel n’a que 10 minutes d’avance. Fred Duthil (Technique Voile / Cabinet Bourhis Generali) connait bien les parages, et la météo, conjuguée aux fortes marées, donc aux puissants courants à anticiper, peut provoquer des écarts importants. Rien n’est donc joué après 1 500 milles de course ! »

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