Kevin Escoffier a constaté une voie d’eau impressionnante à bord de son IMOCA PRB cette nuit alors qu’il affrontait 40 nds. C’est une pompe qui a cassé sans doute sous la violence des chocs. Il a pu envoyer une vidéo ce matin.
« Option jacuzzi ce matin sur PRB », explique le skipper « Je me suis aperçu de ça tout à l’heure. Forcément, c’est facile à gérer quand il y a 5 nœuds de vent mais pas quand il y a 40 nœuds. Je suis allé faire le check habituel de ma zone avant quand j’ai découvert ça. Là, je suis en train d’éponger. » En cause ? Une vanne d’évacuation d’eau dans le puit de foil qui aurait cédé. Kevin se veut néanmoins rassurant : « mais ça devrait aller. Techniquement, il faut que je tienne le coup pendant une heure, avant de virer et je pourrais réparer ça tribord amure. ». Le maloin est un excellent technicien. On l’appelle même monsieur Fix It parce qu’il a l’habitude de tout savoir réparer. Comme le note Michel Desjoyeaux de manière humoristique.
Le skipper français Armel Tripon s’entraine à bord de l’Imoca L'Occitane en Provence au large de Groix, pour le Vendée Globe, le 25 Septembre 2020. (Photo Pierre Bouras / L'Occitane en Provence).
Un problème de hook sur l’Occitane oblige Armel Tripon à se dérouter vers la Corogne pour réparer à l’abri. Le skipper de L’Occitane en Provence a subi la casse du hook de son J3 dans la nuit. « La voile est tombée à bord mais elle est récupérable, il y a des travaux à faire », explique la direction de course. Il a été décidé avec son équipe qu’Armel Tripon se rapproche de La Corogne afin de se mettre au mouillage et de réparer seul, à proximité des côtes. Armel Tripon faisait partie des premiers à avoir viré de bord vers l’ouest, hier, aux côtés de Thomas Ruyant (LinkedOut) et de Louis Burton (Bureau Vallée 2).
Pas facile mentalement de revenir mais aussi de repartir. Fabrice Amedeo à bord de son Newrest – Art & Fenêtres va pouvoir vivre son deuxième Vendée Globe. Il va devoir revoir ses objectifs sportifs mais rien n’est perdu.
Son équipe a travaillé d’arrache-pied pour réparer l’avarie en tête de mât afin que le skipper puisse repartir en toute sérénité. “ C’est de la voile, il se passe des choses bien plus graves dans le monde en ce moment, » relativisait Fabrice, impatient de reprendre le large. « Je suis un peu déçu mais c’est presque une chance d’avoir eu ce problème maintenant. Si je l’avais eu dans 10 jours ça aurait pu être catastrophique. Il y a de la frustration d’être à quai mais j’ai une entière confiance en mon équipe qui fait un super travail, donc je suis content d’être rentré. C’était un mal nécessaire avant de partir pour un tour du monde ».
