La grand voile du Maxi Trimaran IDEC SPORT s’est à nouveau déchirée jeudi soir durant une manœuvre d’empannage déclenchée pour contourner l’île de Terceira aux Açores. Cette même voile majeure s’était déjà déchirée en son milieu durant une manœuvre similaire hier matin, contraignant Alexia et ses navigatrices à affaler la toile jusqu’au niveau du deuxième ris. Elles comptaient rallier Ouessant et la ligne d’arrivée sous cette configuration au demeurant parfaitement adaptée aux conditions tempétueuses qui sévissent sur les 1 000 et quelques milles encore à parcourir. Elles vont désormais devoir se priver de ce qu’il restait de cette voile, et naviguer exclusivement propulsées par leur mât aile (30m2) et leurs voiles d’avant.
C’est ainsi sous toilées qu’elles ont cette nuit enchainé de nouveaux empannages pour déborder ce matin l’île de Ponta Delgada et laisser les Açores dans leur sillage, pour prolonger leur route vers la péninsule ibérique. Les conditions sur zone, en bordure sud de la dépression, sont celles annoncées, plus de 35 noeuds de vent allant forcissant et une mer déjà bien formée avec ces vagues de plus de 6 mètres venues du nord ouest, qui ne vont cesser de se creuser ces prochaines 24 heures.
Une journée inamicale s’avance pour l’équipage entamée par 55 jours de mer, mais dont la volonté de rallier Ouessant et de boucler la boucle ne faiblit pas d’un iota. Au petit trot, propulsées par leur seul mât et voile d’avant, Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) le martèlent ; elles verront Ouessant et achèveront ce tour du monde, lundi soir prochain, voire mardi matin.
Alexia Barrier : “Le jour en train de se lever, on n’a pas encore vu la mer et je pense que c’est mieux comme ça pour démarrer. On n’a pas de voile et on avance à plus de 10 nœuds de moyenne avec la surface du mât qui fait 30 mètres carrés. On pense qu’on va pouvoir dérouler le J3 (trinquette) vers 11 heures une fois que le plus gros de la mer sera passé pour la zone qui nous concerne. L’objectif c’est d’être toujours au-dessus de 10 nœuds. Christian (Dumard) nous a fait un routage avec une polaire spéciale, sans grand voile. On vous tient informés sur les différents timings. On reste prudentes évidemment…”
Les deux premiers Class40 arrivés ce samedi à Valparaiso au Chili, BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL ont terminé l’étape dans la situation incroyable d’une ligne d’arrivée avec un écart qui se compte en secondes. Compte tenu des enjeux de cette étape à coefficient 3, les acteurs de la chaine sportive, organisation, direction de course, comité de course et jury international se réuniront ce jour pour prendre une position finale quant au classement de l’étape.
Ce samedi 23 janvier 2026 est à marquer d’une pierre blanche dans les annales de la course au large. Partis le 1er janvier de Sydney les concurrents de la 4ème étape de la GLOBE40 avaient à franchir 6228 milles en route directe pour rejoindre Valparaiso au Chili. L’étape a été à la hauteur de la réputation des mers du grand sud avec un parcours seulement limité à 50° sud. L’engagement des skippers sur ce parcours est maximal et les records de vitesse sont à nouveau tombés avec 459 milles enregistrés. Mais plus encore c’est sans doute l’arrivée des premiers à Valparaiso que l’on retiendra. Avec près de 7000 milles en surface parcourus à la vitesse moyenne de 13,40 nœuds – nouveau record d’un événement au large Class40 – les deux premiers BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM et CREDIT MUTUEL terminent l’étape dans la situation incroyable d’une ligne d’arrivée avec un écart qui se compte en secondes.
Une transpacifique sans concessions. Partis le 1er janvier de Sydney, une bonne entrée en matière pour une nouvelle année, les concurrents de cette 4ème étape avaient devant eux un Pacifique à traverser dans sa totalité. Si des étapes ont pu être plus longues dans l’événement, comme l’étape 2 entre le Cap-Vert et l’île de la Reunion ( 8000 milles) cette étape du Pacifique était inédite avec un océan à traverser dans sa totalité d’ouest en est, loin de toute terre habitée, et passant par le fameux point Nemo. Un parcours ou les dépressions se sont succédées une fois descendu au Sud de la Nouvelle-Zélande dans les quarantièmes. Froid, fatigue, mers abruptes avec jusqu’à 7 mètres de creux, angoisse de la casse de matériel rien n’a été épargné aux équipages. Plus encore cette étape était pionnière en ce sens que c’était la première fois que les Class40 de nouvelle génération effectuaient un tel parcours, le double d’une transat. L’expérience a été concluante et ouvre la porte à de nouveaux territoires de développement pour la Class40.
