Benjamin Dutreux skipper du 60 pieds IMOCA GUYOT environnement – Water Family prendra le départ de sa première Route du Rhum et affiche ses ambitions : un top5 ! Un défi ambitieux que le skipper vendéen, compétiteur né, est prêt à relever.
Après le Défi Azimut – Lorient Agglomération et une semaine d’entraînement en vue de The Ocean Race 2023, Benjamin Dutreux a switché du mode équipage au solitaire pour se préparer pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. « On rentre maintenant dans une phase 100% Route du Rhum. On fait une semaine de préparation intensive sur le bateau pour le remettre en configuration solo à 100%. Je vais ensuite consacrer la semaine prochaine aux entraînements en solitaire pour me réapproprier le bateau, les manœuvres seul à bord…On va faire 24 heures en solitaire puis des entraînements à la journée pour pouvoir continuer à travailler sur le bateau une fois de retour à terre », explique Benjamin, qui se félicite d’avoir disputé le Défi Azimut en équipage. « Pendant le Défi, j’ai pu identifier pas mal de petites choses qui ne fonctionnaient pas. C’est vraiment un plus pour moi dans la préparation du Rhum car on est plusieurs à pouvoir travailler dessus et analyser les données pour progresser. », raconte le skipper vendéen, qui n’a encore jamais traversé l’Atlantique avec sa nouvelle monture. « Ces deux dernières saisons, j’ai fait toutes les courses en solitaire. Je crois que je commence à savoir manœuvrer correctement, à connaître mon bateau. J’avais plus besoin de personnes qui m’accompagnent dans la recherche de performance du bateau que de passer du temps en mer en solitaire. Ce n’est pas simple de switcher tout le temps de l’équipage au solitaire mais ça m’a permis de progresser ».
Après les entraînements et la qualification de Sébastien Simon, son skipper remplaçant pour la Route du Rhum, Benjamin Dutreux partira en convoyage pour Saint-Malo autour du 25 octobre. Les choses vont aller crescendo jusqu’au convoyage. L’objectif du Team Eole performance est que tout soit opérationnel avant d’arriver à Saint-Malo, qu’il n’y ait pas de gros points techniques à toucher sur place. « Ça me permettra d’être serein sur la préparation et de pouvoir passer en mode sportif. Les semaines avant-départ sont toujours assez denses, avec beaucoup d’invités et de monde. Ce n’est pas toujours facile de travailler dans de bonnes conditions », indique Benjamin.
Si le bateau et le skipper seront prêts en arrivant à Saint-Malo, difficile pour autant de se fixer un objectif précis en termes de résultat, tant le plateau est relevé et les conditions encore incertaines. « Le Défi Azimut m’a permis d’y voir un peu plus clair sur le potentiel de vitesse du bateau même si on n’était pas prêt à pouvoir rivaliser avec les bateaux récents dans du vent un peu moyen. On est en train de travailler sur ce point pour progresser », avance Benjamin. « Ce n’est pas simple d’annoncer un objectif chiffré. Le résultat sera très dépendant des conditions météo que l’on aura. Je suis très à l’aise au portant dans la brise. Je devrais être en mesure d’aller jouer devant et de me confronter avec les meilleurs dans ce type de conditions. Si elles sont bonnes, un top 5 est envisageable, voire mieux si ça bourrine. Mais il y a tellement de paramètres à prendre en compte…Si c’est un peu plus léger, ça risque d’être plus dur mais pas inatteignable. On verra si on aura réussi à combler notre retard d’ici-là ». Rendez-vous à Saint-Malo à partir du 26 octobre !
L’équipage hollandais SEC HAYAI a franchi en tête l’entrée de la baie d’Auckland et remporté la troisième étape de la GLOBE40. Une étape de 7000 milles qui a particulièrement éprouvé les équipages par sa durée, par des conditions météo changeant en permanence entre zones de calmes et dépressions, par un parcours qui enchaînait sans répit de multiples transitions. Et c’est après un duel sans répit avec MILAI Around The World que SEC HAYAI a pu s’imposer avec un minuscule crédit de 3,5 milles.
Frans Budel et Ysbrand Endt auront effectué un parcours remarquable depuis le départ le 11 septembre dernier de l’Ile Maurice, soit 34 jours et 8 heures de mer au total pour l’étape et 7040 milles ; déjà second au classement général l’équipe hollandaise a manifestement passé la vitesse supérieure sur cette troisième étape, avec pourtant un bateau qui n’est pas le plus récent de la flotte. Vitesse sur l’eau en toutes circonstances, pas d’avarie majeure avec un bateau particulièrement bien préparé techniquement, choix tactiques toujours pertinents, et manifestement une cohésion forte à bord, tous les ingrédients étaient réunis ; en étant premiers au Cap Leeuwin, premiers au détroit de Bass, premiers au Cap Reinga au nord de la Nouvelle-Zélande, la victoire finale s’imposait logiquement. Et ce malgré une concurrence de tous les instants de la part de l’équipage japonais et italien MILAI Around the World de Masa Suzuki et Luca Rosetti, la distance entre les deux adversaires ayant rarement dépassé une vingtaine de milles.
Un parcours éprouvant avec de multiples transitions Cette étape aura fortement marqué les équipages ; la précédente du Cap-Vert à l’ile Maurice était certes éprouvante avec 7700 milles et le passage de la pointe sud-africaine mais avec des tranches de navigation plus longues, plus établies et sans les incessantes remises en cause météo et variétés du parcours de cette 3ème étape. Partis de l’ile Maurice vers le sud pour éviter des zones sans vent au centre de l’Océan Indien les skippers ont rapidement subi des calmes tout à fait inhabituels en cette saison mais qui les ont fortement ralenti pendant près d’une semaine et mis les nerfs à vif ; puis arrivés vers des latitudes plus basses proches des fameux quarantièmes ils ont entamé une nouvelle phase de glissade dans des fortes brises vers l’Australie ; une phase qui s’est interrompue par la remontée obligatoire vers la pointe sud-ouest de l’Australie et la porte Eclipse Island, qui ramenait les concurrents vers la terre après l’équivalent d’une transatlantique. S’en est suivi dans la Grande Baie Australienne une succession de zones de calmes et de périodes de vents forts, le tout dans une mer difficile, que l’un des concurrents a justement surnommé la « grande bataille australienne ».
A l’approche du Détroit de Bass commençait encore une nouvelle phase dans cette zone difficile, et dès la sortie une impressionnante dépression attendait les concurrents à tel point que des arrêts avaient été un temps envisagés dans un port australien ; au final la Mer de Tasmanie et la remontée vers le Cap Reinga seront de la même veine que l’ensemble du parcours, zones de calmes, vent changeant en permanence et coup de vent de sud-est à peine le cap contourné; enfin les 200 milles de descente le long de la côte Est très déchiquetée de l’ile du nord néo-zélandaise seront un morceau de bravoure final entre les iles de ces paysages magnifiques.