Retour sur l’avarie
Ce serait au moment de l’enroulement de la grande voile d’avant, le gennaker, que le problème serait survenu. « La drisse aurait eu suffisamment de mou entre la sortie de mât et l’émerillon pour aller s’entourer autour de la voile au moment de rouler, explique Milena Schoenahl, gréeuse du team, ce qui a créé un énorme frottement et légèrement déchiré le mât sur 6 cm. Le hook a également été abimé dans la manœuvre. »
Une réparation dans les règles de l’art
Il a donc fallu trouver un hook (pièce qui permet d’accrocher les voiles en haut du mât) de rechange prêté par le team Banque Populaire. Puis nettoyer la zone abimée en tête de mât : « On a commencé par ouvrir cette fissure pour en faire une sortie de drisse naturelle plus grande qu’avant mais sans les copeaux de carbone pour éviter le risque que la drisse ne se coince dedans, explique Sébastien Stéphan, directeur technique. « Pour sécuriser cette zone, on a fabriqué une petite plaque en carbone qu’on a collé autour de l’ouverture pour faire un bandeau de sécurité. » C’est Simon Chevallier, expert composite de l’équipe qui s’est chargé de travailler sur la zone et sur la pièce de renfort. « Le constructeur du mât a validé la solution de fabriquer une sorte de pansement. Ça représente pas mal de boulot parce qu’il faut cinq couches, les temps de séchage de strat et de colle. La pièce fait 5 millimètres d’épaisseur à la partie la plus épaisse. On est parti des plans des architectes et on a utilisé un mât de spare du team Charal pour la mouler à terre plutôt qu’en haut du mât. On l’a terminée hier soir et mise en cuisson toute la nuit, puis on l’a collée ce matin. »
Sébastien Stéphan est à son tour monté en haut du mât pour la chauffer afin d’accélérer le temps de séchage et permettre au bateau de reprendre la mer ce soir. « Le nouveau hook a été livré hier en fin d’après-midi. Tout a été installé, vérifié et fonctionne, » ajoute-t-il.
La solidarité des gens de mer à terre
Les teams Banque Populaire, Charal, DMG Mori, et les équipes d’Arnaud Boissières, Jean Le Cam et Romain Attanasio ont apporté de l’aide pour des conseils ou du matériel. « On a reçu de l’aide de beaucoup de teams pour des conseils et du matériel nous aider à repartir le plus vite possible et je les remercie, » explique Fabrice.
« Maintenant il y a un tour du monde à faire »
« C’est un deuxième départ mais c’est mon départ pour le tour du monde donc je suis très content et je pars avec beaucoup d’envie, se languit le skipper. Je vais repartir à 22h15, quand la marée le permettra. Les conditions seront assez light puis le vent va forcir. Cap à l’ouest pour aller chercher le front que mes petits camarades vont passer cette nuit et qui risque de faire quelques bobos. J’ai bon espoir qu’il soit un peu moins compliqué pour moi mais je m’attends malgré tout à avoir beaucoup de vent. Une fois passée cette embuche, c’est mon tour du monde qui démarre ! Je pars avec deux jours et demi de retard, ça peut paraitre énorme, quasiment 1000 km, mais à l’échelle d’un tour du monde ce n’est pas grand-chose. Il suffit d’un anticyclone de Sainte-Hélène mal placé pour mes concurrents et qu’il soit mieux placé pour moi pour que je puisse aller tout droit et refaire mon retard. Je repars le couteau entre les dents, pas trop parce que ça ne sert à rien de s’énerver, et je vais attendre une ouverture. »
Rattraper la flotte et naviguer pour la science
« J’ai la motivation d’essayer de rattraper des concurrents avant les mers du Sud, ajoute Fabrice. Quoi qu’il arrive j’ai cette motivation supplémentaire d’avoir mes deux capteurs océanographiques qui fonctionnent 24h sur 24. Et j’ai de toute façon la responsabilité de faire ce tour du monde pour la communauté scientifique qui me suit et qui attend beaucoup des données que je vais aller prélever dans les mers du Sud. »
Le skipper anglais Alex Thomson s’entraine pour le Vendee Globe au large de Gosport, Angleterre, le 23 Septembre 2020.
Dans le match mais un peu en retrait par rapport au tempérament qu’on lui connait, Alex Thomson a pris un bon départ, franchissant la ligne sans aucune complication, atteignant l’ouest à une bonne vitesse et restant dans le groupe de tête. Ross Daniel son directeur technique chez Alex Thomson Racing donne de ses nouvelles.