Une arrivée à Valparaiso jamais vue dans l’histoire de la course au large Sur l’ensemble des étapes de la 2ème édition de la GLOBE40, comme pour toutes celles de la 1ère édition, les lignes d’arrivée sont des lignes virtuelles avec des classements calculés par tracker satellite. La technologie donne aujourd’hui des outils qui modernisent cette partie de l’organisation. C’était donc le cas à Valparaiso avec une fréquence de position de toutes les minutes. La ligne d’arrivée était définie par une ligne entre un point à terre à proximité de l’entrée sud de Valparaiso et un point en mer. Arrivé avec 5 milles d’avance BELGIUM OCEAN RACING- CURIUM s’est retrouvé dans le dernier mille de la course englué dans une zone sans vent en baie de Valparaiso. CREDIT MUTUEL arrivant à pleine vitesse a su profiter de cette situation pour revenir à 500m du premier avant d’être englué à son tour dans des zones sans vent. A force d’efforts les deux concurrents ont pu se rapprocher de la ligne d’arrivée en étant quasiment bord à bord avant de passer celle-ci avec un écart se comptant en secondes. Au vu de la faiblesse de cet écart ( 59″), et des enjeux de cette 4ème étape à coefficient 3 les responsables sportifs de l’épreuve ont décidé de se concerter et de vérifier l’ensemble des éléments avant de valider un classement de l’épreuve. C’est la rigueur de cette organisation, issue de dizaines d’années d’expérience arbitrale des courses au large par la FFV, qui est aussi un témoin de la qualité globale de l’épreuve. Mais quelque soit le résultat ce sont deux magnifiques équipes qui se sont affrontées toujours dans le respect l’un de l’autre. Et l’attend avec impatience le récit de tous les autres concurrents actuellement en mer.
Quel stress et quel suspens pour l’équipage du trimaran Sodebo Ultim 3 à qui il reste à peine 1 500 milles (2 778km) à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne entre Ouessant et le cap Lizard. Pourtant, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel savent que ces dernières heures s’annoncent très délicates. Un défi de taille les attend : une forte dépression hivernale nommée Ingrid leur barre la route entre les Açores et le golfe de Gascogne. Face à ces conditions extrêmes que le bateau n’a jamais rencontrées mais pour lequel il a été normalement conçu, ils vont s’attacher à trouver le bon compromis pour continuer à progresser tout en restant en sécurité. Toujours en avance sur la trace d’IDEC Sport, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est attendu sur la ligne d’arrivée entre samedi soir et dimanche matin. Pour faire tomber le record qui tient depuis 2017, ils doivent passer la ligne avant 20h31 dimanche soir…
Sonore de Nicolas Troussel sur les conditions attendues. Il est également tombé de sa bannette qui est tombée sur Benjamin.
Dans les alizés qui permettent de poursuivre la remontée de l’Atlantique, l’équipage a bénéficié d’un peu de répit ces dernières heures. « Ça tapait un peu mais on a levé le pied, confie Benjamin Schwartz. On est surtout dans la gestion pour anticiper la suite ». Tous ont en effet les yeux rivés sur ce qui les attend à partir de demain, quand ils se rapprocheront des Açores. « Une très grosse dépression hivernale nous attend et nous accompagnera jusque dans le golfe de Gascogne », explique Thomas Coville. Des vents de plus de 40 nœuds, des rafales à 50 nœuds et une mer déchaînée sont attendus, avec « plus de 10 mètres de houle », précise-t-il.
« Trouver le bon dosage entre vitesse et sécurité » Alors que les premiers effets de la tempête seront perceptibles dès demain midi, rien n’est laissé au hasard par l’équipage de Sodebo Ultim 3 qui se prépare. Un check complet du trimaran géant a été réalisé. L’équipage travaille également étroitement avec la cellule routage à terre pour veiller à leurs trajectoires. « Notre but, c’est d’arriver à se laisser de la marge pour anticiper les conditions les plus fortes », précise Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Concrètement, Sodebo Ultim 3 devrait rester à proximité de la route directe. « Si les routages nous amènent près de la côte espagnole, nous avons choisi de faire une route plus ouest afin de garder une marge de manœuvre ». Une fois passé le plus fort de la tempête, la fin de parcours s’annonce également incertaine, à cause de phénomènes secondaires générés par la dépression.
Cette dépression, « c’est Rendez-vous en terre inconnue » assure Philippe Legros. Pour y faire face, Thomas Coville rappelle qu’il est essentiel de « trouver le bon dosage entre la vitesse et notre sécurité et le record ». Benjamin Schwartz sourit : « le but c’est d’arriver avec le record mais d’arriver surtout ». Dans de telles conditions, il est difficile de connaître avec précision le moment où Sodebo Ultim 3 franchira la ligne d’arrivée. Thomas Coville évoque « une arrivée dans la nuit de samedi à dimanche, peut-être dimanche ». En attendant, la vigilance, la concentration et le sang-froid sont à leur maximum. « Cette tentative de Trophée Jules Verne n’aura pas été de tout repos, conclut Thomas. À nous de gérer du mieux possible ce nouveau défi.»
Thomas Coville et son équipage, à bord du trimaran Sodebo Ultim 3, vont devoir doser la vitesse et la sécurité jusqu’à l’arrivée de ce Trophée Jules Verne, qui n’aura pas été simple du début à la fin. L’équipe reste cependant toujours bien partie pour réaliser un formidable exploit, même si personne ne veut encore le dire. Il va falloir patienter jusqu’à la ligne.
Palanad 4 powered over the finish line in Antigua, completing the race in 8 Days 5 Hrs 55 Mis 50 Secs Credit. @Roddyacqua
Palanad 4 (FRA) a remporté le Trophée Transatlantique du RORC en IRC. Le Mach 50 Palanad 4 dessiné par Sam Manuard, propriété d’Olivier Magre, membre du RORC, et skippé par son fils Antoine Magre, également membre du RORC se sont imposé en temps compensé.