Trois étapes, trois vainqueurs différents. En trois étapes la GLOBE40 aura dont sacré 3 vainqueurs différents, soulignant la compétitivité de l’épreuve. L’équipe américaine AMHAS est attendue dans la soirée à Auckland et GRYPHON SOLO 2 et WHISKEY JACK devraient mettre fin à leur duel mercredi prochain.
Avec cette victoire SEC HAYAI prend la première place au classement général. Une première place qu’il devra défendre dès le 29 octobre prochain dans la 4ème étape qui mènera les concurrents à Papeete en Polynésie Française, une étape centrale de cette première édition de la GLOBE40.
VERBATIM
SEC HAYAI : « Nos premières impressions sont que nous sommes très fiers d’y être arrivé, fiers d’être ici et très contents. Nous sommes aussi très fatigués mentalement et physiquement. Cette étape était 50% plus difficile que la précédente. Nous avons fait un bon départ et les jours qui ont suivi se sont plutôt bien passés. Nous avons été assez vite sur l’ensemble de l’étape et MILAI aussi. Le combat sur les derniers jours avec MILAI était incroyable. Nous nous sommes croisés sur la route plusieurs fois à moins d’un mille. On y a cru et nous sommes vainqueurs à la fin ! »
MILAI Around The World : « Le combat avec SEC HAYAI était rude jusqu’à la fin, nous poussions le bateau à fond et SEC HAYAI a sûrement fait la même chose. Nous avons fait de notre mieux…3,5 milles… c’est tellement proche. C’est une course incroyable et nous espérons un grand nombre de bateaux sur la prochaine édition. Un tour du monde en Class40, c’est une course tellement intéressante. Nous avons vraiment aimé la diversité des conditions dans l’Océan Indien. Nous avons appris beaucoup de nouvelles choses sur le bateau et sur les manières de naviguer, ce n’était pas facile. Nous sommes fatigués mais contents de notre performance. »
Mise à l'eau du prototype Luna Rossa. Photo : Andrea Pisapia
L’équipe italienne Luna Rossa Pirrelli a décidé de construire un nouveau prototype pour sa nouvelle campagne. Elle a dévoilé à Cagliari ce jeudi 13 octobre son nouveau bateau essentiel pour l’équipage mais plus encore pour le programme de recherche et développement qui aboutira à la conception du nouvel AC75 avec lequel l’équipe disputera la 37e America’s Cup en 2024 à Barcelone (Espagne) .
Miuccia Prada, marraine de la vedette, a brisé la bouteille traditionnelle sur la proue du bateau, la baptisant Luna Rossa. À ses côtés, Patrizio Bertelli (président de l’équipe Luna Rossa Prada Pirelli), Marco Tronchetti Provera (vice-président exécutif et PDG de Pirelli), Max Sirena (directeur de l’équipe et skipper) et Agostino Randazzo (président du Circolo della Vela Sicilia).
Le Prototype Luna Rossa a été conçu, conçu et construit à la base Luna Rossa Prada Pirelli dans le respect des règles imposées par le protocole de la 37e America’s Cup. Le projet est très innovant et complexe d’un point de vue technique et technologique et englobe des solutions expérimentales dans tous les domaines, avec une technologie de pointe dans tous les matériaux.
Mise à l’eau du prototype Luna Rossa. Photo : Andrea PisapiaMise à l’eau du prototype Luna Rossa. Photo : Andrea PisapiaMise à l’eau du prototype Luna Rossa. Photo : Andrea PisapiaMise à l’eau du prototype Luna Rossa. Photo : Andrea Pisapia
Fabriqué avec des composites de carbone, le processus de construction a nécessité près de 10 mois et plus de 30 000 heures de travail de plus de 25 personnes et 40 membres de l’équipe de conception. Pour la construction de la coque et des composants composites, 5 000 mètres carrés de fibre de carbone ont été utilisés dans les différents matériaux qui composent le noyau structurel. Le bateau est doté d’un mât aile avec voiles, similaire à ceux utilisés pour l’AC75, doté de la technologie North Sails. Le beaupré sera plus petit et ne sera plus utilisé pour le Code 0 (non requis dans la prochaine édition de la Coupe) mais comme support pour l’équipement technique à bord.
Le lancement a été l’occasion de présenter la nouvelle équipe Luna Rossa Prada Pirelli qui, par rapport à la dernière édition, s’est agrandie pour inclure plusieurs nouveaux talents, dont certains très jeunes. Chaque nouvelle entrée apportera de la force aux différents départements, en particulier aux équipes de conception et de navigation.
L’équipage commencera à s’entraîner sur l’eau dans les prochains jours, avec une rotation qui permettra à tous les marins de prendre confiance avec le nouveau bateau.
Patrizio Bertelli, Président du Luna Rossa Prada Pirelli Team : « J’ai assisté à de nombreuses mises à l’eau, mais c’est toujours excitant de voir un bateau toucher l’eau pour la première fois. Je tiens à féliciter toute l’équipe pour avoir conçu et construit une coque si complexe et originale, à tous points de vue, entièrement à l’intérieur de notre base de Cagliari. Je suis sûr que ce prototype sera d’une grande aide pour développer le nouvel AC75 avec lequel nous courrons dans cette nouvelle édition de la Coupe de l’America. Dans quelques jours, nous aurons les premiers retours de l’équipage en mer et, du fait du caractère innovant de ce projet, je sais qu’il dépassera nos attentes ».
Marco Tronchetti Provera, vice-président exécutif et PDG de Pirelli : « La tradition, la technologie et la passion des défis sont les éléments les plus importants de la Coupe de l’America, des valeurs que Pirelli a toujours défendues. Nous sommes à nouveau à bord pour soutenir un projet auquel nous croyons, une équipe talentueuse et un bateau, Luna Rossa, qui au fil des années a contribué à écrire l’histoire de cette compétition hors du commun. Nous sommes fiers et honorés de voir la marque Pirelli sur ces voiles porteuses de tant de tradition et qui feront à nouveau rêver de nombreux Italiens, et pas seulement les passionnés de la mer. Le bateau et l’équipage ont le potentiel de gagner et de créer de l’émotion. Aujourd’hui, nous sommes ici pour célébrer le début d’une autre belle aventure».