Alex a réussi à attraper du matériel de pêche sur le gouvernail et le foil la première nuit, mais il a réussi à faire sauter le gouvernail, qui a réussi à le relâcher. Il a depuis réussi à vérifier à la fois le gouvernail et le foil et il ne semble pas y avoir de dommages. Ce fut une période de nuit difficile alors qu’il naviguait à travers les vents légers changeants. Alex a comparé les conditions qu’il vivait à bord à être dans le Pot au noir avec un vent très instable, avec des rafales de 9 à 18 nœuds. Cela signifie que vous passez très rapidement d’une puissance insuffisante à une surpuissance et que le bateau a constamment besoin de votre attention pour soulager les écoutes ou les enrouler. Il n’y avait donc pas de temps réel pour dormir. Il a réussi à prendre de courtes périodes de repos, mais a hâte d’essayer de se mettre à la routine et de dormir un peu.
Vous verrez qu’il y avait un peu de division dans la flotte ce matin en raison des skippers qui ont dû prendre une décision sur la façon dont ils ont abordé le système de séparation du trafic (TSS) du Finistère, qui est une zone d’exclusion. Certains ont choisi d’aller à l’intérieur et d’autres à l’extérieur. Cela a maintenant créé un peu de division avec un groupe SE et un groupe NW. HUGO BOSS reste dans le groupe NW, proche de Boris sur Seaexplorer – Yacht Club de Monaco. Tout au long de la journée, les skippers verront une augmentation de l’état du vent et de la mer alors qu’ils naviguent vers l’ouest vers un système frontal qui se dirige vers l’est à travers l’Atlantique. D’ici ce soir, ils seront dans le vif du sujet avec des vents allant jusqu’à 35 à 40 nœuds et des vagues de 4 à 5 m. Le groupe ouest traversera le front aux petites heures de demain matin, puis vira sur tribord et commencera à se diriger vers le sud.
Alex a l’air détendu à bord et est satisfait de sa position. Nul doute que nous aurons une autre mise à jour vidéo de HUGO BOSS embarqué à partager avec vous tous plus tard dans la journée.
Le skipper français Thomas Ruyant s'entraine à bord de LinkedOut pour le Vendee Globe au large de Groix, France, le 1 Juin 2020. (Photo Pierre Bouras / TR Racing)
C’est une belle expérience que vous invite à vivre l’artiste Molécule sur France Info. Il est allé placer seize micros à bord de Linkedout, le bateau de Thomas Ruyant. Une installation qui se veut une première mondiale : raconter le tour du monde à voile par l’audio. A écouter ici le premier épisode. Le son devrait être plus fort demain après le passage de la depression.
En attendant, comme le révèle le carnet de bord sonore de Molécule, la nuit à bord en solitaire révèle une atmosphère que seul le son peut décrire. L’Expérience Vendée Globe : Voix et prise de son : Molécule – Rédaction en chef : Eric Valmir
La skipper anglaise Sam Davies s'entraine sur Initiatives Coeur pour le Vendee Globe au large de Lorient, France, le 25 Septembre 2020. (Photo by Eloi Stichelbaut/Polaryse)
Les skippers du Vendée Globe vont devoir affronter leur première difficulté dès ce soir avec le passage d’un front actif cette nuit qui va apporter sa moisson de rafales et de mer croisée. Jérémie Beyou, Charlie Dalin et Kevin Escoffier commençaient déjà à ressentir le souffle de ce coup de chaud dans les voiles, avec 25 noeuds de vent et des creux importants. Personne n’y échappera même si certains seront plus à l’abri le long des côtes espagnoles. Vers l’Ouest, la route est sans doute la plus efficace, mais elle est la plus exposée. Armel Tripon, Thomas Ruyant, Louis Burton en tête, avec à leur vent, un autre petit groupe composé de Sébastien Simon, Boris Herrmann, Alex Thomson et Clarisse Cremer vont devoir affronter ce soir les conditions les plus dures. Le vent de Sud-Ouest va prendre de la puissance au fil de la nuit jusqu’à atteindre les 35 nœuds moyens autour de minuit (45 noeuds dans les rafales). Et le terrain de jeu va sérieusement se cabosser avec 4 à 5 mètres de creux qui arriveront aux trois quarts de face après le passage du front.
