Le rythme s’installe progressivement chez les skippers de ce 9e Vendée Globe mais qui reste prudents à l’approche de la tempête tropicale. Charlie Dalin, Thomas Ruyant et Kevin Escoffier l’aborde par la face nord alors qu’Alex Thomson a choisi une voie plus directe.
Charlie Dalin :
Alan Roura : “Nous voilà de nouveau tous dans un gros mouchoir de poche, les deux flottes se retrouvent et demain, il va falloir faire face à un système compliqué. Je regarde plusieurs fichiers météo, mais ils semblent tous être d’accord : on va prendre tarif ! Là tout de suite maintenant, je suis censé avoir 15 nœuds et j’en ai 23. Imaginez quand le vent moyen annoncé n’est « que » de 40 nœuds… “
Photo envoyée depuis le bateau Banque Populaire X pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 11 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Clarisse Cremer)
Les bateaux se rapprochent pour certains des Açores. Les températures sont plus clémentes mais c’est le calme avant la grosse tempête qui s’annonce pour les prochaines heures.
Photo envoyée depuis le bateau Newrest – Art et Fenetres pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Fabrice Amedeo) Photo envoyée depuis le bateau Compagnie du Lit – Jiliti pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Clement Giraud)Photo envoyée depuis le bateau Apivia pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Charlie Dalin) LinkedOut en vueBenjamin Dutreux Photo envoyée depuis le bateau Bureau Vallee 2 pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Louis Burton)Photo envoyée depuis le bateau La Fabrique pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Alan Roura)Photo envoyée depuis le bateau Campagne de France pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Miranda Merron)Photo envoyée depuis le bateau Initiatives Coeur pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 11 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Sam Davies)Photo envoyée depuis le bateau Merci pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 12 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Sebastien Destremau)Photo envoyée depuis le bateau Medallia pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 11 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Pip Hare)
Ils sont – ou nous sommes – désormais 700.000 bateaux sur le Vendée Globe virtuel. Un record alors qu’il est encore possible de s’inscrire et de se faire “hélitreuiller” pour ne pas partir des Sables. La flotte s’étale en pointe au sud des Açores pour profiter à plein de la tempête Théta pour espérer se faire propulser vers les Alizés. De notre côté, nous rattrapons notre erreur ou bug du départ petit à petit. Vous êtes nombreux à nous faire signe.
Photo envoyée depuis le bateau Medallia pendant le Vendee Globe, course autour du monde à la voile, le 11 Novembre 2020. (Photo prise par le skipper Pip Hare)
La nuit a été plus calme pour les skippers du Vendée Globe qui font route vers le sud menée par Jean Le Cam ce matin. Jérémie Beyou fait route vers les Sables. Sébastien Destremau semble en difficulté et doit gérer plusieurs problèmes survenus pendant le passage du front.
Thomas Ruyant (LinkedOut) a pu profiter de son décalage plus ouest pour profiter d’un vent soutenu tribord amure au passage d’une petite dépression qui a contraint Charlie Dalin (Apivia), Alex Thomson (HUGO BOSS) et Kevin Escoffier (PRB) a viré. Ils évoluent à une vingtaine de nœuds contre une dizaine de nœuds pour le reste de la flotte.
Charlie Dalin : Il y a plus de vents prévus. Une fois Théta passée on pourra profiter de nos bateaux à foils.
« On est quatre au même endroit avec un peu plus de vent que prévu et ça avance vite », témoigne Charlie Dalin, joint ce matin. Le skipper d’Apivia explique le programme du jour : « là, on va contourner une petite dépression qui s’est formée sur le front. On va la contourner par le Nord alors qu’on se rapproche des Açores. Ça va être pleine balle, à 25 nœuds de vent. » Derrière, le reste de la flotte, dont Samantha Davies (Initiatives-Cœur), Sébastien Simon (ARKÉA PAPREC), Damien Seguin (Groupe APICIL) à 30 milles, vont passer cette petite dépression dans l’après-midi avant de continuer la descente avec un vent plein Sud de 15 à 20 nœuds.
Jérémie Beyou se rapproche du cap Finisterre et avance à 10 nds. Il devrait être aux Sables vendredi soir. « Ça m’a mis un coup dans le ventre, explique Charlie Dalin. Je suis bien placé pour savoir l’engagement que ces projets demandent au skipper, à une équipe, aux sponsors… Ce sont des années de travail, de réflexion. Ce qui lui arrive, on ne peut le souhaiter à personne. » Il devrait s’exprimer en milieu de journée. Gageons qu’il ne déclare pas son abandon.