Max Sirena, Team Director et Skipper : « Voir le Prototype Luna Rossa toucher l’eau est une grande fierté. C’est un projet très innovant dans lequel nous concentrerons tout notre développement, qui sera transféré sur le nouvel AC75 avec lequel nous participerons à la 37e America’s Cup. Cela a été un processus complexe; nous avons poussé dans tous les secteurs, en nous appuyant également sur notre expérience de la dernière édition, pour optimiser les aspects fondamentaux, définir les lignes et augmenter le développement aérodynamique et hydrodynamique. Pour le défi Luna Rossa, ce lancement est le véritable coup d’envoi. Au-delà de l’utilisation technique du bateau, ce prototype nous a également permis de relancer la campagne et de travailler sur l’équipe immédiatement, ce qui est essentiel quand on change autant de personnes dans différents services. Le processus de construction ici à Cagliari dans notre base a été un excellent exercice également d’un point de vue humain : le défi d’une nouvelle coque à construire et à peaufiner a donné à toute l’équipe une forte charge physique et mentale. Aujourd’hui, nous avons franchi une étape supplémentaire dans notre voyage vers la 37e America’s Cup. Je tiens à remercier Patrizio Bertelli, sans qui tout cela n’aurait pas été possible, Marco Tronchetti Provera, qui a choisi de renouveler le partenariat historique de Pirelli, nos sponsors Panerai et The Woolmark Company, et tous les autres partenaires et fournisseurs qui sont sur embarquez et soutenez-nous. Je souhaite également profiter de cette occasion pour souhaiter chaleureusement la bienvenue à Unipol et les remercier d’avoir décidé de nous rejoindre en tant que sponsor officiel. Le défi commence aujourd’hui».
Les leaders de la GGR naviguent au travers dans les alizés du Sud vers l’île de Trindade avant de s’orienter vers Cape Town. A l’arrière de la flotte les concurrents sont encore dans le Pot au noir. L’occasion de dresser un premier bilan des performances des bateaux.
Simon Curwen (UK) conforte son avance sur le reste de la flotte. Il a cependant perdu une drisse de génois qui imposera une halte à Trindade pour réparer, l’état de la mer ne permettant pas de monter au mât. L’homme de la semaine est Abhilash Tomy (IND) qui affiche les meilleures performances de la semaine, les meilleures distances sur 24 heures, et le record absolu de la flotte de distance sur 7 jours, reprenant plus de 210 miles sur Simon !
Les cinq premiers vont converger vers Trindade durant le week-end, mais ne pourront pas tourner immédiatement à gauche, bloqués par des vents soutenus d’Est, qui promettent une lente et pénible traversée de 2600 miles jusqu’au Cap. Sur le papier, la meilleure route vers le Cap est de passer au sud de l’anticyclone de Sainte Hélène dans des vents portants et se faire propulser vers le Cap de Bonne Espérance dans l’océan Indien.
Ça, c’est en théorie…. En pratique, le centre de l’anticyclone se situe aujourd’hui autour de 10°W 40°S, à 1200 milles au Sud de Trindade. Il est poussé vers l’Est en laissant derrière lui une traîne de vents faibles. Une dépression plus au sud se déplacera vers le Nord en milieu de semaine prochaine. Bref, c’est le foutoir, avec des vents instables et des prévisions difficiles pour les navigateurs.
Pour arriver du bon côté et s’assurer de conditions portantes, ils devraient pousser au Sud vers les quarantièmes rugissants, soient 1200 milles marins ou 10 jours supplémentaires. L’information météo va être cruciale. Carte Weatherfax (s’ils en obtiennent une au large des côtes brésiliennes), pression barométrique et direction du vent seront leurs meilleurs alliés pour décider du moment où tourner à gauche. Même dans ce cas, ils n’ont aucune garantie de trouver les conditions qu’ils recherchent.
“L’anticyclone de Sainte Hélène bloque la route vers l’est jusqu’au Cap pour le groupe de tête de la GGR et offre autant d’opportunités que de risques pour les concurrents.” Don McIntyre, fondateur et président de la Golden Globe Race: ” Ils savent tous que la meilleure solution est de contourner l’anticyclone de Sainte Hélène, c’est ce que nous avons fait dans le BOC Challenge et ce que font les autres courses autour du monde, mais où est-il ? Les conditions sont très instables et l’anticyclone n’est pas bien installé. La vitesse des voiliers GGR ne permet pas de jouer les changements météo rapides, il y aura beaucoup de surprises et d’opportunités entre Trindade et Cape Town.”
Les leaders ne seront pas favorisés par ces conditions instables. Cela ouvre une opportunité pour Damien Guillou (FRA), qui se fraye un chemin entre le peloton du milieu de flotte et les cinq premiers. Sa stratégie est d’aller au sud de l’anticyclone et se faire catapulter en direction de l’Afrique du Sud, mais jusqu’à présent, il n’est pas séduit par les conditions de l’hémisphère sud : ” Les Alizés du Sud n’ont pas tenu leur promesse : je suis au près dans une mer désagréable et croisée, alors j’essaie de ne pas trop caper pour garder un bateau puissant dans la vague. Je ne peux pas ouvrir les capots à cause des vagues, et la chaleur est insupportable à l’intérieur. J’ai hâte de naviguer au portant, mais je me contenterais d’un bord de travers !“
Seule Kirsten Neuschäfer (SA) a suivi une route côtière pour prendre le courant le long des côtes brésiliennes et n’a pas prévu de voir Trindade de près. Elle a passé plus de temps dans l’Atlantique Sud à elle seule sur le Pelagic de Skip Novak que tout le reste de la flotte réuni, ce qui pourrait bien faire la différence sur la route de Cape Town. Elle a encore quelques cartes dans sa manche ! ” Je suis un peu plus à l’ouest que je ne l’aurais souhaité, mais je suis satisfaite de ma position, même si je suis triste de ne pas voir Trindade. Je n’ai pas reçu d’informations météo depuis les Canaries et ai croisé très peu de bateaux. J’essaierai d’obtenir une carte météo sur le Weatherfax à Rio pour avoir une position de l’anticyclone de l’Atlantique Sud et j’essaierai d’aller le chercher !”
Guy Waites (UK) quitte l’hémisphère nord avec des berniques, mais a célébré son passage de l’équateur avec un champagne offert par des amis français, qu’il a remerciés dans un tweet. Il ne reste plus que trois bateaux dans l’hémisphère nord. Ian Herbert-Jones (UK) sur Puffin est de bonne humeur malgré une progression lente et des chariots de lattes de grand-voile défaillants. Il a accepté que son expérience du Pot au Noir soit plus longue et plus ardue que prévue. Arnaud Gaist (FRA) gère parfaitement le pot au noir, mentalement et dans sa navigation, il réduit l’écart avec la flotte et pourrait ne pas être le dernier marin à passer l’équateur. A suivre !
Elliott Smith (USA), quant à lui, a pris un gros coup au classement comme au moral, après une nouvelle semaine de progression apathique à l’Est de la flotte, un gros changement par rapport à l’expérience agréable et éclairée qu’il a vécue entre la France et les Canaries. Il a partagé sa frustration lors de l’appel satellite hebdomadaire, et son désespoir de constater que ses deux compas de rechange se sont brisés dans leur emballage pendant le transport, tandis que son compas principal ne fonctionne plus correctement. Il doit maintenant compter sur un compas de relèvement durant les sept prochains mois ! Heureusement, Elliott est le premier des trois retardataires à bénéficier d’un petit système dépressionnaire traversant leur route d’Est en Ouest avant le week-end, apportant des vents de Sud soutenus, et peut-être leur chance d’enfin passer l’équateur !