« Il faut être sage. Ce n‘est pas là que le Vendée Globe se gagne, mais c’est là qu’il peut se perdre » lance Damien Seguin, joint pendant l’émission Vendée Live ce midi, juste après avoir plongé pour dégager un filet de pêche pris dans la quille de son bateau. Et ils sont plusieurs à rejoindre son analyse. Nicolas Troussel, jusque-là proche des occidentaux, n’a pas hésité à traverser le plan d’eau et à parcourir plus de 35 milles cette nuit pour rallier les sudistes. Un revirement coûteux également consenti par Yannick Bestaven qui a modifié sa trajectoire pour passer à l’intérieur du DST du cap Finisterre, au point d’apercevoir la terre. C’est le choix de la raison. D’autant que la fatigue est là après ces deux premières journées de course certes ensoleillées, mais mouvementées. Les navigateurs ne sont pas encore totalement amarinés. Ils sont en déficit de sommeil et d’énergie. Au point que Jean Le Cam avouait ce matin avoir fait un « K.O » : il s’est écroulé, endormi pendant plusieurs heures, sans entendre sonner son alarme et s’est réveillé en panique, obligé de virer en catastrophe à 7 milles de la Corogne. « L’idée, c’est d’aller dans le Sud pour ne pas se prendre une trop grosse branlée. Le front s’échappe vers le Nord, je préfère assurer le coup, car il y aura de la mer et des grosses rafales. Je préfère faire du Sud, même si ce n’est pas le plus efficace » résumait-il au téléphone.
Au centre, le compromis
Entre ces deux extrêmes, le reste de l’armada joue le compromis. Charlie Dalin, Jérémie Beyou, Kevin Escoffier et Sam Davies sont de ceux-là. Et ils étaient les plus rapides en milieu d’après midi. Derrière eux, Isabelle Joschke qui a également incurvé sa route, assumait totalement sa voie de la sagesse : « J’ai l’intention d’être prudente et d’aller dans des conditions que je considère comme étant maniables » avouait la navigatrice contactée en visio ce mardi matin.
Des nouvelles de Fabrice Amedeo Dans le port des Sables d’Olonne, la réparation sur la fissure de mât de Newrest-Art & Fenêtres est en bonne voie. L’équipe technique en a profité pour vérifier l’intégralité du bateau. Fabrice a prévu de reprendre la mer ce soir à 22h15. Il devra repasser la ligne de départ, soit laisser la bouée Nouch Sud à tribord.
Le skipper francais Charlie Dalin s’entraine à bord d’ Apivia, le 29 Aout 2020, au large de Groix. (Photo Jean-Marie Liot/Alea/Disobey)
Les IMOCA de dernière génération sont dorénavant bardés de capteurs et de fibre optique. Dès la construction, la fibre optique de 250 micromètres de diamètre – à peine plus grosse qu’un cheveu – est intégrée dans les foils, safrans, bras, coques, flotteurs ou gréements, voire les quilles pour les monocoques, et servent à mesurer leur déformation. A l’approche de la première difficulté de ce Vendée Globe, les skippers pourront donc compter sur les alarmes à bord pour limiter le risque de casse.
« Tout ce qui supporte des efforts importants – gréement, appendices – est doté de capteurs et de fibre optique, qui renvoient des informations en temps réel sur ma console de navigation pour être traitées par des logiciels qui me permettent d’avoir la bonne lecture de la situation » nous expliquait Jérémie Beyou, skipper de Charal. A bord, cela peut sonner régulièrement pour avertir le skipper que son gréement est trop sollicité.