Alors que des concurrents sont encore en mer, aucun ne peut désormais battre le temps compensé IRC de Palanad 4, qui s’assure ainsi la victoire au classement général. Le Mach 50 battant pavillon français a terminé la course de 3 000 milles entre Lanzarote et Antigua en un temps écoulé de 8 jours, 5 heures, 55 minutes et 50 secondes, une performance exceptionnelle. Ce résultat marque une étape importante pour la famille Magre et le projet innovant Mach 50, qui a remporté la victoire au classement général dès sa deuxième course au large, après ses débuts lors de la Rolex Fastnet Race 2025.
Pour le propriétaire Olivier Magre, cette réussite revêt une signification profondément personnelle. « Pour moi, en tant que père, c’est un rêve fantastique », a déclaré Magre. « Gagner la RORC Transatlantic Race avec mon fils est le plus beau résultat que je puisse imaginer en voile. Je suis incroyablement fier d’Antoine et de ce qu’il a accompli. » Olivier Magre a navigué au sein de l’équipage du Palanad, conciliant son rôle de propriétaire avec celui de père fier et de membre engagé de l’équipe.
« À chaque instant, je suis le père », a-t-il déclaré en souriant. « Je dis à Antoine d’être prudent, de prendre soin de lui. Mais sur le bateau, c’est lui le patron. C’est lui qui prend les décisions, et l’équipage le suit. Pour moi, c’était facile d’être membre de l’équipage. Je préparais les repas, j’aidais là où je pouvais. Le mélange était fantastique. »
Pour le skipper Antoine Magre et le membre d’équipage et concepteur Sam Manuard, cette victoire représente une validation décisive du concept Mach 50, en particulier de la conception de la quille basculante à étrave plate sous IRC. « Cette course est une première preuve de concept très solide », a déclaré Antoine Magre. « Nous croyions au potentiel de l’étrave plate en IRC, mais il fallait le prouver dans des conditions réelles en mer. Notre victoire au classement général ici nous place vraiment au niveau de ce qui nous attend ensuite. »
Antoine a souligné que ce résultat ouvre la voie à une compétition acharnée avec certaines des plateformes IRC les plus rapides au monde lors de la RORC Caribbean 600 le mois prochain. « Nous pouvons désormais nous réjouir à l’idée de courir contre les Carkeek 50, les TP52, les Volvo 70 et d’autres. Cette course montre que le Palanad 4 a sa place parmi eux. » Si la Rolex Fastnet Race a donné un premier aperçu du potentiel du Palanad 4, la victoire dans la RORC Transatlantic repose sur une préparation beaucoup plus approfondie. « La Fastnet n’était que notre troisième sortie en mer avec ce bateau », explique Antoine Magre. « Nous n’avions pratiquement pas eu le temps de nous préparer. Pour cette course, nous avons eu tout l’automne pour nous entraîner et peaufiner tous les détails. La différence a été énorme. »
Cette préparation s’est traduite par une course disciplinée et confiante à travers l’Atlantique, même sur des angles qui n’étaient pas idéalement adaptés à la conception du bateau. « Il s’agissait en grande partie d’une course au vent arrière, ce qui n’est pas nécessairement le point fort du bateau », a expliqué Magre. « Mais même nos angles les plus faibles sont plus rapides que les angles les plus forts de nombreux bateaux. Cela a fait la différence sur la distance.
L’équipage du Palanad 4 a allié expérience et cohésion tout au long de la traversée : Équipage du Palanad 4 : Olivier Magre (propriétaire), Antoine Magre (skipper), Sam Manuard, Jean-Philippe Saliou, Pablo Santurde, Simon Koster, Richard Fromentin. La capacité de l’équipage à rester cohérent et à éviter les problèmes majeurs s’est avérée décisive. « Il est extrêmement important d’avoir une course bien organisée comme celle-ci, surtout avec un nouveau bateau », a déclaré Olivier Magre. « L’organisation était excellente et le bateau lui-même s’est révélé remarquablement fiable. Même avec un nombre de milles très limité avant le Fastnet et maintenant une transatlantique complète, nous n’avons pas eu de problèmes majeurs. »
Perspectives d’avenir : prochaine course dans les Caraïbes Avec le Palanad 4 désormais amarré à Antigua, l’attention se tourne déjà vers la suite, notamment la RORC Caribbean 600. « La différence entre la RORC Transatlantic Race et la Caribbean 600 est énorme », a déclaré Antoine Magre. « Six cents milles au lieu de trois mille ; plus de vent de travers, plus de vent de face, plus de transitions. Je pense que les gens seront surpris par les performances du bateau au vent. Cette course nous a donné une grande confiance. »
Pour Olivier Magre, Antigua est également l’occasion de faire une pause et de réfléchir. « Antigua est une destination fantastique », a-t-il déclaré. « Ma famille et mes amis sont ici pour nous rejoindre, et nous allons prendre le temps de profiter de cet endroit avant de rentrer chez nous. Gagner une course comme celle-ci et pouvoir en profiter ensemble est quelque chose de très spécial. »
Respect pour l’océan La RORC Transatlantic Race de cette année a également été marquée par une tragédie sur Walross 4, qui nous rappelle les risques inhérents aux courses océaniques au large. Le Royal Ocean Racing Club et l’équipe du Palanad 4 ont exprimé leur respect et leur sympathie à toutes les personnes touchées, soulignant que le succès en mer se mesure toujours d’abord par la sécurité et le savoir-faire marin.