Les conditions variables, qu’il s’agissent de vents forts et contraires dans le Golfe de Gascogne, des alizés sur la route des côtes africaines, ou des vents légers et instables du Pot au Noir, ont montré que des voiliers très différents peuvent avoir des performances similaires.
GGR TOP 5 BOATS DESIGNS, @GGR2022
TOP 5 DES DESIGNS DE BATEAUX DE LA GGR. La première leçon qu’on peut tirer de cette comparaison des voiliers les plus performants est que la longueur à la flottaison dans une flotte qui court en temps réel est importante.
Tous les bateaux de tête sont à 36 pieds de longueur hors tout, mais leur longueur à la flottaison varie. La longueur de flottaison dynamique du Gaia 36 de Tapio Lehtinen avec ses longs élancements, augmente dès qu’il se déplace. Le Minnehaha de Kirsten Neuschäfer a la flottaison la plus longue, et Simon Curwen poste des performances supérieures à celles du bateau (La préparation, les compétences du skipper et les voiles font ici la différence).
Les voiliers plus petits comme les Tradewind 35, Lello 34, Barbican 33 et OE32 n’ont pas pu suivre le rythme des voiliers aux flottaisons dynamiques plus longues, n’affichant jamais une distance sur 24 heures supérieure à 160 mn. Guy Waites a expliqué plus tôt au PC GGR que son Tradewind 35 en mode course, ne pouvait pas suivre le rythme du Rustler 36 d’Ertan Beskardes à ses côtés en mode croisière, et qu’il avait dû se résoudre à prendre une route différente.
Les bateaux les plus rapides de la flotte, affichant le plus grand nombre de records de distance sur 24 heures, sont le Cape George de Kirsten Neuschäfer, le Gaia de Tapio Lehtinen et les Rustler d’Abhilash Tomy/Damien Guillou, tous dépassant les 170 milles par jour et présentant pourtant des caractéristiques différentes. Le Cape George est de loin le voilier le plus lourd et le plus puissant, capable de creuser l’écart dans les mers du Sud ! Le Rustler est plus agile avec un meilleur ratio surface de voile/déplacement, et le Gaia a la plus faible surface vélique mais est plus étroit, avec moins de surface mouillée et un meilleur lest, plus lourd et plus profond.
Il est intéressant de noter que ni le Biscay de Simon Curwen, ni le Saga de Pat Lawless qui ont toujours navigué en tête de flotte, n’ont posté de record sur 24 heures, et n’ont jamais parcouru plus de 165 milles par jour. Ils sont cependant plus faciles à faire marcher vite et ont de meilleures vitesses moyennes, tout en étant performants quand les conditions se dégradent.
En fin de compte, tous ces modèles donnent du fil à retordre aux célèbres Rustler. L’absence de ‘trou’ des Rustler, c’est-à-dire leurs bonnes performances à toutes les allures et dans toutes les conditions de vent en font toujours un bon choix. Cela dit, le vainqueur de la GGR 2018, Jean-Luc Van den Heede, nous a confié avant le départ qu’il choisirait probablement un Gaia 36, s’il devait repartir, qui n’est autre qu’un Swan 36 à quille longue…
Après avoir terminé le Vendée Globe, Alexia Barrier a décidé de se lancer un nouveau défi. Faire le Trophée Jules Verne avec un équipage entièrement composé de femmes. « The Famous Project » avec pour horizon l’édition 2025. Un tour du monde en multicoques dans les temps du record, un exploit jamais réalisé par un bateau entièrement féminin qui permettra d’établir un premier temps de référence en équipage Féminin. Nous l’avons rencontré lors des Voiles de St-Tropez où elle s’entrainait sur Mana, un MOD70, une première étape importante pour concrétiser son projet.
« Nous sommes venus aux Voiles de St-Tropez pour parler du projet et nous entraîner. C’est une bonne vitrine pour afficher notre ambition avec l’équipage de 8 filles qui nous ont rejoint. » Parmi elles, les Françaises Marie Riou et Marie Tabarly, mais aussi Joan Mulloy, première Irlandaise à avoir participé à la Solitaire du Figaro. Dee Caffari était également présente avec Elodie Mettraux, Sarah Hastreiter et Helena Darvelid. Un équipage expérimenté en course au large qui compte déjà 12 tours du monde à son actifs, 56 transats, 25 à 30 transpacifique, et 26 titres de championnes du monde.
« Nous avons loué le MOD70 Mana (ex-Spindrift) pour les Voiles mais nous comptons l’acheter. C’est une très bonne plateforme pour nous préparer et nous entrainer en nous entourant des meilleurs experts de la discipline comme Paul Larson, Brian Thompson, Jonny Malbon, ou Sidney Gavinet qui vont être à nos côtés pour les deux premières années du programme. » Pour cette première étape, Alexia Barrier a pu compter sur le soutien de Palatine Women Project, un programme de mentoring dédié aux athlètes/entrepreneurs féminines et la Fondation Alice Milliat, première fondation européenne en faveur du sport féminin. Elle devrait annoncer prochainement son partenaire titre et en espère un second pour démarrer le projet en début d’année. « On va faire les courses du RORC, avec la Transatlantique, la Caribbean 600, les Voiles de St Barth, mais tenter aussi de battre des records comme Miami-new York ou la Route de la découverte. En 2024, on visele record San Francisco-Yokoyama. Il y a des records encore accessibles. On y va pour l’excellence pas pour faire uniquement un équipage de filles. »
Fin octobre, Alexia Barrier participera à la Middle Sea Race sur Mana en tant que Skipper. « On sera 5 MOD au départ, cela va être canon. Cela va nous permettre d’apprendre beaucoup sur cette course exigeante que je connais pour y avoir participé 2 fois. Si le bateau est volage, il est assez safe et gérable en équipage. J’aurai à bord Brian Thomson. » La skipper méditerranéenne envisage par la suite de pousser les développements du bateau pour arriver à une configuration identique à celle du MOD70 Maserati. Pour cela, elle compte bien recruter des ingénieurs. « Le challenge global que l’on porte c’est aussi de mettre en avant l’audace, que l’on peut oser et faire bouger les lignes. A chaque départ de course on va inviter des associations pour mettre la lumière sur des femmes qui portent des projets ambitieux. On veut emmener dans notre sillage des femmes qui veulent oser. »
Pendant 3 ans l’équipe prendra ses marques sur le MOD70 et visera le Trophée Jules Verne en 2024. Alexia Barrier n’envisage pas de construire un nouvel Ultime mais d’en louer un comme celui de Francis Joyon. « On ne veut pas en construire un qui ne correspond pas à la démarche environnementale que je porte également depuis longtemps avec 4myplanet. On veut établir un temps de référence féminin. On va travailler dur pour bien faire ce projet. On vise un budget de 3M€/an sur 4 ans. Le fait d’avoir le MOD sur 3 ans nous permet d’économiser pour louer un ultime par la suite. Après le tour du monde en en Ultime en solitaire, il y aura peut-être des opportunités. »
de g à d : Clément Giraud, Grégory Gendron, Thierry Chabagny, Pierre Leboucher, Jacques Guichard,Yann Guichard, Benjamin Schwartz, Dona Bertarelli, Xavier Revil, Christopher Pratt et Julien Villion. Photo : G. Lebec
Yann Guichard et Dona Bertarelli repartent à l’assaut du Trophée Jules Verne avec un équipage de neuf marins pour battre le record de 40 jours, 23 heures et 30 minutes, détenu depuis 2017 par IDEC Sport. Basé à la Trinité-sur-Mer, le début du stand-by pour la maxi trimaran est prévu le 24 octobre prochain
« C’est un objectif sportif sans commune mesure, un record extraordinaire, divisé par deux en l’espace de 30 ans », commente Yann Guichard. Les navigations à bord du maxi-trimaran se sont multipliées. « Certes, il y a toujours des petits ajustements à faire », confie Yann Guichard. « Mais ce qui est bon signe, c’est que le bateau est prêt et que je sens l’envie de tous les membres de l’équipe. Certains font partie du projet depuis des années et d’autres nous ont rejoints, souligne le skipper. Nous avons une équipe expérimentée de compétiteurs, de passionnés de mer avec qui on partage le goût de l’effort et de la solidarité ».