Jean-François Cuzon, patron de Pixel sur Mer, a été l’un des tout premiers à la déployer sur les IMOCA. « On utilise cette technologie embarquée depuis 7 ans. On connaissait cela depuis longtemps mais les instruments étaient gros. On a donc développé toute une technique de déploiement de la fibre optique dans des structures composites, et toute la chaîne qui va avec pour traiter la donnée. » La fibre optique permet une mesure très locale, sur quelques millimètres, des déformations du matériel composite. « Sur une fibre on va avoir plusieurs points de mesure qui vont nous donner une cartographie de la déformation le long de l’appendice du carbone. La mesure est très précise et peu importe les conditions. Il n’y a pas de problème de tenue dans le temps, détaille Jean-François. On intervient assez tôt dans la construction des bateaux parce qu’il y a tout un process d’intégration à gérer. C’est parfois au dernier moment si c’est en extérieur, en mettant la fibre dans des réserves, à l’intérieur de la coque ou du mât. Mais cela peut être mis aussi dans l’avant-dernier pli de carbone, lorsque l’on drape l’appendice pour avoir le maximum d’infos sur la déformation, la fibre pouvant s’intégrer avant cuisson du carbone. »
La fibre optique a plein d’avantages. C’est assez fin et facile à mettre en place. Elle est devenue indispensable pour la sécurité du bateau et de l’équipage, pour analyser la performance en temps réel ou a posteriori, et pour assurer le développement du bateau. Sa seule limite, en dehors de son coût élevé, est qu’elle fournit des données sur un seul axe de déformation. Elle peut ne pas détecter un délaminage si celui-ci est à côté de la fibre. Des nanocapteurs pourraient dans un avenir proche offrir une alternative plus ou moins complémentaire, avec l’avantage d’être plus légers et de mesurer les contraintes dans le temps.
L’usage de la fibre optique a évolué avec le temps et s’est généralisé. Matthieu Robert, directeur de Madintec – qui équipe des Ultime et des IMOCA avec sa centrale Bravo et son pilote automatique –, explique comment la fibre est devenue un maillon sécuritaire essentiel: « Auparavant, on travaillait sur la mesure de charge sur les foils et l’ensemble du bateau – outriggers, étais – pour savoir comment fonctionnait la structure par rapport aux modèles fournis par les architectes lors de la phase de dessin du bateau. La fibre optique était installée pour s’assurer qu’on ne faisait pas de bêtise en navigation. Mais une fois en course, on débranchait les systèmes parce que c’était assez coûteux en énergie : 30 Wh. Avec les nouvelles générations de bateaux, notamment après la Route du Rhum, tout le monde a été d’accord pour avoir ces capteurs en permanence pour éviter de rentrer dans les zones rouges où le bateau risquait de casser. L’idée a donc été d’avoir tout à poste pour donner des alertes au skipper. S’il est trop chargé, qu’il décharge à l’écoute ou à la barre, ou bien que le pilote automatique lofe ou abatte. »
DE LA MESURE à HAUTE FREQUENCE Mais pour faire de l’analyse en temps réel, il faut d’abord passer par de l’analyse à posteriori, qui permet de définir des modèles informatiques. Et que ce soit pour un besoin sécuritaire, de performance ou de développement continu du bateau, il était devenu indispensable de travailler sur des mesures à hautes fréquences. C’est-à-dire des mesures largement en dessous de la seconde ; la fréquence se mesurant en hertz. On parlera par exemple de 50 hertz pour 50 mesures en 1 seconde. Sur les anciennes générations d’IMOCA, les données enregistrées se limitaient à la seconde à l’hertz, et les équipes en charge de la performance travaillaient essentiellement sur des phases et des moyennes. « Sur les mesures de vitesses, on travaillait entre 50 et 100 Hz au maximum. Mais on s’est aperçus qu’avec les microdéformations sur les foils, il fallait travailler à plus de 200, voire 500 Hz », précise Matthieu Robert. D’où une avalanche de données à traiter après chaque navigation.