Un résultat déterminant Pour Antoine Magre, cette victoire revêt une signification personnelle. « Remporter la RORC Transatlantic Race au classement général est quelque chose de très spécial », a-t-il déclaré. « Le faire avec mon père à bord, avec cette équipe et ce bateau, est quelque chose que je n’oublierai jamais. » Antoine a également réaffirmé son engagement à long terme envers le Club. « Je suis membre du RORC depuis 2016 et j’ai l’intention de le rester pendant très longtemps. Les courses du RORC occupent une place importante dans nos activités. »
Alinghi change de nom et devient Tudor Team Alinghi. L’équipe a officialisé sa participation à la 38e America’s Cup ce mercredi 21 janvier à Naples et fait partie des 5 équipes fondatrices de l’America’s Cup Partnership. Ernesto Bertarelli, patron de l’équipe Suisse était présent en personne pour défendre la nouvelle organisation mise en place. Interview en partenariat avec Cuplegend.com
Cuplegend : Quelles ont été les difficultés de la mise en œuvre de l’America’s Cup Partnership ? Vous avez plusieurs fois annoncé vous retirer. Ernesto Bertarelli : Le format de la Coupe jusqu’à présent était un format qui ne favorisait pas la croissance de l’événement ni la multiplication des équipes, puisqu’il s’agissait d’un sport mécanique sans aucune limite. Et quand on a un sport sans aucune limite, on n’a pas de limite sur le financement des équipes, ni sur ce que l’argent peut faire en termes de technologie. Petit à petit, il y a donc une décroissance du nombre d’équipes. Sur la Coupe, le principe auparavant était que le gagnant rafle tout : c’est bien beau, mais c’est par définition un objectif destructeur pour l’événement. Petit à petit, on en est arrivé là. C’est ce que j’ai essayé de faire savoir et de faire comprendre. Heureusement, à force d’insister avec des prospectives et des points de vue différents, on est arrivé à voir la même chose, parce qu’on est tous dans le même bain. On souffre des mêmes difficultés. On est donc arrivé à ce partenariat, qui va continuer à nous permettre de rivaliser sur l’eau de façon extrêmement dure, tout en nous permettant de nous côtoyer et de promouvoir notre sport ensemble. De la même façon que Roger Federer et Rafael Nadal se battaient jusqu’au dernier point sur un court de tennis, et qu’au sortir des matchs il y avait une amitié qui promouvait l’idée du sport. Ce n’est pas très différent.
La Coupe aura lieu dorénavant tous les deux ans. Il y avait aussi le projet de Grant Dalton d’organiser un championnat en AC40 entre chaque édition. Vous y étiez favorable ? Non, cela n’a jamais été le cas. Le championnat d’AC40 n’a jamais été la Coupe de l’America. La Coupe de l’America doit être un événement inscrit dans un moment précis, dans une ville qui marque le temps. Effectivement, on ne pouvait pas l’organiser sur deux ans, parce que pour créer l’écrin d’un événement tel que la Coupe de l’America, on a besoin de plus de deux ans. Ce partenariat va donc nous permettre de nous mettre d’accord à l’avance pour prévoir des lieux adéquats, avec suffisamment de temps pour les préparer.
Ce championnat en AC40 était aussi une réponse au SailGP, qui a pris beaucoup d’ampleur… Est-ce que le board de l’ACP pourrait interdire aux skippers de la Coupe de participer au SailGP ? Le circuit SailGP n’est pas vraiment en concurrence avec la Coupe. C’est très différent. C’est un événement qui se court avec des bateaux tous similaires, principalement en flotte. C’est comme Le Mans et la Formule 1 : ce n’est pas la même chose. Des régates de série avec des monotypes existeront toujours. Il y a eu les FARR 40, les RC44, les TF35… Ce n’est pas l’intention du board d’interdire aux skippers d’aller régater en SailGP. Ce serait dommage de faire cela.
January 21, 2026 Naples. America’s Cup Partnership (ACP) announcement at Palazzo Reale in Naples. Ernesto Bertarelli, Team Owner, Lourdes Millet, General Counsel , Nicolas Rolaz, Sailor Tudor Team Alinghi.
January 21, 2026 Naples. America’s Cup Partnership (ACP) announcement at Palazzo Reale in Naples.
C’est à Naples que les représentants des cinq équipes inscrites pour disputer la 38e America’s Cup Louis Vuitton — Emirates Team New Zealand (NZL), GB1 (GBR), Luna Rossa (ITA), Tudor Team Alinghi (SUI) et K-Challenge (FRA) — ont été présentés ce mercredi 21 janvier. Les dates de la compétition ont été dévoilées : elle débutera par deux courses d’ouverture le samedi 10 juillet 2027 et se terminera le week-end des 17 et 18 juillet 2027.En partenariat avec Cuplegend.com
C’est au Palazzo Real, le Palais royal de Naples, que s’est déroulée ce mercredi la présentation des 5 équipes fondatrices de l’America’s Cup Partnership en présence des autorités nationales et locales italiennes. La Coupe de l’America et la Coupe Louis Vuitton ont été présentées sur scène de manière théâtrale avant que les représentants du Defender – Grant Dalton, CEO of Emirates Team New Zealand, David Blakey, Commodore du RNZYS et les représentants du Challenger of Record, Sir Ben Ainslie, Directeur de GB1 et Bertie Bicket, Commodore du Royal Yacht Squadron montent sur scène pour expliquer en quelques phrases ce tournant majeur de l’America’s Cup Parnership.