L’ÉQUIPAGE PRÉSENTÉ PAR YANN GUICHARD
Dona Bertarelli (54 ans) : « Je suis très heureux de partager l’aventure avec Dona, déjà présente à bord lors de notre premier tour du monde, en 2015-2016. Elle s’attache à donner du sens à notre grand défi ».
Thierry Chabagny (50 ans) : « C’est un marin d’expérience, qui compte déjà deux tours du monde, et dont l’expérience est très précieuse à bord ».
Greg Gendron 39 ans) : « Arrivé dans l’équipe en 2019, Greg a toujours le sourire, est toujours avenant, en permanence prêt à aider. C’est un marin en qui j’ai une confiance totale est très à l’aise en mer ».
Clément Giraud (41 ans) : « Il vient de finir le Vendée Globe et fait partie de nos sudistes à bord. Il a toujours la joie de vivre en bandoulière ».
Jacques Guichard (42 ans) : « Chef de quart, j’ai pu compter sur ses talents multiples depuis la genèse du projet Spindrift. Partager une telle aventure avec mon frère, qui est un très bon marin, c’est une chance énorme et la possibilité de resserrer encore plus nos liens ».
Pierre Leboucher (41 ans) : « Nouveau venu dans l’équipage, il a une solide expérience. Passé par l’olympisme, aguerri au Figaro, c’est un pur régatier qui aime se surpasser ».
Christopher Pratt (41 ans) : « Lui aussi nous a rejoint cette année. C’est un esprit cartésien, très structuré, très axé sur la performance. Il aime aller au bout de ce qu’il entreprend ».
Xavier Revil (51 ans) : « Un grand régatier et ancien détenteur du Trophée Jules Verne, que j’ai la chance de connaitre depuis mes années en Optimist et présent à nos côtés depuis le début de l’aventure Spindrift. Chef de quart, je sais que je peux m’appuyer sur son savoir-faire à tout moment ».
Benjamin Schwartz (36 ans) : « Il est passé par le Figaro, mais compte également un tour du monde à son actif avec une participation à la Volvo Ocean Race. C’est mon binôme sur ce tour du monde, responsable de la cellule navigation, je peux compter sur ses analyses très fines en matière de stratégie météo ».
Julien Villion (30 ans) : « Doté d’une solide expérience en Figaro, il contribue à la bonne dynamique à bord en cherchant constamment les bons réglages, en s’interrogeant en permanence afin que l’on recherche sans discontinuer la performance ».
Jean-Yves Bernot (routeur) : « Spécialiste reconnu et respecté du routage, il est à nos côtés depuis notre première tentative autour du monde en 2015. Grâce à son expérience en tant qu’ancien navigateur puis en tant que routeur, Jean-Yves connaît le parcours comme personne. Surnommé le sorcier mais ce sera à nouveau notre ange-gardien pour cette nouvelle tentative ».
SAILS OF CHANGE, UN TRIMARAN HORS NORME
L’équipage prendra place à bord d’un multicoque conçu et fiabilisé pour performer.
Long de 37 mètres, large de 23 mètres et pesant 21 tonnes, il dispose d’un palmarès à sa mesure. Mis à l’eau en 2008, détenteur du Trophée Jules Verne entre 2012 et 2017 (45 jours, 13 heures), il a été acquis par l’équipe Spindrift en 2013 qui a ensuite brillé en remportant le record de la Route de la découverte (entre Cadix et San Salvador) puis en s’illustrant notamment deux fois à la Rolex Fastnet Race et en 2016 à la Transat Québec – Saint-Malo.
En 2014, alors en configuration solitaire, Yann Guichard parvient à prendre la 2e place de la Route du Rhum, un exploit sportif et humain à la barre du plus grand trimaran de course océanique jamais conçu.
VERS UN RECORD INÉDIT SANS ÉNERGIE FOSSILE
« Notre aventure n’est pas uniquement humaine et sportive », assure Yann Guichard. « Nous avons tenu à intégrer au programme Spindrift nos actions philanthropiques et les valeurs qui nous tiennent à cœur pour la protection de l’océan et de la terre, messages que Dona relayait déjà lors de notre première tentative en 2015 ». « Depuis 20 ans mes actions se portent sur la création de grandes aires marines protégées et la sauvegarde de la biodiversité. L’étroit lien entre la santé de l’océan, le climat et notre propre santé ne fait plus aucun doute », poursuit Dona Bertarelli. Ainsi, depuis l’an dernier, les équipes de Spindrift s’attachent à préparer une tentative autour du monde sans énergie fossile, un « défi dans le défi », ajoute Yann. « Il n’y aura donc pas de moteur thermique qui assure habituellement le fonctionnement de l’électronique, des moyens de communication, de la désalinisation et du chauffage de l’eau nécessaire à l’alimentation. Pour y pallier, nous disposons à bord de panneaux solaires, de deux éoliennes et d’une pile à combustible à méthanol ».
Melbourne stopover. TV compound. 02 January, 2018.
Après une première collaboration avec The Ocean Race Europe en 2021, Warner Bros. Discovery, le leader mondial des médias et du divertissement, et The Ocean Race, la course à la voile offshore en équipage ont conclu un partenariat de long terme qui permettra de proposer la course à l’audience de Warner Bros et Discovery dans le monde entier.
Ce partenariat se concentrera sur les retransmissions en direct, la production de contenu éditorial et la distribution multiplateforme, ainsi que sur les accords commerciaux. Il débutera dès le début de la prochaine édition de The Ocean Race, qui partira d’Alicante, en Espagne, en janvier 2023.