La FIN a décidé d’organiser le premier salon virtuel en ligne qu’elle a présenté aujourd’hui lors d’une conférence de presse. Il sera possible d’y accéder moyennant une entrée à 5 € permettant de visiter des stands virtuels. Pour cela elle a choisi une plateforme virtuelle qui permet avec son avatar de se déplacer virtuellement dans un espace qui ressemble à un salon avec ses allées, ses stands, ses salles de conférences et même une plage. Démo sur https://www.virbela.com/
La FIN espère convaincre d’ici la fin de l’année au moins 200 exposants avec des stands oscillant entre 3000€ et 6000€ pour lancer son salon. Une solution qui est un réponse à la crise sanitaire actuelle mais qui n’a pas vocation a remplacé le Nautic. ON peut saluer en tout cas l’initiative.
La FIN lance Virtual Nautic, qui se déroulera les 12 et 13 mars prochains, qui a l’ambition d’être le plus grand salon virtuel organisé en France.
Ce salon immersif positionné à la sortie des vacances d’hiver, en amont des salons locaux de printemps, a pour objectif :
de proposer une expérience inédite, chaleureuse, qui s’appuie sur les dernières technologies,
d’apporter une forte visibilité médiatique à la filière nautique et aux entreprises qui la composent,
de commercialiser la saison estivale 2021 et d’animer les réseaux de distribution,
de créer un moment de rencontre en s’affranchissant des barrières et frontières géographiques, budgétaires, sanitaires…
Sur Virtual Nautic, il sera possible d’échanger oralement, d’exposer produits et services nautiques, de recevoir des clients et pratiquants du monde entier, de chercher une destination pour ses prochaines vacances, prendre des rendez-vous avec des professionnels, d’assister à des présentations ou bien de participer à des conférences, … avec une simple connexion internet et un ordinateur.
Vous souhaitez en savoir plus ? La FIN vous invite à participer aux réunions de présentation qui auront lieu la semaine prochaine aux dates suivantes : Lundi 16 novembre à 10h Mardi 17 novembre à 17h Mercredi 18 novembre à 10h Jeudi 19 novembre à 17h Vendredi 20 novembre à 10h Vous pouvez vous inscrire directement en ligne. Une fois votre inscription effectuée via le formulaire en ligne, vous recevrez par email le lien de connexion Microsoft Teams pour participer aux présentations lors des créneaux horaires indiqués.
Le skipper suisse Alan Roura s'entraine sur La Fabrique pour le Vendee Globe au large de Groix, France, le 6 Octobre 2020.
Le suisse Alan Roura est parti pour son deuxième Vendée Globe. Il est encore le benjamin de la course mais avec de l’expérience. Il livre ici son carnet de bord de La Fabrique. Un IMOCA qu’il a doté de foils. Il est actuellement 24e et fait route à l’ouest sur la même trajectoire que Charal mais à quelques encablures.
C’est reparti pour un deuxième Vendée Globe… Je suis encore un peu ailleurs, je pense aux gens que j’ai laissés à terre, ce n’est pas pareil que la dernière fois. Je suis clairement bien plus en mode course, mais je pense aussi beaucoup plus à prendre le moins de risques possible et rendre tout ce petit monde fier de moi.
Ce début de course n’est vraiment pas très drôle, ce Vendée s’annonce long, on va mettre 2 semaines pour atteindre le Cap Vert… Cette mer de face est assez difficile, pour moi et pour le bateau. La météo a aussi bien évolué sur le plan d’eau depuis le départ, ce qui n’a pas été dans mon sens niveau option, peut-être un peu trop osée ? En tout cas, je me suis vite retrouvé dans la molle, sur la route des cargos. Au beau milieu du plus gros trafic maritime d’Europe, sans vent ! C’est génial ! Ahah
J’essaye de prendre mon rythme, mes marques et me dire que la course ne fait que commencer. Je n’ai pas encore trop regardé le classement, j’essaye de naviguer proprement. Je ne suis pas très rapide mais je m’efforce d’avoir une route propre, avec des angles logiques. Jusque là, je ne crois pas avoir fait beaucoup d’erreur. Par contre, depuis que j’ai enroulé le gennak, je fais du près serré… Et ça fait bientôt 24 heures que ça dure. J’ADORE le près avec mon bateau !