Sébastien Destremau
Sébastien Destremau a subi une avalanche de catastrophes après le passage du front mardi. Il a endommagé sa casquette mais surtout perdu son électronique. ” On avait pourtant navigué très prudemment en prenant le troisième ris dans la nuit…. mais en renvoyant la grand voile après le passage du front … patatras !!Le Lazy jack qui casse et la bôme s’écroule sur notre belle casquette en carton provocant quelques dégâts sur sa partie avant …Ensuite je découvre une inondation générale à l’avant. Mise en route de la grosse pompe pendant un certain temps certain!!! J’ai trouvé d’où cela venait. Un joint à l’étai de J3 qui est parti. Faut aller boucher l’armure avec du sika sinon ça pisse à torrent à l’intérieur.Le lazy cassé, c’est très ennuyeux car il va me falloir monter au mât dès que les conditions de mer le permettront. En attendant la grand voile est bloquée au 1er ris et je ne peux pas envoyer de gennaker tellement c’est tout emmêler là haut. Va falloir monter !!!Et pour couronner le tout, une panne d’électronique …!!! Plus d’indicateur de vent et de speedo sur le bus 1 … et le bus 2 est en coupe circuit. A part l’électronique qui est un problème très important, le reste ne sont que des emmerdes de routine))) MAJ 11h : après une trajectoire assez bizarre, Sébastien Destremau est reparti dans le bon sens. Il a sans doute pris du temps pour réparer tous ses problèmes à bord.
La nouvelle casquette en carton pour l’Imoca Merci de Sebastien Destremau est prête à être installée lors de la semaine prestart du Vendee Globe aux Sables d’Olonne, le 6 Novembre 2020. (Photo by Jean-Marie Liot/Alea)
Ils ne jouent pas la victoire mais rêvent d’aller au bout d’un rêve fou : boucler un tour du monde à bord d’un IMOCA. Et depuis le départ, Stéphane Le Diraison et Manu Cousin, respectivement 18e et 19e, ne boudent pas leur plaisir. Contactés ce matin, leur enthousiasme est communicatif. « Progressivement, je commence à réaliser qu’on est bien parti, explique Le Diraison. J’ai enfin pu profiter d’une nuit calme ». Et la passion de la course est intacte : « c’est intéressant d’être au contact, il y a pas mal de coup à jouer ». Manu Cousin ne dit pas autre chose : « il a fallu se mettre dans le bain, trouver ses marques mais je suis très content d’être là ». Ce qui l’a marqué ? L’intensité de la course. « Ça ressemble plus à une course de 15 jours qu’à un tour du monde. On réalise qu’on est parti pour 3 mois quand on voit tout ce qu’on déplace à chaque virement de bord ! »
Fabrice Amedeo, lente remontée. Le skipper de Newrest – Art & Fenêtres, qui était reparti de Port-Olona mercredi soir, contine sa lente remontée. Fabrice Amedeo, qui approche du Nord des côtes espagnoles, naviguait avec 4 à 8 nœuds cette nuit. D’ici quelques heures, il pourra virer de bord vers l’Ouest.
Le skipper francais Charlie Dalin s’entraine à bord d’ Apivia, le 2 Septembre 2020, sur l’Atlantique. (Photo Vincent Curutchet/Alea/Disobey)
Charlie Dalin sur son APIVIA a su parfaitement se positionner cette après-midi pour passer la zone de mole devant son étrave et s’en extraire pour avancer avec des vents plus soutenus. Il devrait pouvoir accélérer dans les prochaines heures et sans doute voler. Il emmène dans son sillage Alex Thomson et son Hugo Boss, Kevin Escoffier sur PRB qui a pu réparer sa voie d’eau.
Plus à l’ouest, Thomas Ruyant a buté dans la môle et a ralenti fortement perdant l’avantage de son décalage. Il va devoir se recaler au centre tout comme Sébastien Simon. Les IMOCA à dérives emmenés par Benjamin Dutreux ont passé le front et font cap au sud. L’élastique avec les foilers va encore se tendre en attendant d’arriver sur la prochaine dépression qui s’annonce assez copieuse.
Charlie Dalin devant, pas une surprise
« Il faut savoir que Charlie s’était préparé, aussi bien techniquement que psychologiquement, avant d’entrer dans le dur du front explique Antoine Carraz, directeur technique d’APIVIA. Ce premier gros coup de vent n’est pas une surprise. Il a veillé, juste avant, à que tout soit bien rangé et arrimé dans le bateau, pour éviter que des objets volent dans tous les sens et ne le blessent. Il s’était certainement préparé des trucs à grignoter, car tu ne peux pas manger chaud et donc, te nourrir facilement. Là, également, il n’est plus question de passer du temps devant l’ordinateur pour travailler ta météo ou la trajectoire d’APIVIA. Tout devient plus difficile, si tu n’as pas anticipé la moindre situation ». Le but : avancer sur la route, sauvegarder le bateau et sortir le plus vite possible de cette route mal pavée. Il a anticipé les réductions de voilure pour ne pas se faire surprendre et certainement emmagasiné quelques temps de sommeil avant, parce qu’il savait qu’il n’allait pas dormir pendant 12 heures. Il faut savoir que c’est clairement impossible de fermer l’œil dans de telles conditions ! ».