Warner Bros. Discovery, dont le contenu sportif touche jusqu’à 130 millions de personnes par mois à l’international, s’associera à The Ocean Race pour diriger la création de ce contenu, en apportant sa vaste expérience d’autres sports innovants et des programmes croisés. Cela inclut les plus grands événements sportifs du monde, tels que les Jeux olympiques, les tours cyclistes, les grands chelems de tennis et la saison des Coupes du monde de sports d’hiver, pour n’en citer que quelques-uns. Warner Bros. Discovery présentera The Ocean Race en direct à la télévision, notamment sur Eurosport, sa chaine multisports largement diffusée, leader en Europe. Les téléspectateurs pourront profiter d’une couverture de chaque course en direct en streaming et à la demande sur discovery+ et l’application Eurosport. Les fans pourront également suivre la course sur Eurosport.com, qui fournit gratuitement des actualités et clips vidéo à plus de 50 millions d’utilisateurs uniques par mois. Par ailleurs, des articles et des reportages sur la course seront également disponibles.
Richard Brisius, le Président de The Ocean Race, a commenté : « C’est la première fois qu’un partenaire officiel de diffusion joue un rôle aussi important dans plusieurs éditions de l’événement. L’appétit pour le contenu passionnant qui est unique à The Ocean Race est sans égal. Nous sommes ravis de développer l’expérience immersive et multiplateforme autour de la course, que nous partageons avec les fans sur nos canaux digitaux. Le partenariat avec WBD nous aidera à étendre notre portée en dehors de notre public traditionnel et à faire en sorte que cette course historique et emblématique rencontre de nouveaux territoires. C’est une période passionnante pour nos partenaires et nos parties prenantes, ainsi que pour le sport de la voile. Nous sommes très impatients de travailler avec WBD et de continuer à créer les histoires qui rendent cette course unique dans le sport. » Scott Young, Vice-Président senior, Contenu et Production, Warner Bros. Discovery Sports Europe, a déclaré : « L’histoire de The Ocean Race sera en direct, captivante, immersive et divertissante. Nous voyons une grande opportunité dans notre partenariat autour de la production pour améliorer la couverture en direct, et implémenter de nouveaux formats qui dévoileront les histoires et les personnes qui sont au cœur de cette course épique. En nous efforçant de mieux raconter l’événement, nous pouvons aider le public à mieux comprendre la course et tout ce que cela implique de participer au plus grand défi de course au large autour du monde. »
Whitbread Race legend Sayula II, winner of the 1973 edition sailing alongside Translated9 former ADC Accutrac of the 1977 edition and entrant in the 2023 Ocean Globe race Credit: Carlo Borlenghi
Les organisateurs de l’Ocean Globe Race ont dévoilé les villes hôtes des étapes de la course : Cape Town, Auckland et Punta del Este sont confirmés comme étapes de la première édition de l’Ocean Globe Race 2023. La ville de départ sera annoncée dans les prochaines semaines.
Le 10 septembre 2022, l’Ocean Globe Race 2023 partira autour du monde dans l’esprit de la Whitbread originale pour célébrer son 50e anniversaire.
“Après des années de négociations avec de nombreux ports, compliquées par l’épidémie de covid et une période économique difficile, nous sommes ravis d’annoncer enfin que Cap Town, Auckland et Punta del Este sont les étapes du parcours, des villes ancrées dans l’ADN de la Whitbread originale. Nous ne pourrions pas être plus satisfaits du résultat. Nous sommes particulièrement heureux de faire escale à Auckland à mi-parcours, une escale très appréciée par les équipages de la Whitbread, puis de la Volvo Ocean Race“. Don McIntyre, fondateur et président de l’Ocean Globe Race.
La ville du Cap est toujours une étape de choix en raison de sa position stratégique en tant que porte d’entrée des mers du Sud. L’OGR a conclu un accord avec le V&A Waterfront pour l’accueil des voiliers et va maintenant travailler avec les agences locales afin de développer les activités lors de l’escale, dont le Royal Cape Yacht Club est le yacht club hôte.
Auckland a toujours fait partie de la Whitbread depuis la deuxième édition de 1977, à laquelle ont participé Pen Duick VI, ADC Accutrac (aujourd’hui Translated 9) et Neptune, tous concurrents de l’OGR 2023. Cette escale durant les fêtes de fin d’année de l’été austral sera pour la plupart des participants l’occasion de vacances exotiques en famille, avant de passer aux choses sérieuses, à savoir la préparation du passage du Cap Horn, un rêve pour de nombreux équipages.
Chris Simpson, responsable événements majeurs pour Tātaki Auckland Unlimited : “L’accueil de l’escale australasienne est une superbe occasion de mettre en valeur le front de mer et le port de Tāmaki Makaurau Auckland à l’international, tout en apportant un soutien économique important aux secteurs de l’hôtellerie, du commerce et maritime d’Auckland.
C’est l’occasion pour les habitants d’Auckland et de Nouvelle-Zélande de revivre l’histoire des premières Whitbread autour du monde. En 1977, Auckland a accueilli sa première escale de la Whitbread avec l’arrivée de 15 yachts après une deuxième étape marathonienne depuis Le Cap, en Afrique du Sud. Désormais, les habitants d’Auckland pourront créer d’autres souvenirs lorsque ces yachts rétro feront escale dans le port du centre-ville en décembre prochain. Nous sommes impatients de formaliser un accord avec les organisateurs dans les semaines à venir.”
Punta del Este est arrivée plus tard dans l’histoire de la Whitbread lors de l’édition 1985 remportée par le voilier français L’Esprit d’Équipe skippé par Lionel Péan. Ce même voilier s’apprête à repartir pour un tour du monde dans l’Ocean Globe Race 2023 avec le skipper sablais Lionel Reigner. Le Yacht Club Punta Del Este réputé pour sa chaleureuse hospitalité, sera hôte de l’escale. Première étape après le Cap Horn, et étape finale avant le dernier sprint jusqu’à l’arrivée, l’émotion sera à son comble !
Le Yacht Club Punta del Este, connu pour sa légendaire hospitalité fêtera son centenaire en 2024. Crédit : Yacht Club Punta del Este “Le Yacht Club Punta del Este est ravi d’accueillir l’Ocean Globe Race. Notre Club a une longue tradition d’hospitalité lors d’événements internationaux comme la Whitbread à qui l’OGR rend hommage. Nous sommes impatients de travailler avec l’excellente équipe de l’OGR et d’accueillir les navigateurs intrépides dont le courage et la détermination font perdurer l’esprit de la Whitbread. A bientôt !” Juan Etcheverrito Carboni, Commodore Yacht Club Punta del Este
“Maintenir la route historique des clippers était primordial pour le 50e anniversaire de la Whitbread, nous sommes donc ravis de pouvoir l’annoncer aujourd’hui. Malheureusement, les ports britanniques ont montré peu d’intérêt pour accueillir le départ et l’arrivée de cette aventure épique. Les discussions se poursuivent avec des ports de l’Union Européenne et cette décision sera annoncée dans les semaines à venir. Un prologue avant le départ est prévu, et pourrait partir du Portugal ou d’Espagne”. Don McIntyre, Président-Fondateur de l’Ocean Globe Race
À un an du départ de l’Ocean Globe Race, de nombreux participants ont célébré cette date de diverses manières.