January 21, 2026 Naples. America’s Cup Partnership (ACP) announcement at Palazzo Reale in Naples. Grant Dalton, CEO of Emirates Team New Zealand, David Blakey, Commodore RNZYS, Sir Ben Ainslie, Team Principal of the Challenger of Record GB1 and Bertie Bicket, Commodore of Royal Yacht Squadron. Photo Ian Roman
Rien de particulier, ni de nouveau sur ce que l’on sait de l’America’s Cup Partnership n’a été dévoilé sur scène. Il s’agissait ici de faire la photo officielle. Grant Dalton, PDG de l’Emirates Team New Zealand, a déclaré : « Ce partenariat marque un tournant pour l’America’s Cup, qui partage la gouvernance, l’orientation future et le développement de l’événement. L’annonce par Louis Vuitton de son engagement continu envers l’America’s Cup témoigne de cette nouvelle orientation. C’est absolument vital à long terme, mais à court terme, l’ACP garantira des courses très serrées et une compétition sans précédent. » Sir Ben Ainslie, directeur de l’équipe Challenger of Record GB1, a fait écho aux propos de Dalton en déclarant : « Aujourd’hui marque un moment décisif pour l’America’s Cup. Les équipes se sont réunies pour tracer une ligne claire dans le sable et entamer une nouvelle ère de gouvernance forte et de gestion neutre, avec pour ambition d’élargir la base de fans et l’attrait commercial de l’événement. GB1 voit déjà cette vision se concrétiser grâce à la force de ses partenariats, notamment en obtenant un investissement important de la part d’Oakley Capital et en engageant des discussions passionnantes avec de grandes marques mondiales. L’America’s Cup est un événement emblématique, et ce nouveau chapitre pourrait le hisser au plus haut niveau du sport mondial. »
S’en ai suivi une à une la présentation des équipes fondatrices. Emirates Team New Zealand (NZL) tout d’abord avec la présence du milliardaire Mateo de Nora, comme Team Principal de l’équipe ETNZ aux côtés de Grant Dalton, CEO of Emirates Team New Zealand et de Kevin Shoebridge, COO of Emirates Team New Zealand,
GB1 (GBR). Ben Ainslie avait laissé la place au CEO Ian Walker, Hannah Mills et à Dylan Fletcher. L’équipe présentait un bateau avec une nouvelle identité de marque GB1.
Luna Rossa (ITA), L’italien Max Sirena, CEO of Luna Rossa laissait la place aux jeunes avec Margherita Porro et Marco Gradoni. Max Sirena, directeur général de Luna Rossa : « Nous sommes très heureux que la première régate préliminaire ait lieu à Cagliari, une ville magnifique que nous connaissons bien, puisque nous l’avons choisie comme base en 2014. Ce sera un avant-goût de la 38e America’s Cup Louis Vuitton, et notre objectif, comme toujours, est de donner le meilleur de nous-mêmes. Quant à Naples, nous sommes certains que ce sera mémorable. Le golfe de Naples est largement considéré comme l’un des plus beaux sites de voile au monde, et il offrira sans aucun doute un cadre unique pour l’événement. Bien sûr, nous ressentons la responsabilité de courir dans notre propre pays devant des milliers de fans, mais en même temps, cela nous donnera un élan supplémentaire pour relever le défi de la meilleure façon possible. Depuis la fin de la 37e America’s Cup à Barcelone, nous n’avons cessé de travailler pour être le mieux préparés possible pour l’événement de 2027, avec un objectif clair en tête : essayer de devenir la première équipe italienne à remporter l’America’s Cup. »
Tudor Team Alinghi (SUI). Ernesto Bertarelli avait fait le déplacement, lui que nous n’avions pas vu ou très peu depuis Barcelone. Il montait sur scène aux côtés de Lourdes Millet, avocate qui a œuvré à la signature de l’ACP, et Nicolas Rolaz, naviguant.
Enfin l’équipe française K-Challenge (FRA) avec Bruno Dubois et Stephan Kandler qui montaient sur scène. Stephan Kandler, fondateur et co-PDG de K-Challenge : « La France est un pays historique pour la voile et la Coupe de l’America. K-Challenge participe depuis 2001 à divers défis français ; il était donc tout naturel de s’impliquer dans l’avenir de l’America’s Cup en tant que membre fondateur du nouveau partenariat, aux côtés d’équipes légendaires telles que Emirates Team New Zealand, GB1, Luna Rossa et Tudor Team Alinghi. Cela renforcera la visibilité et l’image de l’America’s Cup. C’est une opportunité fantastique pour l’événement et les équipes de se développer au même niveau que d’autres propriétés sportives de premier plan. »
Les 5 CEOs remontaient ensuite sur scène avec une cérémonie maori. Le public a eu droit à un accueil culturel impressionnant mené par Ngāti Whātua Ōrākei, la tribu maorie (iwi) d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, représentant l’actuel défenseur, le Royal New Zealand Yacht Squadron et l’équipe Emirates Team New Zealand. Ngāti Whātua Ōrākei a salué culturellement la création de l’ACP et a souhaité la bienvenue à toutes les équipes de l’America’s Cup Partnership avant de remettre des pounamu taonga (trésors en jade vert) aux membres fondateurs de l’équipe sur scène. Ces taonga représentent la force, l’héritage de l’America’s Cup, le respect pour toutes les équipes qui l’ont précédée et un lien avec un avenir passionnant.