À la rencontre de Theta… Et maintenant alors ? Rappelons que l’objectif d’APIVIA, comme de la grande majorité des « foilers », était de traverser, de part en part, cette zone de vents puissants de Sud-Ouest, pour toucher une bascule de vent (changement de direction du vent entre deux systèmes météo) au Nord-Ouest et donc, progresser, enfin, dans des allures portantes.
UNSPECIFIED : French skippers Jeremie Beyou and Christopher Pratt are sailing on the Imoca Charal, prior to the Transat Jacques Vabre, in 2019. (Photo by Gauthier Lebec/Charal)
« Avec un point de renvoi d’écoute arraché, un safran amoché, sachant qu’il est possible que le foil ait aussi tapé, et une bastaque cassée, ça faisait beaucoup pour un troisième jour de course », ajoute Pierre-François Dargnies qui a aussitôt organisé la logistique nécessaire à l’accueil de l’IMOCA Charal, attendu aux Sables d’Olonne vendredi en fin de journée. « Ça va dépendre forcément de sa vitesse, parce que tant qu’il est en bâbord amure, comme c’est le cas actuellement, il peut avancer à vitesse à peu près normale, mais en tribord, comme il n’a pas de bastaque, il va devoir naviguer tout doucement. L’avantage, c’est que ce n’est a priori que du portant. Pour ce qui est des réparations, nous avons un safran de rechange, donc ce n’est pas un souci, et pour le reste, tout dépendra de l’étendue exacte des dégâts, nous allons évidemment tout faire pour réparer le bateau dans les meilleurs délais et permettre à notre skipper de repartir. » Ce qui est possible jusqu’à la fermeture officielle de la ligne le mercredi 18 novembre à 13h02.
Ce retour prématuré est forcément une déception pour Jérémie, le Charal Sailing Team et les équipes de Charal, qui tiennent d’ailleurs à remercier les nombreuses personnes qui leur ont adressé des messages de soutien depuis mardi, mais le mot d’ordre est de « ne rien lâcher », pour reprendre une des formules préférées du skipper, et de se lancer dès que possible dans une nouvelle course qui peut aussi réserver son lot de bonnes surprises…
Après moins de trois jours de course, Jérémie Beyou a pris la décision ce mercredi matin de faire route vers les Sables d’Olonne, l’IMOCA Charal ayant été victime d’une succession de petites avaries depuis mardi après-midi.
Après un début de Vendée Globe qui s’était idéalement déroulé pour lui, puisqu’il était dans le peloton de tête au bout de deux jours de course, Jérémie Beyou a été freiné mardi après-midi dans sa progression vers le sud. Directeur technique du Charal Sailing Team, Pierre-François Dargnies raconte :
« Ça a commencé mardi vers 14h quand une poulie de renvoi d’écoute s’est arrachée, ce qui a mis un peu de carbone partout dans le cockpit. Il a fallu que Jérémie fasse une petite réparation, il est rentré dans le bateau pour préparer tout ça, et alors qu’il était à l’intérieur, il a tapé quelque chose. Dans le mouvement, le bateau a empanné, il s’est retrouvé sur l’autre bord, il s’est alors rendu compte que le safran tribord était un peu endommagé. Il a décidé d’attendre le passage du front dans la nuit pour commencer les réparations sur le safran, il a viré de bord ce matin en attendant le lever du jour pour pouvoir attaquer cette réparation, mais au bout de quelques heures, la bastaque tribord (câble qui soutient le mât par l’arrière) a cassé, très certainement, parce que le renvoi d’écoute, qui avait lui-même cassé, est tout à côté de la bastaque, les éclats de carbone ont dû la cisailler. »
Après avoir échangé avec son équipe technique, Jérémie Beyou a donc pris la décision mercredi matin de rentrer aux Sables d’Olonne pour réparer au plus vite.
Le skipper francais Maxime Sorel s'entrainant à bord de l'Imoca VandB - Mayenne pour le Vendee Globe, le 04 juin 2020. (Photo Jean-Marie Liot)
C’est la hantise des skippers : monter au mât pour réparer. Maxime Sorel l’a fait trois fois aujourd’hui ! Il a perdu 4h30 pour ça et ce soir tout va bien. Il a pu hisser son magnifique gennaker à bord de son bateau V&B Mayenne.