Le Swan 55 Galiana de Tapio Lehtinen, était en France pour le départ de la Golden Globe Race. Le jeune équipage du Swan 55 a parcouru 1 700 milles entre Helsinki et Les Sables d’Olonne pour être viseur de la ligne de départ officielle de l’événement. Ils sont de retour chez eux après avoir salué le départ de Tapio dans la GGR à bord de son Gaïa 36 Asteria lui aussi conçu par S&S, actuellement dans le groupe de tête de la course. Sur sa préparation, Tapio a déclaré avant de partir : “On me demande souvent si j’ai peur quand je suis en mer. Ma réponse est qu’il faut avoir peur sur terre pour ne pas avoir à avoir peur en mer. Cela vaut aussi bien pour la préparation du bateau que pour sa propre préparation au voyage.”
Galiana a partagé la ligne de départ de la GGR 2022 avec L’Esprit d’Équipe de Lionel Reigner, le préparateur de Matmut, le vainqueur de la GGR 2018. L’ADN des deux événements est ancré dans la voile rétro, et il a de nombreuses synergies. Lionel Péan, vainqueur de la whitbread 1985 a baptisé son ancien voilier, de retour autour du monde en course sur l’OGR aux mains de l’autre Lionel!
Le skipper sablais Lionel Regnier est confiant : “Le bateau a bénéficié d’un profond refit et a été testé sur la Round Ireland Race et la Drheam Cup cet été. Nous sommes maintenant concentrés sur la formation de l’équipage et avons hâte de renouveler notre garde-robe. Nous sommes toujours à la recherche d’un partenaire pour financer la dernière ligne droite jusqu’au départ, y compris les équipements de sécurité, mais le bateau et l’équipage sont prêts à partir! “
Translated 9, le Swan 65 skippé par Clare Francis lors de la Whitbread 1977 sous le nom d’ADC Accutrac, a navigué aux côtés du Sayula II de la famille Carlin, vainqueur de la première édition de la Whitbread. L’équipe de Translated a annoncé lors d’une réception à Rome, un an avant le départ, la sélection de son équipage parmi les 1200 candidatures. Le co-skipper de Translated 9, Marco Trombetti, et la Team Manager Isabelle Andrieu se sont entourés de marins expérimentés, tels que la légende américaine Paul Cayard, et les illustres navigateurs italiens Vittorio et Nico Malingri.
Après une victoire prometteuse sur la Drheam Cup au cours de l’été, Marie Tabarly et Pen Duick VI ont remporté leur classe dans le Tour des Îles Britanniques, une épreuve mythique du calendrier du RORC qui se déroule tous les quatre ans. Alexia Barrier, auréolée de sa participation au Vendée Globe, a passé 14 jours et 21 heures à la célèbre table à cartes! Après un été bien rempli à s’entraîner et à travailler sur la sélection de l’équipage dans les grandes classiques, Pen Duick VI est de retour dans le hangar pour un petit chantier, et Marie annoncera bientôt son équipage définitif.
One of seven 2021 Rolex Middle Sea Race starts held in front of Valletta's Siege Bell war memorial
Le départ de la Rolex Middle Sea Race 2022 sera donné dans 3 semaines. 120 bateaux représentant 25 pays seront réunis à la Valette pour cette grande classique de 606 milles nautiques. Partant de Grand Harbour, La Valette le samedi 22 octobre jusqu’au fracas des tirs de canon de la batterie de salut au-dessus de l’eau, la scène semble prête pour une autre course époustouflante.
La flotte sera composée de 112 monocoques et huit multicoques (dont cinq trimarans de course de 21 mètres), le plus grand bateau: Leopard 3 à 30,48 m, le plus petit : Cuorematto à 9,5 m. Les italiens seront les plus nombreux avec 27 équipes suivis de la France avec 19. Il y aura 11 engagés en double, dont le double médaillé olympique Jonathan McKee sur Red Ruby des États-Unis.
Les multicoques feront l’attraction cette année avec un beau plateau de 8 bateaux. Le Maserati Multi 70 de Giovanni Soldini, ancien vainqueur des honneurs de ligne sera bien présent après la tempête qui l’a balayé; Le MOD70 Mana (ex-Spindrift) sera skippé par Alexia Barrier qui concrétise la première phase de son Famous Project avec à bord Riccardo Pavoncelli le propriétaire actuel et Paul Larsen; Erik Maris skippera le Mod70 Zoulou; Frank Slootman Snowflake et Cosimo Malesci, le multi Axciss.
« C’est la première Rolex Middle Sea Race pour mon équipage et moi. Nous sommes super excités à ce sujet », s’est enthousiasmé Malesci. « C’est aussi notre première course sur un MOD70. J’ai navigué en compétition sur des dériveurs en grandissant, puis sur des bateaux plus gros dans quelques courses au large pendant que j’étudiais aux États-Unis où mon mémoire de maîtrise au MIT portait sur les capacités de tenue en mer des trimarans ! Je me suis remis à la voile une fois diplômé, principalement sur des catamarans F18.
« J’ai toujours voulu courir sur un MOD70, et la Rolex Middle Sea Race m’a semblé être le cadre idéal pour le faire », poursuit Malesci. “J’ai récemment vendu mon entreprise de technologie et pour fêter ça, j’ai réussi à convaincre les trois autres fondateurs de l’entreprise de me rejoindre. Depuis que nous nous sommes tous rencontrés grâce à la voile, quand nous étions plus jeunes et que nous avons ensuite créé une entreprise ensemble, je ne pouvais pas penser à une meilleure façon.
Malesci est réaliste quant à ses chances compte tenu de l’opposition expérimentée à laquelle il est confronté : « Étant notre première course sur un MOD70, nous nous concentrerons principalement sur la sécurité, la compréhension du bateau et le plaisir de l’expérience. Cela dit, nous sommes tous de nature assez compétitive, donc si l’occasion se présente, nous la pousserons peut-être un peu !”
Monocoques
Comme on pouvait s’y attendre, la flotte de monocoques est un véritable mélange d’équipages professionnels et corinthiens, de croiseurs / coureurs et de tous les pilotes, ceux qui ont l’ambition de remporter le trophée Rolex Middle Sea Race sur IRC Time Correction et ceux qui participent juste au défi. Reichel/Pugh de Marton Josza, conçu par Wild Joe à 18,28 m, est l’un des équipages les plus expérimentés. “Le Wild Joe Sailing Team participe à la course pour la onzième fois”, selon Josza. “Le même équipage hongrois a également parcouru la distance deux fois dans un bateau différent et plus petit, c’est donc la 14e Rolex Middle Sea Race que nous commençons avec cet équipage.”