January 21, 2026 Naples. America’s Cup Partnership (ACP) announcement at Palazzo Reale in Naples. Max Sirena, CEO of Luna Rossa, Margherita Porro, Helm, Luna Rossa, Marco Gradoni, Helm, Luna RossaJanuary 21, 2026 Naples. America’s Cup Partnership (ACP) announcement at Palazzo Reale in Naples. Ernesto Bertarelli, Team Owner, Lourdes Millet, General Counsel , Nicolas Rolaz, Sailor Tudor Team Alinghi.January 21, 2026 Naples. Photo LS / CuplegendJanuary 21, 2026 Naples. K-Challenge – Photo LS / Cuplegend
La France sera présente sur la prochaine édition de la Coupe de l’America. L’équipe K-Challenge a officialisé son défi sur la 38e America’s Cup qui se tiendra à Naples en 2027 à l’occasion de conférence de presse qui s’est tenue dans la ville hôte ce mercredi.
Ce mercredi 21 janvier, K-Challenge, fondée par Stephan Kandler qu’il co-gère avec Bruno Dubois, a officialisé l’inscription du Challenger français à la 38e édition de l’America’s Cup avec la Société Nautique de Saint-Tropez comme Yacht Club support. C’est la 15e participation de la France à la plus ancienne compétition sportive du monde (1851). Il n’y a pas véritablement de surprise dans cette annonce qui était attendue si ce n’est que ce défi français s’inscrit dans un tournant provisoire ou historique de la Coupe avec la mise en place de l’America’s Cup Partnership. L’histoire le dira. La France en fait officiellement partie et c’est en soi une belle nouvelle. Selon Cuplegend.com, ce seront surtout les prochaines annonces qui sont attendues : – l’équipe navigante : on parle de la paire espagnole Diego Botín et Florian Trittel qui pourrait rejoindre Quentin Delapierre, Manon Audinet et Jason Saunders. A voir également qui fera partie de l’équipe Youth et Women’s America’s Cup. – les partenaires : D’autres partenaires que ceux déjà présents sur l’équipe SailGP pourraient rejoindre l’équipe – AC40 : L’équipe devrait disposer d’un second AC40 et participer avec à Cagliari en mai 2026, la première régate préliminaire de la Coupe.
Sur l’America’s Cup, l’histoire ne s’écrit pas en une seule campagne, mais en une succession d’engagements qui forgent une identité. K-Challenge – déjà engagée en 2007 (Areva Challenge) et en 2024 (Orient Express Racing Team) – repart aujourd’hui avec une maturité nouvelle. Membre fondateur de la nouvelle organisation de l’America’s Cup, K-Challenge confirme son rôle structurant dans la présence française au plus haut niveau de la voile internationale. La Sport-Tech, désormais basée à Lorient, s’impose aujourd’hui comme un acteur reconnu de la voile de haut niveau. Elle est pleinement engagée dans l’évolution d’une compétition où innovation technologique, performance sportive et excellence humaine sont indissociables, depuis plus de 170 ans ! Avec son AC75, sister-ship de celui de Team new Zealand elle dispose d’une très bonne plateforme. Reste à le doter d’une nouvelle paire de foils et à le mettre à la nouvelle jauge.
Une nouvelle ère pour l’America’s Cup : K-Challenge co-fondateur, de ce nouveau format L’America’s Cup a entamé une transformation historique : pour la première fois dans ses 175 ans d’existence, les équipes se sont unies au sein d’une structure commune, l’America’s Cup Partnership (ACP)*, afin de gouverner collectivement l’événement et d’assurer sa croissance globale. Cette organisation repose sur une gouvernance partagée où chaque équipe fondatrice dispose d’une voix égale, rompant avec le modèle centré sur le Defender seul. Ce nouveau cadre vise à préserver l’héritage technique et historique de l’America’s Cup tout en la projetant dans une ère de stabilité, d’innovation et d’audience mondiale accrue. Un nouveau Challenge porté par l’expertise française.
Sur le plan sportif, K-Challenge entend tirer le meilleur du savoir-faire français. La France est une terre de voile, dotée d’un vivier de talents reconnus pour certains et émergents pour d’autres. Les prochains mois seront consacrés à la constitution d’un équipage Challenger solide, autour du leader Quentin Delapierre, tout en restant ouvert à des compétences internationales, qu’il s’agisse de marins, d’ingénieurs ou de designers ou encore sur des athlètes sortant des rangs de son Akademy.
La 38e America’s Cup à Naples en 2027 : la France un challenger à surveiller ! Dans la baie de Naples dans un peu moins de deux ans, K-Challenge ne sera donc plus un outsider, mais bel et bien un challenger à surveiller, doté d’un élan, d’une vision claire et d’une ambition décuplée pour ramener la France à la pointe de la lutte dans la quête de l’America’s Cup et pour rapporter un jour, l’Aiguière d’argent à la maison !
Pierre Roinson, Président de la Société Nautique de Saint-Tropez ” L’America’s Cup reste une aventure collective portée par des Yachts Clubs engagés et des équipes passionnées. En relevant ce nouveau défi, nous cherchons à inscrire la France dans une dynamique qui allie exigence sportive, innovation et cohésion. L’équipe française peut être assurée du soutien de l’ensemble des membres de la Société Nautique de Saint-Tropez.”