J’ai viré cette nuit pour aller chercher le vent, en espérant pouvoir remonter le terrain que j’ai perdu. La suite ne va pas être drôle, déjà que ce n’était pas très confortable jusque là, avec la mer de face depuis le début… Ça saute ! Je me suis même pris un sac sur la gueule. Et j’ai eu de bon gros maux de tête. Mais ça va mieux, le paracétamol est mon ami ! C’est la conséquence de se faire secouer dans les vagues depuis deux jours….
Ce soir, ça va envoyer sévère je pense, il risque d’y avoir de la casse dans la flotte… J’ai déjà tout préparé, les voiles sont à poste, le pont est propre, l’intérieur est rangé ! À bord ça roule, j’arrive à dormir, à manger pas tellement, mais je bois beaucoup et je fais au mieux. Je vais essayer d’envoyer vidéo et photo d’ici ce soir, si j’y arrive !
e skipper français Arnaud Boissieres, Team La Mie Caline - Artisans Artipole, s'entraine pour le Vendee Globe au large des Sables d'Olonne, France, le 29 Aout 2020.
Ce n’est jamais anodin de monter en haut de son mât. Une opération que redoute de nombreux marins mais à laquelle a été contraint Arnaud Boissière à bord de La Mie Câline – Artisans Artipôle. Depuis le départ, le petit gennaker était bloqué en tête de mât, et Arnaud a été contraint, ce matin, de monter pour le faire descendre. L’opération s’est déroulée au large du Cap Finisterre et n’a pas été de tout repos. Il a d’abord fallu se hisser à 25 mètres pour atteindre ce hook défectueux et faire tomber cette voile. En descendant, le gennaker est tombé à l’eau et s’est enroulé autour de l’outrigger, cette longue « canne à pêche » fixée au pied de mât. Le skipper est alors redescendu en urgence pour récupérer la voile. Il lui a cependant fallu grimper à l’extrémité de cet outrigger, une nouvelle manœuvre à haut risque. « C’était une journée sur le thème de l’équilibrisme » Arnaud, visiblement soulagé d’avoir su gérer cette situation.
Ce problème de gennaker a fortement ralenti la progression de La Mie Câline – Artisans Artipôle depuis le début de course. En effet, Arnaud a tenté plusieurs manœuvres pendant ces 48 premières heures ce qui explique qu’il évolue aujourd’hui en queue de peloton. Dès que les conditions seront plus clémentes, Arnaud devra à nouveau se hisser en haut du mât afin d’installer un système de remplacement. Avant cela, le skipper se prépare à une nuit musclée avec des rafales à 45 nœuds (90 km/h) attendues dans les prochaines heures.
Message du bord : « J’ai choisi le bord Sud Sud-Est pour monter au mât car la mer est plus calme. Je m’attendais à tout en montant là-haut mais je ne voulais pas y aller avec trop d’outils. Une fois là-haut, la vue était belle mais il y avait deux bateaux de pêche juste devant moi. J’ai eu un gros dilemme, soit je continue mon ascension, soit je redescends en catastrophe. J’ai choisi de continuer, il me restait à peine 2 mètres. J’ai finalement descendu le gennaker mais en descendant, il s’est enroulé sur l’outrigger et est tombé à l’eau. Je n’ai pas eu le temps de faire de photos, je suis descendu en deux secondes pour ramasser la voile. J’ai dû aller au bout de l’outrigger ! Cette journée était sur le thème de l’équilibrisme ! J’ai tout rangé, matossé et fait mon virement de bord. J’ai l’impression que mon Vendée Globe commence maintenant ! »