Josza prend la course très au sérieux et au fil des ans, il a travaillé à l’amélioration du bateau et des compétences de l’équipage. « Nous venons pour gagner chaque année, comme tout le monde », sourit Josza. « Nous sommes très fiers de pouvoir représenter la Hongrie. Nous courons sur le magnifique lac Balaton, où nous entraînons des marins très talentueux. Nous aimons beaucoup ce cours. Les différentes conditions météorologiques apportent toujours un défi important. Il n’y a pas de caractéristique unique, la nature nous joue toujours des tours, mais nous aimons lutter contre les éléments.
La popularité de la course s’explique facilement selon Josza. Le parcours lui-même est une partie de l’équation et l’enthousiasme des équipages, comme le sien, en est une autre. « La Rolex Middle Sea Race est l’une des courses au large les plus difficiles. Faire le tour de la Sicile est une belle aventure en soi », dit-il. « C’est une compétition de plusieurs jours, qui demande une concentration totale et une navigation acharnée, ou une énorme patience. La course est une compétition populaire et bien connue dans les milieux de la voile, mais c’est aussi un événement spectaculaire pour les non-marins, et nous aimons faire passer le mot à un public beaucoup plus large.
Dans toute la flotte, il y a des histoires comme celle de Josza. Des équipages qui ont fait la course à de multiples reprises, régulièrement rebutés par la perspective irrésistible de la course elle-même, dorés par la possibilité de gloire et de passage dans la légende.
Au plus petit de la flotte, Bohemia Praha Vachelboat de Croatie pourrait être un cheval noir à suivre. La Rolex Middle Sea Race n’a jamais été remportée au classement général sous IRC Time Correction par un doublé. Le résultat le plus proche de ces dernières années a été Azuree en 2014, qui a finalement terminé quatrième, remportant IRC 5 dans le processus.
Bohemia Praha est un JPK 10.30 de Croatie. Son équipage est composé d’Ondřej Vachel et Pavel Roubal. Les yachts JPK ont souvent bien performé dans la course depuis leur première apparition en 2016, lorsque Noel Racine et Foggy Dew, un JPK 10.10, ont terminé quatrièmes au général. Les conceptions JPK ont remporté le classement général en 2017 et 2018. L’année dernière, il y en avait quatre dans le top dix.
Ajoutez à cet ensemble de statistiques le fait que la dernière fois que Vachel et Roubal ont participé, ils ont plutôt bien réussi. “Ce n’est que notre deuxième Rolex Middle Sea Race”, conseille Vachel. « Mais en 2018, nous sommes arrivés deuxièmes au classement général en IRC (juste derrière le réputé Courrier Recommandé de Géry Trentesaux). Nous avons également remporté la division ORC.
Le duo a vraiment hâte de participer à nouveau. “C’est un hippodrome incroyable, et le Royal Malta Yacht Club est génial aussi”, déclare Vachel. “Une chose que nous attendons avec impatience, c’est le départ dans un si bel endroit.” Héros local L’intérêt maltais est considérable et compréhensible. Fière nation maritime, les équipages de l’île ont remporté la course à neuf reprises. Les victoires les plus récentes étant consécutives en 2019 et 2020 avec Elusive 2, qui est de nouveau entré cette année. Quelque 12 concurrents sous pavillon maltais sont en compétition en 2022. Alors que les droits de vantardise locaux sont importants, qu’il s’agisse du premier équipage maltais à rentrer ou du classement le plus élevé sur le handicap, remporter le trophée Rolex Middle Sea Race n’est jamais loin de l’esprit.
Le plus petit yacht à avoir remporté la course au cours des 20 dernières années est le 10,75 m Market Wizard de Malte en 2002. L’une des plus petites entrées cette année est le 9,94 m J/99 Calypso, skippé par Sebastian Ripard, dont la première course était avec Assistant de marché. Ripard, qui en est maintenant à sa 16e course, est clair sur ce qu’il aime : « Je suppose que l’essentiel est d’éteindre mon téléphone pendant quelques jours et d’être totalement absorbé à la fois par la course et la compétition, ainsi que par l’aventure d’être absent. en mer pendant quelques jours dans un éventail de conditions allant de chaud et essoufflé à sauvage et orageux.
« Cette année, nous courons avec un équipage similaire à celui de l’année dernière », explique Ripard. “Daniel Calascione et moi, en tant que co-skippers, puis quatre autres jeunes marins maltais de grande qualité : Fabio Galea, Saul Vassallo, Kris Borg Nicholas et Sam Pizzuto.”
La Corona Sailing Team est nouvelle dans la course, engagée sur le Botin & Carkeek 46 de Luis Azzopardi et Sara Baldwin, Xone Superyacht Corona. « La Rolex Middle Sea Race est le rêve de tout marin », a déclaré Baldwin. “Il est connu pour être l’une des courses les plus difficiles mais les plus enrichissantes de la mer Méditerranée.” L’équipage de Corona comprend un mélange d’expérience dans la course au large, et Baldwin a hâte d’y participer : « La détermination, le dévouement et la volonté sont les forces motrices de notre équipe. Notre objectif est de bien faire, en gardant à l’esprit la sécurité de tous à bord et du bateau lui-même.
L’Association des Multicoques Habitables (AMH) a créé cette année la première édition du Trophée Multi2000 qui a réuni 13 multicoques à Port-Haliguen du 22 au 24 septembre dernier. L’association a pour but de réunir les pratiquants de Multicoques habitables régis par les règles de la jauge MULTI 2000. Une première édition qui en appelle une autre !
La caractéristique de cette classe est qu’elle réunit des multis de tout type. Dans la liste des inscrits, il y avait des Formules 40 tri et cata, un TF10 (Tri Foiler), un Proto Morelli, des Dragonfly, des Farrier, un Dazcat, des Newick (dont Moxie), et même un Multi23 représentant les “petits bateaux ». D’autres bateaux intéressés (comme l’Acapella de Charlie Capelle) ont dû décliner, compte tenu de la proximité de la route du Rhum. On compte sur eux l’année prochaine.
L’épreuve s’est déroulée sur 2 jours avec 2 manches par vent faible dans la baie de Quiberon le vendredi, et un tour des iles (Houat, Hoedic) le samedi sous un vent de 15 à plus de 20 noeuds.
” Nous avons été superbement accueillis par le Yacht Club de Quiberon (YCQ) qui a organisé les courses sur l’eau et les festivités le soir. Cette réunion de bateaux très différents a donné une ambiance très conviviale parmi les coureurs. L’épreuve est reconnue par la FFV qui a fourni des arbitres. Pour l’occasion, l’AMH a été aidé financièrement par les chantiers Tricat, Dragonfly (représenté par HelloMulti en France) et Accastillage-Diffusion. La capitainerie de Port Haliguen a également joué le jeu en permettant aux bateaux de stationner gratuitement une semaine.” souligne son Président Jean-Paul JUGUET.