Stephan Kandler et Bruno Dubois CEO K-Challenge ” Cette campagne s’inscrit dans une vision de long terme. Impliqués dès l’origine dans la construction du nouveau format de l’America’s Cup, nous voulons capitaliser sur les talents, allier expérience et jeunesse, et faire du Challenger français un projet durable et performant, capable de rivaliser à Naples en 2027.”
Les difficultés s’accumulent malheureusement à bord du Maxi Trimaran IDEC SPORT des femmes de The Famous Project CIC à quelques encablures de l’arrivée. Dernière en date, et non des moindres, la déchirure de la grand voile survenue hier après midi alors que le bateau manœuvrait pour venir glisser au coeur de l’archipel des Açores. Quatre heures d’effort, avec l’Américaine Molly LaPointe accrochée au mât, auront été nécessaires pour ramener la toile et la bloquer au niveau du deuxième ris. Une configuration certes minimaliste mais qui, ironie du sort, correspond précisément à la toile du temps nécessaire à porter dans les rudes conditions en voie d’établissement sur zone. Une infortune de mer brutale, sévère, irréparable, qui va jusqu’au bout priver Alexia Barrier, Dee Caffari, Annemieke Bes, Rebecca Gmür Hornell, Deborah Blair, Molly LaPointe, Támara Echegoyen et Stacey Jackson des 3/4 de leur grand voile.
Le vent d’ouest nord ouest forcit, la mer se creuse et rien pourtant ne vient altérer la volonté de ces femmes de poursuivre leur route, d’avancer dans l’adversité et de venir le plus tôt possible en terminer avec leur tour du monde sans escale et sans assistance, devenant ainsi le premier équipage féminin à réaliser cet exploit. Diminuées dans leur progression par cette déchirure intempestive, les navigatrices de The Famous Project CIC ont vu le petit « portillon » entrevu pour échapper au plus fort du vent du côté du cap Finisterre, se refermer inéluctablement.Les 40 noeuds et plus de vent venus du Labrador martèleront dès la mi journée les rivages de Galice, levant une mer déjà mesurée à plus de 7 mètres. La route du golfe de Gascogne se bouche pour au moins 48 heures, et Alexia et ses « girls » envisagent désormais une arrivée sur la ligne d’Ouessant dimanche soir ou lundi prochain. Combattues, souvent. Battues, parfois. Abattues, jamais.
Alexia Barrier : « On a eu la grand voile déchirée en deux quand on a empanné pour prendre le ris 1. Il était 15h TU. Bref, on a passé trois heures à essayer de descendre la grand voile. Finalement, on a réussi à la descendre jusqu’au ris 2. Il nous reste un morceau de grand voile, juste ce qu’il faut pour ris 2. Donc, on a repris notre route. Ce n’est pas réparable et de toute manière, deux ris, c’est bien suffisant pour arriver à Brest avec la météo qu’on va avoir. Donc voilà, on n’est pas inquiète. On est solide, on est soudée. Et voilà, haut les coeurs, ça va le faire. »
Dee Caffari : « Quelle journée ! Nous devons nous battre pour chaque kilomètre parcouru dans cette dernière ligne droite. Nous avons choisi la ténacité, la résilience et le travail d’équipe pour surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés et continuer à nous battre chaque jour. Il y a eu 30 tentatives pour remporter le Trophée Jules Verne, mais seules 14 d’entre elles ont réussi à boucler le tour du monde. Seules 9 d’entre elles ont abouti à un record. Dans quelques jours, ces chiffres vont changer, et c’est passionnant. L’histoire est en train de s’écrire, des exemples de ce qui est possible sont en train d’être créés. Si c’était facile, tout le monde le ferait. »
Ca cogite, ça phosphore, ça mentalise fort à bord du Maxi trimaran IDEC SPORT des navigatrices de The Famous Project CIC. Et aux envies d’en terminer au plus vite avec ce premier tour du monde féminin en maxi multicoque, viennent se greffer moult critères contradictoires avec la performance pure. Mer impossible, vent puissant mal orienté, bateau diminué… autant d’impondérables auxquels Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) ont choisi de répondre en faisant entendre la voix de la raison.
Il est de l’avis général inutile et déraisonnable d’affronter le pire, et l’équipage international placé sous la houlette d’Alexia et Dee Caffari préfère ronger son frein, faire le dos rond à l’abri de l’archipel des Açores plutôt que tenter le diable qui va rugir ces prochaines 48 heures au large de la péninsule ibérique et jusqu’à la pointe de Bretagne. Ce n’est qu’alors, samedi matin espèrent-elles, qu’elles braveront l’océan toujours aussi mal pavé pour faire route directe vers Ouessant et cette ligne d’arrivée si convoitée qu’elles pourraient franchir lundi 26 janvier au matin.