Le skipper Benjamin Dutreux s’entraine à bord du bateau OMIA - Water Family lors de la semaine prestart du Vendee Globe aux Sables d’Olonne, le 30 Octobre 2020. (Photo by Jean-Marie Liot/Alea)
Benjamin Dutreux s’est remis du passage du front et glisse enfin vers le sud aux côtés de Jean Le Cam et Maxime Sorel. Il devrait rejoindre la tête de flotte emmenée par Charlie Dalin pour trouver la bonne trajectoire avant la prochaine dépression. Le jeune vendéen fait un très beau début de Vendée Globe.
Après presque 3 jours de course, le petit Poucet du Vendée Globe avec son équipe familiale, son pôle de petites PME partenaires (son budget bouclé à 60 jours du départ), son jeune âge et son action militante avec la Water Family, Benjamin Dutreux pointe dans le top 5 depuis près de 48h. Il s’est même offert le lead avec une option sud (une satisfaction pour le skipper qui avoue avoir eu un peu de mal lors de la transition départ/navigation solitaire !). Un choix stratégique au regard du potentiel de son bateau OMIA – Water Family (non équipé de foil) qu’il explique lors de sa première vacation ce matin à 5h.
Le skipper d’OMIA – Water Family savoure son début de course, lui qui s’est hissé à la 2e place au classement de 5 heures. Contacté lors des vacations, il raconte ses premiers jours depuis le départ et évoque la suite. « Ça va bien, c’est plutôt cool ! Les conditions sont en train de se corser. Je viens d’aller prendre le dernier ris dans la grand-voile et là il y a 35 nœuds donc c’est fort ! Ma stratégie de base, c’était de m’éloigner un peu du front et d’avoir une mer un peu plus rangée, un peu plus calme et un peu moins de vent pour prendre moins de risque. On a des bateaux moins rapides que les bateaux à foils donc on aurait eu moins de gain à aller vers l’Ouest. C’est pour ça qu’on s’est pas mal retrouvé au Sud avec les bateaux à dérives. Être dans le ‘top 5’ au classement, c’est assez incroyable. Ça nous permet de prendre des belles photos ! Oui, je suis très content de ce début de course, surtout d’être avec les autres bateaux à dérives, c’est ce qui m’importe le plus. Là, la situation est assez complexe. On a le passage de front d’ici 4 heures. Le vent va tourner, il va falloir tout matosser et ça prend pas mal de temps. Ensuite, ce sera la descente vers le Sud. J’ai deux options qui se dessinent et je n’ai pas encore décidé, ça va déprendre des prochains fichiers météos et de la dépression qui s’est formée plus au Sud. Il va falloir déterminer si je passe dans son Est ou dans son Sud-Ouest. C’est un peu l’interrogation du moment.
Sinon, je me suis bien éclaté stratégiquement et c’est plutôt sympa. J’ai mis du temps à me mettre dans la course, c’était assez complexe de se retrouver comme ça, seul d’un coup. Mais là, je suis plutôt content, juste un peu stressé. Mais comme Jean Le Cam m’a dit : « ça va le faire ! »
Ça va mieux pour Clarisse qui a eu peur cette nuit et qui n’arrivait pas à manger depuis le départ. Ça va mieux aujourd’hui. “Il y a une bonne nouvelle, c’est que j’ai à nouveau faim !” Clarisse retrouve l’appétit et le sourire, pour notre plus grand bonheur. Elle fait une course incroyable au contact des foilers malgré les difficultés.
11 Octobre 2020, le skipper japonais Kojiro Shiraishi s'entrainant pour le Vendee Globe. (Photo Thomas DEREGNIEAUX)
Le météorologue Marcel Van Triest, qui a travaillé avant le départ avec plusieurs des skippers du Vendée Globe – parmi lesquels Beyou et Escoffier – explique que les concurrents doivent d’abord éviter de tomber dans le piège de la pétole.
“L’objectif est d’aller vers le sud le plus rapidement possible,” confie-t-il. “Le briefing que j’ai donné à “mes” skippers est qu’une fois qu’ils auront franchi la première dépression, c’est un changement complet de mentalité car il s’agit de gagner à fond dans le sud pour éviter l’anticyclone positionné dans l’ouest. Une fois seulement qu’ils auront franchi cette haute pression, alors ils pourront commencer à s’inquiéter de la prochaine dépression.”
Concernant Thêta, Marcel Van Triest estime que les bateaux de tête n’auront pas d’autre choix que de passer au-dessus du système pour aller chercher des vents favorables et forts du nord-est et, ce faisant, d’allonger leur route dans l’ouest avant d’aller raccrocher ensuite les alizés de nord-ouest. Donc pour lui, pas de route viable dans l’est de la dépression.“Si vous essayez d’aller vers l’est, vous vous mettez sur la voie du danger, car si le système se déplace un peu plus vite que prévu, vous allez tomber sur des conditions très fortes,” explique-t-il. “Alors que si vous contournez le système par son sommet et que vous voyez qu’il se creuse ou qu’il devient mauvais, vous pourrez toujours vous échapper.”