ETA lundi 26 janvier matin Une infortune de mer brutale, sévère, irréparable, qui va jusqu’au bout priver Alexia et ses navigatrices des 3/4 de leur grand voile. Le vent d’ouest nord ouest forcit, la mer se creuse et rien pourtant ne vient altérer la volonté de ces femmes de venir le plus tôt possible en terminer avec leur tour du monde sans escale et sans assistance, devenant ainsi le premier équipage féminin à réaliser cet exploit. Diminuées dans leur progression par cette déchirure intempestive, l’équipage The Famous Project CIC a vu le petit « portillon » entrevu pour échapper au plus fort du vent du côté du cap Finisterre se refermer inéluctablement. Les 40 noeuds et plus de vent venu du Labrador martèlent depuis la mi-journée les rivages de Galice, levant une mer déjà mesurée à plus de 7 mètres, et qui atteindra ces prochaines heures les 10 mètres et plus. La route du golfe de Gascogne se bouche pour au moins 48 heures, et Alexia et sa team ralentissent et infléchissent leur route pour laisser passer le gros de la tempête. Elles envisagent désormais une arrivée sur la ligne d’Ouessant lundi prochain. Combattues, souvent. Battues, parfois. Abattues, jamais.
Christian Dumard, routeur à terre : « Après mûre réflexion, elles ont pris la décision d’attendre. Les raisons : un état de mer important avec des vagues attendues entre 8 et 9,5 mètres avec plus de 45 noeuds et des rafales à 55-60 noeuds. Il est plus sage d’attendre au large une trentaine d’heures et de reprendre la route le samedi 24 au matin pour terminer dans des conditions qui resteront musclées (6 à 7 mètres de mer et 35 noeuds / rafales 45-50 noeuds) pour une ETA le lundi 26 matin. »
Alexia Barrier : « On a eu la grand voile déchirée en deux quand on a empanné pour prendre le ris 1. Il était 15h TU. Bref, on a passé trois heures à essayer de descendre la grand voile. Finalement, on a réussi à la descendre jusqu’au ris 2. Il nous reste un morceau de grand voile, juste ce qu’il faut pour ris 2. Donc, on a repris notre route. Ce n’est pas réparable et de toute manière, deux ris, c’est bien suffisant pour arriver à Brest avec la météo qu’on va avoir. Donc voilà, on n’est pas inquiète. On est solide, on est soudée. Et voilà, haut les coeurs, ça va le faire. »
Dee Caffari : « Quelle journée ! Nous devons nous battre pour chaque kilomètre parcouru dans cette dernière ligne droite. Nous avons choisi la ténacité, la résilience et le travail d’équipe pour surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés et continuer à nous battre chaque jour. Il y a eu 30 tentatives pour remporter le Trophée Jules Verne, mais seules 14 d’entre elles ont réussi à boucler le tour du monde. Seules 9 d’entre elles ont abouti à un record. Dans quelques jours, ces chiffres vont changer, et c’est passionnant. L’histoire est en train de s’écrire, des exemples de ce qui est possible sont en train d’être créés. Si c’était facile, tout le monde le ferait. »
A moins de 300 milles de l’arrivée à Valparaiso la GLOBE40 semble vouloir nous délivrer dans cette étape 4 un scénario final dont elle a le secret ; on a en mémoire les 9 minutes séparant les 3 premiers dans l’étape 2 entre le Cap-Vert et l’île de la Reunion. Alors qu’ils étaient encore il y a 5 jours à 77 milles en seconde position l’équipage franco-britannique CREDIT MUTUEL réalise une belle performance en revenant ce jour à 02.00 UTC à 1 mille de l’équipe belge aprés 11 jours de domination de BELGIUM OCEAN RACING. Difficile de savoir si ce sont les choix tactiques, un positionnement plus à l’ouest et au nord dans la remontée du sud et maintenant une position sous le vent, ou l’état des voiles de chacun, ou les deux qui expliquent cette nouvelle situation: il faudra attendre l’arrivée pour avoir toutes les informations.
Dans l’immédiat à 24 heures environ de l’arrivée la messe est t’elle dite selon l’expression classique ? il semble qu’il y ait encore quelques psaumes encore à dérouler avant le résultat final et de savoir lequel des deux héros sera sanctifié. Dans tous les cas ces derniers milles – aprés 6725 milles parcourus à ce jour à la vitesse moyenne remarquable de 13,44 noeuds – vont être surement à bord des deux équipages vécus avec une très forte tension au vu de l’enjeu de cette étape à coeficient 3. D’autant que sur quelques dizaines de milles avant l’arrivée il peut y avoir un dévent, un cap plus au sud de Valparaiso limitant les effets des vents du sud.
Les derniers mots du bord de CREDIT MUTUEL.
“Hello la terre, Nous arrivons!!!! Nous nous apprêtons à passer notre dernière nuit en mer. Notre journée a été plutôt bonne, les écarts se resserrent enfin en distance au but , notre positionnement plus nord nous va très bien, ça donne un peu de jeu, tant qu’on est derrière eux on est content. Si jamais on arrive à reprendre le lead, on fera tout pour supprimer ce latéral. il nous reste 340 milles à parcourir avant la ligne d’arrivée, une broutille quand on pense aux 6000 milles déjà effectués. Nous sommes sous spi en mode guerrier , les écoutes commencent à être abimées tant on joue avec.”
La flotte des Class40 classiques dits “pointus” est quant à elle à 1300 milles et s’apprête à entamer sa remontée vers Valparaiso. Elle reste très groupée, 200 milles séparant seulement dans l’ordre du classement BARCO BRASIL, WILSON, JANGADA RACING et WHISKEY JACK. FREE DOM à quant à lui est au sud de la Nouvelle-Zélande et entame sa longue périple dans le sud.